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  • il y a 3 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00C'est un film basé sur l'histoire vraie de Buna Ndiaye et Jérémy Medjana,
00:05qui sont devenus agents, des agents incontournables absolument de la NBA.
00:09Vous connaissiez leur véritable histoire avant de...
00:12Non, on ne connaissait pas, par contre, on connaissait l'écurie dont ils avaient la charge,
00:18parce que comme c'est les meilleurs agents du monde,
00:20ils ont notamment à s'occuper de Victor Wembanyama, Rudy Gobert, Evan Fournier, Nicolas Batum.
00:26Donc on connaissait les joueurs, mais on n'était pas très au fait de ce qui se tramait en coulisses.
00:31Vous demandez ça pour aussi évaluer votre niveau d'expertise en basket ?
00:34Non, non, nous, le basket, on s'en fout complètement.
00:37Et d'ailleurs, le film... En fait, dans le film, le basket, c'est une toile de fond.
00:41Le vrai sujet du film, c'est l'amitié, la persévérance,
00:45le fait d'avoir des rêves soi-disant trop grands et de persévérer.
00:48Et ça dit aussi qu'il ne faut pas avoir peur de l'échec.
00:50Et de l'anglais.
00:51Oui, bien sûr.
00:52Et de l'anglais.
00:53Et vous avez eu l'occasion de rencontrer les véritables Jérémy et Buna,
00:55puisqu'ils sont venus sur le tournage, c'est ça ?
00:58Oui, oui, oui, ils sont venus sur le tournage, on a mangé avec eux,
01:00on a été au restaurant avec eux.
01:02Et ce qui frappe quand on les voit, c'est que c'est vraiment des bons gars.
01:05Et d'ailleurs, on voit ça dans le film.
01:06Parce qu'au début du film, ils commencent, c'est vraiment des gars bien.
01:09Après, ils ont des échecs, des trahisons, des galères, des trucs.
01:12Et à la fin, ils y arrivent tout en gardant leur valeur et en restant des gens bien.
01:16Et d'ailleurs, je crois que leur principale réussite,
01:18c'est pas d'avoir des millions de dollars.
01:20Bon, ça, c'est pas mal.
01:21Même si...
01:22Leur principale réussite, c'est vraiment d'être restés des gars avec des bonnes valeurs.
01:27Et ça fait trop du bien de voir une success story avec des bons gars.
01:29Raphaël, dans le film, vous, votre personnage est assez mutique, assez posé.
01:35C'est le numéro 2.
01:36Il se dit être le numéro 2 du duo.
01:39Parce que le personnage de Jean-Pascal, c'est vraiment quelqu'un comme un sage
01:45qui apaise les fluctuations de l'existence.
01:47Oui, mais voilà.
01:48Alors, vous, un personnage très calme et vous, un personnage très posé.
01:50Mais peux-tu dire dans la vie ou dans la...
01:52Non, je veux dire que c'était des véritables rôles de composition.
01:54Ah bah oui !
01:55Tout à fait, oui, c'est des vrais rôles de composition.
01:56D'ailleurs, ça fait du bien parce que pendant le tournage,
01:59en fait, moi, j'ai une bouche, on va dire, très pulpeuse.
02:02Et c'est plus facile pour moi de garder la bouche ouverte.
02:05Oui.
02:05Et pendant le tournage...
02:07Attendez, vous avez une bouche tellement pulpeuse qu'il faut que vous la gardiez ouverte.
02:11C'est la bouche ou c'est les dents ?
02:13C'est la bouche.
02:14Et en fait, ce qui est bien...
02:16Tu vois pas le rapport entre la pulposité et la...
02:17Non, mais vite, attends, je vais te réciter.
02:19Quand je suis normal, je suis comme ça.
02:22La bouche ouverte.
02:22Oui, la bouche ouverte.
02:23Et pendant le tournage, Anthony me disait,
02:25« J.P. ferme ta bouche tout le temps. »
02:27Et c'est vrai que quand je ferme la bouche,
02:28ça me donne une autre stature, une autre carrure.
02:31Et donc, ce qui était intéressant...
02:33Vous voulez faire une démo qu'on voit ?
02:34Regarde, vas-y, je te fais une démo, vite fait.
02:36T'as vu, là, je suis en mode normal.
02:38Ça va, les gars, bien ?
02:39Et là, je suis en mode Bounin.
02:41Attendez, arrêtez.
02:44Métamorphose, métamorphose.
02:46Ah, oui, c'est pile-mère.
02:49Oui, c'est ce que je veux dire.
02:50C'est deux acteurs.
02:52C'est deux personnes différentes.
02:54Anthony, il disait souvent que parfois,
02:56il ne fallait pas trop que je fasse du J.P.
02:58et que lui, il fasse trop du Raphaël.
02:59Il est très précis, Anthony, dans la mise en scène,
03:03les transitions, la façon qu'il a de filmer,
03:06les intentions qu'il veut.
03:07On dit que si les gens qui prennent les choses
03:10partent sur la jambe, vivent au Pôle Nord,
03:12Anthony Martiano vit au Pôle Sud.
03:13Exactement.
03:14Il y a ce proverbe dans le milieu.
03:16C'est très connu, c'est très connu.
03:18Moi, j'adore son cinéma.
03:20Les gamins plaisent.
03:21Je pense que c'est des films que vous aviez vus
03:22avant de tourner avec lui.
03:23Il a un truc assez incroyable,
03:25c'est qu'il fait de la comédie par la gentillesse.
03:27Normalement, la comédie, c'est plutôt de la méchanceté,
03:29c'est plutôt des mauvais sentiments qui nous font rire.
03:31Et bien, lui, il fait des comédies sur des mecs bien.
03:33Et d'ailleurs, le film,
03:34vous êtes deux mecs bien dans le film.
03:36Moi, j'ai l'impression que ce rêve américain,
03:37c'est un peu notre Marty suprême à nous.
03:40Sauf que là, on n'a pas un mec
03:41qui veut tabasser tout le monde,
03:42on a des gens bien.
03:43Est-ce que c'est comme ça qu'il vous a décrit le film ?
03:45C'est l'histoire de deux mecs bien.
03:46Oui.
03:46En fait, ce film-là, c'est autobiographique
03:49parce qu'il a vécu beaucoup, beaucoup,
03:50beaucoup, beaucoup d'échecs
03:51avant d'arriver au cinéma.
03:53Et ce qui est bien avec Anthony,
03:54c'est qu'il n'a pas changé ses valeurs.
03:56Donc en fait, c'est un film sur Jérémy Ebuna,
03:58mais c'est aussi un film sur des gens qui rêvent
04:00et des gens qui ont rencontré beaucoup d'échecs
04:02avant d'arriver là où ils veulent arriver.
04:04Mais cette question de l'ambition,
04:06d'arriver à surmonter ces épreuves,
04:09est-ce que c'est aussi quelque chose
04:10qui vous parle à vous, comédiens ?
04:11Toute la journée.
04:12Et encore plus, moi, je trouve,
04:14c'est l'ignorance complète
04:15des protocoles d'un milieu
04:17que tu cherches à pénétrer.
04:19Parce que les agents Jérémy Medjana et Boudinjaye,
04:22ils ne connaissaient pas cinq noms de villes américaines.
04:24Ils ne savaient pas parler anglais,
04:26ils n'avaient pas un euro.
04:26Et pour autant, ils ambitionnaient quelque chose
04:28qui était loin d'eux.
04:29Et ils refusaient d'entendre les pensées limitantes
04:33que l'entourage, et souvent la famille,
04:35par bienveillance, qui veut nous protéger et tout,
04:37plaque sur nous pour nous éviter
04:38d'aller se mettre dans une zone à risque.
04:40Et ils ont bien réussi à rester hermétiques à tout ça.
04:43Et nous, c'est un peu la même chose,
04:45à une moindre échelle,
04:46parce que notre réussite n'est pas aussi fracassante
04:48que la leur, qui est démentielle.
04:50Mais c'est vrai qu'il faut se protéger,
04:52bien évidemment, des moqueries, des insultes,
04:54des invectives, qui arrivent tout le temps.
04:57Et moi, je trouve, à juste titre,
04:58moi, je faisais des courts-métrages,
05:00j'envoyais des photos torse nues
05:01au directeur de casting,
05:03j'allais dans des pissotières,
05:05essayer de négocier,
05:06de passer un casting avec un acteur
05:08que j'avais suivi, que j'avais vu sur un tournage.
05:10Et en fait, tu commets énormément
05:12de maladresses,
05:13mais qui sont bienvenues,
05:15parce que c'est, pour moi,
05:17la meilleure façon d'apprendre quelque chose
05:18que d'éprouver le ridicule
05:20au fin fond de tes chairs.
05:21Mais vous diriez tous les deux
05:22que vous avez réalisé vos rêves aujourd'hui ?
05:24Pas encore.
05:24Déjà, vivre de ce métier,
05:25pour moi, c'est une bénédiction du ciel.
05:27C'est quand même un rêve,
05:28quand on voit d'où tu viens et tout.
05:31C'est quand même réalisé.
05:33Avec le genet, le genet procédure.
05:36Moi aussi, pareil.
05:37Ça a bien commencé, si je puis dire,
05:38parce que cette reconnaissance au César
05:40pour tout simplement Noir
05:42ou Chien de la casse en 21 et en 24,
05:44vous avez l'impression aujourd'hui
05:45de faire partie du All-Star Game ?
05:47Pas du tout.
05:50Pour moi, la remise en question,
05:52elle est permanente.
05:53T'as toujours l'occasion
05:55de montrer que t'es nul.
05:56Déjà, on se sent un peu imposteur et tout.
05:59Et donc, tous les jours,
06:01dans le moindre film,
06:02dans tout ce que tu fais,
06:03il y a moyen de montrer que t'es nul.
06:05Donc, il faut se remettre en question,
06:06travailler.
06:08Ah non, moi, j'ai vraiment pas l'impression
06:10d'être arrivé nulle part.
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