00:00Salut, c'est Lola Dubini et je vais répondre aux questions de télé-loisirs avec un plaisir, mais alors non
00:04dissimulé.
00:05Ce spectacle était une nécessité vitale.
00:08Ce spectacle était une nécessité vitale parce qu'il m'a permis de me recentrer sur moi
00:12et de faire un bilan de ce que j'ai compris de mon burn-out et de comment je m
00:16'en suis remise.
00:17Donc ouais, c'était une nécessité vitale de remonter sur scène, ça c'est sûr.
00:20Tu parles de cette théière qui déborde, à un moment tu dis « ok, là je ne peux plus faire
00:25semblant ».
00:25Ouais, en fait ma théière, au-delà même de déborder, elle a cassé quoi.
00:30Vraiment, ma théière a complètement pété, je suis montée en pression parce que mon travail,
00:35alors on se dit « c'est sûr que j'ai un travail qui n'a pas l'air très
00:39engageant ».
00:41On se dit « je suis heureuse, je suis passionnée, je fais un métier passion ».
00:45Donc on se dit que tout va bien.
00:46Et justement parce que c'est un métier passion, quand au boulot ça va mal, du coup tout va mal.
00:51Ma théière ayant cassé, il fallait que je prenne du recul en me disant « qu'est-ce qui a
00:55pu la faire casser ? »
00:56J'analyse chacun des bouts qui ont participé à cette déconstruction et voir comment je peux les recoller ensemble.
01:04C'est tout le sujet du spectacle.
01:05C'est plus dur de faire rire avec ses propres failles.
01:07C'est plus facile de faire rire avec ses propres failles, je trouve, en tout cas.
01:11C'est presque thérapeutique, c'est trop bien en fait de pouvoir faire ça.
01:14Moi je me dis, j'ai trouvé cette façon-là d'essayer d'aller mieux.
01:18La musique te permet de dire des choses que l'humour ne peut pas toucher ?
01:23Ça c'est totalement vrai.
01:24Et je pense que je suis beaucoup plus vulnérable quand je chante que quand je parle.
01:28Parce que j'arrive à dire des trucs que je ne dis pas dans la vie.
01:31C'est parsemé de chansons en fait ce spectacle.
01:33Et il y en a une, je dirais, qui retentit plus, c'est « Massive ».
01:37Parce que dedans je parle du fait qu'on a toujours dit que j'étais massive, que j'étais un
01:40bloc, qu'on ne peut pas toucher, bouger.
01:43A cause de ma corpulence, on le dit souvent, dans des mauvais termes.
01:48Et en fait on dit aussi un massif de fleurs.
01:50Donc j'ai essayé d'opter pour cette version plus positive du côté massif.
01:54Mais c'est surtout pour dire que les gens massifs sont souvent les gens qui pensent le plus le soir
02:00en rentrant chez eux à tout ce qui s'est passé dans la journée.
02:02Et cette chanson-là c'est vraiment tout ce que je pense.
02:05Et on nous vend les 30 ans comme le sommet de la vie.
02:07Pour toi c'est encore une source d'angoisse ?
02:08Les 30 ans, je ne sais pas.
02:10En fait c'est drôle parce que récemment j'ai vu un mec avec qui j'avais flirté quand j
02:17'avais 25.
02:18Je vous le dis très sincèrement.
02:20Et en fait on discutait et il me disait « Moi mes 30 ans ça m'a mis une canette
02:23dans la tête ».
02:24Et moi j'ai dit « Bah tu rigoles mais je crois qu'à 30 ans je suis à mon
02:27prime ».
02:28Là je suis à mes 32, je me sens trop bien.
02:30Et il m'a regardé, il a dit « Bah ça se voit ».
02:32Et j'ai fait « Bah tu vois, c'est le meilleur compliment qu'on puisse me faire.
02:36Pas pour autant qu'on ressort ensemble, c'est pas le débat.
02:38Mais en tout cas, en discutant avec lui, j'ai juste constaté qu'en fait il y a des gens
02:43pour qui les 30 c'était un vrai passage.
02:45Moi ça a plutôt été signe justement du démarrage de me dire qu'à 30 ans je ne savais pas
02:49vraiment qui j'étais je pense.
02:50C'est un peu ce que je raconte dans le spectacle aussi, c'est de me dire.
02:53Arrivée à cette dizaine, je me suis dit « Peut-être je suis un flou en fait ».
02:58Et peut-être j'ai eu des goûts qui n'étaient pas les miens parce que j'étais un peu
03:03people pleaser.
03:03Tu as choisi de jouer sur un bateau juste pour pouvoir dire « Tu mènes ta barque »
03:07ou pour pouvoir t'en suivre à la nage si une vanne ne prend pas ?
03:10En fait, bizarrement, c'est la scène la moins stable de Paris, mais celle qui a les racines d'où
03:20je viens en fait.
03:21Parce que c'est Marine Bausson qui est humoriste, qui est la première à m'avoir donné ma chance en
03:25musique et un peu en humour sur Paris.
03:27Elle m'a fait jouer pour la première fois dans ce théâtre en fait.
03:30Du coup c'était revenir aux bases.
03:32Je dirais que c'est pour mensurer à la nage si j'en ai ras-le-bol.
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