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00:00Comment va le Gabon près de trois ans après la chute du clan Bongo ?
00:03La vie des Gabonais a-t-elle changé ? Justice, éducation, pouvoir d'achat ?
00:08Le président Ligin Guema a été confronté ces dernières semaines à sa première contestation sociale dans les écoles.
00:15Les nouvelles autorités ont certes hérité d'une situation difficile, avec des enseignants qui se retrouvent dans des situations ubuesques.
00:21Leur statut et leur salaire n'ont pas bougé en dix ans.
00:24Mais le temps des responsabilités n'est-il pas venu ?
00:26D'ailleurs, le retour de la grève est suspendu à un fil, le paiement des arrêts aérés des salaires le
00:3225 février prochain.
00:33Avec nous en plateau, Théophan Zamenze-Bioguet.
00:37Bonjour et merci d'être sur France 24.
00:38Vous êtes le porte-parole de la présidence gabonais.
00:43Estimez-vous que le mouvement dans les écoles est terminé ?
00:47D'après ce qui nous remonte de Libreville, une partie des enseignants refuse toujours de reprendre les cours.
00:54Progressivement, le mouvement tend à se normaliser.
00:56Le président de la République a, dès le début, dès les premiers jours de ce mouvement, ouvert une place pour
01:01le dialogue.
01:01Un dialogue franc à travers la commission tripartite qui a permis de dégager un certain nombre de pistes de solutions.
01:07Le gouvernement, en responsabilité sous le leadership du président de la République, a fixé un cap le 25 février
01:13pour voir la concrétisation de l'ensemble des engagements pris par le gouvernement
01:16en termes de régularisation de situations administratives avec tous les effets soldes qui sont considérés à ce niveau.
01:23Le 25 février, les arriérés seront versés.
01:27C'est la date à laquelle il faudra donc constater, et c'est une date qui est d'ailleurs très
01:31attendue par les enseignants,
01:32dont les revendications étaient reconnues comme légitimes par le pouvoir.
01:35Et donc c'est une échéance qui est très attendue pour voir si le gouvernement tombera parole.
01:39Et le gouvernement est engagé à tenir sa parole pour régler la situation le plus rapidement possible.
01:44Mais les cours ont repris, dont l'essentiel des provinces du territoire national, du pays.
01:49Évidemment, il y a quelques poches de résistance entre griffes, si je puis m'exprimer ainsi.
01:53Mais nous avons foi que les choses vont rentrer dans l'ordre avec les jours qui passent.
01:57Pour être tout à fait clair, est-ce que vous pouvez nous dire concrètement ce qu'il se passera le
01:5925 février ?
02:00Régularisation des statuts, régularisation aussi des arriérés.
02:05Les professeurs attendent des versements de primes depuis 10 ans ?
02:09Les capacités budgétaires retenues pour l'année 2026 nous permettent au Gabon de régulariser 12 000 situations administratives.
02:17Ce nombre de 12 000 situations administratives a été arrêté avant même le déclenchement du mouvement
02:22dans le secteur éducatif, qui n'est pas le seul en besoin de régularisation.
02:25Il y a d'autres secteurs, comme par exemple celui de la santé.
02:28Et donc, ce chiffre a été annoncé.
02:304 000 dans les 12 000, 4 000 situations sont prévues pour les secteurs de l'éducation
02:35qui, avant même le mouvement et pendant la période de la transition,
02:38avaient déjà bénéficié de 1 000 régularisations de situations administratives.
02:42Pour vous dire que le président de la République n'a pas attendu que se déclenche le mouvement.
02:45Et donc, les enseignants doivent s'attendre à la concrétisation de cet engagement
02:49du président de la République et du gouvernement de la République.
02:52Ils doivent s'attendre à voir aussi les effets soldes de ces régularisations se manifester
02:56et se traduire concrètement en gains financiers pour eux.
02:59Dès la semaine prochaine ?
02:59Dès la semaine prochaine.
03:00Que dites-vous aux jeunes Gabonais inquiets pour leurs examens ?
03:04Il y en a beaucoup qui disent qu'on a perdu beaucoup de temps,
03:05on n'a pas eu tous nos cours, puisque la grève a duré plus d'un mois, un mois et
03:09demi.
03:09Est-ce que les examens nationaux seront reportés ou maintenus ?
03:14Alors, il y a un nouveau calendrier qui a été proposé par le ministère de Tutelle,
03:18donc le ministère de l'Éducation nationale.
03:20Ce calendrier a été considéré comme viable et valable par les instances internationales,
03:26notamment l'UNESCO, qui a des standards en la matière.
03:28Et donc, le calendrier des examens, lui aussi, a été réaménagé.
03:32Et cela témoigne encore, là, peut-être, de la crédibilité
03:36que le gouvernement a su maintenir tout au long du processus.
03:39Et ça, encore une fois de plus, et c'est le lieu de saluer les enseignants
03:41qui ont, de bonne foi, participé à ces négociations.
03:44Cela n'a été rendu possible que grâce aux négociations menées dans le cadre de la commission tripartite
03:49et grâce à cet élan des pouvoirs pour le dialogue.
03:51Alors, j'ai pas bien compris. Qu'est-ce qui est réaménagé ?
03:53Le calendrier des examens.
03:54Le calendrier même de l'année scolaire, qui a été réaménagé par le ministère de Tutelle
03:58et qui a été approuvé.
04:00C'est sur cette base-là, donc, que les élèves gabonais pourront donc retrouver le chemin de l'école
04:04et passer des examens en toute sérénité, avec la reconnaissance internationale de ces examens.
04:08Vous parliez d'autres colères sociales et notamment dans la santé.
04:15Quelle est votre stratégie pour ce secteur ?
04:18Est-ce que vous avez un plan d'urgence pour désamorcer une colère ?
04:20Il y a des revendications.
04:22Je parlais plus en termes de revendications.
04:24Il y a des revendications dans tout un tas de secteurs.
04:27Les revendications, c'est plutôt salarial.
04:28Toute crise, toute crise étant une occasion de saisir un certain nombre d'opportunités en termes de gouvernance,
04:34le président de la République s'est fait un devoir de consulter, au-delà même de l'éducation qui était
04:39en ébullition,
04:40de consulter les syndicats, l'ensemble des syndicats de la santé,
04:44de consulter et de recevoir...
04:52Le secteur pétrolier aussi, qui est essentiel, eu égard à la structure de notre économie.
04:57Et donc, le président de la République a ouvert, en réalité, une méthode, un dialogue généralisé dans l'administration publique.
05:04Et c'est d'ailleurs une méthode qui a été fixée pour les ministres de mener, de s'arrimer à
05:09cette logique,
05:09de mener du dialogue pour anticiper les crises, régler les problèmes dans le dialogue.
05:13Méthode, d'accord, peut-être nouvelle méthode, anticipation, mais il faudra mettre la main à la poche, forcément.
05:17Bien sûr qu'il faudra mettre la main à la poche, mais il y a un cadrage budgétaire qui est
05:21fait à cet effet.
05:22Il est question pour nous de tenir nos priorités, les priorités budgétaires, selon le cadrage qui a été défini.
05:28Mais cela ne veut pas dire que l'État ne se donne pas les moyens de régler progressivement,
05:33parce que le constat des besoins à satisfaire est important.
05:38Et donc, avec méthodologie, parce que c'est seulement la méthodologie qui nous permettra d'envisager une sortie de crise
05:43dans l'ensemble de ces secteurs,
05:44par méthodologie et en responsabilité.
05:46Nous ne pouvons pas dire aux Gabonaises et aux Gabonais que tout se fera en un claquement de doigts.
05:50Il y a un passif qui est important, mais nous disons simplement qu'avec la méthode et avec le dialogue,
05:53ces situations seront réglées.
05:54On a bien compris que vous y alliez par étapes, sauf qu'il y a aussi le réalisme des finances,
06:01puisque la dette du Gabon a explosé.
06:03Selon la Banque mondiale, elle pourrait atteindre, dépasser même les 86% après 2027.
06:09Est-ce que c'est compatible, alors que vous reprenez langue, avec le FMI ?
06:13Alors, c'est intéressant la question que vous posez.
06:15Je vous ferai remarquer d'abord que les pays les plus riches du monde sont en même temps les plus
06:18endettés du monde.
06:19Ça, c'est un fait qui est établi.
06:21Voilà, c'est un fait qui est établi.
06:22Et il y a effectivement une stratégie par rapport à la dette au Gabon.
06:25Parce que, voyez-vous, nous allons financer l'investissement en 2026 au Gabon,
06:30d'abord par le renforcement du recouvrement des recettes, d'une part,
06:34et là, à ce niveau, la digitalisation, la stratégie de digitalisation joue un rôle important.
06:38Mais nous allons, au-delà de ça, procéder à un endettement,
06:41mais un endettement différent de ce qu'on a été accoutumé dans nos pays,
06:44non seulement le Gabon, mais aussi d'autres pays de la région.
06:46On va partir d'une stratégie d'endettement qui consiste à s'endetter pour financer des dépenses de fonctionnement,
06:52à une stratégie d'endettement pour financer des projets susceptibles de créer de la valeur.
06:56Voilà ce que nous envisageons.
06:57Et puis, il y a quand même un certain nombre de garanties.
07:00Déjà, cette stratégie d'endettement consistera pour nous à souscrire plutôt à des prêts consentis par des bailleurs internationaux,
07:06des partenaires multilatéraux, FMI, vous les avez cités, Banque mondiale,
07:11mais aussi à faire en sorte que les titres émis par notre pays soient souscrits essentiellement,
07:15ou du moins à 60% dans notre sous-région pour éviter des risques tels que les risques de change,
07:19puisque nous utilisons la même monnaie.
07:21Donc, c'est deux-trois éléments.
07:22Donc, endettement, mais pas de politique d'austérité, donc, à venir ?
07:24Pas de politique d'austérité.
07:25Les Gabonais sont rassurés sur ce point.
07:28Vous ne mènerez pas une politique d'austérité, même s'il y a accord avec le FMI ?
07:31Il n'y aura pas de politique d'austérité.
07:32Et votre question est d'autant plus intéressante que, historiquement, lorsqu'on entend FMI,
07:37dans notre partie du monde, on pense plan d'ajustement structurel.
07:40Avec les échecs historiques que l'on a pu constater par le passé, aujourd'hui, il n'en est rien.
07:46Le ministre de l'Économie et des Finances l'a affirmé et l'a explicité.
07:49Il est question, aujourd'hui, pour les Gabonais, de concevoir un projet,
07:53de s'en tenir aux priorités qui ont été définies dans le projet de société du Président
07:56et dans le plan national de croissance et de développement.
07:59L'apport du FMI sera de nous permettre de challenger la solidité de ce modèle
08:04avec l'évolution du cadre macroéconomique.
08:06Donc, le challenger pour renforcer la gouvernance, le challenger pour renforcer la transparence,
08:11il n'y a pas de plan d'ajustement structurel en vue, il n'y a pas d'austérité prévue.
08:14Le FMI doit nous accompagner pour nous aider à déterminer la meilleure méthode d'atteindre nos objectifs.
08:20Mais les objectifs en eux-mêmes ne changent pas.
08:21Très rapidement sur le FMI, il y a d'autres sujets après.
08:24Est-ce qu'un accord a été conclu ou pas ?
08:26Le FMI est attendu à Libreville en février.
08:29Et donc, c'est une mission qui doit se faire.
08:32Il y a des négociations qui doivent se faire pour déterminer l'ensemble des aspects de cette stratégie que je
08:37vous indique.
08:37Et à partir de là, évidemment, nous nous ferons le plaisir de vous communiquer les conclusions de tout ceci.
08:41On sera content de le savoir.
08:42Autre annonce très concrète, on vous attend là-dessus aussi,
08:45sur les délestages et coupures de courant qui sont maintenant quotidiennes, nous dit-on, à Libreville.
08:51L'an dernier, le président Linguema avait signé avec la Turquie une convention de fourniture d'électricité.
08:56On nous avait annoncé ces deux gros cargos, usines en quelque sorte censées produire de l'électricité au large de
09:02Libreville.
09:02Où en est le projet ?
09:04Le projet est en cours.
09:06Vous parlez là de la société Car Power Ship qui s'est déployée et qui rencontre un certain nombre de
09:14défis
09:14qui sont entre autres des défis techniques liés à l'arrimage du réseau de fourniture d'électricité nationale
09:19au dispositif de Car Power Ship qui a d'ailleurs été renforcé en cours de route
09:23avec des contributions de sociétés pétrolières en termes de fourniture de fioul pour faire tourner ces usines,
09:28comme Perenco, pour ne pas la citer.
09:30Donc, il y a des défis importants, mais le défi de la fourniture en eau et l'électricité
09:34qui constitue quand même la priorité première du projet de société du président de la République,
09:38conscient des défis que cela pose non seulement pour les ménages,
09:41mais aussi pour nos besoins énergétiques, les besoins de notre économie.
09:44Il y a un certain nombre de pistes de solutions qui ont d'ores et déjà été identifiées
09:48à l'occasion, entre autres choses, d'un déplacement du président de la République au Nigeria
09:52où, à l'issue d'échanges avec Afrexim Bank, a obtenu une enveloppe
09:57pour financer la construction de centrales énergétiques dans trois provinces du Gabon,
10:02le Moyen-Ogwe, l'Est-Uyère et l'Ogwe-Maritime.
10:05Donc, c'est une dynamique qui nous permettra de combler un peu le gap
10:09qu'il y a entre nos besoins et nos capacités réelles.
10:11Cette dynamique va se poursuivre parce que l'énergie est essentielle à l'économie,
10:15à la conception que nous nous faisons de l'économie que nous voulons créer
10:18pour les Gabonaises et les Gabonais.
10:19Et donc, c'est une priorité absolue.
10:21Mais lorsqu'on parle de situations comme celles de l'énergie,
10:25de la fourniture en énergie et en eau,
10:27il faut considérer que ce sont des investissements qui, par nécessité,
10:30s'inscrivent sur le temps long.
10:31On ne construit pas une centrale énergétique en un mois.
10:34Donc, il y a un ensemble d'investissements qui sont importants et qui doivent être faits.
10:37Et au-delà de la construction des centrales, il faut renforcer le réseau
10:39parce que parfois, le problème, ce n'est pas la disponibilité de l'énergie,
10:42mais c'est le fait de transporter cette énergie-là.
10:44Donc, c'est des investissements qui vont se poursuivre
10:46pour permettre à nos compatriotes de laisser derrière eux ces mauvais souvenirs.
10:50On vous sent tourner vers l'avenir.
10:52N'oublions pas le passé.
10:53Cela fait bientôt trois ans que le clan Bongo a quitté le pouvoir.
10:56Est-ce que la justice compte le poursuivre ?
10:59Et si oui, pourquoi au Gabon ?
11:01Le président de la République,
11:02lors du passage du président Emmanuel Macron à Libreville,
11:07est revenu sur cette affaire.
11:08La justice gabonaise, en toute liberté, a tranché
11:12et a condamné Mme Sylvia Aimée-Valentin, épouse Bongo,
11:17et M. Noureddin Bongo.
11:18Ils ont été condamnés par la justice gabonaise.
11:20Pour des tournements de fonds, notamment.
11:21Le président de la République a appelé à la collaboration
11:26des systèmes judiciaires,
11:28des pays qui se trouvent plutôt dans la partie du monde où nous nous trouvons,
11:31pour que les peines qui ont été prononcées soient effectivement exécutées.
11:35Parce qu'il en va de la crédibilité de notre justice,
11:38il en va de la crédibilité de la coopération entre les États que nous sommes.
11:42Dans bien des cas, nous sommes des partenaires, dans bien des domaines.
11:44Et donc, la justice gabonaise ne peut pas aller au-delà.
11:48Elle a jugé par contumace, pour les personnes dont nous parlons,
11:52l'application des peines doit être aussi le fruit d'une collaboration
11:57entre les systèmes judiciaires de nos pays respectifs.
11:59Et pour Ali Bongo, alors ?
12:00Ali Bongo bénéficie d'un statut qui lui est conféré
12:03par la nouvelle loi fondamentale gabonaise.
12:06Et donc, Ali Bongo n'a pas été condamné.
12:08Il n'a pas été jugé.
12:09Non, mais il n'est même pas poursuivi.
12:10Et son épouse, c'est son épouse et son fils qui ont été jugés.
12:14Donc, il a un statut particulier.
12:15C'est un peu différent.
12:16C'est la nouvelle loi fondamentale de notre pays
12:19qui en fait d'ailleurs un membre d'honneur de la Cour constitutionnelle.
12:22Donc, c'est un cas différent.
12:25Notre corpus légal prévoit des exceptions qui vont dans ce sens-là.
12:29Donc, à ce stade, M. Ali Bongo n'a pas été jugé pour quoi que ce soit.
12:33Merci infiniment Théophane Zabénze-Biogué
12:37de nous avoir répondu en direct sur France 24,
12:40porte-parole de la présidence gabonaise.
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