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00:00Ce soir, on vous parle du Black History Month en France.
00:02Cet événement est aux Etats-Unis en 1976, fait ses 50 ans ce mois de février.
00:10Il a pour but de réhabiliter les populations noires dans l'histoire.
00:14Qu'en est-il en France ?
00:16On en parle tout de suite avec notre invité Carfa Diallo.
00:18Bonsoir Carfa, merci d'être avec nous sur ce plateau.
00:21Alors, cela fait 7 ans que cet événement existe en France.
00:24Je le disais, quel est l'objectif en France et où on étend sur le travail de mémoire, justement ?
00:30Ce travail de mémoire, il est en cours et c'est vrai que le Black History Month
00:33fait vraiment l'événement phare du mouvement des droits civiques,
00:36l'événement phare de la visibilité des populations noires
00:39qui en Occident, vous le savez, depuis le 15e siècle,
00:42avec la traite des Noirs, l'esclavage, la colonisation, ont été souvent marginalisés.
00:46Donc cet événement, il est essentiel pour nous en France.
00:48D'abord comme exigence démocratique, il s'agit de rendre nos sociétés plus honnêtes et plus justes.
00:53Les contributions des populations noires, que ce soit dans les sciences, dans les arts, dans les sports, dans la culture,
00:58ont souvent été invisibilisées et marginalisées.
01:01Et le Black History Month est vraiment cet événement qui permet de montrer que ces populations noires ont créé,
01:06elles ont inventé, elles ont marqué l'histoire de l'humanité d'une manière générale.
01:10Et pour nous, ça c'est essentiel.
01:11Et donc c'est vrai qu'en France, cet événement s'est exporté, on l'a pris en charge en
01:162018.
01:17Nous en sommes à la 7e édition.
01:19Par exemple, cette année, la thématique principale, c'est la thématique autour des héritages afro-andins,
01:25c'est-à-dire ces populations noires qu'on a amenées dans la cordillère des Andes,
01:28dans l'Amérique, dans l'Atlantique Sud, la Colombie, le Venezuela, le Pérou,
01:32qui ont aussi été déportées, qui ont aussi connu des phénomènes de marginalisation et d'invisibilisation.
01:37Donc oui, ce Black History Month est important et essentiel pour ça,
01:40parce que ça permet véritablement de rendre nos sociétés plus honnêtes,
01:43de reconnaître les contributions. Ce n'est pas une célébration,
01:46c'est un moment d'examen critique de nos sociétés
01:49et de reconnaissance des contributions diverses
01:52qui font les sociétés multiculturelles dans lesquelles nous sommes.
01:55Alors, est-ce que l'éducation nationale prend part à ce Black History Month aujourd'hui en France ?
02:01Pour ce qui est de la France, c'est encore très difficile, c'est encore très compliqué.
02:04Puisqu'en France, vous le savez, on a ce mythe d'une société universaliste
02:07où effectivement on a construit l'identité nationale autour de la race, autour de la religion.
02:14Et tout ça, c'est vrai, ne permet pas l'expression et la prise en charge des mémoires particulières.
02:19C'est vrai que ces dernières années, on a quelques évolutions.
02:22Vous savez qu'il y a la loi Taubira qui a été votée en 2011.
02:25Cette année d'ailleurs, ce sera le 25e anniversaire de cette loi.
02:28Et ça a vraiment été un véritable booster de la prise en charge par l'éducation nationale.
02:32Aujourd'hui, les programmes scolaires de plus en plus parlent de l'histoire des Noirs,
02:35l'histoire de la colonisation, l'histoire de l'esclavage, mais l'histoire aussi des sociétés africaines
02:39d'avant véritablement la traite des Noirs et l'esclavage.
02:42Donc il y a une prise en compte, elle est encore extrêmement faible, extrêmement marginale.
02:46Mais c'est l'action, je crois, de la société civile qui permet notamment aux enseignants
02:50de pouvoir asseoir leur enseignement véritablement sur la dynamique aujourd'hui
02:55des questions de discrimination systémique, d'héritage culturel à qui il faut donner un sens.
03:01Et c'est pour ça que ce Black History Month existe.
03:04Alors, parfois le foot est plus utile pour répandre l'histoire, on l'a vu lors de la Cannes
03:09avec le supporter Lumumba.
03:11Est-ce que ces personnages africains comme Sankara, Mandela, Lumumba, Niobé, etc.,
03:17renaissent justement à travers cet événement ?
03:21Absolument, absolument.
03:22Vous savez, quand on parle de Martin Luther King, lorsqu'on parle de Nelson Mandela,
03:26lorsqu'on parle de Lumumba, on ne parle pas que d'hommes noirs,
03:29on parle de dignité humaine, on parle de contribution,
03:34on parle d'une grande force, d'une grande puissance
03:36qui permet aujourd'hui de pouvoir vaincre les phénomènes de colonialisme ou de racisme.
03:41Donc oui, ces figures-là nous permettent de montrer que les populations noires,
03:45elles ont à chaque fois œuvré, agi pour l'égalité, pour la justice, pour la réparation.
03:51Vous savez qu'il y a quelques jours, le Ghana a demandé à ce que la traite des noirs
03:55et l'esclavage soient qualifiés de crimes contre l'humanité par les Nations Unies.
03:59Ça montre bien qu'il y a encore du chemin à faire pour arriver à une égalité réelle.
04:03Et le Black History Month se donne ce pari.
04:05Et cette année, vous le disiez, c'est le centième anniversaire.
04:08Puisqu'en réalité, cet événement est né en 1926 aux États-Unis,
04:11d'abord comme Semaine de l'Histoire des Noirs,
04:13et puis à partir de 1974, comme vous l'avez dit, comme le Black History Month.
04:17Et cette année, c'est le centième anniversaire aux États-Unis.
04:20Eh bien, en France, c'est la septième édition que les réseaux Mémoire et Partage coordonnent.
04:24On espère véritablement que les institutions françaises sauront en faire un moment institutionnel,
04:29rassembleur, fédérateur, qui ne divise pas,
04:31mais au contraire, qui permet de comprendre le présent
04:33et d'agir pour transformer nos sociétés vers plus de justice.
04:37Merci infiniment, Carfadi Allo.
04:39Vous êtes le président et le fondateur de l'association Mémoire et Partage.
04:42Merci infiniment d'avoir répondu à nos questions.
04:43Merci de votre invitation. Merci beaucoup.
04:44Merci.
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