00:00Au nom de la représentation nationale, le gouvernement de la République dit toute sa solidarité avec la famille du jeune
00:05Quentin, toute sa compassion et présente évidemment ses condoléances.
00:11C'est un drame absolument épouvantable. Les images sont insoutenables et il faut que ce qui s'est passé ne
00:18soit pas impuni.
00:18C'est la première chose déjà qu'il faut dire, le garde l'a dit à l'instant, c'est
00:22la première exigence, c'est que la vérité judiciaire passe
00:25et je veux le dire, elle doit passer sans aucune pression sur les enquêteurs et sur l'autorité judiciaire et
00:32le gouvernement dit toute sa confiance dans les institutions
00:36pour donner la vérité des faits et engager les responsabilités. La deuxième exigence, c'est précisément la question des responsabilités.
00:47Et au fond, je le vois bien, il y a une tentation de nier la responsabilité individuelle. Dans notre société,
00:56chaque individu est responsable
00:59individuellement de ses actes. Et je ne veux pas que l'on fasse évoluer le centre de gravité de cette
01:06responsabilité, comme je commence à le voir dans la presse
01:09depuis 48 heures, en disant mais au fond, ça serait la responsabilité du corps préfectoral, de la police de Lyon,
01:16qui aurait manqué à sa mission
01:18en n'assumant pas ses missions de sécurité aux abords de Sciences Po Lyon. Les responsables sont celles et ceux
01:25qui commettent des actes de violence
01:27et il ne faut pas inverser le récit. La troisième exigence, et vous la connaissez, vous en avez été en
01:36plus le ministre
01:37de l'enseignement supérieur, c'est notre capacité désormais à protéger les débats intellectuels au sein de ces universités.
01:45Et on le voit bien, ces troubles à l'ordre public répétés, plusieurs dizaines, menacent ce qui fait l'identité
01:53de l'université française,
01:54c'est-à-dire un lieu de débat, de débat intellectuel, de liberté de rencontre intellectuelle. Et au fond, ces
02:01incidents en répétition,
02:02ces troubles à l'ordre public viennent justement mettre en danger cette liberté. Et moi, j'ai demandé au ministre
02:08Philippe Baptiste
02:10de resserrer le lien avec les recteurs, les présidents d'universités. Malheureusement, si nous devons interdire un certain nombre de
02:18conférences,
02:18ce qui doit demeurer l'exception, il faudra le faire parce que c'est le seul moyen précisément de défendre
02:24nos principes
02:24qui sont cette liberté de dialogue et de production intellectuelle auxquelles nous sommes tous attachés.
02:30Puis le quatrième enjeu ou exigence, c'est évidemment le refus de la violence politique. Et celle-ci, elle nécessite
02:38de la grande clarté.
02:40Elle nécessite de sortir de toutes les formes d'ambiguïté. C'est vrai du rapport à la violence, c'est
02:45vrai aussi
02:46du rapport à la question de la lutte contre l'antisémitisme. Je pense que c'est un moment de vérité
02:51auquel nous assistons, monsieur le ministre, dans lequel un certain nombre de formations politiques
02:55ne pourront pas s'abriter derrière des raisonnements trop compliqués. Soit on lutte et on refuse la violence,
03:01soit on ne lutte pas contre elle. Il n'y a pas de double standard. Il n'y a pas,
03:04au fond, deux poids, deux mesures.
03:06Ça vaut pour tout le monde, pour tout un chacun. Et au fond, on ne peut pas avoir la rhétorique
03:11de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe parfois dans cet hémicycle
03:17peut infuser dans l'ensemble de la société. Et c'est donc un appel à la responsabilité,
03:22à la responsabilité individuelle, à la responsabilité de chaque formation politique
03:28dans le respect du vote des Français, mais dans le respect des valeurs de la République.
03:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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