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  • il y a 6 heures
Les mots. Des mots qui font du bien, des mots qui font du mal, des mots qui devraient remplacer les lynchages…

Retrouvez « Tanguy Pastureau maltraite l'info » dans La Bande Originale sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/tanguy-pastureau-maltraite-l-info

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Si Tanguy bloque sur eux, à mon parti !
00:03Ce week-end j'ai joué à mon spectacle à Limoges, une des 200 lignes oubliées de
00:07la SNCF, il n'y a pas de TGV pour y aller, ce qui fait que la ville est habitée
00:10par
00:10des gens de là-bas et pas par des parisiens qui font 3 jours en distanciel et jeudi-vendredi
00:15à Paris.
00:16Forcément sur place c'est dur de trouver des matchs à la Tébio et des gosses qui
00:19s'appellent Calixte.
00:20Non, pour y aller on prend un inter-cyté, c'est-à-dire un ancien train corail dont
00:24on a changé 3 moquettes, et c'est lent mais confortable, des vieilles banquettes bien
00:29molles qui rentrent quasiment dans les fesses, j'ai failli dire au contrôleur qu'il y
00:32avait absence de consentement, j'ai eu envie de déposer une main courante contre cette
00:36banquette.
00:36Oh, on se connaît banquette ? Les inter-cyté, ça sent les années 70, on a envie de fumer
00:41de l'Afghane en cherchant des poux dans le pubis d'une babacoule qui se lave pas.
00:45Et ceux qui prennent le Paris Limoges le savent, les horaires d'arrivée sont fournis à titre
00:50indicatif.
00:50Quand tu envoies un SMS au pote de Limoges qui vient de chercher à la gare, tu écris entre
00:54ce soir 17h et après-demain.
00:56Si tu arrives, parce qu'il y a des voyageurs qui disparaissent, entre Vierzon et Châteauroux,
01:01Larousseau, Cheb Mami, Gustavo Coetel, un jour ont voulu se rendre à Limoges.
01:05Alors mon train a eu du retard bien sûr, mais pour une raison inédite, les voies étaient
01:09inondées.
01:10Il pleut non-stop depuis 3 semaines partout, ça dégorge.
01:12Limoges, j'aurais pu y aller à la nage si j'avais eu la condition physique.
01:15Donc il y a un moment où l'inter-cyté est descendu à 10 km heure pour franchir une zone
01:19d'inondation.
01:20Je ne savais plus si c'était un train ou un bateau, ce que Jules Verne imaginait pour
01:24le 21ème siècle.
01:25Des trains amphibie, la SNCF l'a fait avec 400 euros de coups de fonctionnement.
01:29Alors j'ai fini par arriver à Limoges, sur place on m'attendait le lendemain.
01:32J'ai fait le spectacle et après j'aime bien voir le public parce que j'espère toujours
01:35qu'un spectateur malade va me filer sa grippe ou sa gastro et que je ne pourrais pas venir
01:39le lundi.
01:39Je leur dis aux gens, mettez la langue.
01:41Donc je vais enlever la salle, on discute, un monsieur m'offre du miel.
01:46Il me dit, c'est mon miel.
01:48J'aurais dû lui demander s'il avait des abeilles pour être sûr que ce ne soit pas
01:51un gars qui sort de lui, avec sa femme en combinaison blanche qui vient le prélever
01:55et lui en slip qui fait bzzz.
01:59Et là, un autre homme mystérieux me donne un petit mot, c'était quasiment la Saint-Valentin,
02:04c'était vendredi.
02:04Je me suis dit, il me veut.
02:05Parce que je sais que ce corps que j'ai fait que les gens ont du mal à se contenir.
02:09Une fois revenu dans la loge, je déplie le mot et véridique, le type avait écrit, dites
02:13à Nagui qu'il parle trop.
02:14J'ai trouvé ça vrai mais injuste.
02:18D'accord, Nagui, il y a trois semaines pile, a oublié de me souhaiter mon anniversaire
02:23lors de ce numéro de la bande originale que mes biographes ont appelé l'émission
02:26de la honte.
02:27Mais il a le droit à une seconde chance.
02:29Et puis oui, il parle.
02:30Mais c'est le principe de la radio s'il faisait du mime.
02:32C'est nous qui serions obligés de meubler.
02:34Old Love ferait des opéra rock de 55 minutes.
02:36Qui veut ça ?
02:38Ensuite, j'ai quitté Limoges, train de samedi matin pour Paris, arrivé à l'heure.
02:42Les gens pleuraient de joie tellement ils n'y croyaient pas.
02:44Certains se sont mis à prier.
02:45Ils voyaient une preuve de l'existence de Dieu.
02:47Un chien a été sacrifié de manière rituelle.
02:49Et heureusement qu'il était à l'heure parce que j'étais dans un comportement de
02:52cis.
02:53Les intercités, on est disposé comme des sushis quand tu prends une barquette.
02:56J'étais avec un papa, une maman et cet enfant qu'ils appelaient Juju.
03:00Mais que j'ai vite appelé Satan parce qu'il a couiné sur les 3h30 de trajet.
03:0536h57, je me disais il va dormir.
03:07Non, Juju ne dort pas.
03:09Juju jouait avec son stylo parlant à la con.
03:11Qui lui disait quand il le mettait sur un pays, quel était ce pays ?
03:15Depuis, je déteste tous les pays.
03:16Je suis à tout point d'aller voir Kim Jong-un pour le convaincre de tout raser.
03:20Ensuite, les parents de Juju ont mis à Juju des vidéos de la patte patrouille sur le téléphone
03:24avec le son à 12 sur un volume allant de 1 à 6.
03:28Sans se demander si ça allait gêner qui que ce soit, puisque c'est Juju numéro 1,
03:32les autres entités globales numéro 2.
03:34En plus, Juju a tout commenté pendant 3h30.
03:37Et là, j'ai repensé à Jean Castex, ce bienfaiteur, ce boomer céleste,
03:41avec son idée de classe business sans enfants dans le train.
03:44Je pourrais lancer une société juste pour avoir accès à cette classe business.
03:48Nagui parle trop, vous ne connaissez pas Juju.
03:51J'ai pris le métro, la RATP diffusait samedi un message souhaitant une bonne Saint-Valentin aux amoureux.
03:58C'était mignon et inattendu, ça a mis des sourires sur les visages des gens.
04:02Il y a les mots pénibles, ceux de Juju, et les mots qui réchauffent sur la ligne 1.
04:06Je ne sais pas si ça se reproduira, mais il y a eu de l'humanité.
04:08Et les mots, vous voyez, sont là normalement pour remplacer les mandales, les coups de poing,
04:12les pieds lancés à fond dans la gueule.
04:14Ceux qui a reçu Quentin, 23 ans à Lyon, depuis sa débat, on parle de fachos, d'antifa,
04:19d'extrême, toujours, pardon, la garde rapprochée de Xavier Bertrand, linge personne, elle dort,
04:24puisqu'elle écoute Xavier Bertrand.
04:26Ici et là, j'ai lu qu'on parlait de la violence politique comme un renouveau,
04:29et vous savez, ça m'a rappelé qu'au lycée, quand j'y étais il y a longtemps,
04:32il y avait des skins, des nazis, tu disais, dans leurs yeux, qui cherchaient en découdre.
04:36Donc moi j'allais au CDI.
04:37Et il y avait des redskins, les skins communistes.
04:40Je crois me souvenir qu'on distinguait skins des redskins à la couleur des lacets qu'ils
04:43mettaient sur leurs rangers.
04:44C'était les reines du shopping.
04:45Ces crânes rasées ou ces débiles.
04:47Il n'y a rien de comparable avec aujourd'hui, ce ne sont pas les mêmes gens.
04:50Sinon qu'avec le temps, on aurait pu évoluer et s'affronter avec des mots,
04:53au lieu de lyncher un jeune homme seul à plusieurs sont juste des idées.
04:56Donc débattez, criez, hurlez, invectivez, insultez-vous, mais on ne tape pas en fait.
05:00J'ai presque envie de retrouver Juju dans le train pour Limoges et de me couper de tout ça
05:04en matant avec lui la patte patrouille.
05:06Merci !
05:10La tourniste nous poursuit vendredi, il sera à Caen, c'est dans 4 jours.
05:14Oui !

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