00:00Bonjour Finnegan Oldfield.
00:01Bonjour.
00:02Vous êtes acteur franco-britannique.
00:04Vous avez démarré très tôt avec un premier rôle dans le téléfilm
00:07L'Île Atlantique de Gérard Mordia,
00:10alors que vous n'aviez 14 ans.
00:12Avant de faire vos premiers pas au cinéma,
00:14trois ans plus tard dans Les Hauts Murs de Christian Faure,
00:16c'est vrai que vous avez été ensuite repéré et adopté par le public français
00:20dans les films Les Cowboys, dans le rôle de Georges
00:22aux côtés de François Damiens et Marvin
00:24au Labelle Éducation
00:25à côté de Grégory Gadebois,
00:27ce qui vous a valu d'ailleurs d'être nommé au César
00:29dans la catégorie du meilleur espoir masculin
00:31deux fois. Le cinéma a été sans aucun doute
00:33votre plus belle rencontre, en tout cas suffisamment
00:35forte pour que vous ayez
00:37envie de quitter l'école très très tôt
00:40avec quand même
00:41on va dire une validation de la part
00:43de votre mère qui était institutrice
00:45et force est de constater que vous avez eu raison.
00:47Aujourd'hui vous êtes à l'affiche du film Couture d'Alice
00:49Winokour avec Louis Garel,
00:52Angelina Jolie, Vincent Lindon.
00:53Vous jouez le rôle d'un journaliste, c'est l'histoire de Maxine,
00:56une réalisatrice américaine mais aussi d'Adha
00:57d'une jeune mannequin en Néo-Soudan
00:59et qui vit actuellement au Kenya
01:01parce qu'elle a fui avec sa famille
01:03et Angèle, une jeune maquilleuse qui aspire à une autre vie.
01:06C'est un film qui parle de révolte intérieure
01:07féminine, de sororité.
01:09Vous êtes l'un des rares visages
01:12et personnages masculins
01:13de ce film. Comment vous la vivez vous en tant qu'acteur
01:16cette sororité même sur un lieu de tournage ?
01:19Écoutez, moi je trouve ça toujours très intéressant les rôles masculins,
01:26les héros qu'on a au cinéma.
01:27Moi, mes modèles, c'était, je ne sais pas, c'était Indiana Jones, Bruce Willis dans Die Hard,
01:36Robert De Niro, même dans des films,
01:38Raging Bull, etc.
01:39Une figure très masculine, très virile.
01:43On a envie d'être un super-héros quand on est enfant.
01:46Et maintenant, c'est drôle parce que je grandis
01:48et je me suis rendu compte que, mine d'ailleurs,
01:50je pense que j'ai refusé pas mal de rôles
01:53pour ces raisons-là.
01:54J'ai eu un peu toujours du mal
01:56à jouer ce rôle-là, à jouer
01:58ce mec, quoi. Vous voyez ce que je veux dire ?
02:00Et on me dit souvent qu'il y a une espèce
02:02de part de féminité en moi.
02:04Je ne sais pas ce que ça veut dire.
02:06En tout cas, j'aime beaucoup travailler avec des réalisatrices.
02:08J'aime beaucoup ce scénario, j'aime beaucoup ce film
02:10parce qu'il parle de ça, justement.
02:12Comment les femmes se reconstruisent,
02:15comment on recoue nos blessures,
02:18comment on apprend à vivre
02:20malgré tout ce qu'on a vécu, etc.
02:22Et oui, je pense que la place des hommes
02:24dans le cinéma, des acteurs,
02:26surtout de nos jours,
02:27avec tout ce dont on parle en ce moment,
02:30tout ce combat qui est mené justement
02:31pour qu'il y ait une égalité
02:33à tous les niveaux,
02:34moi, je trouve ça très intéressant.
02:36Comment on se positionne ?
02:37Quel rôle on choisit ?
02:39Qu'est-ce qu'on représente, en fait ?
02:40Je dirais qu'on parle justement de ses destins.
02:42C'est vrai que quand on regarde Ada,
02:43elle vient du Soudan,
02:45elle a dû fuir avec sa famille
02:46pour aller se protéger au Kenya.
02:50Maxine, elle se protège différemment de sa famille
02:52parce qu'elle a un métier très, très compliqué
02:54qui l'envoie bien souvent loin de chez elle.
02:57On a cette maquilleuse
02:58qui essaie de joindre les deux bouts
03:00et essaie de devenir autre chose,
03:02donc en l'occurrence, une écrivaine.
03:03Il faut savoir prendre son destin en main,
03:06Finnegan, vous qui avez réussi
03:07et décidé très tôt de quitter l'école.
03:14Alors, est-ce que j'ai réussi ?
03:16Oui, ça se passe bien.
03:16Je suis très content.
03:18J'adore mon métier.
03:19J'adore les rencontres que je fais.
03:20Je suis très heureux.
03:23Après, c'est le métier d'acteur.
03:25J'ai l'impression que c'est quand même
03:25un long parcours.
03:26Il faut s'accrocher, il faut bosser,
03:28il faut faire les bons choix.
03:30Moi, j'ai l'impression quand même
03:30que rien n'est jamais acquis,
03:32qu'il faut continuer tout le temps.
03:33C'est peut-être un défaut, j'en sais rien.
03:36Oui, effectivement,
03:37j'ai quitté l'école assez tôt.
03:39En quatrième.
03:40En quatrième, oui.
03:41Parce que j'avais déjà goûté à ce métier-là.
03:44J'avais déjà eu un rôle principal dans un film,
03:47celui de Gérard Mondia dont vous avez parlé.
03:49J'avais déjà vécu ce que c'était
03:51qu'un tournage pour de vrai.
03:53Et je me rappelle avoir vu
03:55tous ces métiers autour de moi,
03:56les techniciens, la caméra, le son,
03:58et être absolument émerveillé par tout ça.
04:01Et à l'époque, je m'étais dit
04:02« Mais moi, c'est ça que je veux faire. »
04:04Et même si je ne suis pas acteur,
04:05je veux bien faire chacun de ces métiers
04:07que je vois sur un plateau.
04:08Parce que je l'ai trouvé merveilleux.
04:09Après, ça ne veut pas dire
04:10que j'aurais été bon à ça.
04:12J'ai eu de la chance,
04:13donc j'ai pu continuer
04:13à faire des castings et tout.
04:15Il y a eu quand même un moment
04:16où je me suis battu
04:16parce que ce n'est pas juste
04:17que vous faites un rôle principal
04:21dans un téléfilm
04:22qui vous permet de bosser toute votre vie.
04:23Après, derrière, il faut continuer,
04:25il faut passer des castings et tout.
04:25Ce qui est assez fou chez vous,
04:28c'est que vous avez failli mal tourner.
04:30On ne va pas se mentir.
04:31Il y a eu un moment
04:31où il y a eu une bascule.
04:34Et le fait de jouer,
04:35ça vous a sauvé de l'adolescence.
04:37Oui, il y a eu un moment très compliqué.
04:39Il y a eu un moment très compliqué.
04:43Et j'imagine qu'il y a
04:44beaucoup d'adolescents en France
04:46et d'adolescentes
04:47qui sont dans le même cas.
04:50Moi, je trouve l'adolescence
04:51très difficile.
04:52Je trouve que c'est un moment
04:55très, très charnière.
04:56Même le début,
04:57quand on est adulte,
04:58trouver sa voie,
04:59c'est très compliqué.
05:00Surtout dans le système français,
05:01puis avec l'école, etc.
05:03Être hors des rails,
05:04c'est compliqué.
05:05Oui, effectivement,
05:05le cinéma m'a sauvé
05:06d'une certaine manière,
05:07c'est sûr.
05:08Votre mère,
05:12institutrice spécialisée,
05:13vous a beaucoup encouragé
05:14à retenter l'expérience.
05:16Il y a un moment,
05:17effectivement,
05:17où il y avait un point de bascule.
05:19Elle, elle vous a apporté
05:21ce côté Truffaut, Hitchcock,
05:23le côté très français.
05:24Votre père,
05:25c'était plutôt les Montipitons.
05:27Et vous,
05:27vous avez apporté votre patte aussi,
05:30plutôt du côté des affranchis.
05:33Vos parents,
05:34ils ont joué un grand rôle,
05:35justement,
05:35dans la confiance
05:37dont vous manquiez.
05:40La confiance qui vous manquait.
05:41Oui, mes parents,
05:42ils m'ont toujours soutenu,
05:43même quand ça a été compliqué.
05:45Donc, merci.
05:47Parce que, vous savez,
05:48c'est un métier abstrait.
05:49Il faut convaincre tout le monde
05:50qu'on peut y arriver.
05:51Il faut convaincre vos parents,
05:53les directeurs de casting.
05:54Et pour ça,
05:55ils font un peu d'aplomb.
05:56Et oui,
05:56mes parents,
05:57ils ont toujours été là
05:57au bon moment,
05:58mine de rien.
06:00Vous savez,
06:00l'école,
06:01elle peut vous refuser
06:01d'aller sur un tournage,
06:03par exemple.
06:04S'ils pensent que ce n'est pas
06:05le bon moment,
06:06que vous allez louper.
06:07Bref.
06:08Non,
06:08ils m'ont toujours
06:08vachement soutenu,
06:09c'est clair.
06:09Et il faut être très bien entouré.
06:12Ouais, ouais.
06:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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