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Transcription
00:00Voilà, pour en parler, nous sommes en ligne ce matin avec le chercheur Emmanuel Alcaraz.
00:04Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
00:06Vous êtes professeur agrégé d'histoire, chercheur rattaché au laboratoire Mésopolis de Sciences Po,
00:12ex-co-auteur de l'Afrique du Nord en mouvement entre mobilisation populaire et restauration autoritaire
00:18qui vient de sortir aux éditions du Croquant.
00:21Tout le monde a intérêt à un apaisement, mais il ne faut peut-être pas s'attendre à de grandes
00:25annonces ?
00:26Oui, je pense que c'est probable.
00:28Si on analyse la presse algérienne et la réception de la visite de M. Nouniès,
00:34en fait, c'est le pragmatisme qui domine et c'est un pragmatisme offensif.
00:39Donc Alger a apprécié en fait que M. Nouniès ne mette plus de conditions à sa venue,
00:47mais je pense que c'est un premier pas vers une éventuelle reprise du dialogue
00:54parce que ces dernières semaines ont été écornées par des micro-crises,
00:58notamment l'affaire de la diffusion de compléments d'enquête,
01:02reportage qui a été jugé comme uniquement à charge sur l'Algérie,
01:07qui a été diffusé sur France 2.
01:09Et je pense que si les choses ont repris, c'est grâce en grande partie à la médiation officieuse
01:16de Ségolène Royal, qui est la représentante de l'association France-Algérie,
01:20qui a pu rencontrer le président Tebboune,
01:23et même si elle n'est pas à l'envoyer l'émissaire officiel du président Macron,
01:27ça a certainement joué d'avoir une personnalité politique de premier plan,
01:31de ce niveau, joué ce rôle de médiation.
01:35– Et puis il n'y a pas la même approche qu'avec Bruno Retailleau,
01:38lui qui était ferme sur ce dossier, qui refusait tout déplacement à Alger.
01:45Précisément, quels sont les sujets sur lesquels les choses pourraient évoluer ?
01:48– Alors les choses peuvent évoluer,
01:50alors vous mentionnez dans le reportage les questions sécuritaires,
01:54notamment la France a besoin de l'Algérie,
01:57parce que pour la sécurité ça passe par le Sahel,
01:59et la France n'est plus présente au Sahel, au Maïdli et au Niger,
02:03donc elle a besoin de la médiation algérienne,
02:07et Alger a aussi besoin de Paris, parce que quelque part,
02:10et de l'Union Européenne, parce qu'elle se trouve un petit peu isolée
02:12sur la scène politique régionale,
02:15ça peut aussi évoluer sur la question économique,
02:18vous avez aussi une délégation du MEDEF,
02:20qui rencontre des patrons algériens,
02:23ça peut évoluer aussi, ça peut passer aussi par une médiation
02:25de l'Union Européenne sur le plan économique,
02:27donc c'est essentiellement sur le plan sécuritaire,
02:29il y a aussi sur l'affaire Gleys, si les choses se tassent,
02:32on peut espérer une sortie heureuse,
02:36même si à mon sens ça peut prendre encore plusieurs semaines,
02:40donc je dirais que sur la question aussi,
02:43il y a bien sûr la question migratoire,
02:45mais l'Algérie a aussi des demandes vis-à-vis de la France,
02:48parce qu'elle demande l'extradition d'un certain nombre
02:51de ses ressortissants qui ont trouvé asile en France,
02:54et qui sont poursuivis sur des dossiers de corruption en Algérie,
02:57donc la France a des demandes concernant les OQTF,
03:01mais Alger a aussi également des demandes,
03:04et sur lesquelles la France a opposé jusqu'à maintenant
03:08une fin de non-recevoir,
03:09et donc Alger attend des gestes significatifs.
03:12Il y a aussi bien sûr la question mémorielle,
03:14il pourrait y avoir quand les choses sur un plan diplomatique,
03:17géopolitique avancent guerre,
03:18on peut avancer au moins sur la mémoire,
03:20sur la culture, sur la mémoire du passé colonial,
03:22et peut-être y aurait-il une réactivation de la commission Stora,
03:28notamment Alger demande des choses concernant les archives,
03:30demandant des choses concernant la reconnaissance
03:33des essais nucléaires faits par la France en Algérie,
03:37donc sur le plan des petits pas mémoriels,
03:39il pourrait y avoir des avancées,
03:41mais c'est en fait, les choses sérieuses,
03:44se jouent plutôt sur le dossier sécuritaire,
03:46sur le dossier migratoire.
03:47– Et il y a des points de blocage comme le Sahara occidental,
03:50pardon nous interrompre,
03:51et là ça va être très compliqué sur cette question du Sahara occidental,
03:55il est peu probable qu'Emmanuel Macron revienne sur sa reconnaissance
03:58de la souveraineté du Maroc.
04:01– Ça paraît effectivement peu probable,
04:04et la France a renoncé en fait à une politique d'équilibre,
04:07elle avait peut-être sur un plan géopolitique
04:09une carte à jouer pour se démarquer de Donald Trump
04:13et aussi de certains de ses partenaires européens,
04:15mais elle a en fait, elle a été un peu suiveuse sur ce plan,
04:19en finissant par reconnaître,
04:21Emmanuel Macron a reconnu, comme le dit votre reportage,
04:24la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental,
04:26et ça c'est une ligne de friction
04:29par rapport aux fondamentaux algériens,
04:31de la diplomatie algérienne.
04:33Donc, et là je ne vois pas effectivement
04:34M. Macron rétro-pédaler sur cette question.
04:38– Merci.
04:38– Il n'a fait en fait que suivre ses partenaires européens.
04:40et donc…
04:40– Merci.
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