Ses Jeux n'ont pas commencé ce dimanche. Pour Clément Noël, ces JO-2026 ressemblent plus à un marathon qu'à une course d'un jour. Porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d'ouverture, il a déjà disputé une première épreuve sur le combiné par équipes où il est passé à côté d'une médaille pour 13 centièmes avec le Briançonnais Nils Allègre. Mais ce dimanche, c'est SON moment. Celui qui a fait de lui il y a quatre ans un champion olympique pour l'éternité, à Pékin, et qui pourrait, à Bormio, le consacrer comme l'un des plus grands. Jamais dans l'histoire des JO, un slalomeur n'a conservé son titre, pas même l'immense suédois Ingemar Stenmark. C'est ce défi que se lance le Vosgien.
"Ce n'est pas facile, mais si ça l'était, ça se saurait : ce sont les Jeux olympiques, il y a de la pression. Tout le monde sait qu'il n'y a que trois places qui comptent. Il va falloir être présent au moment où ça compte, je suis sûr d'avoir toutes les armes pour le faire", veut-il croire. Cette médaille d'or et ses quinze victoires en coupe du monde sont autant de gages pour assumer cette ambition.
Quatre ans plus tard, c'est aussi un autre Noël qui va se présenter au portique de départ, peut-être sa plus grande force. "Ce titre, je ne vais pas le perdre, il restera là, mais il ne faut pas non plus dire que je suis déjà champion olympique, que peu importe ce qu'il se passe. J'ai bien vécu ces quatre dernières années, mais je les aurais bien vécues aussi sans être champion olympique. Ça ne change pas ma vie, en tout cas, ça ne change pas ma personne, mais ça a changé mon statut, la vision des gens... Oui il y a le statut, si on peut gagner un peu d'argent aussi ça ne fait pas de mal, mais il n'y a pas que ça. Je fais la course parce que ce sont les Jeux, parce que ça me fait rêver, parce que c'est grand."
Un recul acquis au fil des saisons de coupe du monde, circuit sur lequel il brille depuis huit ans. "Mine de rien !", fait-il remarquer. "Je suis plus mature, plus mûr, j'ai plus de recul sur les choses et j'arrive mieux à gérer les moments moins bien. Je sais qu'une grande partie de ma carrière est derrière moi, il y en a peut-être une belle partie devant, mais elle sera moins grande que celle de derrière", avance le skieur de Val d'Isère, même si, entre les piquets, sa priorité reste toujours la même. "J'apprécie le fait d'être champion olympique et j'apprécierais encore plus le fait de l'être à nouveau, glisse-t-il dans un sourire. C'est pour ça que je fais du ski."
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