Un Homme comme Personne [Album : Infans # Passé sous silence]
Ce soir-là, nous sommes entrés
dans une galerie d'art, pour changer.
Le premier tableau représentait une casse,
où tous les éléments de bagnoles
s'entrechoquent, s'enchevêtrent, s'entrelacent
en un tas d'accidents.
Pareils à celui qui s'était passé,
sans faire de bruit, en plein fouet de nos vies.
Soudain nous avons découvert
au tournant qui nous attendait,
dans ce qui n'était plus qu'un amas de ferraille ;
une aile et un volant à peine tordus, juste un peu voilés.
Mais aussi est-ce important ? :
Un souffle de vie dernier.
Nous arrivions peut-être à temps.
Il était coincé entre l'accélérateur et le carbu,
s'accrochant désespérément au frein à main.
C'était un homme, vous savez ?
De ceux que l'on voit tout le temps,
à part que celui-ci avait quelque chose à lui
comme tout le monde :
un Homme comme Personne.
C'était un homme agonisant
qui de ses blessures, perdait un sang bleu ciel.
Son cœur renfermant un tel azur,
qui de ses veines se libérait ouvertement,
d’un hémophile couchant.
Tandis que la mort le fixait fermement,
lui en face, la regardait dans le blanc.
De douleur il serrait sa vie entre ses dents,
tout en attendant notre avis, quant à son vivant.
Puis, tirer au sort, ironie !
Parmi ceux de l'assistance.
Je m’approchai alors de la souffrance
du blessé obsolète, qui dans mon oreille,
avec humour me murmura :
"Si cela ne vous dérange pas,
envoyez-moi d'entre les cieux une ambulance,
à la lumière bleue,
conduite par des anges en blouse blanche.
Emmenant mon corps natal,
brûlant à cent et à feu :
jusqu'à l'hôpital, sur le billard.
A moins que dans la course n'arrive avant eux,
guidé par la grande Ourse : mon corbillard".
Alors l'un de nous le cœur sur la main,
lui lança un euro en pièces jaunes,
de quoi téléphoner d’urgence.
Tandis que les passant,
voyant que l'agonisant n'était que grièvement blessé :
crièrent : "remboursé ! remboursé !"
en spectateurs indignés.
A ce spectacle pourtant gratuit dont avant les médias,
nous avons pu profiter :
en une mitraille de selfies
Puis tout le monde s’en retourna froidement
dans son tombeau
Paroles de Christophe-PLOUVIN [Alias Madinx]
Mises en valeur (en musique & chanson)
en qualité d’Auteur~Poète~Parolier à « IMAGINAL »
« Tous droits réservés »
DESCRIPTION :
“Un Homme comme Personne” est " un instant suspendu entre vie et mort, où l’ironie, la poésie et l’indifférence humaine se croisent. Un texte court, fort, qui révèle un homme semblable à personne.
Poème narratif puissant sur un monde de spectateurs passifs dans l’indifférence, au regard selfie face à la fragilité humaine et la scène d’un accident transformée en tableau poétique. “Un Homme comme Personne” est un texte de Madinx mêlant émotion, ironie, critique sociale et images fortes. Une création IMAGINAL, entre slam, poésie moderne et récit cinématographique.
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