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  • il y a 23 heures
La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République), poursuit ses travaux. Le 12 février, les députés ont auditionné les présentateur et rédacteurs en chef de l'émission d'investigation Complément d'enquête, diffusée sur France 2 : Tristan Waleckx, Séverine Lebrun et Emmanuel Gagnier. Retrouvez les temps forts de leur audition.

La rédaction de LCP vous propose les morceaux choisis des séances publiques dans l'hémicycle et des séances de travaux ou des auditions en commissions.

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Transcription
00:00:00Bonjour à tous et bienvenue dans la séance Est Ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, nous allons revenir sur les travaux de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public
00:00:18avec l'audition des responsables de l'émission de France 2, complément d'enquête.
00:00:23Les députés sont auditionnés devant les députés, Tristan Walex, le présentateur et rédacteur en chef, ainsi que Séverine Lebrun et Emmanuel Gagné, rédacteur en chef de l'émission.
00:00:33Regardez.
00:00:34Je vous remercie pour votre invitation. Je suis très impressionné de me retrouver face à la représentation nationale.
00:00:40Pour un journaliste de terrain que je suis, c'est très inhabituel, mais je suis aussi très fier.
00:00:46Aujourd'hui, nous sommes quatre, mais on représente toutes les équipes de complément d'enquête.
00:00:50On est passionné par notre émission, par l'investigation, et on est ravis de pouvoir expliquer ce que nous faisons, comment nous le faisons et pourquoi nous le faisons.
00:00:59Complément d'enquête, vous l'avez dit, c'est une émission créée par Benoît Duquesne il y a un quart de siècle, en 2001.
00:01:05Le concept est simple, c'est un ou plusieurs reportages d'enquête suivis d'un entretien dans les fameux fauteuils rouges devenus la marque de fabrique de l'émission.
00:01:12Je reconnais des gens qui s'y sont assis il y a encore quelques semaines.
00:01:17Ces fauteuils ont beaucoup voyagé, des plages de Phuket en Thaïlande, où Benoît Duquesne avait présenté une émission sur le tsunami,
00:01:23jusqu'à la jungle de Calais, où Nicolas Poincaré s'était installé pour parler immigration.
00:01:28Jacques Cardoz, lui, les a emmenés en Irak pour une émission sur Daesh, quand Thomas Soto, lui, les a fait rentrer dans la cour de l'Elysée.
00:01:35Moi-même, j'ai posé les fauteuils rouges en Ukraine quelques jours après le début de la guerre,
00:01:39mais aussi Gare du Nord, pour parler du fléau du krach, ou encore dans l'ancienne usine Whirlpool d'Amiens,
00:01:45avec les tout derniers salariés de ce symbole de la désindustrialisation.
00:01:49Au total, plus de 1500 personnes se sont assises dans ces fauteuils rouges, avec toujours le même objectif pour nous,
00:01:55donner la parole à toutes et à tous, quel que soit son parcours, sa sensibilité et son point de vue.
00:02:00On y a vu, je l'ai dit, des ouvriers, mais aussi des PDG, des ministres, des femmes et des hommes politiques de tous bords,
00:02:07des artistes, tout comme des représentants de la société civile, des acteurs et des témoins clés de 25 ans d'actualité.
00:02:1725 ans d'enquête, l'affaire Messier, l'affaire Rodia, l'affaire Clearstream, l'affaire Bettencourt, l'affaire DSK,
00:02:23l'affaire Cahuzac, l'affaire Big Malion, l'affaire Benalla, ou plus récemment, l'affaire des assistants du Parlement européen,
00:02:29ou celle du financement libyen. Toutes ont fait l'objet d'un complément d'enquête.
00:02:34Vous qui cherchez, à juste titre, des singularités du service public, en voilà une,
00:02:38vous ne retrouverez cette liste sur aucune autre chaîne que celle de notre groupe.
00:02:43Car l'investigation est un objectif inscrit dans la charte de France Télévisions,
00:02:47dont vous reconnaissez vous aussi l'utilité, mesdames et messieurs les députés.
00:02:51Dans un récent rapport parlementaire, vous avez écrit, les émissions d'investigation constituent des outils essentiels
00:02:57pour fournir le recul indispensable à la réflexion, et je suis d'accord avec vous.
00:03:02Ainsi qu'avec l'ARCOM, qui dans son dernier bilan de France Télévisions, souligne, je cite,
00:03:07les magazines d'information, et plus spécifiquement ceux dédiés à l'investigation,
00:03:11sont des éléments distinctifs des offres de services publics.
00:03:14Faire de l'investigation, c'est révéler des faits d'intérêt général, enquêter, sans pour autant se prendre pour des justiciers.
00:03:23Je vous parlais en introduction de Bono Duquenne, il est mort brutalement en 2014.
00:03:29Tous les reporters de la rédaction dont je faisais alors partie se sont retrouvés comme orphelins professionnellement.
00:03:35Et depuis, on essaye de continuer à faire vivre ce qu'il nous a transmis, son état d'esprit.
00:03:39D'abord, le sens du collectif. Aucune décision ne se prend seule, parce que l'investigation est avant tout un travail d'équipe.
00:03:47Et surtout, Benoît nous répétait sans cesse la même phrase, il faut penser contre soi-même.
00:03:53Pour nous, c'est une boussole, c'est presque devenu la devise de l'émission.
00:04:00Être journaliste d'investigation, en réalité, c'est passer son temps à douter.
00:04:03Douter de certaines vérités établies, certes, mais aussi questionner la fiabilité de nos infos, les risques que prennent nos sources ou les conséquences potentielles de nos révélations.
00:04:12C'est un travail long, exigeant, souvent ingrat.
00:04:15Cela signifie contacter parfois des centaines de témoins et d'informateurs pour un seul sujet.
00:04:20Accepter de renoncer quand les éléments ne sont pas suffisamment solides.
00:04:23Et toujours, toujours, toujours se remettre en question.
00:04:26Et même le moment un peu particulier que l'on vit avec cette commission, je vous l'avoue, est l'occasion pour nous de nous interroger plus encore pour essayer de nous améliorer.
00:04:37Parmi ces préoccupations, ces obsessions même, celle de donner l'information la plus rigoureuse possible.
00:04:43Nous vivons avec l'angoisse permanente de nous tromper, de mal faire.
00:04:47Et on ne va pas se mentir, en 25 ans d'émission, 612 numéros, certains sont sans doute plus réussis que d'autres.
00:04:52Mais ces dix dernières années, jamais la justice ne nous a condamnés sur le fond.
00:04:57Jamais l'ARCOM ne nous a sanctionnés.
00:05:01Être journaliste, qui plus est dans le service public, implique de lourdes responsabilités.
00:05:05Parmi elles, il y a aussi celle du pluralisme.
00:05:09Complément d'enquête est évidemment une émission non-partisane.
00:05:12J'ai coutume de dire que nous ne sommes pas des journalistes militants.
00:05:15Mais en revanche, je revendique le fait que nous sommes des militants du journalisme et d'un journalisme totalement indépendant.
00:05:23Les polémiques, souvent contradictoires, provoquées par nos enquêtes en sont la meilleure preuve.
00:05:27Au gré de nos sujets, on se retrouve souvent adorés par ceux qui nous détestaient la veille et inversement.
00:05:33Récemment encore, vous l'avez dit, M. le Président, notre tout dernier complément d'enquête sur l'Algérie
00:05:37a été simultanément accusé d'être anti-algérien, de faire le jeu de l'extrême droite,
00:05:42quand d'autres affirmaient au contraire que nous aurions agi pour le compte de l'Algérie en censurant un diplomate.
00:05:47Tout était faux.
00:05:49Complément d'enquête, travail en toute indépendance, sans recevoir de consignes de quiconque.
00:05:55Souvent, l'investigation bouscule, dérange.
00:05:58Et parfois, les faits d'intérêt général que nous révélons viennent nourrir le débat public.
00:06:01Et vous êtes les premiers à vous en emparer, vous, les représentants de la nation.
00:06:05Nos enquêtes sont reprises par tous les bancs de cet hémicycle, sans exception.
00:06:10J'ai le souvenir de voir Marine Le Pen brandir nos révélations sur les disparitions d'oeuvres du mobilier national
00:06:15pour réclamer des comptes au Quai d'Orsay.
00:06:17Puis, un député LFI, Damien Maudet, citait notre complément d'enquête sur les morts aux urgences
00:06:22pour dénoncer la saturation des hôpitaux.
00:06:24Ou encore, la députée LR, Valérie Boyer, s'appuyait sur nos révélations,
00:06:28sur les liens entre Lafarge et Daesh, pour questionner le financement du terrorisme.
00:06:32On a entendu un député RN, Emmanuel Foucard, se saisir de nos informations sur les pratiques tarifaires cachées de la SNCF,
00:06:39tout comme Julien Bayou, député écologiste, reprendre nos révélations sur un mécanisme d'évasion fiscale
00:06:45via des sociétés du jet privé.
00:06:48L'émission complément d'enquête a même été citée à 18 reprises
00:06:52dans le dernier rapport de la mission d'information sur les ingérences étrangères.
00:06:55Car depuis plusieurs années, nous travaillons sur la manière dont l'information est devenue un champ de bataille,
00:07:01la façon dont elle est instrumentalisée, manipulée, dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu.
00:07:07Nous avons même lancé une nouvelle collection intitulée « La guerre de l'info »
00:07:10où nous avons traité de l'antisémitisme, des climato-sceptiques
00:07:14ou de la guerre de propagande entre Israël et le Hamas.
00:07:17Pour ce travail, nous avons été primés au prestigieux festival de Monte-Carlo.
00:07:23Car l'investigation de France Télévisions est régulièrement reconnue pour sa rigueur et son exigence,
00:07:27y compris à l'étranger.
00:07:29Ces cinq dernières années, nous avons reçu une dizaine de prix pour complément d'enquête.
00:07:33Je pense à notre émission sur l'indemnisation des victimes de l'Église
00:07:36qui a reçu le prix de l'investigation du Figra
00:07:39ou encore aux récompenses du prix Europa pour nos compléments d'enquête
00:07:43sur les crimes de guerre en Ukraine, sur le narcotrafic à Marseille
00:07:46ou encore sur les usines à Arnaque en Birmanie.
00:07:50Cette reconnaissance est importante car dans le même temps,
00:07:52l'exercice de l'investigation est devenu, je vous le dis, de plus en plus difficile.
00:07:58Les procédures Bayon se multiplient.
00:08:00Pour un complément d'enquête sur Vincent Bolloré, récompensé par le prix Albert Londres,
00:08:04nous avons subi de multiples procédures devant la justice française.
00:08:07Pour un seul et même reportage, cinq procès et au total cinq gagnés par France Télévisions
00:08:13et des centaines de milliers d'euros de frais de justice avec l'argent des Français,
00:08:18une expression qu'on entend souvent ici.
00:08:21Dans un autre registre, pour avoir révélé dans le complément d'enquête
00:08:24l'existence d'une opération secrète de la France en Égypte,
00:08:27une de nos consoeurs a été perquisitionnée et placée en garde à vue
00:08:30pour violation du secret défense.
00:08:33Ces situations nous inquiètent profondément
00:08:35et j'espère sincèrement que cette commission sera aussi l'occasion de se pencher sur ces questions capitales
00:08:41que sont la lutte contre les procédures abusives
00:08:43et la protection de la liberté d'informer.
00:08:46Il faut aussi veiller à ce que la critique légitime du travail des journalistes
00:08:51ne se transforme pas en défiance systématique, voire en violence.
00:08:55Des journalistes de complément d'enquête ont été agressés, menacés, intimidés dans le cadre de leurs enquêtes.
00:09:01Pour ma part, j'ai reçu des appels à me décapiter après une enquête sur le Hamas.
00:09:05L'adresse de mon domicile a été diffusée en ligne pendant notre reportage sur CNews
00:09:09et j'ai parfois appris que nous avions été espionnés ou pris en filature par des officines privées.
00:09:14Ces faits, qui étaient autrefois exceptionnels, deviennent de plus en plus fréquents.
00:09:19Et ce basculement existe aussi dans des démocraties proches de la nôtre,
00:09:22de manière plus extrême encore,
00:09:24comme en Italie, où le rédacteur en chef de l'émission d'investigation de la télévision publique
00:09:28a vu il y a quelques mois sa voiture détruite par un engin explosif.
00:09:32Des actes qui nous inquiètent, qui posent une vraie question démocratique
00:09:36et que nous sommes prêts, si vous le souhaitez, à détailler auprès de votre commission.
00:09:42Enfin, je terminerai par une note beaucoup plus positive.
00:09:45On entend souvent dire que les jeunes se détourneraient de l'information et de la télévision.
00:09:49Les chiffres de complément d'enquête racontent une toute autre histoire.
00:09:53En cinq ans, de 2020 à 2025, la part d'audience des 15-34 ans a augmenté de 77% sur notre case.
00:10:02Chaque semaine, ils sont 100 000 jeunes à regarder complément d'enquête à 23 heures
00:10:06et le plus souvent en replay.
00:10:08Une offre en ligne qui attire régulièrement plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs
00:10:12et parfois plus d'un million.
00:10:14Cela nous dit une chose, les jeunes ne rejettent pas l'information.
00:10:19Quand le journalisme est exigeant, rigoureux, indépendant,
00:10:22quand il parle du réel sans posture ni militantisme,
00:10:25il trouve son public, y compris chez les citoyens de demain,
00:10:28c'est pour eux et avec eux que complément d'enquête continue à faire de l'investigation.
00:10:34Je vous remercie.
00:10:35Merci pour votre propos introductif.
00:10:43Je vais revenir vers vous sur ce qui s'est passé dans cette commission d'enquête
00:10:48il y a donc une semaine, le 5 février,
00:10:52et qu'il est important d'y revenir de manière très solennelle
00:10:56car les accusations qui ont été portées contre vous sont loin d'être anodines
00:11:02et que s'il y a dans le journalisme un principe important
00:11:06qui est celui du contradictoire,
00:11:10c'est également le principe de ces commissions d'enquête.
00:11:15Au terme de l'ordonnance de 1958,
00:11:19les personnes auditionnées prêtent serment
00:11:22et les faux témoignages dans le cadre de cette commission d'enquête
00:11:27peuvent donner lieu de la part du président de cette commission d'enquête
00:11:31à la saisine de l'autorité judiciaire.
00:11:36Sur la base de cette saisine du président d'une commission d'enquête,
00:11:41l'autorité judiciaire peut engager des poursuites pénales
00:11:47qui peuvent, le cas échéant, donner lieu à des condamnations pénales.
00:11:54Le 5 février dernier, dans cette commission d'enquête,
00:11:58Madame Rachida Dati, ministre de la Culture,
00:12:01vous a accusé sous serment d'avoir tenté de monnayer les services
00:12:05d'une tierce personne dont elle n'a pas souhaité révéler l'identité
00:12:10pour tirer des renseignements la concernant
00:12:12auprès d'un membre de sa famille
00:12:15en vue de la réalisation du numéro de complément d'enquête
00:12:19qui lui a été consacré.
00:12:22Je vous l'ai dit, nous travaillons,
00:12:24et je l'avais rappelé également à la ministre,
00:12:25dans un cadre extrêmement solennel et extrêmement formel
00:12:29encadré par l'ordonnance du 17 novembre 1958.
00:12:33Il est donc très important de citer expressément et précisément
00:12:37les propos de Madame la Ministre devant notre commission
00:12:40à la suite d'une question de notre collègue Aurélien Saint-Houle,
00:12:44repurie ensuite par notre collègue Aïda Adizadeh,
00:12:48et que j'ai ensuite fait repréciser.
00:12:51Volontairement, je les reprends telles qu'elles,
00:12:53sans aucune modification rédactionnelle.
00:12:56Et si certains veulent les vérifier,
00:12:58ces propos figurent sur le portail vidéo de l'Assemblée nationale
00:13:01à partir de 1h34 et 20 secondes.
00:13:05Madame la Ministre a dit les choses suivantes.
00:13:08Des journalistes se sont adressés à un membre de ma famille
00:13:11qui était en grave difficulté,
00:13:14et c'était une réalité parce qu'il y a eu des échanges.
00:13:17Ce membre de ma famille a refusé évidemment de les produire,
00:13:21mais je le confirme.
00:13:22Quelques minutes après,
00:13:25elle ajoutait qu'une des limites à la liberté d'expression,
00:13:28c'est quand on essaye à tout prix sur des personnes vulnérables,
00:13:31fragiles, qu'on essaye d'obtenir des choses.
00:13:33Je trouve que ce n'est plus du journalisme.
00:13:36Permettez que je puisse évidemment pouvoir le dire.
00:13:40Maintenant, je ne veux pas attraire d'autres personnes à cela.
00:13:43C'est un constat que j'ai fait,
00:13:44c'est une réalité que je réaffirme.
00:13:47Peu après, Madame la Ministre a affirmé de nouveau
00:13:49en parlant des journalistes de complément d'enquête,
00:13:51ils ont proposé avec un tiers,
00:13:54un journaliste indépendant évidemment,
00:13:55ils ont proposé en passant par un tiers,
00:13:58dont évidemment j'ai des coordonnées,
00:14:00mais je ne veux pas attraire parce que je vais vous le dire,
00:14:02la personne de mon environnement m'a demandé de ne plus l'évoquer,
00:14:05parce qu'il veut être tranquille.
00:14:07Madame la Ministre,
00:14:08à la suite d'une relance que j'ai faite sur ce sujet,
00:14:11a estimé que ce sujet n'avait rien à voir avec la commission d'enquête,
00:14:15et elle a précisé,
00:14:16il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers,
00:14:19qui s'est présenté auprès d'un membre de ma famille,
00:14:21en se présentant comme un journaliste indépendant,
00:14:24et en disant,
00:14:25si vous avez évidemment des choses très à charge concernant Madame Dati,
00:14:28on est prêts même à vous indemniser,
00:14:31s'il le faut,
00:14:32je le maintiens.
00:14:33Enfin,
00:14:34à la demande de Madame Adizade,
00:14:36reprise par Madame Sophie Taillé-Pollian,
00:14:38qui souhaitait que les documents de Madame Dati
00:14:40puissent être transmis à la commission.
00:14:44Vous l'avez compris,
00:14:48je vais devoir vous poser une question importante,
00:14:52parce qu'elle peut m'engager,
00:14:53le moment venu,
00:14:54comme président de cette commission d'enquête,
00:14:55à saisir l'autorité judiciaire.
00:14:59Pouvez-vous nous dire,
00:15:00à votre tour,
00:15:01et toujours sur servement,
00:15:03si ce que Madame la Ministre de la Culture a dit
00:15:05est vrai ou faux,
00:15:09avez-vous par ailleurs des éléments
00:15:11en votre possession sur ce point ?
00:15:18Je prends la parole en premier,
00:15:20puis je passerai à mes collègues,
00:15:22mais je rappelle que je suis sous serment
00:15:25et que nous n'avons évidemment pas donné d'argent
00:15:29ou proposé d'argent à quiconque
00:15:32dans l'entourage de Madame Dati
00:15:33fût par un tiers.
00:15:35Je dément cela catégoriquement
00:15:38et sous serment.
00:15:39Je passe la parole maintenant peut-être
00:15:41à Louis Milano-Dupont
00:15:43qui a réalisé cette enquête sur Madame Dati.
00:15:50Monsieur le Président,
00:15:51Monsieur le rapporteur,
00:15:52Mesdames, Messieurs les députés,
00:15:54je vous remercie de me donner l'occasion
00:15:56de m'exprimer sur ces propos
00:15:58et je vais être très clair.
00:16:00J'ai bien conscience de vous répondre sous serment aujourd'hui.
00:16:06Jamais je n'ai monnayé un témoignage
00:16:08ni même tenté de monnayer un témoignage.
00:16:12C'est contraire aux règles déontologiques
00:16:13les plus élémentaires
00:16:15et cela ne fait évidemment pas partie
00:16:17de nos pratiques.
00:16:19Jamais je n'ai fait appel à un tiers
00:16:20pour monnayer un témoignage
00:16:22et je n'ai même jamais fait appel à un tiers
00:16:24dans le cadre de cette enquête sur Hachida Dati.
00:16:29Merci.
00:16:29Je dois vous reposer la question.
00:16:32Vous contestez les propos très précis
00:16:36que je cite parce que je ne veux pas déformer
00:16:38les propos ni de la ministre ni des vôtres.
00:16:41Quand Madame la ministre dit
00:16:43on est prêt à vous indemniser s'il le faut,
00:16:47vous nous dites sous serment que c'est faux.
00:16:52Oui, je maintiens évidemment
00:16:53que c'est totalement faux.
00:16:57Vous m'avez demandé
00:16:58si j'ai des éléments en ma possession
00:17:01pour être totalement transparent
00:17:05et parce que je suis sous serment.
00:17:08J'ai reçu un mail il y a quelques jours
00:17:10d'un proche de Madame Dati
00:17:12qui a vu l'audition de la ministre de la Culture
00:17:15et qui s'est reconnu
00:17:17dans les propos qui ont été tenus ici.
00:17:20et il affirme clairement que complément d'enquête
00:17:24ne lui a jamais proposé d'argent
00:17:26et il m'a autorisé à en faire état ici
00:17:29devant la commission aujourd'hui.
00:17:32Je vais donc vous demander
00:17:32dans le cadre de cette commission d'enquête
00:17:34si le rapporteur l'accepte
00:17:36puisque on est deux et que c'est lui
00:17:38qui aura la décision visuelle
00:17:39de nous communiquer ces documents.
00:17:41Et par ailleurs,
00:17:44puisque Madame la ministre a indiqué ici même
00:17:46qu'elle avait des documents
00:17:48qui pouvaient prouver ses dires,
00:17:52je demande à Monsieur le rapporteur
00:17:54s'il souhaite que nous demandions
00:17:55à Madame la ministre de la Culture
00:17:56ces documents.
00:17:59Merci Monsieur le Président.
00:18:00Oui, je vous le confirme.
00:18:01Je pense qu'il est bon de les demander.
00:18:03Très bien.
00:18:04Donc au nom de cette commission d'enquête,
00:18:06je vais donc demander à Monsieur Milano Dupont
00:18:08de me transmettre l'email qu'il a reçu
00:18:11et je demanderai donc à Madame la ministre de la Culture
00:18:13de bien vouloir nous transmettre
00:18:14les documents dont elle a connaissance
00:18:18et qu'elle a en sa possession
00:18:19selon ce qu'elle a indiqué ici même le 7 février.
00:18:23Je vous remercie.
00:18:25Je vais passer maintenant peut-être la parole
00:18:27à Monsieur le rapporteur.
00:18:27J'avais une ou deux questions
00:18:28mais je vous les poserai tout à l'heure
00:18:30au moment de la prise de parole
00:18:31des différents groupes politiques.
00:18:34Merci Monsieur le Président.
00:18:35Merci Messieurs.
00:18:36Merci Madame pour votre participation
00:18:38cet après-midi.
00:18:39Effectivement, je pense que j'ai un certain nombre
00:18:41de questions à vous poser.
00:18:42On a aussi beaucoup de collègues
00:18:43qui sont là et qui ont, je crois aussi,
00:18:44nombre de questions.
00:18:46Je vais vous demander,
00:18:47et depuis le début vous avez été
00:18:48particulièrement synthétique,
00:18:49donc merci beaucoup.
00:18:50Ça tranche avec le nombre d'auditions
00:18:51qu'on a eues jusque-là.
00:18:53J'aimerais commencer cette audition
00:18:55d'abord par vous dire que je pense
00:18:56qu'on est tous, moi aussi,
00:18:58très attachés à l'investigation,
00:18:59notamment sur le service public.
00:19:01Je le suis d'autant plus
00:19:03que depuis trois mois,
00:19:04vous et moi,
00:19:05on fait en quelque sorte le même métier.
00:19:08Alors moi, ça ne durera pas autant que vous.
00:19:11Et la différence entre vous et moi,
00:19:12c'est que je dispose quand même
00:19:13de nettement moins de moyens.
00:19:15Si je fais un parallèle un peu audacieux
00:19:17sur les coûts que représente
00:19:18cette commission d'enquête
00:19:19par rapport au coût de vos émissions,
00:19:21j'ai pu apprendre qu'un complément d'enquête
00:19:23de 90 minutes dans les médias,
00:19:26donc ça a coûté à peu près 400 000 euros.
00:19:28Peut-être que vous pourrez nous confirmer
00:19:30ce chiffre,
00:19:31c'est-à-dire 270 000 euros par heure,
00:19:34ce qui est une somme importante.
00:19:36J'ai essayé de voir aussi le coût
00:19:39que je pouvais représenter
00:19:40pour cette commission d'enquête.
00:19:41Jusque-là, on a eu à peu près
00:19:42100 heures de direct.
00:19:45Si j'enlève le coût de la régie
00:19:47et que je m'attache comme vous
00:19:49au seul coût de production,
00:19:51entre mon salaire,
00:19:52le salaire de mes collaborateurs,
00:19:54je peux vous affirmer
00:19:54que chaque heure de direct
00:19:55de notre commission
00:19:56coûte environ 500 euros.
00:19:59Et je ne compte même pas
00:20:00toutes les heures de préparation
00:20:01et même les nuits de préparation
00:20:02à rédiger ces questionnaires
00:20:04que je vous pose.
00:20:05On peut dire 1 000 euros
00:20:06si je prends aussi le président.
00:20:09Donc 1 000 euros par rapport
00:20:10à 270 000 euros par heure
00:20:12pour un complément d'enquête.
00:20:15Bon, vous voyez que la comparaison
00:20:16est peut-être un peu grossière.
00:20:19Elle est un peu...
00:20:20Ça permet d'avoir quand même
00:20:21un ordre de grandeur
00:20:22parce qu'il y a beaucoup de Français
00:20:23qui s'interrogent sur le coût
00:20:24de cette commission d'enquête.
00:20:24Allez, à la question,
00:20:25M. le rapporteur.
00:20:26En plus, vous avez oublié
00:20:26le cachet de M. Ballard
00:20:27qui est très élevé,
00:20:28qui est ancien journaliste.
00:20:30Allez, allez, à la question,
00:20:30M. le rapporteur.
00:20:30Non, mais la question...
00:20:32Et pardon si c'est un peu long,
00:20:33mais je vois aussi
00:20:34beaucoup de commentaires de Français
00:20:35qui se demandent
00:20:36le salaire d'un député
00:20:37et combien aussi
00:20:38cette commission d'enquête coûte.
00:20:39Et c'était une question
00:20:40simplement pour introduire
00:20:41sur le coût
00:20:42d'un complément d'enquête.
00:20:43Est-ce que vous confirmez
00:20:44ce coût de 400 000 euros
00:20:46par émission
00:20:47et quelle est votre impression
00:20:50sur le fait que, par exemple,
00:20:51une commission d'enquête
00:20:52coûte quand même nettement moins ?
00:20:54Je vous laisse répondre
00:20:55et peut-être confirmer
00:20:55ou infirmer ce point.
00:20:58Vous m'entendez ?
00:20:58Oui.
00:20:59Alors, justement,
00:21:00comme on fait presque
00:21:00le même métier,
00:21:01vous savez que quand on est journaliste,
00:21:02on recoupe ses sources,
00:21:04ses informations
00:21:04et le chiffre de 400 000 euros
00:21:06que vous avez lu
00:21:06dans certains journaux
00:21:07est heureusement ou malheureusement
00:21:10totalement erroné.
00:21:13On est, même en prenant
00:21:14tout le coût global,
00:21:17y compris masse salariale
00:21:18et compagnie,
00:21:18on est plutôt sur 2 à 2,5 fois moins
00:21:21et encore, ça c'est pour
00:21:24les émissions les plus chères.
00:21:26Il y a un tarif public, en fait.
00:21:27C'est tout à fait transparent.
00:21:29C'est ce qui s'appelle
00:21:30le tarif SATEV.
00:21:31C'est négocier entre
00:21:32France Télévisions
00:21:32et les agences de production
00:21:34et on est, alors,
00:21:36en fonction du financement,
00:21:39je pourrais vous donner
00:21:39le chiffre exact,
00:21:40si jamais c'est aidé ou non
00:21:42par le CNC,
00:21:43on est entre 1 700 euros
00:21:45ou 1 800 euros la minute.
00:21:46Donc, quand on fait
00:21:47des 52 minutes,
00:21:49non, des 90 minutes,
00:21:50des 52 minutes,
00:21:51on est à peu près
00:21:52à un peu moins
00:21:53de 100 000 euros
00:21:54le reportage,
00:21:56ce qui est donc
00:21:57beaucoup moins
00:21:57que les chiffres
00:21:58sur lesquels
00:22:00vous vous êtes appuyés,
00:22:01mais qui sont quand même élevés.
00:22:02C'est vrai que
00:22:02la télévision coûte cher.
00:22:04Je pense que
00:22:04M. Ballard,
00:22:05que j'ai côtoyé
00:22:06quand j'étais à TF1
00:22:07et il était à l'époque
00:22:08journaliste à LCI,
00:22:08la télévision,
00:22:09ça coûte cher.
00:22:11Moi qui ai travaillé,
00:22:11par exemple,
00:22:11pour donner un ordre d'idée,
00:22:12je crois que vous avez fait
00:22:13la campagne de M. Sarkozy
00:22:14en 2012,
00:22:15moi j'ai beaucoup travaillé
00:22:16sur l'affaire Big Malion.
00:22:18En moyenne,
00:22:19un meeting,
00:22:20donc avec les caméras,
00:22:23etc.,
00:22:23la captation vidéo,
00:22:24ça coûtait très cher,
00:22:25c'est environ 350 000 euros
00:22:26le meeting,
00:22:27et même pour le meeting
00:22:28de Villepinte
00:22:29d'avril 2012,
00:22:31à lui seul,
00:22:32un meeting de 3 heures
00:22:33avait coûté 5 millions d'euros.
00:22:34Donc oui,
00:22:34c'est vrai que la télévision,
00:22:36ça coûte cher,
00:22:38et croyez-moi
00:22:39qu'on fait très attention
00:22:41à réduire au maximum
00:22:42les coûts
00:22:42à France Télévisions
00:22:44et à complément d'enquête aussi.
00:22:46Merci,
00:22:46je propose,
00:22:47on continue,
00:22:48mais je ne suis pas sûr
00:22:49qu'on puisse exactement comparer
00:22:50ni le métier de journaliste
00:22:51ni celui de député,
00:22:53ni le coût
00:22:54de l'Assemblée nationale,
00:22:55ni votre émission,
00:22:57mais ça n'empêche pas
00:22:57de vous demander
00:22:58en transparence
00:22:59les coûts de votre émission,
00:23:00parce que ça,
00:23:00c'est l'objet
00:23:00de notre commission d'enquête,
00:23:01et on a besoin aussi
00:23:02de comprendre
00:23:02avec M. le rapporteur
00:23:03et les députés présents
00:23:04aussi les questions de budget.
00:23:06Et c'est tout à fait normal.
00:23:07Si je vous pose
00:23:08cette question précise
00:23:10sur le média training
00:23:11et les moyens
00:23:12mis à disposition
00:23:12par France Télévisions
00:23:13pour coacher
00:23:15les personnes
00:23:16qui vont passer devant nous,
00:23:17c'est parce que
00:23:18vous avez réalisé
00:23:18le 18 janvier 2024
00:23:20un numéro,
00:23:21un complément d'enquête
00:23:21anti à Jordan Bardella
00:23:23dans lequel
00:23:24vous avez dénoncé,
00:23:25c'était visiblement
00:23:26pour vous une affaire,
00:23:27le recours
00:23:28par Jordan Bardella
00:23:29à des séances
00:23:30de média training
00:23:31réglées
00:23:31avec ces indemnités.
00:23:34Vous avez visiblement
00:23:35voulu en faire une affaire.
00:23:36Pourquoi est-ce que
00:23:37vous ne faites pas
00:23:38une affaire
00:23:39de cette mise à disposition
00:23:40sur argent public
00:23:42de séances
00:23:43de coaching
00:23:43et de média training
00:23:44pour les salariés
00:23:45de France Télévisions
00:23:46qui, en plus,
00:23:47passent devant
00:23:48notre commission d'enquête ?
00:23:49Pourquoi il y aurait là
00:23:50un deux poids, deux mesures ?
00:23:52Je pense que
00:23:53le choix des mots
00:23:54est important.
00:23:56On n'a pas
00:23:56dénoncé
00:23:58le recours
00:23:58à une société
00:23:59de média training
00:24:00de Jordan Bardella.
00:24:02On imagine
00:24:02qu'il est loin
00:24:03d'être le seul
00:24:04à avoir
00:24:05des coachs
00:24:06et du média training.
00:24:08On avait tourné
00:24:08une séquence
00:24:09parce que
00:24:10c'était Pierre-Stéphane Faure,
00:24:12notre journaliste,
00:24:12qui avait
00:24:13réussi à convaincre
00:24:15de faire une interview
00:24:16à Pascal Humot
00:24:18qui était
00:24:18l'ancien coach
00:24:19de Jordan Bardella
00:24:21et qui était
00:24:21assez intéressant
00:24:22parce qu'il racontait
00:24:23comment, au départ,
00:24:24il l'avait pris
00:24:25très très jeune
00:24:25et comment il en avait fait
00:24:26une machine
00:24:27de guerre médiatique.
00:24:28Il n'y avait pas
00:24:29de jugement
00:24:29de valeur
00:24:29et on le reverra
00:24:31sans doute plus tard
00:24:32pendant cette audition.
00:24:32Parfois,
00:24:33on est suspecté
00:24:34parce que l'on parle
00:24:35de quelque chose
00:24:36de vouloir absolument
00:24:37dénoncer.
00:24:38L'investigation,
00:24:39ce n'est pas uniquement
00:24:39dire des choses
00:24:40qui sont négatives
00:24:42pendant 52 minutes.
00:24:44Là,
00:24:45il s'agissait
00:24:45de montrer
00:24:46que Jordan Bardella
00:24:47et c'est bien normal
00:24:48faisait appel
00:24:49à une société
00:24:51de média training
00:24:52et vous ne trouverez pas
00:24:54à mon avis
00:24:54dans ce reportage
00:24:55de manière négative
00:24:57de traiter de cela.
00:24:58C'était simplement
00:24:59parce que nous avions
00:24:59convaincu son coach
00:25:02de nous parler,
00:25:03de nous révéler
00:25:03le contenu
00:25:04de ces séances
00:25:05qu'on en avait parlé.
00:25:07On aurait très bien pu
00:25:07faire un portrait
00:25:08de Jordan Bardella
00:25:09sans évoquer
00:25:10le média training
00:25:11si le média trainer,
00:25:12si j'ose dire,
00:25:13ne nous avait pas parlé.
00:25:14Merci,
00:25:14je propose qu'on avance.
00:25:15C'est très bien
00:25:16que Jordan Bardella
00:25:16se prépare sérieusement.
00:25:17C'est très bien aussi
00:25:18que vous soyez préparé
00:25:19sérieusement
00:25:19à cette commission d'enquête.
00:25:21Vous allez pouvoir
00:25:21maintenant répondre
00:25:22sérieusement
00:25:23à toutes nos questions.
00:25:24M. le rapporteur.
00:25:25Merci M. le Président.
00:25:27Autre sujet,
00:25:28c'était le 21 septembre 2023.
00:25:31Votre prédécesseur,
00:25:32Jacques Cardoz,
00:25:33qui a présenté
00:25:34les compléments d'enquête
00:25:35de 2018 à 2021,
00:25:37a déclaré,
00:25:37je le cite,
00:25:38il y a certaines choses
00:25:39que je n'ai pas réussi
00:25:40à faire
00:25:40et en particulier
00:25:41cette enquête
00:25:42sur Jean-Luc Mélenchon.
00:25:44Il y a des amitiés
00:25:45au sein de compléments
00:25:46d'enquête.
00:25:46Il y a des gens
00:25:47qui sont ouvertement
00:25:48d'extrême gauche
00:25:48et à qui cela pose
00:25:49un problème.
00:25:50Fin de la citation.
00:25:51Lorsque vous avez
00:25:53succédé à Jacques Cardoz,
00:25:55quelques temps après,
00:25:55est-ce que vous avez
00:25:56constaté que certains
00:25:57de vos collaborateurs,
00:25:58comme il le dit,
00:26:00assumaient ouvertement
00:26:01leur proximité idéologique
00:26:02avec l'extrême gauche
00:26:03et empêchaient
00:26:04d'une certaine façon
00:26:05un reportage
00:26:06sur Jean-Luc Mélenchon ?
00:26:08Quels ont été ?
00:26:09Est-ce que vous démentez
00:26:10formellement
00:26:11les propos tenus
00:26:12par votre prédécesseur,
00:26:14M. Cardoz ?
00:26:15Alors, je ne sais pas
00:26:18pourquoi Jacques Cardoz
00:26:19a dit ça.
00:26:20En tout cas,
00:26:21ce que je peux vous dire,
00:26:22c'est ce que j'ai vécu moi
00:26:23et je n'ai absolument
00:26:24pas constaté la même chose.
00:26:26D'ailleurs,
00:26:26ça tombait mal
00:26:27et vous l'avez dit,
00:26:28il a dit ça le 21 septembre
00:26:292023, Jacques Cardoz
00:26:30et début octobre,
00:26:31nous avons justement
00:26:32diffusé un long reportage
00:26:35en quête consacré
00:26:36à Mme Sophia Chikirou
00:26:37qui était directrice
00:26:38de communication
00:26:39de Jean-Luc Mélenchon
00:26:41et je crois que
00:26:43dans ce reportage,
00:26:44même, notre journaliste
00:26:45était traité d'égout
00:26:46par Jean-Luc Mélenchon
00:26:47ce qui peut montrer
00:26:48l'absence totale
00:26:50de proximité
00:26:52entre les équipes
00:26:53de complément d'enquête
00:26:54et la France Insoumise.
00:26:56Donc, voilà,
00:26:57ce reportage a été diffusé
00:26:58dix jours après
00:26:59les propos de Jacques Cardoz
00:27:00et évidemment,
00:27:01vous savez qu'une investigation,
00:27:03ça dure de longs mois
00:27:03donc il était,
00:27:05je pense que depuis
00:27:05le début de l'année au moins,
00:27:07notre reporter travaillait
00:27:09sur ce reportage-là.
00:27:11Donc, non, non,
00:27:12il n'y a aucune
00:27:12indulgence de la part
00:27:14de la rédaction
00:27:15de complément d'enquête
00:27:15à l'égard de la France Insoumise
00:27:17et par ailleurs,
00:27:18je vous parlais de ce portrait
00:27:18de Sophia Chikirou,
00:27:19nous avons également
00:27:20l'année dernière,
00:27:21j'irais au mois d'avril-mai,
00:27:23diffusé un autre reportage
00:27:24consacré à Jean-Luc Mélenchon
00:27:26dont le titre était
00:27:27La lutte finale
00:27:28pour l'interrogation.
00:27:30Donc, non,
00:27:30la France Insoumise
00:27:31comme toutes les autres
00:27:32formations politiques
00:27:33fait l'objet
00:27:34de nos investigations.
00:27:36Merci.
00:27:37Monsieur le rapporteur.
00:27:39Oui, dernier point
00:27:40sur cette question.
00:27:41Effectivement,
00:27:43il y a un complément
00:27:44d'enquête
00:27:44qui est paru
00:27:45sur Jean-Luc Mélenchon
00:27:46le 23 avril 2025.
00:27:48C'était près de 4 ans
00:27:49après le départ
00:27:50de Jacques Cardoz.
00:27:51Donc, il a fallu 4 ans
00:27:52après son départ.
00:27:55Je note que Jordan Bardella,
00:27:57lui, a eu son complément
00:27:58d'enquête dédié
00:27:59le 18 janvier 2024.
00:28:03On était 5 mois
00:28:04à peine
00:28:05avant les élections européennes.
00:28:07Vos magazines
00:28:08sont très suivis.
00:28:09Je pense que vous reconnaîtrez
00:28:10l'impact politique
00:28:12qu'il peut avoir
00:28:12encore plus
00:28:13dans un contexte électoral.
00:28:15Pourquoi alors
00:28:16avoir attendu
00:28:17autant de temps
00:28:17pour traiter
00:28:19la personne
00:28:19de Jean-Luc Mélenchon
00:28:20alors qu'il était
00:28:20en politique
00:28:2125 ans avant
00:28:23la création
00:28:23de l'émission
00:28:24de complément d'enquête
00:28:25qui s'est présenté
00:28:27à 3 élections présidentielles.
00:28:28Pourquoi avoir attendu
00:28:29autant de temps
00:28:29et pas avoir attendu
00:28:31autant de temps
00:28:31pour Jordan Bardella ?
00:28:33Je pense qu'il y a
00:28:34de manière un peu
00:28:35pas tout à fait
00:28:37poliment.
00:28:40Si on reprend
00:28:40les choses
00:28:41de manière très factuelle,
00:28:42le reportage
00:28:43par exemple
00:28:44sur Madame Chikirou
00:28:45a été diffusé
00:28:47avant celui
00:28:48de Jordan Bardella.
00:28:48Donc si vous étiez
00:28:49un rapporteur insoumis,
00:28:51peut-être vous me diriez
00:28:51pourquoi vous avez fait
00:28:52Jordan Bardella
00:28:53après Madame Chikirou.
00:28:54Encore une fois,
00:28:55ce portrait
00:28:55de Sophia Chikirou
00:28:56s'intéressait
00:28:58à l'enquête
00:28:59sur les comptes
00:29:00de campagne
00:29:00de Jean-Luc Mélenchon.
00:29:01Un dossier très sensible
00:29:03au sein de la France insoumise.
00:29:04Donc vraiment,
00:29:05je vous dis ça
00:29:05parce que c'est la vérité,
00:29:07à savoir que le calendrier
00:29:08n'est absolument pas décidé
00:29:09pour essayer
00:29:11de favoriser
00:29:11les uns les autres.
00:29:13On fait les reportages
00:29:14les uns après les autres
00:29:15et il y a eu des reportages
00:29:16sur la France insoumise
00:29:17avant qu'il y ait
00:29:18un reportage
00:29:18sur Monsieur Bardella.
00:29:21Est-ce que c'est un reportage
00:29:21que vous avez diffusé
00:29:22sur Madame Chikirou
00:29:23en 2023 ?
00:29:25Oui, pardon.
00:29:28Enfin, allô, non.
00:29:30Octobre 2023,
00:29:31effectivement,
00:29:32mais encore une fois,
00:29:32on ne fait pas que le RN
00:29:34et l'FI.
00:29:35Je ne veux pas laisser croire ça
00:29:36à l'Assemblée.
00:29:38On a regardé,
00:29:38moi j'ai pris l'RN
00:29:38de complément d'enquête
00:29:39il y a cinq saisons.
00:29:40C'est ma cinquième saison.
00:29:41En cinq saisons,
00:29:42on a fait dix portraits politiques
00:29:44et en fait,
00:29:45on est sur une égalité parfaite.
00:29:48Si je vous fais dans l'ordre
00:29:49ce qui pourrait être
00:29:50l'hémicycle,
00:29:50on a fait effectivement
00:29:51Jean-Luc Mélenchon,
00:29:52Sophia Chikirou,
00:29:53Sandrine Rousseau,
00:29:55Anne Hidalgo,
00:29:56Édouard Philippe,
00:29:58Alexis Collère,
00:30:00Éric Dupond-Moretti.
00:30:02Donc Alexis Collère,
00:30:02ancien secrétaire général
00:30:04de l'Elysée,
00:30:05Éric Dupond-Moretti,
00:30:07Madame Rachida Dati
00:30:08et Éric Zemmour,
00:30:10Jordan Bardella.
00:30:12Donc on a vraiment
00:30:12autant de personnes
00:30:14à gauche qu'à droite,
00:30:15qu'au centre.
00:30:15Si je résume en gros
00:30:16deux par bloc,
00:30:17à peu près.
00:30:20Merci Monsieur le Président.
00:30:21Bon, visiblement,
00:30:22je crois qu'on n'a pas
00:30:23les mêmes chiffres.
00:30:25J'ai regardé avec mes équipes
00:30:26les numéros consacrés
00:30:28à des personnalités politiques
00:30:29depuis 2020.
00:30:31J'en ai noté,
00:30:32on en a noté,
00:30:33huit numéros
00:30:33pour des personnalités
00:30:34de droite,
00:30:35Éric Zemmour,
00:30:35Rachida Dati,
00:30:36Jordan Bardella,
00:30:37etc.
00:30:37On en a parlé,
00:30:38sans compter d'ailleurs
00:30:39les dix numéros
00:30:40consacrés à des personnalités
00:30:41de droite étrangères,
00:30:43Donald Trump,
00:30:44Benjamin Netanyahou,
00:30:45Elon Musk,
00:30:46ou à des organisations
00:30:47considérées comme de droite,
00:30:49CNews,
00:30:50Le Puy du Fou,
00:30:51le Rassemblement National.
00:30:52Dans le même temps,
00:30:53vous n'avez consacré
00:30:54que quatre magazines
00:30:55à des personnalités
00:30:56du centre,
00:30:57et encore,
00:30:57il y en a certaines
00:30:58qui sont plutôt
00:30:58de centre droit,
00:30:59comme Édouard Philippe.
00:31:01Également,
00:31:02quatre émissions
00:31:03à des personnalités
00:31:04de gauche.
00:31:05Vous voyez,
00:31:05dix d'un côté
00:31:06pour la droite,
00:31:07sans compter,
00:31:08enfin,
00:31:08huit,
00:31:09pardon,
00:31:09pour la droite,
00:31:09sans compter les dix
00:31:10pour la droite
00:31:11au niveau international,
00:31:12quatre pour le centre,
00:31:14quatre pour la gauche.
00:31:15Comment est-ce que
00:31:16vous expliquez
00:31:17ce déséquilibre
00:31:18et sans susciter
00:31:19une éventuelle polémique ?
00:31:21Est-ce que vous pouvez
00:31:21nous dire
00:31:22comment vous actez
00:31:23et vous décidez
00:31:24de la façon
00:31:25la plus pluraliste possible
00:31:26les sujets de vos enquêtes
00:31:28quand il s'agit
00:31:29d'enquêtes
00:31:29sur des personnalités politiques ?
00:31:31Pardon,
00:31:32votre question
00:31:33est très intéressante
00:31:34parce que c'est un,
00:31:35vous pourriez venir
00:31:35en conférence de rédaction
00:31:36avec nous,
00:31:37c'est un souci constant.
00:31:38C'est-à-dire qu'on se dit
00:31:39non seulement
00:31:39on doit faire preuve
00:31:40d'une parité parfaite,
00:31:42mais même en apparence,
00:31:44il ne faut surtout pas
00:31:45donner l'impression
00:31:45que,
00:31:46c'est-à-dire que
00:31:46non seulement
00:31:46on respecte la parité,
00:31:49la pluralité,
00:31:50mais surtout
00:31:50on fait très attention
00:31:52à l'image
00:31:53que l'on peut renvoyer
00:31:53et si je peux me permettre
00:31:54je pense que vos chiffres
00:31:55ne sont pas tout à fait exacts.
00:31:57Tout la liste
00:31:59de nos documentaires
00:32:00sont en ligne
00:32:00et je peux vous dire
00:32:01que sur les cinq saisons
00:32:02depuis que je suis arrivé
00:32:03on est à dix portraits politiques
00:32:05et ces chiffres
00:32:06sont incontestables
00:32:07et on pourra
00:32:08vous transmettre
00:32:09également à la commission
00:32:10si vous le souhaitez
00:32:11mais je suis certain
00:32:12de mes chiffres
00:32:12parce que justement
00:32:13on s'est préparé
00:32:13ces derniers jours.
00:32:16Ensuite,
00:32:16vous
00:32:17vous élargissez
00:32:20au puits du fou
00:32:20qui serait du coup
00:32:21un sujet contre la droite
00:32:23etc.
00:32:23Dans ce cas-là
00:32:24si vous faites
00:32:24cette comptabilité-là
00:32:25moi je peux vous rétorquer
00:32:26qu'on a fait aussi
00:32:27un reportage
00:32:28une enquête
00:32:29sur Emmaüs
00:32:29qui est a priori
00:32:31pas une organisation
00:32:31de droite
00:32:32on a fait
00:32:33un complément d'enquête
00:32:34sur WWF
00:32:36qui est une ONG
00:32:37environnementaliste
00:32:38donc voilà
00:32:38les chiffres
00:32:39encore une fois
00:32:40les statistiques
00:32:40on peut tout leur faire dire
00:32:42nous on a le souci
00:32:43constant
00:32:43d'être pluraliste
00:32:46et de ne pas
00:32:47apparaître
00:32:48comme étant
00:32:49des journalistes
00:32:50plus d'un bord
00:32:50que d'un autre
00:32:51et c'est vraiment
00:32:51notre réalité
00:32:52et un souci
00:32:52vraiment je vous le garantis
00:32:54je vous le dis
00:32:54sous serment
00:32:55quotidien
00:32:56tous les jours
00:32:57à complément d'enquête.
00:32:58Je pense que c'est important
00:32:59de classer les responsables
00:33:00politiques
00:33:00effectivement gauche-droite
00:33:01mais je pense qu'on n'est
00:33:03peut-être pas obligé
00:33:03dans cette commission
00:33:03d'enquête ici
00:33:04de classer
00:33:05WWF de gauche
00:33:06ou le plus du fou de droite
00:33:07je pense que
00:33:07contentons-nous
00:33:09effectivement de regarder
00:33:10ce que fait le rapporteur
00:33:11d'ailleurs sur les reportages
00:33:12politiques
00:33:13et vous nous dites
00:33:14et on le vérifiera
00:33:15on vous fait confiance
00:33:16en tout cas je pense
00:33:17que le rapporteur
00:33:17vous fait confiance
00:33:18qu'il y a eu
00:33:20dix reportages
00:33:21politiques
00:33:22depuis que vous êtes arrivés
00:33:23et c'est ce que vous avez décrit
00:33:25donc deux par bloc
00:33:26voilà
00:33:27et parfois
00:33:28on a des reportages
00:33:29qui en affichage
00:33:29ne sont pas politiques
00:33:30par exemple
00:33:31on avait fait un portrait
00:33:32de madame Hidalgo
00:33:32candidate socialiste
00:33:34à la présidentielle
00:33:35en septembre 2021
00:33:36il me semble
00:33:37mais par exemple
00:33:38il y a deux ans
00:33:39on a fait un reportage
00:33:40sur les JO
00:33:40par exemple
00:33:41et il y avait la polémique
00:33:42vous vous souvenez
00:33:43du voyage à Tahiti
00:33:43de madame Hidalgo
00:33:44qui a fait l'objet
00:33:45d'une longue séquence
00:33:47de notre reportage
00:33:48donc voilà vraiment
00:33:48il n'y a pas de
00:33:49pas de parti pris
00:33:51quelconque
00:33:52sur aucun des sujets
00:33:53même quand en affichage
00:33:54ce n'est pas un sujet politique
00:33:55merci monsieur le rapporteur
00:33:57pardonnez-moi monsieur le rapporteur
00:33:59je voulais juste rajouter
00:33:59un petit détail
00:34:00qui peut être intéressant
00:34:01parce que j'ai le listing
00:34:02des sujets
00:34:02je voulais juste vous dire
00:34:03qu'en décembre 2020
00:34:05quand Jacques Cardoze
00:34:06présentait complément d'enquête
00:34:08un reportage a été fait
00:34:09dont le titre était
00:34:11LFI est-il islamo-gauchiste
00:34:13donc juste pour vous préciser
00:34:14que toutes les tendances politiques
00:34:17étaient
00:34:17ok
00:34:19si le rapporteur est d'accord
00:34:20je pense qu'on avance
00:34:20pour éviter de compter
00:34:21les numéros précis
00:34:23sur LFI
00:34:23et sur le Rassemblement national
00:34:24on le vérifiera
00:34:26envoyez-nous
00:34:26si vous me le permettez
00:34:28envoyez-nous la liste
00:34:29comme ça on pourra le donner
00:34:30au rapporteur
00:34:31et pouvoir regarder précisément
00:34:32merci monsieur le président
00:34:35simplement
00:34:36parce que
00:34:37je vois que ma question
00:34:39peut être un peu contestée
00:34:41vous me direz si j'ai tort
00:34:42mais ça pourrait être par écrit
00:34:44sur les personnalités politiques
00:34:46de droite
00:34:47qui ont été traitées
00:34:49donc que je vous ai donné
00:34:51on a
00:34:52donc Anne Hidalgo
00:34:54Jean-Luc Mélenchon
00:34:55Sofia Chikirou
00:34:56Sandrine Rousseau
00:34:574 de gauche
00:34:58c'est incontestable
00:34:59au centre on a
00:35:00Edouard Philippe
00:35:00M. Dupond-Moretti
00:35:01Alexis Coller
00:35:023 du centre
00:35:04et à droite
00:35:05pareil je pense que c'est incontestable
00:35:07Eric Zlemour
00:35:07Rachida Dati
00:35:08Nicolas Sarkozy
00:35:09Jordan Bardella
00:35:10M. Guerriot
00:35:11le sénateur
00:35:12Elon Musk
00:35:13Netanyahou
00:35:13Trump
00:35:143 fois
00:35:15et je crois qu'il y a eu
00:35:17aussi un sujet
00:35:18sur l'affaire
00:35:18Big Malion
00:35:19c'était aussi pour apporter
00:35:21un peu la transparence
00:35:22sur comment j'avais fait
00:35:23avec mon équipe
00:35:24les comptes
00:35:25sur ce classement
00:35:26je vous laisse répondre
00:35:27allez-y je vous en prie
00:35:28pour le coup
00:35:29monsieur le rapporteur
00:35:30avec tout le respect
00:35:31que je vous dois
00:35:32vous avez parfois
00:35:32une manière
00:35:33de poser les questions
00:35:34en disant des choses
00:35:36pas tout à fait exactes
00:35:38par exemple
00:35:38vous comptabilisez
00:35:40vous dites qu'on a fait
00:35:41un reportage
00:35:41sur Joël Guerriot
00:35:42donc de droite
00:35:44non c'est un reportage
00:35:46sur des affaires
00:35:48de harcèlement
00:35:48au Sénat
00:35:49et je pense que
00:35:50la plus grosse séquence
00:35:51enfin à vérifier
00:35:51je suis sous serment
00:35:52donc je parle prudemment
00:35:54mais une des principales séquences
00:35:56on va dire
00:35:56de ce reportage là
00:35:57c'était l'affaire
00:35:58Esther Benbassa
00:35:59qui est une ancienne sénatrice
00:36:00Europe Ecologie Les Verts
00:36:02donc considérer
00:36:03qu'un reportage
00:36:04dans lequel
00:36:05on s'intéresse
00:36:06autant à des personnalités
00:36:08de gauche
00:36:09que de droite
00:36:09serait un sujet
00:36:11contre la droite
00:36:12je pense que ce n'est pas
00:36:13tout à fait honnête
00:36:15et de bonne foi
00:36:16c'est à dire qu'on fait attention
00:36:17à l'équilibre
00:36:18de nos portraits
00:36:19de ce que l'on met à l'antenne
00:36:20sur une saison entière
00:36:22sur plusieurs saisons
00:36:22mais aussi à l'intérieur
00:36:23d'un reportage
00:36:24il n'était pas question
00:36:25quand on a fait
00:36:25notre enquête sur le Sénat
00:36:27de s'intéresser uniquement
00:36:28à des sénateurs
00:36:29de gauche
00:36:30ou de droite
00:36:30voilà on a enquêté
00:36:31à droite et à gauche
00:36:32comme on le fait toujours
00:36:33bon
00:36:35si
00:36:36vous avez raison
00:36:38si on enlève
00:36:38celui sur le sénateur
00:36:40Guerriot
00:36:41ça en fait quand même
00:36:4210 de droite
00:36:44celui Nicolas Sarkozy
00:36:45a été rediffusé
00:36:46je constate que les rediffusions
00:36:48portent souvent
00:36:49sur des personnalités
00:36:50de droite
00:36:51je pense que c'est important
00:36:52qu'on soit vraiment exact
00:36:54sur le traitement
00:36:55des personnalités politiques
00:36:55l'une des dimensions
00:36:57de cette commission d'enquête
00:36:58c'est aussi de vérifier
00:36:59le respect du pluralisme
00:37:00sur les émissions
00:37:02et magazines
00:37:03du service public
00:37:03une façon de le voir
00:37:05pour votre émission
00:37:06c'est de voir
00:37:07le nombre de personnalités politiques
00:37:08qui ont été traitées
00:37:09sur les 4 ou 5 dernières années
00:37:10personnalités de droite
00:37:12je pense que c'est incontestable
00:37:13si on l'enlève
00:37:13je le constate
00:37:14ça en fait plus de 10
00:37:16du centre
00:37:17ça en fait 3
00:37:17et de gauche
00:37:19ça en fait 4
00:37:20alors allez-y
00:37:20mais vous pourrez nous répondre
00:37:22si vous voulez encore
00:37:23en complément
00:37:23je vais encore vous répondre
00:37:25parce que si vous voulez
00:37:25on peut les prendre
00:37:26un par un
00:37:26je vous ai pris l'exemple
00:37:27de Joël Guerriot
00:37:28mais je pense que
00:37:29de votre ou du Puy du Fou
00:37:30on peut les prendre un par un
00:37:31et à la fin
00:37:32vous reverrez
00:37:32qu'on descendra
00:37:33et qu'on sera
00:37:33d'accord
00:37:35mais typiquement
00:37:36Nicolas Sarkozy
00:37:36on n'a jamais fait
00:37:37de portrait de Nicolas Sarkozy
00:37:38je crois que vous devez confondre
00:37:39avec peut-être un sujet
00:37:41qu'on a fait
00:37:42sur l'opération
00:37:43Mimi Marchand
00:37:44pour voilà
00:37:45dans le cadre
00:37:45de l'affaire libyenne
00:37:46et une affaire judiciaire
00:37:50qui est aujourd'hui
00:37:51dont l'instruction est terminée
00:37:54concernant
00:37:55des suspicions
00:37:57de faux témoignages
00:37:57de Ziad Taqedine
00:37:58donc voilà
00:37:59on n'est pas non plus
00:37:59sur un portrait
00:38:00de Nicolas Sarkozy
00:38:02dans ce cas-là
00:38:02il faudrait aussi comptabiliser
00:38:04dans votre comptabilité
00:38:05très subjective
00:38:07le fait que l'on a traité
00:38:08de la polémique
00:38:10du voyage
00:38:10d'Anne Hidalgo
00:38:11à Tahiti
00:38:12si vous voulez
00:38:13encore une fois
00:38:13on pourrait reprendre
00:38:14et vous nous disiez
00:38:15qu'on pouvait vous transmettre
00:38:16les documents
00:38:16tout est en ligne
00:38:17donc vous pouvez voir
00:38:18la plupart de nos reportages
00:38:20sont encore en replay
00:38:20donc vous pourrez regarder
00:38:21même à l'intérieur
00:38:22le contenu réel
00:38:23de ces reportages
00:38:24si le rapporteur est d'accord
00:38:25je propose qu'on avance
00:38:26et puis c'est important
00:38:27peut-être que vous ne l'avez pas dit
00:38:28mais j'imagine
00:38:29que le journaliste
00:38:30d'investigation
00:38:31est basé
00:38:32donc sur de l'investigation
00:38:33s'il y a plus de mains
00:38:35de personnalités
00:38:36LFI ou de gauche
00:38:37qui nécessitent
00:38:38une investigation
00:38:39vous le ferez
00:38:39s'il y en a plus à droite
00:38:40s'il y en a plus
00:38:42dans mon parti
00:38:43ou dans le parti du rapporteur
00:38:44bon j'imagine
00:38:45que c'est aussi fonction
00:38:46des enquêtes
00:38:49que vous menez
00:38:49c'est pour essayer de comprendre
00:38:50que je pose cette question
00:38:51c'est ça aussi
00:38:51au-delà de compter les points
00:38:53c'est le cas
00:38:54mais justement
00:38:55alors c'est sûr
00:38:55qu'aujourd'hui
00:38:56on est dans une séquence
00:38:58où il y a une poussée
00:39:00dans l'opinion
00:39:01et sur l'échiquier politique
00:39:02de la droite
00:39:04et de l'extrême droite
00:39:04mais néanmoins
00:39:05on fait attention
00:39:06on s'astreint
00:39:07à respecter
00:39:08une certaine forme d'équilibre
00:39:09parce qu'il y a aussi
00:39:10des choses à investiguer
00:39:12du côté
00:39:12de l'opposition
00:39:14de la gauche
00:39:15y compris
00:39:15il n'y a pas des gentils
00:39:16et des méchants
00:39:17il y a même des ONG
00:39:18ce sont des champs
00:39:20d'investigation
00:39:20et ça pourra peut-être
00:39:23éclairer un peu
00:39:23le monsieur le reporter
00:39:24on a
00:39:25là j'ai la fiche
00:39:27concernant tous les invités
00:39:28qui sont venus
00:39:28dans les fauteuils rouges
00:39:29depuis septembre 2024
00:39:30alors on a onze personnes
00:39:32de la société civile
00:39:33six ministres
00:39:34et ensuite neuf politiques
00:39:36qui ne sont pas des ministres
00:39:37et on a eu
00:39:38deux rassemblements nationals
00:39:40deux LR
00:39:41une ancienne PS
00:39:43un non inscrit
00:39:44ancien Renaissance
00:39:45monsieur Oulier
00:39:46une LFI
00:39:47et un ancien ministre
00:39:48UMP
00:39:49donc voilà
00:39:50on a même
00:39:50dans les fauteuils rouges
00:39:53ou dans les séquences
00:39:54on ne donne pas
00:39:55moins la parole
00:39:55à la droite
00:39:56ou à la gauche
00:39:56on essaye de respecter
00:39:58autant que faire se peut
00:39:59le meilleur équilibre possible
00:40:01croyez-moi
00:40:01que c'est vraiment
00:40:02un souci constant
00:40:04on a vraiment ça en tête
00:40:05Merci pour votre réponse
00:40:09mais je note
00:40:10une forme de sensibilité
00:40:12sur ma question là
00:40:13et encore une fois
00:40:14tout est vérifiable
00:40:16j'avais cité
00:40:17Anne Hidalgo
00:40:17vous avez parlé
00:40:18de l'affaire de Tahiti
00:40:20je l'ai cité
00:40:20pour les quatre personnalités
00:40:22de gauche
00:40:23que vous avez couvertes
00:40:24et pour Nicolas Sarkozy
00:40:25vous me dites
00:40:26que ce n'était pas
00:40:26un portrait de Nicolas Sarkozy
00:40:27c'était un sujet
00:40:28sur l'affaire Sarkozy
00:40:29l'affaire je crois
00:40:31libyenne
00:40:31c'est même
00:40:33vous voyez
00:40:34je pense que c'est quand même
00:40:35lié à la personne
00:40:36de Nicolas Sarkozy
00:40:37ce travail par mes équipes
00:40:38a été fait de façon
00:40:39je crois assez exhaustive
00:40:4010 personnalités de droite
00:40:423 du centre
00:40:434 de gauche
00:40:44je vous laisserai vraiment
00:40:45mais je pense
00:40:46qu'il est bon d'avancer
00:40:47mais je pense
00:40:50j'ai du mal à voir
00:40:51pourquoi c'est aussi sensible
00:40:53sachant que
00:40:54c'est pour nous
00:40:56un sujet qui est essentiel
00:40:57qui est celui du choix
00:40:59et de comment sont déterminés
00:41:00d'autant plus
00:41:01que votre prédécesseur
00:41:02monsieur Cardoz
00:41:02expliquait le 21 septembre 2023
00:41:05je vais le citer encore
00:41:06France Télévisions
00:41:07aujourd'hui n'est plus
00:41:07à mon sens
00:41:08un groupe public neutre
00:41:09donc vous voyez
00:41:10que c'est assez grave
00:41:11je reprends la citation
00:41:12si je prends la parole
00:41:13aujourd'hui
00:41:13c'est pour libérer
00:41:14un certain nombre
00:41:14de journalistes
00:41:15à France Télévisions
00:41:16qui me disent
00:41:16ce n'est plus possible
00:41:18on est dirigé
00:41:19par des idéologues
00:41:20il a occupé
00:41:21la même place que vous
00:41:22il aurait pu d'ailleurs
00:41:22à votre place
00:41:23nous répondre
00:41:23s'il était encore
00:41:25en poste jusqu'ici
00:41:27qu'est-ce que vous répondez
00:41:28à monsieur Cardoz
00:41:29est-ce que pour vous
00:41:30il n'y a aucun sujet
00:41:31sur le respect pur et parfait
00:41:32de la neutralité
00:41:33chez France Télévisions
00:41:34merci pour votre question
00:41:37alors vraiment
00:41:38si on vous donne l'impression
00:41:39que c'est une question sensible
00:41:41c'est qu'on ne sait pas bien
00:41:43se faire comprendre
00:41:44parce que ce n'est absolument
00:41:45pas sensible
00:41:46au contraire
00:41:47on s'attache
00:41:48à ce qu'il y ait
00:41:49un pluralisme absolu
00:41:50concernant
00:41:51nos émissions
00:41:52je vais vous répondre
00:41:54je suis désolé
00:41:54on est obligé de rentrer
00:41:55ça fait vraiment
00:41:55des calculs d'épicier
00:41:56mais vous avez une nouvelle fois
00:41:58vous trompez une nouvelle fois
00:41:59concernant Anne Hidalgo
00:42:00il y a eu d'une part
00:42:01son portrait
00:42:02dans lequel on a
00:42:03on a enquêté
00:42:05sur la gestion
00:42:06d'autolibes
00:42:07les déchets
00:42:08les embouteillages
00:42:08à Paris
00:42:09enfin vraiment des dossiers
00:42:10qui ne sont pas forcément
00:42:11très positifs
00:42:12pour madame la maire de Paris
00:42:14et on a ensuite
00:42:16deux ans plus tard
00:42:17on est revenu
00:42:18dans une autre émission
00:42:19sur les JO
00:42:20longuement sur la polémique
00:42:23du voyage à Tahiti
00:42:24donc voilà
00:42:25encore une fois
00:42:26je pense que vous avez
00:42:26une manière
00:42:27pas forcément
00:42:27très objective
00:42:29de comptabiliser
00:42:31nous on essaye
00:42:31de l'être au maximum
00:42:32et je pense que
00:42:33ce serait bien
00:42:34que vous fassiez preuve
00:42:35de la même honnêteté
00:42:36encore une fois
00:42:36je ne vous dis pas ça
00:42:37parce que je n'y crois pas
00:42:38j'y crois dur comme fer
00:42:39vous pouvez demander
00:42:40à mes équipes
00:42:40qui sont à côté
00:42:41c'est un souci constant
00:42:42et encore une fois
00:42:44nos chiffres
00:42:45et toutes nos émissions
00:42:46sont en ligne
00:42:46et vous pourrez le vérifier
00:42:47si vraiment vous pensez
00:42:48que comme
00:42:49semble l'avoir cru
00:42:51à un certain moment
00:42:52Jacques Cardos
00:42:53que des formations politiques
00:42:55seraient protégées
00:42:56ce n'est pas
00:42:57la réalité
00:42:57donc oui
00:42:58ce qu'a dit Jacques Cardos
00:42:59j'ignore pourquoi
00:42:59il a dit ça
00:43:00mais ce n'est absolument pas
00:43:02ce que moi
00:43:02j'ai constaté
00:43:03en tant que rédacteur
00:43:03en chef de complément
00:43:04d'enquête
00:43:04et plus largement
00:43:05depuis que je suis
00:43:06à France 2
00:43:06c'est à dire
00:43:07depuis 12 ans
00:43:07on recevra la liste
00:43:12si monsieur le rapporteur
00:43:12est d'accord
00:43:13effectivement
00:43:13on peut avancer
00:43:14merci pour vos réponses
00:43:16il y a bien d'autres sujets
00:43:17importants
00:43:18qui méritent d'être évoqués
00:43:19un autre sujet
00:43:21le fameux rapport
00:43:22du CDEAT
00:43:23dans ce rapport
00:43:25page 86
00:43:26on s'aperçoit
00:43:27que parmi les vacations
00:43:28chez France Télévisions
00:43:29c'est à dire
00:43:30parmi les journalistes
00:43:31qui travaillent momentanément
00:43:32pour complément d'enquête
00:43:33il y en a seulement
00:43:3420% qui viennent de France 2
00:43:36et 10% de France 3
00:43:37ça démontre
00:43:38c'est ce qu'on peut lire
00:43:39dans le rapport
00:43:39la grande difficulté
00:43:40des journalistes
00:43:41d'intégrer votre émission
00:43:42comment est-ce que
00:43:43vous l'expliquez
00:43:45et qu'est-ce que
00:43:45vous attendez
00:43:46exactement
00:43:47d'un journaliste
00:43:48qui rejoint
00:43:48votre rédaction
00:43:49merci monsieur le rapporteur
00:43:53pour cette question
00:43:55à complément d'enquête
00:43:56dans notre rédaction
00:43:57effectivement
00:43:58on est très ouvert
00:43:59à la venue
00:43:59de journalistes
00:44:00de la rédaction
00:44:01du journal télévisé
00:44:02il y a des détachements
00:44:04de temps en temps
00:44:06assez réguliers
00:44:07et qui viennent
00:44:09indifféremment
00:44:10des différentes
00:44:12rédactions
00:44:14il n'y a pas du tout
00:44:15de choix en fonction
00:44:16de France 2
00:44:17ou France 3
00:44:18nous on aimerait
00:44:19d'ailleurs accueillir
00:44:20plus de journalistes
00:44:21en détachement
00:44:22malheureusement
00:44:23comme vous le savez
00:44:24il y a beaucoup de travail
00:44:26à France Télévisions
00:44:27et notamment
00:44:27beaucoup de travail
00:44:28pour nos confrères
00:44:29du journal télévisé
00:44:30et on ne peut
00:44:31accueillir tout le monde
00:44:33nous on a
00:44:34une rédaction
00:44:35stable
00:44:35de 9 journalistes
00:44:37en interne
00:44:37et de temps en temps
00:44:39un détachement
00:44:40et malheureusement
00:44:40effectivement
00:44:41les places sont
00:44:42peu nombreuses
00:44:43mais la rédaction
00:44:43est ouverte
00:44:44à tout le monde
00:44:45bien évidemment
00:44:45je vous remercie
00:44:49pour votre réponse
00:44:50monsieur Wallet
00:44:51j'ai retrouvé
00:44:52alors c'est pas un travail
00:44:53d'archéologue
00:44:54c'était
00:44:55il n'y a pas si longtemps
00:44:56c'était le 8 décembre
00:44:572022
00:44:58vous avez déclaré
00:44:59au média
00:45:00pur média
00:45:01je vous cite
00:45:01nous ne faisons que
00:45:02des sujets en merde
00:45:03alors ça m'a interpellé
00:45:05ça m'a amusé aussi
00:45:05est-ce que vous pourriez
00:45:06nous définir
00:45:07ce que vous savez
00:45:08qu'un sujet en merde
00:45:09et au-delà de ça
00:45:10au-delà de ce trait d'esprit
00:45:12comment est-ce que vous procédez
00:45:13au choix des sujets
00:45:14est-ce que vous pouvez nous raconter
00:45:16un peu de l'intérieur
00:45:16à quoi ressemble
00:45:17une conférence de rédaction
00:45:18et comment à la fin
00:45:19vous arbitrez
00:45:20tout à fait
00:45:21non alors effectivement
00:45:21c'était une formule
00:45:23pour dire que
00:45:24quand on fait des reportages
00:45:26c'est ce que je disais
00:45:27en propos liminaires
00:45:28parfois on bouscule
00:45:29on dérange
00:45:29on s'intéresse en fait
00:45:31à tous les pouvoirs
00:45:32que ce soit des
00:45:32justement des pouvoirs médiatiques
00:45:35des pouvoirs économiques
00:45:37des pouvoirs politiques
00:45:38et justement
00:45:38comme on n'a pas d'amis
00:45:40on n'a pas d'ennemis non plus
00:45:42mais voilà
00:45:42les amis d'un jour
00:45:44sont les ennemis du lendemain
00:45:45voilà
00:45:46nous on travaille
00:45:48en toute indépendance
00:45:49et effectivement
00:45:49les reportages
00:45:51que l'on fait
00:45:52peuvent susciter
00:45:53soit des poursuites judiciaires
00:45:57des petits coups de pression
00:46:01ou autres
00:46:02et voilà
00:46:02quand je disais
00:46:02cette formule
00:46:03voulait dire
00:46:04qu'on avait des sujets
00:46:05qui en général secouaient
00:46:07et que c'était le prix à payer
00:46:09quelque part
00:46:10quand on fait de l'investigation
00:46:11on sait qu'il faut être
00:46:12un petit peu maso
00:46:13si j'ose dire
00:46:14comment on choisit
00:46:16nos reportages
00:46:16c'est assez simple
00:46:18en fait
00:46:18on a tous les lundis matins
00:46:19une conférence de rédaction
00:46:21où l'équipe de reporters
00:46:23raconte ce qui est
00:46:26dans l'actualité
00:46:28les rencontres
00:46:30des discussions du week-end
00:46:31et on essaye de dégager
00:46:34une sorte d'unanimité
00:46:36ou de prise de décision
00:46:38pour partir sur tel ou tel reportage
00:46:40on tient compte
00:46:40pour revenir à vos préoccupations
00:46:43de tout à l'heure
00:46:44de ce souci
00:46:45d'être équilibré
00:46:46dans le traitement de l'actualité
00:46:47de ne pas investiguer
00:46:49toujours les mêmes champs
00:46:51d'être pas que sur de la politique
00:46:53si vous regardez nos reportages
00:46:54pareil tout est en ligne
00:46:55on s'intéresse aussi
00:46:57aux préoccupations des français
00:46:59c'est à dire qu'on va
00:47:00faire des reportages
00:47:02et des enquêtes
00:47:02sur le krach
00:47:03sur le prix des billets
00:47:04de la SNCF
00:47:05sur le prix de l'électricité
00:47:06sur les OQTF
00:47:08sur voilà
00:47:09toutes les discussions
00:47:11qui font l'actualité
00:47:11ce qui est
00:47:12particulièrement difficile
00:47:14c'est qu'on fait de l'investigation
00:47:15mais on est aussi
00:47:15une émission hebdomadaire
00:47:16donc il faut qu'on arrive
00:47:17à trouver le bon équilibre
00:47:19entre lancer des sujets
00:47:21qui seront dans l'air du temps
00:47:23quand le sujet sortira
00:47:25donc ce qui nous amène
00:47:26parfois à accélérer
00:47:27certaines sorties
00:47:31et publications
00:47:32très récemment
00:47:33on a fait par exemple
00:47:33une longue investigation
00:47:35sur le poulet de supermarché
00:47:37le poulet qu'on achète
00:47:39essayer de savoir
00:47:40quelles étaient
00:47:41les conditions sanitaires
00:47:42d'un point de vue nutritif
00:47:43parce que je pense
00:47:44que c'est quelque chose
00:47:45qui peut intéresser les gens
00:47:46de savoir ce que les Français mangent
00:47:50et on a accéléré
00:47:52sa diffusion
00:47:53parce que ça nous permettait
00:47:55de coller
00:47:56à la crise agricole
00:47:58qu'il y a eu
00:47:58en début d'année
00:47:59et effectivement
00:48:01dans ce reportage
00:48:02on parlait aussi
00:48:03de la condition
00:48:04des agriculteurs
00:48:04et donc ça nous permet
00:48:05parfois
00:48:05d'être à la fois
00:48:07sur de l'investigation
00:48:08sur du temps long
00:48:09tout en ayant
00:48:11les capacités
00:48:11d'accélérer
00:48:12quand l'actualité
00:48:13le nécessite
00:48:13par exemple
00:48:15quand il y a eu
00:48:15la guerre en Ukraine
00:48:16on a fait en 10 jours
00:48:18un portrait
00:48:19de Volodymyr Zelensky
00:48:20je ne sais pas d'ailleurs
00:48:22comment il était comptabilisé
00:48:23tout à l'heure
00:48:24de droite ou de gauche
00:48:25dans votre comptabilité
00:48:25sur les portraits internationaux
00:48:27mais voilà
00:48:28tous nos journalistes
00:48:30ont posé leur stylo
00:48:31comme on dit
00:48:31et on s'est tous mis
00:48:32comme une équipe
00:48:33à fond
00:48:34pour faire un portrait
00:48:36de Volodymyr Zelensky
00:48:37qui est une vraie plus-value
00:48:38quand il y a eu
00:48:39les attaques terroristes
00:48:40du Hamas
00:48:40du 7 octobre
00:48:41c'est pareil
00:48:42on a fait une longue investigation
00:48:45sur le Hamas
00:48:46qui a été fait
00:48:46en un temps record
00:48:47deux semaines plus tard
00:48:48on était en Israël
00:48:49avec les fauteuils rouges
00:48:49là-bas sur place
00:48:50avec vraiment une enquête
00:48:52formidable sur le Hamas
00:48:53donc voilà
00:48:54on est à la fois
00:48:55sur le temps long
00:48:55parfois des sujets
00:48:56qui mettent quasiment
00:48:57un an à aboutir
00:48:58et parfois on est capable
00:48:59aussi de sortir
00:49:00en travaillant nuit et jour
00:49:02pendant 10 jours
00:49:04des investigations
00:49:05qui sont vraiment
00:49:06très fouillées
00:49:07je vous remercie
00:49:11pour votre réponse
00:49:12je me permets
00:49:13de rebondir
00:49:14vous avez évoqué
00:49:15dans votre réponse
00:49:16que vous étiez aussi
00:49:17parfois soumis
00:49:17à certains coups de pression
00:49:18ce qui peut être normal
00:49:20pour des magazines
00:49:21d'investigation
00:49:22est-ce que vous pouvez nous dire
00:49:23quelles sont
00:49:24les éventuelles pressions
00:49:25que vous avez déjà
00:49:26un jour subies
00:49:27qu'elles soient externes
00:49:28ou internes
00:49:29elles sont multiples
00:49:34et je ne voudrais pas dire
00:49:35banales
00:49:37mais en fait
00:49:38quand
00:49:38vous pourrez poser la question
00:49:39à Louis Milano Dupont
00:49:41qui est là
00:49:42avant son portrait
00:49:43de Rachida Dati
00:49:43il a fait par exemple
00:49:44un portrait
00:49:46de
00:49:46de Yevgeny Prigogine
00:49:49patron de Wagner
00:49:50pareil
00:49:51je ne sais pas comment
00:49:51on le comptabilise
00:49:52ce portrait
00:49:53politiquement
00:49:53on a fait un portrait
00:49:54de Prigogine
00:49:56qu'a réalisé Louis
00:49:58et Louis a reçu
00:49:59des mémos vocaux
00:50:00de Prigogine
00:50:01en personne
00:50:01le menaçant de mort
00:50:04très clairement
00:50:04donc ça peut être
00:50:06ce genre de choses
00:50:06ça peut être des prises à partie
00:50:07sur les réseaux sociaux
00:50:08ça peut être
00:50:09des courriers juridiques
00:50:11qui sont envoyés
00:50:12voilà les pressions
00:50:13elles sont
00:50:13elles sont multiples
00:50:14encore une fois
00:50:15je ne vais pas vous dire
00:50:16que c'est normal
00:50:17et que ça fait partie du jeu
00:50:18mais quand on fait
00:50:18de l'investigation
00:50:19on sait qu'on
00:50:20bouscule certains intérêts
00:50:21et que les personnes
00:50:22tout le monde
00:50:23n'est pas forcément content
00:50:24de votre enquête
00:50:25et ça peut être
00:50:26ce genre de pression
00:50:28qui peut s'exercer
00:50:28Merci beaucoup
00:50:31Merci Monsieur le Président
00:50:33Dernier rebond
00:50:34sur votre réponse
00:50:36vous expliquez
00:50:37que vous avez réalisé
00:50:38un numéro
00:50:38sur l'Ukraine
00:50:40Elise Lucet
00:50:41également
00:50:41nous disait
00:50:42je crois qu'on l'a interrogé
00:50:44hier ou avant-hier
00:50:45qu'elle avait également
00:50:47réalisé un numéro
00:50:48sur l'Ukraine
00:50:49et quand je l'ai interrogé
00:50:50sur l'affaire Epstein
00:50:51alors qu'en France
00:50:53on a appris
00:50:54on a appris les liens
00:50:54entre Jack Long
00:50:56et Jeffrey Epstein
00:50:57dès octobre 2020
00:50:58et que je n'ai vu
00:50:59aucune émission
00:51:00d'Elise Lucet
00:51:01depuis octobre 2020
00:51:02traité de Jack Long
00:51:04et de ses liens
00:51:05avec Jeffrey Epstein
00:51:07elle l'a justifié
00:51:08en me disant
00:51:08j'ai essayé
00:51:10de me positionner
00:51:10récemment
00:51:11pour traiter le sujet
00:51:12mais il y a eu
00:51:12une concurrence interne
00:51:13Monsieur Wallach
00:51:14s'est aussi positionné
00:51:16il en a eu la primeur
00:51:17pourquoi dans le cas
00:51:18de l'Ukraine
00:51:19vous êtes tous les deux
00:51:20à traiter du même sujet
00:51:21et dans le cas des liens
00:51:22de Jack Long
00:51:23et de Jeffrey Epstein
00:51:24en fait
00:51:24il ne doit y avoir
00:51:26qu'un seul magazine
00:51:27qui doit sortir
00:51:28et c'est le vôtre
00:51:29comment est-ce que
00:51:29vous expliquez
00:51:30ce deux poids deux mesures
00:51:31alors si on se remet
00:51:33dans le
00:51:34dans le
00:51:35à l'époque
00:51:37de la guerre
00:51:38en Ukraine
00:51:39les premières semaines
00:51:40je ne sais pas
00:51:40si vous vous souvenez
00:51:41mais c'était vraiment
00:51:42un coup de tonnerre
00:51:43géopolitique
00:51:44et effectivement
00:51:46il était normal
00:51:47qu'envoyé spécial
00:51:48fasse des reportages
00:51:49sur l'Ukraine
00:51:50et il y avait tout à fait
00:51:51la place aussi
00:51:52pour réaliser une investigation
00:51:53un portrait de Volodymyr Zelensky
00:51:55on avait même fait
00:51:56ce soir-là
00:51:56une spéciale Ukraine
00:51:57ce qu'on appelle
00:51:58une verticale
00:51:58c'est-à-dire qu'on a
00:51:59envoyé spéciale
00:51:59qui passe à 21h
00:52:01et ensuite
00:52:02complément d'enquête
00:52:02à 23h
00:52:03on avait fait
00:52:03ce qu'on appelle
00:52:04une spéciale Ukraine
00:52:05et ce qui
00:52:06vu l'intérêt
00:52:09géopolitique
00:52:10paraissait
00:52:12tout à fait justifié
00:52:13en revanche
00:52:14non
00:52:14c'est effectivement
00:52:14intéressant
00:52:15ce que vous dites
00:52:15sur
00:52:15on a le souci
00:52:17de l'utilisation
00:52:18de l'argent public
00:52:19et il y a très souvent
00:52:21des arbitrages
00:52:21entre ce qui va relever
00:52:22d'une enquête
00:52:23d'envoyé spécial
00:52:24et une enquête
00:52:25de complément d'enquête
00:52:26j'ai regardé attentivement
00:52:27votre audition
00:52:28de madame Lucet
00:52:31mardi
00:52:32et vous lui avez dit
00:52:33regardez
00:52:34vous n'avez pas fait
00:52:34de reportage
00:52:35sur
00:52:36Gérard Miller
00:52:37monsieur Epstein
00:52:38Tariq Ramadan
00:52:39et Olivier Duhamel
00:52:40et effectivement
00:52:41pas de chance
00:52:43sur les quatre
00:52:43Gérard Miller
00:52:44je crois qu'elle vous l'a dit
00:52:45mardi
00:52:45enfin Epstein Lang
00:52:47Gérard Miller
00:52:49avait été traité
00:52:49par
00:52:50avait été traité
00:52:51par
00:52:51complément d'enquête
00:52:53et les trois autres
00:52:54par envoyé spécial
00:52:56pardonnez-moi
00:52:56en revanche
00:52:58complément d'enquête
00:52:58a fait une enquête
00:52:59sur l'affaire Epstein
00:53:00a déjà investigué
00:53:01sur
00:53:02sur Jack Lang
00:53:03et il y en a un deuxième
00:53:05qui est en cours
00:53:05et notre journaliste
00:53:06Virginie Villard
00:53:07a réalisé encore hier
00:53:09un reportage
00:53:10de 18 minutes
00:53:10que je vous invite
00:53:11à regarder
00:53:11très intéressant
00:53:12au journal de 20h
00:53:14et on a également
00:53:15à complément d'enquête
00:53:16fait un portrait
00:53:18de Tariq Ramadan
00:53:18et de monsieur Duhamel
00:53:19donc voilà
00:53:20il y a des arbitrages
00:53:21à France Télévisions
00:53:22on est très soucieux
00:53:23de l'utilisation
00:53:23des données publiques
00:53:24on sait qu'il peut y avoir
00:53:25parfois des sujets
00:53:27qui peuvent être communs
00:53:28entre les deux émissions
00:53:29et il y a un arbitrage
00:53:30de la direction de l'information
00:53:31qui dit
00:53:31ça relève plutôt
00:53:33d'envoyé spécial
00:53:33plutôt de complément d'enquête
00:53:34mais il y a
00:53:35évidemment aucun angle mort
00:53:36et évidemment
00:53:37que l'affaire Epstein
00:53:38est une affaire
00:53:40tentaculaire
00:53:41sur laquelle nous avons
00:53:42fait un formidable reportage
00:53:44l'année dernière
00:53:45il est toujours en ligne
00:53:46Virginie Villard
00:53:48est notre journaliste
00:53:49de complément d'enquête
00:53:49et considérée
00:53:50comme une des plus grandes spécialistes
00:53:52de l'affaire Epstein
00:53:53et pas uniquement en France
00:53:54elle a des demandes
00:53:55du monde entier
00:53:56elle a retrouvé
00:53:57lundi
00:53:58vous pouvez le regarder
00:53:59dans le journal de 20h
00:54:00elle a retrouvé
00:54:01l'une des personnes
00:54:03suspectées
00:54:03d'être le rabatteur français
00:54:04de Jeffrey Epstein
00:54:06quant à la
00:54:07je devance
00:54:08peut-être une question
00:54:09que vous ne me poserez pas
00:54:10mais à l'indulgence
00:54:11dont on pourrait faire preuve
00:54:13à l'égard de Jack Lang
00:54:14par exemple
00:54:14c'est pour vous signaler
00:54:16qu'on a fait par exemple
00:54:18un reportage
00:54:18à complément d'enquête
00:54:19il y a 4 ans
00:54:21sur les liens
00:54:22entre les artistes
00:54:23et les politiques
00:54:24et on avait
00:54:24une grosse séquence
00:54:26qui s'intéressait
00:54:26à Jack Lang
00:54:27et la manière
00:54:28dont il avait
00:54:29accordé
00:54:31des faveurs fiscales
00:54:32à des artistes
00:54:33en échange
00:54:34de leur soutien
00:54:35aux socialistes
00:54:36et à François Mitterrand
00:54:37et l'interview
00:54:38ne s'est pas très bien passée
00:54:39il a même mis fin
00:54:40à l'interview
00:54:41en mettant
00:54:41notre journaliste
00:54:42dehors
00:54:43donc voilà
00:54:44je crois qu'on ne peut pas
00:54:45suspecter
00:54:45complément d'enquête
00:54:46de la moindre
00:54:47complaisance
00:54:48à l'égard de Jack Lang
00:54:49et à l'égard de quiconque
00:54:50d'ailleurs
00:54:50merci pour votre réponse
00:54:53et effectivement
00:54:53ma question était adressée
00:54:55à madame Lucet
00:54:56au magazine
00:54:57qu'elle produit
00:54:58qu'elle propose
00:54:59à savoir
00:55:00envoyer spécial
00:55:01et cache investigation
00:55:02c'était d'ailleurs
00:55:03la liste
00:55:04que je lui ai faite
00:55:04la concerner
00:55:05et ne vous concernez pas
00:55:07j'ai simplement été surpris
00:55:08lorsqu'elle me disait
00:55:09qu'il y avait un arbitrage
00:55:11pour motif
00:55:12d'utilisation d'argent public
00:55:13sur les liens
00:55:14entre Jack Lang
00:55:15et l'affaire Epstein
00:55:16entre vous
00:55:17et madame Lucet
00:55:18sachant que vous venez
00:55:19de nous dire
00:55:19c'était la raison de ma question
00:55:20que pour l'Ukraine
00:55:21par exemple
00:55:21vous aviez réalisé
00:55:22une enquête
00:55:23quasiment en tout cas
00:55:24à la même période
00:55:25que madame
00:55:26Lucet
00:55:26donc voilà
00:55:27c'est cette contradiction
00:55:28que je voulais mettre
00:55:29peut-être en avant
00:55:30pour mieux comprendre
00:55:31les choix de rédaction
00:55:32entre vos deux émissions
00:55:35si vous me le permettez
00:55:37je vous propose
00:55:38peut-être
00:55:39que je pose
00:55:40quelques questions
00:55:41sur vos méthodes
00:55:42et notamment
00:55:43la déontologie
00:55:44j'ai déjà posé
00:55:45quelques questions
00:55:46à madame Lucet
00:55:47sur le sujet
00:55:48je vais prendre un exemple
00:55:49c'était le 7 septembre 2023
00:55:51vous avez diffusé
00:55:53une édition
00:55:53donc un magazine
00:55:54de complément d'enquête
00:55:55intitulé
00:55:56histoire
00:55:56argent
00:55:57pouvoir
00:55:57deux points
00:55:58les vrais secrets
00:55:59du puits du fou
00:55:59et on apprenait
00:56:01selon le JDD
00:56:02du 10 septembre 2023
00:56:03que pour avoir le droit
00:56:05de tourner
00:56:05au sein du parc
00:56:07du puits du fou
00:56:07vous aviez annoncé
00:56:08aux organisateurs
00:56:10un tout autre titre
00:56:11le puits du fou
00:56:11les dessous d'un succès
00:56:13à la française
00:56:14donc quand même
00:56:14très amélioratif
00:56:16vous connaissez
00:56:16je pense l'article 4
00:56:18de la charte de Munich
00:56:19qui est une sorte
00:56:20de bible
00:56:20un peu pour les journalistes
00:56:22du monde entier
00:56:22il implique
00:56:24je le cite
00:56:25de ne pas utiliser
00:56:26une méthode déloyale
00:56:27pour obtenir des informations
00:56:28des photographies
00:56:29ou des documents
00:56:30pourquoi est-ce que vous avez
00:56:32d'une certaine façon
00:56:33menti sur le titre
00:56:35de l'émission
00:56:35pour accéder aux coulisses
00:56:36et au parc
00:56:37et pourquoi ne pas avoir
00:56:39simplement révélé
00:56:40dès le début
00:56:41le titre
00:56:41et l'objet exact
00:56:42de votre enquête
00:56:43alors les titres
00:56:46ne sont pas toujours
00:56:47fixés très en amont
00:56:49donc j'ignore
00:56:50à quel titre
00:56:51vous faites référence
00:56:52est-ce que c'était
00:56:52un titre de travail
00:56:53je ne vois pas
00:56:54une énorme différence
00:56:55en plus entre les deux titres
00:56:57que vous annoncez
00:56:58en tout cas ce qui est certain
00:56:59c'est qu'on a fait preuve
00:57:00d'une transparence
00:57:01et d'absolument
00:57:02aucune déloyauté
00:57:04conformément à nos principes
00:57:05et à nos chartes
00:57:06c'est-à-dire que
00:57:07les équipes du puits du fou
00:57:08savaient que
00:57:10c'était un magazine
00:57:10qui se tournait
00:57:11pour complément d'enquête
00:57:12et avec ce souci
00:57:14constant
00:57:15du contradictoire
00:57:16c'est-à-dire que
00:57:17le reportage
00:57:17notre reporter
00:57:19a pu pendant plusieurs fois
00:57:20et pendant plusieurs semaines
00:57:21tourner au sein
00:57:23du parc du puits du fou
00:57:24et moi-même
00:57:24et j'ai eu l'honneur
00:57:25de pouvoir installer
00:57:26les fauteuils rouges
00:57:27à l'intérieur
00:57:28du parc du puits du fou
00:57:29et de faire une longue interview
00:57:31de Nicolas Devilliers
00:57:32le président du puits du fou
00:57:34donc pour le coup
00:57:35tout s'est absolument
00:57:36bien passé
00:57:38et conformément
00:57:39à nos règles déontologiques
00:57:40merci pour votre réponse
00:57:45j'indique au rapporteur
00:57:46de ne pas le prendre
00:57:47par surprise
00:57:47ensuite je vais passer
00:57:49la parole
00:57:49au groupe politique
00:57:51donc je vous laisse poser
00:57:52encore une ou deux questions
00:57:53ensuite je poserai la parole
00:57:54aux députés
00:57:57représentant les groupes politiques
00:57:57puis je vous redonnerai
00:57:58la parole ensuite
00:57:58monsieur le rapporteur
00:57:59après les interventions
00:58:00des trois groupes politiques
00:58:01présents
00:58:01merci monsieur le président
00:58:04alors un autre exemple
00:58:05sur la déontologie
00:58:06qui a fait couler
00:58:10beaucoup d'encre
00:58:11c'était le 20 janvier dernier
00:58:12vous avez diffusé
00:58:13un numéro de complément
00:58:14d'enquête intitulé
00:58:15rumeurs et coups tordus
00:58:16la guerre secrète
00:58:17France-Algérie
00:58:18dans la bande annonce
00:58:19de ce numéro
00:58:20figuré
00:58:20on a pu le voir
00:58:21une interview
00:58:22de Xavier Driancourt
00:58:23ancien ambassadeur
00:58:24de France en Algérie
00:58:26entre 2008 et 2012
00:58:28et 2017 et 2020
00:58:29monsieur Driancourt
00:58:31est précisément réputé
00:58:32pour faire preuve
00:58:33d'une grande lucidité
00:58:34quant à son expérience
00:58:35d'ambassadeur
00:58:36il ne manie pas
00:58:37la langue de bois
00:58:38sur les relations
00:58:39entre la France
00:58:40et l'Algérie
00:58:41je crois d'ailleurs
00:58:41que vous l'avez interrogé
00:58:42plus de deux heures
00:58:43pour un entretien très long
00:58:45qui devait figurer
00:58:45pour certains morceaux
00:58:46dans votre numéro
00:58:48de complément d'enquête
00:58:49pourtant
00:58:50le jour de la diffusion
00:58:51l'interview
00:58:53de cet ancien ambassadeur
00:58:54n'y figure plus
00:58:55aucune trace
00:58:55elle a été coupée
00:58:57au montage
00:58:57et remplacée
00:58:58par une interview
00:58:59de l'actuel ambassadeur
00:59:00monsieur Romaté
00:59:01il semble que
00:59:03cette interview dérangeait
00:59:04puisque le jour même
00:59:05de la diffusion
00:59:06de votre complément d'enquête
00:59:07l'agence de presse officielle
00:59:09d'Alger
00:59:10l'APS a insulté
00:59:11l'ambassadeur
00:59:12Driancourt
00:59:13en le qualifiant
00:59:14d'ex-faux diplomate
00:59:16d'agité
00:59:16atteint d'une véritable
00:59:18pathologie
00:59:18nommée l'Algérie
00:59:19et enfin
00:59:20d'homme sale
00:59:21pour reconstituer
00:59:23la chronologie
00:59:23le 22 janvier
00:59:25l'émission était programmée
00:59:26pour 23h
00:59:27à 14h35
00:59:28une des pages
00:59:29de l'agence de presse
00:59:30algérienne
00:59:31critiquée France 2
00:59:32qui donnait la parole
00:59:33à un faux diplomate
00:59:34et à un homme sale
00:59:35monsieur Driancourt
00:59:37à 21h29
00:59:38soit 1h30
00:59:39avant l'émission
00:59:41Algérie Patriotique
00:59:42annonçait la coupure
00:59:43de l'émission
00:59:43et la suppression
00:59:44du passage
00:59:46de monsieur Driancourt
00:59:47remplacée
00:59:48par le nouvel ambassadeur
00:59:49bon
00:59:50cette chronologie
00:59:51je crois
00:59:51est factuelle
00:59:52et je vous laisserai
00:59:53y répondre
00:59:54pourquoi
00:59:55est-ce que
00:59:55vous avez
00:59:56décidé
00:59:57de censurer
00:59:58l'ambassadeur
00:59:59Xavier Driancourt
01:00:00qui vous a répondu
01:00:01pendant plus de 2h
01:00:02et qui figurait
01:00:03d'ailleurs
01:00:04sur la bande-annonce
01:00:05de votre émission
01:00:06alors
01:00:07encore une fois
01:00:08je crois
01:00:08le choix des mots
01:00:09est très important
01:00:10et je crois
01:00:10que vous le savez
01:00:11monsieur le rapporteur
01:00:12il n'y a pas eu
01:00:13de censure
01:00:14je suis d'accord
01:00:14avec vous sur un point
01:00:15les faits
01:00:16et la chronologie
01:00:17montrent tout
01:00:18et montrent
01:00:19que votre raisonnement
01:00:20n'est pas le bon
01:00:21effectivement
01:00:22il y a eu
01:00:22une dépêche
01:00:23si vous le dites
01:00:23de l'agence de presse
01:00:25algérienne
01:00:25le jeudi
01:00:26après-midi
01:00:26compte tenu
01:00:27de nos process
01:00:28de fabrication
01:00:28le jeudi après-midi
01:00:29les émissions
01:00:31sont terminées
01:00:32donc on n'avait pas
01:00:33le moyen
01:00:34de retirer
01:00:35l'interview
01:00:36de monsieur Driancourt
01:00:38il n'a pas été censuré
01:00:39il n'a même pas été
01:00:40monté
01:00:41il est apparu
01:00:42effectivement
01:00:42dans cette bande-annonce
01:00:43qui était bien la preuve
01:00:44qu'on n'a pas voulu
01:00:46dissimuler le fait
01:00:47qu'il avait été interviewé
01:00:47c'est quelque chose
01:00:48qui arrive très fréquemment
01:00:49dans nos reportages
01:00:50on interview
01:00:52souvent
01:00:52plusieurs dizaines
01:00:55de personnes
01:00:55et à la fin
01:00:56pour des questions
01:00:56de format
01:00:57de place
01:00:58on est obligé
01:00:59de faire un choix
01:01:00entre plusieurs
01:01:00intervenants
01:01:02c'est quelque chose
01:01:03vraiment de très courant
01:01:04et quiconque a déjà
01:01:05monté un documentaire
01:01:06pourra vous le confirmer
01:01:07en réalité
01:01:08la voix de monsieur
01:01:10Driancourt
01:01:10n'a pas été remplacée
01:01:11par l'ambassadeur
01:01:12Romaté
01:01:13l'ambassadeur actuel
01:01:14qui a été lui aussi
01:01:16tourné il y a plusieurs mois
01:01:17mais il y avait déjà
01:01:19dans ce reportage
01:01:20la voix
01:01:23on va dire
01:01:24la voix la plus dure
01:01:26on va dire
01:01:27à l'égard de l'Algérie
01:01:28qui n'est pas forcément
01:01:29effectivement celle
01:01:29de la diplomatie française
01:01:30actuelle
01:01:30représentée par
01:01:32Julien Aubert
01:01:33qui est vice-président
01:01:34des républicains
01:01:35et qui portait
01:01:35si je résume un peu
01:01:36la voix retailleau
01:01:38donc il n'y avait
01:01:38aucune volonté
01:01:39de censurer
01:01:40cette position française
01:01:42qui est une position
01:01:43qui existe
01:01:43et en vertu du pluralisme
01:01:45que défend complément
01:01:46l'enquête
01:01:46pour nous c'était important
01:01:47que cette voix apparaisse
01:01:49je note
01:01:49je l'ai d'ailleurs
01:01:50dit en propos liminaires
01:01:51qu'on a été accusé
01:01:54de tout et n'importe quoi
01:01:55sur cette émission
01:01:55donc à la fois
01:01:56certaines personnes
01:01:58en France
01:01:58nous ont accusé
01:01:59faussement
01:02:00d'avoir censuré
01:02:01M. Driancourt
01:02:02simplement parce qu'on a
01:02:04prévenu M. Driancourt
01:02:04le jeudi
01:02:05que malheureusement
01:02:06ses propos n'avaient pas
01:02:07été retenus
01:02:08et au même moment
01:02:09en Algérie
01:02:10on était accusé
01:02:10par la presse algérienne
01:02:11la presse pro-régime
01:02:12d'avoir agi
01:02:13pour ordre
01:02:14de l'ambassadeur
01:02:16Driancourt
01:02:17qu'on aurait même été
01:02:17financé par les uns
01:02:18les autres
01:02:19enfin n'importe quoi
01:02:19dans les deux cas
01:02:20ce n'est que du
01:02:21des fake news
01:02:21M. Driancourt
01:02:23n'a ni commandité
01:02:24le reportage
01:02:25et un reportage
01:02:25anti-Algérie
01:02:26et M. Driancourt
01:02:27n'a ni été
01:02:29censuré
01:02:30pour qu'on fasse
01:02:30un sujet
01:02:31qui plaise à l'Algérie
01:02:32dans les deux cas
01:02:32c'est faux
01:02:33et je trouve que
01:02:33cette espèce de symétrie
01:02:35dans les théories
01:02:37complotistes
01:02:38concernant complément
01:02:39l'enquête
01:02:39est la meilleure preuve
01:02:40que complément l'enquête
01:02:42travaille en toute indépendance
01:02:43et sur ordre
01:02:44de personnes
01:02:45merci M. Ballard
01:02:46pour deux minutes
01:02:46un rebond
01:02:50un rebond
01:02:51un rebond
01:02:51un rebond très rapide
01:02:53on y va
01:02:53allez-y
01:02:53M. le rapporteur
01:02:54un rebond
01:02:54et rapidement
01:02:56merci M. le Président
01:02:56oui effectivement
01:02:57juste un rebond
01:02:58je pense que vous voyez
01:03:00que les faits
01:03:00que j'ai apportés
01:03:01sont indiscutables
01:03:03et simplement
01:03:04sur le
01:03:04tous les éléments
01:03:06que je vous ai apportés
01:03:07sont factuels
01:03:07je voudrais simplement
01:03:08ce qui est troublant
01:03:09c'est que
01:03:10l'émission est programmée
01:03:12le 22 janvier
01:03:13pour 23h
01:03:13à 14h35
01:03:15il y a une dépêche
01:03:16de l'agence de presse
01:03:17algérienne
01:03:18qui critique France 2
01:03:19pour donner la parole
01:03:19à M. Driancourt
01:03:20à 16h06
01:03:21vous lui envoyez
01:03:23M. Sébastien Lafargue
01:03:24journaliste à France 2
01:03:25lui indique
01:03:26à M. Driancourt
01:03:27que finalement
01:03:28alors qu'il a fait
01:03:29un entretien de 2h
01:03:29qu'il figure
01:03:30à la bande annonce
01:03:31de votre émission
01:03:32il y figure
01:03:33finalement
01:03:34son passage
01:03:35est coupé
01:03:36et à 21h29
01:03:37soit 1h30
01:03:38avant le début
01:03:39de l'émission
01:03:39l'Algérie
01:03:40a l'information
01:03:41comme quoi
01:03:42M. Driancourt
01:03:42a été remplacé
01:03:43et donc
01:03:44il y a
01:03:44un communiqué de presse
01:03:48d'Algérie patriotique
01:03:49qui annonce
01:03:49la coupure
01:03:50de cette émission
01:03:50donc comment
01:03:51ont-ils eu l'info
01:03:52et pourquoi
01:03:53avoir prévenu
01:03:54aussi tardivement
01:03:55alors que vous aviez
01:03:56mis M. Driancourt
01:03:57dans votre bande annonce
01:03:58que finalement
01:03:58il ne passerait pas
01:04:00vous convenez
01:04:00qu'il n'y a pas
01:04:01de complotisme
01:04:01vous parlez de complotisme
01:04:02ce ne sont que des faits
01:04:04donc merci
01:04:05de pouvoir
01:04:06les justifier
01:04:07je vous laisse répondre
01:04:07la question du rapporteur
01:04:08est importante
01:04:09pour préciser les choses
01:04:10et ensuite je donne la parole
01:04:10cette fois-ci pour de bon
01:04:12à M. Ballard
01:04:12pour deux minutes
01:04:13et ensuite au groupe socialiste
01:04:14puis à la France insoumise
01:04:15qui sont les groupes politiques présents
01:04:16mais parfois le complotisme
01:04:18ce n'est pas inventer des faits
01:04:20ça peut aussi être
01:04:20prendre qu'une partie des faits
01:04:22pour essayer de les tordre
01:04:24et pour prouver son a priori
01:04:26et sa théorie de départ
01:04:27non si on reprend la chronologie
01:04:29si effectivement
01:04:31et encore une fois
01:04:32c'est à vérifier
01:04:32parce que
01:04:33je n'ai pas moi
01:04:34tous les éléments en main
01:04:35mais si effectivement
01:04:36il y a eu une dépêche
01:04:37de l'agence de presse algérienne
01:04:38le jeudi 22 janvier
01:04:40après-midi
01:04:41à cette heure-là
01:04:42nos reportages sont bouclés
01:04:43on n'y touche plus
01:04:44et donc manifestement
01:04:47l'agence de presse algérienne
01:04:49avait peut-être
01:04:50eu le vent
01:04:51de notre bande-annonce
01:04:52qui était en ligne
01:04:53en général
01:04:54à partir du mardi
01:04:55donc mardi 20 janvier
01:04:56peut-être sur la base
01:04:57de cette courte intervention
01:04:59de M. Driancourt
01:05:00elle a pu supposer
01:05:01que c'était un reportage
01:05:03commandité par Driancourt
01:05:05ce qui était faux
01:05:06encore une fois
01:05:06je vous redis la même chose
01:05:07ce n'était ni un reportage
01:05:09commandité par M. Driancourt
01:05:11ni un reportage
01:05:12dans lequel nous avons censuré
01:05:13M. Driancourt
01:05:14on a fait un reportage
01:05:14en toute indépendance
01:05:15qui donnait la parole
01:05:16à tout le monde
01:05:17des personnalités pro-algériennes
01:05:20ainsi que des partisans
01:05:22de la ligne dure
01:05:23face à l'Algérie
01:05:24Très bien
01:05:27et au-delà de ça
01:05:27on ne peut pas accepter
01:05:28qu'un pays étranger
01:05:29s'en prenne à une émission
01:05:30de télévision française
01:05:32quelle que soit d'ailleurs
01:05:32la discussion que nous avons eue
01:05:34et des questions importantes
01:05:35et je me permets de rajouter
01:05:36que je suis sous serment
01:05:37j'ai conscience
01:05:39des conséquences potentielles
01:05:40de ce que je dis
01:05:41et quand je vous dis
01:05:42que nous n'avons pas
01:05:43supprimer
01:05:43pas supprimer
01:05:45pas censurer
01:05:46l'interview de M. Driancourt
01:05:47je sais que ça m'engage
01:05:49donc si je vous le dis
01:05:50c'est que c'est vraiment vrai
01:05:51bon alors merci
01:05:52et je redis moi
01:05:53comme président
01:05:54que quelle que soit
01:05:55la discussion qu'on a ici
01:05:56il n'est pas acceptable
01:05:57qu'un pays étranger
01:05:58s'en prenne à une émission
01:05:59de télévision française
01:06:00et à un média français
01:06:01à des journalistes français
01:06:02je le dis très clairement
01:06:03ce qui me permet maintenant
01:06:04de céder la parole
01:06:04à M. Ballard
01:06:05pour deux minutes
01:06:06merci président
01:06:07donc comme le veut la tradition
01:06:10si je puis dire
01:06:10je dois signaler
01:06:11que j'ai été journaliste
01:06:1140 ans
01:06:126 ans passé
01:06:13dans le service public
01:06:13et pour être complètement
01:06:14transparent
01:06:15au mois de novembre
01:06:16j'ai été invité
01:06:16de complément d'enquête
01:06:17et je me suis assis
01:06:18dans le fauteuil rouge
01:06:19moi je voudrais être concret
01:06:20et comprendre en fait
01:06:21vos méthodes de travail
01:06:22même si vous avez
01:06:23très bien défini
01:06:25la façon dont vous travaillez
01:06:26mais bon concrètement
01:06:27à deux reprises
01:06:29au cours de vos émissions
01:06:30vous vous êtes servi
01:06:30d'un document
01:06:31c'est celui-là
01:06:32je pense que vous le reconnaissez
01:06:33en l'occurrence
01:06:34qui émane de Matignon
01:06:35pour affirmer
01:06:36qu'il n'y a aucun lien
01:06:37entre immigration
01:06:39et insécurité
01:06:40c'est effectivement
01:06:41ce qu'on peut lire
01:06:41je l'ai stabilo bossé en bleu
01:06:43mais quand on lit l'Astérix
01:06:44ce sont des études
01:06:45qui se basent sur
01:06:46le Chili
01:06:47les Etats-Unis
01:06:48et l'Italie
01:06:49en 2012
01:06:51comme vous le disiez
01:06:52tout à l'heure
01:06:52un journaliste
01:06:53effectivement
01:06:54c'est ce qu'on apprend
01:06:54dans les écoles de journalisme
01:06:55ça croise
01:06:56et ça recoupe
01:06:57ses sources
01:06:58alors pour parler
01:06:59parce que France 2
01:07:00c'est une émission
01:07:01une télé française
01:07:02a priori
01:07:02pour parler de ce lien
01:07:04entre immigration
01:07:04et insécurité
01:07:05pourquoi vous n'êtes pas basé
01:07:06sur par exemple
01:07:07ce document
01:07:07ça vient du ministère
01:07:09de la justice
01:07:10et il suffit
01:07:13de tourner la page
01:07:13où on voit par exemple
01:07:14que 25%
01:07:16des détenus
01:07:16dans les prisons françaises
01:07:18sont étrangers
01:07:19alors que
01:07:19les étrangers
01:07:20en France
01:07:21représentent 8%
01:07:21de la population
01:07:22ou cet autre document
01:07:23du ministère
01:07:24de l'intérieur
01:07:25république française
01:07:26où on peut lire
01:07:27que par exemple
01:07:29je prends le chiffre
01:07:29à la limite
01:07:30le moins élevé
01:07:3036%
01:07:31des vols
01:07:33violents
01:07:33sans armes
01:07:34sont le fait
01:07:35d'étrangers
01:07:35on pourrait même rajouter
01:07:36cette déclaration
01:07:37de Laurent Nunez
01:07:38février 2025
01:07:3936%
01:07:41des mises en cause
01:07:42de l'agglomération
01:07:43parisienne
01:07:44sont étrangers
01:07:45donc en fait
01:07:46moi je me pose
01:07:46une simple question
01:07:47pourquoi le service public
01:07:48en fait
01:07:49quand on lit ça
01:07:49vous véhiculez
01:07:50des fake news
01:07:52alors vous le faites
01:07:53pourquoi
01:07:53par idéologie
01:07:55ou bien
01:07:56par manque de travail
01:07:58voilà
01:07:58j'espère que vous allez
01:07:59me répondre
01:07:59parce que vous avez été
01:08:00très complet
01:08:01dans vos précédentes réponses
01:08:03absolument
01:08:06monsieur Ballard
01:08:06merci pour cette question
01:08:07ça me permet de
01:08:08prendre le temps
01:08:09de répondre
01:08:09parce que c'est une question
01:08:10effectivement
01:08:10qui demande un peu de temps
01:08:12en fait
01:08:14vous faites
01:08:14si je peux me permettre
01:08:16une confusion
01:08:17entre deux termes
01:08:18qui sont très différents
01:08:18entre la corrélation
01:08:19qui est une association
01:08:21statistique
01:08:22et la causalité
01:08:23c'est l'effet
01:08:24d'un phénomène
01:08:24sur un autre
01:08:25c'est vraiment
01:08:26c'est très différent
01:08:27vous qui avez été journaliste
01:08:28qui avez mis à l'antenne
01:08:29parfois des graphiques
01:08:30vous connaissez
01:08:31je pense
01:08:31cette différence
01:08:34et c'est justement ça
01:08:35qu'essaye d'expliquer
01:08:37cette note du CEPI
01:08:38mais pas seulement le CEPI
01:08:39les études
01:08:40comme le dit le CEPI
01:08:41unanimement
01:08:42qui se sont penchés
01:08:43sur ce lien supposé
01:08:46entre immigration
01:08:47et délinquance
01:08:47sont arrivés
01:08:48à la même conclusion
01:08:48c'est à dire
01:08:48qu'il fallait séparer
01:08:49ce qui relevait
01:08:50du lien de causalité
01:08:52et de la corrélation
01:08:53pour comprendre
01:08:54c'est par exemple
01:08:55l'hôpital
01:08:55en France
01:08:56on a 60% des français
01:08:58qui meurent à l'hôpital
01:08:59est-ce que ça veut dire
01:09:00que c'est parce que
01:09:01les français sont à l'hôpital
01:09:03qu'ils meurent plus
01:09:04que l'hôpital est dangereux
01:09:05non c'est pas le cas
01:09:06à l'évidence
01:09:06donc il y a vraiment
01:09:06une différence fondamentale
01:09:08entre lien de causalité
01:09:10et lien de corrélation
01:09:11la surrépésentation statistique
01:09:12des étrangers
01:09:13dans de nombreux crimes et délits
01:09:14personne ne la conteste
01:09:16pas même le CEPI
01:09:17qui d'ailleurs
01:09:17après la polémique
01:09:18qui a été relayée
01:09:20par beaucoup de monde
01:09:21après notre reportage
01:09:22la polémique
01:09:24a été tellement
01:09:24importante
01:09:26que le CEPI
01:09:27s'est fendu
01:09:28d'une mise à jour
01:09:29sur son site
01:09:30en expliquant
01:09:31même si l'on observe
01:09:33une corrélation positive
01:09:34entre immigration
01:09:35et délinquance
01:09:36les études ne mettent pas
01:09:37en évidence
01:09:38d'effet causal
01:09:39de l'immigration
01:09:40sur le niveau moyen
01:09:41de la délinquance
01:09:41donc c'est sa différence
01:09:43entre corrélation
01:09:44vous avez tout à fait raison
01:09:44monsieur Ballard
01:09:45il y a une corrélation statistique
01:09:46mais il n'y a pas
01:09:47de lien de causalité
01:09:48c'est pas moi
01:09:49ou complément d'enquête
01:09:50ou nous par militantisme
01:09:52ou autre qui pensent ça
01:09:52c'est ce que disent
01:09:54tous les sociologues
01:09:55économistes
01:09:55criminologues
01:09:56qui ont travaillé
01:09:57sur cette question
01:09:58et pas uniquement le CEPI
01:09:59je rajoute que le CEPI
01:10:00c'est le centre
01:10:02d'études prospectives
01:10:03et d'informations
01:10:03internationales
01:10:04qui a été créé
01:10:04en 1978
01:10:05qui dépend du Premier ministre
01:10:07qui est le principal
01:10:08centre français
01:10:09de recherche
01:10:09et d'expertise
01:10:10en économie internationale
01:10:13dans cette note
01:10:14il y a une compilation
01:10:15non pas comme vous le dites
01:10:17et comme ça a été relayé
01:10:18par certains journaux
01:10:19uniquement d'études
01:10:21chiliennes
01:10:22étrangères
01:10:22ou autres
01:10:23en réalité
01:10:23il y a 20 études
01:10:24mais regardez
01:10:25si vous l'avez
01:10:25il y a toutes les notes
01:10:26de bas de page
01:10:26je peux vous les citer
01:10:27je les ai
01:10:28maintenant il y a
01:10:29deux études françaises
01:10:30l'étude Philippe
01:10:30de 2022
01:10:31l'étude Jobard
01:10:33de 2012
01:10:33sur les contrôles
01:10:34policiers discriminatoires
01:10:35donc 20 études
01:10:36du monde entier
01:10:37Etats-Unis
01:10:38France
01:10:38et autres
01:10:39qui étudient
01:10:41notamment les biais
01:10:42les biais
01:10:43dans la chaîne pénale
01:10:44sur représentation
01:10:45des étrangers
01:10:46dans certains types
01:10:46de délits
01:10:47et qui dit
01:10:48lorsque l'on
01:10:49élimine ces biais
01:10:50lorsque ces biais
01:10:51sont éliminés
01:10:52les études
01:10:52concluent unanimement
01:10:54c'est important
01:10:54à l'absence
01:10:55d'impact de l'immigration
01:10:56sur la délinquance
01:10:57et je pourrais ajouter
01:10:59que ça a été confirmé
01:11:00par d'autres travaux
01:11:01récents
01:11:02il y a notamment
01:11:02très récemment
01:11:04le Journal of Economic
01:11:06Perspective
01:11:06qui est le journal de référence
01:11:07de l'American Economic Association
01:11:09qui a étudié 15 ans
01:11:10de données
01:11:11sur les flux migratoires
01:11:12et les taux de criminalité
01:11:13de 23 pays européens
01:11:15dans la France
01:11:15les auteurs
01:11:16sont trois économistes
01:11:17français et italiens
01:11:18qui ont même publié
01:11:19une tribune dans le monde
01:11:20j'ai quasiment terminé
01:11:21le 24 mars 2025
01:11:22intitulé
01:11:24le titre
01:11:24il n'y a pas de lien
01:11:26de cause à effet
01:11:27entre l'immigration
01:11:27et la hausse
01:11:28de la criminalité
01:11:29c'est simplement
01:11:31l'effet
01:11:31les gens qui travaillent
01:11:33là-dessus
01:11:33qui sont spécialistes
01:11:34qui concluent à cela
01:11:35merci
01:11:36c'est de ma faute
01:11:36je n'avais pas précisé
01:11:37la règle
01:11:37la règle c'est
01:11:38les députés
01:11:38pour une question
01:11:39de deux minutes
01:11:39et la réponse
01:11:40c'est de deux minutes
01:11:40et comme je n'avais pas
01:11:41précisé cette règle
01:11:42vous avez pu répondre
01:11:43un peu plus longuement
01:11:43et la question était importante
01:11:44et je vous remercie
01:11:45d'y avoir répondu
01:11:46madame Soudet
01:11:47pour deux minutes
01:11:47pour la France insoumise
01:11:48merci monsieur le président
01:11:50dernièrement
01:11:51le président Gérard Larcher
01:11:53a mis la pression
01:11:54sur l'ARCOM
01:11:54suite à une émission
01:11:55que vous avez faite
01:11:56sur le Sénat
01:11:57d'ailleurs je regrette
01:11:59que nous n'ayons pas
01:12:00encore eu l'occasion
01:12:00d'auditionner
01:12:01monsieur Larcher
01:12:01à ce sujet
01:12:02dans votre émission
01:12:03vous avez parlé
01:12:05d'une omerta
01:12:05qui en fait
01:12:08vise à couvrir
01:12:09les sénateurs
01:12:09notamment
01:12:10ceux qui pourtant
01:12:11s'illustent
01:12:12dans des affaires
01:12:13extrêmement graves
01:12:13notamment d'agression sexuelle
01:12:14nous avons eu l'occasion
01:12:16d'auditionner
01:12:17madame Sylvie Robert
01:12:19qui est vice-présidente
01:12:20du Sénat
01:12:20qui a complètement
01:12:21refusé de répondre
01:12:22sur ce sujet
01:12:23ce qui va plutôt
01:12:24dans votre sens
01:12:25j'aurais aimé savoir
01:12:26si vous avez subi
01:12:28depuis d'autres pressions
01:12:30à l'encontre
01:12:30du programme
01:12:31complément d'enquête
01:12:32et j'aurais aimé
01:12:33également savoir
01:12:34dans un contexte
01:12:35où les puissances
01:12:36sont de plus en plus
01:12:37agressives
01:12:37vis-à-vis du journalisme
01:12:38d'investigation
01:12:39donc je pense effectivement
01:12:40aux pressions
01:12:41de Gérard Larcher
01:12:41mais également du coup
01:12:43avec tout ce qui se passe
01:12:43avec madame Dati
01:12:44et au vu des menaces
01:12:45qui pèsent
01:12:46sur le journalisme
01:12:47d'investigation
01:12:48de façon générale
01:12:49comment vous arrivez encore
01:12:51finalement à accomplir
01:12:52votre travail
01:12:53sachant que
01:12:54à mon sens
01:12:55le journalisme
01:12:57d'investigation
01:12:57c'est vraiment
01:12:58un type de programme
01:12:58qui est particulièrement
01:12:59crucial dans une démocratie
01:13:01j'indique effectivement
01:13:03j'ai reçu une demande
01:13:05de la part du groupe
01:13:06La France Insoumise
01:13:07d'auditionner
01:13:08le président
01:13:08du Sénat
01:13:09et que j'ai indiqué
01:13:10en réunion de bureau
01:13:11et je le dis ici
01:13:12par souci de transparence
01:13:13que le président du Sénat
01:13:14comme n'importe quel parlementaire
01:13:15a une immunité parlementaire
01:13:18et que les services de l'Assemblée
01:13:19sont en train de regarder
01:13:19dans quel cadre
01:13:20un président de commission d'enquête
01:13:22peut convoquer
01:13:22le président du Sénat
01:13:24qui est le deuxième personnage
01:13:25le plus important de l'État
01:13:27et donc voilà
01:13:28on respecte les règles
01:13:30on respecte l'ordonnance
01:13:31la loi rien que la loi
01:13:31et donc j'ai pris en compte
01:13:33votre demande
01:13:33et on est en train
01:13:34de l'instruire
01:13:34avec les services
01:13:35de l'Assemblée
01:13:36je devais cette transparence
01:13:38je vous laisse répondre
01:13:38à madame Soudet
01:13:39monsieur Vallex
01:13:40pour deux minutes
01:13:40ou monsieur le rédacteur en chef
01:13:42si vous le souhaitez
01:13:42je vais prendre la parole
01:13:44merci monsieur le président
01:13:45madame la députée
01:13:47nous n'avons
01:13:48aucun élément
01:13:50d'information
01:13:51nous permettant de dire
01:13:53que le président du Sénat
01:13:54a fait pression
01:13:55sur l'ARCOP
01:13:56nous l'avons lu
01:13:57dans Mediapart
01:13:58mais nous n'avons
01:13:59aucun élément
01:14:00d'information
01:14:00en ce sens
01:14:02madame Soudet
01:14:08a employé des mots forts
01:14:09quand même
01:14:09de pression
01:14:10je vous cite
01:14:10madame Soudet
01:14:11de pression
01:14:12de président du Sénat
01:14:13ce n'est pas des mises en cause
01:14:15anodines
01:14:16est-ce que
01:14:16peut-être préciser
01:14:18parce que
01:14:18alors moi
01:14:20j'étais effectivement
01:14:21sur la question
01:14:22de l'ARCOM
01:14:23nous ne savons pas
01:14:26si
01:14:26monsieur Larcher
01:14:28le président du Sénat
01:14:29a pu appeler
01:14:30en haut lieu
01:14:31madame la présidente
01:14:34
01:14:34on n'a pas d'information
01:14:36en ce sens
01:14:37nous travaillons
01:14:38en toute
01:14:39en toute liberté
01:14:41et nos interlocuteurs
01:14:43au quotidien
01:14:44c'est
01:14:45la directrice
01:14:46des magazines
01:14:46Elsa Margoux
01:14:48et le directeur
01:14:49de l'information
01:14:50c'était
01:14:50Alexandre Carat
01:14:51aujourd'hui
01:14:52c'est
01:14:53monsieur Corbet
01:14:59ce sont des questions
01:15:08effectivement
01:15:08qui nous préoccupent
01:15:10beaucoup
01:15:11et les pressions
01:15:12elles peuvent être
01:15:13multiples
01:15:14Tristan
01:15:15ou Alex
01:15:16vous en parlez
01:15:16on peut avoir
01:15:18des procédures
01:15:19baillon
01:15:19à savoir
01:15:20plusieurs procédures
01:15:22judiciaires
01:15:24sur
01:15:24un sujet
01:15:26ça a été le cas
01:15:27sur le sujet
01:15:28concernant
01:15:30Vincent Bolloré
01:15:31fait par
01:15:32Tristan
01:15:33cinq procédures
01:15:35judiciaires
01:15:37donc c'est vrai
01:15:37que c'est des choses
01:15:38qui peuvent
01:15:39fatiguer
01:15:41on a la chance
01:15:42nous d'être dans
01:15:43un groupe
01:15:43qui nous soutient
01:15:44on a un service
01:15:46juridique
01:15:46pour de petites rédactions
01:15:48qui ont peu de moyens
01:15:49c'est beaucoup plus difficile
01:15:50parce qu'effectivement
01:15:51quand on se retrouve
01:15:53à la 17ème chambre
01:15:54donc qui traite
01:15:55des délits
01:15:56de presse
01:15:57il faut un avocat
01:15:59et ça a un coût
01:16:01donc effectivement
01:16:01c'est complexe
01:16:02pardon
01:16:04si je peux me permettre
01:16:04de compléter
01:16:05voilà
01:16:06ça nous prend du temps
01:16:07effectivement
01:16:07c'est normal
01:16:08nous en tant que
01:16:08journaliste
01:16:09de service public
01:16:09de rendre des comptes
01:16:12entre guillemets
01:16:12et on ne prétend pas
01:16:13avoir une immunité
01:16:15quelconque
01:16:16mais c'est vrai
01:16:17qu'on rappelle
01:16:18quand même ce chiffre
01:16:18qui est important
01:16:19ces dix dernières années
01:16:21jamais
01:16:22complément d'enquête
01:16:23n'a été condamné
01:16:23sur le fond
01:16:24et jamais
01:16:25l'ARCOM
01:16:26ne nous a sanctionné
01:16:27non plus
01:16:27puisqu'il y a effectivement
01:16:28eu cette mise en garde
01:16:29concernant le reportage
01:16:31sur le Sénat
01:16:33mais qui n'est pas une sanction
01:16:34donc voilà
01:16:34on est très vigilant
01:16:36à ce que ça continue
01:16:37merci beaucoup
01:16:42pardon
01:16:42madame
01:16:43d'Isadé
01:16:43pour deux minutes
01:16:44merci monsieur le président
01:16:46avant de passer à la question
01:16:47je voudrais revenir
01:16:48sur le début
01:16:49de cette audition
01:16:50je remercie le président
01:16:52qui par ses questions précises
01:16:54a permis
01:16:55de mettre en lumière
01:16:57votre point de vue
01:16:58et un nouvel élément
01:16:59que vous allez porter
01:16:59à notre connaissance
01:17:00sur la question
01:17:02de ce témoin
01:17:03qui aurait prétendu
01:17:05auprès de madame la ministre
01:17:06à être payée
01:17:07c'est ce qu'elle nous a affirmé
01:17:08sous serment
01:17:09vous avez affirmé le contraire
01:17:10il y a donc deux versions
01:17:11contradictoires
01:17:11et je le dis ici
01:17:12à monsieur le président
01:17:13au nom du groupe socialiste
01:17:15je vous ai fait parvenir
01:17:16un courrier là à l'instant
01:17:17pour que vous puissiez
01:17:17agir de manière très concrète
01:17:19et saisir le procureur
01:17:21au titre de l'article 40
01:17:22je pense qu'il n'y a pas
01:17:23beaucoup de thermomètres
01:17:24madame la disait
01:17:25je veux juste préciser
01:17:26j'ai bien pris note
01:17:27de votre courrier
01:17:27je le redis
01:17:28j'ai donc demandé
01:17:29parce que j'ai vu
01:17:30que certains médias
01:17:31l'avaient tourné
01:17:33un peu différemment
01:17:33notamment ceux qui ont
01:17:34un fil d'actualité en direct
01:17:36j'ai demandé
01:17:37c'est mon pouvoir
01:17:37et pour le coup
01:17:38pas celui du rapporteur
01:17:39que vous communiquiez
01:17:40au bureau de cette commission
01:17:41à monsieur Milano Dupont
01:17:42l'email
01:17:43parce qu'on n'est pas
01:17:43dans un cadre
01:17:44on n'est pas dans le cadre
01:17:45de documents
01:17:46que le rapporteur
01:17:47viendrait demander
01:17:47à France Télévisions
01:17:48c'est différent
01:17:49donc je vous demande
01:17:49de communiquer
01:17:50cet email
01:17:51le rapporteur
01:17:53et moi-même
01:17:54au nom de cette commission
01:17:56allons demander
01:17:57de manière tout à fait
01:17:59officielle
01:18:00là dans le cadre
01:18:01des pouvoirs
01:18:02confiés au rapporteur
01:18:03dans cette commission d'enquête
01:18:04et au bureau
01:18:04de la commission d'enquête
01:18:05et au président
01:18:06de la commission d'enquête
01:18:06à madame la ministre
01:18:07de la culture
01:18:07de produire les documents
01:18:09qu'elle a mentionnés
01:18:10dans son intervention
01:18:12et donc à partir de là
01:18:14c'est pour ça que
01:18:14je ne vais pas utiliser
01:18:16l'article 40
01:18:17dès maintenant
01:18:17je demande d'abord
01:18:18communication de l'email
01:18:20à l'équipe
01:18:21de complément d'enquête
01:18:21je demande à madame
01:18:22la ministre de la culture
01:18:23de nous produire
01:18:24les documents
01:18:25et en fonction
01:18:26de ces éventuels documents
01:18:27de votre éventuel email
01:18:30en fonction des éléments
01:18:31qu'on nous communiquera
01:18:32ou qu'on ne nous communiquera pas
01:18:33ça sera mon devoir
01:18:36et ma responsabilité
01:18:37de président
01:18:37et moi seul
01:18:39comme président
01:18:39de saisir
01:18:40l'autorité judiciaire
01:18:42le cas échéant
01:18:43pour qu'elle engage
01:18:44le moment venu
01:18:45et s'il y a lieu d'être
01:18:47des poursuites pénales
01:18:48voilà
01:18:49allez-y pour votre question
01:18:51pardon du coup
01:18:52j'étais un peu long
01:18:52madame Dizadé
01:18:53je vous laisse deux minutes
01:18:53pour votre question
01:18:54et vous le verrez
01:18:54c'est le sens du courrier
01:18:55on ne vous demande pas saisir
01:18:56on vous demande de poursuivre
01:18:58cette investigation
01:18:59avec monsieur le rapporteur
01:19:00c'est des accusations
01:19:02très graves
01:19:02et très sérieuses
01:19:03qui ont été prononcées
01:19:04à l'encontre de journalistes
01:19:05et ça m'amène à ma question
01:19:07je pense qu'il n'y a pas
01:19:0836 thermomètres
01:19:10pour mesurer la bonne santé
01:19:11d'une démocratie
01:19:11un des thermomètres
01:19:13c'est le bien-être
01:19:14des journalistes
01:19:15en particulier
01:19:16ceux qui mènent
01:19:17un travail d'investigation
01:19:18vous avez parlé
01:19:19de menaces
01:19:20d'agressions
01:19:21d'intimidations
01:19:22et vous avez employé
01:19:23un mot très fort
01:19:23les procédures Bayon
01:19:24je voudrais connaître
01:19:27en deux minutes
01:19:28c'est un peu court
01:19:29mais
01:19:29est-ce que notre démocratie
01:19:33va bien
01:19:34en ce moment
01:19:34est-ce que vous avez
01:19:35davantage de menaces
01:19:36d'intimidations
01:19:37et d'agressions
01:19:38aujourd'hui
01:19:39plus qu'hier
01:19:41est-ce que vous sentez
01:19:42qu'il y a une montée
01:19:43de ces agressions-là
01:19:44est-ce que vous vous sentez
01:19:44protégé
01:19:45par votre direction
01:19:46et aussi par le pouvoir politique
01:19:48et concernant les procédures Bayon
01:19:49que pouvons-nous faire
01:19:52nous
01:19:52de votre point de vue
01:19:53nous législateurs
01:19:55pour vous protéger
01:19:57vous
01:19:57journalistes d'investigation
01:19:58mais aussi
01:19:59vous l'avez mentionné
01:19:59d'autres journalistes
01:20:00dans de plus petites rédactions
01:20:01parce qu'il me semble
01:20:03qu'il y a les menaces
01:20:04c'est une réalité
01:20:04mais les procédures Bayon
01:20:06c'est une censure
01:20:07des médias
01:20:08encore plus insidieuse
01:20:09que les menaces
01:20:10ou les intimidations
01:20:11puisque ça revient
01:20:12à exercer une forme
01:20:13d'auto-censure
01:20:14et c'est aussi
01:20:14une menace
01:20:15très sérieuse
01:20:16pour notre démocratie
01:20:17Merci
01:20:19Alors à la question
01:20:20est-ce que notre direction
01:20:21nous protège
01:20:22je le dis sous serment
01:20:23et de manière très solennelle
01:20:24oui
01:20:25et on sait que ça coûte
01:20:28il faut un certain courage
01:20:30et ça coûte aussi de l'argent
01:20:31je le disais en propos liminaire
01:20:32le portrait sur Vincent Bolloré
01:20:34il a coûté plusieurs centaines
01:20:35de milliers d'euros
01:20:36de frais de justice
01:20:37alors que nous avons gagné
01:20:38c'est-à-dire que même
01:20:38les frais de justice
01:20:39qui ont dû nous être remboursés
01:20:42par monsieur Bolloré
01:20:42au final
01:20:43ne représentent vraiment pas grand chose
01:20:44c'est quelque chose
01:20:45que j'ai appris
01:20:45je pensais un peu naïvement
01:20:46que quand on gagnait un procès
01:20:48on nous remboursait
01:20:48les frais de justice
01:20:49bon en réalité
01:20:49on nous en rembourse
01:20:51une toute petite partie
01:20:52donc c'est vrai qu'aujourd'hui
01:20:53ça tient beaucoup aux personnes
01:20:55qui sont à la tête de France Télévisions
01:20:56et qui ont ce courage
01:20:57de défendre le journalisme d'investigation
01:20:59parce qu'on sait que
01:21:01bah oui ça rapporte
01:21:03des soucis
01:21:04des procès
01:21:05et qu'on a heureusement
01:21:06un service juridique
01:21:07aujourd'hui
01:21:08qui est capable
01:21:09de nous défendre
01:21:09mais c'est vrai que
01:21:10dans des plus petites structures
01:21:12ou avec peut-être
01:21:13une direction différente
01:21:14ce serait peut-être plus compliqué
01:21:15c'est à dire
01:21:15bon bah écoutez
01:21:16vous commencez à nous coûter
01:21:18un peu cher
01:21:18avec vos procès
01:21:20donc vraiment
01:21:20on leur en est
01:21:21infiniment reconnaissant
01:21:23après sur l'atmosphère
01:21:24oui
01:21:25on sent une espèce
01:21:26de sale image
01:21:27de la société
01:21:28une sorte de
01:21:28je ne suis pas là
01:21:29pour faire des grands
01:21:30débats philosophiques
01:21:32économiques
01:21:34sociologiques
01:21:34politiques
01:21:35mais oui
01:21:35on sent
01:21:36nous en tant que journaliste
01:21:37de terrain
01:21:37une espèce de tension
01:21:39qui est parfois difficile
01:21:40le fait qu'on soit
01:21:42parfois accusé à tort
01:21:44de justement
01:21:45de monnayer un témoin
01:21:46là c'est pas la première fois
01:21:47moi ça m'était déjà arrivé
01:21:48pour une enquête
01:21:49enfin pour d'autres enquêtes
01:21:50on a déjà été accusé à tort
01:21:52d'avoir rémunéré des témoins
01:21:53et c'était faux
01:21:55et ça a été démontré
01:21:56et la justice a démontré
01:21:57que c'était faux
01:21:57mais là
01:21:59on a reçu
01:22:00plein de messages
01:22:01on a même un député
01:22:03qui suite aux déclarations
01:22:05de la semaine dernière
01:22:06a tweeté
01:22:06que complément d'enquête
01:22:08faisait du gangstérisme
01:22:09journalistique
01:22:10ce sont des mots
01:22:11qui sont très forts
01:22:12et qui
01:22:12oui
01:22:13je pense que Louis
01:22:14pourra peut-être
01:22:15vous en dire quelque chose
01:22:16mais c'est difficile
01:22:17quand on est accusé
01:22:17même de faire des faux montages
01:22:19ou autre
01:22:19on est parfois
01:22:21accusé
01:22:22dans notre déontologie
01:22:23dans nos méthodes
01:22:24alors qu'on a le souci
01:22:25de bien faire les choses
01:22:26on n'est pas parfait
01:22:26parfois on peut
01:22:27faire les choses
01:22:28imparfaitement
01:22:29je ne prétends vraiment pas ça
01:22:30on se remet toujours en question
01:22:31et ce n'était pas que des mots
01:22:32tout à l'heure
01:22:32quand je le disais
01:22:33mais voilà
01:22:35cette espèce de pression
01:22:37avec ces fake news
01:22:38qui peuvent circuler
01:22:39sur nos méthodes
01:22:39sont parfois
01:22:41un peu difficiles à vivre
01:22:43merci beaucoup
01:22:45pour vos réponses
01:22:46monsieur Belkir Beladat
01:22:47pour une minute
01:22:48merci monsieur le président
01:22:52quant à moi
01:22:53je n'ai jamais été
01:22:54journaliste
01:22:55ni même participé
01:22:57à l'une de vos émissions
01:22:59encore moins
01:22:59d'être sur
01:23:00le fauteuil rouge
01:23:02toi non plus je crois
01:23:03ça vient d'Aram
01:23:04même si ce n'est pas toujours
01:23:05bon signe
01:23:06ça viendra
01:23:07même si ce n'est pas toujours
01:23:08très bon signe
01:23:08tout à fait
01:23:10merci d'être présent
01:23:12à cette commission d'enquête
01:23:13et d'avoir sérieusement préparé
01:23:15ça démontre le respect
01:23:16que vous avez également
01:23:17de la représentation nationale
01:23:20et je vous remercie pour cela
01:23:23une commission d'enquête
01:23:25commandée par l'extrême droite
01:23:27pour à mon sens
01:23:29démonter l'audiovisuel public
01:23:32et c'est un combat culturel
01:23:33et en tout cas
01:23:35qui a été engagé
01:23:36par l'extrême droite
01:23:37il suffit simplement
01:23:38de reprendre
01:23:39le questionnement
01:23:40des uns et des autres
01:23:41que ce soit
01:23:41de monsieur le rapporteur
01:23:43ou d'autres parlementaires
01:23:44ici présents
01:23:45sur les questions
01:23:46d'immigration
01:23:47votre indépendance
01:23:49dans votre travail journalistique
01:23:50à l'abri d'éventuelles pressions
01:23:52de toute dépendance financière
01:23:53est nécessaire
01:23:55pour que vos émissions
01:23:55ou reportages
01:23:56ne soient pas l'objet
01:23:57d'accusations
01:23:58d'orientation politique
01:23:59ou de parti pris
01:24:00même si moi-même
01:24:02j'aurais pu vous faire
01:24:03grief
01:24:04de critiques
01:24:06sur l'émission
01:24:07concernant l'Algérie
01:24:08j'étais anciennement
01:24:09président du groupe d'amitié
01:24:10je trouvais
01:24:10il n'y avait pas que moi
01:24:12qui l'a ressenti
01:24:14une certaine forme
01:24:15d'acharnement
01:24:16sur l'Algérie
01:24:20je suis un fervent défenseur
01:24:22de l'amitié
01:24:22franco-algérienne
01:24:25et prendre
01:24:25pour exemple
01:24:27d'opposants
01:24:28Amir Desaides
01:24:29c'est un peu tiré
01:24:31par les cheveux
01:24:32des opposants
01:24:33il y en a
01:24:34voilà
01:24:35et je ne suis pas sûr
01:24:37que ça a été
01:24:37le meilleur
01:24:38des ambassadeurs
01:24:39et des opposants
01:24:41au régime
01:24:42algérien
01:24:44mais c'est vraiment
01:24:45un sentiment
01:24:45vous l'avez dit
01:24:46vous-même
01:24:47votre travail
01:24:48il est forcément
01:24:49imparfait
01:24:50il est humain
01:24:50voilà
01:24:51et je voulais
01:24:51vous en faire part
01:24:53je voulais vous poser
01:24:54une question
01:24:55concernant
01:24:55les moyens nécessaires
01:24:57dont vous disposez
01:25:00dans le cadre
01:25:00de votre travail
01:25:01d'investigation
01:25:02est-ce qu'il vous est arrivé
01:25:04de renoncer
01:25:05à certaines enquêtes
01:25:07faute de moyens financiers
01:25:08voire même
01:25:09on l'a évoqué
01:25:10tout à l'heure
01:25:10de pression
01:25:12bien en amont
01:25:13d'un certain sujet
01:25:15qui pourrait être
01:25:18délicat à traiter
01:25:19merci à vous
01:25:20merci
01:25:20monsieur Belabdad
01:25:21nous rejoint
01:25:22cette commission
01:25:22donc il ne sait pas
01:25:23que ces questions
01:25:24durent une minute
01:25:24on ne lui entraînera
01:25:26pas rigueur
01:25:27pour cette première fois
01:25:28on lui permet
01:25:29d'avoir été un peu long
01:25:30et je vous laisse
01:25:30répondre rapidement
01:25:31merci
01:25:31je vais vous répondre
01:25:33et je vais vous répondre
01:25:33succinctement
01:25:34donc pour vous dire
01:25:36que heureusement
01:25:37on peut encore
01:25:39continuer à faire
01:25:40de l'investigation
01:25:41à France Télévisions
01:25:42on peut faire
01:25:43traiter tous les sujets
01:25:44c'est ce que vous disiez
01:25:45Tristan tout à l'heure
01:25:47on peut traiter
01:25:48tous les sujets
01:25:48on a encore
01:25:49les moyens de le faire
01:25:50on fait très attention
01:25:51effectivement
01:25:52parce que
01:25:52il y a des restrictions
01:25:54budgétaires
01:25:55et on fait attention
01:25:55à chaque euro dépensé
01:25:57mais on a la chance
01:25:59et j'espère que
01:26:00vous le voyez
01:26:00quand vous regardez
01:26:01complément d'enquête
01:26:02tous les jeudis soir
01:26:04on a la chance
01:26:04de pouvoir
01:26:05traiter de tous les sujets
01:26:06de les traiter bien
01:26:08de façon fouillée
01:26:09et rigoureuse
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