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  • há 2 dias
França: ministra da Defesa questiona se Rússia quer realmente paz com Ucrânia

A ministra francesa das Forças Armadas disse à Euronews que, depois do que viu numa recente visita à Ucrânia, questiona se a Rússia quer mesmo a paz. Sublinhou, contudo, a importância de manter o diálogo com Moscovo.

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00:05Transcrição e Legendas por Quintena Coelho
00:30Mme la Ministre, merci d'être avec nous aujourd'hui.
00:33Bonjour.
00:34Alors commençons par la situation en Ukraine.
00:37Êtes-vous convaincue que les négociations menées sous l'égide des Etats-Unis aboutiront à un accord de paix définitif
00:45?
00:45Alors déjà je vais peut-être vous parler de la situation en Ukraine parce que j'étais samedi, il y
00:51a donc 5 jours, j'étais en Ukraine à l'invitation de mon collègue, le nouveau ministre Michael Fedorov.
00:57Et avec lui je suis allée sur une base à l'extérieur de Kiev, j'ai rencontré le président Zelensky,
01:04j'ai beaucoup écouté également mon collègue et j'ai surtout mesuré qu'aujourd'hui il y a 3 heures
01:11d'électricité par jour à Kiev,
01:13qu'il y a toutes les nuits des missiles, des drones et que réellement il y a une nécessité à
01:21apporter des réponses.
01:22Dans un pays dont je veux souligner l'extrême résilience, j'ai aussi visité une entreprise qui fabrique 5000 drones
01:31par mois en pleine situation de guerre.
01:34Donc vous voyez un pays totalement mobilisé que rien n'arrête. Mais pour répondre à votre question, quand vous assistez
01:42à des alertes, comme je l'ai vu,
01:44la nuit où j'ai voyagé entre la Pologne et Kiev, il y a eu à l'ouest des alertes
01:51et il y a eu des attaques pour faire tomber une fois encore les ressources énergétiques.
01:56Et dans le train du retour à Liv, il y avait là aussi encore des alertes. Donc c'est une
02:02réalité de tous les jours. Et donc on se dit, est-ce que réellement les Russes ont envie d'aller
02:09vers la paix
02:10quand on voit cette situation ? Pour autant, je souligne évidemment tous les efforts qui sont conduits par les États
02:18-Unis avec l'Ukraine pour parler avec les Russes.
02:23Et je dis aussi qu'il est important que les Européens soient associés parce que, vous le savez, notamment avec
02:30la coalition des volontaires,
02:32nous serons là pour garantir, dès lors qu'il y aura un arrêt des hostilités, un cessez-le-feu ou
02:39mieux un accord de paix, nous serons là pour garantir ces conditions de sécurité.
02:42Sur le plan personnel, je pense que c'était votre première visite en Ukraine en tant que ministre.
02:49Quelle était l'ambiance là-bas ? Quelles sont vos impressions ? Les Ukrainiens sont à bout de souffle, déterminés
02:56?
02:56Ils sont extraordinaires de résilience. C'est-à-dire que dans la rue d'Ankiv, vous n'avez pas l
03:01'impression, la journée, vous n'avez pas l'impression d'être dans un pays en guerre
03:06tellement ils avancent. En revanche, la nuit, vous voyez bien des immeubles entiers pas éclairés.
03:14Et là, vous vous rendez compte, vous avez des gens qui vivent chez eux avec 5-6 degrés.
03:19Il faisait moins froid parce qu'il neigeait. Il a neigé toute la journée. Il y avait 40 cm de
03:26neige dans Kiff.
03:273 jours avant, il faisait moins 20. Et je crois que là, en début de semaine, il a de nouveau
03:32fait très froid.
03:33Donc des conditions pour la population très difficiles. Mais le vice-ministre en charge des relations avec l'Europe me
03:40dit
03:40« Mais vous savez, l'époque où Napoléon pensait que sans ressources, on fait tomber une population, c'est terminé.
03:49Nous sommes capables d'affronter ça. Les gens assument cette situation. Et vraiment, je veux souligner la très grande résilience
03:59de la population ukrainienne. »
04:01Et au niveau de l'armement, qu'est-ce qui manque le plus aux Ukrainiens ?
04:04« Le sujet, c'est vraiment le combat dans le ciel. Et c'est la première chose que m'a
04:10demandé le président Zelensky, c'était d'être le relais du besoin de missiles.
04:15Là, je sors d'une réunion dans le cadre du rendez-vous netto d'aujourd'hui. Notre, avec Marc Routteux,
04:24le secrétaire général,
04:25ce que nous avons fait aujourd'hui, c'est un tour de table de l'ensemble des ministres présents, avec
04:31une première question qui était
04:32« Comment convaincre votre Premier ministre d'aller plus loin ? » Alors moi, mon Premier ministre, c'est l
04:36'ancien ministre de la Défense, Sébastien Lecornu.
04:39Donc autant vous dire qu'il connaît les sujets. C'est lui qui a fait le budget. On est en
04:42hausse de 13%.
04:43Mais derrière, il faut que chaque pays européen se rende compte que la défense de l'Ukraine, c'est notre
04:50défense européenne.
04:51Voilà, justement, lors de vos voeux aux armées, vous avez plaidé pour une mise en place d'une force multinationale
04:58pour l'Ukraine.
04:59Qui doit y participer et comment ?
05:02Vous savez, je crois qu'il est important que l'ensemble des Européens comprennent que la sécurité du continent,
05:11elle est incontestablement liée à la sécurité de l'Ukraine. C'est la première fois depuis 1945 que nous avons
05:19une situation de conflit sur notre continent.
05:22À partir de là, c'est tout le sens de ce que l'on fait au sein de l'Alliance.
05:28Mais c'est aussi tout le sens de ce que l'on fait au sein de l'Union européenne.
05:31Nous avions une réunion des ministres de la Défense européenne. Et notre principal sujet, c'était l'aide à l
05:37'Ukraine.
05:37Et quand le président Macron, avec l'année dernière le premier ministre anglais Steinmeier, ont travaillé sur la coalition des
05:47volontaires,
05:48c'était bien cette volonté d'apporter des réponses en matière de surveillance aérienne, de surveillance maritime, de régénération des
05:56forces ukrainiennes.
05:57Et ça, ça se fait avec l'ensemble des pays européens qui s'engagent et qui participent.
06:02Alors, le président de la République ainsi que le chef d'état-major ont régulièrement évoqué une possible guerre avec
06:09la Russie.
06:10Est-ce que vous partagez ces craintes ou est-ce que c'est un peu alarmiste quand même ?
06:14Vous savez, la question qui se pose, à partir du moment où nous avons un conflit sur le continent européen,
06:20la question, c'est de dire que nous devons nous préparer à un conflit de haute intensité.
06:27Le meilleur moyen d'éviter un conflit, c'est de se préparer à ce conflit.
06:33Et c'est ce que nous faisons.
06:34C'est la raison pour laquelle la France a l'armée d'Europe qui est la plus entraînée.
06:39Nous avons un maintien en condition opérationnelle de l'ensemble de nos armées.
06:44Et vous savez aussi que la France a la particularité, et c'est une doctrine constante depuis le début des
06:50années 60.
06:51Nous articulons une dissuasion nucléaire aéroportée et navale opérationnelle,
06:58avec en parallèle, évidemment, une organisation de défense conventionnelle, tout aussi opérationnelle.
07:08Et ma responsabilité du ministre des Armées, c'est que le président de la République française,
07:14chef des armées, ait à sa disposition tous les outils dont il a besoin,
07:19parce que pour être respecté, il faut être craint.
07:22Est-ce que vous êtes pour une armée européenne professionnelle ?
07:26Vous savez, moi, je pense qu'aujourd'hui, nous sommes, nous, un pays qui a fait le choix d'avoir
07:33une armée professionnelle,
07:34qui fait le choix d'élargir son format d'armée avec deux approches nouvelles.
07:39La première, c'est la réserve volontaire.
07:41Nous avons 50 000 volontaires qui viennent périodiquement apporter leurs compétences.
07:48Ça peut être un journaliste qui va faire de la communication,
07:51comme ça peut être un boulanger qui va venir faire du pain,
07:53ou un cyber qui va venir participer à la réflexion sur le conflit de demain.
07:58Et puis, nous venons, c'est tout nouveau, le président de la République l'a annoncé au mois de novembre,
08:03et j'ai lancé le recrutement au mois de janvier,
08:06nous venons de lancer le service national, qui est un service volontaire,
08:11qui s'adresse aux jeunes entre 18 et 25 ans, garçons, filles, uniquement sur du volontariat.
08:18Ils sont sélectionnés, et notre volonté, c'est de rapprocher le lien entre la nation et son armée,
08:26expliquer ce qu'est être citoyen, les valeurs de la République, et comment on s'engage dans sa République.
08:32Est-ce que vous êtes d'accord avec le secrétaire général Marc Rutte,
08:36qui a dit que la défense en Europe ne sera pas possible sans les États-Unis ?
08:40Moi, je crois que ce qui est important, c'est qu'incontestablement, l'Europe porte sa sécurité,
08:49c'est ce à quoi nous invitent les États-Unis, pour autant les États-Unis sont nos alliés.
08:55Notre histoire en France avec les États-Unis, elle a 250 ans.
08:59Donc nous sommes d'abord des alliés, pas toujours totalement alignés,
09:04mais en aucun cas des alliés, et des alliés qui ont capacité à travailler ensemble.
09:08Alors, on a beaucoup parlé récemment en Europe du moteur franco-allemand,
09:13qui est au ralenti à peu près, et au niveau d'armement,
09:18le sujet qui fâche, c'est le fameux SCAF, le système de combat aérien du futur,
09:25projet phare de la défense européenne.
09:28Alors récemment, le président Macron a dit que le projet n'est pas mort,
09:32mais il ne semble pas très vivant non plus.
09:36Alors, où en est ?
09:36Il y a d'abord un sujet extrêmement intéressant,
09:40qui est ce qu'ont voulu à l'époque la chancelière et le président Macron,
09:46qui était cette idée, finalement, du cloud de combat.
09:49Et vous voyez, on revient sur cette notion que finalement,
09:52un des enjeux majeurs, c'est le ciel.
09:55À partir de là, il y a plusieurs piliers dans ce projet,
09:58et s'il y a un sujet qui pose effectivement des difficultés,
10:04c'est le sujet du porteur, sur lequel il y a, au moment où nous nous parlons,
10:08des difficultés entre les industriels, sur ce porteur.
10:13Les uns estimant qu'il y a un secret industriel fort,
10:17les autres considérant qu'il y a nécessité à pouvoir partager un certain nombre de données.
10:23Ça, c'est le sujet autour du porteur.
10:26Derrière, il y a un travail qui se fait autour du cloud de combat,
10:30où là, les industriels ont trouvé les voies et les moyens de travailler ensemble.
10:35Notre responsabilité, ma responsabilité, comme celle de mon collègue et ami Boris Pistorius,
10:39c'est de regarder comment nous pouvons avancer,
10:42parce que moi, la certitude que j'ai, c'est qu'on a besoin d'avancer sur demain,
10:47une réponse en matière de cloud de combat.
10:50Comment mieux organiser la défense en Europe sans les États-Unis ?
10:53Alors, on a beaucoup parlé sur la position de Donald Trump.
10:56Est-ce qu'il va abandonner l'OTAN ?
10:58Est-ce qu'il va se retirer ?
10:59Ou affaiblir sa position au sein de l'OTAN ?
11:04Quel est votre sentiment ?
11:06Vous savez, ce matin, M. Colby était parmi nos travaux.
11:10Son discours, ce matin, n'a pas été de nous dire qu'il partait.
11:12Son discours a été plutôt de nous dire qu'il y a une nécessité
11:17que les Européens prennent la responsabilité première de leur défense
11:22et que les États-Unis seraient à leur côté.
11:25Ce qui veut donc dire que nous avons en responsabilité à assurer notre défense,
11:31ce qui n'empêche que les États-Unis peuvent encore être à nos côtés
11:36dès lors que nous montrons notre volonté à apporter cette organisation de la défense européenne.
11:43Donc, je crois que vraiment, ma conclusion de ces deux jours,
11:47c'est vraiment de dire message reçu et nous sommes en train de travailler sur le sujet.
11:51– Belle conclusion, Mme la Ministre. Merci beaucoup de nous avoir rejoints.
11:54– Merci pour votre accueil.
11:55– Merci beaucoup.
11:57– Sous-titrage Société Radio-Canada
11:58
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