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  • 11 hours ago
تردید وزیر دفاع فرانسه درباره تمایل واقعی روسیه به صلح با اوکراین

وزیر دفاع فرانسه به یورونیوز گفت بر اساس آنچه در سفر اخیرش به اوکراین دیده، تردید دارد روسیه خواهان صلح باشد و در عین حال بر ضرورت ادامه گفت‌وگو با مسکو تاکید کرد.

لب بیشتر : http://parsi.euronews.com/2026/02/12/french-defence-minister-questions-whether-russia-really-wants-peace-with-ukraine

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Transcript
00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans l'émission.
00:11Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir pour 12 minutes la ministre française de l'armée et des anciens
00:16combattants, Catherine Vautrin,
00:18pour justement décrypter la défense et la sécurité en Europe.
00:22Une Europe qui se trouve de plus en plus prise en étau entre une Russie agressive et des Etats-Unis
00:29imprévisibles.
00:30Madame la ministre, merci d'être avec nous aujourd'hui.
00:33Bonjour.
00:34Alors commençons par la situation en Ukraine.
00:37Êtes-vous convaincue que les négociations menées sous l'égide des Etats-Unis aboutiront à un accord de paix définitif
00:45?
00:45Alors déjà, je vais peut-être vous parler de la situation en Ukraine parce que j'étais samedi, il y
00:51a donc cinq jours, j'étais en Ukraine,
00:53à l'invitation de mon collègue, le nouveau ministre Michael Fedorov.
00:57Et avec lui, je suis allée sur une base à l'extérieur de Kiev.
01:02J'ai rencontré le président Zelensky, j'ai beaucoup écouté également mon collègue.
01:07Et j'ai surtout mesuré qu'aujourd'hui, il y a trois heures d'électricité par jour à Kiev, qu
01:14'il y a toutes les nuits des missiles, des drones,
01:17et que réellement, il y a une nécessité à apporter des réponses.
01:22Dans un pays dont je veux souligner l'extrême résilience, j'ai aussi visité une entreprise qui fabrique 5000 drones
01:31par mois en pleine situation de guerre.
01:34Donc vous voyez un pays totalement mobilisé que rien n'arrête.
01:38Mais pour répondre à votre question, quand vous assistez à des alertes, comme je l'ai vu, la nuit où
01:45j'ai voyagé entre la Pologne et Kiev,
01:48il y a eu à l'ouest des alertes et il y a eu des attaques pour faire tomber une
01:54fois encore les ressources énergétiques.
01:56Et dans le train du retour à Liv, il y avait là aussi encore des alertes.
02:01Donc c'est une réalité de tous les jours. Et donc, on se dit, est-ce que réellement, les Russes
02:08ont envie d'aller vers la paix quand on voit cette situation ?
02:12Pour autant, je souligne évidemment tous les efforts qui sont conduits par les États-Unis avec l'Ukraine pour parler
02:22avec les Russes.
02:23Et je dis aussi qu'il est important que les Européens soient associés parce que, vous le savez, notamment avec
02:30la coalition des volontaires,
02:32nous serons là pour garantir, dès lors qu'il y aura un arrêt des hostilités, un cessez-le-feu ou
02:39mieux un accord de paix,
02:40nous serons là pour garantir ces conditions de sécurité.
02:42Sur le plan personnel, je pense que c'était votre première visite en Ukraine en tant que ministre.
02:49Quelle était l'ambiance là-bas ? Quelles sont vos impressions ? Les Ukrainiens, ils sont à bout de souffle,
02:54déterminés ?
02:56Ils sont extraordinaires de résilience. C'est-à-dire que, dans la rue d'Ankiv, vous n'avez pas l
03:01'impression, la journée,
03:03vous n'avez pas l'impression d'être dans un pays en guerre tellement ils avancent.
03:09En revanche, la nuit, vous voyez bien des immeubles entiers pas éclairés.
03:14Et là, vous vous rendez compte, vous avez des gens qui vivent chez eux avec 5, 6 degrés.
03:19Il faisait moins froid parce qu'il neigeait. Il a neigé toute la journée.
03:24Il y avait 40 cm de neige d'Ankiv. 3 jours avant, il faisait moins 20.
03:30Et je crois que là, en début de semaine, il a de nouveau fait très froid.
03:33Donc des conditions pour la population très difficiles.
03:36Mais le vice-ministre en charge des relations avec l'Europe me dit,
03:40mais vous savez, l'époque où Napoléon pensait que sans ressources, on fait tomber une population,
03:48c'est terminé. Nous sommes capables d'affronter ça.
03:52Les gens assument cette situation.
03:55Et vraiment, je veux souligner la très grande résilience de la population ukrainienne.
04:00Et au niveau de l'armement, qu'est-ce qui manque le plus aux Ukrainiens ?
04:04Le sujet, c'est vraiment le combat dans le ciel.
04:08Et c'est la première chose que m'a demandé le président Zelensky,
04:12c'était d'être le relais du besoin de missiles.
04:15Là, je sors d'une réunion dans le cadre du rendez-vous netto d'aujourd'hui.
04:22Notre, avec Marc Routteux, le secrétaire général,
04:25ce que nous avons fait aujourd'hui, c'est un tour de table de l'ensemble des ministres présents,
04:30avec une première question qui était,
04:32comment convaincre votre Premier ministre d'aller plus loin ?
04:35Alors moi, mon Premier ministre, c'est l'ancien ministre de la Défense, Sébastien Lecornu.
04:39Donc autant vous dire qu'il connaît les sujets.
04:40C'est lui qui a fait le budget, on est en hausse de 13%.
04:43Mais derrière, il faut que chaque pays européen se rende compte
04:48que la défense de l'Ukraine, c'est notre défense européenne.
04:51Voilà, justement, lors de vos voeux aux armées,
04:55vous avez plaidé pour une mise en place d'une force multinationale pour l'Ukraine.
04:59Qui devait y participer et comment ?
05:02Vous savez, je crois qu'il est important que l'ensemble des Européens comprennent
05:08que la sécurité du continent, elle est incontestablement liée à la sécurité de l'Ukraine.
05:15C'est la première fois depuis 1945 que nous avons une situation de conflit sur notre continent.
05:22À partir de là, c'est tout le sens de ce que l'on fait au sein de l'Alliance,
05:27mais c'est aussi tout le sens de ce que l'on fait au sein de l'Union européenne.
05:31Nous avions une réunion des ministres de la Défense européenne
05:34et notre principal sujet, c'était l'aide à l'Ukraine.
05:38Et quand le président Macron, avec l'année dernière,
05:42le premier ministre Anglais Steinmeier, ont travaillé sur la coalition des volontaires,
05:48c'était bien cette volonté d'apporter des réponses en matière de surveillance aérienne,
05:53de surveillance maritime, de régénération des forces ukrainiennes.
05:57Et ça, ça se fait avec l'ensemble des pays européens
06:00qui s'engagent et qui participent.
06:02Le président de la République ainsi que le chef d'état-major
06:05ont régulièrement évoqué une possible guerre avec la Russie.
06:10Est-ce que vous partagez ces craintes ou est-ce que c'est un peu alarmiste quand même ?
06:14Vous savez, la question qui se pose,
06:16à partir du moment où nous avons un conflit sur le continent européen,
06:20la question, c'est de dire que nous devons nous préparer à un conflit de haute intensité.
06:27Le meilleur moyen d'éviter un conflit, c'est de se préparer à ce conflit.
06:33Et c'est ce que nous faisons.
06:34C'est la raison pour laquelle la France a l'armée d'Europe qui est la plus entraînée.
06:39Nous avons un maintien en condition opérationnelle de l'ensemble de nos armées.
06:44Et vous savez aussi que la France a la particularité.
06:47Et c'est une doctrine constante depuis le début des années 60.
06:51Nous articulons une dissuasion nucléaire aéroportée et navale opérationnelle
06:58avec en parallèle, évidemment, une organisation de défense conventionnelle,
07:05tout aussi opérationnelle.
07:08Et ma responsabilité du ministre des Armées,
07:11c'est que le président de la République française, chef des armées,
07:16est à sa disposition tous les outils dont il a besoin.
07:19Parce que pour être respecté, il faut être craint.
07:22Est-ce que vous êtes pour une armée européenne professionnelle ?
07:26Vous savez, moi, je pense qu'aujourd'hui, nous sommes, nous, un pays
07:30qui a fait le choix d'avoir une armée professionnelle,
07:34qui fait le choix d'élargir son format d'armée avec deux approches nouvelles.
07:39La première, c'est la réserve volontaire.
07:41Nous avons 50 000 volontaires qui viennent périodiquement apporter leurs compétences.
07:48Ça peut être un journaliste qui va faire de la communication,
07:51comme ça peut être un boulanger qui va venir faire du pain,
07:53ou un cyber qui va venir participer à la réflexion sur le conflit de demain.
07:58Et puis, nous venons, c'est tout nouveau,
08:00le président de la République l'a annoncé au mois de novembre,
08:03et j'ai lancé le recrutement au mois de janvier,
08:06nous venons de lancer le service national,
08:09qui est un service volontaire,
08:11qui s'adresse aux jeunes entre 18 et 25 ans,
08:14garçons, filles, uniquement sur du volontariat.
08:18Ils sont sélectionnés,
08:19et notre volonté, c'est de rapprocher le lien entre la nation et son armée,
08:26expliquer ce qu'est être citoyen,
08:29les valeurs de la République,
08:30et comment on s'engage dans sa République.
08:32Est-ce que vous êtes d'accord avec le secrétaire général Marc Rutte,
08:36qui a dit que la défense en Europe ne sera pas possible sans les États-Unis ?
08:40Moi, je crois que ce qui est important,
08:43c'est qu'incontestablement, l'Europe porte sa sécurité,
08:49c'est ce à quoi nous invitent les États-Unis,
08:52pour autant, les États-Unis sont nos alliés.
08:55Notre histoire en France avec les États-Unis,
08:57elle a 250 ans.
08:59Donc, nous sommes d'abord des alliés,
09:01pas toujours totalement alignés,
09:04mais en aucun cas des alliés,
09:06et des alliés qui ont capacité à travailler ensemble.
09:08Alors, on a beaucoup parlé récemment en Europe
09:11du moteur franco-allemand,
09:13qui est au ralenti, à peu près,
09:16et au niveau d'armement,
09:18le sujet qui fâche,
09:20c'est le fameux SCAF,
09:23le système de combat aérien du futur,
09:25projet phare de la défense européenne.
09:28Alors, récemment, le président Macron a dit
09:30que le projet n'est pas mort,
09:32mais il ne semble pas très vivant non plus.
09:36Alors, où en est ?
09:36Il y a d'abord un sujet extrêmement intéressant,
09:40qui est ce qu'ont voulu, à l'époque,
09:43la chancelière et le président Macron,
09:46qui était cette idée, finalement,
09:48du cloud de combat.
09:49Et vous voyez, on revient sur cette notion
09:51que, finalement, un des enjeux majeurs,
09:53c'est le ciel.
09:54À partir de là,
09:56il y a plusieurs piliers dans ce projet,
09:58et s'il y a un sujet qui pose,
10:01effectivement, des difficultés,
10:03c'est le sujet du porteur,
10:05sur lequel il y a, au moment où nous nous parlons,
10:08des difficultés entre les industriels,
10:11sur ce porteur,
10:13les uns estimant qu'il y a
10:15un secret industriel fort,
10:17les autres considérant qu'il y a nécessité
10:20à pouvoir partager un certain nombre de données.
10:22Ça, c'est le sujet autour du porteur.
10:26Derrière, il y a un travail qui se fait
10:28autour du cloud de combat,
10:30où là, les industriels ont trouvé les voies
10:32et les moyens de travailler ensemble.
10:34Notre responsabilité, ma responsabilité,
10:36comme celle de mon collègue et ami Boris Pistorius,
10:39c'est de regarder comment nous pouvons avancer,
10:42parce que, moi, la certitude que j'ai,
10:44c'est qu'on a besoin d'avancer sur, demain,
10:47une réponse en matière de cloud de combat.
10:50Comment mieux organiser la défense en Europe
10:52sans les États-Unis ?
10:53Alors, on a beaucoup parlé sur la position
10:55de Donald Trump.
10:56Est-ce qu'il va abandonner l'OTAN ?
10:58Est-ce qu'il va se retirer ?
10:59Ou affaiblir sa position au sein de l'OTAN ?
11:04Quel est votre sentiment ?
11:06Vous savez, ce matin, M. Colby était parmi nos travaux.
11:09Son discours, ce matin, n'a pas été de nous dire
11:12qu'il partait.
11:12Son discours a été plutôt de nous dire
11:15qu'il y a une nécessité que les Européens
11:19prennent la responsabilité première de leur défense
11:22et que les États-Unis seraient à leur côté.
11:25Ce qui veut donc dire que nous avons en responsabilité
11:29à assurer notre défense,
11:31ce qui n'empêche que les États-Unis
11:34peuvent encore être à nos côtés
11:36dès lors que nous montrons notre volonté
11:39à porter cette organisation de la défense européenne.
11:43Donc je crois que vraiment, ma conclusion de ces deux jours,
11:47c'est vraiment de dire message reçu
11:49et nous sommes en train de travailler sur le sujet.
11:52Belle conclusion, Mme la Ministre.
11:53Merci beaucoup de nous avoir rejoints.
11:54Merci pour votre accueil.
11:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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