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  • il y a 5 jours
Cette semaine, retour sur le Paris Grand Slam 2026, avec notamment la première médaille en Grand Slam, en bronze, pour la jeune Liz Ngelebeya, face à sa compatriote Audrey Tcheuméo, en -78kg. On évoquera également la saison en cours de Vandoeuvre Nancy en Saforelle Power 6, avec la réceptionneuse-attaquante du VNVB, Léïa Ratahiry.

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Sport
Transcription
00:00Bonjour et bienvenue dans le Club Sport en France où on est ravi de vous retrouver avec encore des invités exceptionnels.
00:15On reviendra sur des événements passés et on évoquera en fin d'émission évidemment le programme du week-end à venir.
00:21Le Club Sport en France, nouvelle émission dont voici le sommaire.
00:25Vous l'avez suivi ce week-end sur notre antenne, le Paris Grand Slam 2026 de judo évidemment,
00:31avec une pluie de médailles pour nos Françaises et nos Français, notamment du bronze pour Lise Nguélebeia
00:36qui décroche à 23 ans sa première grande médaille internationale.
00:40Elle est avec nous en plateau et on la remercie d'ores et déjà.
00:43Samedi soir, c'était la 20e journée de la Safforelle Power 6.
00:47Vendœuvre Nancy se déplacait à Cannes.
00:50C'est du volet évidemment pour un choc de haut de tableau.
00:52Victoire 3-7 à 2 du VNVB qui conforte sa deuxième place.
00:57On en reparlera avec Léa Ratailleri, la réceptionneuse attaquante du club
01:00et notre commentaire Bertrand Pêcheux qui sera avec nous en plateau.
01:05Voilà pour le sommaire de cette émission.
01:08Je suis ravi d'accueillir Lise avec sa magnifique médaille,
01:11non pas autour du cou mais juste posée devant elle.
01:12Bonjour Lise.
01:13Bonjour.
01:14Ça nous fait très plaisir, on a vécu cet événement en direct sur la chaîne.
01:17Juste une petite chose, aujourd'hui avoir une médaille comme ça,
01:22d'abord est-ce qu'on peut dire que c'est ton premier grand titre international ?
01:25Alors titre, ta première grosse médaille internationale ?
01:28Oui, du coup oui, on peut le dire.
01:30Et en plus à Bercy donc c'est super.
01:33Ça fait quoi ?
01:34Je suis fière de moi et ça encourage pour la suite.
01:39C'est un début.
01:41L'atmosphère du Paris Grand Slam c'est aussi exceptionnel ?
01:45Oui, exceptionnel, tu as tout le public pour toi et qui t'encourage franchement c'est incroyable.
01:51Neuf médailles au total, donc trois titres chez les féminines.
01:55Je voudrais qu'on rembobine un petit peu l'histoire Lise si tu le veux bien.
01:58Toi tu as 23 ans aujourd'hui, tu évolues dans la catégorie des mi-lourds.
02:02Comment a démarré cette histoire avec le judo ? Tu avais quel âge ?
02:06J'ai commencé à l'âge de 4 ans.
02:08Pourquoi le judo ? Pourquoi 4 ans ?
02:09J'étais beaucoup trop agitée, turbulente, j'aimais la bagarre.
02:16Donc mes parents m'ont mis dans un sport pour me canaliser et le judo.
02:21Tu te souviens de tes débuts ? Dans ta mémoire au plus loin, c'est quoi ? Tu avais quel âge ?
02:277, 6, 7 ans.
02:30Et j'ai commencé les compétitions mais j'étais en poids lourd.
02:34Et à Bordeaux j'ai commencé, à Florac exactement.
02:37Donc en Nouvelle-Aquitaine, je n'avais pas trop d'adversaires.
02:43Et donc ?
02:43Et donc en compétition, j'avais la médaille d'or.
02:47Sans combattre ?
02:47Sans combattre.
02:48Et donc il a fallu trouver une solution ?
02:50Oui.
02:52Et ils ont proposé à mon père de me faire combattre contre les garçons.
02:57Et ?
02:57Et je gagnais les combats au début contre les garçons.
03:01Donc à 6, 7 ans, tu combattais contre des garçons parce qu'on ne trouvait pas de filles.
03:05Et tu gagnais ?
03:06C'est ça.
03:07Il n'y avait pas trop de concurrentes à mon poids.
03:09Et tu te disais quoi ?
03:11J'avais honte.
03:12J'étais un peu gênée.
03:14De battre des garçons.
03:15Je n'osais pas en fait.
03:18Tu n'osais pas ?
03:18Tu n'assumais pas ?
03:19Oui, je n'assumais pas.
03:20C'est ça.
03:21Mais tu te souviens de ce que tu ressentais avant les combats, au moment des combats,
03:25contre ces garçons-là, à 7 ans ?
03:27Pas trop.
03:28Mais je me rappelle que je disais à ma mère, est-ce que je les bats ou je me laisse faire ou pas ?
03:34C'était un peu gênant.
03:35Je trouvais ça gênant de battre un garçon.
03:38Ok.
03:39Et est-ce que déjà à cet âge-là, tu avais…
03:41Alors, il y avait cette position qui te gênait ou qui te met dans une position,
03:45une approche psychologique différente.
03:49Mais est-ce que déjà, tu avais envie de gagner ?
03:52Oui, oui, oui.
03:53J'avais envie de gagner.
03:54La première compétition où je suis arrivée deuxième, j'ai dit à mon entraîneur, David Gonzales,
04:00que je voulais arrêter le judo.
04:02Et là, tu avais quel âge ?
04:03Je devais avoir 13 ans, je pense.
04:07Avant, tu as tout gagné.
04:08Oui.
04:08Première défaite, tu as dit « j'arrête ».
04:10Oui, je voulais arrêter.
04:11Tu te souviens de ces mots ?
04:12Oui, je m'en souviens.
04:12Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
04:13Il m'a dit « Non mais Lise, tu ne peux pas arrêter maintenant, ce n'est pas possible.
04:17» Parce que j'allais forcément reperdre dans ma vie et il fallait apprendre à accepter
04:24ça.
04:26À accepter, oui.
04:27À accepter qu'on peut perdre mais qu'on n'a pas envie de perdre.
04:29Oui, c'est ça.
04:30Est-ce que tu te souviens à quel âge tu as eu le déclic où tu t'es dit « le judo
04:35c'est mon truc ». Je ne te parle pas de te dire « ça sera ma carrière ».
04:39Oui.
04:40À quel âge tu t'es dit où tu as pris conscience de ta force, ta singularité, ton
04:45potentiel ?
04:46Je pense que c'est quand je suis rentrée au Pôle Espoir, à Lormont.
04:50En banlieue bordelaise.
04:51Oui, c'est ça.
04:52Donc là, tu as quel âge ? 14 ans ?
04:54Oui, 14, 15, je crois.
04:56Je ne me rappelle plus trop.
04:57Et là, je me suis dit « franchement, j'aime bien ça et je me trouvais pas mal. »
05:04Ici, j'avais été prise au Pôle Espoir.
05:07Pôle Espoir.
05:08C'est que j'avais un bon niveau.
05:10Et du potentiel.
05:11C'est ça.
05:12Donc, c'est plutôt les résultats qui t'ont confortée au fur et à mesure et qui
05:17t'ont donné cette confiance ?
05:18Oui.
05:19Et mes entraîneurs aussi.
05:20Bien sûr.
05:21Mes entraîneurs du Pôle Espoir et de mon club.
05:24La confiance, on l'a sans venir à partir de quel âge ? C'est quelque chose qui arrive
05:28à partir de quel âge ?
05:29Franchement, je ne saurais pas répondre à cette question.
05:33Je pense qu'elle n'est jamais totalement là, présente à 100%.
05:40Mais je dirais quand je suis rentrée au Pôle France, c'est-à-dire 18, 19 ans, on
05:47prend en maturité.
05:49Et automatiquement, on a plus confiance en soi.
05:51À quel âge tu t'es dit « je pourrais devenir judocate et ne faire que ça » ?
05:56Au Pôle France.
05:5818 ans.
06:00Avant, tu donnais tout ce que tu pouvais ?
06:02Oui, c'était plus comme un jeu.
06:04Là, ça allait toujours, je m'amuse toujours, mais je ne prenais pas les choses au sérieux
06:08comme aujourd'hui.
06:11Oui, aujourd'hui, c'est professionnel.
06:12C'est une structure, c'est une vie, c'est un métier, c'est une approche, c'est des
06:15sacrifices.
06:16Oui, c'est ça.
06:18Jeune, tu as eu cette notion de sacrifice ?
06:20Oui, quand même, parce que j'étais à l'internat, donc je quitte ma famille, mais
06:25ce n'est pas perçu pareil, parce que je suis avec mes amis aussi, d'un autre côté.
06:30On est à l'internat.
06:32Ça, c'était avant que tu montes à Paris, à l'INSEP ?
06:34Oui, c'est ça.
06:35Au Pôle Espoir et au Pôle France.
06:36J'étais à Bordeaux, donc ça allait.
06:41Mais une fois que je suis passée en Ile-de-France, à l'INSEP, là, tu sens vraiment que ça
06:47devient sérieux.
06:48Très sérieux.
06:49Et tu t'entraînes avec les plus fortes.
06:51Les plus fortes, donc...
06:52Donc, tu grammes toutes les catégories d'âge, tu deviens vice-champion de France
06:56chez les juniors.
06:57Tu es premier championnat du monde junior en octobre 2021.
07:01Tu te hisses en finale pour la médaille de bronze.
07:04Malheureusement, une défaite face à la brésilienne Elisa Ramos.
07:08Grande expérience.
07:09Tu te souviens de cette défaite ?
07:10Qu'est-ce que tu t'es dit ce jour-là ?
07:12Ce jour-là, c'était horrible parce que je me suis blessée lors de cette finale de bronze.
07:18Je me suis fait opérer des ligaments croisés.
07:21Donc, c'était...
07:23Donc, tu arrêtes sur blessure ou tu vas au bout du combat ?
07:26Non, non.
07:27En fait, dans la chute, je me fais mal aux genoux.
07:31Donc, elle marque et je me blesse.
07:35Et là, horrible.
07:37Défaite plus blessure, c'est un très mauvais souvenir.
07:41Est-ce que sans la blessure, il y aurait eu une possible victoire ?
07:45Je ne pense pas parce que je marque, elle remarque et ensuite, elle marque une seconde fois pendant la blessure.
07:56Donc, je pense que j'aurais perdu le combat dans tous les cas.
07:59Par la suite, tu vas vivre une année 2023 qui a été juste incroyable.
08:03Première sélection pour le Grand Slam de Paris.
08:06Oui.
08:07Tu t'en souviens ?
08:07Oui.
08:08Tu imagines quand on rentre dans cet entre du judo où toute la France te regarde et t'applaudit, il se passe un truc particulier ?
08:15J'ai été hyper stressée à cette compétition.
08:18Tu as 20 ans ?
08:19Oui.
08:19Et pareil, un bon mais mauvais souvenir en même temps parce que je rentre sur le tatami et mon combat a duré 4 secondes.
08:30Avec le recul, trop de stress ?
08:34Oui, beaucoup trop de stress.
08:36En fait, je regardais la salle, je n'étais pas concentrée et je n'étais pas dedans.
08:41Mais bon, c'est quand même de l'expérience et j'imagine que là, avec ce qui vient de se passer ce week-end, tu t'es dit que ça t'a servi ça ?
08:47Ah oui, ça c'est sûr.
08:48Tu as un premier tour que tu passes au Grand Slam d'Ulombator. L'été, il y a la participation aux Jeux de la francophonie. Premier Grand Slam à la maison en 2023. Bref, si on fait le récapitulatif de cette année, 2023 donc, c'est un truc de fou ?
09:03Oui. Un truc de fou, oui. 2023, Jeux de la francophonie, c'est ça ?
09:08Oui.
09:09Ça, c'était un truc de fou aussi parce que c'était dans mon pays d'origine.
09:12Exactement, on allait y venir.
09:13Oui. Et c'était la première fois que j'y allais.
09:16République démocratique du Congo, où tu n'avais jamais été ?
09:19Non.
09:20Mais ta famille était là ?
09:21Oui, c'est ça.
09:22Raconte-moi ce qui se passe. Il y a qui de ta famille d'abord ?
09:25Qui est en France ? Il y avait ma mère, mais elle s'est déplacée avec ma sœur pour me soutenir. Et sur place, qui habite là-bas, il y avait toute ma famille. Ma famille du côté de mon père, ma mère, tout.
09:37Truc de fou ?
09:38Oui, truc de fou. C'est la première fois que je les rencontre. Et ils étaient à fond derrière moi. T-shirt, pancarte.
09:46Et ça ne te met pas de pression pour autant ? Tu ne te dis pas, je suis un peu la porte-parole de la famille ?
09:53Ah si, quand même. Mais ce n'était pas de la pression. J'avais juste envie de les rendre fiers.
10:02De les rendre fiers. Donc là, c'était vraiment que du bonheur, que de la joie.
10:08Tu vas jusqu'en finale.
10:09Au final, des moins de 78 kilos, face à la canadienne Coralie Godbout. Tu plies l'affaire en 12 secondes, il pont.
10:17Qu'est-ce que c'est que ça ?
10:19Franchement, j'étais tellement dans mon combat, hyper concentrée. Et j'avais envie de finir sur une bonne note.
10:29Ça reste aujourd'hui un des plus beaux souvenirs ?
10:31Oui. Ah oui, largement. Vraiment, un magnifique souvenir. Et en fait, ce que j'avais vraiment aimé, c'est que toutes ces personnes-là, à travers juste ma passion, le judo, j'ai pu les rendre fiers et les faire rendre un moment inéguillable.
10:50Fiers, heureux, passer un moment incroyable et tout ça.
10:52C'est ça.
10:53Est-ce que ça t'a donné confiance, ça, dans ton judo ?
10:58Oui et non, parce qu'en fait, c'est pas le plus haut niveau que j'ai pu affronter. Donc, à part Coralie, qui est dans le circuit international, la canadienne, mais sinon, ça m'a pu donner un peu de fun.
11:14Enfin, j'étais contente, quoi.
11:15Du plaisir.
11:15Du plaisir. Oui, c'est ça.
11:16Tu vas enchaîner 2024 avec plusieurs Open et Grands Prix. Victoire à Marrakech, Madrid, finale pour le bronze à Zagreb, finale à Prague. Cette année 2024, on continue de grimper et d'acquérir de l'expérience ?
11:29Oui, c'est ça. Avec plusieurs Open pour préparer les Grands Prix et Grands Slams. Et en parlant de Grands Prix, j'ai réaffronté Coralie Godbout à Zagreb.
11:40Oui, et je mets exactement la même technique qu'au jeu de la Franco, sauf que je touche le sol avec ma tête. Donc, ça, c'est interdit au judo. Il y a Ippon, mais en dessous Koumaké.
11:53Donc, j'ai perdu.
11:57Explique-moi une chose. Il y a une chose qu'il faut que les téléspectateurs comprennent, c'est qu'on est dans un sport individuel. Même quand on combat en équipe, on est seul face à un adversaire.
12:09Comment on construit sa confiance, son expérience, sachant qu'il y a la tienne, mais il y a quelqu'un en face de toi qui, elle aussi, continue à acquérir de l'expérience ?
12:19Je pense que chacun a sa façon de faire, mais le plus important, c'est de se rendre compte des efforts qu'on fait au quotidien.
12:28Donc, quand tu regardes tous les entraînements que tu fais, tu te dis, allez, là, c'est le moment. Il ne faut pas que je stresse.
12:34Il y aura toujours du stress, mais foncer, ne pas trop réfléchir. Et on est accompagné des fois.
12:41Moi, je sais que j'ai un préparateur mental qui m'aide à gérer justement ce stress.
12:49Comment ? Des échanges ? On regarde des combats ?
12:52Des échanges, travail de respiration, le discours interne travaillait sur ça aussi.
12:58C'est quoi ?
12:59C'est ce qu'on se dit dans la tête pendant le combat.
13:05On a le temps de se dire des choses pendant le combat.
13:07Ah oui, oui.
13:08Par exemple, revenons là au week-end dernier et ta magnifique médaille de bronze face à Audrey Tchemeho.
13:14Tu te souviens de peut-être parler, de peut-être dire des choses ?
13:16Peut-être dans la dernière minute alors que tu mènes ?
13:18Oui, mais là, c'est positif.
13:20C'était positif.
13:20Et tu te dis quoi ?
13:22Ben, allez, là, tu y es. Il faut conclure la journée.
13:25Et tu t'entends te le dire ?
13:26Oui, là, je m'entends me le dire.
13:28Et ça, c'est encourageant aussi.
13:31Quand il est positif, c'est vraiment bien.
13:34Parce que parfois, c'est quoi le négatif, par exemple ?
13:37C'est, oh, je ne vais pas y arriver aujourd'hui ?
13:38Ou c'est quoi ?
13:39Oui, il peut être horrible des fois.
13:40C'est, qu'est-ce que tu fais là ?
13:42Non, mais c'est n'importe quoi.
13:46Je ne vais pas y arriver.
13:47Des fois, oui, ça arrive.
13:48Et c'est ça qui...
13:50Enfin, je trouve que ça, c'est le plus important de le chasser ou de le convertir en positif.
13:57Alors, comment tu fais quand tu te dis, dans une grande compétition, qu'est-ce que tu fais là ?
14:01Tu ne vas pas y arriver.
14:03Je reviens à l'essentiel.
14:04Je me dis que j'ai travaillé.
14:06C'est des vrais faits, quoi, des faits qui existent.
14:09Donc, je me dis que j'ai travaillé et que si, tu vas y arriver.
14:12Et tout ça, ça se fait en cinq secondes, même pas ?
14:14Non, même pas, oui.
14:15Oui, c'est prrr.
14:16Oui.
14:16Et c'est justement ça, avec le préparateur mental, qui te dit, je ne sais pas, moi, tu touches ta ceinture, tu reviens à l'instant présent.
14:27Tu continues ton expérience.
14:30Trois grands slams sur la saison 2025, dont deux fois où tu vas aller disputer la médaille de bronze, malheureusement perdu.
14:38Mais tu sens vraiment que tu as passé un cap à ce moment-là ?
14:41Oui et non, je me dis oui parce que ça commence à devenir régulier, à affronter des finales de bronze.
14:49Sauf que je perds tout le temps à cause de la même chose.
14:52C'est quoi la même chose ?
14:53Une erreur de ma part.
14:55Là, par exemple, à Ulaanbaatar, en Mongolie, c'était je mène et je n'avais pas besoin d'attaquer, mais j'ai attaqué, donc je me fais contrer.
15:04Du manque d'expérience ?
15:06Manque d'expérience et gestion du combat.
15:08Oui, mais j'ai envie de te dire, à partir du moment où on connaît la raison, c'est presque le principal.
15:14Oui, c'est vrai. Il faut travailler sur ça.
15:16Parce que si tu perds parce qu'elles sont meilleures, bon, elles sont meilleures.
15:19Mais si là, ton adversaire, ça devient toi, parce que c'est un peu ça que tu me dis.
15:22Oui, c'est ça. C'est ça, mais c'est frustrant aussi à la fois.
15:26Oui, bien sûr.
15:27Parce que tu passes à côté d'une médaille, plusieurs médailles.
15:29J'imagine. En 2025, tu quittes également ton club de Bordeaux pour rejoindre l'ACBB, Boulogne, à Paris, enfin, proche de Paris. Pourquoi ce choix ?
15:40Ça fait longtemps que tu étais à l'INSEP, déjà.
15:41Oui, j'étais à l'INSEP et mon entraîneur, c'était Alain Schmitt au stade Bordelais.
15:48Et là, il nous avait quittés. Il avait décidé de changer d'environnement. Donc, j'ai décidé, moi aussi, de changer de club.
15:59OK. Tout simplement.
16:00Voilà.
16:01Quelques semaines plus tard, tu disputes les championnats de France seniors, ta première finale face à une légende.
16:06On en reparleront dans quelques secondes parce qu'elle était face à toi sur le tatami le week-end dernier.
16:10C'est Audrey Chuméo, deux médailles olympiques individuelles, deux titres de championne du monde, une pluie de titres européens, un grand slam.
16:17Bref, à ce moment-là, il se passe quoi ?
16:20Au championnat de France, là, en finale, je me dis, bon, allez, on se connaît. Je m'entraîne avec elle tous les jours.
16:29Et, ben, je sais.
16:30Attends, on se connaît par cœur ou on se connaît ?
16:33Quand même pas par cœur, mais bien, je trouve. Sur le tapis.
16:36C'était la deuxième fois que tu l'affrontais ?
16:38Oui. Et je me dis que, bon, allez, c'est bon, tu peux le faire.
16:43Mais c'était un combat très tactique.
16:46En fait, c'était comme à l'entraînement, quoi.
16:49Une bagarre de kumikata et pas trop de prise de risque.
16:55Ni de l'une ni de l'autre ?
16:56Non. Et après, l'expérience a fait qu'elle m'a battue.
17:01Et une petite erreur de concentration et un peu de tout.
17:04Tactique de match, encore une fois.
17:06J'avais une tactique à respecter et je ne l'ai pas fait.
17:10Et c'est là qu'elle m'a battue en finale.
17:13Battue en finale, oui, c'est ça.
17:14Qu'est-ce que tu te dis en sortant ?
17:16J'étais dégoûtée, mais bon, ce n'est pas grave.
17:18Je me suis dit, ce n'est pas grave, ça va me servir.
17:21Je vais utiliser cette défaite pour rebondir.
17:25Effectivement, ça t'a servi.
17:27Oui.
17:30Quand tu reviens là, ce week-end maintenant au Paris Grand Slam,
17:35que tu sais que potentiellement tu veux la retrouver,
17:36et il se trouve que tu l'as retrouvée,
17:38est-ce que ça, on arrive à capitaliser dessus ?
17:41Ou on s'accroche encore à des mauvaises expériences ou des mauvais souvenirs ?
17:46Comment ça se passe dans ta tête, Lise ?
17:47Non, non, là, moi dans ma tête, à ce moment-là, j'étais juste déterminée.
17:52Et je me suis dit, là, jamais, enfin, elle m'a battue deux fois.
17:56Je ne voulais pas qu'il y en ait une troisième.
17:58Donc, je suis vraiment allée chercher loin pour me dire que c'était…
18:06On va revenir sur le combat.
18:07On va revenir sur le combat dans quelques secondes.
18:09Donc, le week-end dernier, c'est le Paris Grand Slam.
18:11Tu reviens.
18:13Il y a eu cette défaite face à Audrey en finale du championnat de France.
18:16Mais tu as 23 ans et tu construis petit à petit,
18:20mais aujourd'hui, tu es quand même au sommet.
18:21Est-ce qu'avant de commencer cette compétition, tu te dis…
18:26Non, qu'est-ce que tu te dis sur ton potentiel ?
18:28Tu te dis que tu peux gagner ?
18:29Oui.
18:31Je me dis que je peux gagner.
18:32Tu arrives très forte dans ta tête ?
18:34Oui.
18:35Physiquement, tu étais prête ?
18:36Oui.
18:37Ok.
18:37Très bien.
18:38Tu commences premier tour face à la guinéenne Marie Branser.
18:42Oui.
18:42Il prend 58 secondes.
18:44Merci, au revoir.
18:45Oui.
18:47Ben, je ne me pose même pas de questions.
18:49J'essaie juste de savoir si c'est une gauchère ou droitière.
18:52C'est tout.
18:53Et les attaques dangereuses qu'elle peut faire.
18:56Et après ça, je mets en place ce que je fais à l'entraînement.
18:59Tout simplement.
19:00Ce qui s'est passé.
19:00Oui.
19:00En étant agressive.
19:02Parce que c'est vrai que des fois, il me manque un peu d'agressivité.
19:05Et voilà.
19:06Attends, attends, attends.
19:07Il manque de l'agressivité à la jeune fille dont les parents ont dit à l'âge de 4 ans
19:11« Oh là là, on n'en peut plus, mettez la main au judo ! »
19:13Ben oui.
19:14Ça veut dire quoi un manque d'agressivité ?
19:17C'est de la personnalité ou c'est technique ?
19:20Non, je pense que c'est de la personnalité.
19:22C'est trop gentille ?
19:24Oui, ça peut m'arriver des fois.
19:26Mais c'est vrai, quand on te regarde, quand on discute avec toi, on voit une personne douce,
19:30calme.
19:30Et on se dit « Waouh ! »
19:32Quand on voit ce que tu es capable de faire sur un tatami, après c'est autre chose.
19:34Oui.
19:35Mais donc, ça aussi, c'est quelque chose que tu dois travailler d'être « méchante ».
19:40Oui, aussi.
19:42Ça ne se voit peut-être pas, mais oui, je pense que je peux encore aller plus loin,
19:45être encore plus agressive ou autoritaire aussi pour affronter le niveau encore au-dessus.
19:54C'est un travail spécifique que tu fais avec les entraîneurs ?
19:55Oui.
19:56Ils te le disent ?
19:56Oui, oui, oui.
19:57C'est quoi les mots ?
19:58En fait, c'est plus avec les entraîneurs et aussi mon préparateur mental, du coup.
20:03Trouver un personnage qui, quand tu es sur le tapis, ce n'est pas Lise, mais c'est ton
20:08personnage.
20:10Et quand tu sors du tatami, tu te retrouves.
20:12Ok.
20:14Est-ce que toi, tu sens à un moment, on va reprendre n'importe quel combat, tu arrives
20:19au Paris Grand Slam, tu es toute gentille, tu mets le kimono, paf, paf, tu rentres sur
20:23le tatami.
20:24À quel moment tu deviens l'autre Lise ?
20:27Au Hajime.
20:29Quand l'orbite dit Hajime, là, il n'y a plus de Lise.
20:34Et tu le sens, ça ? C'est un travail, un effort mental où tu te dis, ok, poker face,
20:39maintenant, je suis l'autre.
20:41Non, c'est un effort.
20:42Pour certains, non.
20:43Je sais qu'il y en a, c'est naturel.
20:45Mais pour moi, oui, c'est quand même un effort de faire ça.
20:48Même des fois, dans le combat, tu redeviens toi.
20:52Et comme j'ai dit, moi, je sais que c'est la ceinture pour me reconcentrer.
20:59Ce contact tactile avec la ceinture, oh, tu t'échappes, tu t'égares.
21:03Après, c'est nouveau.
21:04Ça ne fait pas longtemps que je travaille comme ça.
21:07Oui, mais peut-être que c'est cette dernière.
21:09Alors, on n'est jamais prêt à tout.
21:12Mais c'est peut-être cette dernière chose qui va te permettre de devenir abattable ?
21:16Oui, c'est des détails.
21:18Ce n'est pas un détail, ça.
21:19Non, oui, c'est vrai.
21:21Mais c'est un point plus un autre qui fait que…
21:24Oui, oui, bien sûr.
21:24C'est une succession de détails qui font que…
21:26C'est ça.
21:27Donc, premier tour face à la Guinéenne, facile, 58 secondes.
21:31Après, tu vas enchaîner les cadors.
21:33La Portugaise Patricia Sampaio, deuxième mondiale, médaillée de bronze au JO de Paris,
21:38championne d'Europe en titre, que tu bats grâce à un Ouasa Hari.
21:43Oui, c'est ça.
21:44Raconte-moi ce combat.
21:46Et là, vraiment, pareil.
21:49Je me suis dit, je la connais, je sais ce qu'elle fait.
21:51Parce que j'ai fait des stages internationaux juste avant,
21:54où on s'est rencontrés plusieurs fois.
21:56Oui.
21:56Donc, je sais qu'elle est droitière.
21:59Enfin, je connais son système d'attaque, quoi.
22:01Et j'ai fait abstraction de la personne de Saint-Palmarès.
22:06Je me suis dit, c'était…
22:07Elle avait deux jambes, comme moi.
22:10Et je m'entraîne aussi.
22:11Donc, c'était possible de l'abattre.
22:14En restant concentré sur ce genre de profil.
22:18Tu mènes dans le combat au bout d'eux ?
22:21Je crois qu'il restait une minute et quarante.
22:25Je ne sais plus.
22:26Qui sont devenus longues, du coup ?
22:27Oui.
22:28Parce que je savais qu'elle allait augmenter son rythme.
22:30Qu'elle allait expérimenter, qu'elle a un palmarès de ouf.
22:32C'est ça.
22:33Donc, là, il faudrait vraiment rester concentré.
22:36Il fallait faire le minimum.
22:40Enfin, il fallait gérer, quoi.
22:42Pas trop attaquer, ni être passive.
22:45Parce que c'est là qu'on prend des pénalités.
22:47Oui.
22:47Et j'en avais une.
22:48J'en avais déjà une.
22:50Mais ça va.
22:51Au moment de la victoire, tu te dis quoi ?
22:53Je l'ai fait.
22:54Donc, c'est possible.
22:55Et là, je suis déterminée encore pour la fin de la journée.
22:59Quart de finale, c'est la deuxième médaillette bronze olympique de Paris
23:02qui se dresse devant toi, la chinoise.
23:04Oui.
23:04Mazen Zhao, que tu bats sur un yuco au golden score.
23:08Oui.
23:08Il a été long, ce combat ?
23:10Un peu plus long.
23:12En plus, j'avais mal partout.
23:14Je ne sais pas pourquoi.
23:16Mais pareil, c'était une droitière.
23:20Donc, je savais ce que j'avais à faire.
23:22Et là, c'était la méchante Lise ?
23:25Non, pas sur ce combat.
23:27Voilà. Plus concentration.
23:29Là, c'était vraiment reste concentré.
23:31Tu gardes la même tactique de match.
23:33Parce que sur les mains, je trouvais que ça fonctionnait bien,
23:36ce que j'étais en train de faire.
23:37Et il ne fallait vraiment pas changer.
23:39Donc, voilà.
23:39Peut-être aller plus vite.
23:41Et après, c'est passé.
23:45Explique-nous une chose, Lise.
23:46Le judo, ça va tellement vite.
23:48Oui.
23:48Un combat, là, on dit qu'effectivement, ça peut paraître long
23:51parce qu'il reste une minute et qu'il faut gérer la fin
23:53parce que tu mènes.
23:55Mais ça se joue à tellement de détails
23:58et un demi-millimètre.
24:00À quel moment on a le mental, l'intellect qui dit
24:03« Waouh, c'est le moment de passer telle figure ou telle… »
24:07C'est une vitesse folle, en fait.
24:09Oui, ça va super vite.
24:10La prise de décision, elle est folle.
24:11Surtout que tu as, un, ta prise de décision
24:13et deux, la gestion de la fille qui est en face de toi.
24:17Et ça, en plus, tu ne peux pas trop gérer ce qu'elle fait.
24:20Évidemment, tu n'es pas dans sa tête.
24:21Oui, c'est ça.
24:22Comme je dis, je pense qu'il faut vraiment se concentrer
24:26sur ce que tu fais et ne pas réfléchir.
24:28En fait, ce n'est pas le moment de trop réfléchir.
24:30Et on s'entraîne au quotidien pour se retrouver
24:33dans ce genre de situation.
24:34Donc, ça devient des automatismes.
24:37Alors, je comprends ce que tu veux dire.
24:38Il y a les milliers de gestes répétés des milliers de fois.
24:44Est-ce qu'au-delà du mental,
24:46est-ce que la sensation du physique,
24:50du déséquilibre chez l'autre,
24:51que tu ne vois pas parce qu'elle est je ne sais pas où ni comment,
24:54l'accroche, la façon dont tu sens que ça…
24:56Ça aussi, ça influe beaucoup.
24:58Ah oui.
24:59Et ça, c'est l'expérience, ça ?
25:00Oui, mais pas que.
25:02Je trouve que ça, c'est au début du combat.
25:06Tu sens direct si la personne, elle va te rentrer dedans ou pas.
25:10La première séquence, c'est là qu'il faut être impactante, je trouve.
25:13Et tu vas prendre le dessus mentalement sur ton adversaire.
25:18Et c'est tout.
25:20Après, il faut essayer de garder cette constance, tout le combat.
25:26Tu bats la chinoise en quart.
25:27T'arrives en demi face à la montagne italienne championne olympique de Paris 2024.
25:32Alice Benlandi, championne du monde en titre, quatrième mondial en plus.
25:38Petite défaite sur Youko.
25:40Des regrets ?
25:42Oui.
25:42Quand je regarde mes combats là, à froid, oui, un peu quand même.
25:45Je me dis que j'aurais pu être un peu plus agressive, encore une fois.
25:52Encore ?
25:52Oui.
25:53Et oser prendre des risques.
25:56Je n'en ai pas pris assez, mais bon, ce n'est pas grave.
25:59Parce que tu es en train de me dire, je n'ai pas pris assez de risques.
26:02Parce qu'avec le recul, là, à froid, tu te dis, elle était à ma portée.
26:06Oui, c'était possible.
26:08Après, elle est très forte.
26:10Je trouve qu'elle a un judo.
26:12Vraiment, elle maîtrise son art, quoi.
26:17Mais elle n'est pas imbattable.
26:19C'est possible.
26:19Et quand tu dis qu'il n'y a pas assez de prise de risque,
26:23pourtant, c'est quelque chose dont vous aviez parlé avec les entraîneurs.
26:27Oui.
26:28Et pourquoi tu n'y es pas allée, comme ça ?
26:30J'avais envie de bien faire.
26:32Donc, je me suis trop…
26:33J'étais peut-être un peu lente.
26:35J'ai mis du temps à poser mes mains, etc.
26:38Mais ce n'est pas grave.
26:40C'est juste un manque d'expérience ?
26:42Oui, je pense.
26:43Non, pas que.
26:45Non.
26:46Et une défaite comme ça, à quel point elle te fait mal ?
26:49On est en demi, hein ?
26:51Au Paris Grand Slam, ambiance de ouf.
26:54J'étais dégoûtée, mais je me suis dit, non, ce n'est pas grave.
26:58Tu ne peux pas non plus tout avoir, là.
27:00Tu vas utiliser cette défaite pour travailler encore une fois.
27:04Et j'avancerai, ça va me servir.
27:07Est-ce que toutes tes défaites ont été utiles dans ta carrière ?
27:10Oui.
27:11Oui.
27:11Est-ce que tu te dis, un jour, je ne perdrai plus ?
27:16Non, quand même pas.
27:19Je ne pense pas.
27:20Oui, parce qu'il y a toujours des adversaires.
27:21C'est ça.
27:22Mais est-ce que tu te dis, un jour, j'arriverai à ma perfection ?
27:26Oui, je pense.
27:27C'est ça que tu recherches, en fait ?
27:28Oui, c'est ça.
27:29Tu en es loin, aujourd'hui ?
27:30Oui, je pense.
27:34Mais je sais que c'est accessible et que je vais y arriver.
27:37Et que tu n'as que 23 ans.
27:39C'est ça.
27:39C'est quand même un élément essentiel.
27:42La finale pour le bronze, tu retrouves Audrey Tchemeo qui t'a battu deux mois avant en finale des France.
27:49On se souvient de ce que tu nous disais tout à l'heure.
27:51Bon, il y a cette défaite, mais je ne voudrais pas perdre une troisième fois.
27:55Tu avais appris de cette défaite.
27:57Ah oui, là pour le coup, oui.
27:59Comment ? D'abord, est-ce que vous vous êtes parlé avant le combat ?
28:03Audrey et moi ?
28:04Oui.
28:04Non, non, non.
28:06Tu as croisé son regard ?
28:07Oui.
28:08Qu'est-ce qu'il disait, ton regard ?
28:10Le mien ?
28:10Oui.
28:11Je ne sais pas.
28:13Rien.
28:14Je ne montrais rien du tout, mais intérieurement, je me disais que là, vraiment, tu ne peux pas perdre une troisième fois.
28:21C'est impossible.
28:22Dans ma tête, c'était impossible que je perde.
28:24Et dans son regard à elle, tu as lu des choses ?
28:26Non.
28:27Non, non.
28:28Je n'ai pas fait attention à ça.
28:29Est-ce que tu t'es dit, alors oui, tu ne veux pas reperdre contre elle.
28:32Ça, je l'ai bien compris.
28:34Mais est-ce que malgré tout, dans cette approche mentale qu'on évoquait tout à l'heure, il y a une partie de toi qui t'a dit à un moment, ou jamais, ça, ça n'a pas existé ?
28:43Ça n'a pas existé.
28:45Peut-être pendant le combat.
28:46Ah.
28:47Si, pendant le combat.
28:48Mais avant, non.
28:49Pendant le combat, vers la fin, après avoir marqué, on avait deux pénalités chacune.
28:56Donc là, je me suis dit…
28:58Il reste 50 secondes.
28:59Oui.
28:59Et en plus…
29:00Donc, tu as l'avantage, mais deux pénalités chacune.
29:03Oui.
29:04Il ne faut surtout pas en reprendre une.
29:05Non.
29:06Et surtout qu'elle est très forte au niveau du Kumigata.
29:09Donc, je savais qu'elle allait tout faire pour que je prenne une troisième pénalité.
29:14Oui.
29:14Et là, il fallait vraiment rester debout, ne pas faire d'erreur.
29:18Et donc là, la mauvaise petite bastiole là-haut dans la tête, tu as dit « Oh là là ! »
29:24Tu te souviens ?
29:25Oui, parce qu'en fait, quand j'ai marqué, j'avais l'impression d'avoir gagné.
29:29Et ça, c'est une erreur.
29:31Mais ce n'est pas fini.
29:31Oui, c'est ça.
29:32Ce n'est pas fini.
29:33Donc, je me suis reconcentrée.
29:35Parce que tu t'es dit quoi ?
29:36Vas-y, explique-moi.
29:37Déjà, quand j'ai balayé, je pensais qu'il y avait Ippon.
29:40C'est allé tellement vite que je pensais qu'il y avait Ippon.
29:42Et que c'était fini.
29:43Oui, c'est ça.
29:45Donc, on s'est relevés.
29:46Et je me suis dit non, là, ce n'est pas fini.
29:48J'ai déjà fait cette erreur plusieurs fois de penser que quand on marque, c'est fini.
29:53Mais non.
29:53En face, forcément, elle va essayer de rattraper.
29:58Donc, non.
30:00Je me suis dit tant que je n'entends pas le gong, je continue à me battre.
30:04Et voilà.
30:05Donc, finalement, tu as réussi assez rapidement à enlever cette petite « ouh ouh ».
30:09Oui, c'est ça.
30:10Je me suis calmée très vite.
30:13Il y a Victoire.
30:15Oui.
30:15Tu te dis quoi à ce moment-là ?
30:17Encore une fois, je l'ai fait.
30:18Et j'étais trop contente.
30:20La salle, atmosphère de ouf.
30:21Oui.
30:22Ma famille, je vois ma mère, ma soeur, toute ma famille.
30:26J'étais trop contente.
30:27Et j'en revenais pas trop.
30:30En fait, je me disais, je l'ai vraiment fait.
30:32Et c'est ma première médaille en grand slam à Bercy.
30:37Et battre Audrey, ça donne une dimension encore supérieure ?
30:41Oui.
30:42Au vu du palmarès qu'elle a, oui, franchement.
30:44Tu t'es dit quoi ?
30:46Je me suis dit que tout était possible et que j'avais…
30:50Tout était possible dorénavant ou tout était possible en général ?
30:54Dorénavant, je dirais.
30:57Donc, il y a eu une étape de franchie ?
30:58Oui, c'est ça.
31:00Exactement.
31:01Tu t'es fait mal pendant cette finale ?
31:03Non, je me suis fait mal le deuxième combat contre Sampaio.
31:07Donc, tu avais mal au genou ?
31:08Oui, j'avais un petit peu mal au genou.
31:10Là, tu avais mal pendant ce combat ?
31:11Non, non, non.
31:12Toute la journée, je n'ai pas eu mal.
31:15En fait, avec l'adrénaline et tout le reste, tu ne penses même pas à ça pendant le combat.
31:19Oui, tu es concentrée, tu es longtemps.
31:21Tu l'as fêtée, cette médaille ?
31:23Non, pas encore.
31:24Pourquoi tu ne l'as pas fêtée ?
31:25Parce que c'est un début et je cherche à avoir encore plus.
31:34Donc, je n'ai pas trop envie de la fêter, celle-là.
31:37Donc, tu t'empêches de la fêter ou tu n'as pas envie de la fêter ?
31:40Je n'ai pas envie.
31:43Les prochaines étapes, c'est quoi ? Il faut qu'on comprenne la suite.
31:46Là, il va y avoir… C'est une belle année.
31:48Donc là, tu as cette médaille de bronze.
31:52Il y a les Europes qui vont arriver.
31:54Déjà, il va falloir se qualifier.
31:55Oui, c'est ça.
31:57Il y a combien de places ? Deux places ?
31:58Oui. Donc là, je ne sais pas. C'est la fédération qui…
32:04C'est la fédé, oui.
32:05Qui choisit tout ça. Je ne sais pas comment ça va se passer.
32:08Ça sera à Tbilissi, en avril ?
32:11Oui. Mais avant ça, je pense qu'il va falloir que je confirme encore sur un grand slam, je pense.
32:16Ce sera où ?
32:17Il y en a plusieurs là. Et il y en a un à Tbilissi, si je ne me trompe pas. Et un autre, je ne sais pas si c'est à Tashkent. Je ne m'en rappelle plus trop. Et c'est une sélection de la fédération. Donc j'attends.
32:31J'ai bien compris et c'est ce qui te rend très singulière et attachante. C'est qu'il y a la gentille Lise, toute douce, qu'on voit là, qu'on a avec nous, et qui doit lutter contre ça pour devenir la méchante Lise sur le tatami face à un adversaire.
32:47Et prendre l'ascendant mentalement. Ce combat-là, tu le trouves comment ?
32:55Contre Audrey ?
32:56Non, non, non. Ce combat contre toi-même.
32:58Ah ! Difficile quand même. Je le trouve assez difficile. Mais je trouve que je progresse chaque jour. Donc c'est encourageant.
33:07Avec qui tu en parles de ça ?
33:09Mes entraîneurs et le préparateur mental.
33:12Et avec tes amis, non ? Ta famille ?
33:14Ça m'arrive des fois, mais je préfère en parler avec des personnes du milieu sportif.
33:20Et eux, leur mot, c'est quoi ?
33:23Ils me disent que c'est possible. Il faut juste que j'utilise ça à l'entraînement pour pouvoir ensuite le mettre en place en compétition naturellement.
33:33Dupliquer et ne pas se poser de questions.
33:35Oui.
33:36Merci. Tu peux nous la remontrer, la prendre dans la main, s'il te plaît, cette médaille que j'ai eu la chance de toucher tout à l'heure. Elle est très, très lourde.
33:43Elle est lourde.
33:45Oui.
33:45Elle est belle.
33:47Elle t'a fait pleurer ?
33:48Non.
33:48Non.
33:49Elle t'a donné quoi comme sentiment ?
33:51De la joie.
33:53Une grande fierté aussi, peut-être ?
33:55Oui. Franchement, oui. Et j'en veux d'autres comme ça, donc il faut travailler encore.
34:00Voir même d'une autre couleur ?
34:01Oui. Ah oui, oui. Non, mais celle-ci, mais d'une autre couleur, oui.
34:04Merci, Lise, d'avoir été avec nous. Merci infiniment, bravo.
34:09Reste-le encore quelques petites secondes. On te souhaite une bonne chance pour les championnats d'Europe au mois d'avril à Debilissi.
34:14Merci.
34:15Peut-être au Mondio en octobre à Bakou.
34:16Oui.
34:17C'est encore une très, très… En fait, ça n'arrête jamais.
34:19Non, ça ne s'arrête pas.
34:21Parfait. Petite virgule et on revient et on va parler de volet.
34:24Ce week-end, en dehors du judo, sur sport en France, il y avait une nouvelle journée de Saforel Power 6, le championnat de France de volet féminin.
34:36Vous en avez l'habitude.
34:37Et lors de cette 20e journée, vous avez pu suivre un match de haut niveau, du haut du tableau, entre Cannes et Vendœuvre-Nancy.
34:46Une rencontre à laquelle a participé, évidemment, Leïa Ratailleri, que l'on retrouve à distance avec nous.
34:51Bonjour.
34:51Bonjour.
34:55Bonjour, Leïa. On est ravis de t'accueillir avec Bertrand, qui est avec nous. Bonjour, Bertrand.
34:59Salut, Alex. Salut, Leïa.
35:01Bertrand, qui a commenté et qui continue de commenter cette Saforel Power 6 tout au long de la saison.
35:08C'était un gros match, Bertrand.
35:09Oui, très gros match.
35:10Très attendu.
35:11C'était très indécis jusqu'à la fin. Très attendu également parce que le RC Cannes revient très, très fort cette saison.
35:18Ils auraient pu se rapprocher du podium en cas de victoire.
35:20On pensait même que Cannes allait prendre le deuxième à un moment.
35:22Et puis, le VNVB avec Leïa, notamment, réussit à aller jusqu'au tie-break, s'imposer finalement au tie-break assez rapidement et conforter cette belle deuxième place.
35:31Mais un très gros match comme on les aime cette saison. Il y en a pas mal et le championnat est vraiment passionnant.
35:36Victoire, Leïa, 3-7 à 2 à Cannes, la cinquième consécutive.
35:40J'imagine que c'est bon pour le moral, c'est bon pour le mental, c'est bon pour le classement.
35:47Oui, c'est très, très, très bon pour notre morale, surtout qu'en ce moment, on a une petite période de fatigue.
35:53Donc, forcément, ça nous aide à rester dans le coup et continuer à pousser pour aller chercher encore plus de victoires.
36:00Fatigue liée à quoi ?
36:04Fatigue liée à beaucoup d'enchaînements de matchs.
36:06On pousse beaucoup à l'entraînement pour toujours devenir meilleur.
36:11Et ce qui amène de la fatigue et des petits pépins physiques parfois.
36:16Bertrand, c'est quelque chose qu'on ressent de manière globale sur toutes les équipes en général,
36:21ce moment de janvier, février où il y a un petit coup de Montréal ?
36:24Oui, surtout pour les équipes qui jouaient les Coupes d'Europe,
36:27enfin qui sont en Coupe d'Europe, mais qui ont joué les Coupes d'Europe.
36:31Le VNVB est aussi encore en Coupe de France, qualifié en finale, on va en reparler j'imagine.
36:35Donc, le championnat, la Coupe d'Europe, la Coupe.
36:37Il y a eu une toute petite pause pendant les fêtes, mais juste histoire d'aller voir la famille.
36:42De toute façon, Leïa va nous le dire, fêter en famille.
36:44Et puis, on est reparti tout de suite dès le 3 janvier.
36:46Et puis, il y a des matchs tous les 3-4 jours pour les grosses équipes.
36:49Alors, la famille Leïa, on en parle parce qu'il y avait ta cousine face à toi ce week-end, Lilou,
36:53qui joue d'ailleurs au même poste que toi, réceptionneuse attaquante.
36:57Vous vous étiez parlé, j'imagine, avant ?
37:00On s'était parlé, on s'était dit qu'on avait hâte de jouer l'une contre l'autre
37:04parce que ce n'est jamais arrivé pour l'instant dans notre carrière.
37:07On a joué l'une avec l'autre lorsqu'on était à France à venir.
37:10Mais depuis quelques années, on ne s'était pas rencontrés sur le terrain de volleyball.
37:17Et est-ce qu'une fois que le match a commencé, on oublie tout ça ?
37:20Oui, on oublie tout ça.
37:23On est juste là pour jouer Vendœuvre contre Cannes et pour essayer de gagner.
37:29Leïa, elle a fait un gros match, la cousine Lilou, 23 points, je crois, il me semble.
37:35Ça a été une des meilleures joueuses de Cannes.
37:38Franchement, c'était magnifique.
37:40Toi aussi, tu fais un bon match, pas forcément le meilleur de la saison.
37:43Mais comment vous vous êtes retrouvés après ?
37:46Est-ce que tu l'as félicité ? Est-ce que vous avez dit que c'était un gros match,
37:48c'était chaud ? Est-ce que vous avez le temps de discuter un petit peu après cette rencontre ?
37:51Je sais que vous devez très vite rentrer à la maison, enchaîner avec les autres matchs.
37:54Mais est-ce que vous avez un peu de temps pour discuter ?
37:57On a eu effectivement un peu de temps pour discuter, surtout sur les groupes de famille.
38:05On s'est dit que Lilou avait fait un très, très gros match et que moi, finalement, j'avais remporté la victoire.
38:12Du coup, au final, on avait un peu gagné chacune.
38:15Et du coup, on était contents toutes les deux, je pense.
38:17Même si elle a un peu de déception forcément pour la défaite.
38:19Et moi, un peu de déception parce que mon match, ce n'était pas le meilleur de la saison.
38:22Cette victoire, elle vous permet de conserver votre deuxième place au championnat.
38:25Derrière, bien évidemment, l'ogre Mulhouse qui était encore invaincu jusqu'à la 19e journée, Bertrand.
38:34Oui, Mulhouse qui a craqué face au Canet.
38:38On savait qu'à un moment, ça pouvait craquer pour Mulhouse.
38:42Vendœuvre revient à 6 points.
38:43Le championnat n'est pas encore terminé.
38:45Il reste 5 matchs.
38:46Tout est jouable pour aller chercher cette première place.
38:51Mulhouse, ils vont les retrouver en finale de Coupe de France.
38:53On va en parler.
38:54Mulhouse s'est rattrapé face au Canet en demi-finale de cette Coupe de France.
38:58Donc, je pense que Mulhouse reste encore favori.
39:00Même si on sent que là aussi, la fatigue commence à peser.
39:03Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que ce sont les deux meilleures équipes du championnat.
39:07Que ce soit dans le contenu ou au niveau des résultats.
39:09Léa, la défaite face à Mulhouse, c'est votre dernière défaite.
39:13C'était en janvier.
39:14Défaite 3-0.
39:15Elles sont vraiment au-dessus ou finalement, ce n'est pas si loin que ça?
39:22Je pense que ce n'est pas si loin que ça.
39:24Mais il y a eu un contexte, surtout lorsqu'on les a jouées en janvier,
39:28par rapport au départ d'Anya,
39:30qui a fait qu'on n'a pas trop eu le temps de créer réellement cette nouvelle équipe de Vendorenancy.
39:36Donc, je pense que ça ne nous a pas aidés.
39:38Mais on n'est pas si loin que ça.
39:41Pour expliquer rapidement ce petit fait qui s'est passé,
39:44enfin gros fait finalement,
39:45une joueuse de l'effectif qui est partie de son plein gré, Agne Palmer,
39:49a décidé de quitter l'effectif un peu à la surprise générale.
39:53Donc, c'est vrai que ça, imaginez, une joueuse part, une joueuse importante de l'équipe,
39:56part comme ça, ça crée forcément des tensions et ça casse la dynamique d'une équipe.
40:03Leia, ça vous a secoué?
40:04Le départ d'Anya, oui, beaucoup, parce qu'on ne s'y attendait pas vraiment.
40:13Elle ne nous en avait pas forcément parlé.
40:15Mais bon, ça arrive et on s'en remet.
40:18Ça m'était déjà arrivé sur deux de mes trois années à Nantes qu'une des filles décide de partir.
40:24Donc, c'est quelque chose auquel on est assez habitués.
40:26Donc, on s'en remet très vite.
40:27La finale de la Coupe de France face à Mulhouse, à l'Adidas Arena, ce sera le 28 mars prochain.
40:33C'est encore très loin, on n'y pense pas du tout, là.
40:39On fait les matchs au jour le jour, je dirais.
40:43Mais forcément, ça reste dans un coin de notre tête parce qu'on a envie de marquer l'histoire du club de Nancy.
40:49Mais je dirais que oui, on est surtout au jour le jour et match par match.
40:54Et on va arriver à cette finale petit à petit.
40:56J'imagine qu'il y a d'autres matchs avant.
41:00La finale de la Coupe de France, c'est historique pour le club aussi, Léa.
41:04Je pense que le président, M. Venturini, doit être très excité.
41:08Il a dû être très heureux aussi après la qualification en finale.
41:11Vous n'êtes pas passé très loin de la finale du championnat aussi l'an dernier.
41:14Est-ce que vous sentez que cette année, c'est une saison particulière
41:18où les titres peuvent arriver au sein d'un club qui est tellement régulier depuis de nombreuses saisons,
41:24malgré les changements de joueuses répétés été après été ?
41:28Oui, forcément, on sent que notre collectif est fort et qu'on voit les victoires s'accumuler.
41:36Et on se dit, pourquoi pas ? Pourquoi pas marquer l'histoire de ce club ?
41:39Pourquoi pas aller chercher des titres ?
41:40Et oui, forcément, on pousse pour ça et on le sent arriver.
41:46Oui, parce que finalement, vous n'avez connu que trois fois la défaite cette saison,
41:50deux fois face à Mulhouse.
41:51Un petit accroc contre Terville-Florenge.
41:54On n'est pas loin.
41:55On sent qu'effectivement, comme le disait Bertrand,
41:57il ne manque pas grand-chose pour avoir ce premier titre historique.
42:01Il ne manque pas grand-chose.
42:05Il manque un petit peu de régularité, des fautes qu'on fait
42:10et qu'on ne faisait pas forcément en début de saison.
42:12Mais je pense qu'aussi, c'est cette période de fatigue qui fait qu'on est moins lucide
42:16sur certains secteurs de jeu.
42:21Mais oui, ça va le faire.
42:23On va revenir en forme et pour cette fin de saison, on va avoir ces titres.
42:29J'ai confiance.
42:29Tu as connu l'an dernier et les saisons précédentes,
42:32un an justement, une grosse équipe de très grosse saison,
42:35gagné beaucoup de matchs et passé pas très loin,
42:38notamment en championnat par deux fois.
42:40Est-ce que tu penses pouvoir apporter à cette équipe justement,
42:44avoir tiré les leçons de ces défaites passées
42:47et apporter justement de nouvelles clés pour réussir cette fois
42:51en championnat ou en Coupe de France d'ailleurs ?
42:55Oui, forcément.
42:57Après, c'est un peu différent parce que maintenant,
42:59je n'ai pas le même statut.
43:01Donc, être sur le terrain, c'est assez nouveau pour moi.
43:04Donc, j'espère que dans ces moments-là,
43:07je vais savoir me servir des expériences que j'ai
43:10pour justement apporter à cette équipe.
43:13Mais j'ai assez confiance là-dessus
43:15puisque l'année dernière, je me suis retrouvée à jouer la finale du championnat
43:19du coup sur une blessure d'Alimatouba.
43:21Parle-nous de ta relation avec le coach Nicolas Vettori.
43:27Je pense qu'on a une bonne relation.
43:29On travaille l'un avec l'autre et on essaye de communiquer au mieux.
43:36Après, c'est sûr que c'est un bosseur et que moi, j'aime bien parfois rigoler.
43:42Et du coup, on s'entend assez bien quand même en règle générale.
43:47Mais ça veut dire quoi ?
43:48Ça veut dire que deux, trois fois, il a dit
43:49« Eh oh, Léa, là, on est là pour bosser ? »
43:54Non, mais il nous a dit de nous reconcentrer plusieurs fois
43:58parce que souvent, avec Sophia Leto, on rigole.
44:01Est-ce que tu as eu l'impression de franchir un cap
44:03en arrivant cette saison, Nancy ?
44:07Un gros, surtout avec cette titularisation-là
44:11qui arrive après le départ d'Agnat.
44:12Mais déjà, en début de saison, j'ai senti que ce n'était pas la même chose
44:16physiquement, mentalement, que j'avais changé de club,
44:20que j'avais changé d'atmosphère de travail
44:22et que ça m'avait fait du bien.
44:25Et on parlait du coach Nicolas Vettori.
44:27Il a l'air assez calme, en tout cas, quand on le voit à l'image
44:31et pendant les matchs.
44:32Il y a des coachs qui ont beaucoup plus de verve,
44:35qui s'énervent peut-être un peu plus vite, plus virulents.
44:38Est-ce que, toi, c'est quelque chose que tu apprécies ?
44:40On sait que souvent, calmer tout le monde, poser le jeu,
44:45poser le contexte, ça aide aussi.
44:46Comment tu le vis au moment des temps morts, notamment ?
44:52Alors moi, j'ai connu des coachs qui criaient beaucoup
44:56lorsque ça n'allait pas dans les temps morts.
45:00Et c'est vrai que moi, ça ne me convenait pas tellement.
45:02Mais là, cette année, avec Nicolas, c'est vrai que c'est assez surprenant
45:05qu'il ne s'énerve jamais, qu'il reste très calme, très posé.
45:09Et pour moi, je trouve que c'est rafraîchissant
45:12et que ça m'aide beaucoup, dans ces moments-là,
45:14à rester justement lucide.
45:16On se souvient que tu avais eu une rupture des ligaments croisés
45:19du genou gauche lors de la saison 2023-2024.
45:22Est-ce que la blessure, c'est un paramètre qu'on occulte complètement
45:25ou on y pense ?
45:29Je dirais qu'on l'occulte de plus en plus.
45:32Moi, ça m'a pris un an réellement avant d'arriver à passer
45:40outre le fait que je pouvais me re-blesser.
45:43Mais je pense que maintenant, à l'heure d'aujourd'hui,
45:47je n'y pense plus du tout.
45:49Revenir en équipe de France, ça aussi, ça doit être un objectif,
45:51j'imagine.
45:54C'est un objectif, j'y réfléchis.
45:56J'ai réfléchis parce que c'est vrai que...
46:02Ça veut dire que je n'ai pas encore pris ma décision
46:05si j'avais pour objectif de reprendre l'équipe de France directement
46:08cet été ou si j'attendais un petit peu quelques années
46:13parce qu'après ma blessure, j'ai mis beaucoup de choses en perspective.
46:16Du coup, j'ai encore à réfléchir par rapport à l'équipe nationale.
46:20Mais si on t'appelle ?
46:21Je réfléchirai.
46:26Ça se refuse, une sélection ?
46:30Non, ça ne se refuse pas, mais ça se réfléchit dans un contexte
46:37comme l'équipe de France de volée où il y a des choses qui plaisaient,
46:42d'autres qui plaisaient moins.
46:43Et j'attends quelques changements avant de pouvoir dire
46:46que je reviendrai en équipe nationale à 100%.
46:48Tu as connu le coach actuel de l'équipe de France, César Hernandez,
46:54qui a fait des miracles cet été, on l'a vu notamment au Championnat du Monde.
46:59Est-ce que cette relation que tu as pu avoir avec lui par le passé,
47:03est-ce que ça peut t'aider à revenir en équipe de France ?
47:05Est-ce que aussi physiquement tu te sens prêt ?
47:07Parce que c'est un enchaînement de matchs qui est très important,
47:09des stages très longs, passer beaucoup de temps ensemble l'été
47:11quand il y a des compétitions internationales.
47:12Mais est-ce que la présence du coach espagnol maintenant à la Tête des Bleus
47:15peut t'aider à revenir en équipe de France ?
47:19Oui, forcément, c'est un coach que j'apprécie beaucoup,
47:26que j'estime beaucoup et que je trouve excellent dans ce qu'il propose.
47:31Donc forcément, c'est un paramètre qui m'aide à me dire que oui,
47:35peut-être qu'éventuellement un jour je retournerai en équipe de France.
47:38Ton objectif aujourd'hui, là, on est début février 2026,
47:42c'est quoi ton objectif ?
47:44C'est des titres, lesquels ?
47:45Alors évidemment, on ne va pas jouer au jeu du quel titre,
47:49champion, la coupe ?
47:51Est-ce que d'abord tu te dis oui, on va tout faire pour choper des titres,
47:55mais ça j'imagine que oui.
47:57Comment ?
47:58C'est quoi la mise en place ?
48:04C'est d'y aller petit à petit, match par match.
48:08Ne pas récupérer au maximum qu'on peut,
48:12parce que la saison est très très longue,
48:14mais surtout il y a les matchs par match et tout gagner,
48:16parce que mes objectifs, moi, c'est de gagner du début jusqu'à la fin,
48:19chaque match, de ne pas perdre, juste de gagner,
48:22avant de gagner des titres.
48:24Leïa, en quoi tu sens que tu peux encore t'améliorer ?
48:31Je pense notamment sur le secteur de l'attaque
48:35et en termes de régularité dans mes matchs,
48:40plus être capable d'apporter plus sur plus de matchs
48:44et prendre plus confiance en moi sur ma titularisation.
48:49On sent que tu es quand même très sollicité,
48:51on voit sur le terrain.
48:52Alors maintenant, tu as ce poste de titulaire à tous les matchs.
48:55Tu es très sollicité aussi par ta passeuse ou tes passeuses,
48:58parce que là aussi, ça change aussi assez régulièrement.
49:01Vous avez deux passeuses de très haut niveau.
49:04C'est important, on le sait, en volet,
49:06d'être mis en confiance par ses coéquipières,
49:08notamment les passeuses quand on est réceptionneuse attaquante.
49:12Tu as des bonnes relations avec les deux,
49:14avec Sofia Leto et Elena Karakazi.
49:16Raconte-nous un petit peu cette relation que tu as
49:18et qu'il faut avoir au volet pour être performante à l'attaque,
49:21justement, un secteur où tu veux t'améliorer.
49:23Ma relation avec les deux passeuses est, je pense, excellente.
49:30Sofia, c'est venu, l'une de mes meilleures amies,
49:33donc je ne peux pas dire que ma relation soit mauvaise avec elle.
49:36Avec Elena, on s'entend très bien.
49:39C'est une fille géniale, c'est une fille très douce.
49:42Elle veut tout le temps s'améliorer,
49:43mais comme chaque fille de l'équipe.
49:45Et c'est sûr que d'avoir une bonne relation avec sa passeuse,
49:47ça aide beaucoup parce que c'est elle qui donne les ballons.
49:51Si elle ne nous aime pas trop, si on ne se trouve pas très bien avec elle,
49:54si on ne s'entend pas très bien avec elle,
49:56c'est sûr que, malheureusement, on aura moins de ballons.
49:59On a compris pour la suite de la saison, Bertrand.
50:01Il y a la finale de la Coupe de la France au mois de mars
50:04à la Didas Arena face à Mulhouse.
50:06Et puis, il y aura le championnat, évidemment,
50:08avec une nouvelle formule, avec les six premiers en play-off.
50:10Oui, les six premiers directement qualifiés en quart de finale des play-offs.
50:14Avant, c'était les huit premiers qui étaient directement qualifiés.
50:17On commençait les play-offs directement après la saison régulière.
50:19Maintenant, il y aura une phase de play-in.
50:20Donc, les clubs classés de la septième à la dixième position vont s'affronter.
50:25Le septième affronte le dixième, le huitième affronte le neuvième
50:27sous forme de match aller-retour.
50:29Les gagnants de ces deux confrontations
50:31intègrent les huit meilleures équipes du championnat
50:35pour ces quarts de finale de play-off.
50:37Pour le VNVB, il n'y a pas de souci.
50:39Ça va être dans le top 6 facile.
50:41Et donc, déjà, les quarts de finale dans le viseur pour eux.
50:45Dans le viseur et à partir des quarts, chaque tour se joue en deux matchs.
50:47En deux matchs plus matchs d'appui.
50:51Deux matchs gagnants.
50:51Oui, matchs d'appui, c'est égalité.
50:53Exactement.
50:54Ça, cette nouvelle formule, c'est une pression supplémentaire,
50:58c'est du kiff supplémentaire.
50:59C'est quoi, Léa ?
51:01Pour moi, c'est du kiff supplémentaire.
51:04C'est sûr que la saison passée, c'était en trois matchs gagnants.
51:10C'était les quarts de finale en trois matchs gagnants,
51:14en deux matchs gagnants et ensuite aller-retour en finale avec Golden State.
51:17C'est moins de match, donc.
51:17Voilà, c'est ça.
51:19Et qu'on s'était retrouvé à jouer sept fois contre Mulhouse.
51:23Donc, pour nous, ça avait été un peu long.
51:27Mais maintenant, cette année, avec cette nouvelle formule,
51:30ça ne va être que du kiff et on va y aller à fond.
51:34Eh bien, on te souhaite beaucoup de kiff et merci d'avoir été avec nous, Léa.
51:36Merci infiniment.
51:37Bonne chance pour la suite de la saison.
51:38Merci.
51:42Merci à toi aussi, Bertrand, d'avoir été avec nous.
51:45Avant de se quitter, c'est l'heure du Tour des Clubs,
51:47comme toutes les semaines,
51:48pour ne rien manquer des compétitions diffusées sur Sport en France.
51:52Le championnat de France de badminton avait lieu le week-end dernier à Caen.
51:56Dans la finale masculine, Alex Lagné a conservé son titre face à Christophe Popov.
52:01Et puis, chez les femmes, Rosie Pancassari a remporté son premier titre.
52:05A noter également, chez les titres en double,
52:07chez les hommes, celui des frères Popov, en mixte de Guiquel Delru,
52:11et chez les femmes, de Margot Lambert et Camille Pognante.
52:14On passe au basket.
52:15C'était la 17e journée de la boulangère Wonder League.
52:19Choc entre les leaders Basketland et les 3e, la thèse Montpellier.
52:23Les Landaises s'imposent 68 à 56 et conservent la tête du classement.
52:27Enfin, on en en parlait tout à l'heure avec Lise Nguéle-Beya qui était avec nous.
52:31Le Paris Grand Slam de judo extraordinaire.
52:34Quelle compétition merveilleuse que vous avez suivie sur Sport en France.
52:37Le judo français a ramené une pluie de médailles du tournoi parisien.
52:41L'or pour Chirine Boucli, Sarah Léoni-Sizik,
52:44ainsi qu'un triplet exceptionnel en plus de 78 kilos.
52:47Dicot, Tolofua et Fontaine prennent l'or, l'argent et le bronze.
52:52Voilà pour les résultats.
52:54Le programme à venir du week-end prochain dès ce vendredi.
52:56Dès demain, début du tournoi Gold de Squash à Houston.
53:00Les Français Victor Croin et Grégoire Marche seront notamment en Lise.
53:03Et puis en volée, 21e journée de la Safforelle Power 6.
53:06Samedi soir à 20h, Chamalière à Fonte, l'Ogre Mulhouse à regarder sur nos antennes.
53:10Et puis dimanche à 15h15, comme d'habitude,
53:13vous retrouverez la boulangère Wonder League avec la rencontre entre Toulouse et Angers.
53:17Enfin, deuxième journée du championnat de France de D1 Élite de football américain.
53:22Une discipline géniale avec l'affrontement entre les Centaures de Grenoble
53:25et les Argonautes d'Aix-en-Provence.
53:27Ne loupez pas la semaine prochaine le club spécial football américain.
53:32Voilà pour le programme.
53:33Vous savez tout.
53:33Merci de nous avoir suivis.
53:34Merci beaucoup Bertrand.
53:35Merci.
53:36Merci à toutes les équipes.
53:37Nicolas Bayer, notre réalisateur.
53:38Paul Lebré au son.
53:39Virginie Lacayo Maquillage, Julien Alédito.
53:41Et moi, je vous dis rendez-vous très prochainement.
53:43Encore merci pour votre fidélité.
53:44Salut.
53:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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