- il y a 15 heures
La fonction de maire traverse une crise sans précédent, en particulier dans les communes rurales. Longtemps perçue comme le symbole du lien de proximité et du pouvoir local, elle est aujourd'hui confrontée à des défis structurels majeurs et à des pressions de plus en plus fortes. Depuis 2020, près de 2 400 maires ont démissionné, soit une hausse de 60 % par rapport au mandat précédent. Ce chiffre alarmant révèle une fragilité préoccupante de notre démocratie locale. Alors que, dans de nombreuses petites communes, la mairie demeure le dernier service public de proximité, comment expliquer une telle désaffection ? S'agit-il d'une crise passagère ou le signe d'un malaise plus profond ?
À travers le portrait de plusieurs maires et adjoints de nos villages, nous dessinerons une grande fresque sociale : celle de ces élus préférés des Français, ceux d'hier et d'aujourd'hui. Elle nous tendra un miroir sur l'évolution de cette France rurale. Ce documentaire posera aussi la question du vivre ensemble au sein de notre république. Comment voulons-nous aujourd'hui habiter notre monde rural qui représente près de 90 % des communes de l'hexagone ? Comment ces communautés villageoises, avec le maire à leur tête, font-elles face aux transformations de notre société ? Quels sont les nouveaux défis pour ces élus de proximité ? Le modèle français qui propose un maire pour chaque clocher est- il encore viable aujourd'hui ? Ou faut-il repenser l'organisation des petites communes ?
À travers le portrait de plusieurs maires et adjoints de nos villages, nous dessinerons une grande fresque sociale : celle de ces élus préférés des Français, ceux d'hier et d'aujourd'hui. Elle nous tendra un miroir sur l'évolution de cette France rurale. Ce documentaire posera aussi la question du vivre ensemble au sein de notre république. Comment voulons-nous aujourd'hui habiter notre monde rural qui représente près de 90 % des communes de l'hexagone ? Comment ces communautés villageoises, avec le maire à leur tête, font-elles face aux transformations de notre société ? Quels sont les nouveaux défis pour ces élus de proximité ? Le modèle français qui propose un maire pour chaque clocher est- il encore viable aujourd'hui ? Ou faut-il repenser l'organisation des petites communes ?
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00:00...
00:00Bonjour !
00:15Est-ce que vous auriez une minute pour répondre à des questions ?
00:17Bonjour !
00:25Quelle image as-tu des maires de France ?
00:30Je n'ai pas trop d'avis sur la question.
00:34Moi, la politique, ce n'est pas mon truc.
00:36Le maire, c'est l'élu le plus proche de nous autres, les communs des mortels.
00:42Le maire, dans une petite bourgade, connaît à peu près tout le monde.
00:46C'est plus proche d'un ami ou d'un ennemi.
00:50C'est quoi ta relation avec ton maire ?
00:52Ma relation avec mon maire, comment dire, c'est compliqué.
00:55Je suis plutôt du genre cauchiste et il n'est pas tellement de gauche.
01:00C'est quelqu'un d'abord qui écoute ses administrés.
01:03Pour moi, être un bon maire, c'est être au clair et être en paix avec ses blessures narcissiques
01:09pour pouvoir se consacrer à l'intérêt général
01:12et non pas utiliser le conseil municipal comme un hochet névrotique.
01:17C'est le premier service public.
01:29La mairie, c'est le premier des services publics.
01:31Parce qu'effectivement, quand on a un problème, on peut rentrer en mairie.
01:34Alors moi, je suis mère et mère, c'est ça.
01:36J'ai trois enfants, trois enfants en bas âge.
01:39Mes journales commencent à 6h et elles finissent souvent vers minuit
01:42parce que je sors de réunion très tard.
01:44Les gens aujourd'hui me demandent conseils pour plein de choses.
01:47Même à la limite, si c'est bien de se marier ou pas, etc.
01:52On n'est plus des notables.
01:52Vous savez, quand vous étiez maire en 1950, vous représentiez quand même quelque chose.
01:57Aujourd'hui, le maire, c'est tombé dans le quotidien des gens.
02:00Le maire, c'est le maire, quoi.
02:03Et puis c'est bien que ce soit comme ça aussi parce que, voilà, on ne cherche pas la gloire.
02:14Je me déplaçais dans le village.
02:22On est venu me voir en me disant
02:22« Est-ce que tu souhaites te présenter avec nous sur la liste partielle pour les municipales ? »
02:26Au début, j'ai dit non.
02:28Et puis ensuite, j'ai dit oui.
02:30Et je me suis retrouvé élu de 2005 à 2008.
02:33Et j'étais adjoint en charge des associations.
02:36Et j'étais élu communautaire aussi.
02:39Tout ça, ça m'a pris la main, et puis le coude, et puis l'épaule.
02:43Et puis ça m'a passionné, ça m'a plu.
02:46Et du coup, voilà, c'est comme ça que ça s'est fait.
02:51Par hasard.
02:54La vie de terrain que j'ai ici en ayant les pieds sur terre,
02:58ça m'aide énormément pour prendre des décisions ensuite au niveau des collectivités.
03:02Et vice-versa.
03:02Il faut arriver à combiner les deux.
03:07Et souvent, la vie publique prend le dessus sur la vie professionnelle et la vie familiale.
03:13En 2020, en plein pendant le Covid, j'avais des problèmes de santé.
03:17Du coup, j'ai demandé à un membre de l'équipe municipale de prendre ma place en tant que maire.
03:22En pensant que ça allégeait ma charge de travail.
03:24Mais un an après, j'ai candidaté pour le conseil départemental.
03:29Et du coup, je me suis remis une charge de travail supplémentaire.
03:34Et du coup, ce qui fait que aussi, ça a contribué au fait que notre couple est exposé.
03:41On voit que c'est les vacances.
04:08Le courrier se ralentit singulièrement.
04:12On parle souvent du maire, mais je ne pourrais pas vous parler du rôle de secrétaire.
04:17Je vais ça à contrôler si je n'en ai pas oublié.
04:21Le secrétaire de mairie, vous savez, c'est vraiment le double du maire.
04:29Je la sollicite quotidiennement.
04:32Lola, est-ce que tu peux me renseigner sur le droit de préemption sur un terrain en zone artisanale ?
04:41Savoir s'il y a un droit de préemption communale dessus.
04:44Ils ne sont pas encore j'allés chez le notaire pour faire le droit de préemption.
04:50Oui, bonjour à la mère.
04:52Éric Jacoté, maire d'Esenier, près de Charme.
04:55Voilà, il y a une transaction qui s'effectue sur ma commune.
04:59Je n'avais pas du tout en tête un jour d'être maire.
05:03Ma compagne était conseillère municipale.
05:05Et le maire de l'époque, comme il était patron d'une boîte,
05:09il a souhaité recentrer ses activités et revenir à la pérennité de son entreprise.
05:14Et donc, trois mois avant l'élection, la liste constituée était orpheline, il n'y avait plus de maire.
05:20Et ma compagne, qui était sympathique, elle leur a glissé à l'oreille,
05:23« Il va être en retraite. »
05:24Et quand ils sont arrivés chez moi, j'ai donc ouvert la porte.
05:27Et puis, j'ai lancé à ma compagne, je lui ai dit,
05:30« Tiens, ils viennent te voir, c'est pour la liste, sûrement. »
05:32Elle me dit, « Non, non, c'est pas elle qu'on vient voir, c'est toi. »
05:35J'ai dit, « Beaucoup moins. »
05:37Elle me dit, « On a une liste, mais on n'a plus de maire. »
05:42Moi, j'ai grandi à Annemasse, à côté de Genève, en quartier prioritaire de la ville.
05:58Puis après, j'ai fait mes études à Lyon, puis à Paris.
06:01Rien ne me prédisposait à être maire de mon village.
06:04Et en fait, j'ai rencontré mon compagnon qui, à l'époque, venait du Trièvre.
06:08Et donc, c'est comme ça qu'après, j'ai fait la rencontre de mon village,
06:11parce que je cherchais un travail.
06:12Et donc, j'ai d'abord été recrutée en tant que secrétaire de mairie.
06:15On a créé la Commune Nouvelle.
06:16Et il y a eu toute cette dynamique.
06:18Aussi, une très grande amitié avec le maire qui m'a recrutée.
06:20Et puis, en 2018, j'ai eu envie vraiment de plus m'impliquer encore sur ce village,
06:25parce qu'il s'était fait plein de choses.
06:27Et je me sentais coincée derrière mon bureau de secrétaire de mairie.
06:29Donc, j'ai changé de travail.
06:31Et là, je me suis vraiment investie aussi dans le tissu associatif.
06:34Et puis après, assez naturellement, quand les élections de 2020 sont arrivées,
06:37mon ancien maire m'a dit, moi, je suis trop âgée.
06:38Ça ne va pas être moi.
06:39Ce sera toi qui prendras la relève.
06:41et on sera derrière toi.
06:44Et c'est comme ça que je suis devenue maire en 2020.
06:49Bonjour.
06:51On vient voir comme vous travaillez bien.
06:53On peut rentrer ou pas ?
06:55C'est bon ? Merci.
06:57Hello, ça va ?
07:00Ah, donc là, il y a les meubles qui sont arrivés.
07:05D'accord.
07:06Donc là, ça va être la cantine.
07:08Pour les enfants de l'école, mais aussi pour les habitants.
07:11Là, il va y avoir un frigo.
07:14Et ici, il y a un petit plan de travail avec des meubles.
07:19Ça commence à prendre forme.
07:28Et là, on est dans la salle associative qui est à l'étage
07:31et qui pourra aussi servir de salle de motricité
07:35si par aventure, un jour, on ouvre une maternelle.
07:37On a quand même fait des choses un peu particulières sur ce chantier.
07:40Là, vous voyez, c'est un enduiteur.
07:43Et derrière l'enditeur, c'est une isolation paille,
07:45avec la paille du Trièvre.
07:47C'est la terre du Trièvre aussi.
07:48Et si on regarde derrière,
07:51on voit qu'il y a une grande emprise avec la rubalise.
07:55C'est de la géothermie de surface pour chauffer le bâtiment.
07:57En l'espace d'un mandat, tout a changé.
08:06Et je me dis, dans un moment où il y a tellement d'enjeux
08:09qui se posent devant nous,
08:10où moi, quand j'étais plus jeune,
08:11j'avais l'impression que l'histoire s'écrivait à côté
08:14et qu'on n'avait aucun moyen de pouvoir prendre les choses en main,
08:18c'est en faisant la rencontre de ce village
08:19que je me suis dit, en fait, on peut changer la vie.
08:21Là, on va monter un projet de maison de santé à 5 millions d'euros.
08:37C'est un investissement considérable
08:39entre la recherche de financement,
08:43le montage juridique du dossier
08:45et puis aussi ce que ça va apporter à la population,
08:48c'est-à-dire un accès aux soins pour tous.
08:49Il y a quand même une satisfaction humaine
08:53à tirer de cette mission-là.
08:55Quand on a fait le lotissement,
08:58on a reçu 14 familles,
09:01quasiment tous des jeunes,
09:02qui ont des bébés et qui ont agrandi le village.
09:05Et on leur a fait le maximum qu'on a pu,
09:09c'est le pied.
09:10On a un pôle scolaire qui réunit 7 communes.
09:13Avant, chaque commune avait son instituteur
09:16avec une classe à plusieurs niveaux.
09:17Là, il y a des moyens qui ont été mis ensemble.
09:20Je pense que pour les parents
09:21qui ont maintenant un vrai périscolaire,
09:23il y a une vraie structure, c'est une aide.
09:26On rend service et on va combler des besoins
09:29pour les habitants du territoire.
09:32Et c'est ça la satisfaction, en fait.
09:34Construire une vision partagée sur un territoire
09:36qui emmène tout un collectif,
09:37moi c'est ça qui me plaît.
09:39Avec des réalisations très concrètes
09:41et qui se font assez rapidement
09:42et qui ont beaucoup de sens et beaucoup de cohérence.
09:44Je crois qu'il faut aimer les gens, d'abord.
09:47On ne peut pas être maire si on n'aime pas les gens.
09:49Madame Lucie Laure Pointillard,
09:51consentez-vous à prendre pour être vous
09:53M. Arnold André Clouseau, ici présent.
09:59Au nom de la loi, je déclare M. Arnold André Clouseau
10:02et Mme Lucie Laure Pointillard,
10:04unies par le mariage.
10:05Sous-titrage Société Radio-Canada
10:35Autrefois, il y avait dans nos campagnes
10:37le curé, l'instit, le maire.
10:41Donc si vous voulez, on se divisait par trois,
10:43cette tâche sociale.
10:44Aujourd'hui, il n'y a plus de professeurs d'école,
10:46ils n'habitent pas sur place.
10:48De curé, il n'y en a plus.
10:50Il ne reste que le maire qui rassemble ces 100%.
10:52Et donc, on doit tout faire.
10:54Et alors nous, dans les communes moyennes,
10:56parce que je suis maire d'une commune de 5000 habitants,
10:58on a la chance de pouvoir s'appuyer sur des services
11:01qui sont quand même assez étoffés.
11:02Moi, j'ai une direction générale,
11:04j'ai un service financier,
11:05donc avec des techniciens
11:06qui quand même ont une approche assez fine
11:09de ces dossiers-là.
11:10Mais quand vous avez des maires
11:11qui ont 200-300 habitants
11:13et qui se retrouvent avec une secrétaire de mairie
11:15à 5 ou 6 heures par semaine,
11:17franchement, c'est extrêmement compliqué.
11:20Alors, je ne dirais pas qu'on est un papa,
11:22parce que ce n'est pas l'image du tout
11:23que je veux avoir.
11:24Ça ne me plaît pas du tout.
11:26Mais en tout cas,
11:27on est là pour accompagner les gens,
11:30pour les aider dans le quotidien.
11:32et c'est épuisant.
11:40Actuellement, on a un gros chantier sur la commune.
11:43Il y a des éléments que je connais,
11:44mais moi, je ne suis pas dans les travaux publics.
11:47On fait des réunions de chantier.
11:49C'est formateur,
11:50parce qu'on apprend des choses,
11:51on découvre des choses.
11:52Voilà, bon, on n'est pas en retard,
12:06on est pile poil à l'heure.
12:09Pile poil.
12:12C'est vraiment un adjoint qui est déjà là.
12:13Allez, c'est parti.
12:20J'ai juste une question, ici, là.
12:24Comment ça se fait que c'est décalé comme ça ?
12:26Ah, ok.
12:28Ça, c'est la traversée du village.
12:30Notre souhait, c'est de se mettre un peu
12:32à l'air du temps,
12:33avec à la fois la gestion intégrée des eaux priviales,
12:36ce qui est quand même quelque chose d'important
12:39pour le futur.
12:40Ça va nous permettre de faire brisser la température aussi,
12:42puisqu'on met des arbres et puis de la verdure.
12:44On aura plus cet aspect minéral.
12:47Dans cet espace-là, ça sera un espace de verdure,
12:50de l'herbe.
12:51Voilà.
12:52Donc l'eau de la route qui sera légèrement en pente comme ça,
12:55enfin, comme une route classique,
12:56et l'eau donc sera absorbée ici.
12:58On aura plus ce phénomène d'eau stagnante
13:00ou d'eau qui va aller chez les voisins, etc.
13:02Tout sera rassemblé ici et absorbé.
13:06Ah, c'est des petits joueurs.
13:10Bien sûr que ça passe.
13:26Quand on est mère, on apprend tous les jours.
13:29On est DRH,
13:31on est chef de travaux,
13:34conciliateur, médiateur.
13:37Presque toutes les semaines,
13:38on apprend un nouveau concept.
13:40Il faut savoir ce que c'est que l'auto-voltaïque,
13:41il faut savoir
13:42tous les acronymes,
13:45les SCOT,
13:46comment on fait la mobilité durable, etc.
13:50On peut faire du service
13:51dans une inauguration,
13:52on peut faire aussi de l'installation
13:54de tables et chaises,
13:56on fait des dossiers à 4 millions d'euros,
13:58des dossiers de subvention,
13:59parfois on ne comprend pas trois lignes.
14:01Non, mais franchement,
14:02on fait de tout.
14:03Alors, il faut être compétent
14:05en matière de droits funéraires,
14:07en matière de droits familiales,
14:09en matière de droits fiscaux.
14:11On m'a même un jour téléphoné
14:12pour demander comment s'écrivait un mot.
14:15Je suis professeur,
14:23professeur dans l'éducation nationale
14:25de catalan et d'espagnol
14:26au lycée climatique et sportif
14:28de Fort Rome.
14:30Entre les trajets
14:31pour aller au lycée
14:33et les réunions,
14:34je suis tout le temps sur la route.
14:36En moyenne,
14:38pour la mairie,
14:41je vais à Perpignan
14:42quatre fois par mois.
14:45C'est souvent des réunions
14:46qui durent une heure.
14:47Il faut savoir que pour aller à Perpignan,
14:49il faut quasiment deux heures
14:50et deux heures pour remonter.
14:52Donc, c'est très, très, très fatigant.
14:56Si on parle en temps de réunion,
14:59il y a les réunions en comité de commune,
15:00en syndicat, etc.
15:02Là, ça représente
15:02deux à trois réunions par semaine.
15:05Je le dis souvent,
15:13je connais,
15:14sur les 500 habitants,
15:15je connais tout le monde,
15:16mais je connais quasiment aussi
15:17tous les chiens de tout le monde
15:19parce que quand je vois ce chien,
15:21je sais que c'est à Madame Untel,
15:22donc il faut que j'appelle Madame Untel.
15:23Des fois, il va falloir aller
15:25chercher les médicaments pour Juliette
15:26ou emmener Robert faire des courses
15:30parce qu'il n'aura pas
15:31de quoi se véhiculer.
15:32Donc, ça fait partie aussi
15:33de ce qu'on a dans la tête tout le temps.
15:35Les violences intrafamiliales,
15:37on y pense peu,
15:38mais nous, on gère ça aussi.
15:40Vous avez la personne
15:40qui vous appelle à 9h du soir
15:42qui veut qu'on enferme sa femme.
15:44Vous avez les drones qui tournent
15:46et qu'il vient filmer des gens
15:48qui sont en petite tenue
15:50dans leur salle de marche.
15:52Le maire doit tout régler.
15:53On a l'impression
15:54qu'on sert vraiment à quelque chose
15:55parce que dans la journée,
15:57on va arriver à solutionner
15:58plein de petites choses.
15:59On a retrouvé le chien d'A Madame Untel,
16:01quelqu'un s'est perdu,
16:02on va leur enseigner.
16:04Et après, il y a toute la question aussi
16:06de la gestion des risques naturels,
16:08des crues torrentielles,
16:10de l'adaptation au réchauffement climatique,
16:12de la gestion des canicules
16:13parce qu'on est quand même l'acteur
16:15quand il y a une crise
16:15qu'on vient chercher.
16:16Aujourd'hui, on demande à un élu
16:18d'être à la fois politique
16:19mais aussi technicien.
16:21Donc, ça devient très compliqué
16:22et donc, certains démissionnent.
16:25Et il y a énormément de maires
16:26qui, aujourd'hui, considèrent
16:29que c'est un sincère dos
16:31d'être élu local.
16:32qui vient se relier dans notre vie d'élu,
16:42Vienne se relier dans notre vie d'élu, énormément d'interactions, une richesse d'interactions
16:57sociales énormes, et puis des sujets de quotidien et des sujets de long terme pour préparer
17:02l'avenir de la commune.
17:04J'ai l'impression qu'on va se prendre le rage.
17:12C'est quoi les commerces, c'est quoi la vie de village, pourquoi est-ce qu'on a envie
17:14de vivre ensemble ? Comment est-ce qu'on fait le jour où on a une énorme crise sociale
17:18et où ça va nous retomber dessus ? Comment est-ce qu'on fait le jour où on a des incendies
17:22monstres, le jour où on a des inondations ? Comment est-ce qu'on va se nourrir ?
17:25Ça fait quelques années qu'on essaye de gérer la collectivité comme une entreprise,
17:33le résultat quand même, c'est une casse sur les services publics sans nom.
17:37Je pense plutôt que quand on est dans une commune, le service public doit être efficace
17:43pour faire des trucs qui ne sont pas rentables, parce que les trucs qui sont rentables, ils
17:46sont pris par les entreprises.
17:48Si on pousse cette logique encore plus loin, de se dire que la France doit être l'entreprise
17:52la plus efficace et la plus rentable, la plus rentable qui existe, qu'est-ce qu'on fait ?
17:58On se retrouve avec un expert qui vient nous voir, qui nous dit qu'il faut fermer les campagnes
18:01parce que ça coûte trop cher.
18:02Quelle image avez-vous des maires de France ?
18:31L'image que j'ai des maires de France, c'est une charge très lourde pour eux
18:37et ils ont de plus en plus de difficultés à gérer leur commune.
18:40C'est eux qui prennent cher en tout premier lieu, c'est quand même le premier rempart.
18:48Je crois que la difficulté aujourd'hui, c'est que les gens sont dans une attente du tout
18:53et tout de suite.
18:54Et quand je veux tout et tout de suite, le temps de l'administration, ce n'est pas le même.
18:58Ah, moi je trouve que c'est triste aujourd'hui quand on entend des maires qui démissionnent.
19:05Non, moi je pense que c'est important qu'on ait des maires après.
19:08Entre le temps à la mairie, le temps dans les réunions, le temps où il faut aller partout
19:13voir tout le monde, etc.
19:14C'est un boulot de fou.
19:16Allez, viens voir, je te règle de ton problème tout de suite.
19:27Comment elles s'appellent les personnes ?
19:28Allez, sauvez-vous, chers amis.
19:32Merci, monsieur.
19:33C'est bien.
19:34Donc, on va donc ouvrir officiellement la réunion de conseil municipal.
19:40Un ordre du jour, somme toute, pas très important, mais des questions diverses, vous verrez où
19:44il faudra donner un petit habit qui est important pour nous.
19:49On parle beaucoup du maire.
19:50Le maire est seul.
19:51Le maire prend des décisions seul, souvent, etc.
19:53Mais il a quand même un conseil municipal.
19:54Et c'est avec le conseil municipal qu'il délibère sur quand même 90% des choses.
19:59Un maire seul ne fait rien.
20:00En fait, le maire, son job, c'est un chef d'orchestre.
20:05Dans mon conseil municipal, j'ai de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par
20:10le centre, en passant par des apolitiques, des verts, etc.
20:14Mais quand il s'agit de discuter de la couleur de la peinture de la salle polyvalente, ou
20:19de savoir si on fait le marché le jeudi ou le vendredi, on n'a pas besoin d'être
20:22de droite, de gauche, voilà.
20:24Donc, au sujet de l'antenne 5G, on a reçu une demande préalable de travaux, toute
20:29simple, sans explication.
20:31Je ne vous cache pas que j'étais un peu colère.
20:34On ne peut pas s'opposer.
20:36On ne peut pas s'opposer à l'antenne.
20:37Ils ont le droit d'implanter leurs antennes où ils veulent, en gros.
20:40Et dès l'instant où vous dites non, tac, avocat.
20:44Donc, qu'est-ce qu'on a fait ? On a dit, on va prendre des mesures préservatoires.
20:47On va dire qu'on est défavorables en leur disant que je souhaitais qu'ils reviennent
20:52vers moi.
20:54Un, déjà, je voudrais qu'elles soient implantées sur le domaine communal.
20:57Parce qu'il n'y a pas de raison qu'un mec qui n'habite pas la commune touche des
20:59subsides, alors que si on la met sur nos terrains, c'est la commune qui...
21:03qui en garde le bénéfice.
21:05Et puis deux, on voudrait qu'ils la mettent plus loin.
21:08Qui est contre sur l'homme sable ?
21:10Bon, j'ai noté que le conseil municipal, si ça devait revenir officiellement en délibération,
21:17on saurait y rentrer vers un choix négatif.
21:19Je viens de la banlieue parisienne, dans le 78 plus précisément.
21:38Je me suis installée aux trangers du fait de la qualité de vie pour les enfants.
21:42Et on a trouvé une maison qui nous plaisait bien, donc on s'est dit pourquoi pas.
21:50Salut, Karine.
21:51Bonjour.
21:54Autranger, ça faisait un an et demi qu'on n'avait plus de maire.
21:58Il n'y avait personne qui voulait se présenter par rapport aux responsabilités.
22:01Ils cherchaient un maire désespérément.
22:03Je me suis dit que je tente.
22:12Il y avait déjà un début de liste qui avait été fait.
22:15Mais personne ne voulait être maire.
22:17Et j'ai été élu à l'unanimité.
22:19Après, vu que personne ne voulait être maire, en même temps,
22:21ils n'avaient pas beaucoup de choix non plus.
22:22C'est bon.
22:23Et oui, si on pouvait faire les PV, délib et la trésorerie.
22:27Je peux signer ça.
22:28Et puis, c'est bon.
22:29OK.
22:29Il n'y a pas eu de passation de commandement ou de passation d'information.
22:35Il n'y a personne qui m'avait appris directement ce qu'il fallait faire.
22:40Il n'y a pas eu d'apprentissage.
22:43En compta, il n'y a pas de problème.
22:45J'ai déjà bossé là-dedans, en plus en compta public.
22:47Mais tout ce qui est urbanisme, voirie, j'ai dû apprendre.
22:50Et puis l'histoire de la commune, j'ai dû l'apprendre totalement.
22:53Donc, c'était un peu compliqué, les débuts.
22:55Et puis, vous êtes une femme.
22:57C'est ça.
22:58Femme, jeune.
22:59Des fois, on ne me prend pas au sérieux.
23:01Ou je ne suis pas crédible aussi, quand les gens rentrent dans la mairie et pensent que je suis la secrétaire.
23:05Souvent, c'est ça.
23:06Quand on parle d'un maire, c'est monsieur le maire.
23:08Donc, j'en reprends certains.
23:10C'est compliqué.
23:18Est-ce que vous avez tous la note de synthèse ?
23:20C'est bon ?
23:21On peut démarrer ?
23:22Oui.
23:22Alors, qui veut être secrétaire de séance ?
23:26C'est toi ?
23:28J'ai fini le système.
23:29Donc, c'est bon.
23:30Allez.
23:31C'est donc toi qui t'occuperas du PV du conseil.
23:34Quand vous êtes élu, vous vous retrouvez dans un espèce d'entonnoir où vous subissez les réunions, les thématiques, les sujets.
23:43Et il y a vraiment un très gros travail de prise de hauteur et de prise de liberté politique pour construire son propre agenda.
23:48Et je trouve qu'il y a assez peu d'élus qui ont cette audace.
23:52C'est-à-dire de dire, moi, ce sujet-là, il y a des agents de la fonction publique qui peuvent très bien le suivre.
23:57Je ne sais pas, je parle d'entretien de voirie, d'éclairage.
23:59C'est ce qui me vient tout de suite en tête.
24:01Et de choisir pourquoi j'ai été élue, moi.
24:03C'était quoi mon projet et c'est quoi qui me tient à cœur.
24:06Et de prendre le temps pour avancer sur mes dossiers.
24:09Avancer sur ma vision des choses.
24:11Porter de l'innovation.
24:13Ouvrir des champs qui n'existaient pas avant.
24:15Qu'est-ce que je veux dire par là, c'est que demain, si on décide de relancer un centre de vacances,
24:20si ce n'est pas la commune de Châtel qui le fait, ça ne se fera pas.
24:23Ça demande vraiment une énergie politique, une volonté politique, un équilibre économique qui n'est pas facile à trouver.
24:28Mais nous, on peut y arriver.
24:29Et je pense que si on le fait, on peut rouvrir ce centre de vacances.
24:32Donc là, je pense qu'on comprend pourquoi on met de l'argent public.
24:35C'est absolument essentiel sur la vie du village.
24:37Vivre, c'est bouger.
24:39Ce n'est pas rester avec des liés aux comptes qui s'efforment sur la tête des gens.
24:42Puis il faut respecter les gens qui vont y vivre demain.
24:45C'est devenu totalement insalubre.
24:47Attendez, attendez, portez pas de là.
24:48On a signé le contre-rendu ici.
24:51Je pense que c'est mangé de prolonger le partenariat.
24:54Il y a vraiment un côté très nourrissant de voir des moments d'effervescence sur le village
25:00avec les gens qui construisent ensemble.
25:03Moi, je sais qu'il n'y a rien de plus beau que de voir un collectif
25:07qui a envie de faire des projets ensemble, de les concrétiser,
25:12et avec une convivialité, une joie de vivre retrouvée.
25:17Après, sur le côté négatif,
25:19alors je dirais que c'est la difficulté de concilier tout
25:25avec des journées qui n'arrivent pas à faire plus de 24 heures.
25:30La fonction de maire, dans le temps, elle a beaucoup évolué.
25:33Les anciens maires, il n'y avait pas Internet, par exemple.
25:36Internet, c'est une arme redoutable.
25:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut vous joindre à toutes les heures du jour et de la nuit,
25:41vous envoyer des mails.
25:42Avant, quand on voulait discuter avec le maire,
25:45il fallait se déplacer, il fallait venir.
25:48Le métier a complètement été transformé.
25:50Mon prédécesseur, lui, qui avait une activité,
25:54il passait un peu le soir,
25:57il discutait un petit peu avec la secrétaire le temps qu'elle était là,
26:00il travaillait une heure le soir.
26:06Moi, je veux dire, c'est mon quotidien, la mairie.
26:09C'est vrai qu'être révu, c'est un impact assez important,
26:12en fait, sur notre site privé.
26:13Les réunions, en fait, ça peut être un petit peu tout le temps.
26:16Il y a des choses la semaine, il y a des choses le soir,
26:18il y a des choses le week-end.
26:21Et ça nécessite de s'organiser un petit peu,
26:23et ce n'est pas toujours évident pour les gens qui sont autour.
26:32Est-ce que si on va aussi bénéficier à ces problématiques-là,
26:37ou est-ce qu'il y a un autre...
26:40On va s'actérir, il y a des principes.
27:00Tout est profond, comme nous, on va aussi.
27:02Il y a eu quand même un tournant dans la fonction de maire.
27:14Moi, je suis maire depuis 2017,
27:16et je vois que depuis 2020, la fonction a totalement changé.
27:20Et il y a eu un événement qui s'appelle le Covid.
27:22Et ce Covid, vraiment, il a eu un impact sur le comportement,
27:27ou plutôt l'attente des concitoyens par rapport à leur élu de proximité.
27:33Aujourd'hui, on me contacte 24h sur 24, 7 jours sur 7.
27:38On peut m'envoyer des messages à 3h du matin, 4h du matin.
27:41Si à 7h du matin, je n'ai pas répondu,
27:43je vais recevoir 18 points d'interrogation en disant
27:45« Mais vous pouvez me répondre ».
27:46J'entends des maires de petites communes,
27:48ils sont désespérés.
27:50Des fois, je les vois, je regarde sur leur bureau,
27:52ils ont 500-600 mails d'en retard.
27:54Parce que ça leur fait peur d'ouvrir le truc.
27:57Ils ont peur.
27:58Non, mais c'est vrai, c'est une réalité.
28:00On parle toujours de la charge mentale pour les maires de famille,
28:03mais la charge mentale des maires, M-A-I-R-E,
28:05est, je pense, similaire.
28:06C'est 7 jours sur 7, 365 jours par an.
28:09Il n'y a aucun arrêt à aucun moment.
28:10On a tous des situations, on est en vacances,
28:14on a oublié de couper notre portable
28:16alors qu'on est en train de faire une marche.
28:18Et d'un seul coup, on apprend que tel agent communal s'est blessé
28:22ou qu'il y a eu quelque chose d'important.
28:25On ne s'arrête jamais, en fait.
28:26Moi, ça fait 25 ans que je dors avec le portable sur la table de nuit.
28:29Tant qu'on n'est pas maire,
28:30on ne se rend pas compte de ce que c'est d'être maire.
28:33Quoique, on peut être adjoint,
28:35on peut être premier adjoint, deuxième adjoint.
28:37Le sens de la responsabilité n'est pas le même.
28:39parce que tout repose sur toi
28:40et s'il y a un problème, c'est toi qui payes.
28:43Et qui payes pénalement.
28:45Il est notamment responsable de la sécurité,
28:47de l'hygiène, de la tranquillité.
28:50Vous êtes censé tout savoir.
28:51Et vous avez surtout...
28:53Le maire a une responsabilité terrible.
28:56C'est-à-dire qu'au bout, il est responsable.
28:59Ce qui se passe,
29:00c'est que notre cheveu comme a fait,
29:01elle vient de chez moi, là.
29:02Oui, qu'est-ce qu'elle a ?
29:04Elle roule dessus.
29:07Pourquoi elle a un camion ?
29:08Quand elle vient avec la camionnette, oui.
29:12Elle ne peut pas rentrer avec la camionnette chez vous ?
29:14Comment tu veux rentrer là-dedans ?
29:16Autoportée, la tourneuse.
29:17Oui.
29:18Ce n'est pas possible de tourner là.
29:23Soit on pète l'entrée là,
29:24puis on la fait plus large.
29:26On pète l'entrée là, oui.
29:27Tu vas laisser comme c'est là.
29:28Moi, de toute manière, ma fille,
29:34elle a dit,
29:35si elle ne peut pas mettre la voiture là,
29:37elle rentre sous ton machin d'herbe.
29:39Moi, je voudrais seulement
29:41qu'on puisse mettre la camionnette
29:43et descendre au moins le truc.
29:46Qu'elle puisse au moins mettre
29:47une voiture comme ça.
29:48On ne peut pas mettre la camionnette, là.
29:50Comme ça.
29:51Je ne peux pas la faire rentrer
29:52pour décharger.
29:53On sera à niveau, les deux ?
29:55Oui, ça va s'arranger.
29:57Ne vous inquiétez pas.
29:59C'est pour ça que je ne vous ai pas pris au téléphone.
30:00Il vaut mieux qu'on en parle devant.
30:02Parce qu'au téléphone,
30:03vous mourriez en guirlandais au téléphone.
30:04Ah bah oui, je rigolais.
30:05Ah bah oui, je vous connais.
30:06C'est tout à fait légitime de râler
30:08quand on n'a pas pu dormir
30:09parce qu'il y avait un concert
30:09sur la place du village.
30:11Mais en même temps,
30:13c'est bien aussi d'avoir un concert
30:14sur la place du village
30:15parce que c'est de l'animation culturelle.
30:18Le maire, il est là pour justement,
30:21quand c'est possible,
30:22pour régler ce genre de problème.
30:25Généralement, c'est des problématiques
30:26qui sont privées.
30:27La commune qui doit
30:28ou qui peut intervenir.
30:30Et puis, il y a du juridique
30:31qui peut venir et se mettre là-dedans
30:32qui fait qu'on marche toujours
30:33un petit peu sur des oeufs.
30:35Et il y a des situations
30:36qui ont commencé en 2020
30:37qui ne sont toujours pas réglées.
30:39Et quand on voit qu'on patine comme ça,
30:40c'est parfois difficile
30:42parce que ça prend en fait
30:42énormément d'énergie
30:43pour pas grand-chose
30:45en termes de résultats
30:46et en termes collectifs.
30:48J'ai des collègues
30:48qui se sont retrouvés
30:49avec des coups de poing
30:50et des trucs comme ça
30:50en disant,
30:51« Attends, je suis le maire,
30:52tu sais pas qui je suis,
30:53je suis le maire, moi ici. »
30:54« C'est moi un peu le shérif. »
30:55Et paf !
30:56C'est le côté sombre
30:57de la fonction de maire, ça.
30:58Ça, c'est une bibliothèque municipale.
31:23Tout le monde peut venir chercher des livres.
31:25Nous avons une atsem
31:27qui fait bibliothécaire.
31:29Bon, là, c'est une petite salle
31:31de brassage
31:32où il y a les ordinateurs,
31:35il y a tout ça.
31:36Ici, c'est maternelle,
31:38grande section.
31:39Pour le moment,
31:40je pense qu'on est tranquille encore
31:41trois ou quatre ans
31:43avec les enfants que nous avons
31:44qui sont rentrés.
31:46Mais je ne fais pas d'illusion.
31:47Je pense qu'à long terme,
31:48il y aura une école cantonale
31:50à Domper
31:50avec le peu d'enfants
31:53qui restera.
31:55On a eu la chance
31:55avec notre lotissement
31:56de nous faire amener du personnel,
31:58des enfants.
32:00Mais ça va être très compliqué
32:01dans les années à venir.
32:03Mon premier mandat
32:04de 2014 à 2020,
32:08ça ne s'était pas trop mal passé.
32:10Bon, il y a toujours
32:10des petites bisbrouilles,
32:12le coq qui chante,
32:13ça, ça allait.
32:14Mais à partir du Covid,
32:15là, ça s'empirait.
32:16Les gens sont devenus
32:17très agressifs.
32:19On vous traite de gros cons,
32:20on vous dit que
32:21vous n'auriez jamais dû être maire
32:23parce qu'incompétence, etc.
32:25Et ça me surprend surtout,
32:26ce sont des gens
32:27que j'ai côtoyés à l'école,
32:28avec qui j'étais à l'école
32:29et qui deviennent intolérants
32:30comme ça.
32:31Et ça, c'est inadmissible.
32:32Moi, j'ai un cas particulier
32:34qui me vient en tête.
32:35J'avais refusé
32:36un permis de construire
32:37puisqu'il ne répondait pas
32:38à la législation.
32:40Eh bien, on est venus
32:41dans mon bureau
32:42avec un petit cadeau
32:46assez hors-durier,
32:47mais je veux dire,
32:49voilà, on applique
32:50la législation.
32:51Enfin, un maire
32:52est quand même avant tout
32:53un représentant de l'État.
32:55Il y a quand même
32:55un certain nombre de personnes
32:56qui viennent,
32:57j'aurais du mal à dire
32:58un pourcentage,
32:59mais qui viennent en disant
33:00voilà, la règle, c'est ça,
33:02mais comme toi,
33:03tu es maire,
33:04tu peux déroger.
33:06Donc, en fait,
33:07ils demandent de déroger,
33:08en fait.
33:08Donc, voilà,
33:09les gens savent la règle,
33:10mais ils disent
33:11nous, nous, non,
33:12comme tu es maire,
33:14tu peux déroger.
33:15Et donc, là,
33:16voilà,
33:17on est obligé d'expliquer
33:17pourquoi nous,
33:18on ne peut pas déroger,
33:19justement.
33:20Mais ce n'est pas
33:21toujours facile.
33:22On sert d'éponge.
33:24Moi, je vois la différence
33:25entre le début
33:26de mon premier mandat
33:272014
33:27et aujourd'hui.
33:29C'est beaucoup plus compliqué
33:30aujourd'hui.
33:31Les gens sont
33:31beaucoup plus agressifs,
33:33partent du principe
33:34que tout est dû
33:34et que la mairie
33:36leur doit tout.
33:36À partir du moment
33:37où ils paient des impôts,
33:38ils pensent que
33:39la mairie leur doit tout.
33:40Mais il y a un petit nombre
33:41qui pensent que
33:42vu qu'on est payé
33:43par la commune,
33:44c'est eux qui peuvent
33:45nous donner des ordres.
33:46Voilà.
33:47Mais à tous,
33:48que ce soit la secrétaire,
33:49l'agent communal technique,
33:51moi, les adjoints.
33:53Voilà.
33:53On est payé par la commune,
33:55donc ils peuvent
33:56nous donner des ordres.
33:57Ben non.
33:57Un maire qui peut dire
33:58oui à tout,
33:59c'est le rêve absolu.
34:02Mais malheureusement,
34:03ça n'existe pas.
34:04Et l'intérêt collectif,
34:06ce n'est pas la somme
34:07des intérêts individuels.
34:09Sous-titrage Société Radio
34:39On prend beaucoup de coups.
34:47On est percuté
34:48à longueur d'années,
34:50y compris sur les petites choses.
34:52Voilà.
34:52Donc, un exemple
34:54pour illustrer ça.
34:55Donc, voilà,
34:56je suis arrivé un matin
34:57en mairie,
34:57je travaille,
34:59donc je suis passé
35:00un petit peu en décalé.
35:01et d'un seul coup,
35:02il y a une personne
35:03hyper énervée
35:03qui rentre dans la mairie
35:04et qui hurle après moi.
35:06Et en fait,
35:06ce qui s'était passé,
35:07c'est que c'est une personne
35:09qui voulait se faire mettre
35:09la fibre.
35:10Et l'installateur,
35:13qui est délégué par la région,
35:14puisque c'est la région
35:15qui a la compétence,
35:17donc avait simplement dit
35:18« je n'arrive pas
35:19à mettre la fibre,
35:19c'est de la faute du maire,
35:20il n'a pas déclaré votre maison
35:22et donc c'est de sa faute,
35:23donc adressez-vous à lui. »
35:25Et ça, c'est une vraie violence
35:27parce qu'en fait,
35:27on a une certaine formation,
35:29on a une certaine connaissance,
35:30mais il y a des sujets
35:31comme celui-là, par exemple,
35:33où il tombe dessus
35:34et la violence, elle reste.
35:36Et puis, sur l'instant,
35:37il n'y a pas de réponse,
35:38en fait,
35:38puisque ce n'est pas nous.
35:40Mais non,
35:40je vais l'appeler quand même
35:41parce que...
35:42Ouh !
35:46Il faut écouter, les enfants, hein !
35:57Il faut écouter,
35:58sinon je viens vous voir, moi !
36:00On m'emmène !
36:01Il y a du mal.
36:07J'ai vécu un moment très difficile,
36:09une expérience avec un enfant.
36:11Je ne veux pas trop rentrer
36:13dans le détail
36:13parce que c'est un enfant
36:14qui avait un parcours de vie horrible,
36:16mais ça, on ne le sait pas
36:17quand on est maire.
36:18C'est quelqu'un qui n'était pas du village
36:19et il avait frappé un jeune du village
36:21et il l'avait blessé au sang.
36:23Donc les gamins viennent
36:24et ils me disent
36:24« Ouais, il a mis un coup de poing ! »
36:27Donc je sors
36:28et le gamin ne sait pas
36:29que je suis le maire.
36:31Et moi, je ne lui dis pas tout de suite
36:32que je suis le maire.
36:34Je sors
36:34et lui, il m'agresse tout de suite.
36:37Il était déchaîné, le gamin.
36:38Il avait...
36:39Voilà, il a passé le cap,
36:40comme on dit.
36:40Et il a voulu me frapper aussi.
36:45Donc j'ai mis ma main en opposition
36:46comme ça pour pas que...
36:48Voilà.
36:48Et il m'a donné le téléphone
36:51de sa maman
36:51parce qu'on n'arrivait pas.
36:53Je n'arrivais pas à le calmer.
36:54Et sa maman est venue.
36:56On s'est retrouvés dans le bureau.
36:57Le gamin était dehors
36:58et puis on a discuté.
36:59Elle nous a raconté
37:00le parcours de vie.
37:01Les gendarmes m'ont dit
37:01« Vous portez plainte. »
37:03Je dis « Vous savez, non.
37:04Non, non.
37:05Ce que je viens d'entendre,
37:06c'est juste très dur.
37:09C'est encore une émotion
37:10quand j'en parle
37:11parce que c'est un moment
37:12qui m'a marqué profondément
37:13dans ma fonction de mère.
37:15C'est un moment
37:15que je ne souhaite pas aux autres
37:16parce que,
37:17étant agressé par un enfant de 13 ans,
37:20certes,
37:21on avance certainement sur son âge,
37:22mais un parcours de vie difficile.
37:24Et quand il était calmé,
37:25le gamin,
37:26il est venu et on a discuté
37:27tous les deux.
37:28Voilà.
37:29Et aujourd'hui, on se salue.
37:31Il a grandi.
37:32Il a 4 ans de plus.
37:33Il a 17 ans.
37:34Et on est en bon terme.
37:38Il faut savoir encaisser les coups
37:41parce que c'est une fonction
37:43qui peut être très rude
37:45quelques fois.
37:48J'ai eu des menaces de mort
37:49à plusieurs reprises.
37:51Le premier sentiment,
37:52c'est un sentiment de culpabilité
37:54parce que vous vous dites finalement
37:55« Mais qu'est-ce que j'ai pu faire
37:57à quelqu'un
37:57pour qu'il souhaite ma mort ?
37:59On se sent coupable. »
38:01J'ai découvert ça
38:04dans la boîte aux lettres.
38:06Et par la suite,
38:07j'ai eu d'autres menaces,
38:09des photos de moi
38:11avec le crâne fendu,
38:13du sang qui coulait.
38:15Et plusieurs fois,
38:18dans la nuit,
38:18des appels anonymes
38:20du style
38:22« On décroche,
38:23on ne sait jamais
38:24ce qui peut arriver.
38:25Qu'est-ce que vous voulez ?
38:26On veut ta mort ? »
38:27Voilà, etc.
38:28J'ajoute aussi
38:29que peu de temps avant,
38:31il y a eu des coups de fil
38:34chez ma maman
38:35âgée de 92 ans.
38:36Donc là, vous voyez,
38:38il y a un moment
38:40où on ne peut plus accepter.
38:42Et puis on banalise.
38:43Si on accepte,
38:44on banalise.
38:46Après, on se dit
38:47« Pourquoi ai-je accepté
38:49cette fonction ?
38:49Est-ce que je n'aurais pas été mieux
38:50chez moi en famille
38:51à faire mon jardin ? »
38:54Et voilà,
38:54c'est quand même compliqué,
38:57surtout chez les proches
38:59qui le vivent très mal.
39:00Ma famille l'a mal vécu.
39:06Le premier conseil municipal
39:29que j'avais fait,
39:30on a décidé de nouveaux tarifs
39:32pour l'allocation
39:32de la salle des fêtes.
39:33Je me suis dit
39:34« Autant commencer
39:34par un truc
39:36assez facile,
39:37mais cette décision
39:38votée à l'unanimité
39:40du conseil
39:40est mal passée
39:41dans la population
39:42et certains ont monté
39:44une campagne contre moi. »
39:47Et puis de là,
39:48en fait,
39:48il y a eu un harcèlement constant.
39:51Chaque décision
39:51que je prenais
39:52de toute façon,
39:52il fallait que ça
39:53me fasse taper
39:54sur les doigts tout le temps.
39:55Donc ça commence
39:55à bien faire.
39:57Et là, dernièrement,
39:58il y a eu menace de mort
39:59en disant
40:00« Si jamais il se produit ça,
40:02je vais sortir le fusil,
40:03je vais les dézinguer. »
40:04Donc moi et mon compagnon,
40:05du coup,
40:05il y en a
40:06qui sont tellement agressifs
40:07qu'ils ont envoyé
40:08leurs enfants harceler
40:08les miens.
40:09Donc c'est pas une vie.
40:11C'est pas une vie
40:12ni pour moi
40:12ni pour mes enfants.
40:13« À ce moment-là,
40:27avec tout ce que je subissais
40:29comme harcèlement,
40:30rien qu'à d'aller à la mairie,
40:31je n'arrivais pas à réfléchir.
40:33Bêtement,
40:34j'allais derrière la salle des fêtes
40:35avec la musique dans les oreilles,
40:36je m'allongeais dans l'herbe,
40:37je n'arrivais plus à remonter.
40:38Mais forcément,
40:40je ne vais pas mentir,
40:40il y a des jours où ça va,
40:41il y a des jours où ça ne va pas.
40:42Mais parce qu'une dépression,
40:43on n'en sort jamais indemne.
40:45En fait,
40:49on se raccroche aux gens
40:50de la commune
40:51qui sont sympas.
40:52Par exemple,
40:53à la mairie,
40:53on a tout un mur
40:54avec des petits mots gentils,
40:56des gens soit qui sont passés
40:57avec leur camping-car,
40:58soit des administrés
40:59qui ont bien aimé
41:00un truc qu'on a fait
41:02au style
41:03la livraison du colis des aînés.
41:05On a reçu une lettre derrière
41:06de remerciements et tout.
41:08Donc,
41:09on se raccroche à ça.
41:15Aujourd'hui en France,
41:1820% des mères sont des femmes.
41:20Comment vous expliquez ça ?
41:22C'est déjà dur pour tous les mères
41:24et je pense que c'est deux fois
41:26plus vrai pour les femmes.
41:28C'est compliqué de se faire
41:29une place toujours,
41:30je pense,
41:31en tant que femme.
41:33Et aussi,
41:34j'imagine que ça doit faire plus peur.
41:36Une femme qui a des enfants jeunes
41:38ne peut pas le faire.
41:45Alors là,
41:52je suis sur qui ?
41:53Colin ?
41:54Donc,
41:55il faut qu'on fasse
41:55l'histoire géo.
41:58Quand je suis devenue mère,
41:59mes enfants avaient
42:006 et 8 ans.
42:02Il faut aussi savoir
42:02que j'ai divorcé,
42:03donc c'est moi
42:03qui élève mes enfants
42:05la majeure partie du temps.
42:06Donc,
42:06toute la semaine
42:07et puis un week-end sur deux,
42:08la moitié des vacances.
42:10Mais t'as vu,
42:10il s'appelle
42:11Monsieur Pélicier,
42:12exactement comme notre amour.
42:13C'est marrant.
42:14Et c'est vrai
42:15que le problème,
42:16c'est qu'en fait,
42:18tout le mandat électif
42:19se construit le soir
42:20après le travail
42:21et sauf que c'est le moment
42:22où tout le monde
42:23vous attend à la maison
42:24pour aller chercher
42:25les enfants à l'école,
42:26pour les accompagner
42:27à faire les devoirs,
42:28pour vivre sa vie
42:28de famille normale,
42:29jouer,
42:30faire à manger,
42:32être présent.
42:33Pour vendredi,
42:34t'as de l'anglais ?
42:35L'anglais,
42:36c'est déjà fait,
42:37j'ai déjà fait.
42:37Du français et des maths.
42:39Aujourd'hui,
42:40la vie politique
42:41qui est dominée quand même
42:42par des hommes
42:43d'un certain âge
42:44n'est pas du tout adaptée
42:46à une vie familiale épanouie.
42:47Et c'est vrai que bien souvent,
42:48on nous dit,
42:49et ça a été un peu les débats
42:50sur le statut de l'élu,
42:51on va vous rembourser
42:52plus de frais de garde,
42:53etc.
42:53Mais moi,
42:54ce que je demande,
42:54c'est pas ça,
42:55c'est que je demande
42:56le fait d'être présente
42:57avec mes enfants le soir.
42:58J'ai envie d'être mère
42:59et mère en même temps.
43:01Épanouie.
43:01Je n'ai qu'un seul es
43:04à Pellissier.
43:05Moi,
43:05j'ai eu à connaître
43:06une situation en 2018
43:07lorsque je suis tombée enceinte
43:09où je me suis vue appeler
43:11l'assurance maladie
43:13pour leur demander,
43:13écoutez,
43:14je suis maire d'une commune
43:15de 5000 habitants,
43:17j'attends un enfant.
43:19Est-ce que vous pouvez
43:19m'expliquer
43:20comment je vais
43:22assurer mes missions
43:24ou comment je vais
43:25être indemnisée
43:26durant ce congé maternité ?
43:28Et là,
43:29on m'a dit,
43:29écoutez,
43:30ma petite dame,
43:31on n'a pas de réponse
43:31à vous donner,
43:32on ne sait pas.
43:34En gros,
43:34il n'y avait absolument rien
43:36de prévu
43:37dans le statut de l'élu,
43:38qui est quand même
43:38un statut qui a été écrit
43:40il y a très longtemps
43:41par les hommes
43:42pour les hommes,
43:43rien qui prévoyait
43:44une situation
43:45où une femme
43:46tombée enceinte.
43:47Et du coup,
43:48je suis venue
43:48avec mes jumeaux
43:50dans mon bureau
43:51et puis j'ai exercé
43:53mes fonctions
43:54tout à fait normalement
43:55sans prendre
43:55un seul jour
43:56de congé maternité.
43:58Moi,
44:02depuis le début
44:02du mandat à l'interco,
44:03je demande
44:03des conditions
44:04de visioconférence
44:05pour ne pas être obligée
44:06de traverser le territoire
44:07tout le temps
44:07et de pouvoir rester
44:08avec mes enfants
44:09le soir.
44:10Et ça fait six ans
44:11que je demande ça,
44:11il n'y a toujours pas
44:12les conditions
44:13de visioconférence
44:13qui ont été mises
44:14en place.
44:16Le portrait type
44:18du maire,
44:19c'est quand même
44:20un homme
44:21qui va avoir
44:22plus de 60 ans,
44:23qui est à la retraite,
44:24etc.
44:24Et pour eux,
44:25faire des réunions
44:26à 18h,
44:26c'est parfait,
44:27ça va très bien.
44:27Et on n'a pas envie
44:29de changer tout ça.
44:31Sauf que ça bloque
44:32l'arrivée des nouveaux,
44:34des nouvelles énergies.
44:36Et c'est en ça
44:37que j'aimerais beaucoup
44:38demain que ce soit
44:38une présidente
44:39qui prenne la place
44:40sur l'intercommunalité
44:41parce que je me dis
44:42ça lèverait énormément
44:44de freins à l'engagement
44:45et puis ça impulserait
44:47une autre manière
44:47de faire la politique.
44:48Ça, j'en suis sûre.
44:49C'est moi qui commence ?
44:54Et pourquoi
44:55t'as une carte
44:55prume, c'est pas moi ?
44:56Il faut une vraie énergie
44:57pour porter des projets,
44:58aller chercher des subventions,
44:59mobiliser ses équipes,
45:00mobiliser les habitants,
45:01faire les choses ensemble,
45:02en collectif.
45:04Et en même temps,
45:06une indemnité si faible
45:07qui fait qu'on est obligé
45:08de cumuler
45:09d'autres fonctions
45:09en tant qu'élu,
45:10de continuer
45:11une activité professionnelle
45:12pour remplir le frigo
45:13et en même temps,
45:14toutes les charges familiales
45:15et ça, en fait,
45:17ça colle pas.
45:32On vit de nos moutons,
45:34les rivières chantent
45:35notre liberté.
45:37Les coteaux réveillent
45:39notre ferme.
45:40Ici, c'est le pays du saucisson
45:46Oui, il s'en a.
46:01Il est là, il s'en a.
46:02Pour aujourd'hui être élu et faire correctement son boulot, il faut avoir un peu d'argent.
46:20Parce que la bouffe et le loyer, ça se paye pas tout seul.
46:23Moi, maire d'une commune d'un peu plus de 500 habitants, le mandat que j'ai pour la mairie
46:29me permet d'avoir un peu plus de 700-750 euros par mois net pour vivre.
46:37Tout ça me laisse en dessous du seuil de pauvreté.
46:39Le revenu d'un maire d'une commune de 600 habitants, c'est de l'ordre de 650 euros par mois.
46:45Et ça vous prend 30 heures par semaine.
46:48Il faut cumuler en plus de votre travail.
46:50Moi, j'ai mon cas personnel. J'ai deux enfants que je fais garder chez une assistante maternelle.
46:55J'en ai grosso modo pour 1500 euros de frais de garde par mois.
47:00Puis après, je rajoute mon autre qui va à l'accueil de loisirs, 300 euros.
47:04Donc mon indemnité de mère passe quasiment dans les frais de garde d'enfants.
47:09Au-delà des difficultés personnelles que ça pose, moi, ce qui me fâche et me rend en colère,
47:16c'est de penser que la démocratie n'est pas accessible à tous.
47:18Sous-titrage Société Radio-Canada
47:48Je pense qu'on est à la fin d'un système, comme on est à la fin de la Ve République,
48:02et qu'il va falloir revoir sa copie pour arriver à être plus efficace,
48:06à travailler mieux, pour résoudre les problèmes des gens,
48:10sans refaire la même chose dans chaque commune de 200 habitants tout autour de la France.
48:18Moi, je suis assez radicale.
48:20C'est que moi, je suis pour une professionnalisation du mandat.
48:23Alors après, il y a certains qui vous diront
48:24« Mais c'est comme ça qu'après, on va avoir des élus qui seront des professionnels de la politique ».
48:30Mais c'est déjà le cas, en fait.
48:31On a déjà des élus qui sont des professionnels de la politique.
48:34En fait, c'est certaines personnes qui peuvent se permettre.
48:37Donc on détourne le regard.
48:38Moi, je pense qu'au contraire,
48:40d'offrir les conditions de professionnalisation de la fonction,
48:42c'est l'ouvrir à tous.
48:43Et après, si vous ne voulez pas qu'il y ait de cumul dans le temps,
48:46vous encadrez les mandats dans la durée.
48:48C'est-à-dire un mandat pour apprendre,
48:51deux mandats pour faire,
48:52trois mandats pour transmettre,
48:54et après, c'est terminé.
48:55Et puis, vous retournez à la vie active.
48:56Moi, je ne suis pas contre que le statut de l'élu soit inscrit dans le Code du travail,
49:00vous voyez,
49:00parce que je considère qu'un élu et un maire,
49:04au quotidien, ils travaillent.
49:06On n'enfile pas des perles.
49:07Enfin, non.
49:09Que serait la République sans ces maires ?
49:12Bonjour.
49:20Est-ce que vous auriez une minute pour répondre à un micro-trottoir filmé ?
49:23C'est sur les maires de Fouz.
49:26Écoutez, votre question est assez extraordinaire,
49:29parce que je suis là en vacances,
49:32et j'ai été moi-même maire de Genève.
49:34Alors, on a l'avantage, si vous voulez, nous, en Suisse,
49:36de ne pas avoir une sorte de reconduction tacite.
49:40Nous avons l'habitude, en ce qui nous concerne,
49:44d'être élu pour cinq ans,
49:46mais d'être maire une année,
49:47parce que nous sommes collégialement élus.
49:49Il faut savoir trouver un dénominateur commun
49:52pour faire passer ces idées.
49:54Mieux partager le pouvoir,
49:56c'est aussi garantir une sécurité
49:58pour celles et ceux qui l'exercent.
50:31Finalement, après cette expérience,
50:32est-ce que vous avez décidé de vous représenter ?
50:37Alors, il y a des jours, oui, il y a des jours, non.
50:42Alors, oui, là, j'ai décidé que j'allais repartir en 2026
50:45avec une équipe un peu renouvelée,
50:48mais quand même avec mes piliers qui repartent avec moi.
50:50C'est eux qui m'ont pas mal boostée pour retourner aussi.
50:54Être maire, pour moi, c'est une passion.
50:55Donc, je me pose même pas la question si je me représente,
50:58parce que je vis maire et j'adore.
51:01Moi, j'ai passé ma vie dans les associations
51:03et donc, moi, j'ai toujours ce sens
51:06de service aux autres, on va dire.
51:10Mais là, j'ai pas pris ma décision
51:12par rapport au mandat suivant.
51:14J'avais que celui-ci, vraiment, un mandat très, très, très dur.
51:21Si, déjà, la dernière fois, je voulais plus me présenter
51:24et au bout du compte, personne ne voulait être maire.
51:29J'arrive sur 78 ans, je veux pas reprendre un mandat
51:32pour supporter tout ça.
51:33Ça devient difficile.
51:35Moi, j'arrête parce que je considère
51:37qu'il y a un âge pour tout.
51:39Je suis à l'aube de mes 70 ans,
51:41donc je pense que, voilà,
51:42parce que les mandats de maire, c'est long.
51:44Ça a été très intéressant, j'ai été très actif,
51:47très présent.
51:48Je pense qu'aujourd'hui, je suis plus incapacité
51:50d'apporter quelque chose de neuf.
51:52Je ne vais pas me représenter,
51:54on va se représenter.
51:56Pour le moment, on est candidat, en tout cas,
51:58à continuer.
52:00Vous allez pas vous...
52:01Non, non.
52:04Non, non, je vous ai dit, là,
52:06je m'occupe de moi,
52:09enfin, de... voilà.
52:11Non, non, j'ai compris.
52:13Si on savait avant ce que ça comporte,
52:17je ne suis pas certain qu'on dirait oui.
52:18Alors, moi, j'ai été maire pendant 10 ans
52:21d'un petit village de moins de 40 habitants
52:23et j'entourage tout le monde à essayer une fois dans sa vie
52:26d'être élue,
52:27de prendre ce rôle-là.
52:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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