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  • il y a 1 jour
À LA UNE / Élections : radiographie du vote RN

En vingt ans, la France a perdu 18 000 bars-tabacs. Une « recomposition silencieuse de l'infrastructure sociale des territoires » qui n'est pas sans lien avec la progression de l'extrême droite, selon une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications. En croisant vingt ans de données sur les fermetures de ces établissements avec les résultats électoraux, le chercheur Hugo Subtil montre que ces disparitions sont « un marqueur et un accélérateur de la désagrégation des réseaux sociaux locaux ». Ce phénomène s'inscrit dans un mouvement plus large de désertification commerciale, de retrait de l'État et d'allongement des distances domicile-travail. « Ce n'est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l'effritement des conditions matérielles de la délibération » : « lorsque les lieux de sociabilité disparaissent, la politique devient un face-à-face entre l'individu isolé et les grands récits médiatiques, où les discours offrant des réponses simples disposent d'un avantage structurel » explique-t-il. Ce phénomène s'inscrit dans une progression continue du Rassemblement national : selon une étude Viavoice publiée le 30 octobre 2025, 54 % des Français se disent prêts à voter pour le parti « à l'avenir », soit une hausse de 11 points en un an, confirmant son ancrage dans l'opinion malgré les procédures judiciaires en cours visant Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du parti rémunérés par des fonds européens. Comment comprendre et expliquer ces dynamiques de vote pour l'extrême droite ?

Invités :
- Hugo Subtil, chercheur à l'université de Zurich, doctorant en économie,
- Mathieu Souquière, essayiste, expert associé à la fondation Jean-Jaurès,
- Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion d'Ipsos-BVA.

Chroniques :
- « La petite histoire dans la grande » : Jérôme Guedj, candidat mais pas trop par Anna Cabana.
- « Quelle histoire ! » : Les JO, du rêve au casse-tête par Laurent Guimier.

LA QUESTION QUI FÂCHE / Aide à mourir : le compromis est-il le bon ?

Une semaine après le rejet du Sénat, la proposition de loi sur l'aide à mourir est revenue mercredi 4 février à l'Assemblée nationale. Portée par le député Olivier Falorni puis mise en chantier en 2022 par Emmanuel Macron, cette réforme sociétale majeure connaît un parcours législatif tumultueux du fait des perturbations politiques récentes depuis la dissolution. En commission des affaires sociales, les députés ont confirmé la création, sous conditions, d'un « droit à l'aide à mourir » consistant à « autoriser et à accompagner » un malade qui le souhaite à s'administrer une substance létale, ou à se la faire administrer par un médecin ou un infirmier, s'il n'est « pas physiquement en mesure de le faire ». La seconde lecture du texte commencera le 16 février et contrairement au Sénat, dominé par une droite plus conservatrice sur les sujets sociétau

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:32Pour m'accompagner ce soir, Anna Cabana.
00:00:35Bonsoir Anna.
00:00:36Bonsoir chère Adeline.
00:00:37Et bonsoir Laurent Guimier.
00:00:38Bonsoir Adeline.
00:00:38Vous allez bien tous les deux ?
00:00:39Très bien.
00:00:39C'est parti pour le sommaire.
00:00:42Avec à la une ce soir dans Chaque Voix Compte, radiographie du vote RN.
00:00:47A un mois des municipales et à 14 mois de la présidentielle, nous nous penchons sur cette enquête étonnante
00:00:53qui fait le lien entre les fermetures de bar tabac en France et la progression du vote RN.
00:00:59Et nous en parlons avec l'auteur de cette étude, Hugo Subtil.
00:01:02Bonsoir.
00:01:02Bonsoir.
00:01:03Vous êtes chercheur en sciences politiques à l'université de Zurich.
00:01:06Merci d'être là ce soir aux côtés de Mathieu Souquier, essayiste, politologue rattaché à la Fondation Jean Jaurès,
00:01:12co-auteur d'un Dimanche en France aux éditions de l'Aube qui sort demain en librairie.
00:01:18Et bonsoir Stéphane Zumsteg.
00:01:20Bonsoir.
00:01:20Vous dirigez le département Opinion à l'Institut Ipsos BVA.
00:01:23Merci à tous les trois d'être là.
00:01:25Anna Cabana, vous allez vous aussi nous parler d'élection, de présidentielle, mais pas de ce côté-là de l'échiquier, je crois.
00:01:31Non, d'une déclaration de candidature.
00:01:33On en a eu un ce matin au micro de Benjamin Duhamel sur France Inter.
00:01:36Je parlais de Jérôme Gage qui ne l'a pas fait en roulant les mécaniques.
00:01:40Vous allez nous raconter ça tout à l'heure.
00:01:42Et vous Laurent Guimier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:44Ce soir, une histoire olympique et polémique.
00:01:47Il y a les Jeux Olympiques d'hiver qui s'ouvrent en ce moment en Italie,
00:01:51mais entre budget, population qui râle, la neige qui ne tombe plus,
00:01:55organiser les Jeux, et je m'intéresse à la com' des organisateurs, c'était un rêve aujourd'hui, c'est un parcours du combattant.
00:02:01Et vous nous le raconterez donc tout à l'heure.
00:02:02Et puis dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche,
00:02:05nous parlons ce soir de la loi fin de vie qui arrive en débat dans l'hémicycle
00:02:08après être passé à la moulinette du Sénat et de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée.
00:02:13Que reste-t-il précisément du texte qui crée un droit à l'aide à mourir ?
00:02:18Eh bien nous en parlons tout à l'heure avec son rapporteur, le député modem Olivier Falorni,
00:02:21Sandrine Rousseau, député écologiste de Paris et secrétaire de la Commission des Affaires Sociales,
00:02:26et Christophe Benz, député Rassemblement National de Haute-Marne et membre de cette même commission.
00:02:30Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:35C'est simple, vous flashez le QR code, regardez, il apparaît ici.
00:02:38Et c'est Laurent Guimier qui est chargé de compiler vos messages.
00:02:41Il vous attend avec sa tablette.
00:02:43Et puis bien sûr Bourbon Express, tout à l'heure, le journal de l'Assemblée Nationale
00:02:46présenté par Marco Pommier.
00:02:48Un Bourbon Express consacré ce soir à la Commission sur l'audiovisuel public
00:02:52après le psychodrame d'hier soir.
00:02:55Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:56Installez-vous confortablement chaque voix compte, c'est parti.
00:02:58Pour tout vous dire, les occasions de placer ce mot dans une émission de télé ne sont pas si fréquentes.
00:03:11Connaissez-vous le ZUGMA ?
00:03:14C'est une figure de style qui consiste à faire le lien entre deux idées qu'on n'attendait pas ensemble.
00:03:18Chez Victor Hugo, ça donne « il prie du ventre et de l'importance ».
00:03:22Et au fond, l'enquête dont nous parlons ce soir est un ZUGMA.
00:03:25Elle associe deux faits avérés et l'effet de surprise vient du fait qu'on n'avait pas fait le lien entre elles
00:03:30avant la fermeture des barres tabac d'un côté, la progression du vote RN de l'autre.
00:03:36C'est vous, Hugo Subtil, qui établissez ce lien étonnant dans une enquête passionnante
00:03:41que l'on va détailler ce soir.
00:03:42Mais avant de rentrer dans les détails, est-ce que vous pouvez nous dire comment vous est venue
00:03:46cette idée de faire le lien, cette idée de ZUGMA ?
00:03:50Je viens d'un petit village des Alpes-de-Haute-Provence, donc j'ai pu expérimenter ça moi-même
00:03:54et le voir de mes propres yeux.
00:03:55Donc après, en tant que chercheur, je me suis emparé de cet objet de manière plus scientifique et sérieuse.
00:03:59Et ça a donné l'étude que vous avez devant vous ce soir.
00:04:02Alors, votre enquête sort au moment où le Rassemblement national se trouve à la croisée des chemins,
00:04:06à un an d'une présidentielle dont il ne sait qui sera sur la ligne de départ,
00:04:10et à un mois des élections municipales qui vont faire peut-être figure de test.
00:04:14Martin Bornet.
00:04:15Le Rassemblement national, historiquement faible aux élections municipales,
00:04:26veut s'implanter localement, porté par sa dynamique nationale.
00:04:30Nous entendons peser comme jamais dans notre histoire sur le scrutin local
00:04:33et offrir à nos compatriotes l'alternance qu'ils attendent, y compris dans les communes.
00:04:37Plus de 600 candidats ont été investis cette année.
00:04:41Un record.
00:04:42En 2020, ils étaient moins de 400.
00:04:45Le parti d'extrême droite n'avait alors gagné que dans une dizaine de villes.
00:04:49L'objectif cette année, conserver Sébastien, Perpignan ou Fréjus,
00:04:54mais surtout conquérir des grandes villes comme Toulon ou Marseille
00:04:57et des villes de taille moyenne, Avignon, Calais ou encore Metz.
00:05:02Si le RN reste prudent sur ses ambitions, l'enjeu est de taille.
00:05:06Avant l'élection présidentielle de 2027,
00:05:09le parti est à un moment charnière de son implantation locale
00:05:12qui reste son talon d'Achille.
00:05:14Alors il cherche à éviter les dérapages
00:05:16avec un examen approfondi des candidatures.
00:05:19Nos candidats sont auditionnés, on les rencontre,
00:05:23on regarde leur parcours
00:05:24et puis s'il y a une expression, une pensée
00:05:28qui n'est pas sur notre ligne, on leur dit
00:05:29vous n'avez pas votre place avec nous.
00:05:31Malgré les promesses de changement,
00:05:33le RN n'a pas pu empêcher les polémiques
00:05:35liées à ses propres candidats.
00:05:38A quelques semaines du scrutin,
00:05:39il vient de retirer son soutien à Christian Richaud-Simony
00:05:42dans la ville de Carpentras
00:05:44après de nombreux tweets racistes révélés par la presse.
00:05:48Et il n'est pas le seul.
00:05:49En Haute-Vienne, un candidat RN a été évincé
00:05:52après une fausse information
00:05:53sur le massacre d'Oradour-sur-Glane.
00:05:56Des dérapages qui viennent abîmer l'image
00:05:59d'un parti normalisé
00:06:00et qui, aux dernières législatives déjà,
00:06:03avaient fait perdre quelques points précieux
00:06:04au Rassemblement national.
00:06:07On va revenir tout à l'heure
00:06:08sur cette campagne des élections municipales
00:06:10du côté du RN et de cette implantation locale.
00:06:13Mais Hugo Subtil, je voulais vous interroger
00:06:14d'abord sur cette étude
00:06:15que vous avez publiée il y a quelques jours
00:06:17« Quand les bars tabac ferment l'érosion du lien social
00:06:20et la progression du vote d'extrême droite ».
00:06:21C'est le titre de cette étude
00:06:23que vous avez donc menée
00:06:24pour le Centre pour la recherche économique
00:06:26et ses applications
00:06:26et qui fait couler beaucoup d'encre
00:06:28depuis quelques jours.
00:06:29D'abord, je voudrais que vous nous expliquiez
00:06:30votre méthodologie.
00:06:32C'est une méthodologie dite économétrique.
00:06:34On va chercher dans des grandes bases de données
00:06:36des liens causaux entre deux phénomènes.
00:06:38Là, la fermeture des bars tabac
00:06:40dans certaines communes,
00:06:41donc 18 000 sur la période,
00:06:43et un autre phénomène
00:06:45qui va être le phénomène expliqué,
00:06:46la montée du vote pour le Front national,
00:06:49donc un comportement de vote.
00:06:50On va chercher de manière causale,
00:06:52on va chercher une relation de cause à effet
00:06:54entre ces deux phénomènes.
00:06:56Vous n'étiez pas sûre d'arriver à un résultat ?
00:06:58Ah non, et surtout,
00:06:58on cherchait parmi tous les autres partis
00:06:59qui étaient présents.
00:07:01Donc j'ai cherché à l'élection présidentielle,
00:07:04législative,
00:07:04sur les six grandes familles politiques
00:07:06qu'on composait.
00:07:07Sur quelles données vous êtes-vous appuyé ?
00:07:09Donc les données de la Française des Jeux,
00:07:11donc que la Française des Jeux
00:07:12m'a mis à disposition,
00:07:13en fait, tous leurs terminaux,
00:07:14leurs points terminaux
00:07:15avec une balise GPS,
00:07:17donc leur localisation,
00:07:19et quand est-ce qu'ils ont ouvert et fermé
00:07:20depuis les années 90,
00:07:22et ainsi que les données du ministère de l'Intérieur
00:07:24sur les résultats électoraux.
00:07:25Pourquoi ça fait sens ?
00:07:27C'est-à-dire ?
00:07:28Pourquoi les données de la Française des Jeux ?
00:07:31Il n'y avait pas une fédération des bars-tabac
00:07:33qui pouvait vous indiquer
00:07:34les fermetures précises depuis 20 ans ?
00:07:35Non, quand on est chercheur,
00:07:36trouver les données,
00:07:37c'est vraiment le cœur de notre métier,
00:07:38c'est 80% du travail.
00:07:40Donc j'ai envoyé des courriels
00:07:41à la PMU,
00:07:44pour les associations,
00:07:46à la Française des Jeux,
00:07:47et en fait,
00:07:48la Française des Jeux
00:07:48sont les seules à m'avoir répondu,
00:07:50tout simplement.
00:07:50Non, juste une petite question technique,
00:07:52vous leur disiez à chaque fois
00:07:52que vous travaillez sur le Rassemblement National ?
00:07:54Sur les comportements de vote.
00:07:56D'accord.
00:07:56Voilà.
00:07:57Ce qui est intéressant...
00:07:58De façon large, votre question.
00:07:59Oui, voilà, de façon large.
00:08:00Donc j'ai les résultats aussi
00:08:00sur tous les autres partis politiques,
00:08:02mais il y avait moins de choses intéressantes à dire.
00:08:04D'accord.
00:08:04Donc je suis focalisé sur le Rassemblement National,
00:08:06parce que c'est là où il y avait du grain à moudre,
00:08:08mais si vous voulez,
00:08:10je peux vous...
00:08:10Voilà.
00:08:11Ce qui est intéressant,
00:08:12c'est que vous avez travaillé sur du temps long,
00:08:14vous n'avez pas pris les données
00:08:15des cinq dernières années.
00:08:16Non, voilà, c'est un travail de recherche,
00:08:17donc qui essaye d'encastrer un peu ses résultats
00:08:20dans des perspectives de long terme,
00:08:23donc depuis la fin des années 90,
00:08:26donc pour essayer d'expliquer,
00:08:27voilà, avec les premières élections en 2002,
00:08:30enfin, voilà, Jean-Marie Le Pen au second tour.
00:08:33Et donc vous êtes arrivé à un lien chiffré
00:08:35entre la fermeture des bars tabac
00:08:36et le vote d'extrême vote ?
00:08:37Exactement.
00:08:38Et donc ce lien, ce qui est intéressant,
00:08:40c'est que c'est un lien de long terme.
00:08:41Ça veut dire que la première élection
00:08:42qui va suivre la fermeture d'un bar tabac
00:08:44dans une commune
00:08:45ne va pas forcément amener à beaucoup plus de votes
00:08:49pour le Rassemblement National.
00:08:50C'est sur le temps long que ça va s'exprimer
00:08:51parce que ce qu'il faut vraiment comprendre,
00:08:53c'est que c'est le délitement du lien social
00:08:56qui va faire la jonction
00:08:57entre la fermeture de ce lieu,
00:08:59ce lieu où on se rencontre,
00:09:00où on se parle,
00:09:01où on peut se disputer,
00:09:02où on peut faire communauté,
00:09:04et le Rassemblement National.
00:09:05C'est parce qu'il y a une diminution
00:09:06du lien social local,
00:09:10donc une diminution du nombre de personnes
00:09:12en qui on peut avoir confiance,
00:09:13donc une diminution des solidarités,
00:09:15qui va faire qu'in fine,
00:09:16on va voter pour le Rassemblement National.
00:09:18Et est-ce que vous avez les mêmes résultats
00:09:19selon les territoires,
00:09:20qu'ils soient urbains ou ruraux ?
00:09:22Ou est-ce qu'il y a des différences ?
00:09:23Non, il y a des différences,
00:09:24mais les différences ne sont pas forcément territoriales,
00:09:26elles sont plus en termes
00:09:26de qui habite ces territoires-là.
00:09:28Donc c'est des territoires
00:09:29où effectivement la densité de population
00:09:31va être plus faible,
00:09:32et donc la densité de lieux
00:09:33où on va pouvoir se rencontrer
00:09:34est plus faible,
00:09:35et donc in fine,
00:09:36le Rassemblement National
00:09:37va pouvoir plus convertir
00:09:38cet affaissement du lien social.
00:09:41Et petite anecdote,
00:09:43dans un cinquième des cas,
00:09:45quand un bar tabac ferme,
00:09:46il n'y a plus de lieu
00:09:47où se rencontrer de brassages sociaux,
00:09:49donc il n'y a plus de salle polyvalente,
00:09:51il n'y a plus de terrain de foot,
00:09:52il n'y a plus d'association,
00:09:54donc dans un cinquième des cas,
00:09:55dans les communes françaises,
00:09:57il n'y a plus rien.
00:09:58Mathieu Soukher,
00:09:59quand vous avez découvert cette étude
00:10:00qui fait le lien
00:10:01entre la fermeture des bars tabac
00:10:03et la progression du vote RN,
00:10:04quelle était votre première réaction ?
00:10:05– J'ai trouvé ça absolument lumineux
00:10:07et je vous remercie
00:10:09d'avoir publié cette étude remarquable
00:10:11qui vient compléter de façon remarquable
00:10:13en réalité des travaux
00:10:14d'un autre centre de recherche
00:10:15qu'est le CEVIPOF.
00:10:16Le CEVIPOF a notamment analysé
00:10:18les ressorts du vote
00:10:19pour l'élection présidentielle de 2017,
00:10:21pas uniquement,
00:10:22mais leur étude la plus remarquable
00:10:23porte sur l'élection présidentielle de 2017.
00:10:25Pendant très longtemps,
00:10:26je schématise un peu,
00:10:27mais vous votiez en fonction
00:10:28de facteurs objectifs,
00:10:30votre statut, votre revenu,
00:10:31votre niveau de diplôme, etc.
00:10:33Alors, ces critères-là,
00:10:35ces paramètres-là
00:10:35n'ont pas totalement disparu,
00:10:37mais ils sont devenus secondaires
00:10:38et ces critères objectifs
00:10:39ont été remplacés
00:10:40par des critères subjectifs
00:10:41et les deux ressorts
00:10:43qu'on a pu identifier
00:10:43en particulier de vote
00:10:45en faveur du Rassemblement National,
00:10:47c'est au niveau collectif,
00:10:48la défiance,
00:10:49au niveau individuel,
00:10:50le mal-être.
00:10:51Et il se trouve qu'il y a
00:10:52trois niveaux de défiance.
00:10:53Il y a une défiance
00:10:54vis-à-vis des institutions,
00:10:55il y a une défiance
00:10:56vis-à-vis de l'avenir,
00:10:57un déclinisme,
00:10:57une inquiétude, etc.
00:10:58Et il y a une défiance
00:10:59interpersonnelle.
00:11:01Si cette défiance
00:11:01interpersonnelle est très forte,
00:11:03vous avez effectivement
00:11:04une très forte probabilité
00:11:05de voter pour l'extrême droite.
00:11:07Et au niveau du mal-être aussi,
00:11:09l'isolement,
00:11:10la solitude,
00:11:11le manque de lien
00:11:11est un facteur de mal-être.
00:11:13Donc, pour le coup,
00:11:14il est très net
00:11:15que l'étude que vous avez publiée
00:11:16vient alimenter cette thèse
00:11:18où, en réalité,
00:11:18on ne vote pas RN
00:11:19parce qu'on est au chômage,
00:11:21on ne vote pas RN
00:11:21parce qu'on habite
00:11:22à côté d'étrangers.
00:11:23Alors, ces facteurs-là existent,
00:11:25mais c'est pareil,
00:11:25ils sont en fait de rang 2,
00:11:27de rang second.
00:11:28Ça ne compte pas vraiment.
00:11:29En revanche,
00:11:30vous votez RN
00:11:31quand vous manquez de lien.
00:11:32Parce que si vous manquez
00:11:33de lien social,
00:11:34précisément,
00:11:35vous manquez d'interaction
00:11:36avec les autres
00:11:37et la confiance
00:11:38que vous placez en autrui,
00:11:40pour le coup,
00:11:41elle fond comme neige au soleil.
00:11:42Donc, c'est tout à fait éclairant
00:11:43et ça corrobore
00:11:44tous les travaux
00:11:45qui ont déjà été menés.
00:11:46On est passé d'un vote objectif
00:11:48à un vote subjectif.
00:11:49Stéphane Zumstek.
00:11:50Oui, en d'autres termes,
00:11:51on ne vote plus RN
00:11:52ou FN avant
00:11:53par idéologie.
00:11:54En fait, il n'y a pas,
00:11:54il n'y a plus d'idéologie.
00:11:56Quand Jean-Marie Le Pen
00:11:57fonde ce parti,
00:11:57quand le parti explose
00:11:59médiatiquement et politiquement
00:12:00en 1983 et 1984,
00:12:02ça veut dire quelque chose.
00:12:03Il y a une idéologie derrière.
00:12:05Aujourd'hui,
00:12:05quand on regarde le profil
00:12:06des gens qui votent
00:12:07Rassemblement National,
00:12:08mais surtout des primo-votants,
00:12:09c'est-à-dire des gens
00:12:10qui, à un moment donné,
00:12:10rejoignent le Rassemblement National
00:12:12comme ces dix dernières années,
00:12:13ce qui a permis au parti
00:12:14de passer de la zone des 20%
00:12:16à la zone des 30%.
00:12:17Ces gens-là,
00:12:18très souvent,
00:12:19et ce n'est pas une critique,
00:12:20mais ne sont pas attachés,
00:12:22n'ont pas un substrat idéologique.
00:12:23On a souvent dit
00:12:24qu'il y avait plus de gens
00:12:25aujourd'hui de gauche
00:12:26que de droite
00:12:26qui rejoignaient
00:12:26le Rassemblement National,
00:12:27mais ce n'est même pas ça.
00:12:28C'est des gens qui,
00:12:29de toute façon,
00:12:30n'avaient pas ou n'avaient plus
00:12:31d'idées politiques.
00:12:32On les rejoint,
00:12:33on rejoint ce parti,
00:12:34vous venez de le dire,
00:12:35pour des raisons subjectives
00:12:36et on le voit bien aussi
00:12:37dans votre étude.
00:12:38Et quand on voit géographiquement
00:12:39cette France,
00:12:40alors c'est très réducteur
00:12:42ce que je veux dire,
00:12:42mais cette France des bars tabac,
00:12:43c'est la même que celle
00:12:45des déserts médicaux,
00:12:46des déserts des services publics,
00:12:47c'est des zones
00:12:48des déserts commerciaux,
00:12:49en fait.
00:12:49C'est évidemment dramatique
00:12:50pour un commerce de ce type.
00:12:51Sauf que,
00:12:51et votre étude le dit très bien,
00:12:53Hugo Subtil,
00:12:54là où une boulangerie ferme,
00:12:56le vote RN ne progressera pas.
00:12:58Là où une usine ferme,
00:12:59le vote RN ne progressera pas forcément.
00:13:01Mais là où les bars tabac ont fermé,
00:13:03enfin moi je voudrais savoir
00:13:04ce qui se joue exactement
00:13:05pour vous aujourd'hui
00:13:06dans un bar tabac
00:13:07qui ne se joue pas
00:13:07dans une boulangerie,
00:13:08qui ne se joue pas
00:13:09dans une usine qui va fermer.
00:13:10Si je puis me permettre,
00:13:10je ne dis pas exactement ça.
00:13:12Effectivement,
00:13:12les fermetures d'usines
00:13:13entraînent du vote
00:13:14pour le Front National
00:13:14et les fermetures
00:13:15des petits commerces
00:13:16de proximité
00:13:16engendrent aussi
00:13:17du vote pour le Front National.
00:13:18Là, j'isolais le lien bar tabac.
00:13:22Et donc pour moi,
00:13:22il y a trois canaux différents.
00:13:24Donc quand vous allez avoir
00:13:25par exemple des fermetures
00:13:26de services publics,
00:13:27ça va entraîner un vote
00:13:28pour le Front National
00:13:28ou le Rassemblement National
00:13:29aujourd'hui.
00:13:30Parce que pour un ressort
00:13:31qui est différent,
00:13:32qui n'est pas celui
00:13:32du lien social,
00:13:33bien qu'on puisse parler
00:13:34au guichet,
00:13:35c'est celui de je contribue
00:13:36via l'impôt
00:13:37et pourtant rien,
00:13:38tout ferme autour de moi.
00:13:40Et donc je n'en ai pas
00:13:41pour mon argent.
00:13:42Mais pardon,
00:13:42ça me fait penser au mouvement
00:13:43« C'est Nicolas qui paye ».
00:13:45Pourquoi est-ce que ça dirige
00:13:48les électeurs vers un vote RN
00:13:49plutôt qu'un vote à droite
00:13:51ou plutôt même
00:13:52qu'un vote à gauche en fait ?
00:13:53Comme il a été dit
00:13:54très justement à ma gauche,
00:13:56c'est parce qu'il y a
00:13:57un affaiblissement
00:13:57du lien social.
00:13:59On a un peu une...
00:14:01Ce que dit Benoît Cocard,
00:14:02c'est que le rayon
00:14:03des solidarités s'affaisse,
00:14:04se réduit.
00:14:05Donc on est plus entre soi.
00:14:07Donc c'est la famille,
00:14:08les amis.
00:14:09On voit le monde
00:14:10plus qu'en termes de compétition.
00:14:11Il y a une concurrence
00:14:12sur les ressources.
00:14:13de travail,
00:14:14mais de solidarité.
00:14:15Et on devient dans une vision
00:14:16du monde qui va se réduire.
00:14:18Et le Front National
00:14:19va politiser cette vision
00:14:20du monde-là
00:14:20en proposant un discours
00:14:21de récupération,
00:14:23en disant,
00:14:23il y a nous et les autres,
00:14:25eux,
00:14:26et c'est eux-là
00:14:26qui récupèrent les ressources
00:14:28de l'État.
00:14:29Donc ça passe par des aides
00:14:31qui ne vous viennent pas
00:14:31directement,
00:14:32ça vient par
00:14:33du travail
00:14:35qui va être récupéré
00:14:36par d'autres,
00:14:37alors que d'autres partis politiques
00:14:38ne proposent pas
00:14:39ce type de discours.
00:14:40Vous parlez de vide relationnel.
00:14:42Oui.
00:14:43Ça veut dire quoi,
00:14:44le vide relationnel ?
00:14:45C'est précisément
00:14:46le café où on ne peut plus aller
00:14:47pour discuter avec des potes
00:14:48ou avec des voisins ?
00:14:49C'est le café,
00:14:50c'est les associations,
00:14:51c'est d'autres espaces
00:14:52ouverts en fait,
00:14:52les espaces qui maillent
00:14:53notre territoire.
00:14:54Donc ça peut être
00:14:54le terrain de foot,
00:14:56les salles polyvalentes,
00:14:57les associations
00:14:58et le bar tabac
00:14:59que j'ai étudié.
00:15:00Mathieu ?
00:15:01Un complément,
00:15:02l'extrême droite
00:15:02progresse partout,
00:15:03dans toutes les régions
00:15:04en France
00:15:05et par ailleurs
00:15:06dans tous les pays
00:15:06et dans tous les pays
00:15:07avec des taux de chômage
00:15:08très différents,
00:15:09des taux de pauvreté différents,
00:15:10des taux d'inégalité différents,
00:15:12des taux de présence
00:15:14étrangère différents.
00:15:15En réalité,
00:15:15ce qu'il y a de commun
00:15:16à toutes ces sociétés,
00:15:18c'est effectivement
00:15:18un lien social
00:15:19qui se délite,
00:15:20une atomisation du social.
00:15:22Et alors,
00:15:22il serait très intéressant
00:15:23que des chercheurs
00:15:23se penchent sur le lien
00:15:24à faire entre
00:15:25la digitalisation
00:15:26de nos sociétés
00:15:27et la déshumanisation
00:15:28de nos sociétés.
00:15:28C'est ça,
00:15:29c'est-à-dire le bar tabac
00:15:29où on ne va plus,
00:15:30c'est les réseaux sociaux
00:15:31sur lesquels on va discuter
00:15:32dans une bulle d'algorithmes
00:15:34qui nous enferment.
00:15:34Aujourd'hui,
00:15:34vous pouvez être
00:15:35auto-entrepreneur
00:15:36et bosser chez vous
00:15:36ou être télétravailleur
00:15:37et cadre
00:15:38et bosser chez vous
00:15:39et passer une journée entière
00:15:40où du matin au soir,
00:15:41vous interagissez
00:15:42uniquement en visio
00:15:43avec d'autres,
00:15:44vous envoyez des mails
00:15:45au lieu d'envoyer
00:15:45des courriers comme hier
00:15:46et d'aller à la poste,
00:15:47vous commandez en ligne
00:15:48votre repas
00:15:49et vous ne croisez
00:15:50même pas forcément
00:15:50le livreur
00:15:51et ainsi de suite.
00:15:52Vous achetez des chaussures
00:15:52en ligne,
00:15:53vous n'allez plus
00:15:54chez le marchand
00:15:54de chaussures
00:15:55croiser une vendeuse,
00:15:56vous limitez
00:15:56vos interactions sociales
00:15:57et encore une fois,
00:15:58moins on voit de gens,
00:16:00moins on fait confiance
00:16:01aux autres
00:16:01et le Rassemblement
00:16:02de l'Ancienat
00:16:02a toujours fait
00:16:03effectivement fond de commerce
00:16:04de cette méfiance
00:16:05vis-à-vis d'autrui.
00:16:06Et en même temps,
00:16:06on a souvent dit
00:16:07à propos de certains débats
00:16:08à la télévision
00:16:09que ça ressemblait
00:16:10au café du commerce.
00:16:13Ce que je veux dire,
00:16:14c'est que les discussions
00:16:15dans un bar tabac,
00:16:16ça peut être aussi
00:16:17les discussions
00:16:17que vous avez aujourd'hui
00:16:18sur les réseaux sociaux
00:16:19entre gens qui pensent
00:16:20la même chose
00:16:21et qui se tapent
00:16:21dans le dos.
00:16:22Alors, pardon,
00:16:23les discussions sur
00:16:25les réseaux sociaux
00:16:27sont souvent
00:16:28beaucoup plus polarisées,
00:16:29donc il y a les chambres d'écho,
00:16:30donc on va parler
00:16:30avec des gens
00:16:31qui nous ressemblent,
00:16:31donc on va se renforcer
00:16:32dans nos propres vies.
00:16:32Et ce n'est pas le cas
00:16:33au bar tabac ?
00:16:34C'est peut-être le cas,
00:16:35moi je n'ai pas étudié
00:16:36ça spécifiquement,
00:16:36mais les discussions
00:16:38qu'on va avoir au bar tabac
00:16:40vont aussi se prolonger
00:16:41dans un territoire,
00:16:42donc après c'est des gens
00:16:42à qui vont pouvoir demander
00:16:43des choses d'autre
00:16:44que des discussions.
00:16:44Donc c'est des solidarités,
00:16:46c'est des emplois,
00:16:47c'est des coups de main
00:16:47et donc c'est de l'aide,
00:16:49voilà, c'est du lien.
00:16:51C'est du lien.
00:16:51Et c'est vraiment ça.
00:16:52Du vrai lien.
00:16:52Au bar tabac,
00:16:53il n'y a pas d'anonymat.
00:16:54Au bar tabac,
00:16:55il n'y a pas d'anonymat
00:16:55et encore une fois,
00:16:56on peut s'engueuler
00:16:57mais quand on est en présence
00:16:58physique l'un de l'autre,
00:16:59en général,
00:17:00on se respecte.
00:17:01On se respecte.
00:17:01On se fait d'anthropologie
00:17:02de bazar ou de comptoir,
00:17:03c'est ce qu'il y a de le dire.
00:17:04La notion d'empathie
00:17:05est évidemment
00:17:06beaucoup plus forte
00:17:07quand on est dans un bar tabac
00:17:08face à quelqu'un
00:17:09que sur un réseau social.
00:17:10C'est compliqué
00:17:11de bloquer quelqu'un en vrai.
00:17:13Alors on va confronter
00:17:14les deux situations.
00:17:15Un village où le bar
00:17:16est encore ouvert,
00:17:17un village où le dernier bar
00:17:18vient de fermer.
00:17:19Alors on n'est ni au Longchamp,
00:17:20ni au Balto,
00:17:21ni à la Civette,
00:17:22c'est les trois noms de bars
00:17:23les plus donnés en France.
00:17:24On est à l'Esco Bar
00:17:25et au Café de la Place.
00:17:27C'est un reportage
00:17:28en Seine-et-Marne
00:17:29de Clément Perrault
00:17:29et Mathilde Boucher.
00:17:36Touri Ferrot
00:17:37en Seine-et-Marne,
00:17:38649 habitants
00:17:40et plus aucun commerce.
00:17:42Le dernier en activité
00:17:43était un bar tabac.
00:17:45Il a fermé il y a deux ans
00:17:46suite au décès du gérant.
00:17:48Dans le village,
00:17:48cette fermeture
00:17:49a laissé un grand vide.
00:17:51Avec une amie
00:17:52le samedi matin,
00:17:53en venant de l'Aquagym
00:17:54à 10h30,
00:17:54on venait prendre notre café
00:17:56toutes les deux.
00:17:57Ça permettait
00:17:58de rencontrer du monde.
00:17:59On restait une petite demi-heure.
00:18:01On achetait en repartant
00:18:02un petit jeu à gratter
00:18:04et puis on avait passé
00:18:06un bon moment
00:18:07le samedi matin.
00:18:08Ça faisait sortir,
00:18:09ça donnait un petit bonjour
00:18:11en passant.
00:18:12C'était la vie.
00:18:15La vie qui d'un coup
00:18:16semble bien absente
00:18:18des rues du village.
00:18:19Le chacun chez soi
00:18:20gagne du terrain
00:18:21tout comme le sentiment
00:18:22d'abandon.
00:18:23Politiquement,
00:18:24Touri Ferrot
00:18:25correspond un peu plus encore
00:18:26à cette France oubliée
00:18:28que cible en particulier
00:18:29le Rassemblement national.
00:18:32Le maire de la commune
00:18:33ressent ce basculement
00:18:34progressif
00:18:35dans la population.
00:18:36Ils se sentent oubliés.
00:18:37On est mis de côté.
00:18:39Et je pense que
00:18:40le Rassemblement national,
00:18:41est-ce qu'ils sont plus proches
00:18:44des gens ?
00:18:45Je pense que c'est ce que
00:18:47les électeurs pensent.
00:18:48voilà.
00:18:50Aux dernières élections,
00:18:52européennes comme législatives,
00:18:53le RN a dépassé
00:18:54les 50%
00:18:55à Touri Ferrot.
00:18:58À 7 km de là,
00:19:00ville Saint-Jacques,
00:19:01815 habitants.
00:19:02Ici,
00:19:03le bar tabac
00:19:03est bien là.
00:19:05Fidèle au poste
00:19:06sur la place du village.
00:19:07il y a des glaçants
00:19:08et jus d'abricot.
00:19:09À l'intérieur,
00:19:10des conversations
00:19:10et des sourires,
00:19:11aujourd'hui,
00:19:12on célèbre
00:19:13l'anniversaire de Betty.
00:19:15On serait triste
00:19:15sur des tabacs ouverts
00:19:16et surtout des tabacs
00:19:17un peu comme celui-là
00:19:18qui sont vraiment familiales.
00:19:19Ça fait l'âme du village.
00:19:22On ne sait jamais
00:19:22sur qui on va tomber.
00:19:23Il y a toujours
00:19:24des connaissances
00:19:25qui vont enrichir
00:19:26et nous aider au quotidien.
00:19:28Derrière le comptoir,
00:19:29Yannick le sait
00:19:30pour son village,
00:19:31il est bien de plus
00:19:31qu'un simple commerçant.
00:19:33On a plusieurs casquettes.
00:19:36On peut faire office
00:19:37de psychologue.
00:19:39On voit les gens,
00:19:41on peut parler,
00:19:42on peut voir
00:19:43vraiment leur attitude.
00:19:45Il y a une vraie relation.
00:19:48C'est quand même
00:19:48mieux qu'internet.
00:19:51Aux élections,
00:19:52à Ville-Saint-Jacques,
00:19:53le Rassemblement National
00:19:54fait 20 points de moins
00:19:55qu'à Toury-Ferrot,
00:19:57le village voisin
00:19:57où le bar tabac a fermé.
00:20:01Hugo Subtil était en train
00:20:02de dire quel beau reportage.
00:20:03C'est l'illustration parfaite
00:20:04de toute votre étude.
00:20:06On entendait le gérant
00:20:07du bar tabac qui disait
00:20:08qu'on fait aussi psychologue.
00:20:10On est mieux
00:20:10qu'il y a sur Internet.
00:20:11C'est ça qui fait peut-être
00:20:12la différence avec la boulangerie
00:20:13ou le guichet du service public.
00:20:15C'est qu'on a moins de temps
00:20:16dans ces espaces-là
00:20:16parce qu'on doit délivrer
00:20:17un service qui est proportionnel
00:20:18au temps donné.
00:20:20Dans le bar tabac,
00:20:21on va plus pouvoir
00:20:22prendre le temps
00:20:24avec les gens
00:20:24et rendre tout un tas
00:20:25de services.
00:20:26On est ici à l'Assemblée Nationale
00:20:27et dans votre étude,
00:20:28vous avez aussi croisé
00:20:29des données qui montrent
00:20:30que le Rassemblement National
00:20:31a construit un récit
00:20:32ici même
00:20:33sur ce déclin territorial.
00:20:36Oui.
00:20:36Donc,
00:20:37il s'empare de ce sujet
00:20:39alors que c'est un sujet...
00:20:41On se dit
00:20:42ne remettez pas des bistrots,
00:20:43ça va faire reculer
00:20:44le vaut terrain
00:20:45si on est Rassemblement National
00:20:46ce soir.
00:20:47Oui.
00:20:48En fait,
00:20:48c'est plus sur le lien social
00:20:50que le lien se fait.
00:20:50mais sur la politisation
00:20:53de la part du Front National
00:20:54à l'époque
00:20:55et du Rassemblement National
00:20:56aujourd'hui,
00:20:56c'était plus sur ces espaces-là.
00:20:58Ils vont leur donner
00:20:59une importance symbolique
00:21:00ou d'autres parties
00:21:00vont leur donner
00:21:01une importance plus technique.
00:21:03Donc,
00:21:03ils vont plus en parler
00:21:03en termes de sécurité,
00:21:06d'hygiène
00:21:06ou même de taxation.
00:21:07On voit les amendements
00:21:08posés par les autres parties.
00:21:09C'est toujours sur la TVA
00:21:11alors que le Front National
00:21:12va utiliser l'Assemblée Nationale
00:21:15pour porter des discours
00:21:16à l'égard de ces personnes
00:21:17qui sont dans les communes
00:21:20et leur dire
00:21:20on est avec vous
00:21:21dans cette France des oubliés
00:21:22et on ne vous oublie pas.
00:21:23Oui, Mathieu.
00:21:24Attention sur cette idée
00:21:25de déclin territorial.
00:21:26Alors, effectivement,
00:21:27il y a des services publics
00:21:28qui ferment,
00:21:29qui se regroupent
00:21:29et qui ferment.
00:21:30Il y a des commerces
00:21:31qui ferment.
00:21:31Il y a des bureaux de poste
00:21:32que Hugo cite dans son étude
00:21:33qui ferment.
00:21:34Effectivement,
00:21:35le nombre de bureaux de poste
00:21:36a été divisé par deux
00:21:37ou par trois en 20 ans.
00:21:38Mais il y a aujourd'hui
00:21:407000 bureaux de poste en France.
00:21:41Il y a 7500 EHPAD.
00:21:43Donc, ce sont des structures
00:21:44qui ont ouvert.
00:21:44Et évidemment,
00:21:45ça ne crée pas
00:21:47les commerces.
00:21:48Certains,
00:21:49beaucoup ont fermé
00:21:49en centre-ville.
00:21:50Mais précisément,
00:21:51de grandes zones commerciales
00:21:52se sont étendues
00:21:53en périphérie
00:21:54des bourgs et des villes.
00:21:55Donc, ces zones-là existent.
00:21:57Elles n'ont pas
00:21:57le même impact
00:21:58social, sociétal.
00:22:01Laurent ?
00:22:01Il y a des réactions,
00:22:03des questions.
00:22:04Je vous pose la question
00:22:05d'Hervé qui habite à Bordeaux.
00:22:07Vous parlez de gens isolés,
00:22:08malheureux.
00:22:09Pourquoi se tournent-ils
00:22:11plus vers l'extrême droite
00:22:12que la gauche radicale ?
00:22:14Le mal-être est effectivement
00:22:15un point commun
00:22:16entre les électeurs,
00:22:17pour aller vite,
00:22:18entre les électeurs
00:22:19de l'extrême droite
00:22:20et les électeurs,
00:22:21par exemple,
00:22:21de la France insoumise.
00:22:22C'est le mal-être
00:22:23d'une infirmière,
00:22:24d'une profession
00:22:25mal considérée,
00:22:26etc.
00:22:26Donc, ce mal-être,
00:22:27c'est un point commun
00:22:28entre ces deux électorats.
00:22:29Qu'est-ce qui fait la différence
00:22:30entre ces deux électorats ?
00:22:31C'est l'autre paramètre
00:22:32que j'évoquais.
00:22:33C'est celui de la défiance
00:22:34ou de la confiance.
00:22:35Si vous conservez
00:22:36une forme de confiance
00:22:37en les autres,
00:22:38en l'avenir,
00:22:39en le système,
00:22:40le système,
00:22:40par exemple,
00:22:41État-providence,
00:22:41vous restez à gauche.
00:22:43Si, à l'inverse,
00:22:43votre défiance s'exprime
00:22:44vis-à-vis de tout le monde,
00:22:45les institutions,
00:22:46autrui, l'avenir,
00:22:47vous basculez
00:22:48à l'extrême droite.
00:22:49Stéphane Zumsek,
00:22:50ça se mesure
00:22:50dans vos enquêtes d'opinion ?
00:22:53Ce sentiment, bien sûr,
00:22:54parce que ça se mesure
00:22:55dans nos enquêtes d'opinion.
00:22:57On voit bien que
00:22:57la fermeture d'un commerce,
00:22:59c'est d'abord
00:23:00plus de solitude,
00:23:01donc plus d'isolement.
00:23:02Ça, c'est de la faute
00:23:02de personne.
00:23:03Mais après,
00:23:03un sentiment d'abandon.
00:23:05L'abandon,
00:23:05c'est autre chose.
00:23:06Il y a un responsable
00:23:06des pouvoirs publics
00:23:07ou d'autres responsables.
00:23:09Et tout ça se croise
00:23:10avec un sentiment de colère.
00:23:11Quand on demande
00:23:12au Rassemblement national
00:23:13quelles sont
00:23:14leurs principales émotions,
00:23:16leurs principaux sentiments
00:23:17à l'égard de ce qui se passe
00:23:18dans la vie politique,
00:23:19par exemple,
00:23:20ou alors à l'égard
00:23:20de ce qui se passe
00:23:21dans l'économie française,
00:23:22ce qui se passe dans le monde,
00:23:22c'est cette notion de colère
00:23:24qui revient.
00:23:24Il y a une colère
00:23:25qui est plus forte
00:23:26qu'au sein des autres électorats.
00:23:27Et ça, on constate
00:23:28quel que soit le niveau social
00:23:29des électeurs
00:23:31ou des proches
00:23:31du Rassemblement national.
00:23:32Ce sentiment,
00:23:33non pas forcément
00:23:34de renverser la table,
00:23:36de changer de système.
00:23:38Les électeurs du RN
00:23:38ne sont pas tous
00:23:39anti-système.
00:23:40En revanche,
00:23:41ils éprouvent de la colère
00:23:42face à différents types
00:23:43de spectacles
00:23:44qui peuvent leur être servis.
00:23:45C'est ça la vraie différence.
00:23:46Est-ce que cette colère,
00:23:47ce n'est pas l'échec
00:23:48le plus flagrant de la gauche
00:23:49de ne pas savoir
00:23:50aujourd'hui y répondre ?
00:23:51De mon point de vue,
00:23:52l'échec le plus flagrant
00:23:53de la gauche,
00:23:53c'est de ne pas avoir su
00:23:55conserver une partie
00:23:56ne serait-ce qu'importante
00:23:57du vote populaire.
00:23:58Quand la gauche
00:23:59arrive au pouvoir en 1981,
00:24:00ce ne sont pas que les ouvriers
00:24:01et les employés
00:24:01qui votent pour François Mitterrand.
00:24:03Évidemment,
00:24:03il y a un moment donné
00:24:04où les cadres,
00:24:04où les milieux aisés
00:24:06basculent eux aussi à gauche.
00:24:08En revanche,
00:24:08ce qui s'est passé
00:24:08ces 15 ou ces 20 dernières années
00:24:10et c'est ce qui explique
00:24:11aujourd'hui l'affaiblissement
00:24:11de la gauche
00:24:12parce qu'on parle beaucoup
00:24:12du Parti Socialiste
00:24:13à l'Assemblée Nationale.
00:24:14Quand on totalise
00:24:15le score des 4 principalistes
00:24:17aux élections européennes
00:24:18d'il y a un an et demi,
00:24:19la gauche,
00:24:19c'est 30%.
00:24:2030% des électeurs aujourd'hui.
00:24:22C'est un niveau
00:24:22historiquement bas.
00:24:23La principale raison,
00:24:24au-delà du macronisme
00:24:25qui a su capter
00:24:26un vote de centre-droite
00:24:27et surtout de centre-gauche,
00:24:28c'est que les milieux populaires
00:24:30soit dorénavant s'abstiennent,
00:24:31soit sont partis ailleurs.
00:24:32Et quand ils sont partis ailleurs,
00:24:33c'est la plupart du temps
00:24:34pour des raisons de colère,
00:24:35de sentiments d'abandon,
00:24:36de sentiments d'injustice
00:24:37réelles ou supposées
00:24:38à l'extrême droite.
00:24:39On est à 5 semaines
00:24:41du premier tour des municipales.
00:24:42Comment ça va se traduire
00:24:43dans les urnes ?
00:24:44Ce qui est très intéressant,
00:24:45c'est de voir qu'au niveau national,
00:24:47il y a un décalage total
00:24:48entre les représentations politiques
00:24:50au niveau national
00:24:50et au niveau local.
00:24:51Ce que je disais tout à l'heure,
00:24:52au niveau national,
00:24:53ce qui domine,
00:24:54c'est la défiance
00:24:57à l'inverse,
00:24:58le CEVIPOF a aussi produit
00:24:59une enquête avec l'AMF
00:25:00sur les municipales.
00:25:01Ce qui domine au niveau local,
00:25:02c'est la confiance
00:25:03et c'est la satisfaction
00:25:04par rapport à son cadre de vie.
00:25:06Et donc par rapport au maire
00:25:07qui est en place, en fait ?
00:25:08Absolument.
00:25:09Confiance vis-à-vis du personnel politique,
00:25:11vis-à-vis de l'édile,
00:25:11vis-à-vis du maire,
00:25:13qui souvent est reconduit,
00:25:14pas systématiquement,
00:25:15mais qui est souvent,
00:25:16souvent reconduit,
00:25:17et même une satisfaction
00:25:18par rapport à son cadre de vie
00:25:19dont on considère
00:25:20qu'il s'améliore.
00:25:21C'est exactement le contraire
00:25:22de ce qu'on observe
00:25:23au niveau national.
00:25:23Et remarquez qu'au niveau local,
00:25:25l'extrême droite
00:25:26ne progresse pas depuis 30 ans.
00:25:28On va voir quels sont ses résultats
00:25:29aux prochaines élections municipales.
00:25:31On peut imaginer
00:25:31qu'elle ne soit pas
00:25:32tellement plus haut
00:25:33que la situation
00:25:34qu'elle avait connue
00:25:34dès 1995
00:25:35où elle était déjà
00:25:36à Toulon et ailleurs.
00:25:38Et donc si précisément
00:25:38elle ne prospère pas
00:25:39au niveau local,
00:25:40c'est parce qu'il n'y a pas
00:25:41cette défiance,
00:25:42il n'y a pas ce mal-être
00:25:43dans les représentations politiques
00:25:44qu'on retrouve au niveau national.
00:25:46Parce qu'il n'y a pas
00:25:46d'incarnation aussi ?
00:25:48Au Rassemblement national ?
00:25:49Localement.
00:25:50Ah, ça change, ça évolue.
00:25:51Regardez le nombre,
00:25:52les dizaines et les dizaines
00:25:53de députés RN.
00:25:54C'est la même chose
00:25:54du côté des insoumis,
00:25:55c'est-à-dire des gens
00:25:56qui ont fait leur preuve
00:25:56quelque part,
00:25:57qui sont députés
00:25:58depuis 2024 ou 2022.
00:26:00Donc ils disposent
00:26:01à la fois d'une notoriété
00:26:03parfois nationale
00:26:04et de toute façon
00:26:05dans ces villes-là
00:26:06et une certaine expérience.
00:26:07On voit bien que le but,
00:26:08c'est prendre des têtes d'affiches
00:26:09des gens qui sont connus,
00:26:10qui ont fait leur preuve
00:26:11en tant qu'élus nationaux
00:26:12pour essayer de les mettre.
00:26:13Je pense que ça,
00:26:14c'est quand même
00:26:14un petit avantage
00:26:15dont bénéficiera
00:26:15le Rassemblement national.
00:26:17Après, pour revenir
00:26:21on parle de vagues
00:26:22parfois roses
00:26:23ou vagues bleues
00:26:24mais en réalité
00:26:25ça ne concerne
00:26:25que quelques dizaines
00:26:26de villes à chaque fois.
00:26:28Mais la vraie différence
00:26:29cette fois-ci,
00:26:29c'est qu'on a une vraie
00:26:31municipalisation
00:26:32des enjeux nationaux.
00:26:33Ce n'est pas la première fois
00:26:33qu'on parle d'insécurité
00:26:34lors des élections municipales
00:26:36mais jamais on en a parlé autant.
00:26:38Les administrés
00:26:39d'une ville,
00:26:39d'une grande ville,
00:26:40d'une ville où il y a
00:26:40des problèmes de sécurité
00:26:41ou de narcotrafic
00:26:42savent pertinemment
00:26:43qu'un maire,
00:26:44quelle que soit la taille de la ville,
00:26:45n'a que très peu de pouvoir
00:26:46en matière de lutte
00:26:47contre la délinquance
00:26:47et plus encore
00:26:48de lutte contre le narcotrafic
00:26:49pour ne citer
00:26:51que cet exemple-là.
00:26:52En revanche,
00:26:53ils sont prêts à voter
00:26:54pour un autre parti,
00:26:55pour une autre liste
00:26:55que la liste du maire sortante.
00:26:56Ça peut paraître paradoxal
00:26:57parce qu'il y a
00:26:58un sentiment d'insécurité.
00:26:59C'est un paradoxe,
00:27:01ça peut être contre-intuitif
00:27:02mais un certain nombre de maires
00:27:03paieront quelque part
00:27:04la situation
00:27:05dont ils ne sont absolument
00:27:06pas responsables.
00:27:06Notamment les maires écologistes ?
00:27:08Les maires écologiques,
00:27:09je pense qu'ils
00:27:09devraient payer,
00:27:11on parle évidemment
00:27:13aux conditionnels,
00:27:14en tout cas une partie
00:27:14d'entre eux,
00:27:15du fait d'avoir loupé
00:27:16une occasion en fait.
00:27:18Leur élection,
00:27:19elle est totalement légitime,
00:27:20elle s'inscrit dans la suite
00:27:21des élections européennes
00:27:22de 2019, 2020,
00:27:23c'est une vague verte,
00:27:24une véritable vague verte
00:27:25et dans ces villes-là,
00:27:26elles sont nombreuses,
00:27:27les écologistes deviennent
00:27:28la principale force de gauche.
00:27:30Ils n'ont pas su
00:27:31capitaliser là-dessus.
00:27:33Je pense qu'il y a eu
00:27:33une incompréhension
00:27:34au moment de la rencontre
00:27:35entre un électorat
00:27:36de centre-gauche
00:27:37qui n'était pas écologiste
00:27:38mais qui était disposé
00:27:38à voter pour eux
00:27:39et ils n'ont pas su capitaliser,
00:27:41ils n'ont pas su convaincre
00:27:41du bien fondé
00:27:42d'un certain nombre
00:27:43de leurs mesures
00:27:44sans parler de certaines choses
00:27:45qui ont pu être prises
00:27:45pour des provocations
00:27:46au tout début
00:27:47à Lyon ou à Bordeaux.
00:27:49Par exemple,
00:27:50les maires écologistes
00:27:51paieront autre chose,
00:27:51je pense,
00:27:52le fait de ne pas avoir
00:27:52su convaincre
00:27:53et pas avoir su expliquer
00:27:54leur politique.
00:27:55Mais des maires,
00:27:56de gauche comme de droite,
00:27:57paieront une situation
00:27:58pour laquelle
00:27:59ils ne sont absolument
00:28:00pas responsables.
00:28:01Un dernier mot,
00:28:01Hugo Subtil,
00:28:02pour revenir à votre étude.
00:28:03L'ERN a proposé
00:28:05il y a quelques mois
00:28:05l'inscription
00:28:06au patrimoine culturel
00:28:07immatériel de l'UNESCO
00:28:08des bistrots.
00:28:10Si la branche
00:28:10sur laquelle
00:28:11ils sont assises...
00:28:12Encore une fois,
00:28:13c'est le lien social
00:28:14qui va être le lien
00:28:16entre la fermeture
00:28:17de ces barres tabac
00:28:18et le vote en leur faveur.
00:28:20Mais vous avez observé
00:28:21l'inverse aussi
00:28:21dans votre étude.
00:28:22C'est-à-dire que là
00:28:22où les barres tabac
00:28:23rouvrent,
00:28:24le vote ERN recule.
00:28:26Voilà,
00:28:26parce qu'encore une fois,
00:28:27ça va recréer du lien
00:28:28et quand on crée du lien,
00:28:29il y a des solidarités,
00:28:29il y a de la confiance
00:28:30qui va s'installer
00:28:32et donc on va avoir
00:28:33confiance en l'avenir
00:28:34et on va moins se tourner
00:28:34vers un parti
00:28:36comme le Rassemblement National.
00:28:37Et après,
00:28:38c'est à viser
00:28:38plus populiste,
00:28:40mettre, ériger
00:28:41ce patrimoine français
00:28:42au patrimoine mondial
00:28:44de l'UNESCO,
00:28:45bien que ça ait été repris
00:28:46par notre président
00:28:47Emmanuel Macron.
00:28:48C'est à des visées
00:28:49électoralistes,
00:28:50je pense.
00:28:51Un dernier mot,
00:28:51Mathieu Soukher ?
00:28:52En tout cas,
00:28:54nous allons voir
00:28:54avec ces élections municipales
00:28:56si effectivement
00:28:57il y a une resynchronisation
00:28:58de la politique nationale
00:28:59et de la politique locale,
00:29:00si le RN,
00:29:01l'extrême droite,
00:29:02aura le vent dans le dos
00:29:02au municipal
00:29:03et un vent du coup porteur
00:29:04pour les présidentielles
00:29:05ou si au contraire,
00:29:06il y aura malgré tout
00:29:07une forme de stop
00:29:08à la dynamique qui est la sienne.
00:29:09Ça va être un sacré
00:29:10moment de bascule.
00:29:11Merci à tous les trois
00:29:12d'être venus ce soir
00:29:13sur le plateau
00:29:14de chaque voix compte.
00:29:15Vous pouvez rester là
00:29:16parce qu'Anna va continuer
00:29:17à nous parler d'élections
00:29:17mais on va aller plutôt
00:29:19vers la gauche maintenant.
00:29:20C'est la petite histoire
00:29:21dans la grande.
00:29:24Anna,
00:29:25vous vouliez revenir ce soir
00:29:26sur la déclaration
00:29:27de candidature
00:29:28ce matin sur France Inter
00:29:29de Jérôme Gage ?
00:29:30Oui,
00:29:30parce qu'Adeline,
00:29:31même si la politique
00:29:32est sacrément désacralisée,
00:29:33une déclaration
00:29:34de candidature,
00:29:35c'est un moment
00:29:36très très spécial
00:29:37et ça doit être
00:29:37regardé comme tel.
00:29:38C'est censé poser son homme
00:29:40ou sa femme.
00:29:41J'aimerais qu'on regarde
00:29:42tous ensemble
00:29:42comment s'y est pris
00:29:43Jérôme Gage ce matin
00:29:44sur France Inter.
00:29:46Je suis aujourd'hui
00:29:47candidat à l'élection
00:29:48présidentielle
00:29:49pour porter la voix
00:29:50d'une gauche républicaine.
00:29:53Alors,
00:29:54commençons par la forme.
00:29:55Aujourd'hui,
00:29:56a dit le député
00:29:57de l'Essonne,
00:29:58ça veut dire
00:29:58peut-être pas demain.
00:30:00Et le moins
00:30:00qu'on puisse dire,
00:30:01c'est que ce n'est pas
00:30:01une candidature arrogante
00:30:03de rouleur des mécaniques.
00:30:04Le souffle était un peu court,
00:30:06la bouche était un peu sèche,
00:30:08l'émotion très grande.
00:30:09Il n'était pas tout à fait
00:30:10à son affaire.
00:30:11Jérôme Gage,
00:30:12on est loin,
00:30:13très loin de la grandiloquence
00:30:14qui peut prévaloir
00:30:16d'ordinaire pour cet exercice.
00:30:17Vous pensez à des candidats
00:30:18en particulier peut-être ?
00:30:19Adeline,
00:30:20s'en remontait très loin.
00:30:21Est-ce que vous vous souvenez
00:30:22de la déclaration
00:30:22de candidature
00:30:23d'Emmanuel Macron
00:30:24en 2016 ?
00:30:25Très exactement,
00:30:26le 16 novembre,
00:30:27c'était à Bobigny.
00:30:28On regarde.
00:30:29Je suis candidat
00:30:30à la présidence
00:30:32de la République
00:30:33parce que je crois
00:30:35plus que tout
00:30:37que nous pouvons réussir,
00:30:39que la France
00:30:40peut réussir.
00:30:42Voilà,
00:30:43on a fait cours dans l'extrême.
00:30:44Il y a une solennité,
00:30:45une idée de soi-même,
00:30:47une dramaturgie,
00:30:48une théâtralité.
00:30:49Il y avait des anaphores
00:30:50en pagaille en plus
00:30:51dans cette déclaration
00:30:52de candidature.
00:30:53Bref,
00:30:53rien de tout cela
00:30:54chez Jérôme Gage.
00:30:55D'ailleurs,
00:30:56quand Benjamin Duhamel
00:30:57l'a titillé sur
00:30:58la candidature
00:30:59de témoignage
00:31:00et le fait qu'il s'offrait
00:31:01se faisant
00:31:02une forme de quart d'heure
00:31:03de célébrité,
00:31:04eh bien Jérôme Gage
00:31:05n'est même pas monté
00:31:06sur ses grands chevaux
00:31:07comme si lui
00:31:08ne se prenait au fond
00:31:09pas vraiment
00:31:10pour un candidat
00:31:11à l'élection présidentielle.
00:31:13Et dans le genre,
00:31:14il y en a un
00:31:14qui allait encore plus loin,
00:31:16c'est le maire de Cannes,
00:31:17président de l'Association
00:31:19David Lissnard.
00:31:20C'était il y a 15 jours à peine.
00:31:21C'était au micro
00:31:22de Thomas Soto sur RTL
00:31:23et là aussi,
00:31:24ça vaut la peine.
00:31:26S'il n'y a pas de primaire,
00:31:27est-ce que vous serez
00:31:27candidat à la présidentielle ?
00:31:30Oui.
00:31:31Oui ?
00:31:31Oui, bien sûr.
00:31:32Oui.
00:31:34Alors à côté,
00:31:35Jérôme Gage,
00:31:35c'était presque solennel.
00:31:39Mais vous avez commencé
00:31:40par la forme.
00:31:41Bon, on va parler
00:31:42un peu du fond quand même.
00:31:43Alors le fond,
00:31:44c'est deux expressions
00:31:45qu'il martèle.
00:31:46La république sociale
00:31:47et le courage de la nuance.
00:31:49C'est-à-dire la gauche anti-LFI.
00:31:51Jérôme Gage,
00:31:52qui était un disciple
00:31:53et un ami de Jean-Luc Mélenchon,
00:31:54au fond,
00:31:55n'a jamais eu
00:31:55autant d'existence politique
00:31:57que depuis corrifié
00:31:58par ce qui est devenu son mentor,
00:32:00un salopard antisémite,
00:32:01c'est l'expression de Jérôme Gage,
00:32:03eh bien il se bat contre lui.
00:32:05Son marqueur politique,
00:32:06c'est précisément
00:32:07la rupture
00:32:08avec Mélenchon
00:32:09post-7 octobre.
00:32:10Et depuis,
00:32:11Jérôme Gage
00:32:11cristallise à lui tout seul
00:32:12cette guerre
00:32:13entre les socialistes
00:32:14et les insoumis.
00:32:15Souvenez-vous
00:32:16de la façon
00:32:16dont il a été malmené
00:32:17au printemps dernier
00:32:18dans des rassemblements de gauche
00:32:20au cri
00:32:20de salle sioniste dégage.
00:32:22Ça, c'était le 27 avril,
00:32:23place de la République à Paris,
00:32:25pendant l'hommage
00:32:25à Aboubakar Sissé,
00:32:27le jeune musulman
00:32:27poignardé dans une mosquée du Gard.
00:32:29Le 1er mai,
00:32:30idem,
00:32:31il a dû,
00:32:31Jérôme Gage,
00:32:32être exfiltré du cortège.
00:32:34On le voit sur ces images.
00:32:36Et au fond,
00:32:36désormais,
00:32:37il incarne
00:32:38cette gauche républicaine
00:32:40qui ne transige pas
00:32:41avec les valeurs de la République
00:32:42et qui ne s'abîme pas
00:32:44avec ceux qui le font,
00:32:46c'est-à-dire les insoumis.
00:32:47Mais pardon, Anna,
00:32:48ce n'est pas un créneau
00:32:49qui est déjà occupé
00:32:49par Raphaël Glucksmann, ça ?
00:32:51C'est bien le problème
00:32:52de Jérôme Gage,
00:32:52qui n'a d'ailleurs pas répondu
00:32:54quand Benjamin Duhamel
00:32:55lui a demandé
00:32:55ce qui le différenciait
00:32:57idéologiquement
00:32:58de Raphaël Glucksmann.
00:32:59Et au fait,
00:33:00c'est ça qui est intéressant,
00:33:00c'est que si Jérôme Gage
00:33:01a pris le risque
00:33:03d'y aller ce matin
00:33:04sans avoir fait monter
00:33:05le suspense,
00:33:06la mayonnaise,
00:33:07le désir
00:33:07et tout le reste,
00:33:08eh bien,
00:33:09c'est parce qu'il a voulu
00:33:10précisément
00:33:11prendre de vitesse
00:33:14le premier.
00:33:15Son sujet,
00:33:15c'était de changer
00:33:16de statut
00:33:17avant que Raphaël Glucksmann
00:33:19et ou François Hollande
00:33:20ne se déclarent
00:33:21pour ensuite
00:33:22les obliger
00:33:23à discuter avec lui
00:33:24sur la base
00:33:25qu'il propose
00:33:25est devant les Français.
00:33:27C'est l'expression
00:33:27qu'il a employée ce matin
00:33:28à deux reprises.
00:33:30C'est ça que trahissons
00:33:31aujourd'hui.
00:33:33Et voyez, Adeline,
00:33:34à quel point
00:33:34la forme trahit le fond ?
00:33:36La forme,
00:33:37c'est toujours le fond
00:33:37qui remonte, n'est-ce pas ?
00:33:38Merci, Anna,
00:33:40et merci à tous les trois
00:33:41d'être venus ce soir
00:33:42sur le plateau
00:33:43de Chaque Voix Compte
00:33:44dans un instant.
00:33:44C'est la question qui fâche.
00:33:45On se penche
00:33:46sur la loi fin de vie
00:33:47qui arrive dans quelques jours
00:33:48en débat
00:33:49à l'Assemblée nationale.
00:33:50Appelez-la désormais
00:33:51proposition de loi
00:33:52créant un droit
00:33:53à l'aide à mourir.
00:33:54On en parle dans un instant.
00:33:55Mais avant cela,
00:33:56c'est quelle histoire ?
00:33:57Et c'est Laurent Guimier.
00:34:05Ce soir,
00:34:06Laurent est dans
00:34:07une forme olympique.
00:34:08Vous avez décidé
00:34:09de vous attaquer
00:34:09au mythe
00:34:10des Jeux olympiques
00:34:11à l'occasion
00:34:11des Jeux d'hiver
00:34:12de Milan-Cortina
00:34:13qui s'ouvre demain soir
00:34:15la cérémonie d'ouverture.
00:34:16Pour un pays,
00:34:17organiser les Jeux,
00:34:18ça a longtemps été
00:34:19un rêve absolu.
00:34:20C'est quelque chose
00:34:21en France avec Paris 2024,
00:34:22mais c'est devenu
00:34:23aujourd'hui un vrai casse-tête
00:34:24pour les pays organisateurs aussi.
00:34:26Oui,
00:34:26et les organisateurs,
00:34:27les équipes d'organisation,
00:34:28c'est une sorte de calvaire
00:34:29en termes de communication
00:34:30pour eux.
00:34:31Alors,
00:34:31on ne va pas gâcher
00:34:31le plaisir quand même.
00:34:32les Jeux démarrent demain soir
00:34:34avec une belle cérémonie
00:34:36d'ouverture,
00:34:36sans doute.
00:34:37La torche est en route.
00:34:39On l'a vu traverser
00:34:40toutes les villes d'Italie,
00:34:41notamment à Venise.
00:34:43Les photos sont très belles.
00:34:44Et pendant des décennies,
00:34:45les Jeux,
00:34:46c'était ça,
00:34:46un Graal,
00:34:48un pur récit
00:34:49de progrès
00:34:50et de fêtes universels.
00:34:51Aujourd'hui,
00:34:52c'est un peu
00:34:53le parcours du combattant.
00:34:54C'est-à-dire ?
00:34:54C'est une course de haie,
00:34:56en fait.
00:34:56Prenons l'exemple
00:34:57à Cortina.
00:34:58Il y a une énorme polémique
00:34:59depuis quelques jours
00:35:00avec la présence
00:35:01de membres
00:35:02de la police américaine
00:35:03de l'immigration.
00:35:03Vous savez,
00:35:04la désormais
00:35:05tristement célèbre ICE
00:35:06que le monde entier
00:35:08a vue dans les opérations
00:35:09anti-immigration
00:35:10à Minneapolis.
00:35:12L'Italie a beau dire
00:35:13qu'ils n'auront
00:35:13aucun rôle opérationnel,
00:35:15qu'ils sont là
00:35:15pour conseiller les Italiens,
00:35:17notamment en matière
00:35:17de criminalité,
00:35:18et puis que ça fait
00:35:18dix ans qu'ils collaborent
00:35:19ensemble,
00:35:20rien n'y fait.
00:35:22Les Jeux étaient une bulle
00:35:23hors du temps,
00:35:24historiquement.
00:35:25Là,
00:35:25maintenant,
00:35:26on a l'impression
00:35:27qu'ils sont là
00:35:27pour concentrer
00:35:28les drames du monde.
00:35:29Mais ce n'est pas
00:35:30vraiment nouveau
00:35:31parce qu'il y a eu
00:35:32les Jeux de Berlin
00:35:33en 1936,
00:35:34il y a aussi eu
00:35:35l'attentat de Munich
00:35:36contre les athlètes israéliens
00:35:37en 1972.
00:35:38Ça n'a pas toujours été
00:35:39la trêve olympique.
00:35:40Non, tout à fait.
00:35:40Les Jeux olympiques
00:35:41et le sport en général,
00:35:42contrairement à une idée
00:35:43un peu reçue,
00:35:44ont toujours embrassé
00:35:45des récits profondément politiques.
00:35:46Évidemment,
00:35:47vous voyez cette photo,
00:35:48la photo mythique
00:35:49des Jeux de Mexico
00:35:50en 1968
00:35:51où les athlètes américains,
00:35:52le point levé,
00:35:53contestent les discriminations.
00:35:54Mais ce qui a changé,
00:35:55je crois,
00:35:56c'est que les Jeux
00:35:57ne sont plus
00:35:57la chambre d'écho
00:35:58d'un problème,
00:35:59ils sont eux-mêmes
00:36:00le problème.
00:36:01Et ça,
00:36:01ça change tout
00:36:02pour les organisateurs.
00:36:03Trop cher,
00:36:04trop polluant,
00:36:05trop risqué.
00:36:06Exemple,
00:36:07qu'est-ce qu'on n'a pas entendu
00:36:09sur les Jeux de 2024 ?
00:36:11En mai 2022,
00:36:13deux ans avant,
00:36:14le criminologue Alain Bauer
00:36:15prédit une catastrophe absolue
00:36:17pour la cérémonie d'ouverture
00:36:19sur la Seine.
00:36:20Regardez ce qu'il disait.
00:36:21La cérémonie d'ouverture
00:36:23est une folie criminelle.
00:36:25Il n'y a,
00:36:25de mon point de vue,
00:36:26rien sur la sécurité,
00:36:28la sûreté des athlètes,
00:36:30des organisateurs
00:36:30et du public
00:36:31qu'il est envisageable
00:36:32sous cette forme-là.
00:36:33Donc,
00:36:33c'était une catastrophe annoncée.
00:36:36Bon,
00:36:37vous vous souvenez
00:36:37de la cérémonie ?
00:36:38C'était génial.
00:36:39Ça s'est plutôt bien passé.
00:36:41Alors,
00:36:41M. Bauer
00:36:42n'est pas le premier expert
00:36:43à se planter
00:36:43sur les plateaux télé
00:36:44ou ailleurs.
00:36:45Mais cette anecdote
00:36:46prouve que le storytelling olympique
00:36:48n'est plus un totem d'immunité.
00:36:50Non,
00:36:51il est forcément
00:36:52abîmé par plein de choses.
00:36:53Désormais,
00:36:55une ville candidate
00:36:56vend du rêve
00:36:57avant l'attribution.
00:36:58Ça,
00:36:59c'est les figures libres.
00:37:00Et après,
00:37:01l'attribution des jeux,
00:37:02c'est du déminage permanent.
00:37:03Ça,
00:37:04c'est les figures imposées.
00:37:05Et ce qui était difficile
00:37:06à Paris semble encore
00:37:07plus compliqué
00:37:07avec les futurs jeux d'hiver
00:37:09de 2030
00:37:09qui auront lieu
00:37:10dans les Alpes françaises.
00:37:11Oui,
00:37:11parce que c'est dur
00:37:12de faire rêver
00:37:13avec la neige
00:37:14quand il n'y en a plus.
00:37:15Ça,
00:37:15c'est compliqué.
00:37:17Vous rajoutez la crise budgétaire,
00:37:18les incertitudes politiques.
00:37:20Les jeux ne sont plus
00:37:20un symbole évident,
00:37:22aveugle de progrès.
00:37:24Ils doivent prouver
00:37:24qu'ils sont acceptables,
00:37:26utiles et légitimes.
00:37:27Et c'est une mutation
00:37:28très récente ?
00:37:29Elle date,
00:37:30de mon point de vue,
00:37:31du milieu des années 80
00:37:32au moment de la prise
00:37:33de conscience écologique
00:37:34qui a tout changé
00:37:35en fait dans l'opinion
00:37:36et dans la façon
00:37:37d'aborder les jeux.
00:37:38C'est avant les jeux
00:37:39d'Alberville en 92
00:37:40qu'on a vu
00:37:41les premières grosses contestations
00:37:42d'associations écolos
00:37:44contre la France
00:37:45et les organisateurs.
00:37:47Regardez cette archive.
00:37:49Elle avait l'occasion
00:37:49cette fois-ci
00:37:50de se distinguer
00:37:50en matière de politique
00:37:51environnementale
00:37:52au niveau mondial.
00:37:54Je rappelle quand même
00:37:54qu'on attend plus de 2 milliards
00:37:55de téléspectateurs
00:37:56lors de l'inauguration
00:37:57et je crois que là,
00:37:58ça aurait été quand même fantastique
00:37:59qu'on dise
00:37:59voilà, la France, oui,
00:38:01prend un bras le corps
00:38:01les problèmes d'environnement.
00:38:04Voilà,
00:38:05avec ce skieur qui tombe.
00:38:06Bon, là encore,
00:38:07ça n'a pas empêché
00:38:08de beaux jeux
00:38:08car la trêve olympique
00:38:09est un peu aussi
00:38:10la trêve des polémiques.
00:38:11Ça, cela demeure.
00:38:13Et on a vu
00:38:13cette belle inauguration
00:38:15avec Messieurs Killy
00:38:16et Barnier
00:38:17qui avaient un très très bel anorak
00:38:18qu'on s'en souvient.
00:38:19Mais je crois
00:38:19que le héros
00:38:20du récit olympique
00:38:21a changé de cap.
00:38:23Il a osé changer de cap.
00:38:24Avant,
00:38:25le héros des Jeux
00:38:25c'était la ville,
00:38:27le pays,
00:38:27la grandeur
00:38:28et maintenant,
00:38:28le héros
00:38:28c'est la sobriété,
00:38:30la technicité,
00:38:31la réversibilité,
00:38:33c'est-à-dire
00:38:33de pouvoir récupérer
00:38:34les installations
00:38:35et la discrétion
00:38:36de l'organisateur.
00:38:38Donc pour M. Gros-Piron,
00:38:39qui est le président
00:38:39du comité en 2030,
00:38:41comme est Tanguay en 2024,
00:38:43le plus dur,
00:38:44ce ne sera pas
00:38:44d'organiser les Jeux
00:38:45mais c'est d'essayer
00:38:45de les raconter
00:38:46avec de la modestie.
00:38:48Merci beaucoup, Laurent.
00:38:50On passe à la question
00:38:50qui fâche.
00:38:51Et j'accueille sur le plateau
00:39:00de chaque voix-compte
00:39:01Sandrine Rousseau.
00:39:02Bonsoir.
00:39:02Député écologiste de Paris,
00:39:04Olivier Falorni,
00:39:05bonsoir.
00:39:05Député modem
00:39:06de Charente-Maritime
00:39:07et Christophe Benz,
00:39:08député Rassemblement national
00:39:10de Haute-Marne,
00:39:10bonsoir.
00:39:11C'était donc une promesse
00:39:12de campagne
00:39:13d'Emmanuel Macron.
00:39:14Sera-t-elle tenue
00:39:15avant la fin de son mandat ?
00:39:16La proposition de loi
00:39:17relative à la fin de vie
00:39:18achève ce soir
00:39:20son parcours en commission.
00:39:21où elle a été examinée
00:39:22et largement adoptée
00:39:23en deuxième lecture.
00:39:25Elle crée un droit
00:39:26à l'aide à mourir.
00:39:27Que reste-t-il dans ce texte
00:39:29avant les débats
00:39:30dans l'hémicycle
00:39:30d'ici quelques jours ?
00:39:32Eh bien, on voit d'abord cela
00:39:32ce soir avec Marion Becker.
00:39:37Nous irons enfin
00:39:38au bout du travail législatif
00:39:40sur la question
00:39:41de la fin de vie
00:39:42dans la dignité,
00:39:44sujet sur lequel
00:39:44je m'étais engagé
00:39:46devant vous en 2022.
00:39:48Emmanuel Macron
00:39:49pourra-t-il tenir
00:39:50son engagement ?
00:39:51Une loi
00:39:52qui consacre
00:39:53le droit à mourir
00:39:54avant la présidentielle
00:39:55et si possible
00:39:56dès cette année.
00:39:58Le texte porté
00:39:59par le député
00:40:00Olivier Falorni
00:40:01est de retour
00:40:02à l'Assemblée
00:40:02en deuxième lecture
00:40:04après son rejet
00:40:05par les sénateurs
00:40:06la semaine dernière.
00:40:08Ils avaient auparavant
00:40:09détricoté le texte.
00:40:11Les députés
00:40:11ont de nouveau
00:40:12validé le droit
00:40:13à mourir
00:40:14malgré quelques réticents.
00:40:15Avec cette légalisation
00:40:17du suicide assisté
00:40:19et de l'euthanasie
00:40:20est-ce qu'on acterait
00:40:21dans la loi
00:40:22que certaines vies
00:40:23valent plus que d'autres
00:40:24que derrière nous
00:40:25d'ailleurs
00:40:25de notre conception
00:40:26de la valeur d'une vie ?
00:40:28Un examen
00:40:29au parcours
00:40:30tumultueux
00:40:31pour cette loi
00:40:31sur la fin de vie.
00:40:33D'abord interrompue
00:40:34par la dissolution
00:40:35en 2024
00:40:36puis en 2025
00:40:37François Bayrou
00:40:38alors Premier ministre
00:40:40avait scindé
00:40:41le texte en deux.
00:40:42L'un sur les soins palliatifs
00:40:44l'autre sur le droit
00:40:45à mourir
00:40:46sans jamais citer
00:40:48le mot suicide assisté
00:40:49ou euthanasie.
00:40:50La loi est adoptée
00:40:51en première lecture
00:40:52en mai 2025.
00:40:54Il y a des jours
00:40:55dont on sait
00:40:55qu'on ne les oubliera jamais.
00:40:58Je n'oublierai jamais
00:40:59cette journée.
00:41:00Merci à tous.
00:41:02Le dispositif créé
00:41:04est très encadré.
00:41:06Pour bénéficier
00:41:07du droit à mourir
00:41:08il faut remplir
00:41:09cinq conditions.
00:41:10Être majeur
00:41:11Être français
00:41:12Être atteint
00:41:13d'une affection grave
00:41:14et incurable
00:41:15qui engage
00:41:15le pronostic vital
00:41:17en phase avancée
00:41:18ou terminale.
00:41:19Présenter
00:41:20une souffrance
00:41:21physique
00:41:21ou psychologique
00:41:22constante
00:41:23qui est soit
00:41:24réfractaire
00:41:24au traitement
00:41:25soit insupportable.
00:41:27Enfin
00:41:28Être apte
00:41:29à manifester
00:41:30sa volonté
00:41:30de façon
00:41:31libre et éclairée.
00:41:33Un texte
00:41:34solide
00:41:34cohérent
00:41:35et équilibré
00:41:36pour son rapporteur.
00:41:38Mais trop restreint
00:41:39voire trop permissif
00:41:41pour certains députés.
00:41:42Alors la question
00:41:43qui fâche ce soir
00:41:44ce compromis
00:41:46est-il le bon ?
00:41:48Olivier Falorni
00:41:49vous êtes le rapporteur
00:41:50de cette proposition
00:41:51de loi
00:41:51qui aura connu
00:41:52on le disait
00:41:52un parcours chaotique.
00:41:54Est-ce que vous pouvez
00:41:55expliquer ce soir
00:41:56aux Français
00:41:56ce que proposera
00:41:57précisément ce texte
00:41:59et ce que ça modifiera
00:42:00par rapport
00:42:01à la loi
00:42:01Claes-Leonetti ?
00:42:03Alors effectivement
00:42:04comme j'ai eu l'occasion
00:42:05de le dire
00:42:05je pense que ce texte
00:42:06il est solide
00:42:07juridiquement
00:42:09cohérent
00:42:10sur le plan
00:42:11du droit
00:42:12et sur le plan
00:42:13de la logique
00:42:14que nous voulons
00:42:15instituer
00:42:16et puis équilibrer.
00:42:18Équilibrer
00:42:19parce que
00:42:20par rapport
00:42:20à la loi
00:42:20Claes-Leonetti
00:42:21il ouvre
00:42:22un nouveau droit
00:42:23c'est-à-dire
00:42:24le droit
00:42:24de partir
00:42:25sereinement.
00:42:27Claes-Leonetti
00:42:28permet la sédation
00:42:29profonde
00:42:30et continue
00:42:30jusqu'au décès.
00:42:31Je dis bien
00:42:32jusqu'au décès.
00:42:33C'est-à-dire
00:42:33qu'on peut plonger
00:42:34quelqu'un
00:42:35lorsqu'il est
00:42:36en pronostic vital
00:42:38engagé à court terme
00:42:39c'est-à-dire
00:42:39qu'il ne lui reste
00:42:40que quelques heures
00:42:41ou quelques jours
00:42:42à vivre
00:42:42plongé dans le coma
00:42:43en arrêtant
00:42:44l'hydratation
00:42:45la nutrition
00:42:45et finalement
00:42:47on attend
00:42:48que la personne
00:42:48décède.
00:42:49Alors ça peut durer
00:42:50plusieurs heures
00:42:50ça peut durer
00:42:51plusieurs jours.
00:42:52Ce que nous proposons
00:42:53nous
00:42:53c'est dans des circonstances
00:42:55différentes
00:42:56c'est-à-dire
00:42:56quand un malade
00:42:57est condamné
00:42:58par la maladie
00:42:59et je veux vraiment
00:43:00insister là-dessus
00:43:01on parle de gens
00:43:02qui vont mourir
00:43:03qui sont condamnés
00:43:05phase avancée
00:43:05au terminal
00:43:06d'une maladie grave
00:43:07et incurable
00:43:07on ne peut pas
00:43:08être plus clair
00:43:08et bien
00:43:09pour ces personnes-là
00:43:10plutôt que de leur imposer
00:43:12une agonie insupportable
00:43:14et vous avez rappelé
00:43:15les critères
00:43:15je rajoutais simplement
00:43:16une chose
00:43:17parce que
00:43:18dans le débat
00:43:19évidemment
00:43:19on débat
00:43:20article par article
00:43:21alinéa par alinéa
00:43:23mais ce sont des critères
00:43:24cumulatifs
00:43:25cumulatifs
00:43:27il faudra
00:43:27que les cinq critères
00:43:28soient rassemblés
00:43:29absolument
00:43:30voilà
00:43:30donc on ne peut pas
00:43:32bénéficier
00:43:33d'une aide à mourir
00:43:34si on a des souffrances
00:43:36physiques
00:43:36ou psychologiques
00:43:37constantes
00:43:38c'est un des critères
00:43:40voilà
00:43:40il faudra que ce critère
00:43:42soit additionné
00:43:43au fait d'être atteint
00:43:43d'une infection
00:43:45grave et incurable
00:43:46qui engage
00:43:47le pronostic vital
00:43:47en phase avancée
00:43:48ou terminale
00:43:49les mots ont un sens
00:43:50il y a eu de grands
00:43:51débats sémantiques
00:43:52en commission
00:43:52depuis quelques jours
00:43:54présenter une souffrance
00:43:56physique
00:43:57ou psychologique
00:43:57constante
00:43:58qui est soit
00:43:58réfractaire au traitement
00:43:59soit insupportable
00:44:01comment fixez-vous
00:44:03le curseur
00:44:03sachant que la douleur
00:44:04c'est quelque chose
00:44:05de très personnel
00:44:06et que chacun
00:44:06a son seuil
00:44:07de tolérance
00:44:08à la douleur
00:44:08mais bien sûr
00:44:09mais d'ailleurs
00:44:10nous l'avons précisé
00:44:11dans le texte
00:44:12c'est le malade
00:44:13qui définit
00:44:14son niveau
00:44:15de souffrance
00:44:16alors il y a
00:44:17des critères
00:44:18d'évaluation
00:44:18de la souffrance
00:44:19physique
00:44:19on sait bien
00:44:20qu'aujourd'hui
00:44:21les médecins
00:44:22peuvent distinguer
00:44:24ce qu'est
00:44:25un niveau
00:44:25de souffrance
00:44:26mais la souffrance
00:44:28en tant que telle
00:44:28elle est définie
00:44:30par le malade
00:44:30et d'ailleurs
00:44:31nous l'avons précisé
00:44:32parce que
00:44:33ce sont soit
00:44:34des souffrances
00:44:35réfractaires au traitement
00:44:36soit des souffrances
00:44:37jugées insupportables
00:44:39par le malade
00:44:40lorsque le malade
00:44:41a décidé
00:44:41d'arrêter les traitements
00:44:42puisque je rappelle
00:44:43que depuis la loi Kouchner
00:44:44un malade
00:44:45a le droit
00:44:46de dire
00:44:46stop
00:44:47j'arrête les traitements
00:44:48comment sera déterminée
00:44:50la phase avancée
00:44:51d'une maladie
00:44:52c'est la haute autorité
00:44:53de santé
00:44:53qui l'a définie
00:44:55c'est vrai que
00:44:56lors du débat
00:44:58en première lecture
00:44:59enfin en première
00:45:00première lecture
00:45:01parce qu'en fait
00:45:01on parle de la deuxième lecture
00:45:03mais c'était
00:45:04finalement la troisième lecture
00:45:05c'est pour ça que je rappelle
00:45:06le parcours chaotique du texte
00:45:08c'est le moins qu'on puisse dire
00:45:09et franchement
00:45:09s'il y a bien un mot
00:45:10qu'on ne peut pas utiliser
00:45:11pour évoquer le processus
00:45:13législatif
00:45:14sur la fin de vie
00:45:15c'est le mot précipitation
00:45:16ce que vous ont reproché
00:45:18certains députés
00:45:19de l'opposition
00:45:19moi je veux bien tout entendre
00:45:21mais parler
00:45:21de précipitation
00:45:23d'empressement
00:45:23sur un texte
00:45:25voilà
00:45:26dont on débat
00:45:27depuis trois ans
00:45:28et je vous passe
00:45:29tous les épisodes précédents
00:45:31j'ai quand même défendu
00:45:32en 2021
00:45:33une proposition de loi
00:45:34dans cet hémicycle
00:45:35donc l'empressement
00:45:37c'est pas vraiment ça
00:45:38donc ce qui est clair
00:45:39aujourd'hui
00:45:40c'est que nous avons
00:45:41un texte
00:45:42qui est équilibré
00:45:43et on l'a vu
00:45:44à travers le débat
00:45:45en commission
00:45:45en première lecture
00:45:48il y avait 1200 amendements
00:45:50il y avait 600 amendements
00:45:51qui venaient
00:45:52pour résumer
00:45:52de députés
00:45:53favorables
00:45:54à l'aide à mourir
00:45:55et 600
00:45:55hostiles
00:45:56à l'aide à mourir
00:45:57aujourd'hui
00:45:58au débat
00:45:59nous avons eu
00:45:59600 amendements
00:46:00déposés
00:46:01et débattus
00:46:01qui venaient
00:46:02très très majoritairement
00:46:04de députés
00:46:05hostiles
00:46:06à l'aide à mourir
00:46:06donc voilà
00:46:07on voit bien
00:46:08que ce texte
00:46:08aujourd'hui
00:46:09il est une référence
00:46:09donc vous faites partie
00:46:10Christophe Benz
00:46:10parmi les points
00:46:12sémantiques
00:46:12sur lesquels
00:46:13vous avez bataillé
00:46:13en commission
00:46:14vous souhaitiez
00:46:14voir inscrire
00:46:15les termes
00:46:15euthanasie
00:46:16suicide assistée
00:46:17et aide active
00:46:18à mourir
00:46:19pourquoi ?
00:46:20alors d'abord
00:46:20en préambule
00:46:22où la commission
00:46:23des affaires sociales
00:46:24a malheureusement
00:46:24confirmé son vote
00:46:26en faveur
00:46:27de la proposition
00:46:28de loi
00:46:29sur l'aide à mourir
00:46:30je voudrais simplement
00:46:31dire que je regrette
00:46:31que ça m'attriste
00:46:32et que je continuerai
00:46:33à combattre ce texte
00:46:35parce que j'en suis
00:46:35un opposant
00:46:36total
00:46:37fondamentalement
00:46:39à mon sens
00:46:39c'est une loi
00:46:40d'abord
00:46:41d'abandon
00:46:42d'abandon
00:46:43des patients
00:46:44des patients
00:46:44qui sont en souffrance
00:46:46et qui sont en fin de vie
00:46:47que l'on renoncerait
00:46:49à soigner
00:46:50jusqu'au bout
00:46:51c'est-à-dire
00:46:52jusqu'à la mort
00:46:53à mon sens
00:46:54c'est également
00:46:54une loi injuste
00:46:56parce que dans un pays
00:46:57qui malheureusement
00:46:58a de très grandes carences
00:47:00en matière de développement
00:47:01de déploiement
00:47:02des soins palliatifs
00:47:03et bien
00:47:04chaque année
00:47:04il y a 200 000 français
00:47:06qui n'ont pas accès
00:47:07aux soins palliatifs
00:47:08et qui devraient avoir accès
00:47:10à qui l'on demanderait
00:47:11ou proposerait demain
00:47:12une aide à mourir
00:47:13alors pour la sémantique
00:47:13moi je parle
00:47:15de propositions de loi
00:47:16sur le suicide
00:47:17quelle que soit sa forme
00:47:18c'est une proposition de loi
00:47:19qui vient légaliser
00:47:21et encadrer le suicide
00:47:22qu'il soit assisté
00:47:23ou qu'il soit délégué
00:47:25qu'il soit en fait demandé
00:47:26à une tierce personne
00:47:26en l'occurrence
00:47:27un soignant
00:47:28en l'occurrence
00:47:28c'est un amendement
00:47:29qui a été rejeté
00:47:30les mots suicide
00:47:31et les mots euthanasie
00:47:32Olivier Falorni
00:47:33vous n'en vouliez pas
00:47:34dans la proposition de loi
00:47:36non parce qu'il crée
00:47:37une confusion
00:47:37et d'ailleurs
00:47:38je reconnais à Christophe Benz
00:47:40d'avoir acté
00:47:41en tout cas
00:47:42un des termes
00:47:43enfin des rejets
00:47:44du terme euthanasie
00:47:46que j'avais pu exprimer
00:47:47par sa référence
00:47:48par sa connotation
00:47:49à l'Allemagne nazie
00:47:50je crois que vraiment
00:47:52on peut s'épargner
00:47:53peut-être ce terme
00:47:55et puis la notion
00:47:56de suicide assisté
00:47:57parce qu'il crée
00:47:57une confusion
00:47:58entre le suicide
00:47:59Sandrine Rousseau
00:48:00a eu l'occasion
00:48:01d'intervenir
00:48:01à plusieurs reprises
00:48:02et fort brillamment
00:48:03sur ce point-là
00:48:05et cette confusion
00:48:08entre suicide
00:48:08et suicide assisté
00:48:09pour nous
00:48:10est délétère
00:48:11je dis simplement
00:48:12que l'Observatoire
00:48:13national du suicide
00:48:14a rendu un rapport
00:48:15il y a quelques mois
00:48:15on ne peut pas les accuser
00:48:17d'être des militants
00:48:17pro aide à mourir
00:48:19et ils ont dit
00:48:20que dans les pays
00:48:20qui avaient légiféré
00:48:21sur l'aide à mourir
00:48:22cet outil-là
00:48:24ce droit-là
00:48:25pouvait être une aide
00:48:27et pouvait justement
00:48:28permettre
00:48:29à un certain nombre
00:48:30de malades
00:48:30de pouvoir reprendre
00:48:32contact
00:48:33avec un certain nombre
00:48:35de soignants
00:48:35de psychologues
00:48:36de psychiatres
00:48:37et pouvoir être une réponse
00:48:38à la prévention
00:48:39du suicide
00:48:39mais ne confondons pas
00:48:41suicide assisté
00:48:43et suicide
00:48:43Sandrine Rousseau
00:48:44vous avez souvent raconté
00:48:46ce qui est arrivé
00:48:47à votre mère
00:48:48qui s'est donné la mort
00:48:49est-ce que
00:48:50le texte
00:48:51tel qu'il est sorti
00:48:52de la commission
00:48:52tel qu'il arrivera
00:48:53à l'Assemblée nationale
00:48:54dans 10 jours
00:48:55aurait changé quelque chose
00:48:56pour elle ?
00:48:57Ah bah absolument
00:48:58et ça aurait tout changé
00:49:00ça aurait absolument tout changé
00:49:02parce qu'elle rentrait
00:49:02dans l'ensemble
00:49:04des critères
00:49:04qui sont définis
00:49:05donc ça aurait tout changé
00:49:07mais moi je voudrais
00:49:08juste revenir
00:49:09sur le mot suicide
00:49:10parce que je trouve
00:49:11que c'est un débat
00:49:12qu'il est important
00:49:13de poser y compris
00:49:13pour la compréhension
00:49:14de la loi
00:49:15pour les Français
00:49:15et Françaises
00:49:16qui nous écoutent
00:49:16c'est qu'un suicide
00:49:18c'est des personnes
00:49:19qui sont en souffrance psychologique
00:49:21qui veulent mourir
00:49:22et je rends hommage
00:49:24vraiment à tous les médecins
00:49:26à toutes les associations
00:49:27qui luttent
00:49:27contre ces suicides
00:49:30et qui ont d'ailleurs
00:49:31des résultats
00:49:32assez importants
00:49:33quand les personnes
00:49:34sont bien accompagnées
00:49:35mais là
00:49:36ce ne sont pas des personnes
00:49:37qui veulent forcément mourir
00:49:39ce sont des personnes
00:49:39qui ne veulent plus souffrir
00:49:41c'est ça le sujet
00:49:42c'est-à-dire qu'elles savent
00:49:43qu'elles vont mourir
00:49:43et qui ne veulent plus souffrir
00:49:46en fait ça n'est pas du tout
00:49:48la même chose
00:49:49et il y a eu un débat sémantique
00:49:52dans les trois lectures
00:49:53que nous avons eues
00:49:54et à chaque fois
00:49:55elles ont été précédées
00:49:56de débats
00:49:57dans la commission
00:49:58et moi j'insiste vraiment
00:50:00pour rappeler
00:50:01que là
00:50:02c'est une possibilité
00:50:03mais qui n'est pas
00:50:04et je pense que c'est ça
00:50:05ce qu'il faut bien comprendre
00:50:07sur ce texte
00:50:07et pour moi
00:50:08c'est sa grandeur
00:50:10c'est que savoir
00:50:11qu'on peut y avoir recours
00:50:13nous permet
00:50:15ou permettra
00:50:16à des personnes
00:50:17de supporter
00:50:18mieux
00:50:19la douleur
00:50:20et la fin de vie
00:50:20et ça je pense
00:50:21qu'il faut vraiment l'entendre
00:50:22parce que c'est une angoisse
00:50:24de souffrir
00:50:24parce que c'est un
00:50:25c'est extrêmement difficile
00:50:28psychologiquement déjà
00:50:29de savoir
00:50:29que l'on va mourir
00:50:30mais qu'en plus
00:50:31on ne sache pas
00:50:32quelle va être l'intensité
00:50:33des souffrances
00:50:34auxquelles on va être confronté
00:50:35savoir qu'il y a ce droit
00:50:36c'est pouvoir les supporter davantage
00:50:38et en fait moi je pense que ce droit
00:50:40même s'il n'est pas utilisé
00:50:42est une sérénité
00:50:43pour les personnes
00:50:44qui n'y recourent pas
00:50:45Christophe Benz
00:50:46pourquoi est-ce que ce droit
00:50:47qui est réclamé
00:50:48par les français
00:50:49qui est plébiscité
00:50:50dans un dernier sondage
00:50:52IFOP
00:50:5289%
00:50:54approuve
00:50:54l'idée de l'autorisation
00:50:56pour des personnes
00:50:57souffrant de maladies
00:50:58insupportables
00:50:58et incurables
00:50:59qu'est-ce que vous dites
00:51:00à vos électeurs
00:51:01qui peuvent aussi
00:51:02être favorables
00:51:02à cette idée
00:51:03alors d'abord
00:51:04je pense qu'on a tous
00:51:06en partage
00:51:07la volonté
00:51:08de permettre
00:51:09de soulager
00:51:11les douleurs
00:51:12des patients
00:51:12des malades
00:51:13des patients en fin de vie
00:51:14et de prendre en charge
00:51:16de prendre en considération
00:51:17et en compte
00:51:18leurs souffrances
00:51:19qui sont liées
00:51:19à une pathologie
00:51:20mais on a des réponses
00:51:23qui sont fondamentalement différentes
00:51:24et j'insiste là-dessus
00:51:25à mon sens
00:51:27la loi
00:51:27Claes-Leonetti
00:51:28de 2016
00:51:29répond
00:51:29à l'intégralité
00:51:31des cas de figure
00:51:32de fin de vie
00:51:33aux personnes
00:51:33qui souffrent
00:51:34et ce que je regrette
00:51:36c'est l'absence
00:51:37d'application
00:51:38suffisante
00:51:39de cette loi
00:51:39et l'absence de moyens
00:51:40mais la loi Claes-Leonetti
00:51:41elle a conduit
00:51:42depuis des centaines
00:51:44des milliers de personnes
00:51:44à aller en Suisse
00:51:46quand elles en avaient
00:51:47les moyens
00:51:47à aller en Belgique
00:51:48par exemple
00:51:49pour mourir
00:51:50dans les conditions
00:51:51qu'elles voulaient choisir
00:51:52sans doute
00:51:53à cause d'ailleurs
00:51:54de la carence
00:51:55du système français
00:51:56du système de santé français
00:51:57qui n'offre pas suffisamment
00:51:58mais vous daignez à ces personnes
00:51:59le droit de choisir
00:52:00la façon dont elles veulent
00:52:01dignement mourir ?
00:52:03je crois que le devoir
00:52:04d'une société
00:52:04et presque d'une civilisation
00:52:07c'est de tout mettre en oeuvre
00:52:09tout mettre en oeuvre
00:52:10pour soigner
00:52:11pour soigner le corps
00:52:12pour soigner la vie
00:52:13jusqu'à sa fin
00:52:14et c'est-à-dire
00:52:15jusqu'à sa mort naturelle
00:52:16maintenant pour répondre
00:52:17à votre question
00:52:17sur les sondages
00:52:19qui évoquent une majorité
00:52:22qui serait
00:52:22je ne parle pas d'eau
00:52:23conditionnelle
00:52:23favorable à ce nouveau droit
00:52:26moi je n'y crois pas
00:52:27d'abord il y a un autre sondage
00:52:29il y a d'autres sondages
00:52:31qui disent l'inverse
00:52:32récemment
00:52:32la Fondapol
00:52:34de Dominique Régnier
00:52:35a publié
00:52:36un sondage
00:52:37sur une nation
00:52:37de 3000 personnes
00:52:38ce qui n'est quand même pas rien
00:52:39qui
00:52:40très précis d'ailleurs
00:52:41très fourni
00:52:42je l'ai lu
00:52:42c'est un document
00:52:43très intéressant
00:52:44je précise
00:52:45je me permets de préciser
00:52:46que c'est un sondage
00:52:47qui avait été commandé
00:52:48par les associations
00:52:49familiales catholiques
00:52:50c'est important de savoir
00:52:51d'où on parle
00:52:51je vous en prie
00:52:52et qui démontre l'inverse
00:52:54moi je pense
00:52:55qu'il n'y a pas
00:52:55de demande forte
00:52:56populaire
00:52:57pour ce nouveau droit
00:52:58la demande forte
00:52:59populaire
00:52:59et ce sondage
00:53:00comme les autres
00:53:01le disent
00:53:02il faut des soins palliatifs
00:53:04voilà le scandale
00:53:05de l'injustice
00:53:06de ceux qui ne peuvent pas
00:53:07y accéder
00:53:07et voilà l'urgence
00:53:09de les déployer
00:53:09avec évidemment
00:53:10plus de moyens
00:53:11est-ce que l'un exclut l'autre ?
00:53:13je crois que oui
00:53:13parce que les deux démarches
00:53:15sont fondamentalement différentes
00:53:16et fondamentalement opposées
00:53:18les soins palliatifs
00:53:20c'est l'accompagnement
00:53:21jusqu'au bout
00:53:22c'est le soulagement
00:53:23de la douleur
00:53:23mais c'est jamais
00:53:24la provocation intentionnelle
00:53:26de la mort
00:53:27ce qui est fondamentalement différent
00:53:28avec le texte
00:53:29qui malheureusement
00:53:29a été voté
00:53:30une fois de plus
00:53:30en commission
00:53:31des affaires sociales
00:53:32aujourd'hui
00:53:32puisqu'il y a bien
00:53:33une intentionnalité
00:53:35dans la provocation
00:53:36de la mort
00:53:36que ce soit
00:53:37par soi-même
00:53:37ou par un médecin
00:53:38ou un infirmier
00:53:39Sandrine Ansour
00:53:40déjà je voudrais dire
00:53:41qu'on n'a jamais autant
00:53:42parlé de soins palliatifs
00:53:43que depuis que cette loi
00:53:45sur la fin de vie
00:53:46et sur le droit à mourir
00:53:48est en discussion
00:53:49et en fait
00:53:50pour moi
00:53:51ouvrir ce droit
00:53:52permet aussi
00:53:53d'interroger
00:53:54les conditions
00:53:55dans lesquelles
00:53:55nous mourrons en France
00:53:56et en effet
00:53:57il y a des endroits
00:53:59où nous mourrons mal
00:54:00en France
00:54:00faute de soins palliatifs
00:54:02faute d'accueil
00:54:03et nous n'avons jamais eu
00:54:04autant d'engagement de crédit
00:54:06que depuis que la loi
00:54:07sur le droit à mourir
00:54:08a été
00:54:09d'engagement de crédit
00:54:10sur les soins palliatifs
00:54:11depuis que la loi
00:54:12sur le droit à mourir
00:54:13a commencé
00:54:15sa discussion
00:54:17et surtout
00:54:18pour moi
00:54:19il y a vraiment
00:54:19quelque chose
00:54:20qui se complète
00:54:24en fait
00:54:24dans les soins palliatifs
00:54:25et dans le droit à mourir
00:54:26c'est-à-dire
00:54:27qu'on a
00:54:28la possibilité
00:54:29d'avoir
00:54:31une véritable alternative
00:54:32et c'est pour ça
00:54:34que moi
00:54:34j'ai toujours
00:54:35beaucoup milité aussi
00:54:36pour qu'il y ait
00:54:37un droit d'accès
00:54:38aux soins palliatifs
00:54:39et que ce soit aussi
00:54:39inscrit dans la loi
00:54:40que s'il y a
00:54:42une défaillance
00:54:43du système de santé
00:54:44et bien
00:54:45la loi garantisse
00:54:47aux personnes
00:54:47de pouvoir avoir
00:54:48accès à ces soins
00:54:49et alors
00:54:49le choix
00:54:50est libre
00:54:51et éclairé
00:54:51alors le choix
00:54:52se fait en conscience
00:54:53et alors
00:54:54notre corps
00:54:55nous appartient
00:54:56jusqu'à la dernière minute
00:54:58et c'est un sujet
00:55:00qui m'est cher
00:55:00Monsieur Falorni
00:55:03en novembre dernier
00:55:04vous aviez remis
00:55:04à Emmanuel Macron
00:55:05une lettre
00:55:05co-signée avec Charles Bietry
00:55:07qui on le sait
00:55:07souffre de la maladie
00:55:08de Charcot
00:55:08pour alerter le président
00:55:10sur le risque
00:55:10d'enlisement
00:55:11de la loi
00:55:11est-ce que vous vous dites
00:55:12ce soir
00:55:13que vous y êtes presque
00:55:14quel est le calendrier
00:55:15est-ce que cette loi
00:55:16cette proposition de loi
00:55:18elle peut être adoptée
00:55:19avant l'été
00:55:20et entrée en vigueur
00:55:21avant l'été
00:55:21oui je le pense
00:55:22je le pense vraiment
00:55:23bon il faut encore
00:55:25que les députés
00:55:26confirment leur vote
00:55:27de la première lecture
00:55:28mais je ne vois pas
00:55:29pourquoi
00:55:29parce que
00:55:31contrairement à ce que
00:55:32j'ai pu entendre
00:55:33de notre collègue
00:55:34rapporteur du Sénat
00:55:36qui a dit que
00:55:37beaucoup de députés
00:55:37avaient voté
00:55:38sans connaître le sujet
00:55:39pas très respectueux
00:55:41quand même
00:55:41ils savent
00:55:42tous les députés
00:55:43qu'ils ont voté
00:55:44pour ou contre
00:55:45ils savent très bien
00:55:46sur quoi ils ont voté
00:55:47je tiens quand même
00:55:48à le dire
00:55:48et ils ont vraiment travaillé
00:55:50ces deux bonnes guerres
00:55:50entre le Sénat
00:55:51et l'Assemblée nationale
00:55:52voilà
00:55:52bon nous on a produit
00:55:53un texte
00:55:54et je pense que ce texte
00:55:55s'il garde le même équilibre
00:55:57sera voté
00:55:58en deuxième lecture
00:55:59et sur cette base là
00:56:00vous l'avez dit à Charles Bietry ?
00:56:01oui
00:56:02vous l'avez eu là ?
00:56:03mais il suit
00:56:04de très près
00:56:05de très près
00:56:06ce qui se passe
00:56:07et voilà
00:56:08un exemple même
00:56:10Charles Bietry
00:56:11qui voit les limites
00:56:14de ce qu'est la loi
00:56:15Clès-Leonetti
00:56:16que d'ailleurs
00:56:17Alain Clès lui-même
00:56:18a dit
00:56:19puisque Alain Clès
00:56:20dit lui-même
00:56:20qu'il faut changer la loi
00:56:21parce que la loi
00:56:23Clès-Leonetti
00:56:24ne s'adresse qu'à des gens
00:56:25qui vont mourir
00:56:25dans quelques heures
00:56:26ou quelques jours
00:56:27et notamment
00:56:28les malades de Charcot
00:56:29souvent subissent
00:56:30des souffrances insupportables
00:56:32alors que leur pronostic vital
00:56:33engagé
00:56:34n'est pas à quelques heures
00:56:36ou quelques jours
00:56:36et donc Charles Bietry
00:56:37suit ce débat de près
00:56:39comme beaucoup
00:56:41beaucoup
00:56:41beaucoup de malades
00:56:43et beaucoup de Français
00:56:43et ce que je veux dire
00:56:45c'est que je suis confiant
00:56:47effectivement
00:56:47sur le fait que cette loi
00:56:49puisse être votée
00:56:49avant l'été
00:56:50si la navette parlementaire
00:56:53fonctionne normalement
00:56:54le texte reviendra
00:56:55au Sénat
00:56:56au mois d'avril
00:56:57et ensuite
00:56:58nous aurons
00:56:58jusqu'à
00:57:00la fin de la session
00:57:01d'été
00:57:02jusqu'au mois de juillet
00:57:04pour que
00:57:05l'Assemblée nationale
00:57:06parce que c'est sans doute
00:57:07le schéma
00:57:07qui va se dérouler
00:57:08puisque le Sénat
00:57:09a montré son hostilité
00:57:10que l'Assemblée nationale
00:57:12et c'est normal
00:57:13parce que nous sommes élus
00:57:14directement
00:57:15par les électeurs
00:57:16par les citoyens
00:57:17donc nous avons le dernier mot
00:57:18ce sont nos institutions
00:57:20puissent avoir le dernier mot
00:57:21et que ce texte
00:57:23soit enfin
00:57:23enfin
00:57:24enfin
00:57:25adopté
00:57:26à l'été
00:57:27de cette année
00:57:28débat en séance
00:57:29à partir du 16 février
00:57:30on aura évidemment
00:57:30l'occasion d'en reparler
00:57:31ici dans chaque voix compte
00:57:33restez là tout de suite
00:57:33c'est Bourbon Express
00:57:34c'est le journal
00:57:35de l'Assemblée nationale
00:57:36avec Marco Pommier
00:57:37bonsoir
00:57:43on est obligé
00:57:44d'y revenir ce soir
00:57:45bien sûr
00:57:45vous nous avez laissé hier
00:57:46avec ce psychodrame
00:57:48à la commission d'enquête
00:57:49sur l'audiovisuel public
00:57:50ça continue
00:57:51ça va mieux
00:57:52ça s'est calmé
00:57:52dites-nous tout
00:57:53et effectivement
00:57:53avec cet échange
00:57:54ils rient tous déjà
00:57:55ils rient déjà
00:57:56avec cet échange
00:57:58très vif
00:57:58survenu
00:57:59hier
00:57:59entre le rapporteur
00:58:01Charles Aloncle
00:58:02et le président
00:58:03de cette commission d'enquête
00:58:04Jérémy Patrier-Lettus
00:58:05séquence rattrapage
00:58:07pour ceux qui l'ont manqué
00:58:07vous venez de porter
00:58:09des accusations
00:58:10très graves contre moi
00:58:10en disant que j'avais des liens
00:58:11avec Media One
00:58:12ce qui est absolument faux
00:58:13donc je suspend cette audition
00:58:15merci messieurs les ministres
00:58:17mais non
00:58:18mais Jérémy
00:58:20franchement
00:58:20mais qu'est-ce que tu fais là
00:58:22pourquoi tu
00:58:22monsieur le rapporteur
00:58:24je viens de
00:58:25je viens de suspendre
00:58:27cette audition
00:58:28audition
00:58:29suspendue
00:58:30en cause donc
00:58:31une insinuation
00:58:32de Charles Aloncle
00:58:33laissant entendre
00:58:34que Jérémy Patrier-Lettus
00:58:36aurait des liens
00:58:37avec des actionnaires
00:58:38de Media One
00:58:39une société de production
00:58:41le président
00:58:42de la commission d'enquête
00:58:43avait promis
00:58:44une réponse officielle
00:58:45ce matin
00:58:45et bien le président
00:58:46de la commission d'enquête
00:58:47il l'a fait
00:58:48après une bonne nuit de sommeil
00:58:49et selon lui
00:58:50sa probité
00:58:51et son indépendance
00:58:52ont été mis en cause
00:58:53j'ai échangé
00:58:55avec monsieur le rapporteur
00:58:56hier soir
00:58:57je respecte sa fonction
00:58:58il respecte la mienne
00:59:00il sait que je lui garantis
00:59:01la liberté
00:59:02de pouvoir poser
00:59:03toutes les questions
00:59:03qu'il souhaite
00:59:04sans aucune forme
00:59:05de censure de ma part
00:59:06mais que cela exige
00:59:08de sa part
00:59:09le respect d'une règle
00:59:10essentielle
00:59:11et non négociable
00:59:12fonder les questions
00:59:13sur des faits
00:59:14et non sur des suspicions
00:59:15des soupçons
00:59:15ne pas porter ou relayer
00:59:17d'accusations individuelles
00:59:19sans qu'elles soient
00:59:19étayées par des faits
00:59:21et Charles Laloncle
00:59:22n'a pas bronché
00:59:23pas de commentaire
00:59:24du rapporteur
00:59:24et un commentaire
00:59:25de nos députés présents ce soir
00:59:26je vous voyais sourire
00:59:27Sandrine Rousseau
00:59:28en suivant
00:59:29un sueur de dépit
00:59:30cette commission d'enquête
00:59:31vraiment nuit
00:59:32à l'image parlementaire
00:59:34et à l'image
00:59:34des commissions d'enquête
00:59:36et je regrette vraiment
00:59:37tout ce qui s'y passe
00:59:38et je regrette aussi
00:59:39la réaction du président
00:59:41qui quand ça le concerne
00:59:43a une réaction
00:59:45extrêmement virulente
00:59:46mais on a vu
00:59:46dans de multiples occasions
00:59:50le rapporteur débordé
00:59:52du cadre
00:59:52que j'estime républicain
00:59:54pour une commission d'enquête
00:59:55Jérémie Patrie-Létus
00:59:55l'a souvent rappelé à l'ordre
00:59:56oui mais en fait
00:59:58là à un moment
00:59:59la question c'est vraiment
01:00:00la présidente de l'Assemblée
01:00:02l'a repris aussi
01:00:04et là c'est vraiment
01:00:06je ne sais pas comment dire
01:00:07mais l'honneur de l'Assemblée
01:00:09parce que ces commissions d'enquête
01:00:10sont extrêmement importantes
01:00:11on a un pouvoir
01:00:11extrêmement important
01:00:12dans ces commissions d'enquête
01:00:13on a un pouvoir de contrôle
01:00:14on a un pouvoir
01:00:14d'avoir des pièces
01:00:16et là vous dites que ce pouvoir
01:00:17il est dévoyé
01:00:17et d'ailleurs des personnes
01:00:18jurent de dire la vérité
01:00:19toute la vérité
01:00:19rien que la vérité
01:00:20et là je trouve que ça
01:00:21ça entache l'image
01:00:23de ces commissions d'enquête
01:00:24qui est un rôle fondamental
01:00:26du Parlement
01:00:27je regrette vraiment
01:00:28cette commission d'enquête
01:00:29Olivier Falorni
01:00:30vous savez l'enchaînement
01:00:30est assez terrible
01:00:31je pense que c'est vraiment
01:00:32l'antithèse de ce que
01:00:33nous avons vécu
01:00:34on n'est pas d'accord
01:00:35sur le sujet
01:00:37mais vous qui êtes rapporteur
01:00:38mais on a une commission
01:00:40qui a débattu sur le fond
01:00:42sérieusement
01:00:43avec des arguments
01:00:44sans invective
01:00:46quand on voit ça
01:00:47on se dit
01:00:47c'est deux assemblées
01:00:49le meilleur et le pire
01:00:51et là
01:00:51c'est quand même
01:00:52pas loin du pire
01:00:53Christophe Benz
01:00:54tout est bien
01:00:56qui finit bien
01:00:56si je vois
01:00:57dans le sens où
01:00:59il y a eu échange
01:01:00réconciliation
01:01:01et finalement
01:01:01ils se sont mis d'accord
01:01:02j'ai bien compris
01:01:03j'ai pas suivi de très près
01:01:04ils ont discuté hier soir
01:01:05ils se sont mis d'accord
01:01:06pour un bon fonctionnement
01:01:07pour la suite
01:01:09ce que je peux vous dire surtout
01:01:09c'est d'abord
01:01:10je salue le travail
01:01:11de mon collègue
01:01:12Charles Alonc
01:01:12qui fait évidemment
01:01:13un très bon travail
01:01:14sur une commission
01:01:15d'enquête très importante
01:01:15et j'en profite pour dire
01:01:16quelque chose de très important
01:01:18c'est qu'effectivement
01:01:19il nous faut absolument
01:01:20respecter les institutions
01:01:21et surtout respecter
01:01:22les outils parlementaires
01:01:24qui sont en notre possession
01:01:25mais est-ce que vous dites
01:01:26comme Sandrine Rousseau
01:01:26que ce spectacle nuit
01:01:28au travail parlementaire ?
01:01:29parce que les commissions d'enquête
01:01:31alors elles peuvent être
01:01:32un petit peu
01:01:32oui un peu
01:01:33comment dirais-je
01:01:34sous pression
01:01:35si je puis dire
01:01:35mais c'est très important
01:01:37qu'elles fonctionnent bien
01:01:38parce que la commission d'enquête
01:01:40c'est un pouvoir
01:01:41voire même un contre-pouvoir
01:01:42qui nous est conféré
01:01:43par la constitution
01:01:44qui est très important
01:01:45qui fait partie du pouvoir
01:01:46du contrôle
01:01:47des parlementaires
01:01:48Bon, après la mise au point
01:01:50de Jérémy Patrier-Lettus
01:01:51ce matin
01:01:51la commission d'enquête
01:01:53a pu entendre
01:01:53la ministre de la Culture
01:01:54Rachida Dati
01:01:55ça a été ?
01:01:56Près de trois heures d'audition
01:01:57dans un climat
01:01:58beaucoup plus apaisé
01:01:59cette fois
01:01:59l'occasion pour la ministre
01:02:01de revenir sur la polémique
01:02:02autour d'un enregistrement
01:02:04clandestin
01:02:05une conversation
01:02:06entre les journalistes
01:02:07Thomas Legrand
01:02:08et Patrick Cohen
01:02:09avec des responsables
01:02:11socialistes
01:02:11dans cet échange
01:02:12Thomas Legrand
01:02:13évoquait l'idée
01:02:14de s'occuper
01:02:15je cite
01:02:16de Rachida Dati
01:02:17en vue des municipales
01:02:18écoutez la ministre
01:02:19Ensuite d'entendre
01:02:21un journaliste dire
01:02:22qu'il allait s'occuper
01:02:23de mon cas
01:02:23pour m'empêcher
01:02:25d'accéder
01:02:26à la mairie de Paris
01:02:27je soumets cela
01:02:33à chacun d'entre vous
01:02:34vous êtes tous
01:02:34des élus
01:02:35si on avait dit
01:02:36cela de vous
01:02:37quel que soit le journaliste
01:02:38quel que soit le service
01:02:38je pense que vous
01:02:39n'auriez pas apprécié
01:02:40et le type de vocabulaire
01:02:42qui est employé
01:02:44je trouve que c'est pas
01:02:45un vocabulaire approprié
01:02:46quand on dit
01:02:46on va s'occuper de quelqu'un
01:02:47je sais à quoi ça renvoie
01:02:50et pour autant
01:02:51la ministre a déclaré
01:02:52que l'enregistrement
01:02:53diffusé par le média
01:02:54l'incorrect
01:02:55à l'insu des journalistes
01:02:57Cohen et Legrand
01:02:57n'était pas acceptable
01:02:59selon elle
01:02:59et justement
01:03:00puisqu'on parle
01:03:01d'enregistrement
01:03:02à l'insu de quelqu'un
01:03:03ça va continuer ensuite
01:03:04cet après-midi
01:03:04c'est Laurence Bloch
01:03:05l'ex-patrone de France Inter
01:03:06qui était auditionnée
01:03:07par la commission
01:03:08oui et elle a été interrogée
01:03:10par cette commission d'enquête
01:03:12sur la conversation privée
01:03:14qu'elle avait eue
01:03:14avec le journaliste
01:03:15Thomas Legrand
01:03:16en décembre 2025
01:03:17révélée par Europe 1
01:03:19elle évoquait
01:03:20l'audition à venir
01:03:21du journaliste
01:03:22et la possibilité
01:03:23de solliciter
01:03:24l'aide d'un député
01:03:25de gauche
01:03:26membre de la commission
01:03:27d'enquête
01:03:27Laurence Bloch
01:03:28a réagi
01:03:29Et pour vous répondre
01:03:32sur la possibilité
01:03:34que j'ai eu
01:03:35l'idée ou l'intention
01:03:36de neutraliser
01:03:37la commission d'enquête
01:03:39je voudrais vous dire
01:03:40que je réfléchis
01:03:41à la possibilité
01:03:42d'une plainte
01:03:43pour diffamation
01:03:44je n'ai jamais
01:03:46de mes 50 ans
01:03:48de carrière
01:03:48été attaquée
01:03:49sur mon intégrité
01:03:51professionnelle
01:03:51et personnelle
01:03:52Et début janvier
01:03:53le parquet de Paris
01:03:54a ouvert une enquête
01:03:55préliminaire
01:03:56pour atteinte
01:03:57à l'intimité
01:03:58de la vie
01:03:59privée
01:03:59On termine Marco
01:04:00avec la 8ème édition
01:04:01des trophées
01:04:02Média Club
01:04:02Elle c'était hier soir
01:04:03C'était ici
01:04:04à l'Assemblée Nationale
01:04:05en présence
01:04:06de Yael Brunpivet
01:04:07la présidente
01:04:08C'est une cérémonie
01:04:09qui récompense
01:04:10les personnalités
01:04:11engagées
01:04:11pour une meilleure
01:04:12représentation
01:04:13des femmes
01:04:14dans les médias
01:04:15Elles sont
01:04:15journalistes
01:04:16actrices
01:04:17créatrices
01:04:17de contenus
01:04:18documentaristes
01:04:19chanteuses
01:04:20ou encore
01:04:21entrepreneuses
01:04:22et il y avait
01:04:22du beau monde
01:04:23dans la salle des fêtes
01:04:24hier soir
01:04:25à l'Assemblée
01:04:25dont l'actrice
01:04:27et réalisatrice
01:04:28Alexandra Lamy
01:04:29présidente d'honneur
01:04:30On me demande souvent
01:04:32de parler de mon engagement
01:04:34et je sens toujours
01:04:36arriver la même question
01:04:37Pourquoi tu es engagée ?
01:04:41D'où ça vient ?
01:04:42Comme s'il fallait forcément
01:04:43qu'il nous soit arrivé
01:04:44quelque chose
01:04:45Et bien moi je crois
01:04:46à l'engagement
01:04:47que c'est d'abord
01:04:48et avant tout
01:04:49l'empathie
01:04:50la capacité d'être
01:04:52touchée par la vie
01:04:53de quelqu'un d'autre
01:04:54à se sentir concernée
01:04:56même quand ça ne nous arrive
01:04:58pas directement
01:04:58Et de cette cérémonie
01:05:01on retiendra
01:05:01la standing ovation
01:05:03pour la chanteuse
01:05:03Lyo vous le voyez
01:05:05en larmes
01:05:06après avoir reçu
01:05:07le trophée d'honneur
01:05:08la jeunesse
01:05:09mise aussi à l'honneur
01:05:10avec le trophée
01:05:11de l'audace
01:05:12décerné à l'influenceuse
01:05:14Lena Situation
01:05:15L'acteur et humoriste
01:05:17Alex Lutz
01:05:18a reçu le trophée
01:05:19de l'homme féministe
01:05:21et enfin ce moment fort
01:05:23avec le trophée
01:05:23de l'engagement
01:05:24pour Amida Amman
01:05:26fondatrice de Radio Begum
01:05:27et Begum TV
01:05:28à destination des femmes
01:05:29et jeunes filles afghanes
01:05:31Voilà pour le palmarès
01:05:31Aline
01:05:32Ça fait une belle devise
01:05:33cette soirée
01:05:33c'était liberté, égalité
01:05:34Adelphité
01:05:35Merci Marco
01:05:36Merci à tous les trois
01:05:38d'être venus ce soir
01:05:38sur le plateau
01:05:39de Chaque Voix Compte
01:05:39Merci Anna
01:05:40Et merci Laurent
01:05:41Merci à vous
01:05:42Et merci à vous
01:05:43chez vous de nous avoir suivis
01:05:44Cette émission est rediffusée
01:05:45tout à l'heure à 23h30
01:05:46Vous la retrouvez aussi
01:05:47sur lcp.fr
01:05:48et sur les plateformes
01:05:48de podcast
01:05:49Chaque Voix Compte
01:05:50revient demain
01:05:5119h30
01:05:52C'est l'émission en public
01:05:53On va parler de l'intelligence
01:05:54artificielle
01:05:55et du marché de l'emploi
01:05:56Tout un programme
01:05:56Dans un instant
01:05:57Le programme
01:05:58c'est Jean-Pierre Gratien
01:05:59et c'est Debats Docs
01:06:00Excellente soirée sur la 8
01:06:01et à demain
01:06:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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