00:00C'est pour permettre aux victimes qui ont gardé ça pour elles depuis 25, 30, 40, 50 ans.
00:06On comprend que la plupart des agressions sexuelles dont on parle ont été commises au moment où le clergé avait une toute puissance morale et matérielle sur les gens.
00:16Alors, on parle surtout d'agressions qui ont été commises peut-être dans les années 50, 60, 70.
00:22Aujourd'hui, évidemment, il y en a moins parce que le clergé a perdu beaucoup d'autorité et les gens fréquentent moins les milieux religieux.
00:31Mais il reste qu'il y a beaucoup d'agressions sexuelles qui ont été commises par le passé.
00:35C'est connu, c'est documenté.
00:37Et là, on s'attarde à l'Apocatière, c'est-à-dire de Berthier-sur-Mer jusqu'à Rivière-du-Loup.
00:44En gros, c'est pas mal ça, incluant le collège L'Apocatière qui a reçu des milliers d'étudiants au fil des années parce que c'est un collège qui était très fréquenté par les jeunes dans le bas du fleuve.
00:57On a une quinzaine de cas actuellement qui sont à l'étude.
01:00Il y en a certains qui sont mentionnés dans l'action collective.
01:04Mais là, il faut que les gens se manifestent.
01:06Alors, c'est plus le temps de dire, bien là, je ne veux plus parler, puis je ne veux pas en parler, puis je veux oublier ça.
01:10Vous avez le droit d'oublier ça, puis de ne pas en parler, mais vous avez le droit aussi de nous contacter.
01:17Nous, on travaille confidentiellement.
01:19Il n'y a personne qui va le savoir.
01:21La famille, les proches ne le sauront pas, les voisins non plus.
01:24On travaille avec la personne de façon strictement confidentielle.
01:28Qu'est-ce qui s'est produit?
01:29Avez-vous des photos?
01:30Avez-vous des documents, des bulletins qui nous permettent de constater que vous avez fréquenté ces lieux-là, effectivement?
01:37Et à ce moment-là, on peut les intégrer au groupe.
01:39Et faire en sorte qu'on ait un meilleur rapport de force avec le diocèse, parce que plus le groupe est important, évidemment, plus on peut obtenir des conditions intéressantes en termes de compensation.
01:50Mais si on se fie à l'ensemble des recours collectifs qui ont été intentés au Québec depuis 2020, parce qu'il y en a eu beaucoup.
01:57Moi, j'agis dans plusieurs dossiers.
02:00Gaspé, Rouyn-Noranda, Québec aussi, qui est le plus gros recours actuellement contre le diocèse de Québec.
02:07Je vous dirais que les compensations sont de l'ordre d'à peu près 75 000 à 250 000, dépendant de la nature de l'agression ou des agressions, de la durée, de la sévérité,
02:19et aussi, bien sûr, des dommages qui ont été causés à chaque personne, parce qu'il n'y a pas une victime qui va recevoir ces agressions-là de la même manière en termes de conséquences.
02:28On parle de stress post-traumatique, on parle d'enfants qui ont été abusés.
02:31Ce n'est pas nécessairement par des prêtres, mais oui, des prêtres, mais il y a aussi des diacres, il y a aussi des sacristains, des gens qui étaient en autorité dans les patreaux, les camps de vacances, les chalets.
02:46Les deux prêtres qui sont visés spécifiquement à mentionner dans l'action collective avaient des chalets.
02:50Donc, on disait aux parents, bien, on va aller à la pêche, j'irais à la pêche avec le petit Mathieu.
02:56On va pas avec le petit Mathieu qui a huit ans ou dix ans, puis le prêtre l'agressait dans le chalet.
03:01Alors, il y avait des façons de faire, des techniques, mais ce qui est important pour nous, c'est que ces gestes-là étaient déposés par des gens d'église qui étaient sous l'autorité du diocèse.
03:12Et le diocèse était au courant de ça et tolérait ces situations-là, déplaçait les prêtres d'une paroisse à l'autre et d'une fonction à l'autre, mais se gardait bien de les réprimander et de les expulser.
03:24Alors, il continuait de sévir, évidemment, puis d'agresser d'autres enfants.
03:29Oui, puis on espère aboutir avec plusieurs dizaines de cas, peut-être 75, 80, 100, on verra.
03:36Dépendant, parce que c'est un vaste territoire, mais évidemment, d'une région à l'autre, c'est pas toujours facile de savoir, mais on est optimiste d'aller chercher le plus de victimes possible.
03:44C'est maintenant qu'il faut parler. La honte, c'est du passé. Maintenant, on passe à l'action.
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