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00:00Des Votres Réveils, ici matin.
00:04La campagne des municipales est lancée officiellement ce lundi.
00:09Le vote aura lieu les 15 et 22 mars pour choisir les maires des communes françaises pour les six prochaines années.
00:15Quels sont les enjeux de ce scrutin en Bretagne ?
00:18On en parle ce matin avec notre invité, directeur de recherche au CNRS et titulaire de la Chaire Territoire et Mutation de l'Action Publique à Sciences Po Rennes.
00:27Bonjour Romain Pasquier.
00:28Bonjour.
00:29Alors est-ce que déjà je crois qu'on semble revenir à une élection un peu plus classique puisqu'on va rappeler que les dernières municipales se sont déroulées en deux temps à cause du Covid et du confinement du printemps 2020, c'est ça ?
00:41Oui, rappelons-nous, ça fait déjà bien longtemps mais effectivement on avait eu des élections municipales très particulières.
00:46On avait même hésité à les organiser en pleine crise pandémique et ça s'était soldé par des élections avec un très faible taux de participation.
00:55Donc il est un peu difficile de faire un parallèle entre 2020 et 2026. Il faut sans doute se reporter plutôt à 2014 pour évaluer les rapports de force politique.
01:05Et justement cette participation normalement au municipal en Bretagne, elle est plutôt importante, c'est une élection qui intéresse les Bretons ?
01:11Oui, c'est une élection qui intéresse les Bretons. On est entre 65 et selon l'époque, 75% de participation depuis les débuts de la Ve République.
01:22Ça se tasse un peu depuis quelques années mais on va s'attendre sans doute à un taux de participation supérieur à 60%.
01:28Qui devrait revenir donc à ce qu'on avait connu en 2014 ?
01:29Qui devrait revenir à ce qu'on a connu en 2014.
01:31Est-ce qu'il a changé ce scrutin tout de même pour 2026 ? Il y a des petites nouveautés je crois.
01:36La petite nouveauté c'est quand même les petites communes avec ce scrutin paritaire.
01:40Celle de moins de 1000 habitants, c'est ce qu'on appelle les petites communes.
01:43Voilà, où il y avait des panachages possibles, où on pouvait barrer des noms, où il n'y avait pas de parité.
01:48Tout le monde est logé à la même enseigne.
01:51D'après mes informations, ça complique d'ailleurs pas mal l'élaboration des listes qui ont été déposées, notamment dans ces petites communes de moins de 1000 habitants.
02:00Qui n'avaient pas par exemple à faire ce qu'on appelle le chabadabada, un homme, une femme ?
02:04Exactement, et là ils ont l'obligation de le faire.
02:07D'accord, donc ça peut compliquer effectivement la constitution d'une liste.
02:10Mais oui, déjà les conseils municipaux, même pour des petites communes, sont quand même assez nombreux.
02:16Donc trouver un homme, une femme dans des communes où il y a souvent pas mal de nouveaux habitants,
02:23où avoir de jeunes actifs c'est compliqué, de jeunes mères actives c'est encore plus compliqué.
02:28Donc voilà, ce sont des contraintes qui pèsent aussi, qui vont sans doute aussi alimenter des configurations
02:36où il n'y aura plus qu'une seule liste d'intérêts communaux.
02:40Mais pas quand même de communes où il n'y aura pas du tout de candidats ?
02:42Ça arrivera sans doute.
02:43Ça arrivera sans doute.
02:43Ça arrivera sans doute, ce sera très évidemment résiduel, mais ça peut arriver.
02:48Et qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là ?
02:49Eh bien, dans ce cas-là, on refait une élection jusqu'à ce qu'on trouve un maire.
02:54Et si on n'en trouve pas, c'est le préfet qui gère le budget communal.
02:59Alors on va revenir quand même sur les élections 2020.
03:01En Bretagne, il y avait plusieurs changements à la tête de Grande-Ville.
03:04Je pense à Saint-Brieuc avec l'élection d'un maire de gauche.
03:07Hervé Guillard, Saint-Malo, c'est Gilles Lurton qui l'avait emporté pour les LR.
03:10À Lorient aussi, on était passé de gauche au centre-droit avec Fabrice Loer.
03:14Est-ce qu'on peut s'attendre à des surprises ou en tout cas des changements de cet ordre-là en 2026, selon vous ?
03:20Écoutez, tout est possible.
03:22Tout est possible.
03:25La principale incertitude, c'est combien de listes il y aura entre le premier et le second tour.
03:29Parce qu'entre une triangulaire, quadriangulaire, voire cinq listes,
03:32là effectivement, les équilibres, on a du mal à les calculer à l'heure où je vous parle.
03:35On va rappeler, il faut 10% des suffrages exprimés pour se maintenir.
03:41Et 5% pour fusionner avec ceux qui peuvent rester.
03:46Exactement.
03:46Si on connaît un peu l'histoire politique bretonne, on se dirait que Saint-Malo a toujours été à droite.
03:52Donc, à mer sortant, primo sortant, ça devrait aller plutôt vers la stabilité.
03:56Puisque Gilles Lurton se représente.
03:57Voilà.
03:58À Saint-Brieuc, traditionnellement, c'est centris, centris, centre-gauche.
04:02Donc, on peut imaginer aussi que ça va aller plutôt vers la stabilité.
04:06Ou à mon avis, c'est moins sûr, c'est à Lorient, ville, évidemment, traditionnellement de gauche,
04:14où là, il y avait eu une bascule, dans une configuration où il y avait beaucoup de listes.
04:18On retrouve cette configuration où il y aura quand même plusieurs listes.
04:22Donc, là, il y a sans doute plus d'incertitudes à Lorient.
04:24Mais ça veut dire que les gens aiment bien la stabilité quand on parle de municipal ?
04:29Bien sûr.
04:29Il y a un très fort légitimisme électoral.
04:31L'histoire le montre.
04:33La primo sortant, c'est ça.
04:34Et est-ce que peut-être un peu de stabilité par rapport à ce qui se passe au niveau national ces derniers mois ?
04:39Voilà.
04:40Il y a effectivement des éléments qui peuvent perturber l'instabilité nationale.
04:44Ça peut générer une forme d'indifférence aussi.
04:47C'est-à-dire peut-être un peu moins de participation.
04:50Ça peut aussi désavantager un camp ou l'autre.
04:53Ça, on a du mal encore à le calculer.
04:57Et puis, encore une fois, c'est des thématiques comme la sécurité, par exemple.
05:00Comment vont-elles jouer, notamment dans des communes qui sont contrôlées par la gauche ?
05:06Est-ce que ça va bénéficier à l'extrême droite, à la droite ?
05:10Ça, c'est encore difficile à dire.
05:12D'autant qu'en 2014, par exemple, à Rennes ou ailleurs, la sécurité n'était pas un sujet.
05:17Alors que ce le sera certainement cette année, à Rennes notamment.
05:20Vous pensez une prime pour la mère sortante à Rennes ?
05:24Elle a beaucoup de candidats face à elle, en tout cas.
05:26Elle a beaucoup de candidats.
05:27En même temps, elle est bien identifiée.
05:30Elle a fait alliance avec les écologistes.
05:32Ce qui n'était pas le cas la dernière fois.
05:35Ni la fois d'avant.
05:37Ni la fois d'avant.
05:37Donc, elle semble être plutôt en position de force.
05:40À droite ou au centre-droit, ils avancent quelque peu divisés.
05:45Mais elle a quand même une candidature Rennes qui semble assez sérieuse.
05:47Une candidate de LFI qui est quand même une députée sortante.
05:51Donc voilà.
05:52On va dire qu'elle a un avantage.
05:55Reste à le confirmer.
05:56Merci beaucoup Romain Pasquier pour cet éclairage sur les municipales en Bretagne.
05:59Vous êtes directeur de recherche au CNRS.
06:01Titulaire de la chaire Territoires et mutations de l'action publique à Sciences Po Rennes.
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