00:00Après plusieurs jours d'arrêt dans plusieurs établissements publics et confessionnels,
00:04la crise éducative gabonaise dépasse désormais le seul cadre des revendications professionnelles.
00:09Au cœur du bras de fer entre l'État et les grévistes désormais regroupés au sein du collectif SOS Éducation La Base,
00:16une question s'impose jusqu'où la grève peut-elle aller sans porter atteinte au droit fondamental des élèves à l'éducation.
00:22Depuis le 5 janvier, des milliers d'élèves sont privés de cours, parfois sans visibilité claire sur la reprise.
00:28Si les revendications des enseignants en régularisation administrative, paiement des vacations, amélioration des conditions de travail sont largement reconnues comme légitimes,
00:37la durée du mouvement pose désormais un enjeu central, celui de l'intérêt supérieur de l'enfant, souvent relégué au second plan dans les conflits sociaux.
00:45Près d'un mois sans enseignement ne constitue pas une simple parenthèse.
00:49Pour les élèves du primaire, c'est une rupture dans les apprentissages fondamentaux pour ceux du secondaire, notamment en classe d'examen.
00:56C'est un retard difficilement rattrapable. Les familles, quant à elles, aussi, entre compréhension des revendications et inquiétudes croissantes pour l'avenir scolaire de leurs enfants.
01:05Dans les zones rurales et périurbaines, où l'accès aux cours de soutien privé est quasi inexistant, l'impact est encore plus lourd.
01:12La grève accentue ainsi les inégalités territoriales et sociales, transformant un conflit professionnel en facteur de fracture éducative.
01:19Le gouvernement affirme avoir enclenché une réponse structurelle avec des engagements chiffrés et un calendrier de mise en œuvre dès fin février.
01:27De leur côté, certains syndicats estiment que seules des garanties immédiates peuvent justifier la levée du mouvement.
01:33Entre ces deux positions, l'élève demeure le grand absent des négociations.
01:37La responsabilité est donc partagée à l'État.
01:40Il revient de traduire rapidement ses annonces en actes concrets.
01:42Aux organisations syndicales se posent la question de la proportionnalité du moyen de pression au regard des conséquences sur les apprenants.
01:50Pour tenter de sauver l'année scolaire, l'exécutif évoque un réaménagement du calendrier et des mécanismes de rattrapage.
01:56Mais l'expérience montre que ces dispositifs, souvent décidés dans l'urgence, peinent à compenser des semaines de cours perdues.
02:01Allongement des horaires, suppression de certaines vacances, accélération des programmes,
02:05autant de solutions qui exposent élèves et enseignants à une surcharge avec le risque d'un enseignement au rabais.
02:11La question n'est donc pas seulement de rattraper le temps perdu, mais de préserver la qualité pédagogique.
02:17Dans le débat public, l'expression d'otages scolaires refait surface.
02:20Si elle choque par sa dureté, elle traduit un malaise réel.
02:22Peut-on durablement utiliser l'école comme levier de pression sans entamer la confiance des familles dans le service public d'éducation ?
02:28L'histoire récente du Gabon marquée par des crises éducatives récurrentes montre que ce sont toujours les élèves qui paient le prix le plus lourd.
02:35Des blocages prolongés.
02:36Une réalité qui interroge la capacité collective à repenser les formes de dialogue social dans un secteur aussi sensible.
02:44Au-delà des chiffres et des postures, la crise actuelle pose une question de fond.
02:48Comment défendre les droits des professionnels légitimes sans compromettre le droit à l'éducation ?
02:53Replacer l'élève au centre du débat social n'est plus une option, mais une urgence.
02:57Car une année scolaire sacrifiée laisse des traces durables, bien au-delà de la fin d'un mouvement de grève.
03:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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