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  • il y a 22 heures
À l'approche des municipales, la rédaction de LCP s'est intéressée à un sujet qui suscite parfois des polémiques : celui de l'installation de centres d'accueil pour demandeurs d'asile dans les zones rurales. Nous nous sommes rendus à Mérigny, un petit village de l'Indre où un centre a ouvert depuis un peu plus de 2 ans. Un CADA installé au coeur d'une maison de retraite.

Comment se déroule la coexistence entre les retraités et les demandeurs d'asile ? Est-ce une opportunité pour le village ? A quelles difficultés sont confrontés les nouveaux arrivants ? C'est un reportage d'Hélène Bonduelle et Marion Devauchelle. Montage : Maxime Riou

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Transcription
00:00Générique
00:00Bonjour et bienvenue dans ma ville.
00:17A l'approche des élections municipales, la rédaction de LCP s'est intéressée à un sujet qui suscite parfois des polémiques,
00:24et celui de l'installation de centres d'accueil pour demandeurs d'asile dans les zones rurales.
00:30Nous nous sommes rendus à Mérigny, un petit village de l'Indre où un centre a ouvert il y a un peu plus de deux ans.
00:37Comment se déroule la coexistence entre habitants et demandeurs d'asile ?
00:42Est-ce une opportunité pour le village ? A quelles difficultés sont confrontés les nouveaux arrivants ?
00:47C'est un reportage d'Hélène Bonduelle et Marion Devauchel.
00:50Mérigny, un petit village de 600 âmes au cœur de l'Indre.
00:56Son église, son bar, et un peu excentré, dans la forêt, la Roche-Bellusson.
01:07Ici, des demandeurs d'asile ont quitté leur terre natale pour des raisons politiques, économiques, religieuses, de violence.
01:15Ils ont trouvé refuge au cœur d'une maison de retraite.
01:20L'idée peut paraître originale, mais les instants partagés sont réels, comme ce midi.
01:29Avec ce déjeuner un peu particulier, où chacun a cuisiné une spécialité de son pays.
01:34Vous avez des plats tibétains, syriens, bangladais, congolais, angolais, et de la quiche Lorraine.
01:47En France, souvent, au début de repas, il y a de la soupe.
01:50Donc vous allez goûter la soupe.
01:53Et nous, on va goûter Saka Saka.
01:55On échange, ok ?
01:59Ça va ?
02:06Oui, oui, ça va.
02:07Moi, je fais les feuilles de manioc.
02:14Ça s'appelle Saka Saka aussi.
02:16On mange ça avec le foufou, même avec des riz.
02:19Du manioc, de la tchatchouka, ou encore du riz bengalais.
02:25Un repas bien loin des spécialités bérichonnes.
02:28Et pourtant...
02:29Oui, c'est bien bon, bien bon.
02:33C'est de l'échange, de partage.
02:35Pour les gens, ça a une coupure dans leur quotidien aussi, pour les résidents du Canada.
02:39Et de rire et de faire autre chose.
02:40Parce que c'est vrai que si on ne fait pas des intermèdes comme ça,
02:43ils sont toujours en train de penser à leur procédure.
02:45Donc là, c'est des bouffées d'air frais.
02:49Alors, hop, vos assiettes, on continue !
02:55Cynthia Rocher est intervenante sociale au centre d'accueil pour demandeurs d'asile.
03:03Elle les accompagne dans leurs démarches administratives.
03:06Des démarches qui peuvent prendre jusqu'à un an.
03:09Les gens sont orientés dans des cadres après avoir fait une demande en préfecture.
03:16Ils ont déposé une demande d'asile.
03:18Et ils sont ici le temps de leur procédure.
03:20Notre rôle, c'est de les amener à une autonomie pour après.
03:25Donc, on les accompagne dans leur parcours.
03:28Évidemment, de procédure d'asile, mais de santé, de la vie quotidienne.
03:33C'est assez paradoxal parce qu'effectivement, on est à 12 kilomètres de la petite ville la plus proche
03:43où on peut avoir accès aux supermarchés, aux médecins, aux urgences, aux pharmacies.
03:48Ça, c'est un peu problématique, c'est sûr.
03:51Mais d'un autre côté, les gens, quand ils arrivent ici, ils se sentent en sécurité.
03:55Pour avoir vécu des moments vraiment difficiles pour beaucoup, c'est vrai que se sentir en sécurité, ça n'a pas de prix.
04:06Installer un cadet en pleine campagne, loin de tout, a pourtant bien un prix.
04:13Vous laissez de la place pour Mamou derrière, s'il vous plaît.
04:15Faute de transport public, Cynthia et son collègue sont obligés de se relayer pour tous les trajets indispensables.
04:22C'est le départ pour Solidago, l'épicerie solidaire du Blanc.
04:26On y va une fois par semaine.
04:28Ça permet aux personnes d'acheter des denrées à moins de beaucoup et de pouvoir s'alimenter correctement.
04:34Parce qu'ils ont quand même l'ADA pour une personne, c'est 200 euros par mois.
04:38Donc vu le coût de la vie, ils ne pourraient pas se nourrir et acheter des médicaments.
04:4320 minutes de voiture, jusqu'à la ville du Blanc.
04:51Les demandeurs d'asile se regroupent et font les courses pour tout le monde.
05:00Bonjour.
05:02Ils sont combien de personnes, cette dame ?
05:04Alors, ils sont deux, un adulte, un enfant.
05:07Un adulte, un enfant.
05:08D'accord.
05:09Voulez-vous les deux ?
05:10Je vous en mets une douzaine ?
05:13Douze ?
05:14Oui.
05:15Hein ?
05:16Vous parlez bien français en little ?
05:19Et moi, little English.
05:23Je fais du charabia.
05:25Les denrées sont achetées ou collectées par les bénévoles et revendues à prix réduit, au plus précaire.
05:33Alors, en légumes, 980.
05:36Et des poèmes, je vous mets les rouges et les rouges.
05:38En fonction des produits qui ont été achetés par l'association, c'est 30% qui payent, eux,
05:45et tout ce qui est don à Banque Alimentaire et Leclerc, c'est 20% qui payent sur la somme qui est au départ.
05:55En fait, le prix d'achat dans les supermarchés.
05:58D'accord.
05:58Donc là, elle aurait payé combien dans les supermarchés ?
06:00Alors, elle aurait payé pratiquement 40 euros.
06:02Et elle en a pour 10,80 euros.
06:05Vous aussi, bonne finesse.
06:08Au revoir.
06:11Beaucoup ont fui avec leur famille.
06:14Six enfants sont d'ailleurs scolarisés.
06:16Et c'est une bonne nouvelle pour la petite école du village,
06:19qui ne compte que 40 élèves et deux classes.
06:23Bonjour.
06:23Bonjour.
06:25Joseph est content d'aller à l'école, il y a une bonne ambiance.
06:35Après, il y a beaucoup d'élèves aujourd'hui.
06:37Il faut que ça dure.
06:40Bonjour.
06:41L'arrivée de six nouveaux élèves, ça nous assure une certaine stabilité quand même.
06:46Les élèves de la classe aiment beaucoup s'occuper d'eux,
06:50leur expliquer les consignes, les aider quand il y a besoin.
06:53Et puis, c'est des enfants qui ont énormément de volonté et qui progressent vite
06:58et qui sont aussi un exemple pour ça, pour les autres élèves.
07:01Tout se passe bien.
07:05L'arrivée des enfants s'est super bien passée, en fait.
07:08Enfin, moi, les miens ont été ravis de découvrir des enfants différents
07:12qui ne parlent pas forcément la même langue qu'eux.
07:14On croise aussi leurs mamans qui viennent.
07:17On ne parle pas forcément non plus la même langue, mais elles sont toujours joyeuses,
07:21elles sont contentes.
07:22Enfin, ça se passe bien entre tout le monde, vraiment.
07:24Non, non, pour nous, c'est une chance, en fait.
07:28Pour que la langue ne soit plus une barrière
07:31et que ces nouveaux habitants puissent mieux s'intégrer,
07:34des cours de français sont dispensés.
07:38Bonjour, je voudrais un baguette, s'il vous plaît.
07:43Ça fera un euro, s'il te plaît.
07:48Merci, bonne journée.
07:52On ne peut pas tenter d'obtenir la nationalité française
07:56si on n'a pas un niveau de français suffisant.
08:01Il y a des nuages.
08:03Aujourd'hui, il y a des nuages.
08:05Il y a des nuages.
08:07Ces instants d'apprentissage indispensables ne sont pas financés par l'État.
08:12Ils sont possibles surtout grâce aux bonnes volontés.
08:16Ce jour-là, c'est Annick Gombert, une retraitée
08:19qui fait 12 kilomètres pour venir les aider.
08:23Je suis complètement bénévole
08:25parce que le cadavre de Mérigny et Ville Thaïs n'a pas de gros moyens
08:30et donc ce sont tout le temps, depuis le début,
08:33des bénévoles qui interviennent pour donner des cours de français.
08:39J'aime quand il fait chaud.
08:41C-H-O-A-U-D
08:50C-H-A-U-D
08:53Cynthia Rocher, elle, guette le retour des enfants de l'école.
09:00Et ça n'a l'air de rien, mais ce nouvel arrêt de bus scolaire devant le cadavre,
09:04c'est une petite victoire.
09:10Ça va, Josée ?
09:11Bonjour, Nihad.
09:14Ça va, Nihad ?
09:16Oui, t'es impressionnée, Nihad.
09:19C'est un soulagement parce qu'au début, c'est moi qui faisais le transport scolaire le matin
09:22et les parents allaient chercher les enfants pour le soir à pied.
09:25Il y a quand même deux kilomètres, c'est un peu long.
09:28Et là, depuis fin 2023, on a la possibilité d'avoir ce bus qui prend les enfants
09:34et qui les emmène à l'école à Mérigny.
09:36Alors, c'est cool.
09:45Vous vous êtes fait des copains et des copines ?
09:47Oui.
09:48Oui ?
09:49Oui.
09:49Comment ça s'est passé quand vous êtes arrivés ?
09:52On est arrivés bien.
09:54Oui.
09:55Ceux dont la demande d'asile est acceptée obtiennent le statut de réfugiés
10:00et peuvent envisager leur intégration.
10:02Mais souhaitent-ils vraiment rester dans ces campagnes françaises ?
10:06C'est que maintenant, là, j'allais avancer, maintenant, hein ?
10:10Oui.
10:12J'ai marché avec difficulté.
10:14Oui, même, il faut manger avec toi.
10:15Ovi, Bengladaire, a vécu au Kada pendant plus d'un an
10:19avant que le statut de réfugié lui soit accordé.
10:23Il a d'abord quitté le Berry pour la Rochelle.
10:26Puis il a finalement choisi de revenir s'installer ici.
10:31C'est la personne, je connais tout le monde.
10:33Après, c'est calme, calme.
10:41C'est une grande ville.
10:44J'aime pas, c'est une grande ville.
10:46Ici, je travaille.
10:49J'aime, j'aime beaucoup.
10:52Le fromage, j'aime, j'aime.
10:57Depuis le mois de mai, il travaille au sein de la maison de retraite.
11:01Il a décroché un poste d'agent de soins hospitaliers en restauration.
11:06C'est un garçon qui est très gentil.
11:10On aime bien travailler avec lui.
11:12On lui demande ce qu'on veut.
11:14Il nous aide.
11:14C'est bien, tu vas te faire payer.
11:25Il est super gentil.
11:27Et puis il est avenant.
11:29Il nous comprend et on comprend ce qu'il dit.
11:33Au départ, c'était pas évident, mais...
11:38Vous l'aidez, vous aussi, avec le français ?
11:41Lui, vous aidez au quotidien.
11:42Et vous, avec le français ?
11:43Ouais.
11:46Il faut les aider.
11:47Mon cousin, il était 32 ans, là.
11:50Tout le monde ?
11:50Si les résidents n'ont jamais montré de réticence, ça n'a pas toujours été le cas de leur famille.
11:59Les personnes demandeurs d'asile, les personnes migrantes, on fait un amalgame.
12:04Et ça fait qu'effectivement, ça peut amener une crainte.
12:07On n'a pas l'habitude, cette peur du changement, cette peur de l'inconnu.
12:12C'est à nous, après, en tant que professionnels, c'est à nous de se dire,
12:15OK, nous, on veut aller vers ça, mais c'est à nous de convaincre.
12:17C'est à nous de prouver aussi que ça peut être une récite sur un petit village.
12:23Madame Vincent, est-ce que ça va ?
12:25François Raffaud n'a pas hésité à montrer l'exemple,
12:29en embauchant l'ancien pensionnaire du CADA.
12:34À un moment donné, nous, on avait besoin de personnel, personnel qualifié,
12:37parce qu'Ovi a une qualification, au niveau de la restauration,
12:41et on ne trouvait pas de personnel qualifié, voilà, donc sur notre territoire.
12:46Ovi a ouvert la voie.
12:47Depuis, François Raffaud a recruté deux femmes déboutées.
12:53Elles ont obtenu un titre de séjour temporaire grâce à cet emploi, la maison de retraite.
13:02Cela fait maintenant deux ans que les retraités et les demandeurs d'asile se côtoient en toute tranquillité.
13:0827 familles ont été accueillies.
13:12La moitié d'entre elles ont obtenu le statut de réfugiés,
13:16et cinq ont décidé de s'installer définitivement aux alentours de Mérigny.
13:21Le soir, le monde aux alentours de Mérigny.
13:27Le MTB pilote de Mérigny.
13:29La reine d'entre les analyses sont prouillies de Mérigny.
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