00:00Un défi à vous proposer aujourd'hui, une vie sans les big tech.
00:06Peut-on vivre sans Google, Apple, Amazon, Meta ?
00:10Oui, qu'on sort dans un monde saturé de surveillance et d'algorithmes.
00:13S'affranchir des big tech devient un acte d'indépendance de Brest à Nairobi.
00:17Un mouvement de renaissance numérique s'organise.
00:20Des acteurs locaux construisent des alternatives respectueuses de la vie privée.
00:24C'est ce qu'on va développer avec vous, Guillaume Gralet. Bonjour Guillaume.
00:27Bonjour Nabia.
00:27Voilà, commençons d'abord par un peu de contexte qui a une influence sur notre vie numérique.
00:31Les tensions entre les Etats-Unis et l'Europe et elles atteignent un seuil critique.
00:36Oui, en fait, ce dont on se rend compte aujourd'hui, c'est que 70% des données qu'on appelle très essentielles de notre pays,
00:43elles sont hébergées sur des plateformes américaines.
00:45Et le cloud américain, vous savez qu'il date de 2018, permet à Washington d'accéder à toutes les données européennes
00:51qui sont stockées sur des serveurs américains, y compris en Europe.
00:54Alors, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025 a ravivé les craintes,
01:00notamment sur les menaces tarifaires lors de la crise du Groenland.
01:03On s'est rendu compte, en réalité, que l'accès aux infrastructures numériques américaines
01:07pouvait devenir un levier géopolitique, qu'en réalité on pouvait tout perdre.
01:11Et c'est ce qui a motivé notamment la France à annoncer il y a quelques jours le remplacement de Microsoft Teams ou encore de Zoom
01:18par une solution nationale qui s'appelle Visio dans l'administration d'ici à 2027
01:22et aussi de créer un observatoire de la souveraineté numérique.
01:25C'est en réalité voir si on est capable de résister au fait d'avoir toutes les données numériques,
01:31l'accès aux infrastructures coupées du jour au lendemain.
01:34Et puis, j'ai montré quelques images d'Entropy, qui vous savez, un des géants de l'intelligence artificielle,
01:40parce que j'ai pu m'entretenir il y a quelques jours avec Christophe Grobeau,
01:43un des porte-parole de l'IMA, l'Innovation Makers Alliance,
01:46qui recense, rassemble pas mal d'acteurs du numérique français
01:50et l'IQ avec l'IA décisionnelle, c'est-à-dire celle qui pourra prendre des décisions à notre place,
01:55avec les agents, vous savez, dont on a beaucoup parlé, Nabia.
01:58Eh bien, c'est tout simplement une puissance étrangère, c'est assez fort,
02:00qui pourrait prendre le contrôle de certaines des décisions qui sont en France
02:04et comme dans tous les autres pays européens.
02:06Alors, comment est-ce qu'on peut communiquer sans se passer de certains services ?
02:09On va en nommer quelques-uns, des services très répandus comme WhatsApp ou encore Gmail.
02:13Oui, alors la bonne nouvelle, Nabia, c'est qu'il y a beaucoup, beaucoup d'autres acteurs indépendants
02:16qui essayent de se faire connaître.
02:18Alors, c'est pas forcément évident parce qu'ils sont souvent beaucoup plus petits,
02:21mais c'est pour ça qu'on trouvait important d'en parler ensemble, Nabia.
02:23Il y a par exemple Peertube, c'est une alternative à YouTube,
02:26qui est hébergée en local, qui est portée par Framasoft.
02:29Du côté de la Bretagne, on a un acteur qui s'appelle Tribal
02:32qui propose une messagerie chiffrée de bout en bout
02:35avec des serveurs hébergés localement sans tracer les métadonnées.
02:39Mailo, un autre serveur mail européen, lui aussi hébergé en France.
02:43Très intéressant aussi, la messagerie de ProtonMail.
02:46Là, on est en Suisse et c'est là aussi une messagerie chiffrée de bout en bout,
02:49ça c'est très important.
02:50Et puis, j'ai voulu faire un tout petit focus sur une messagerie qui s'appelle Element,
02:54qui est basée sur le protocole Matrix,
02:57c'est un standard ouvert pour la communication en temps réel,
03:00c'est décentralisé.
03:01Ce qui est intéressant, c'est que c'est utilisé par de plus en plus de pays en Europe,
03:04c'est recommandé par la Commission européenne.
03:06Et je voulais donner la parole, Nabia, à Amandine Le Pape,
03:10qui est une de ses co-créatrices.
03:14Matrix est un protocole qui permet aux applications de messagerie d'être interopérables,
03:19c'est-à-dire que l'utilisateur peut choisir le fournisseur chez qui il crée son compte,
03:22puis là où les applications qu'il préfère pour y accéder, comme pour l'email.
03:27Aujourd'hui, Element en particulier et Matrix en général sont principalement utilisés
03:31par les gouvernements comme alternatives souveraines à Teams et WhatsApp.
03:35C'est notamment le cas de la France, avec CHAP,
03:38ou l'Allemagne, mais aussi la Suède, le Luxembourg ou la Belgique.
03:40Et tous peuvent communiquer entre eux.
03:42Element est accessible au grand public,
03:44et chacun est libre de créer un compte sur le serveur gratuit Matrix.org,
03:47ou choisir un autre fournisseur.
03:49Il y a également des smartphones qui permettent de se passer d'Android, Guillaume.
03:53Oui, on avait déjà parlé du Fairphone.
03:55Vous savez, c'est un téléphone qui est inventé en Europe, inventé aux Pays-Bas,
03:58et surtout qui est livré avec un tournevis pour qu'on puisse le réparer soi-même,
04:01qu'il fasse le moins appel aux terres rares et le moins de conflits possibles dans le monde,
04:06le plus écolo possible.
04:07Mais surtout, il y a eu un accord très intéressant entre un acteur français qui s'appelle Murena,
04:11qui a été co-créé par Gaël Duval.
04:13Et pour populariser ce Fairphone, Gaël Duval, avec Murena,
04:18il a noué d'autres accords, avec Hiro notamment.
04:21L'idée, en réalité, c'est de développer une gamme de téléphones, de tablettes avec iOS,
04:27c'est son propre système d'exploitation,
04:28qui doit protéger les utilisateurs de la collecte des données personnelles et professionnelles.
04:33Et surtout, Murena, vous développez une suite numérique
04:35qui permet justement de remplacer les grands de la tech,
04:39d'avoir tous les outils bureautiques, bref, d'avoir une vraie solution souveraine.
04:44Je vous propose d'écouter aussi Gaël Duval, à l'origine de Murena.
04:49Un smartphone Murena, c'est quoi ?
04:52C'est avant tout un smartphone.
04:54Donc, ça permet d'appeler, d'envoyer des messages,
04:57d'utiliser des applications, toutes les applications qu'on connaît,
05:00alors qu'elles sont plus ou moins verteuses.
05:01Mais c'est surtout un environnement numérique qui, par défaut, respecte votre vie privée.
05:06C'est-à-dire que, par défaut, un smartphone Murena,
05:08il ne va pas envoyer toutes vos données,
05:10votre géolocalisation, tout ce que vous faites sur Internet,
05:13les applis que vous utilisez.
05:14Il ne va pas envoyer tout ça chez Google, Apple ou d'autres big tech.
05:17Et même, il va beaucoup plus loin,
05:18puisqu'il va vous protéger de toutes les applications mobiles
05:21qui, aujourd'hui, envoient aussi énormément de données
05:23via ce qu'on appelle les trackers.
05:25Et ça, c'est quelque chose de totalement unique
05:27et qu'on a développé, qui est dans iOS.
05:30Voilà le système d'exploitation qu'on a développé
05:33et qui permet de bloquer, en fait, tous les trackers applicatifs
05:36qui représentent vraiment une somme colossale d'informations
05:41qui sont envoyées en permanence.
05:43Et on peut aussi stocker ces données
05:45sans passer par les géants du secteur comme Amazon.
05:47Oui, il y a plusieurs acteurs très intéressants à suivre.
05:49Freedom Box, notamment.
05:51Cybox, en Tanzanie, qui va proposer des clouds communautaires.
05:54Et puis, côté français, Rapid Space.
05:56C'est un cloud très intéressant.
05:58On peut aussi se mettre...
06:00Rapid Space, c'est vraiment très intéressant.
06:01On en voit quelques images à l'écran.
06:03Nitropad, en Allemagne, propose un PC
06:05qui doit permettre le chiffrement matériel de ses propres données.
06:10Bref, on voit une véritable effervescence.
06:11Il faut savoir pouvoir héberger ces données chez soi.
06:14Et puis, d'amont, on peut aussi jouer en encourageant des studios indépendants.
06:17Oui, c'est ça.
06:18C'est que j'ai voulu donner quand même une bonne nouvelle.
06:19C'est qu'on l'avait vu à travers un jeu vidéo de Montpellier
06:23qui avait suscité une curiosité et beaucoup d'admiration au niveau mondial.
06:31C'est aussi le cas du jeu que l'on voit à l'écran qui s'appelle Kaern.
06:35C'est une simulation d'escalade réaliste.
06:37En fait, chaque ascension est un défi physique.
06:39Ça s'appuie en réalité sur des conseils de plusieurs alpinistes comme Elisabeth Revol.
06:43Et surtout, c'est né à Montpellier dans un de ses petits studios
06:46qui rappelle que la créativité française, européenne, africaine,
06:51moi j'adore aussi tout ce qui se fait du côté de Orion au Cameroun par exemple,
06:56elle peut encore éclairer, impressionner le monde entier.
06:58Bref, il n'y a pas de fatalité.
07:00On peut s'appuyer sur d'autres acteurs du numérique.
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