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  • il y a 1 heure
L'ex-candidate pour Matignon du Nouveau front populaire Lucie Castets revient sur les minutes qui ont fait basculer sa vie quand Olivier Faure lui propose de représenter la gauche. Premier ministre, coming-out, bras de fer avec Rachida Dati, présidentielle, union de la gauche... Lucie Castets se confie.

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Transcription
00:00Il me dit, bon, voilà, donc tout ça pour te dire qu'on a pensé à toi.
00:03À partir de ce moment-là, ma vie a basculé, c'est-à-dire mon téléphone a littéralement explosé.
00:06J'ai mon visage en une de tous les quotidiens nationaux.
00:10Je pense qu'il y a une responsabilité immense d'une partie de la droite
00:13qui aujourd'hui a laissé tomber toutes les digues entre elle et l'extrême droite.
00:18Bonjour à toutes, bonjour à tous, je suis Marie-Pierre Bourgeois,
00:20je suis journaliste politique à BFMTV.com.
00:23Bienvenue sur notre chaîne YouTube, on reçoit aujourd'hui Lucie Castet.
00:26Lucie Castet, bonjour.
00:27Bonjour.
00:27Lucie Castet, vous êtes passée de l'ombre à la lumière en quelques heures en juillet 2024
00:32quand vous êtes devenue la candidate pour Matignon au nom du nouveau Front populaire.
00:37Depuis, vous êtes entrée en politique, vous êtes candidate au municipal à Paris en mars,
00:42on va en parler ensemble.
00:43On vous a beaucoup vu ces derniers mois, Lucie Castet,
00:46et en même temps, j'ai l'impression qu'on vous connaît finalement assez peu.
00:50Si vous deviez vous présenter en quelques mots, qui est Lucie Castet aujourd'hui ?
00:53C'est une bonne question.
00:54Je suis toujours la même, je suis quelqu'un...
00:59J'ai toujours eu envie de travailler pour l'État et la fonction publique,
01:03donc j'ai rejoint la fonction publique après mes études,
01:06et j'ai toujours eu en même temps ce rôle, cette envie de travailler pour l'État,
01:10servir l'État, servir la fonction publique.
01:13Et puis, j'ai toujours été aussi active dans des associations, dans le milieu associatif,
01:18et j'ai notamment été active dans un collectif qui s'appelle Nos Services Publics.
01:23Et donc, ça, c'est un peu, disons, les plusieurs années de ma vie d'adulte.
01:27Le site professionnel.
01:28Exactement, professionnelle et militante.
01:30Et ensuite, comme vous l'avez dit, ma vie a basculé, je ne dirais même pas en quelques heures,
01:36je dirais en quelques secondes, à l'été 2024,
01:39où là, je suis arrivée dans l'arène politique.
01:44J'avais toujours eu des contacts avec l'univers politique,
01:47parce que quand vous êtes militante associative,
01:51que vous travaillez sur un sujet qui est par nature politique,
01:53évidemment, vous avez des contacts et des rencontres, des échanges,
01:56mais je n'ai jamais été aussi près de la politique.
01:59Et à partir de l'été 2024, en effet, je suis devenue beaucoup plus proche de cet univers-là.
02:04Alors, votre vie a basculé.
02:05Je rembobine un peu pour celles et ceux qui n'ont pas tout suivi.
02:07On a en juillet 2024, il y a eu des législatives anticipées.
02:11Et à la surprise générale, la gauche sort en tête, avec plus de 180 députés.
02:15La logique institutionnelle veut que, normalement,
02:17que ce soit le parti qui emporte les élections, qui envoie quelqu'un à Matignon.
02:21Il faut un peu de temps pour que la gauche se mette d'accord,
02:23puisqu'il y a les socialistes, la France insoumise, les communistes, les écologistes
02:26au sein du nouveau Front populaire.
02:28Et puis, en fait, ça achoppe.
02:29On n'arrive pas à se mettre d'accord.
02:31Et puis, finalement, il y a un nom qui sort du chapeau.
02:33C'est le vôtre, Lucie Castel.
02:34Vu que vous, vous n'êtes pas du tout élue,
02:37vous ne faites pas à ce moment-là de politique,
02:38c'est Olivier Faure qui a pensé à vous, qui vous a appelé.
02:40Comment ça s'est passé ce jour-là ?
02:42Qu'est-ce que vous faisiez quand vous avez ce coup de fil qui va changer votre vie ?
02:45Déjà, il faut se remettre dans les circonstances.
02:47Moi, j'étais comme beaucoup de gens qui votent à gauche,
02:50qui ont une sensibilité de gauche.
02:51J'étais extrêmement inquiète avant les élections entre les deux tours.
02:56On disait quand même, entre les deux tours,
02:58on voyait le Rassemblement National gagner
02:59et envoyer quelqu'un à Matignon.
03:01On voyait Jordan Bardella à Matignon.
03:02On voyait Jordan Bardella à Matignon.
03:04Ça faisait l'effet...
03:06Évidemment, ça a fait un séisme
03:08chez tous les gens qui votent à gauche
03:11et qui ont une sensibilité de gauche.
03:12Et donc, moi, j'étais à ce moment-là pas tétanisée.
03:15J'ai été très active entre les deux tours
03:17avec le collectif Nos Services Publics
03:19et avec plein d'autres gens de cette galaxie,
03:21de la société civile organisée,
03:22des syndicats, des associations, etc.
03:25On a beaucoup travaillé.
03:26On s'est beaucoup mobilisés entre les deux tours.
03:28Donc, moi, j'étais dans cet état d'esprit-là.
03:30J'étais là-dedans à ce moment-là.
03:32J'étais très mobilisée,
03:33mais avec ma casquette associative.
03:37Donc, il y a eu le second tour
03:38et le résultat du second tour
03:39a été un immense soulagement.
03:41Et ensuite, pendant la période qui a suivi,
03:44moi, je suivais comme tout un chacun
03:47les discussions qui semblaient avoir lieu à gauche,
03:50mais auxquelles, évidemment, je n'avais pas accès.
03:51Donc, il y a plusieurs noms qui sortent du chapeau.
03:53Il y a Olivier Faure,
03:54mais en fait, c'est le premier secrétaire du Parti Socialiste.
03:56C'est la France Insoumise, met son véto.
03:59Il y a Marine Tondelier.
04:00De la même façon, elle est écologiste.
04:01Ça grince un peu des dents chez les Insoumis.
04:03Et puis, il y a vous, votre nom,
04:05qui est proposé par Olivier Faure.
04:06En fait, un lundi, j'étais à mon travail.
04:10J'étais à l'époque directrice des finances
04:12de la ville de Paris.
04:13Donc, les bureaux sont dans le 13e arrondissement.
04:16J'avais un déjeuner de prévu,
04:19mais comme souvent.
04:20Donc, une journée classique.
04:21Une journée classique.
04:22Et je suis dans le garage à vélo
04:24de mon bureau, du bâtiment de mon bureau.
04:29J'enfourche mon vélo pour partir à ce déjeuner.
04:32Et là, mon téléphone sonne.
04:33Et je sors mon téléphone de ma poche
04:35et je vois le nom d'Olivier Faure.
04:37Il se trouve que j'avais le numéro d'Olivier Faure
04:39dans mon téléphone
04:39et donc son nom inscrit qui s'affiche
04:41parce qu'un an plus tôt,
04:43dans un endroit qui s'appelle
04:44le Festival des idées,
04:45qui est un endroit...
04:46Il y a la fin, il était sur Loire.
04:47C'est un rendez-vous de la gauche
04:49et des intellectuels.
04:51Et des assos, des associations,
04:52des collectifs, etc.,
04:53des syndicats pour discuter de fond.
04:56Et donc, j'avais animé le débat de clôture
04:58un an plus tôt
04:59avec tous les leaders de la gauche.
05:01Donc, j'avais dû les appeler un par un
05:03pour un peu leur raconter
05:04comment le débat allait se dérouler.
05:05Donc, il se trouve que c'est pour ça
05:06que j'avais tous leurs numéros
05:07dans mon téléphone.
05:08Et donc, mon téléphone sonne,
05:10je le sors
05:11et je vois le nom d'Olivier Faure.
05:13Je m'arrête, je décroche.
05:14Vous n'avez aucune idée
05:15de la raison pour laquelle
05:16ils vous appellent à ce moment-là ?
05:17Aucune.
05:18Je n'ai aucune idée,
05:18d'autant plus que...
05:20Enfin, moi, à ce moment-là,
05:21je suis citoyenne engagée.
05:23Je suis inquiète.
05:24Je me demande quand ils vont
05:25enfin arriver à avoir un nom
05:26pour qu'on puisse avancer
05:27et qu'ils proposent quelqu'un.
05:28Et donc, là,
05:28il commence à me dire
05:29« Oui, je voulais juste... »
05:31Enfin, voilà,
05:32tu as vu la situation politique.
05:34Olivier, c'est quelqu'un
05:34qui est très calme
05:35et qui...
05:36Voilà.
05:37Il prend souvent son temps
05:38pour s'exprimer.
05:39Il prend son temps
05:39et donc, il me raconte ça.
05:40Et donc, moi, dans ma tête,
05:41je me dis « Mais je sais tout ça.
05:43Pourquoi tu m'appelles ? »
05:44Et donc, au bout d'un moment,
05:45il me dit « Bon, donc voilà,
05:46je voulais te consulter
05:47sur quelque chose. »
05:48Donc, moi, je me dis
05:48« Mais sur quoi il peut bien
05:50vouloir m'en consulter ? »
05:51À ce moment-là,
05:51ça n'est toujours pas arrivé
05:52à mon esprit
05:53que c'est ça qu'il va me proposer.
05:54Et puis, en fait,
05:54il me dit « Bon, voilà,
05:55donc tout ça pour te dire
05:55qu'on a pensé à toi. »
05:57Et là, moi, je lui dis
05:58« Mais je ne sais plus
05:59exactement ce que je dis,
06:00mais je crois que j'ai dit
06:00quelque chose comme
06:01« Mais vraiment,
06:02vous en êtes là ? »
06:03Et ce n'était pas un signe
06:05de dépréciation de moi-même.
06:07Enfin, je veux dire,
06:08mais c'est juste que
06:09je ne m'attendais pas du tout à ça
06:10et que ce n'était pas évident
06:11du tout que ça... »
06:11Quand on vous propose ça,
06:13est-ce que, par exemple,
06:14l'expression,
06:14est-ce que le ciel
06:14vous tombe un peu sur la tête ?
06:16Est-ce que vous dites
06:16« Ouh là là,
06:17mais pourquoi on a pensé à moi ? »
06:18Est-ce que je peux être
06:19à la hauteur pour un poste
06:20de cette envergure-là ?
06:21Est-ce que je suis légitime ?
06:22Bien sûr, on se pose
06:23toutes ces questions-là.
06:23En tout cas, moi,
06:24je me les suis posées
06:25et je pense que c'est sain
06:26de se les poser.
06:27Je pense que parfois...
06:28Enfin, je pense qu'on devrait
06:30plus souvent se poser
06:30ce genre de questions
06:31quand on est aux responsabilités.
06:33Bien sûr, je me pose
06:34ces questions.
06:34À ce moment-là,
06:35je ne suis pas du tout élue.
06:36Je suis pas...
06:37Voilà, je suis une simple militante
06:40et une citoyenne engagée,
06:41mais je me pose bien sûr
06:44ces questions-là.
06:46Sur le coup, immédiatement,
06:48je n'y crois pas vraiment.
06:51Et puis après, je me dis...
06:52Bon, je me ressaisis très vite
06:54en me disant
06:54« Mais qu'est-ce qui va se passer ensuite ? »
06:58Est-ce que vous posez un peu
06:58quand même le pour et le contre ?
07:00Parce que...
07:00Je n'ai pas le temps à ce moment-là.
07:02Et je lui dis...
07:02D'ailleurs, je lui dis...
07:03Moi, à ce moment-là,
07:04je crois encore
07:04qu'il y a plusieurs personnes
07:05qui sont en train
07:06de faire une liste.
07:07En train de tester des noms
07:08un petit peu.
07:08Voilà, moi, j'ai l'impression
07:09qu'ils me demandent
07:10l'autorisation
07:10de mettre mon nom
07:11sur une liste.
07:13Et donc, je lui dis
07:14« Écoute, laisse-moi quand même
07:15un peu y réfléchir.
07:17Je t'autorise à envisager
07:20mon nom avec les autres,
07:21mais laisse-moi y réfléchir
07:22et ne dis pas
07:22que je t'ai donné mon accord
07:23puisque je ne te le donne pas
07:24tout de suite. »
07:25Et il m'a dit
07:25« Ok, on fait comme ça,
07:26ça marche. »
07:27Donc, on se parle à la fête
07:27assez peu de temps.
07:29Vous en parlez à quelqu'un ?
07:30Vous en parlez à votre...
07:31J'en parle à...
07:32Alors, j'en parle à ma compagne.
07:34En fait, ce qui est très drôle,
07:35c'est que juste avant
07:37le moment où je prenais mon vélo,
07:38j'étais en train d'échanger
07:38des SMS avec ma compagne
07:41pour des trucs très pratiques
07:42de la vie courante.
07:44Et je lui dis
07:44« Ah, il y a Olivier Faure
07:45qui m'appelle. »
07:46Et elle me répond un truc comme
07:47« Ah, il va te proposer
07:48d'être première ministre. »
07:48Et donc, moi, j'ai dû répondre
07:49genre « Ah, ah, ah. »
07:50Donc, vraiment,
07:51c'était de l'ordre
07:52de la blague totale.
07:53Et donc, évidemment,
07:55je lui en parle.
07:55J'en parle aussi
07:56à mon cousin
07:57dont je suis très proche
07:58et à quelques amis.
08:00Mais on se dit tous
08:00« Bon, c'est quand même... »
08:02Peu crédible.
08:03Oui, c'est...
08:04Surtout, on ne sait pas...
08:06Enfin, dans moi,
08:07ce que je leur retranscris
08:08de cette histoire,
08:09je ne pense pas
08:10qu'ils me le proposent
08:12à moi seulement
08:13à ce stade de l'histoire.
08:14Je sais qu'il y avait
08:15plein de noms
08:15qui ont été envisagés avant,
08:16mais à ce moment-là,
08:17moi, je crois encore
08:18qu'il y a plein de noms
08:18sur la table.
08:19Finalement,
08:20Olivier Faure propose
08:21votre nom.
08:21Vous faites l'unanimité.
08:23Moi, la question
08:24que je me pose,
08:24c'est est-ce que vous avez
08:25fait l'unanimité
08:26parce qu'entre guillemets
08:27vous n'aviez pas
08:27d'ambition présidentielle
08:29et que vous ne faisiez
08:30d'ombre à personne ?
08:31Oui, je pense qu'il y a
08:32quelque chose de cet ordre-là.
08:33Je n'ai jamais été naïve
08:34sur ce pourquoi
08:35ils en arrivaient là
08:36et je savais qu'ils ont
08:37à choper sur plein de noms
08:38avant le mien.
08:40Je pense qu'en effet,
08:41le fait que je suis
08:42inconnue du grand public
08:43et surtout que je suis membre
08:45d'aucun parti
08:46est de nature à les rassurer
08:48et à se dire qu'il n'y a
08:50dès lors pas ce type
08:51de concurrence.
08:52Et c'est vrai.
08:52Et je pense que, en fait,
08:54c'est assez sain, d'ailleurs,
08:54cette situation-là.
08:56Et puis ensuite,
08:57s'ouvre une période
08:58complètement folle.
09:01Votre nom va fuiter
09:03dans la presse le lendemain,
09:04quelques heures avant
09:05qu'Emmanuel Macron parle
09:07et explique qu'il n'y aura
09:08pas de Premier ministre
09:09tout de suite
09:09qui veut attendre
09:10la fin des Jeux olympiques.
09:11Quand votre nom sort
09:12dans la presse,
09:13qu'est-ce qui se passe ?
09:13Est-ce que c'est votre téléphone
09:15qui vibre ?
09:15Est-ce que c'est un push
09:17sur votre téléphone
09:17où vous voyez votre photo ?
09:19Qu'est-ce qui se passe
09:19quand votre nom est un peu,
09:20pardonnez-moi l'expression,
09:21mais lâché dans l'arène ?
09:22Je savais qu'il allait sortir
09:23juste avant 19h
09:24pour la prise de parole.
09:26Juste avant la prise de parole
09:27d'Emmanuel Macron.
09:29À ce moment-là,
09:30moi, je suis à l'hôtel de ville.
09:31Je finis un entretien
09:32en visio avec quelqu'un
09:34dans le cadre de mes fonctions.
09:35J'ai continué à travailler
09:36tous ces deux jours-là.
09:37Vous n'êtes pas arrêtée ?
09:38Non, je ne me suis pas arrêtée.
09:39J'aime bien faire correctement
09:40mon travail.
09:41Je n'avais aucune raison
09:41d'arrêter de travailler.
09:42J'avais des réunions.
09:42J'ai tenu les réunions
09:43que j'avais à mon agenda.
09:45Et je suis dans un bureau
09:46en train de travailler.
09:47Et en fait,
09:48je n'avais pas oublié
09:49que ça sortait à 19h,
09:50mais j'avais oublié
09:51qu'il était 19h.
09:57Et là, effectivement,
09:58à partir de ce moment-là,
09:59ma vie a basculé.
10:00C'est-à-dire,
10:00mon téléphone a littéralement explosé.
10:02Parce que ça n'arrêtait pas de vibrer ?
10:04Oui.
10:05Je pense qu'en fait,
10:06j'ai reçu aussi énormément
10:07de messages de gens
10:08qui m'étaient proches,
10:10qui n'étaient pas au courant.
10:11Évidemment,
10:11je n'avais pas eu le temps,
10:12eu l'occasion
10:13de prévenir les gens
10:15autour de moi
10:15que ça allait arriver.
10:16Il se passe quoi dans votre tête
10:17à ce moment-là
10:17quand on sent que là,
10:18on bascule dans une autre dimension ?
10:21Je pense que je n'ai pas eu le temps
10:22de réaliser exactement
10:23ce qui allait se passer.
10:24Je pense que c'est impossible
10:26de réaliser en fait
10:27parce que c'est trop vertigineux.
10:31Et puis en fait,
10:31surtout très vite,
10:32on me dit
10:32tu vas faire la matinale
10:33sur France Inter demain matin.
10:35Et à ce moment-là,
10:35il est 19h.
10:37Alors, il y a une rumeur
10:38à ce moment-là
10:39d'une armée de communicants
10:40qui débarqueraient chez vous
10:41pour ce qu'on appelle
10:42en bon français
10:43vos médias traînés.
10:44Donc, ça veut dire un peu
10:44vous expliquer comment
10:45on est censé s'exprimer
10:46sur un plateau de télévision.
10:47Vous faites France Inter,
10:48vous faites dans la foulée
10:49BFM TV.
10:51C'est quand même pas rien
10:51d'arriver sur un plateau
10:52de télévision
10:53ou sur un plateau de radio.
10:54Comment est-ce qu'on se prépare
10:56en à peine une nuit
10:56pour cet exercice-là
10:58qui n'est quand même
10:58pas extrêmement naturel
11:00et qui n'est pas
11:01un exercice facile ?
11:02Alors, déjà un,
11:03il y a eu zéro communicant
11:05qui a débarqué chez moi.
11:06En fait, je pense que les partis
11:07n'avaient pas pensé
11:08la minute d'après
11:09la révélation de mon nom.
11:10Je pense qu'ils étaient
11:11soulagés d'arriver à...
11:12Si à se mettre d'accord,
11:13c'est déjà pas si mal.
11:13Voilà, et je pense que
11:15c'est pas du tout péjoratif
11:16dans ma bouche de dire ça.
11:17Eux, ils ont eu
11:18des semaines et des semaines
11:20et des semaines de discussion
11:21pour se mettre d'accord
11:22sur le programme,
11:23sur comment la stratégie électorale...
11:25Enfin, ça a été très lourd
11:26pour eux et très intense.
11:28Et je pense qu'il ne faut pas
11:30sous-estimer ce qu'ils ont
11:30réussi à faire en peu de temps.
11:32La création du NFP
11:33et cette victoire électorale
11:35qui n'a pas été couronnée
11:38de succès ensuite,
11:39mais la victoire,
11:39elle était là.
11:40C'est énorme.
11:41Et je pense que,
11:44évidemment, la société civile
11:45organisée, les associations,
11:46les collectifs, etc.,
11:47ont eu un grand rôle
11:48à jouer dans cette victoire
11:50et dans l'issue victorieuse.
11:51Mais il ne faut pas minimiser
11:52ce que les partis ont fait
11:53aussi à ce moment-là.
11:54Et donc, je pense qu'à ce moment-là,
11:55eux, ils sont leurs militants,
11:56leurs cadres, etc.
11:57Ils sont très fatigués.
11:58C'est l'été.
12:00Personne ne vous briefe
12:01sur comment ça va se passer
12:02le lendemain ?
12:03Personne ne me briefe
12:03dans les partis.
12:04Mais en revanche,
12:05j'ai la chance d'avoir
12:05une petite équipe autour de moi
12:07qui se forme très vite,
12:09autour notamment d'amis
12:10et de proches du collectif
12:12dans lequel j'étais impliquée,
12:13qui se forme autour de moi
12:14très vite.
12:16Ou qui vous dit
12:17qu'on va vous aider ici
12:19à vous préparer ?
12:20Oui, c'est des proches,
12:21c'est des copains, des amis
12:22dont certains se retrouvent,
12:24on se retrouve effectivement
12:25chez moi régulièrement
12:26le soir, le premier soir
12:28et puis ensuite,
12:29beaucoup en visio.
12:30Il y en a qui sont déjà
12:31partis en vacances.
12:31C'est une chance en soi
12:32quand même pour faire
12:32les pas de télévision
12:33parce que vous auriez pu
12:34aussi vous dire
12:35oh là là, en fait,
12:35c'est trop gros pour moi.
12:37Moi, la matinale
12:38de France Inter
12:38ou être sur BFM TV,
12:40c'est trop gros.
12:40Le truc, c'est que moi,
12:41j'étais avant quand même
12:42porte-parole du collectif
12:43Nos Services Publics.
12:43Donc, j'avais fait
12:44plusieurs matinales de radio.
12:47J'avais fait la matinale
12:48de France Culture.
12:49J'avais déjà fait France Inter
12:50dans d'autres circonstances.
12:52J'avais déjà fait
12:52plusieurs plateaux télé,
12:54notamment, c'est ce soir,
12:55plusieurs fois.
12:57Et donc, j'avais un peu
12:58l'habitude de ça.
12:59Donc, ce que j'ai découvert ensuite,
13:01c'est qu'on n'a pas du tout
13:02le même traitement
13:02quand on intervient
13:03en tant qu'expert
13:04ou en tant que témoin,
13:05ce qui était mon cas avant
13:06comme porte-parole
13:07d'un collectif
13:08qui vient apporter
13:09des éléments de fond
13:10et comme personnalité politique
13:13à laquelle on réserve
13:16un traitement
13:17qui est de l'ordre plutôt de
13:19j'essaye de faire déraper,
13:21j'essaye de faire dire
13:22la petite phrase
13:22sur l'un ou sur l'autre.
13:26Vous avez eu l'impression
13:27qu'on était un petit peu là
13:27pour vous déstabiliser
13:28quand vous avez commencé
13:29à avoir cette casquette
13:30de candidats ?
13:30Oui, bien sûr.
13:31Je veux dire, disons,
13:31la posture dans les médias,
13:34les discussions
13:34sont d'une autre teneur
13:36et d'une autre nature.
13:37Ce n'est pas du tout...
13:38Voilà, c'est quelque chose
13:39qu'il faut apprendre.
13:40Mais ce n'était pas
13:40totalement inconnu pour moi.
13:42Et puis surtout,
13:43moi, je me suis dit,
13:43j'ai...
13:45Cette machine est lancée
13:46et donc, il faut faire
13:46tout ce que je peux
13:47pour honorer le contrat.
13:48Et voilà, à ce moment-là,
13:50moi, je me sens
13:50une responsabilité
13:51d'une part vis-à-vis des partis
13:53parce qu'ils m'ont choisi,
13:55ils m'ont demandé
13:56d'honorer cette mission
13:57mais aussi, surtout,
13:58vis-à-vis des électeurs
13:59qui ont mis un bulletin de vote
14:01pour les partis
14:02du nouveau Fonds populaire
14:03pendant les élections.
14:04Là, pendant cet été-là,
14:05on va vous voir dans les médias,
14:06vous allez faire
14:07un tour de France.
14:09Est-ce qu'on commence
14:09à vous reconnaître
14:10dans la rue ?
14:11Ah oui, oui, oui.
14:12En fait, il se trouve que
14:13très vite,
14:13les jours qui suivent,
14:14même le lendemain,
14:16j'ai mon visage
14:16en une de tous
14:18les quotidiens nationaux.
14:20Ça, c'est extrêmement troublant.
14:23C'est...
14:23Enfin, voilà, c'est...
14:25En fait, je pense
14:26qu'il n'y a rien
14:26qui prépare à ça.
14:27Et je pense que c'est pas...
14:30En fait, c'est très violent
14:31dans un sens neutre.
14:32C'est très violent.
14:34Ça a été dur pour vous ?
14:36Ça a été dur pour vos proches ?
14:38Déjà, c'est épuisant,
14:39évidemment,
14:39parce que c'est une course de haie.
14:41Quand vous faites
14:41un média national par jour,
14:43il faut le préparer.
14:43Il ne faut pas dire n'importe quoi.
14:44Il faut vérifier les chiffres
14:45que vous allez avancer.
14:47Il faut construire
14:48vos argumentaires.
14:49Voilà, il faut savoir
14:50de quoi vous parler.
14:51c'est beaucoup de travail.
14:54Et c'est personnellement
14:55une très grosse pression.
14:57Et bien sûr,
14:57c'est dur pour les proches.
14:58D'un coup,
14:58ma famille a été exposée.
15:00Ma famille
15:00qui n'avait rien demandé ?
15:01Qui n'avait rien demandé.
15:02Moi non plus,
15:03je n'avais rien demandé.
15:03En fait, moi,
15:04j'ai à peine dit oui,
15:05simplement.
15:07En fait,
15:07la machine s'est lancée
15:08un peu...
15:09Voilà.
15:10Et donc, oui,
15:10c'est très violent.
15:12C'est très...
15:13C'est une surexposition soudaine.
15:15En fait,
15:15c'est quelque chose
15:16auxquelles on ne peut pas se préparer.
15:19Vous faites ce tour de France.
15:20Vous rencontrez des citoyens.
15:21Je pense que ça redonne
15:22un peu de l'énergie
15:22dans des moments peut-être aussi
15:23qui ne sont pas toujours faciles.
15:25Et puis, on est à la fin de l'été.
15:26Ça y est,
15:26les JO sont passées.
15:28Emmanuel Macron a promis
15:29de nommer un Premier ministre.
15:31Vous êtes reçu à l'Élysée.
15:32Il y a cette photo.
15:33On vous voit avec tous les chefs du NFP,
15:35tous très déterminés,
15:36arriver pour cette rencontre
15:37avec Emmanuel Macron.
15:38Comment on se prépare
15:39à un rendez-vous avec le président ?
15:40D'abord,
15:40est-ce que vous aviez déjà
15:41vous rencontré Emmanuel Macron
15:42avant ce rendez-vous ?
15:44Je n'avais jamais rencontré
15:45le président de la République
15:45avant ce rendez-vous, non.
15:46Et comment on se prépare ?
15:49En fait, c'est un exercice
15:51à la fois collectif et solitaire.
15:53Collectif dans le sens
15:54où on a prévu
15:55une forme de chorégraphie.
15:57On a eu des discussions
15:58sur qui parle,
15:59comment on s'organise, etc.
16:01Et en réalité, à la fin,
16:03le plus simple,
16:04c'était que c'était moi qui parle,
16:07qui engage la discussion
16:08avec le président,
16:08qui répond aux questions du président.
16:10Et ensuite, dans un second temps,
16:11on s'était mis d'accord
16:11pour que les chefs de parti
16:13qui étaient là,
16:15on était à peu près douze.
16:16Il y avait les chefs de parti
16:17et les présidents de groupes
16:20à l'Assemblée nationale
16:21et au Sénat
16:21pour chaque parti qui était là.
16:23Et donc,
16:23on s'était mis d'accord
16:24sur le fait que c'était moi
16:24qui tenais un propos introductif,
16:26qu'ensuite,
16:26j'avais un échange
16:27avec le président
16:27et qu'à la suite de cela,
16:30les chefs de parti
16:32pouvaient poser des questions
16:32au président.
16:33Il vous demande quoi,
16:35Emmanuel Macron,
16:35quand vous le rencontrez ?
16:37Emmanuel Macron,
16:37il me pose plein de questions.
16:39D'abord, je parle,
16:40je ne sais pas,
16:40je dirais entre 5 et 10 minutes.
16:41D'accord.
16:42Pour lui donner un peu
16:43mon état d'esprit,
16:44dans quel...
16:45Donc, vous redites à nouveau
16:46que vous êtes disponible
16:47pour Matignon ?
16:48Voilà, on lui dit
16:49qu'on a gagné les élections,
16:50qu'on a bien conscience
16:52qu'on a une majorité relative
16:53et non une majorité absolue.
16:55Je lui dis comment,
16:57moi, je vois
16:58une éventuelle future cohabitation,
17:00notamment sur les sujets
17:01qui relèvent
17:01du domaine réservé
17:03du président de la République,
17:04en lui disant
17:04que je serais bien sûr
17:05respectueuse de ça.
17:07Voilà, je veux lui montrer aussi
17:07que je connais les institutions,
17:10que je sais comment ça fonctionne.
17:11Voilà.
17:12Et lui, il me pose
17:13beaucoup de questions thématiques.
17:14D'accord.
17:15Il me parle de la Corse,
17:16il me parle de Nouvelle-Calédonie.
17:17C'était quoi ?
17:18C'était un peu un grand oral
17:19où on vérifie vos connaissances ?
17:20Alors, ça a été beaucoup présenté
17:22comme ça par les journalistes
17:23et je crois qu'il y a
17:23quelques participants
17:24à La Réunion
17:25qui ont pu décrire ça comme ça.
17:27Donc, peut-être qu'il y avait
17:28quelque chose de cet ordre.
17:30Chez le président de la République,
17:31moi, je ne l'ai pas du tout
17:32vécu comme ça.
17:33Parce que moi, à ce moment-là,
17:35quand je suis rentrée dans son bureau,
17:36je me suis dit
17:36que j'étais investie
17:37de la force
17:40qui avait été donnée
17:41par les millions d'électeurs
17:42qui avaient voté
17:42pour le nouveau Faux Populaire,
17:44que je n'étais pas
17:44dans une posture d'élève
17:45face à un professeur.
17:47Vous étiez légitime
17:47avec les 180 députés NFP.
17:49Oui, voilà.
17:50Et donc, j'étais plutôt
17:51dans une posture...
17:52À un moment, il m'a dit
17:53comment vous voyez le budget ?
17:54Je lui ai dit
17:54Monsieur le président,
17:57respectueusement,
17:58je me permets
17:58de vous retourner la question.
17:59C'est vous qui avez décidé
18:01de dissoudre l'Assemblée.
18:02comment vous,
18:04vous envisagez
18:05les choses,
18:08y compris avec votre camp
18:09et avec les députés
18:10qui représentent votre camp.
18:12Mais ça a été extrêmement courtois
18:14et ça s'est très bien passé.
18:15Je pense que
18:16je lui ai donné,
18:17en tout cas,
18:17c'était mon objectif,
18:18aucune excuse
18:19pour considérer
18:21qu'il n'était pas possible
18:21de me nommer.
18:23Vous lui avez donné
18:24aucune excuse.
18:25Malgré tout,
18:25quelques heures plus tard,
18:26il y a un communiqué de presse
18:27de l'Elysée
18:27où Emmanuel Macron
18:29annonce que vous ne serez pas nommé
18:30parce qu'il estime
18:31que si c'était le cas,
18:31vous seriez censuré
18:33dans les jours qui suivent.
18:36Est-ce que vous,
18:37vous avez vraiment cru
18:38qu'il pouvait vous nommer
18:38à Matignon
18:39ou dès le départ,
18:40vous avez senti
18:41qu'il n'avait pas envie
18:41de nommer quelqu'un de gauche ?
18:42C'est quoi votre sentiment ?
18:43Je n'ai jamais pensé
18:44que l'option la plus probable
18:45était qu'il me désigne.
18:47Mais mon travail,
18:48mon rôle,
18:49en tout cas,
18:49tel que je me l'étais défini,
18:50c'était que je devais
18:51lui donner aucune excuse
18:52pour ça.
18:53Ne pas le faire.
18:54Exactement.
18:55Et je voulais lui montrer
18:57qu'on était prêts,
18:58à la fois qu'on savait
18:59ce qu'on voulait faire
19:00et qu'on avait compris
19:01les conditions
19:02dans lesquelles ça s'inscrivait.
19:03C'est-à-dire qu'on avait compris
19:04qu'on avait une majorité relative
19:05et pas une majorité absolue
19:06et que pour autant,
19:08on était quand même résolus
19:09à vouloir mener
19:09une politique de gauche
19:10en allant chercher des accords
19:11texte par texte
19:12à l'Assemblée.
19:13C'est aussi pour ça
19:14que j'avais préparé le terrain
19:15en faisant un courrier
19:17à tous les parlementaires
19:17signés de tous les présidents
19:18de groupe du Nouveau Front Populaire.
19:20C'était une initiative
19:21que j'avais prise
19:21pendant l'été, par exemple.
19:25Sincèrement,
19:25je pense qu'on a été...
19:27C'était difficile
19:27d'être plus constructif
19:29et de donner plus de gages
19:32qu'on était prêts
19:33à gouverner ce pays.
19:34Vous êtes déçus
19:36soulagés,
19:37peut-être un peu des deux
19:38en même temps ?
19:38Peut-être un peu des deux.
19:40Je suis déçue,
19:41enfin honnêtement,
19:41moi je suis déçue pour la France
19:42parce que je pense
19:43que la gauche
19:44a beaucoup à offrir
19:44à la France
19:45et évidemment,
19:46sinon je ne croirais pas
19:47en ces idées-là.
19:48Moi, sincèrement,
19:49j'ai une inspiration sincère
19:52à améliorer le sort
19:53de mes concitoyennes
19:55et mes concitoyens
19:56et donc je pense
19:56que les mesures
19:57qu'on était prêts
19:59à proposer
20:00et à mettre en œuvre
20:00sont bonnes pour notre pays.
20:02Donc évidemment,
20:02j'ai cette déception-là
20:03de ne pas pouvoir poursuivre
20:04dans cette voie-là
20:06et à titre personnel,
20:07bien sûr,
20:07qu'il y a une forme
20:07de soulagement
20:08parce que c'est une période
20:09très difficile,
20:10très intense
20:11dans laquelle ma famille
20:13est très exposée
20:14et mise à rude épreuve
20:15et puis je sais par ailleurs
20:16et on l'a vu ensuite
20:17que c'est un exercice
20:18extrêmement périlleux
20:19d'être Premier ministre
20:19en l'espèce
20:21dans un espace
20:23où il n'y a pas
20:23de majorité absolue.
20:24C'est très difficile
20:24de gouverner un pays
20:25dans ces conditions
20:26et on l'a vu
20:26ces derniers mois.
20:27On va revenir là-dessus
20:28mais je voudrais
20:29juste à l'instant
20:30revenir quelques semaines
20:31après du coup
20:32le fait que ce ne soit
20:33finalement pas votre nom,
20:34c'est Michel Barnier
20:34qui sort du chapeau
20:35de l'Élysée,
20:37ça veut dire que c'est
20:38les LR avec moins
20:39de 50 députés
20:40qui se trouvent
20:41avec un Premier ministre.
20:42Très vite,
20:43Michel Barnier chute.
20:44Est-ce que vous,
20:45vous vous dites,
20:45honnêtement,
20:46on n'aurait pas fait pire
20:47et peut-être
20:47on aurait même fait mieux ?
20:48Est-ce que vous avez dit ça
20:49quand Michel Barnier
20:50tombe en fait fin novembre ?
20:51Mais moi je ne me dis pas ça
20:52quand il tombe,
20:53je me dis ça
20:53quand il est nommé.
20:55Je me dis mais
20:55quelle mascarade
20:56de nous avoir refusé
20:59Matignon
20:59au prétexte
21:01qu'on n'aurait pas
21:02une majorité absolue
21:03et ensuite il va chercher
21:04comme vous le dites
21:05quelqu'un qui a une poignée
21:06de députés à l'Assemblée
21:07et puis par ailleurs
21:08qu'elle signale,
21:09enfin le président
21:10de la République
21:10qui choisit d'écarter
21:11une femme
21:13assez jeune
21:14qui peut représenter
21:16autre chose
21:17dans le paysage politique
21:18pour aller chercher
21:19un homme âgé.
21:21Je ne crois pas
21:22que c'est lui.
21:22Il a toute une carrière
21:23derrière lui.
21:23Je crois que ce n'est pas
21:24lui faire insulte
21:24de dire ça
21:25qui a effectivement
21:26beaucoup d'expérience
21:27mais c'est
21:28un signe
21:30supplémentaire
21:31si on en avait besoin
21:32que le président
21:33n'est pas féministe
21:33que le président
21:34n'est pas très
21:35en fait malgré
21:36tout ce qu'il a pu dire
21:37notamment dans le cadre
21:38de sa première élection
21:39présidentielle
21:39qu'il n'est pas très ouvert
21:40à la nouveauté.
21:41Michel Barnier
21:42préministe
21:42mais il y a une nouvelle
21:43porte qui s'ouvre
21:44pour vous
21:44c'est éventuellement
21:45législative en Isère
21:47il y avait un député
21:48LFI à Grenoble
21:49qui va démissionner
21:50parce qu'il est accusé
21:51d'agression sexuelle
21:52et puis votre nom
21:53circule pour être
21:54candidate
21:55finalement ça ne se fait pas
21:57ça aurait pu être
21:57une piste d'atterrissage
21:58pour vous
21:59pour arriver à l'Assemblée Nationale
22:00pourquoi est-ce que
22:01cette opportunité
22:02finalement n'a pas pris ?
22:05Déjà moi je ne cherchais pas
22:05une piste d'atterrissage
22:07je ne cherche pas
22:07à me caser personnellement
22:09c'est pas du tout comme ça
22:10que j'ai pensé les choses
22:11moi j'ai toujours pensé
22:13que j'avais eu une vie
22:14avant ce fameux 23 juillet
22:16et que j'en aurais eu une après
22:18et ma vie
22:18avant elle n'était pas en politique
22:20et donc j'ai plein d'autres choses
22:21à faire de ma vie
22:22et j'étais très heureuse
22:23et je serai encore heureuse après
22:24c'est ça que je me dis
22:25à ce moment-là
22:26pas de regret, pas d'amertume
22:28non
22:29mais surtout pas
22:30l'idée qu'il faut absolument
22:31que je m'accroche
22:32que je me case
22:32enfin c'est pas du tout
22:33mon état d'esprit
22:34mais effectivement
22:36l'opportunité se présente
22:37à ce moment-là
22:38et c'est vrai que moi
22:39vu que la vie politique
22:40m'intéresse
22:41et je suis
22:41voilà
22:42je trouve que
22:44d'être élue
22:47de se frotter
22:48au suffrage universel
22:50d'être dans un scrutin
22:52je trouve ça très intéressant
22:53je me pose cette question
22:54à ce moment-là
22:54et il se trouve
22:57que c'est une circonscription
22:58qui est fléchée
22:59dans le cas
23:00de l'accord
23:00entre les partis
23:02du Nouveau Front Populaire
23:02qui est fléchée
23:03vers la France Insoumise
23:05et moi j'ai eu
23:06comme mission
23:07pendant tout l'été
23:09d'essayer de trouver
23:09un point d'équilibre
23:10entre toutes les forces politiques
23:12du Nouveau Front Populaire
23:13et vous savez
23:13tout le monde sait
23:14que c'était pas la tâche
23:15la plus facile
23:16j'ai pas voulu moi
23:18siéger avec les Insoumis
23:19parce que je considérais
23:20que les Insoumis
23:20étaient
23:21du coup les Insoumis
23:21ils vous disent
23:22ça pourrait être vous
23:23vous pouvez être candidate
23:24mais en échange
23:25il faut que vous ayez
23:25l'étiquette LFI
23:26et qu'à l'Assemblée
23:27vous siégez dans notre groupe
23:28eux ils m'offrent
23:29la possibilité
23:30d'être la candidate
23:31de la gauche
23:33dans cette circonscription
23:34mais ils considèrent
23:35que le fait de siéger
23:37avec eux à l'Assemblée
23:37n'est pas négociable
23:38et moi je leur dis
23:40à ce moment-là
23:40que ça ne me semble pas possible
23:41de siéger avec eux
23:42parce que ça ne me semble pas possible
23:44de siéger
23:44dans un des groupes polaires
23:47de cet espace politique
23:48qu'est le Nouveau Front Populaire
23:49Vous avez un peu envie
23:51de faire une sorte de trait d'union
23:52si je puis dire
23:52Oui c'est ça
23:53et c'est ce que j'ai fait
23:55pendant tout l'été
23:56et donc ça ne me semble pas possible
23:57à ce moment-là
23:57de siéger
24:00avec la France Insoumise
24:00indépendamment
24:02de mes opinions à moi
24:03enfin tout ça
24:03voilà
24:04c'est pas possible
24:04de faire ce geste-là
24:06à ce moment-là
24:07donc à ce moment-là
24:08on envisage plein de choses
24:09j'envisage de faire
24:10une sorte de siège tournant
24:11pour continuer
24:13dans cette posture
24:14un peu de trait d'union
24:15et des couilles distance
24:16entre les différentes forces politiques
24:18du Nouveau Front Populaire
24:19j'envisage aussi
24:20de siéger dans le groupe
24:21où il y a les écologistes
24:23parce que c'est le groupe
24:23le plus composite
24:24c'est-à-dire où il y a plusieurs
24:26il n'y a pas que des écologistes
24:27des générations écologistes
24:28l'après
24:29qui sont des anciens insoumis
24:30voilà
24:30et les insoumis ne souhaitent pas ça
24:32et donc dans ces conditions
24:33je leur dis
24:33je propose qu'on s'en tienne là
24:34et c'est pas grave
24:35enfin voilà
24:36moi je ne cherche pas
24:37à tout prix une position politique
24:39est-ce que vous n'êtes quand même pas dit
24:40c'est dommage
24:40parce qu'on a réussi
24:41sur mon nom
24:41à faire une sorte d'alliance
24:43et puis là finalement
24:44sur une candidature législative
24:45on n'y arrive plus
24:46eux ils ne présentaient pas
24:49les choses
24:49enfin les choses
24:50peuvent se raconter autrement
24:51c'est-à-dire eux
24:52ils disaient
24:53qu'ils étaient très contents
24:53de me soutenir
24:54moi je pensais par ailleurs
24:55qu'électoralement
24:56ce n'était pas la meilleure stratégie
24:57et donc voilà
24:58on ne s'est pas mis d'accord là-dessus
25:00c'est resté courtois
25:02voilà j'en ai pas
25:04est-ce que quand vous voyez
25:05aujourd'hui l'atmosphère
25:05dans l'hémicycle
25:06qui est très électrique
25:07pour ne pas dire plus
25:08est-ce que vous dites
25:09finalement peut-être
25:10que j'ai échappé à un mandat
25:11très usant
25:12et très difficile
25:13moralement
25:14et physiquement
25:14c'est pas comme ça
25:17que je me formule les choses
25:18oui je trouve ça difficile
25:19mais en même temps
25:19le combat politique
25:21est difficile
25:22servir ses idées
25:23c'est difficile
25:23donc j'étais prête
25:25à me frotter à ça
25:26donc non
25:27c'est pas à cet égard
25:28que je ne me dis pas ça
25:29particulièrement
25:30si on avance un petit peu
25:32aujourd'hui
25:32c'est Sébastien Lecornu
25:33le Premier ministre
25:35il a dû lui aussi
25:36en l'absence de majorité absolue
25:37aller un petit peu
25:38arracher avec les dents
25:39certains compromis
25:40avec les socialistes
25:42est-ce que vous dites
25:42vous que peut-être
25:43vous auriez pu faire pareil
25:44vous aussi aller chercher
25:45un petit peu
25:46les voies un petit peu partout
25:47ou est-ce que vous dites
25:49ouf j'ai un petit peu échappé
25:50à ce job infernal
25:51certains appellent même
25:52Matignon l'enfer
25:53est-ce que voilà
25:54il y a un petit moment
25:54quand vous voyez Sébastien Lecornu
25:55vous dites bon
25:56peut-être qu'en fait
25:56c'est aussi bien que ce job
25:58n'ait pas été le mien
25:59bah non je me dis pas
26:01que c'est bien
26:02parce qu'encore une fois
26:03moi je pense
26:03à mon pays
26:04et moi je pense
26:05qu'on aurait fait passer
26:06des mesures
26:06qui sont plus utiles
26:08et plus nécessaires
26:09à nos concitoyens
26:11que ce qu'est en train
26:11de faire Sébastien Lecornu
26:12moi je trouve
26:13que le projet de budget
26:14qu'il a
26:15c'est pas du tout
26:16le projet de budget
26:17que j'aurais porté
26:18et donc j'aurais fait
26:19les choses différemment
26:19bien sûr j'aurais été
26:20chercher des compromis
26:21mais sur la base
26:21de ce que je pensais
26:22être le mieux pour la France
26:23donc non je me dis pas ça
26:25je suis pas soulagée
26:25quand je vois
26:26qu'on n'augmente pas
26:28le budget des hôpitaux
26:29alors qu'on a
26:30des lits qui sont fermés
26:31parce qu'on n'a pas
26:32assez de soignants
26:32quand je vois
26:33qu'il n'y a pas assez
26:34de profs devant les élèves
26:35tous les jours
26:36dans les écoles
26:37non je peux pas me dire
26:37que je suis heureuse
26:39de ne pas avoir fait ça
26:40puisque j'aurais fait
26:41les choses autrement
26:42en tout cas j'aurais essayé
26:43j'ai pleinement conscience
26:45que de l'ampleur
26:46de la tâche
26:46et que c'était pas facile
26:47mais je serais en tout cas
26:48pas partie du même
26:50document initial
26:50On parlait du budget
26:52de l'État
26:53il y a quelque chose
26:54qui est beaucoup revenu
26:54quand votre nom a été annoncé
26:56pour aller à Matignon
26:58au nom de NFP
26:58c'est le budget de Paris
27:00vous à l'époque
27:02du NFP
27:03pendant l'été
27:03vous êtes directrice
27:04des finances
27:05et des achats
27:05de la ville de Paris
27:06le budget parisien
27:07c'est énorme
27:08c'est 11 milliards
27:08en face de ce budget
27:09il y a aussi une dette
27:10qui est importante
27:10qui est de 9 milliards
27:11et beaucoup de gens
27:12notamment à droite
27:13disent
27:13vous avez envie
27:15de vous occuper
27:16du budget de la France
27:17mais dans la ville
27:18que vous dirigez
27:19l'endettement
27:20est très important
27:20qu'est-ce que vous répondez
27:22à ceux qui disent
27:22que ce profil-là
27:23n'est pas forcément
27:23de bonne augure
27:24pour aller sur des sujets
27:26budgétaires
27:27la première réponse
27:28qui est peut-être
27:29le petit bout
27:29de la lorgnette
27:30je réponds à ces gens-là
27:31soit ils sont de mauvaise foi
27:32soit ils sont incompétents
27:33et ils ne savent pas
27:34comment fonctionne
27:35une collectivité
27:35par exemple
27:37on ne reproche pas
27:37la direction du budget
27:38dans l'état
27:39d'être la direction dépensière
27:41en fait
27:42la direction du budget
27:42ou la direction des finances
27:44dans une collectivité
27:46traditionnellement
27:46c'est celle qui dit
27:47attention
27:48il faut dépenser moins
27:49il faut suivre
27:51notre trajectoire
27:52d'endettement
27:52dans mes fonctions administratives
27:55mon rôle
27:56c'était de faire en sorte
27:57qu'on s'endette
27:59dans de bonnes conditions
28:00quand on décide
28:02de s'endetter
28:02et puis de dire
28:03attention
28:04ce projet peut-être
28:04coûte un peu trop cher
28:05il pourrait être décalé
28:06voilà
28:06donc le rôle
28:07dans l'administration
28:09d'une direction des finances
28:10c'est plutôt un rôle
28:11de modération
28:12ça c'est le premier point
28:13et puis le second point
28:14qui n'est pas le petit bout
28:16de la lorgnette
28:16mais qui est le point
28:16le plus important
28:17à mon sens
28:17c'est que
28:18la politique budgétaire
28:20de la ville de Paris
28:21elle a consisté
28:22à s'endetter
28:23pour investir
28:24dans l'avenir
28:25et d'ailleurs
28:25les collectivités
28:26ont une règle
28:27qui est qu'elles ne peuvent
28:28s'endetter
28:29que pour financer
28:29de l'investissement
28:30et pas pour financer
28:31leur train de vie quotidien
28:33c'est-à-dire
28:33leurs dépenses de fonctionnement
28:34et donc
28:35en réalité
28:35pas s'endetter pour payer
28:36le traitement des fonctionnaires
28:37exactement
28:38ou les fluides
28:40c'est-à-dire
28:40vos factures d'électricité
28:41par exemple
28:41elles financent
28:42de l'investissement
28:43et ça c'est très important
28:44l'investissement
28:45c'est l'avenir de nos enfants
28:46quand on construit une école
28:47quand on construit
28:48des pistes cyclables
28:49et bien évidemment
28:50on s'endette
28:50parce qu'on n'est pas en mesure
28:51de payer tout
28:52l'année où on le construit
28:53et c'est de bonnes politiques
28:56de s'endetter
28:57pour construire quelque chose
28:58qui va durer des décennies
28:59c'est normal
29:00et c'est de bonnes politiques
29:01donc je n'ai aucun problème
29:02avec ça
29:02en fait ceux qui sont
29:03contre l'investissement
29:04c'est ceux qui sont
29:04contre les services publics
29:06donc je n'ai aucun problème
29:07à assumer ça
29:07mais en réalité
29:08ce n'est pas en tant que
29:09directrice des finances
29:10que je l'assume
29:11c'est en tant que personnalité de gauche
29:12parce que la directrice des finances
29:14elle fait en sorte
29:15qu'un projet politique
29:16qui aboutisse
29:17oui
29:17elle répond aux instructions
29:19de l'exécutif parisien
29:21elle le fait avec loyauté
29:22dans la direction politique
29:24qu'on lui demande d'appliquer
29:25et c'est normal
29:25vous êtes sortie du bois
29:27vous allez être candidate
29:28au municipal à Paris
29:29sur la liste d'Emmanuel Grégoire
29:31qui est ancienne agent
29:32d'Anne Hidalgo
29:32et qui est aujourd'hui
29:33députée socialiste
29:34je trouve ça intéressant
29:35que vous alliez sur cette liste
29:36parce qu'on le disait
29:37vous êtes considérée
29:38comme un trait d'union
29:38puis finalement là
29:40c'est chez les socialistes
29:40que vous engagez
29:41alors je précise
29:42que c'est une liste socialiste
29:43avec des communistes
29:44et des écologistes
29:45mais sans la France insoumise
29:46qui présente sa propre candidature
29:47avec Sofia Chikirou
29:48est-ce que vous avez
29:49quand même une frustration
29:50de vous dire que
29:51sur la ville de Paris
29:52ce qu'on a réussi à faire
29:53pour l'ONFP
29:53pour Matignon
29:54on n'arrive pas à le faire
29:55sur la ville de Paris
29:57est-ce que vous dites
29:57c'est dommage ?
29:58c'est qu'il faut essayer
29:59d'être la gauche
30:00la plus unie possible partout
30:02et après je comprends
30:03les réalités politiques
30:04et je vois bien
30:04que c'est pas possible partout
30:05j'ai fait le choix
30:07de m'engager dans la liste
30:09d'Emmanuel Grégoire à Paris
30:10parce que c'est la liste
30:10la plus unioniste
30:11et je l'ai dit depuis le début
30:12je m'engagerai dans la liste
30:13qui est la plus unioniste possible
30:14il y a non seulement
30:15le parti socialiste
30:16vous avez dit
30:17il y a les écologistes
30:18il y a les communistes
30:19et puis il y a l'après
30:19donc c'est une liste
30:21qui est très unioniste
30:22qui rassemble
30:23des opinions de gauche
30:26qui sont très diverses
30:27et donc je suis vraiment
30:28ravie et honorée
30:29de pouvoir rejoindre
30:30cette liste
30:30qui va porter un projet
30:31qui à mon sens
30:32répond aux aspirations
30:34des électeurs de gauche
30:34à Paris
30:35Vous si la liste
30:36d'Emmanuel Grégoire
30:37l'emporte
30:37vous aimeriez bien
30:38devenir maire adjointe
30:40sur quelle délégation ?
30:42Ça on verra
30:42ce ne sont pas des discussions
30:43qu'on a encore
30:44moi je pense que
30:45c'est une campagne difficile
30:48et que l'enjeu est majeur
30:50pour l'avenir de Paris
30:51et donc pour l'instant
30:51moi je mets toute mon énergie
30:52à ce qu'on gagne
30:53au premier tour
30:54donc on aura ces discussions
30:56bien plus tard
30:56mais ce n'est pas du tout
30:57mon cas personnel
30:58en ce moment
30:59qui m'intéresse
31:00Vous présentez à Paris
31:02est-ce que ce n'est pas
31:02un petit peu la facilité
31:03vous avez grandi à Caen
31:04après tout
31:05vous aurez pu vous présenter
31:06dans une petite ville
31:06de Normandie
31:07vous parliez des services publics
31:09il y a beaucoup
31:09beaucoup de territoires
31:10en France
31:10qui ont de gros problèmes
31:11de services publics
31:12vous auriez pu aussi
31:13faire cet engagement
31:13municipal ailleurs ?
31:16Oui mais je trouve ça
31:16vraiment important
31:17de s'engager
31:17pour un engagement municipal
31:19de s'engager là où on vit
31:20moi aujourd'hui
31:21j'habite à Paris
31:22j'ai un enfant
31:23qui est dans une crèche municipale
31:25un enfant qui est
31:26à l'école maternelle
31:27je suis une utilisatrice
31:28heureuse des services publics
31:30tous les jours à Paris
31:31je trouve ça important
31:32de s'engager là où on habite
31:33quelques semaines
31:34après votre candidature
31:36annoncée pour Matignon
31:37il y a une couverture
31:37de Paris Match
31:38et le titre
31:39c'est ce que j'ai envie
31:40de vous dire
31:40et dans cette couverture
31:41vous me parlez de vos enfants
31:42et vous parlez notamment
31:43dans cet article
31:44de votre couple
31:45avec une femme
31:45c'est très très rare
31:46des coming out
31:47en politique
31:47chez les femmes
31:48il y en a eu
31:48quelques-uns
31:49le dernier c'est
31:50Sarah El Haïry
31:51qui à l'époque
31:51était ministre déléguée
31:52à l'enfance
31:53est-ce que c'est une évidence
31:54pour vous de parler
31:55de votre famille
31:56de votre compagne
31:57à l'époque vous avez un fils
31:58vous en avez deux
31:59aujourd'hui
31:59c'est une évidence
32:00où vous dites
32:00bon c'est pas évident
32:02on en parlait
32:03je vais exposer ma famille
32:03qui n'a rien demandé
32:04comment vous sentez les choses
32:06est-ce que vous dites
32:07c'est aussi ma vie privée
32:08j'ai peut-être droit
32:08de garder ce jardin secret
32:10c'est pas du tout évident
32:12il y a un peu
32:15deux vagues contradictoires
32:18en moi
32:18à ce moment-là
32:19la première
32:20c'est évidemment
32:20que j'ai envie
32:21de protéger ma famille
32:22de protéger mes enfants
32:23enfin mon enfant
32:24puisqu'à l'époque
32:25j'ai un enfant
32:25un fils
32:26et l'autre vague
32:30l'autre vague
32:31qui va dans l'autre sens
32:31c'est que je pense
32:32qu'il faut surtout pas se cacher
32:33et que
32:35je trouve que c'est très important
32:38et j'ai vécu moi-même ça
32:39d'avoir
32:40des points de référence
32:42des modèles
32:44l'existence de personnes publiques
32:46qui vous montrent
32:47qu'on peut être très heureux
32:49et on peut faire de la politique
32:50on peut faire plein d'autres choses
32:51dans la vie
32:53et des choses super
32:53quand on est homosexuel
32:55et donc
32:56j'ai cette vague
32:58de contradictions
32:58je suis pas quelqu'un
33:00qui est trop du genre
33:01à exposer sa vie privée
33:02mais en revanche
33:03je pense que c'est très important
33:04et que c'est très politique
33:04de pouvoir dire
33:06bah oui
33:06je suis en couple
33:07avec une femme
33:07et ça ne pose aucun problème
33:09et puis ensuite
33:10il y a eu une contrainte
33:11très matérielle
33:11en fait c'est que
33:12dès que mon nom est sorti
33:13plein de journalistes
33:17ont commencé à enquêter
33:18sur ma vie
33:18et un soir
33:20il y a mon meilleur ami
33:21qui m'appelle
33:21mon meilleur ami
33:22qui est prof de bio
33:23dans un lycée
33:25de banlieue parisienne
33:27et qui m'appelle
33:27et il me dit
33:28j'ai une journaliste
33:29qui vient de m'appeler
33:29et qui m'a demandé
33:31si c'était toi
33:31qui avais porté ton enfant
33:32waouh
33:34qu'est-ce qu'on se dit
33:35quand on entend ça
33:37et là lui il me dit
33:38en plus
33:38lui il n'est pas du tout
33:39dans ce monde là
33:40enfin il est comme moi
33:40je n'étais pas avant
33:41et donc il me dit
33:42je n'ai pas répondu
33:43j'espère que j'ai bien fait
33:44je lui dis oui oui
33:45c'est super merci
33:45et en fait
33:47à ce moment là
33:47je me dis
33:48il faut que je le dise
33:49dans mes mots
33:50parce que ça va sortir
33:51et je n'ai pas envie
33:52qu'on me prenne ça
33:53et qu'on le dise
33:54dans des mots
33:55que je ne maîtrise pas
33:55et donc on a eu
33:57une discussion
33:57avec ma compagne
33:58et je lui ai dit
33:58voilà
33:58et il se trouve
33:59qu'un journaliste
34:01de Paris Match
34:02avait demandé
34:02s'il pouvait nous suivre
34:04dans le déplacement
34:05à Duralex
34:05on a visité l'usine
34:08et donc
34:09à ce moment là
34:10on lui a dit
34:11qu'on allait
34:12dire ça en une phrase
34:13pour que ça soit dit
34:15sans aucune
34:16voilà
34:17sans aucune fioriture
34:18enfin on n'en a pas fait
34:18toute une histoire
34:19c'est une phrase
34:20dans un portrait
34:20de deux ou trois pages
34:21ça vous a étonné
34:23que ça fasse encore
34:23l'événement en France
34:24complètement
34:24ça m'a beaucoup
34:25ça m'a beaucoup étonnée
34:26parce que moi
34:27quand on lit l'article
34:28c'est une phrase
34:29et j'ai été furieuse
34:30en fait du titre
34:31parce que le titre
34:31je crois que c'était
34:32je veux dire qui je suis
34:33alors que c'était pas
34:34et puis c'était
34:35il y avait je crois
34:36un sous-titre sur ça
34:36et donc moi
34:37je pensais pas du tout
34:38que le portrait
34:38allait être axé là-dessus
34:40enfin que le titre
34:42allait être axé là-dessus
34:44moi à ce moment là
34:44je découvre encore
34:45la magie des titres de presse
34:47et tout ça
34:47et ensuite surtout
34:49ce que j'ai trouvé incroyable
34:51c'est tous les articles
34:51qui ont suivi
34:53qui ont été
34:53qui ont titré
34:54Lucie Casté fait son coming out
34:55alors que
34:56c'était pas l'objet de l'article
34:57simplement
34:58moi je voulais pas me cacher
34:59et je voulais le dire
35:00en mémo
35:01mais assez sobrement
35:03quoi
35:03et donc ça m'a complètement
35:05enfin ça m'a échappé
35:06et ça m'a
35:07enfin ça a pris une ampleur
35:08que j'ignorais
35:09ça a été violent
35:10pour vos proches
35:10pour vous
35:11pour votre femme
35:12pour vos enfants
35:14pour mon fils
35:15il avait deux ans
35:16à l'époque
35:16je pense qu'il l'a pas
35:17perçu
35:18enfin il a perçu
35:18peut-être chez nous
35:19le trouble
35:21que ça a pu susciter
35:21non
35:21ce que j'ai trouvé fou
35:22c'est que
35:23c'est que ça crée encore
35:25quelque chose en France
35:25mais c'est aussi le signe
35:27que c'est pas si courant
35:28et donc que d'une certaine manière
35:29c'était bien de le faire
35:29ce que je trouve très intéressant
35:31c'est quelques mois plus tôt
35:32Gabriel Attal avait évoqué
35:33son homosexualité
35:34à la tribune de l'Assemblée nationale
35:35dans son discours de politique générale
35:37et on l'a finalement
35:38assez peu relevé
35:39ça veut dire qu'on traite pas
35:40de la même façon
35:40pour vous
35:40l'homosexualité féminine
35:42et masculine
35:42oui peut-être
35:44je pense qu'il y a moins
35:45de références
35:47de modèles
35:47effectivement de femmes
35:48qui font leur coming out
35:49en politique
35:50même dans d'autres sphères
35:52médiatiques
35:52peut-être
35:53peut-être
35:56oui c'est peut-être
35:57une forme aussi
35:58de misogynie
35:58je reviens sur la ville
36:00de Paris
36:00vous vous êtes aussi
36:02engagée en politique
36:03vous en avez beaucoup parlé
36:04pour lutter contre l'extrême droite
36:05c'est quelque chose
36:05qui vous tient à cœur
36:06à Paris
36:07aujourd'hui dans les sondages
36:08l'extrême droite
36:09est assez forte
36:09Sarah Knafow
36:10qui est la candidate
36:11reconquête
36:11et sur le papier
36:12en tout cas
36:13en mesure de se qualifier
36:13au second tour
36:15Éric Zemmour
36:15avait plutôt des bons scores
36:16dans l'Ouest parisien
36:17il y a aussi un candidat
36:18Thierry Mariani
36:19pour le RN
36:20est-ce que ça vous étonne
36:21qu'à Paris
36:21l'extrême droite
36:22soit aussi forte
36:23vous vous pensez beaucoup
36:24que l'extrême droite
36:25en France est puissante
36:25parce qu'il y a un délitement
36:26des services publics
36:27on le voit à l'école
36:28on le voit dans les hôpitaux
36:29c'est pas forcément
36:30le cas à Paris
36:31autant que dans le reste de la France
36:32et pourtant il y a là aussi
36:33une extrême droite forte
36:34comment vous l'analysez ?
36:36Je l'analyse aussi
36:37en ayant lu des livres
36:38qui parlent de ça
36:38je pense notamment
36:39au livre d'un chercheur
36:41qui s'appelle Félicien Faury
36:42qui s'appelle
36:43Des électeurs ordinaires
36:44qui lui a eu un terrain
36:45de travail
36:46plutôt dans le sud-est
36:47de la France
36:47mais plutôt des classes
36:48des classes sociales
36:50pas très défavorisées
36:51et qui montrent
36:51qu'il y a une adhésion
36:52croissante
36:53à des théories racistes
36:56enfin à des pensées racistes
36:57et je pense que c'est
36:58en partie le cas
36:59c'est ce qui explique
37:00en partie la montée
37:01de l'extrême droite
37:01à Paris
37:02moi je suis étonnée
37:06certes
37:07effrayée
37:08et aussi je pense
37:09qu'il y a une responsabilité
37:10immense
37:11d'une partie de la droite
37:12qui à une époque
37:14pouvait se faire appeler
37:15droite dite républicaine
37:16mais qui aujourd'hui
37:17a laissé tomber
37:19toutes les digues
37:19entre elle et l'extrême droite
37:21pour épouser
37:22des théories
37:23de l'extrême droite
37:23des idées d'extrême droite
37:25et qui en fait
37:25a fait le lit
37:27volontairement
37:28ou pas
37:28mais plutôt volontairement
37:29je pense
37:30de l'extrême droite
37:31pour la laisser entrer
37:33partout
37:33y compris dans une ville
37:34comme Paris
37:34quand on a un ministre
37:35comme M. Casbarian
37:37qui dépose
37:38avec d'autres membres
37:39du camp présidentiel
37:40M. Casbarian
37:40ancien ministre du logement
37:42qui dépose
37:43il y a quelques semaines
37:44un amendement
37:45avec d'autres membres
37:46de la majorité présidentielle
37:47un amendement
37:48qui vise
37:49à exclure
37:50les personnes
37:51qui sont en situation
37:52irrégulière
37:52de l'hébergement
37:53d'urgence
37:54on est dans
37:56une situation
37:57où la droite
37:58épouse
37:58des idées racistes
38:00en fait
38:00ça fait sortir
38:01des gens
38:01ça met des familles entières
38:03je crois que
38:04l'estimation est à
38:05100 000 personnes
38:06des familles entières
38:07dans la rue
38:08des enfants
38:08dans la rue
38:09sur la base
38:10de présupposés
38:11racistes
38:12et xénophobes
38:13donc je pense
38:13qu'il y a une responsabilité
38:14immense de la droite
38:15d'avoir laissé ça
38:16advenir
38:17alors pas toute la droite
38:18mais quand même
38:19une grande partie
38:19de la droite
38:20on a un premier ministre
38:21François Bayrou
38:21qui parle de submersion
38:23migratoire
38:23François Bayrou
38:25il vient du centre
38:26je pense qu'il y a
38:27quelques décennies
38:28c'était inconcevable
38:29que quelqu'un
38:29qui vient du centre
38:30puisse dire ça
38:31et donc moi
38:32ça me choque énormément
38:33quand il dit
38:33submersion migratoire
38:34je pense qu'il sait
38:36que c'est faux
38:37il n'y a pas de
38:37submersion migratoire
38:38c'est faux
38:39quand on regarde
38:40les chiffres
38:40c'est faux
38:40et donc
38:41il fait la place
38:42il prépare la place
38:45à des idées
38:46d'extrême droite
38:46qui sont ensuite
38:47incarnées
38:49par le Rassemblement
38:50National
38:50et par Reconquête
38:52il y a le contexte français
38:53vous en parliez
38:54mais il y a aussi
38:54un contexte européen
38:55on voit que l'extrême droite
38:56est de plus en plus forte
38:57partout
38:57comment vous l'expliquez
38:59comment vous l'analysez ?
39:01je l'analyse
39:01en partie
39:02je pense que les digues
39:03elles n'ont sauté pas
39:04qu'en France
39:04entre la droite
39:05et l'extrême droite
39:06je pense qu'il y a
39:07du mensonge
39:08dans les idées
39:09qui sont portées
39:09par ce bord
39:10de l'échiquier politique
39:11qui propose des solutions
39:12et qui
39:13parfois se présentent
39:14alors c'est plus vrai
39:15pour le Rassemblement National
39:16que pour Reconquête
39:17mais qui se présentent
39:18comme une forme
39:19de partis en mesure
39:20de venir au secours
39:22des classes défavorisées
39:23des classes les plus populaires
39:24en fait c'est complètement mensonger
39:26les masques tombent
39:27par exemple en France
39:28quand vous avez
39:28Jordan Bardella
39:29qui va se faire
39:30ovationner aux universités
39:31d'été du MEDEF
39:33les masques tombent
39:35on se rend compte
39:35qu'en fait
39:36le Rassemblement National
39:37n'est pas un parti
39:38qui va venir aider
39:39les classes populaires
39:40le Rassemblement National
39:41s'oppose à toute augmentation
39:43d'impôts
39:44pour les ultra-riches
39:45en France
39:45donc on commence
39:46à percevoir
39:47que c'est un
39:48un parti au service
39:50non pas des classes populaires
39:52mais des personnes
39:52les plus riches
39:53et des entreprises
39:54les plus importantes
39:55mais effectivement
39:56les digues commencent à sauter
39:57ne commencent pas
39:58d'ailleurs
39:58les digues ont sauté
39:59depuis un bon moment
40:00évidemment il y a les Etats-Unis
40:01il y a aussi
40:02Milley en Argentine
40:04il y a aussi
40:04Orban en Hongrie
40:05c'est une vague
40:07à laquelle il faut résister
40:08et c'est en grande partie
40:10lié à des enjeux
40:11de désinformation
40:12et c'est pour ça d'ailleurs
40:14que j'ai décidé moi
40:15dans le domaine professionnel
40:17de travailler sur la question
40:18de l'influence
40:20des acteurs
40:22des géants de la tech
40:22sur la démocratie
40:25notamment la mainmise
40:27sur les algorithmes
40:28sur la maîtrise
40:29de la diffusion
40:29de l'information
40:30etc.
40:31c'est je pense
40:31le combat
40:32de cette décennie
40:33et il faut le mener
40:34tous ensemble
40:34est-ce que c'est une de vos craintes
40:35pour 2027
40:37qu'il y ait une manipulation
40:38des réseaux sociaux
40:38comme on a peut-être pu le voir
40:40en Roumanie
40:41en vous disant
40:41voilà peut-être des algorithmes
40:42qui vont pousser
40:42des candidats reconquêtes
40:43des candidats RN
40:44ça pour vous
40:45c'est une angoisse
40:45pour les prochaines années ?
40:47Oui c'est une angoisse immense
40:48mais pas que pour 2027
40:49on a vu que déjà
40:50il y avait eu des tentatives
40:51et des ingérences étrangères
40:52pour pousser des idées
40:53d'extrême droite
40:54on l'a vu en France
40:55dans les années passées
40:56donc évidemment
40:56c'est une menace
40:57c'est pas une menace hypothétique
40:58c'est une menace
40:59qui est là
41:00et c'est un enjeu immense
41:01il faut réguler
41:01les géants de la tech
41:02et il faut empêcher
41:03ces ingérences
41:04à la fois des ingérences extérieures
41:05on sait qu'il y a eu
41:06des ingérences russes
41:08notamment
41:08mais on sait d'ailleurs
41:09qu'il y a une porosité
41:10très forte
41:10entre ce que la Russie
41:13et les intérêts de la Russie
41:14et les intérêts
41:14de l'extrême droite en France
41:15donc bien sûr
41:15c'est une menace immédiate
41:17et ça, ça appelle
41:18une régulation
41:19beaucoup plus forte
41:19à l'échelle non seulement nationale
41:21mais aussi européenne
41:21Est-ce que vous
41:22si vous aviez été à Matignon
41:24vous auriez accepté
41:25de parler avec des députés
41:26du Rassemblement national
41:27ou pour vous
41:27c'était vraiment quelque chose
41:29qui était du domaine
41:29de l'impossible ?
41:30Moi je l'ai toujours dit
41:31je pense qu'il y a une digue
41:32et qu'il ne faut pas
41:32la faire sauter
41:33et c'est pour ça
41:34que j'en veux énormément
41:34à une partie de la droite
41:36de l'avoir fait sauter
41:37et de maintenant
41:38laisser les idées
41:40de l'extrême droite
41:40se répandre partout en France
41:42j'ai toujours dit
41:43que je travaillais avec tout le monde
41:44mais pas avec l'extrême droite
41:45Est-ce que vous pensez
41:45que quand on est première ministre
41:46on peut accepter par exemple
41:47de ne pas parler
41:48avec son homologue italienne
41:49Giorgia Meloni
41:49est-ce que pour vous
41:50ça vous semble quelque chose
41:51de vraiment réaliste ?
41:52Mais ce n'est pas pareil
41:52là je parle de la manière
41:54dont on discute
41:55à l'Assemblée nationale
41:56d'aller chercher des compromis
41:58On ne parlerait pas
42:00avec les 140 députés RN ?
42:01Alors déjà un
42:02je ne parle pas
42:02avec les députés d'extrême droite
42:04mais en revanche je pense
42:05qu'il est absolument nécessaire
42:06de s'adresser aux électeurs
42:07qui peuvent se tourner
42:09vers l'extrême droite
42:10parfois avec des besoins légitimes
42:13qui se sentent délaissés
42:14par les services publics
42:16par l'État
42:17par les médias
42:18je pense qu'il y a
42:19un sentiment parfois
42:20d'exclusion et de solitude
42:21qui peut conduire
42:22à un vote vers l'extrême droite
42:23évidemment je ne soutiens pas
42:25mais il ne faut pas mépriser
42:26les gens qui votent
42:27à l'extrême droite
42:28mais en revanche
42:29les élus d'extrême droite
42:30ce ne sont pas
42:30des partenaires politiques
42:31jamais
42:32mais bien sûr
42:34quand on est première ministre
42:35à fortiori quand on est président
42:36parce qu'on est compétent
42:39en matière d'affaires étrangères
42:40on doit parler à ses homologues
42:41mais ça n'empêche pas du tout
42:42d'avoir une discussion
42:43extrêmement franche
42:44et extrêmement exigeante
42:47avec ces personnes
42:49qui sont nos homologues
42:50Vous dans le contexte actuel
42:52où on a un endettement
42:52important de la France
42:53vous dites
42:54il faut aller chercher des sous
42:55c'est les ultra riches
42:56pour financer plus
42:57les services publics
42:58comment vous voyez les choses
42:58on entend beaucoup parler
43:00de la dette
43:00on entend peut-être moins parler
43:01de la qualité des services publics
43:02comment pour vous
43:03on pourrait renforcer
43:03la qualité de l'école
43:04par exemple
43:05ou des hôpitaux
43:05comment vous sentez les choses ?
43:07Je pense qu'il y a
43:07je pense qu'il y a besoin
43:08de plus de moyens
43:09donc il faut
43:10je pense
43:11revoir la façon
43:13dont notre système fiscal fonctionne
43:14on sait aujourd'hui
43:15c'est très documenté
43:16qu'on a un système fiscal
43:17qui est injuste
43:18c'est-à-dire que vous avez
43:19au bout de la distribution
43:20c'est-à-dire
43:21parmi les plus riches
43:22à la fois
43:22chez les ménages
43:23donc chez les gens
43:24et dans les très grandes entreprises
43:25il y a une inégalité majeure
43:27quand on est tout au bout
43:28c'est-à-dire
43:28quand on est ultra riche
43:30ou une très grosse entreprise
43:31on paye moins d'impôts
43:32que les petites entreprises
43:34ou que les ménages moyens
43:35c'est inacceptable
43:36sur le plan de la justice fiscale
43:38et en plus
43:39ça fait que
43:40l'État
43:42récupère moins d'argent
43:43dans les caisses
43:43pour financer les services publics
43:45donc ça c'est quelque chose
43:46qu'il faut absolument corriger
43:47c'est une première chose
43:48et la deuxième chose
43:49c'est que bien sûr
43:50il faut regarder
43:50comment est organisé
43:52notre système social
43:54comment sont organisés
43:55nos services publics
43:56et il y a toujours
43:57des choses à faire
43:58pour améliorer
43:58même à dépenses constantes
43:59par exemple
44:00notre système de santé
44:01on a un système de santé
44:02qui est assez absurde
44:03où on a une pression
44:04sur les hôpitaux publics
44:05qui est énorme
44:06on a des hôpitaux publics
44:07qui sont
44:07je le disais tout à l'heure
44:08en déficit chronique
44:09on n'a pas assez d'argent
44:10pour répondre aux besoins
44:12et soigner correctement les gens
44:13mais en fait
44:14c'est aussi parce qu'on n'investit
44:16pas du tout suffisamment
44:17dans la prévention
44:18si vous investissez plus
44:19dans la prévention
44:19si vous investissez plus
44:20dans la médecine de ville
44:21que vous donnez plus de moyens
44:23à cette médecine
44:24je dirais d'amont
44:25et bien il y a une pression
44:27plus faible
44:27sur l'hôpital public
44:28et donc on a moins besoin
44:31le déficit de l'hôpital public
44:32donc il faut qu'on ait une approche
44:33qui est beaucoup plus long-termiste
44:35et beaucoup plus d'ensemble
44:36de nos politiques publiques
44:38ce qu'on ne fait pas aujourd'hui
44:38dans le domaine de la sécurité
44:40par exemple
44:40on va investir des moyens colossaux
44:42pour lutter contre
44:43pour aller démanteler
44:45des points de deal
44:45en termes de trafic de drogue
44:47mais on sous-investit
44:49dans la police judiciaire
44:50qui va faire des enquêtes complexes
44:51pour faire tomber
44:52des têtes de réseau
44:53ça n'a aucun sens
44:53c'est comme si vous cherchiez
44:55à vider la mer
44:55à la petite cuillère
44:56vous démantelez un point de deal
44:57et il y en a un autre
44:58qui va se rouvrir
44:59sans mettre plus loin
44:59pendant ce temps-là
45:00vous ne faites pas tomber
45:01les têtes de réseau
45:01donc ça n'a pas de sens
45:02c'est pour ça que je pense
45:03qu'il faut toujours réfléchir
45:04à améliorer l'efficacité
45:07et la cohérence
45:08de notre action publique
45:08et ça peut permettre
45:10de mettre les moyens
45:12là où ils sont
45:13les plus efficaces
45:13Je suis quand même très frappée
45:15en vous écoutant Lucie Castet
45:16vous êtes très calme
45:17vous vous sentez très construite
45:18idéologiquement
45:18si jamais vous faites votre entrée
45:21au Conseil de Paris
45:21ce qui est assez probable
45:22vous allez vous retrouver
45:24au Conseil de Paris
45:25avec Rachida Dati
45:26même si elle perd
45:27elle sera au Conseil de Paris
45:28probablement Sarah Knafo
45:30probablement Thierry Mariani
45:31le candidat du RN
45:32moi j'ai les souvenirs
45:33d'échanges extrêmement vifs
45:34entre Anne Hidalgo
45:35et Rachida Dati
45:36je ne vous sens pas vraiment
45:38dans la culture du clash
45:39est-ce que vous vous sentez prête
45:41au Conseil de Paris
45:42à devoir vous faire attaquer
45:43sur l'endettement de la ville
45:44à devoir vous faire attaquer
45:45sur les services publics
45:46est-ce que vous avez envie
45:47de vous glisser dans ce moule-là
45:49qui là
45:49quand on échange
45:50ne me semble pas être forcément
45:51quelque chose
45:52qui de premier abord
45:53vous plairait ?
45:55Moi je le prends
45:55comme un compliment
45:56non je ne suis pas prête
45:59à me glisser dans ce moule
46:00mais moi je pense
46:01qu'on a besoin
46:01de faire de la politique
46:02en s'adressant
46:03à l'intelligence des gens
46:04et donc c'est ce que je compte faire
46:05et donc c'est pas parce que
46:06je rentre au Conseil de Paris
46:07ou ailleurs
46:09que j'irais adopter
46:11les travers
46:11de mes ennemis politiques
46:13moi je pense qu'il faut faire
46:13de la politique
46:14en s'adressant
46:15à l'intelligence des gens
46:16en ayant des arguments rationnels
46:18en argumentant
46:18et en étant extrêmement ferme
46:21sur ce qu'on croit juste
46:22et donc c'est ce que je ferais
46:24si j'entre au Conseil de Paris
46:25si j'ai cet honneur
46:27et cette chance là
46:27donc ça ne m'empêchera pas
46:29d'être ferme sur les idées
46:30mais je ne serais pas
46:31dans l'invective gratuite
46:33ou dans l'attaque personnelle
46:34C'est une réponse
46:35de femme politique
46:35là que vous me faites
46:36c'est que ça y est
46:37vous êtes une femme politique
46:38Non non pourquoi ?
46:39Qu'est-ce que vous pensez
46:39que j'aurais dû dire d'autre ?
46:40C'est vraiment sincèrement
46:41ce que je crois
46:42je pense que je peux être
46:44très pugnace
46:44et très offensive
46:47mais sur le terrain intellectuel
46:48je pense qu'on sert mieux
46:52ses idées
46:52et on est plus efficace
46:54en politique
46:54au sens noble du terme
46:56quand on s'adresse
46:58à l'intelligence des gens
46:58et quand on utilise
46:59des arguments rationnels
47:01et pas des fake news
47:02Peut-être une dernière question
47:04Lucie Casset
47:05la présidentielle approche
47:06vous on le disait
47:06vous avez envie
47:07de continuer à faire
47:08le trait d'union à gauche
47:09pour l'instant
47:10on a du mal à imaginer
47:11une candidature unique
47:12au premier tour
47:13Jean-Luc Mélenchon
47:14ne veut pas de primaire
47:15Raphaël Luxman non plus
47:16Olivier Faure et Marine Tondelier
47:18sont plutôt partants
47:19ils m'ont expliqué
47:19qu'ils ne la feraient pas
47:20s'il n'y avait que deux
47:21sur la ligne de départ
47:22est-ce que ça ne pourrait pas être
47:23vous le trait d'union
47:24après tout
47:25Lucie Casset
47:26ça ne peut pas être moi
47:27puisque je me suis portée
47:29d'une certaine manière
47:30garante et volontaire
47:31pour construire ce projet
47:32de procédure de désignation
47:35d'une candidature commune
47:36à l'ensemble de la gauche
47:38ou en tout cas au spectre
47:39entre Mélenchon et Glucksmann
47:40et en fonction des gens
47:41à qui vous vous adressez
47:42on peut pas être arbitre
47:43et on peut pas être joueur et arbitre
47:45sauf Emmanuel Macron
47:46a essayé de le faire
47:47et ça a pas trop marché
47:48enfin ça ne marche pas trop
47:51à mon sens
47:51donc non c'est pas possible
47:53il faut que je sois dans une posture
47:54de tiers de confiance
47:55c'est ce que j'essaye de faire
47:57mais vous disiez
47:57on n'y croit pas trop
47:58et tout ça
47:58en fait
47:59ça peut pas être simple
48:01ce sont des appareils politiques
48:02qu'on essaie de mettre ensemble
48:03en fait c'est un parcours
48:04c'est quelque chose
48:06qui se construit
48:06c'est une démarche
48:07c'est une dynamique
48:08à lancer
48:09moi j'espère que ça va marcher
48:10peut-être que ça marchera pas
48:11j'y mets mes tripes et mon coeur
48:14vous y croyez ?
48:15moi j'y crois
48:15oui j'y crois
48:16en fait la question
48:18c'est pas une question de croyance
48:19c'est une question de nécessité
48:20moi je pense que
48:21s'il y a plusieurs candidats
48:22à gauche sur la ligne de départ
48:23que plus il y aura de candidats
48:25à gauche sur la ligne de départ
48:26aux présidentielles
48:27plus le risque d'avoir
48:28la droite
48:28et l'extrême droite
48:29qui s'allient
48:30de fait
48:31au pouvoir
48:32et ça je peux pas le supporter
48:33je peux pas l'accepter
48:34et donc je fais tout ce qui est
48:35en mon pouvoir
48:36à ma position
48:37à moi
48:37pour faire en sorte
48:38que ça n'arrive pas
48:39et je crois que
48:39c'est l'option
48:41la plus constructive
48:43pour éviter ça
48:43et donc c'est pour ça
48:44que j'y mets
48:45toutes mes forces
48:46comment on se détend
48:47quand on est l'utiste casté
48:48qu'on essaie de faire
48:49l'union à gauche
48:49ce qui n'est pas gagné
48:50qu'on se retrouve prochainement
48:52probablement
48:52au conseil de Paris
48:53qu'on a une vie familiale
48:55bien occupée
48:56comment est-ce qu'on débranche
48:57comment est-ce qu'on se trouve
48:58un petit grain de folie
48:59un espace de respiration
49:00dans un monde politique
49:01qui est quand même
49:01assez dur
49:02bon déjà moi
49:03j'ai gardé
49:04tous mes amis
49:05mes copains
49:05tout mon monde
49:07il est resté avec moi
49:08donc on se détend comme ça
49:09en voyant ses amis
49:10j'essaie de continuer
49:12à faire du sport
49:13donc je me détends
49:14moi j'ai toujours fait
49:14beaucoup de sport
49:15dans ma vie
49:15vous entendez
49:16que vous étiez fan de foot
49:17je ne suis pas fan de foot
49:19au sens que je ne regarde pas
49:20les matchs et tout
49:20mais j'aime bien jouer au foot
49:21j'adore jouer au foot
49:22d'ailleurs je joue souvent au foot
49:23avec mon fils de 4 ans
49:24sur la place
49:25en bas de chez moi
49:26d'accord
49:26donc voilà comment on se détend
49:28et puis sinon je bookine
49:30je fais comme plein de gens
49:31je regarde des séries
49:32merci beaucoup
49:34Lucie Castet
49:35d'avoir été avec nous
49:36d'avoir répondu
49:37à nos questions
49:37on se retrouve très prochainement
49:39pour un nouvel entretien
49:40à très bientôt
49:41on se retrouve très bientôt
49:42pour un nouvel entretien
49:44pour un nouvel entretien
49:45pour un nouvel entretien
49:47pour un nouvel entretien
49:47pour un nouvel entretien
49:49pour un nouvel entretien
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