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Catherine Solano se confie dans Tous Wonder.

Médecin sexologue depuis des décennies, elle a répondu à des milliers de questions sur la sexualité des Français, à la radio, à la télévision, en consultation. Mais dans cet épisode, elle remonte à l’origine. À une histoire familiale, transmise de femme en femme, marquée par le silence, la honte et l’absence d’explications. Une histoire fondatrice qui a fait de la pédagogie, du respect et de la parole une évidence.

Dans cet entretien, Catherine Solano parle sans tabou de sexualité, de désir, de pornographie, d’éjaculation précoce, de troubles de l’érection, de vaginisme, d’agressions sexuelles et de leurs conséquences invisibles. Elle explique avec une clarté rare comment le cerveau, le corps et l’histoire personnelle sont intimement liés.

Elle démonte les idées reçues, raconte les coulisses de ses consultations, partage des anecdotes parfois drôles, parfois bouleversantes, et rappelle une chose essentielle : la sexualité n’est ni une performance, ni une norme à atteindre, mais un espace de lien, de joie et de compréhension mutuelle.

Un entretien libre, intelligent et profondément humain.
Un épisode Tous Wonder qui éclaire, rassure et change le regard.

📣 Merci à Aroma-Zone pour son soutien à cet épisode, l’expert naturel en soins et en beauté. Des produits efficaces, sûrs et accessibles à tous. La marque publie un livre de soins, avec la participation d’une vingtaine d’expertes : dermatologues, docteures en pharmacie, nutritionniste, naturopathe… Un guide pratique et concret, pour prendre soin de sa peau au quotidien.
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#Catherine Solano #sexologue #médecin sexologue #sexualité des Français #éducation sexuelle #désir masculin féminin #éjaculation précoce #troubles de l’érection # vaginisme #pornographie et libido #fantasmes #culpabilité sexuelle #couple et intimité #plaisir féminin #désir masculin #performance sexuelle #Tous Wonder, # alexia mayer

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😹
Amusant
Transcription
00:00:00Tous les hommes ont une bombe sexuelle dans leur lit.
00:00:02Et certains croient qu'ils ont une bobonne.
00:00:04Et je tombe nez à nez sur un exhibitionniste.
00:00:06Tous les mois, je vais voir une prostituée pour qu'elle me fouette.
00:00:09Oh, avec mon mari, on pense à vous pendant nos câlins.
00:00:12Parce que là, j'ai fait plaisir.
00:00:13Bonjour à tous et bienvenue dans Tous Wander, le média qui parle de votre point de bascule.
00:00:18Aujourd'hui, on reçoit Catherine Solano.
00:00:20Elle est médecin sexologue pendant des décennies.
00:00:22Elle a répondu à vos questions sur la sexualité à la télé ou à la radio.
00:00:26Elle va nous raconter aujourd'hui pourquoi elle a voulu faire de la sexologie.
00:00:30Et puis, elle va nous parler de votre sexualité, de la sexualité des Français.
00:00:34Tous Wander, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube.
00:00:38Abonnez-vous, commentez les vidéos.
00:00:40Vous pouvez aussi nous écouter en podcast sur Spotify, Deezer, Amazon et Apple.
00:00:44On peut donc soit nous regarder, soit nous écouter partout et tout le temps.
00:00:48Merci à vous et merci à notre sponsor Aromazone.
00:00:52C'est la marque spécialisée en soins naturels en France.
00:00:55Aromazone a publié récemment un livre de soins co-écrit avec des experts
00:00:59qui permet d'avoir des bons conseils, des bonnes pratiques pour entretenir sa peau.
00:01:04Et le plus, et non des moindres, c'est que 100% des bénéfices des ventes de ce livre
00:01:09sont reversés à Fosseo.
00:01:10C'est le fonds de dotation de l'hôpital de la Timone à Marseille.
00:01:14Et ça permet de soutenir le service d'oncologie pédiatrique.
00:01:18Évidemment, ça me touche parce que je suis maman.
00:01:20Et ça permet notamment d'acquérir une machine de pointe qui permet de soigner les enfants
00:01:24et de prévenir les récidives à l'âge adulte.
00:01:27Bravo à eux et merci donc à Aromazone.
00:01:30Tous Wander, c'est maintenant avec Catherine Solano, médecin sexologue.
00:01:34Catherine Solano, merci beaucoup d'être là avec nous.
00:01:48Dans Tous Wander, on part toujours d'un point de bascule.
00:01:51Ton point de bascule, il est assez touchant parce qu'il ne te concerne pas complètement toi.
00:01:56C'est un point de bascule familial.
00:01:58Est-ce que tu viens de nous raconter ?
00:02:00Ça concerne ta tante, puis ta mère.
00:02:01Il y a une sorte de filiation de femmes.
00:02:02Voilà, donc moi, je suis médecin sexologue.
00:02:06Et pendant longtemps, je me suis dit, mais pourquoi je suis sexologue ?
00:02:09Parce que c'est quand même un métier assez particulier.
00:02:12Et on dit toujours qu'on cherche à réparer des choses qu'on a vécues.
00:02:17Bon, je ne savais pas trop.
00:02:18Et souvent, je répondais, c'est parce que j'ai envie de comprendre comment fonctionnent les hommes.
00:02:22D'ailleurs, j'ai écrit deux livres sur la sexualité masculine.
00:02:25Parce que c'est un grand mystère.
00:02:26On dit toujours que les femmes, c'est un mystère pour les hommes.
00:02:29Oui, mais en fait, les hommes aussi, pour les femmes.
00:02:31Mais je me suis dit, après, il y a quelque chose qui vient de beaucoup plus loin et qui vient d'une histoire familiale.
00:02:38C'est ma tante qui est maintenant décédée.
00:02:40Elle avait neuf ans, exactement.
00:02:42Et qu'est-ce qui s'est passé ?
00:02:44C'est qu'elle a eu ses règles le jour de ses neuf ans.
00:02:46Le problème, c'est que...
00:02:47C'est très tôt.
00:02:48C'est tôt, mais ça arrive.
00:02:50Ça arrive encore aujourd'hui.
00:02:51C'est un âge tôt, mais normal.
00:02:54Et donc, elle commence à saigner.
00:02:57Et elle panique parce qu'elle ne sait pas ce que c'est.
00:02:59On ne lui a pas expliqué.
00:03:00À l'époque, on n'expliquait pas aux petites filles.
00:03:01Surtout à neuf ans.
00:03:03Et donc, qu'est-ce qu'elle a fait ?
00:03:04Elle a été prendre un mouchoir dans l'armoire bretonne, puisque c'était en Bretagne, de sa famille.
00:03:09Et elle a mis le mouchoir dans sa culotte.
00:03:11Au bout d'un moment, le mouchoir, il était tout plein de sang.
00:03:14Donc, elle a mis le mouchoir lavé.
00:03:16Je ne sais pas où elle a mis.
00:03:16Elle en a pris un autre.
00:03:17Et toute la journée, comme ça, elle a mis des mouchoirs toute la journée dans sa culotte.
00:03:21Et le soir, elle est allée voir sa maman en pleurant.
00:03:24Et elle lui a dit, maman, je crois que je vais mourir.
00:03:27Quand j'en parle, je vous assure, ça me fait...
00:03:30Mais je trouve ça atroce pour une petite fille d'être pendant toute une journée de se dire je vais mourir.
00:03:35Qu'est-ce qui te touche à ce soir-là ?
00:03:37Non, mais je me dis, je trouve ça honteux de ne pas expliquer ça aux enfants, quoi.
00:03:40Ouais, ouais.
00:03:41Ah ouais, je me dis, mais...
00:03:43Parce que moi, j'ai une fille, bon, maintenant, elle est grande.
00:03:46Je me dis, mais c'est atroce de se dire je saigne, je vais mourir, quoi.
00:03:50Oh non, moi, je trouve ça incroyable.
00:03:52En plus, ma grand-mère lui a dit, oh mais non, ma petite fille, pourquoi tu dis que tu vas mourir ?
00:03:59Et donc, elle lui a expliqué les règles.
00:04:00Je ne sais pas exactement ce qu'elle lui a expliqué, puisque je n'étais pas née, forcément.
00:04:03Et, bon, ben, elle a été rassurée, j'imagine, après l'angoisse pendant toute une journée.
00:04:09Toute une journée, en fait, elle a cru, mais comme beaucoup de jeunes filles.
00:04:13Et puis à 9 ans, une journée, c'est long, hein.
00:04:14Bien sûr.
00:04:14Et suite à ça, eh ben, ma maman avait quelques années de moins, deux ou trois ans de moins, je ne sais pas, je n'ai pas les dates en tête, mais...
00:04:23Eh ben, ma grand-mère ne lui a jamais expliqué les règles non plus, hein.
00:04:27C'est sa grande-sœur qui lui a raconté ça.
00:04:29Et donc, maman, évidemment, elle était prévenue, donc elle n'a pas eu cette angoisse-là.
00:04:33Mais quand sa sœur lui a raconté ça, ma mère s'est dit...
00:04:39Ça me fait une émotion, je pense, parce que maman m'a raconté ça plusieurs fois.
00:04:42Et c'est un truc...
00:04:43Maman s'est dit, moi, je me jure que j'expliquerai à mes enfants.
00:04:47C'était très important pour elle.
00:04:49Et quand ta mère te le racontait, elle avait aussi de l'émotion ?
00:04:52Oui, ouais, parce que c'est quand même...
00:04:56Je trouve ça incroyable d'en arriver là, alors que les règles, c'est quelque chose de naturel.
00:05:02Je comprends qu'on puisse être mal à l'aise par rapport à la sexualité, parce que c'est intime entre...
00:05:07Mais les règles, c'est quand même un phénomène, je ne sais pas, naturel, quoi.
00:05:10Enfin bon, on n'est plus à la même époque.
00:05:13J'ajoute un truc, c'est que ma mère, elle me l'a dit encore il n'y a pas longtemps, parce qu'elle a 94 ans, mais elle est toujours là.
00:05:18Elle me dit, quel chance j'ai eu d'avoir une maman aussi aimante, qui nous chouchoutait, qui nous aimait.
00:05:23Ce n'était pas du tout une mère qui ne s'occupait pas de ses enfants, au contraire.
00:05:28Mais je pense qu'à l'époque...
00:05:29C'était l'époque, c'était l'époque.
00:05:31Et pourtant, ma grand-mère, elle avait travaillé chez un médecin comme cuisinière.
00:05:34Donc, vous voyez, à Paris, elle aurait pu être un peu plus...
00:05:36D'ailleurs, elle était un peu plus ouverte que beaucoup de gens ont.
00:05:39Et ta mère, du coup, cette histoire de règles de sa sœur, elle se dit quoi ?
00:05:43Elle se fait la promesse ?
00:05:44Elle se dit, moi, j'expliquerai à mes enfants.
00:05:46Et un jour, moi, j'étais au collège, en sixième, je pense.
00:05:50Et à ce moment-là, on apporte un papier à nos parents.
00:05:54Et c'était, on cherche des parents pour faire l'éducation sexuelle dans le collège.
00:05:58Et ça, c'est en quelle année ?
00:05:59Ça fait longtemps.
00:06:01C'était peut-être dans les années 70.
00:06:04C'est super moderne.
00:06:05Oui, voilà.
00:06:06Donc, alors, tu ramènes un papier à la maison.
00:06:08Voilà.
00:06:08Et on dit, qui sont les parents qui veulent bien...
00:06:10Qui seraient volontaires pour faire une formation, quand même.
00:06:12C'était pas en l'évaluation.
00:06:13Donc, formation pour faire l'éducation sexuelle au collège.
00:06:15Elle s'est dit, bon, ben là, je peux pas reculer.
00:06:17Ah ouais.
00:06:18Je m'étais prouvé une promesse.
00:06:20Donc, j'y vais.
00:06:21Quand elle était quand même pas trop à l'aise, évidemment, vu ce qu'on lui avait expliqué,
00:06:24vous voyez, quand vous expliquez pas les règles, on vous expliquez pas grand-chose d'autre non plus.
00:06:27J'imagine.
00:06:27Et donc, elle a traîné mon père.
00:06:30Je dis traîné parce qu'il était pas très motivé non plus.
00:06:33Et ils sont allés faire des formations pour apprendre à intervenir devant les collégiens.
00:06:38Et ils l'ont fait pendant un moment.
00:06:40Et qu'est-ce qu'ils sont allés raconter ?
00:06:42Ah ben alors, j'en sais rien.
00:06:44Ils expliquaient sûrement les règles.
00:06:45Moi, j'y étais pas parce que je me rappelle pas l'avoir vu intervenir dans ma classe, vous voyez, spécialement.
00:06:50Moi, elle m'avait acheté des livres aussi et tout.
00:06:53Je veux dire, il n'y a pas que...
00:06:54Et donc, ils se sont intervenus.
00:06:58Et maman, elle a même fait une formation jusqu'à être...
00:07:01Comment on appelle ça ?
00:07:03Pour les couples, conseillère conjugale.
00:07:06Elle a fait toute la formation jusqu'au diplôme de conseillère conjugale.
00:07:09Elle a continué.
00:07:11Du coup, la sexualité, c'était pas tabou, du coup, dans ta famille.
00:07:16Je dirais que...
00:07:17Je pense que mes parents n'étaient pas trop à l'aise quand même.
00:07:20Mais ils se disaient, c'est notre devoir.
00:07:24Et donc, maman nous a acheté des livres.
00:07:26Et je me rappelle une anecdote, par exemple.
00:07:28Elle nous avait acheté des livres sur...
00:07:30Je ne me rappelle plus exactement le titre du livre.
00:07:32Et je me rappelle que ça m'a énormément servi.
00:07:35Parce que quand j'ai eu 15 ans, moi, j'étais à Saint-Brieuc au collège Le Bras.
00:07:41Et ils avaient construit un sous-sol devant le collège.
00:07:44Parce qu'il y avait une rue, ce qui était un peu comme une autoroute.
00:07:46Donc, on passait pour traverser.
00:07:47Parce que c'était dangereux.
00:07:48Et je tombe nez à nez sur un exhibitionniste.
00:07:51Ah, à quel âge ?
00:07:52Je me rappellerai toujours...
00:07:53Je devais avoir 14-15 ans, quoi.
00:07:57J'ai eu une peur.
00:07:58Je me rappellerai toujours parce que mon cœur s'est mis à battre à 300 à l'heure.
00:08:01Et je me suis dit...
00:08:02Heureusement, j'ai lu dans le livre.
00:08:03C'était expliqué qu'il y avait des exhibitionnistes et que ces gens-là étaient malades.
00:08:08Et qu'il fallait faire semblant de rien et tout.
00:08:11Et je me suis dit...
00:08:12Bon, je fais semblant de rien voir.
00:08:14Je continue tout droit.
00:08:15Et j'avais peur.
00:08:17Il était très, très jeune en plus.
00:08:18Il devait avoir 18, 17, 18...
00:08:20Oui, voilà.
00:08:21C'était quoi, genre...
00:08:22Oui, il a ouvert son...
00:08:23Ah oui, son manteau.
00:08:24Oui.
00:08:25Et je me suis dit...
00:08:26Après, quand même, c'est formidable les livres.
00:08:28Parce que ma mère, elle ne m'avait pas expliqué ce que c'était qu'un exhibitionniste.
00:08:32Mais là, c'était expliqué.
00:08:33Et d'ailleurs, j'ai fait un livre pour les ados.
00:08:36Parce que je trouve qu'il y a tellement de choses à expliquer.
00:08:39C'est sûr.
00:08:40Et alors, suite à ça, ce n'est pas tout.
00:08:41C'est que quand j'étais en deuxième année de médecine,
00:08:45maman continuait à faire des interventions comme ça.
00:08:48Et d'ailleurs, je raconte une des choses avant.
00:08:50C'est que ma mère, elle faisait l'aumônerie.
00:08:53C'est-à-dire le catéchisme, entre guillemets, mais pour les plus grands.
00:08:56Et donc, dans ces cas-là, ils essaient toujours de parler de choses de société
00:09:00pour parler de respect, d'entraide, etc.
00:09:05Et il y avait des religieuses qui participaient à l'organisation.
00:09:09Et tout le monde avait dit de quoi on pourrait parler cette année avec les enfants.
00:09:12Bon, ça pouvait être aussi bien de politique, du collège.
00:09:15D'accord.
00:09:15Et maman, elle s'était dit non, mais ils sont complètement à côté de la plaque.
00:09:18Elle avait acheté Ok Magazine, je crois, à l'époque.
00:09:21Et donc, elle leur avait dit, regardez ce qui les intéresse.
00:09:24C'est comment embrasser un garçon.
00:09:25Des trucs sur la sexualité.
00:09:27Et tout le monde avait dit, ah oui, il faut qu'on fasse quelque chose comme ça à l'aumônerie.
00:09:31Pour vous dire, ma mère, elle était assez...
00:09:33Je pense qu'elle était très moderne, ma mère.
00:09:39Parce que déjà, on mangeait bio.
00:09:40Je peux vous dire que tout le monde se moquait d'elle.
00:09:42Ça, c'est clair.
00:09:42Et elle faisait du yoga.
00:09:44C'est génial.
00:09:45Ça fait plus de 50 ans qu'elle fait du yoga.
00:09:46Génial.
00:09:47Ah oui, j'ai eu une maman...
00:09:48C'est vrai que je me dis des fois...
00:09:49C'est génial.
00:09:50Non, mais qu'elle ait quand même donné des cours sur la sexualité dans un collège dans les années 70,
00:09:55c'est vachement sympa.
00:09:56C'est vrai que...
00:09:57Et on imagine, tu le décris très bien, qu'elle ne devait pas être très, très, très à l'aise.
00:10:01Oui, mais elle se disait, il faut.
00:10:02C'est assez touchant.
00:10:03Et alors, quand je me suis trouvée en deuxième année de médecine, ma mère m'a dit, écoute Catherine,
00:10:09je dois montrer un...
00:10:11Je vais dire un PowerPoint.
00:10:12Bon, à l'époque, ce n'était pas un PowerPoint.
00:10:13Un diaporama à des élèves de cinquième, je crois.
00:10:17Et donc, mais bon, elle me dit, toi, tu es en deuxième année de médecine, tu es une jeune fille.
00:10:23Ça serait bien que ce soit toi qui leur montre.
00:10:24Parce que pour eux, je suis une vieille bonne femme.
00:10:26Je me rappelle l'expression, je suis une vieille bonne femme.
00:10:28Elle avait peut-être l'âge que j'ai maintenant.
00:10:30Et alors, donc, ce serait mieux que ce soit toi qui le fasses.
00:10:33Oh, mais je lui dis, moi, je ne me sens pas du tout de faire de l'éducation sexuelle.
00:10:38Tu me voyais, j'avais quoi...
00:10:40Et tu en as fait ton étier en plus.
00:10:41Oui, voilà.
00:10:42Et donc, heureusement, il y avait le diaporama tout près.
00:10:45Donc, j'avais qu'à le passer et tout ça.
00:10:46Mais donc, ça a été mon premier enseignement en tant qu'enseigneur.
00:10:50Et ensuite, tu as choisi la sexologie.
00:10:52Comment ça s'est passé ? Pourquoi ça t'a intéressé ?
00:10:54Alors, en fait, moi, j'ai fait de la médecine générale.
00:10:58Je me suis installée.
00:10:59Et au bout de quelques années, je me suis dit, quand même,
00:11:03beaucoup de gens viennent pour des raisons psychologiques, en fait.
00:11:07Il y a beaucoup de psy.
00:11:09Et la médecine, c'est...
00:11:10Bon, la psychiatrie fait partie de la médecine.
00:11:12Mais je me disais, je ne suis pas formée du tout sur le plan un peu psychologique.
00:11:16Et donc, je me suis dit, il faut que je trouve une formation.
00:11:19J'étais installée à Rennes.
00:11:20J'ai fait mes études à Rennes, en Bretagne.
00:11:22Et donc, j'ai cherché ce qu'on appelle des D.U., des diplômes universitaires, ce qu'on pouvait faire.
00:11:28Et en fait, malheureusement, il n'y avait rien du tout ouvert chez moi à l'époque.
00:11:32Et il y en avait à Paris.
00:11:33Mais si vous voulez, c'était le mardi et le jeudi soir.
00:11:36Je ne pouvais pas.
00:11:37Moi, je travaillais jusqu'à 7-8 heures le soir.
00:11:38Je ne pouvais pas.
00:11:39Bien sûr.
00:11:39Et puis, je tombe sur le diplôme de sexologie.
00:11:42C'était un week-end par mois.
00:11:44Ah, donc, ce n'est pas un hasard, en fait.
00:11:45Oui, vraiment.
00:11:46Au départ, ce n'était pas ça que j'ai commencé.
00:11:49Donc, j'ai commencé ce diplôme, enfin, cette formation.
00:11:53Et puis, ce qui est marrant, et tous mes collègues disent ça, c'est que j'avais à peine eu mon premier cours, donc un week-end.
00:12:00Je reviens pour mes consultations.
00:12:02Et dans la semaine, il y a plein de gens qui m'ont parlé de leurs problèmes sexuels.
00:12:06Alors qu'avant, personne ne m'en parlait jamais.
00:12:08Et je n'avais pas du tout dit que je allais faire cette formation à mes patients.
00:12:12Ils ont senti, il y a eu des petites ondes.
00:12:14Oui, on a l'impression que les gens le sentent.
00:12:16Tu reçois qui, du coup, en consultation ?
00:12:18C'est des hommes, des femmes, bien sûr.
00:12:20Est-ce que c'est plus souvent des hommes ou des femmes qui viennent consulter pour des problèmes sexuels ?
00:12:24C'est un peu les deux.
00:12:25C'est un peu logique, puisque la population, c'est moitié-moitié.
00:12:29Je vois un peu des deux.
00:12:30Parce qu'on imagine les hommes plus pudiques.
00:12:32C'est pour ça que je te pose la question.
00:12:34Alors, les hommes plus pudiques, c'est marrant parce que j'ai un collègue qui me dit un jour,
00:12:38écoute, Catherine, est-ce que tu as des hommes en consultation ?
00:12:41Je lui dis, oui, j'ai des hommes en consultation.
00:12:43Il me dit, parce que moi, ils me disent tous, jamais je ne pourrais raconter ça à une femme.
00:12:48Et là, j'ai rigolé.
00:12:50Je lui ai dit, tu sais ce qu'ils me disent, moi ?
00:12:51Eh bien, ils me disent, jamais je ne pourrais raconter ça à un homme.
00:12:54Ah, c'est vrai ?
00:12:54Et donc, je pense qu'on n'a pas les mêmes caractères.
00:12:57Bien sûr.
00:12:57C'est un peu comme les femmes qui disent, moi, je veux une gynécologue femme.
00:13:01Et il y en a qui disent, moi, j'aime autant un homme.
00:13:03C'est vrai ?
00:13:03Oui, ça dépend.
00:13:04Je pense que ça dépend peut-être de notre expérience dans la famille, de nos relations.
00:13:10Je comprends.
00:13:10Donc, patientèle 50-50, homme-femme.
00:13:13J'imagine qu'ils ne parlent pas de la même façon dans les hommes, les femmes.
00:13:16Mais surtout, ils ne parlent pas de la même chose.
00:13:18Alors, ils parlent du quoi ?
00:13:20Alors, les hommes, je dirais, le plus souvent, ils consultent pour une éjaculation précoce.
00:13:25Ça, c'est le problème numéro un des hommes en France.
00:13:27C'est le problème numéro un, je trouve.
00:13:29Enfin, des personnes que je côtoie.
00:13:31Après, peut-être qu'il y a des collègues qui diront, moi, je ne vois plus telle ou telle chose.
00:13:35Je ne sais pas.
00:13:37Deuxième problème, c'est les problèmes d'érection.
00:13:40Là, c'est quand même fréquent aussi.
00:13:42Et malheureusement, je dirais de plus en plus jeunes.
00:13:44Parce que franchement, on est étonné d'avoir des jeunes hommes de 23, 24, 25 ans pour des problèmes d'érection.
00:13:52Alors qu'à la roche, les artères, normalement, elles sont en bon état.
00:13:55À quoi c'est dû ?
00:13:57C'est à plusieurs facteurs.
00:13:59Déjà, je pense qu'il y a l'anxiété de performance.
00:14:01Parce que franchement, il n'y avait pas ça avant.
00:14:04Peut-être, probablement, la pornographie.
00:14:06Parce que déjà, ils voient des performances anormales, on peut le dire.
00:14:10Et puis, ça habitue le cerveau à des images hyper excitantes.
00:14:14Et quand ils sont...
00:14:15J'ai un patient dernièrement, il me dit
00:14:16« Oh là là, je me rends compte que je suis polluée par la pornographie.
00:14:19Parce que je suis en couple, ça y est, avec la femme dont je rêvais.
00:14:25Et puis, il me dit « Oli, je me dis bof ! »
00:14:28Et il me dit « Je trouve ça horrible. »
00:14:30Il s'en rend compte.
00:14:31Parce que je devrais être émerveillée et trouver ça génial.
00:14:34C'est mignon, ça dit.
00:14:35Oui, oui.
00:14:36Voilà.
00:14:36Et en fait, il me dit « Je me rends compte que ça a quand même façonné mon cerveau
00:14:41et mes pensées érotiques. »
00:14:43Et donc, il me dit « Il faut absolument que je n'en regarde plus du tout. »
00:14:46Parce que ce n'est pas possible de ne pas prendre de plaisir,
00:14:51et même plus que du plaisir, de bonheur, quoi.
00:14:53Être à deux à cause d'une pollution pornographique.
00:14:56Pornographique.
00:14:57Donc, la pornographie n'aide pas les hommes à avoir des érections.
00:15:01Ah non.
00:15:02Pas du tout.
00:15:03C'est-à-dire qu'il y a des hommes qui vont me dire
00:15:05« Oui, mais quand je regarde de la pornographie, mon érection est bonne,
00:15:07mais avec ma copine, elle n'est pas bonne. »
00:15:09Mais oui.
00:15:10Bien sûr.
00:15:11C'est ça le problème.
00:15:12Non, ça ne les aide pas du tout.
00:15:14Est-ce qu'il y a des solutions ?
00:15:15Est-ce qu'il y a des trucs et astuces qu'on pourrait éventuellement donner ?
00:15:19Parce que si il s'agit des grands problèmes.
00:15:20Ça, c'est un de mes dadas.
00:15:22Parce que j'ai fait mon mémoire de sexologie sur l'éjaculation précoce
00:15:25et j'ai écrit deux livres sur le sujet.
00:15:27C'est vraiment mon...
00:15:28Alors, en fait, le problème, c'est qu'on ne peut pas tellement donner de trucs.
00:15:32Alors, il y en a, mais je compare souvent ça avec mes patients
00:15:36à apprendre à conduire une voiture.
00:15:38Si vous dites à un moniteur auto-école
00:15:41« Est-ce que vous pouvez me donner un truc pour savoir conduire une voiture ? »
00:15:44Il va vous dire le truc le plus important,
00:15:46c'est de regarder dans le rétroviseur.
00:15:48Parce que si vous ne regardez pas...
00:15:50C'est vrai.
00:15:50Ou c'est de penser à mettre votre clignotant
00:15:53ou c'est de freiner fort quand vous avez un feu rouge,
00:15:57mais de relâcher la pédale.
00:15:59Sinon, vous allez vous prenez.
00:16:00C'est vrai.
00:16:00Moi, au début, je faisais ça.
00:16:01Seulement un truc, ça ne suffit pas.
00:16:04Et puis, même si je vous explique qu'il faut débrayer,
00:16:06passer la vitesse et puis réembrayer,
00:16:08puis accélérer doucement,
00:16:09vous avez compris en 30 secondes,
00:16:11enfin, 3 secondes.
00:16:12Donc, il y a plein de facteurs.
00:16:13Mais il faut s'entraîner 20 heures.
00:16:14Donc, en fait, il y a plein de choses.
00:16:17Et en fait, comme c'est pas un truc intellectuel,
00:16:21c'est quelque chose de corporel.
00:16:22Donc, il faut s'entraîner et s'entraîner.
00:16:25Qu'est-ce qu'il faut faire pour s'entraîner ?
00:16:27Qu'est-ce que les hommes doivent faire ?
00:16:29Est-ce qu'il y a des petits exercices pour résoudre ces problèmes d'éjaculation précoce ?
00:16:32C'est un entraînement.
00:16:34C'est un entraînement.
00:16:35C'est comme si vous dites comment apprendre à skier,
00:16:37eh bien, au début, vous allez tomber.
00:16:39Et puis, petit à petit, vous allez aller de mieux en mieux.
00:16:41C'est un entraînement.
00:16:42Le problème qu'on a, c'est que beaucoup d'hommes qui ont une éjaculation précoce,
00:16:45enfin, beaucoup, non, certains hommes,
00:16:47ont un caractère à vouloir aller très vite, tout le temps.
00:16:51Je me rappelle un patient, il me disait,
00:16:52moi, j'ai un petit disque dans ma tête qui me dit,
00:16:56dépêche-toi, dépêche-toi, dépêche-toi, dépêche-toi, toute la journée.
00:16:59Et il me dit, c'est ma mère qui me disait ça tout le temps quand j'étais petit.
00:17:01Et donc, je prends ma douche, je me dis, dépêche-toi, viens dans ma douche.
00:17:05Je me prends, c'est non, dépêche-toi, en fait.
00:17:06Et donc, il y a une partie comme ça.
00:17:09Et il me dit, c'est normal que quand j'ai un rapport sexuel,
00:17:12même si je me dépêche, je me dépêche.
00:17:13Mais mon corps, il est habitué tout le temps à dire, je vais vivre.
00:17:16Et alors, le problème, c'est que ceux qui sont comme ça,
00:17:19si on leur dit, vous allez faire tel exercice, puis tel ou autre,
00:17:22bon, ben, ils trouvent que ça ne va pas assez vite et ils arrêtent,
00:17:24ils disent, ça ne marche pas.
00:17:25Alors que ceux qui sont assidus à faire un exercice,
00:17:27ça peut être des exercices de respiration,
00:17:29ça peut être des exercices de mouvement du bassin,
00:17:31des exercices mentaux.
00:17:33Petit à petit, ils arrivent à contrôler.
00:17:35Enfin, contrôler, ce n'est pas un bon mot
00:17:37parce que c'est un réflexe, les jacusations.
00:17:38Mais est-ce qu'il y a une solution à ce problème ?
00:17:41Ah ben oui, ceux qui apprennent, ils y arrivent.
00:17:43C'est comme si vous disiez, est-ce qu'il y a une solution
00:17:45pour apprendre à conduire une voiture ?
00:17:47Et c'est quoi la solution alors ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
00:17:49Ben la solution, c'est de faire des exercices,
00:17:51c'est de les répéter, de les répéter, de ne pas se décourager.
00:17:52C'est quoi comme exercice ?
00:17:53Alors, je peux vous donner des exemples d'exercices.
00:17:56Par exemple, on sait que les hommes
00:17:59qui ont une éjaculation précoce,
00:18:00ils ne respirent pas souvent comme il faut.
00:18:03Souvent, ils bloquent leur respiration.
00:18:06Et ils respirent en moyenne une fois
00:18:08pour six ou sept ou huit mouvements de va-et-vient.
00:18:11Ils ne respirent pas beaucoup.
00:18:12Alors que les hommes qui n'en ont pas du tout,
00:18:14ils respirent pour un mouvement de va-et-vient.
00:18:16C'est synchronisé en quelque sorte.
00:18:17C'est un exemple.
00:18:18Et je me rappelle avoir dit ça à des gens que je connais
00:18:22qui m'ont dit « Oh, je n'ai jamais remarqué. »
00:18:24Mais après, ils me disent « Ah oui, j'ai remarqué, effectivement. »
00:18:26Du coup, ils pensent à vous pendant qu'ils font des câlins.
00:18:29Ah oui, c'est ça.
00:18:30D'ailleurs, j'ai une dame, pour une anecdote,
00:18:32il y a une dame, elle m'a dit
00:18:34« Oh, avec mon mari, on pense à vous pendant nos câlins. »
00:18:37Parce que je vais vous dire pourquoi.
00:18:38Parce que je lui avais dit ça.
00:18:40En fait, c'est une phrase d'impatient
00:18:43qui m'a énormément touchée.
00:18:45Puis je me suis dit « Oh, je n'y avais jamais pensé. »
00:18:48Vous allez voir.
00:18:49Il me dit « Bon, quand on fait une pénétration,
00:18:52qu'on est un homme, à l'intérieur, c'est doux. »
00:18:55Il me dit « D'une douceur incroyable. »
00:18:57« C'est doux, c'est chaud, c'est humide. »
00:18:59Je lui dis « Ah bon ? »
00:19:00Parce que comme je ne suis pas un homme,
00:19:02je ne me suis même pas posé la question.
00:19:03Et puis, la dame me dit « Maintenant, on se regarde,
00:19:06on dit « C'est doux, c'est chaud, c'est humide. »
00:19:09Et on rigole.
00:19:11Je trouve ça bien de rigoler dans ces moments-là.
00:19:12Et donc, il pense à vous ?
00:19:13Oui, cette phrase.
00:19:14Mais en fait, vous devez être, à mon avis,
00:19:16présente dans des centaines de chambres à coucher de France.
00:19:19Vous ne croyez pas ?
00:19:20Oui, mais bon, si c'est pour rigoler, ça va.
00:19:22Oui, c'est clair, c'est clair, c'est clair.
00:19:24Parce que justement, je trouve qu'on est dans une période
00:19:26où la sexualité, c'est souvent trop soit technique,
00:19:30soit pornographique,
00:19:32soit il faut absolument satisfaire.
00:19:34Alors là, je déteste ce mot « satisfaire »
00:19:37ou « ma partenaire » ou « mon partenaire ».
00:19:38Alors qu'en fait, on devrait rigoler.
00:19:41Comme disait un de mes enseignants,
00:19:43il disait « La sexualité, c'est le jeu des adultes. »
00:19:45On devrait s'amuser, en fait.
00:19:47Et je ne suis pas sûre.
00:19:49Il y a des gens qui s'amusent quand même,
00:19:50mais pas tout le monde.
00:19:51Il n'y a pas beaucoup de gens qui s'amusent.
00:19:53Comme des patients qui me disent
00:19:54« Je voudrais satisfaire ma partenaire. »
00:19:57Je leur dis « Arrêtez de dire satisfaire. »
00:19:59Moi, ça me fait penser à « satisfaire » ou « rembourser ».
00:20:02Vous voyez ?
00:20:02Oui.
00:20:03Mais c'est vrai que c'est un mot qui revient beaucoup.
00:20:05Et puis, je trouve qu'au dire « Oh, je suis satisfaite de mon partenaire. »
00:20:08Qu'est-ce qu'il faudrait dire alors ?
00:20:09On peut dire « Oh, je suis contente. »
00:20:12Qu'est-ce qu'on s'amuse ?
00:20:13Ou être joyeux, quoi.
00:20:15Et les femmes, elles ont quoi comme soucis en général ?
00:20:18Ce n'est pas les mêmes soucis.
00:20:19Alors, les femmes.
00:20:21Je vois malheureusement beaucoup de femmes
00:20:22qui ont des soucis d'avoir eu une agression sexuelle
00:20:25et qui ont des blocages.
00:20:27Ça, malheureusement, c'est fréquent.
00:20:30D'ailleurs, je ne l'ai pas dit,
00:20:31mais il y a des hommes.
00:20:31Je vous ai dit qu'elle est plus fréquente pour les hommes.
00:20:33Mais il y a aussi des hommes qui viennent pour des agressions sexuelles
00:20:36et qui ont des conséquences.
00:20:38Ça, ce n'est pas si rare non plus.
00:20:40Et donc, malheureusement, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup.
00:20:44Donc, les femmes, c'est assez différent.
00:20:46Oui.
00:20:46Il y en a aussi qui n'ont pas de désir.
00:20:50Qui disent « Oh, je n'ai pas de désir. »
00:20:51Alors, ça, c'est une vraie question.
00:20:52Parce que c'est vrai qu'en France,
00:20:53j'ai plein de questions dans la question sur le désir.
00:20:56Est-ce que c'est normal qu'il y ait une érosion du désir dans les couples ?
00:21:01Normal, je ne sais pas, mais c'est fréquent.
00:21:06C'est compliqué.
00:21:07Moi, je trouve qu'il y a une chose, en tout cas,
00:21:09c'est que les hommes, au moins souvent...
00:21:11Enfin, il y a des hommes aussi qui n'ont pas de désir,
00:21:13mais c'est plus souvent les hommes qui ont du désir
00:21:15et les femmes qui en ont moins.
00:21:16Et moi, j'explique ça par une chose que je trouve importante,
00:21:20c'est que les hommes, ils ont souvent un désir pulsionnel.
00:21:23C'est-à-dire que disent « Tiens, j'ai envie. »
00:21:25Tout d'un coup, il y a...
00:21:27« Lâche ton livre, c'est maintenant. »
00:21:28Oui, ils ont envie tout d'un coup.
00:21:31Alors que les femmes, elles peuvent avoir un désir pulsionnel,
00:21:33mais moins souvent.
00:21:35Elles ont plus un désir de réponse,
00:21:37c'est-à-dire lié à l'ambiance,
00:21:39à quelque chose qu'on leur a dit.
00:21:41Et donc, comme les hommes ont un désir pulsionnel,
00:21:44ils ont l'impression que leur partenaire,
00:21:46elle devrait en avoir aussi.
00:21:47Ils lui disent « T'es pas marrante, t'as jamais envie. »
00:21:49Mais ils se disent pas « Elle n'a pas tellement envie. »
00:21:52« Qu'est-ce que je pourrais faire pour lui donner envie ? »
00:21:54Alors moi, je ne suis pas sexologue,
00:21:56mais j'appelle ça les préliminaires sociaux.
00:21:58Ah bah oui, mais...
00:21:59Je ne sais pas si l'expression convient, mais...
00:22:02Bah oui, les préliminaires, ça commence avant de toucher.
00:22:05Ah bah, on est d'accord, on est des femmes.
00:22:07Mais c'est incroyable.
00:22:08Alors du coup, les hommes ne comprennent pas.
00:22:10Ah non.
00:22:10Dans ta consultation, ils disent « Mais elle n'a pas envie. »
00:22:13C'est ça.
00:22:13Voilà, par exemple, je me rappelle une patiente,
00:22:15elle me dit « Voilà, mon mari se plaint parce que je n'ai pas de désir. »
00:22:18Bon.
00:22:19Et elle me dit « Moi, ce qui me donne envie, c'est les bisous dans le cou. »
00:22:23Elle le dit à son mari.
00:22:25Et son mari, qu'est-ce qu'il lui dit ?
00:22:26Il lui dit « Les bisous dans le cou, les bisous dans le cou. »
00:22:29Je me dis « Non mais il est bête ou quoi ? »
00:22:31Elle est en train de lui donner une solution.
00:22:32Le mode d'emploi en plus.
00:22:33Le mode d'emploi.
00:22:34En plus, c'est pas compliqué.
00:22:35Il lui a pas dit « Il faut que tu m'offres un bisou. »
00:22:37C'est clair.
00:22:38Moi, j'ai besoin d'un bisous à 8 000 euros pour avoir envie.
00:22:42Non mais un truc vraiment simple.
00:22:45Ah ouais.
00:22:45Ah non.
00:22:46Une autre.
00:22:46J'en ai plein comme ça, mais je ne veux pas vous en donner 50.
00:22:49Mais une autre qui me dit « Moi, ce qui me donne envie, c'est que mon mari me dise
00:22:52« Je t'aime. » »
00:22:54C'est quelque chose d'important.
00:22:55Non mais c'est intéressant parce que l'étincelle, elle est très différente chez les hommes
00:22:58et les femmes.
00:22:59Oui.
00:22:59Alors voilà, elle lui dit à son mari « Oui, tu trouves que j'ai pas envie, mais
00:23:04moi j'ai besoin que tu me dises ce que tu m'aimes. »
00:23:06Réponse du mari « Si je t'aimais pas, je t'aurais pas fait le pavillon. »
00:23:10Le pavillon ?
00:23:10Pardon, mais c'est quoi ?
00:23:11La maison.
00:23:13Je t'aurais pas construit le pavillon.
00:23:14Ah ouais, d'accord.
00:23:16Ah ouais, ça c'est pas glam.
00:23:17Et voilà.
00:23:18Et je dis au monsieur « Mais vous vous rendez compte, construire un pavillon, ça demande plusieurs
00:23:22années de travail, il s'est démené pour sa femme quand même aussi.
00:23:26Alors que dire « Je t'aime », ça prend une seconde.
00:23:29Non mais surtout, c'est quoi le rapport avec un désir sexuel, quoi ?
00:23:31Ben oui, mais voilà.
00:23:32Non mais il voulait dire « Je t'aime », je te l'ai prouvé d'une autre manière.
00:23:35Mais si on a besoin de parole, je me dis qu'il faut essayer de se mettre à la place
00:23:38de l'autre.
00:23:39Mais c'est vrai aussi pour les femmes.
00:23:40Il y a des hommes qui disent « Moi j'ai besoin qu'elle me dise qu'elle m'aime
00:23:44ou que je sais pas.
00:23:46Mais je trouve qu'il faut écouter l'autre et puis se demander.
00:23:49Je pense à un patient qui a eu énormément d'aventures et qui m'a dit une chose, une
00:23:55phrase que je me rappellerai toujours et que je cite souvent à mes patients.
00:23:59Il m'a dit « Tous les hommes ont une bombe sexuelle dans leur lit et certains croient
00:24:04qu'ils ont une bobonne parce qu'ils savent pas s'y prendre. »
00:24:08C'est drôle.
00:24:08Je me suis dit « Je pense qu'il a assez raison. »
00:24:11Donc en fait, c'est parce qu'on sait pas s'y prendre, quoi.
00:24:13Mais oui.
00:24:14Non mais de toute façon, on dit souvent qu'on peut être le mauvais coup et le bon coup
00:24:18pour les uns.
00:24:18Enfin, je veux dire, il n'y a pas de bon ou de mauvais coup.
00:24:20Il y a une question de compatibilité, j'imagine.
00:24:23Oui, oui.
00:24:24Comme si la mayonnaise prenait.
00:24:26Enfin, c'est pas très poétique.
00:24:27Mais comme si quelque chose s'enclenchait entre deux personnes ou pas.
00:24:28Est-ce que c'est possible d'être incompatible sexuellement ?
00:24:32Bon, incompatible, je dirais par rapport à la génétique et l'être...
00:24:37Comment dire ?
00:24:40L'humanité.
00:24:41Non, mais on peut dire qu'on va pas avoir de plaisir ou qu'on est tellement différent
00:24:45qu'on va pas se réussir à...
00:24:47Non, mais est-ce qu'il y a des corps qui s'emboîtent pas, quoi ?
00:24:49Enfin, vous voyez, qui s'emboîtent pas bien.
00:24:50De toute façon, il y a une forme d'incompatibilité.
00:24:52C'est pas les corps, c'est plutôt les esprits, en fait.
00:24:54C'est les esprits, oui.
00:24:55Ah oui, parce que les corps, à mon avis, ça marche toujours.
00:24:58Oui, probablement.
00:24:59Parce que même, malheureusement, je dirais, quand il y a un viol ou une agression sexuelle,
00:25:02il peut y avoir une grossesse.
00:25:03Et notre cerveau, il est un peu programmé pour que, de toute façon, il y ait des chances
00:25:08de reproduction.
00:25:09Après, pour que ça soit agréable pour les deux.
00:25:12Quelqu'un me disait un jour une phrase que j'aime bien, mais que peu de personnes apprécient,
00:25:16c'est qu'on s'entend bien quand on a le même degré de perversion.
00:25:19C'est-à-dire, si on est à la perversion zéro, les deux, on s'entend bien.
00:25:23Si on a un petit peu de jeu, il faut avoir un esprit qui réagit un peu aux mêmes choses.
00:25:34Est-ce que tu leur suggères parfois, justement, des jeux, de la perversion, comme tu dis, pour pimenter ?
00:25:41Parce que là, on parle de désir.
00:25:43Alors, pas tellement.
00:25:44Disons qu'en sexologie, on conseille souvent des exercices en couple, mais pas tellement pour pimenter,
00:25:50parce qu'on voit plus des personnes qui ont des problèmes.
00:25:53Pas tellement des personnes qui disent, on s'entend bien, est-ce que vous pourriez nous dire comment pimenter nos ébats ?
00:25:57Non, mais pimenter parce qu'on a des problèmes de désir, par exemple, dans un couple.
00:26:01Souvent, ce qu'on prescrit, quand il y a des blocages, soit de l'érection, soit du désir, soit de l'orgasme,
00:26:08soit une difficulté à la pénétration aussi.
00:26:10Ah oui, je n'ai pas dit, mais je vois beaucoup de femmes qui ont des vaginismes.
00:26:13C'est-à-dire, le vagin qui se resserre est impossible de faire une pénétration.
00:26:17Et ça peut être médical, mais le plus souvent, c'est lié à une peur, en fait, pour des raisons très diverses.
00:26:24Oui.
00:26:25Quoi comme raison, par exemple ?
00:26:27Par exemple, assez souvent, il y a eu un traumatisme de la zone génitale.
00:26:32Par exemple, j'ai une de mes patientes, elle a eu un vaginisme parce qu'elle avait dû faire une échographie endovaginale.
00:26:40Et le médecin qui lui a fait, lui a fait super mal, il lui a mis brutalement et tout.
00:26:45Et ensuite, elle n'arrivait pas à avoir de rapport sexuel.
00:26:47Mais pourtant, elle me disait, le médecin, il était gentil.
00:26:50Je pense que c'était un jeune interne qui n'était pas habitué, qui était stressé.
00:26:53Donc, ce n'était pas mal intentionné, mais...
00:26:56Néanmoins, ça l'a bloqué.
00:26:57Ça a fait un trauma, quoi.
00:26:59J'ai eu une patiente qui a pris un fer à béton.
00:27:02Elle est tombée dessus carrément au niveau vaginal.
00:27:05Elle a dû être recousue, mais elle était enfant.
00:27:06Elle n'avait pas le droit d'aller jouer dans un immeuble en construction.
00:27:10Elle y a été quand même.
00:27:12Des trucs, des choses...
00:27:15J'ai eu une patiente, sa maman lui avait mis un tampon de force le premier jour de ses règles.
00:27:20Ouh là là !
00:27:21Alors là, je trouve, c'est vraiment une agression.
00:27:24Ah ben, bien sûr !
00:27:25On pourrait même dire un viol, parce que c'est une pénétration en vraiment...
00:27:28Voilà, des exemples comme ça.
00:27:30Ça peut être aussi une chose qui n'est pas connue, mais qui est quand même assez...
00:27:35Que je rencontre fréquemment, régulièrement.
00:27:38C'est le décès d'un enfant proche.
00:27:40C'est-à-dire quelqu'un qui a perdu son petit frère à l'âge de...
00:27:44Bah, de un jour ou deux.
00:27:46À l'âge de trois, quatre, cinq ans.
00:27:48Ça peut être une leucémie, ça peut être un accident.
00:27:50Et c'est comme si le cerveau se disait...
00:27:53Ça, c'est mon analyse.
00:27:55C'est comme si le cerveau se disait, je ne veux pas faire d'enfant.
00:27:59Donc, je bloque la sexualité.
00:28:01Il y a un vrai lien entre la sexualité et l'esprit, en fait.
00:28:06Ah oui, oui, oui.
00:28:07Et la reproduction.
00:28:08Et la reproduction.
00:28:09Maintenant, on y pense.
00:28:11Moi, je pense à une de mes patientes.
00:28:13Je lui avais dit...
00:28:15Oui, je pense que vous avez un vaginisme,
00:28:19parce que vous avez peur d'avoir des enfants.
00:28:21Donc, il y a quelque chose qui bloque.
00:28:23Et elle me dit, non, mais ce n'est pas possible, je prends la pilule.
00:28:26Oui, mais le cerveau, lui, il ne se dit pas, elle prend la pilule,
00:28:28donc elle n'aura pas d'enfant, donc je suis rassurée.
00:28:30Oui, c'est ça.
00:28:31Oui, oui, c'est ça.
00:28:32Il y a un truc très...
00:28:34C'est quoi l'âge des patients ?
00:28:35Le patient le plus jeune, le plus âgé.
00:28:38Alors, le plus jeune que j'ai vu, c'est dans la vingtaine.
00:28:40Oh, j'ai même eu des patients...
00:28:42Alors, comme j'ai écrit un livre sur la puberté,
00:28:44j'ai vu quelques patients qui m'ont emmené leur fils qui est tout jeune,
00:28:49en primaire, parce qu'ils pensaient qu'il y avait peut-être un micropénis,
00:28:54parce que j'explique tout ce qu'il faut expliquer aux enfants et aux adolescents.
00:28:58Et donc, là, ce n'est pas du tout ma partie,
00:29:00donc je les envoie vers un neurologue.
00:29:02Donc, les plus jeunes, c'était ça.
00:29:04Après, ça va être plutôt 19...
00:29:05Non, mais les patients qui viennent consulter pour des problèmes de sexualité...
00:29:08Ça va plutôt être 19, 20, 23...
00:29:10C'est jeune, ils osent vachement jeune, hein ?
00:29:12Oui, plus qu'avant, je pense, oui.
00:29:14Il faut être sacrément courageux, je trouve.
00:29:16Oui, c'est vrai.
00:29:17Mais à côté, j'ai des patients aussi qui ont 44 ans et qui me disent
00:29:22« J'ai depuis toujours une éjaculation précoce et je n'ai jamais osé consulter. »
00:29:26Oui, et en fait, ils auraient dû, bien sûr.
00:29:27Oui, mais je trouve ça vachement courageux d'avoir 18 ans, 19 ans, de se dire « J'y vais ».
00:29:32Incroyable.
00:29:33Et le patient de plus âgé ?
00:29:35Ça va être dans les 80 ans.
00:29:37Ah oui ?
00:29:37Et pour quel type de problème ou de questionnement ?
00:29:40Pour des problèmes sexuels, d'érections.
00:29:42Il faut voir aussi que moi, je travaille à Gustave Roussy, donc c'est un centre anticancéreux.
00:29:47Je travaille en soins de support et en oncosexualité, c'est-à-dire que beaucoup de traitements des cancers peuvent donner des troubles sexuels.
00:29:57Donc, je vois des patients aussi, par exemple, qui ont un cancer de la prostate ou des femmes qui ont un cancer du sein ou d'autres types de cancers.
00:30:03Et donc, ils viennent aussi pour des problèmes liés à leur maladie, à leur traitement.
00:30:10Mais, je disais ça hier ou avant-hier à la secrétaire, je lui dis ce qui est quand même incroyable, c'est que je vois aussi des patients qui, en fait, ont des problèmes, comme tout le monde, qui datent d'il y a des années.
00:30:22Bien sûr.
00:30:22Et le cancer ou le traitement, ça rajoute quelque chose, mais en fait, il y avait déjà des choses familiales.
00:30:28Oui, bien sûr.
00:30:30Alors, le patient le plus âgé, s'il a 80 ans, ça veut dire que la sexualité ne s'arrête pas ?
00:30:35Ah non ?
00:30:35Ça ne s'arrête jamais ?
00:30:36Non, non, il y avait un patient qui était chouette, justement, à un atelier qu'on faisait qui avait plus de 80 ans et qui disait, bon, maintenant, moi, actuellement, avec mon cancer de la prostate, j'ai plus d'érection et les traitements.
00:30:49Mais, avec ma femme, on se débrouille, tant pis, oh ben non, je n'ai pas besoin de traitement, on fait avec et ça va bien, on s'entend bien, on nous reste proches quand même.
00:31:00C'est sympa.
00:31:00Et là, j'ai trouvé ça super qu'il en parle devant d'autres personnes, parce que c'était un atelier où on était plusieurs, il y avait 7 ou 8 hommes, quoi.
00:31:10Parce qu'effectivement, c'est vraiment intéressant de savoir que la sexualité, ce n'est pas que la pénétration, il y a tellement d'autres choses.
00:31:17Et j'ai un autre patient qui est un peu plus jeune, mais qui a eu aussi un cancer de la prostate, et il me dit, mon érection ne marche pas bien, il faut que je fasse soit une injection, soit prendre des médicaments.
00:31:28Mais, je trouve que j'ai une meilleure sexualité qu'avant, parce qu'en fait, j'ai une sexualité plus féminine, moins basée sur la pénétration.
00:31:36Et ma partenaire, elle me dit, je trouve que c'est bien maintenant, parce qu'avant, c'était toujours la pénétration, la pénétration.
00:31:44Maintenant, on est détendu, moi finalement, j'ai plus de plaisir et c'est agréable.
00:31:49Et donc, il me dit, je trouve que j'ai une sexualité plus épanouie qu'avant.
00:31:53Et puis, il arrête, il dit, enfin, c'est quand même une mutilation.
00:31:57Je ne suis pas en train de dire, je suis positif, mais quand on s'est transformé une épreuve et s'adapter, franchement...
00:32:06Ça, c'est les malades du cancer.
00:32:07Voilà, pour le cancer, mais c'est vrai pour tout, pour toutes les maladies, en fait.
00:32:10Bien sûr, évidemment.
00:32:11Est-ce que la sexualité, elle a évolué au fil de tes consultations ?
00:32:17Depuis que je consulte ?
00:32:18Depuis que tu consultes ?
00:32:19Oui.
00:32:20Alors, ce qui a évolué, c'est qu'au début, quand je consultais, on n'avait pas le viagra, déjà.
00:32:24Ça, c'est un grand changement.
00:32:25Ça a été un très grand changement, parce que ce n'était pas toujours facile.
00:32:31Ce n'était pas facile, d'abord, pour les personnes qui ont réellement les artères abîmées,
00:32:35et donc, l'érection, parce qu'elles fument, parce qu'elles mangent très très mal, elles ont beaucoup de cholestérol, un diabète et tout ça,
00:32:42les artères s'abîmaient, s'abîmaient, s'abîmaient, s'abîmaient, bon ben voilà.
00:32:46Maintenant, elles s'abîment, elles s'abîment, mais on a le viagra pour compenser.
00:32:49Donc, les troubles de l'érection, quand même, chez l'homme, c'est du cigarette, mal mangé, c'est ça ?
00:32:55Surpoids ?
00:32:55Oui.
00:32:56Et quoi d'autre ?
00:32:57Manque d'exercice physique.
00:32:58Manque d'exercice.
00:32:59Diabète, cholestérol.
00:33:00Si on résout tout ça, on résout les problèmes d'érection.
00:33:03Ah ben, c'est-à-dire qu'un homme qui a une très bonne hygiène de vie commence à avoir des problèmes d'érection à peu près à 70 ans.
00:33:10C'est ce que dit le docteur Bondil, qui est le président des sexologues français de l'AIUS, c'est l'association des sexologues.
00:33:17Il dit, normalement, un homme en bonne santé, jusqu'à 70 ans, il n'aura pas la même érection à 69 ans qu'à 18 ans, mais ça marche quand même.
00:33:26Bien sûr.
00:33:27Bon, quand même, je dirais, après 60 ans, c'est des fois un peu moins facile, parce qu'on peut avoir du cholestérol sans fumer, en faisant du sport et tout, on peut avoir un peu d'hypertension.
00:33:37Enfin, il y a des facteurs de risque qui ne sont pas non plus... On ne va pas dire que c'est de votre faute, parce que vous faites tout ce qu'il ne faut pas non plus.
00:33:43Et donc, Viagra, ça a révolutionné.
00:33:44Ah oui, ça a révolutionné quand même, parce que c'est... Maintenant, on est habitué, mais c'est vraiment un traitement...
00:33:50En plus, on s'est rendu compte que ça avait tendance à diminuer le risque d'infarctus, d'AVC et d'Alzheimer.
00:33:56D'accord.
00:33:57Donc, c'est plutôt un médicament, c'est vasodilatateur, donc ça dilate les artères, donc c'est vraiment un médicament super.
00:34:03Enfin, il n'y a pas que le Viagra, il y a aussi... Ils sont quatre. Il y a Viagra, Cialis, Lévitra et Spédra.
00:34:08C'est quatre médicaments qui se ressemblent beaucoup, qui sont de la même famille.
00:34:12Donc ça, ça a changé, mais est-ce que dans les pratiques, dans ce que les patients osent dire, est-ce qu'il y a des choses qui ont évolué sur la sexualité des Français ?
00:34:20Moi, ce que je trouve qui a évolué, c'est la pornographie. Quand j'ai commencé, je ne posais pas tellement la question sur la pornographie, parce que ce n'était pas disponible au robinet, si vous voulez, comme maintenant.
00:34:32Ça fait seulement quelques années que je pose systématiquement la question. Avant, je ne posais pas systématiquement la question. On m'en parlait des fois, mais...
00:34:42De savoir s'ils regardent, s'ils sont consommateurs de pornographie.
00:34:45Oui, parce que j'ai des jeunes hommes, je me dis, il est sportif, il n'y a aucun facteur de risque. Il y a aussi le sommeil. Les troubles du sommeil, ça peut donner des problèmes d'érection.
00:34:55Et d'ailleurs, ce qui a changé aussi, je vois des jeunes, je me dis, je ne comprends pas, ils ne fument pas, ils ne font pas de drogue. Et puis, je me dis, mais comment vous dormez ?
00:35:05Ah, je dors 4-5 heures par nuit, parce que je fais des jeux vidéo. Alors là, pour l'érection, ce n'est pas bon du tout.
00:35:12Donc, avis aux jeunes, stop les jeux vidéo en pleine nuit.
00:35:15J'explique pourquoi, c'est parce que l'érection, elle s'entraîne la nuit. Toutes les nuits, les hommes ont des érections pendant plusieurs heures.
00:35:21Et c'est un petit peu la gymnastique d'entraînement. Si vous ne dormez pas, elle ne fait pas sa gymnastique, elle marche moins bien, elle fonctionne moins bien après.
00:35:26C'est rigolo, ça ?
00:35:27C'est rigolo ou c'est embêtant.
00:35:30Non, c'est embêtant, c'est sûr. J'ignorais qu'il y a une gymnastique du corps en pleine nuit.
00:35:33Et chez les femmes, c'est pareil. Chez les femmes, il y a une gymnastique d'entraînement. On a un gonflement, une lubrification, mais ça se voit encore moins que l'érection.
00:35:41Mais c'est pareil, notre corps s'entraîne en dormant.
00:35:44Oui, toutes les nuits.
00:35:45Ah oui, c'est incroyable.
00:35:47Et donc, cette pornographie, elle a modifié. Elle a modifié quoi ? C'est des pratiques qui vont être plus agressives, plus...
00:35:55Écoutez, il y a eu une étude de la BBC Five, il y a trois ans peut-être à peu près, où ils avaient demandé à des femmes de 19 à 39 ans,
00:36:09pendant vos rapports sexuels consentis avec votre partenaire, quoi. Est-ce que vous avez déjà été giflée, étranglée ?
00:36:16Est-ce qu'on vous a arraché les cheveux, craché dessus ? Vous avez étranglé, mordu. Et plus les femmes étaient jeunes, plus elles disaient oui.
00:36:26Et donc, ils disaient, c'est lié à la pornographie, parce que normalement, une femme de 39 ans, elle a plus d'expérience sexuelle qu'une jeune fille de 19 ans.
00:36:32Et donc, elle a plus de risque d'avoir rencontré quelqu'un qui est violent.
00:36:36Qui a été déviant.
00:36:37Oui, voilà. Et en fait, ils disaient, mais c'est le... Comment dire ? L'invasion de la pornographie dans la vie sexuelle de couple, en fait.
00:36:45Ce n'était pas des agressions par un étranger ou un nouveau partenaire. C'était votre partenaire habituel.
00:36:52Est-ce que parfois, tu peux être dérangée en consultation ? Parce que justement, en parlant de pornographie,
00:36:56est-ce que les patients vont se confier sur des pratiques où tu vas être mal à l'aise ?
00:37:01Est-ce que ça t'est déjà arrivé de te dire ?
00:37:04Ça m'est arrivé d'être mal à l'aise, mais pas très souvent.
00:37:07Pas très souvent.
00:37:08Quand j'ai des patients qui ont une addiction aussi, soit à la pornographie, soit à la sexualité, d'une autre manière,
00:37:15soit de la masturbation compulsive, soit j'ai eu des patients qui disaient, je vais tout le temps voir des prostituées.
00:37:21J'aime bien l'expression, voir des prostituées, on dit ça comme ça.
00:37:24C'est assez mignon, oui, c'est un peu...
00:37:26Et donc, moi, je les envoie chez les DASA, c'est les Dépendants Affectifs et Sexuels Anonymes.
00:37:30C'est des réunions pour les personnes qui ont une dépendance.
00:37:34Et c'est vraiment pas mal parce que ça les aide, ils ne sont pas jugés.
00:37:38Parce que c'est difficile d'en parler parce que j'ai un de mes patients qui m'a dit, mais c'était même pas pour ça.
00:37:43Il me dit, oh mais si je comprends bien, je suis un vrai pervers, j'ai tous les défauts.
00:37:48Je fume, j'ai trop de kilos, je mange mal, je regarde de la pornographie, je ne fais pas de sport.
00:37:53Et moi, je lui dis, écoutez, là, moi, je ne suis pas du tout là pour vous juger.
00:37:58Je vous dis, voilà, tout ce que vous pouvez faire pour améliorer.
00:38:00Après, je sais bien que personne n'est parfait et que c'est très facile de donner des conseils aux autres.
00:38:05Donc, vous ne répondez pas, ah oui, vous êtes un gros pervers.
00:38:07Non, mais c'est même pas pour ça, c'est parce que c'est la vie.
00:38:12Mais évidemment, je rigole, évidemment, bien sûr.
00:38:15Mais je dis, par contre, je ne vais pas vous dire bravo et je vous donne du Viagra parce que ça, j'ai horreur de ça.
00:38:22Il y a des personnes qui me disent, voilà, je voudrais du Viagra.
00:38:24Je leur dis, non, mais d'abord, je vous pose des questions parce que si cette personne-là fume, je vais lui donner du Viagra.
00:38:30Mais dans cinq ans, elle n'aura peut-être plus d'érection.
00:38:33Si je lui dis, c'est bien de prendre du Viagra, mais si vous arrêtez de fumer, vous n'en aurez peut-être pas besoin.
00:38:37Et dans cinq ans, vous continuerez à avoir des érections, même avec du Viagra.
00:38:40Parce qu'à un moment, si vous fumez trop longtemps, avec du Viagra, ça va retarder l'échéance, mais elle va venir quand même.
00:38:47Quand même, oui.
00:38:48Ou ça ne marchera plus.
00:38:49Est-ce qu'on peut tout te dire en consultation ? Est-ce qu'on peut tout dire à son médecin sexologue ?
00:38:54Alors, j'ai appris une chose, c'est qu'on doit dire à nos patients, racontez-moi tout ce dont j'ai besoin pour comprendre ce qui vous arrive, mais pas forcément plus.
00:39:05Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:39:06Parce que ça veut dire qu'il y a des choses que les gens ne vont pas forcément nous raconter, ou pas tout de suite.
00:39:12J'ai des patients qui m'ont raconté des choses au bout de quelques années.
00:39:16Ah oui, quelques années.
00:39:17Je pense que c'est un patient qui m'a dit, au bout d'un certain temps, deux ans je crois, il m'a dit, en fait, tous les mois, je vais voir une prostituée pour qu'elle me fouette.
00:39:27Vous voyez ?
00:39:27Mais non.
00:39:28Oui, si, si.
00:39:29Et je lui ai dit, écoutez, bon, il n'avait pas de rapport sexuel avec cette personne.
00:39:35Je lui ai dit, écoutez, à la limite, vous ne trompez même pas votre femme, c'est sexuel quand même, mais il n'y a pas de rapport sexuel.
00:39:42Donc, vous ne risquez pas de le ramener à une maladie.
00:39:45Vous n'agressez pas d'enfant.
00:39:47Bon, c'est vrai, il me dit, oui, mais c'est quand même bizarre.
00:39:50Je lui dis, oui, d'accord, mais bon, ce n'est pas dangereux, ce n'est pas interdit, ce n'est pas, vous voyez, voilà.
00:39:55Et puis, ce qui est marrant, c'est que quand on dit ça aux gens, vous savez ce qu'il me dit la fois d'après ?
00:40:00Il me dit, oh, je n'ai plus tellement envie d'y aller parce que ça me coûte cher quand même.
00:40:04Parce qu'en fait, quand vous vous dites, c'est horrible ce que je fais, ça a un côté excitant.
00:40:12Et quand vous dites, finalement, c'est beaucoup moins drôle.
00:40:14Parce que je me rappelle, je lui avais dit, oui, si vous me disiez, je vais agresser les enfants à la sortie de l'école, je vous dirais, c'est très grave.
00:40:19Mais là, bon, ce n'est pas pareil.
00:40:21J'ai un autre patient, un peu drôle, enfin, ce n'est pas le même style encore, qui me dit, au bout d'un moment aussi.
00:40:26Parce qu'il était venu pour d'autres sujets que je trouvais un peu légers.
00:40:30Je me disais, pourquoi il vient ?
00:40:31Il y a un truc derrière.
00:40:32Non, je ne me disais même pas, il y a un truc derrière.
00:40:34Je me disais, c'est bizarre, mais bon.
00:40:35Pourquoi pas ?
00:40:36Voilà.
00:40:36Et il me dit, je vais voir régulièrement une femme qui me met une couche.
00:40:41Ça s'appelle les nurses et les bébés et qui me bercent et tout ça.
00:40:45Ça existe ?
00:40:46Ah ben oui, ça existe.
00:40:47Je peux vous dire, ça existe.
00:40:48À l'époque, je ne le savais pas, peut-être.
00:40:50Je n'avais pas trop entendu parler, mais oui, ça existe.
00:40:54Et donc, c'est un peu pareil.
00:40:55Je lui ai dit, écoutez, vous n'y risquez rien au niveau infection sexuellement transmissible.
00:41:02Il me dit, oui, mais c'est quand même une perversion ridicule.
00:41:06Je dis, oui, mais bon.
00:41:08Et pareil, il m'a dit, ça me coûte cher, j'ai moins envie d'y aller.
00:41:11C'est marrant.
00:41:12C'est marrant.
00:41:13Mais c'est marrant parce qu'ils se jugent eux-mêmes, en fait.
00:41:16Ah oui, oui.
00:41:17Oui, parce qu'en fait, ce genre de choses, ça se met en place souvent assez jeune.
00:41:22Il se passe des choses dans le cerveau.
00:41:26Je donne des exemples comme ça dans mon livre.
00:41:28Des exemples beaucoup moins, plus banals, quoi.
00:41:32Dans mon livre sur les tracereuses sexuelles, j'explique que, par exemple,
00:41:36on n'a pas tous le même genre de fantasme, d'accord ?
00:41:40Par exemple, il y a des hommes, là je parle des hommes,
00:41:43qui ont un fantasme de voir une femme se déshabiller.
00:41:45Ce qu'ils aiment, c'est voir une femme se déshabiller.
00:41:47Pour eux, c'est très excitant.
00:41:48Et souvent, ça vient de l'histoire.
00:41:50Et j'ai un patient comme ça qui me raconte que sa maman était couturière
00:41:55quand il était petit.
00:41:56Et donc, il y avait tout le temps des femmes qui venaient à la maison,
00:41:58qui se déshabillaient, qui essayaient.
00:41:59Et lui, il était petit, mais juste...
00:42:01Bon, à un moment, évidemment, quand il avait 15 ans,
00:42:03sa maman ne lui a pas dit « Reste, regarde les dames ! »
00:42:06Et donc, il me dit « Je pense que ça a mis une... »
00:42:10Un fantasme, mais...
00:42:11Voilà, disons que quand il était petit,
00:42:13il n'était peut-être pas excité au sens d'un adulte,
00:42:15mais c'était quelque chose d'intime et de...
00:42:18Voilà.
00:42:19Et ce qui est marrant, c'est qu'un autre de mes patients
00:42:21a lu mon livre et puis il me dit
00:42:23« Oh, vous avez parlé de moi ! »
00:42:25Je lui dis « Ah bon ? »
00:42:26Il me dit « Ma maman était couturière ! »
00:42:27Je lui dis « Ah oui, mais c'était pas vous ! »
00:42:29Donc, à l'époque, il y avait beaucoup de couturières.
00:42:32Il y avait des mamans couturières
00:42:33qui aiment bien voir les femmes se déshabiller.
00:42:35Voilà, c'est marrant.
00:42:36Et donc, je trouve ça intéressant comme exemple
00:42:38parce que si on a vu quelque chose
00:42:40de totalement autre, quoi,
00:42:42ça peut vous...
00:42:43Ça a nourri un fantasme.
00:42:44Oui, voilà.
00:42:45Ça peut être au contraire de l'exhibitionnisme.
00:42:47Quelqu'un qui...
00:42:48Une femme a ouvert la porte,
00:42:50vous étiez tout nu,
00:42:51vous avez trouvé ça excitant,
00:42:52petit,
00:42:53vous allez peut-être aimer,
00:42:55vous déshabillez-vous.
00:42:56Vous voyez ?
00:42:57Enfin, je dis aimer,
00:42:58trouver ça excitant.
00:43:00C'est quoi le fantasme principal des Français ?
00:43:02C'est quoi le plus grand fantasme sexuel ?
00:43:04Je ne sais pas.
00:43:04Qu'est-ce qu'on vous raconte en consultation ?
00:43:06Qu'est-ce qu'on te raconte ?
00:43:08Je ne saurais pas vous dire
00:43:09parce que ça dépend tellement des gens.
00:43:12Je pense à une patiente qui me dit
00:43:13« Moi, j'ai des fantasmes sadomasochistes,
00:43:16très violents. »
00:43:17Et c'est une dame,
00:43:18elle est très douce,
00:43:19très gentille,
00:43:20pas du tout...
00:43:21Oui, on ne l'imagine pas.
00:43:23Non, non, non, non.
00:43:24Et elle me dit
00:43:24« Mais je déteste ces fantasmes
00:43:26et j'ai décidé d'une chose,
00:43:29c'est que je ne voulais pas... »
00:43:30Parce que quand je fais l'amour avec mon mari,
00:43:32elle me dit
00:43:32« C'est seulement si j'ai ce fantasme
00:43:35si j'y pense que j'ai un orgasme.
00:43:36Sinon, ça ne vient pas. »
00:43:38Et donc, elle me dit
00:43:38« J'ai décidé de ne plus avoir d'orgasme.
00:43:40Tant pis.
00:43:41Mais je ne veux plus penser à ça.
00:43:42Ça me gêne. »
00:43:44Vous voyez ?
00:43:45Donc, nos fantasmes,
00:43:47ce n'est pas quelque chose
00:43:48qu'on choisit, en fait.
00:43:50Par contre,
00:43:50si on regarde de la pornographie,
00:43:52eh bien, on va...
00:43:53Comment vous dire ?
00:43:54Ça va nous injecter des fantasmes
00:43:56qu'on n'aura pas choisis.
00:43:57Et d'ailleurs,
00:43:58quand je vous dis ça,
00:43:59je pense à une autre chose
00:43:59très importante,
00:44:01peut-être, à dire.
00:44:02C'est que les personnes
00:44:03qui ont vécu une agression sexuelle,
00:44:05souvent, après,
00:44:06ont des fantasmes
00:44:08liés à cette agression.
00:44:10Parce qu'on dit
00:44:11qu'il y a une colonisation
00:44:12traumatique
00:44:13par les fantasmes
00:44:14de l'agresseur.
00:44:15C'est comme s'il colonisait
00:44:16votre cerveau.
00:44:17Et donc,
00:44:17il y a beaucoup de personnes,
00:44:19c'est fréquent,
00:44:20qui ont subi une agression,
00:44:21qui se disent
00:44:22« Mais je suis vraiment perverse »
00:44:24ou « Pervers,
00:44:25parce que j'ai des pensées,
00:44:26je me suis fait agresser,
00:44:28quelqu'un m'a agressée,
00:44:29m'a violée,
00:44:29c'était horrible. »
00:44:31Et pourtant,
00:44:32quelque part,
00:44:33il y a certaines choses
00:44:34de ça qui sont excitantes
00:44:35pour moi.
00:44:36Donc, ça devait être
00:44:37que je l'ai bien cherché
00:44:38ou que j'étais déjà
00:44:39détraquée
00:44:39ou quelque chose comme ça.
00:44:40Alors que c'est totalement faux,
00:44:42que c'est l'agresseur
00:44:43qui vous a transmis
00:44:44des choses
00:44:45par son action.
00:44:46Et donc,
00:44:47c'est un truc horrible
00:44:49parce que les gens,
00:44:49souvent,
00:44:50n'osent pas trop en parler.
00:44:51Ah oui, je l'imagine.
00:44:52Parce que de dire
00:44:53« Oui, maintenant,
00:44:55c'est excitant de penser… »
00:44:56à une agression assez affreux.
00:44:59Et en fait,
00:45:00ça ne veut pas du tout dire
00:45:01qu'on le souhaitait
00:45:02ni qu'on a eu du plaisir
00:45:03parce que le corps
00:45:04et le cerveau,
00:45:05ils réagissent
00:45:06à des stimulations sexuelles
00:45:08que ça soit volontaire ou pas.
00:45:10Et ce n'est pas volontaire du tout
00:45:12que ça s'incruste
00:45:13dans notre cerveau.
00:45:14Est-ce que les hommes
00:45:15et les femmes
00:45:15ont les mêmes fantasmes ?
00:45:17Parce qu'on dit souvent
00:45:17que les hommes…
00:45:18Ça serait bien
00:45:18que dans les couples,
00:45:19on ait le même.
00:45:20Mais ce n'est pas sûr.
00:45:22Parce que souvent,
00:45:23les hommes,
00:45:23ils imaginent des plans à trois,
00:45:24des plans à plusieurs,
00:45:25etc.
00:45:26Est-ce que c'est
00:45:27un fantasme commun ?
00:45:28Je vous sens…
00:45:28Ça me rappelle…
00:45:30Ça me rappelle…
00:45:30Parce que j'ai écrit
00:45:31un livre sur les histoires drôles.
00:45:33C'est quoi ?
00:45:34Et il y en a une,
00:45:35c'est drôle,
00:45:35c'est une femme
00:45:35qui dit à son mari,
00:45:37« Chérie,
00:45:37est-ce que ça te dirait
00:45:38qu'on fasse l'amour à trois ? »
00:45:40Son mari lui dit,
00:45:41« Oh, je ne sais pas, chérie. »
00:45:43Je ne sais pas.
00:45:44Elle dit,
00:45:44« Oh, si,
00:45:44moi, ça me ferait plaisir. »
00:45:46Elle dit,
00:45:46« Pourquoi pas ? »
00:45:47Alors,
00:45:47elle lui dit,
00:45:48« Alors,
00:45:48un,
00:45:49deux,
00:45:49trois ! »
00:45:50C'est mignon.
00:45:56C'est la même chose.
00:45:57Du coup,
00:45:58il était super déçu.
00:45:59Le mec,
00:46:00« Mince,
00:46:00je suis passé à côté d'un truc. »
00:46:03Ce qui est intéressant aussi,
00:46:04c'est ce lien
00:46:05entre psychisme
00:46:07et le corps.
00:46:09Ça,
00:46:09c'est assez surprenant.
00:46:11Là,
00:46:11on l'a évoqué,
00:46:13les femmes sont beaucoup plus mentales
00:46:14dans leur sexualité,
00:46:15mais les hommes aussi,
00:46:16en fait,
00:46:16finalement.
00:46:17Ah oui,
00:46:17les hommes,
00:46:18si vous voulez,
00:46:19les hommes…
00:46:19Parce qu'on imagine
00:46:20que les hommes,
00:46:20il y a un bouton on-off.
00:46:21Non,
00:46:22non,
00:46:22non,
00:46:22pas du tout.
00:46:23Non,
00:46:23non,
00:46:23non,
00:46:23les hommes,
00:46:24comment dire ?
00:46:25D'ailleurs,
00:46:25il y a eu des études
00:46:26qui montrent que
00:46:27les hommes sont finalement
00:46:29plus amoureux,
00:46:30souvent.
00:46:31L'amour,
00:46:32c'est quelque chose
00:46:32qui compte beaucoup pour eux,
00:46:34en fait.
00:46:35Bizarrement,
00:46:36on a l'impression
00:46:36que c'est le sexe,
00:46:37mais ce n'est pas pareil.
00:46:40Un homme,
00:46:41par exemple,
00:46:41on dit souvent,
00:46:42il a besoin
00:46:43que sa partenaire
00:46:44lui dise « je te désire ».
00:46:45Parce que quand il se sent désiré,
00:46:47il se sent aimé.
00:46:49Alors qu'une femme,
00:46:50elle a besoin
00:46:50que son homme lui dise
00:46:51« je t'aime »
00:46:51parce qu'elle a du désir
00:46:53si elle se sent aimé.
00:46:54Donc,
00:46:54c'est pas…
00:46:55Et du coup,
00:46:55des fois,
00:46:56il y a des blocages
00:46:57dans les couples
00:46:58parce qu'une femme,
00:47:01elle ne va pas dire
00:47:01à son homme
00:47:02qu'elle le désire
00:47:02et lui,
00:47:03il ne lui dit pas
00:47:03qu'il l'aime
00:47:04alors que pourtant,
00:47:05c'est le cas.
00:47:06Mais donc,
00:47:06ils se sentent
00:47:07incompris
00:47:08ou mal aimés
00:47:09tous les deux
00:47:09alors qu'en fait,
00:47:11ils s'aiment.
00:47:11Donc ça,
00:47:12c'est dommage.
00:47:13Il y a une vraie question
00:47:13aussi sur l'infidélité.
00:47:15est-ce que l'homme
00:47:17est fait pour être fidèle ?
00:47:19C'est l'homme
00:47:20ou la femme,
00:47:20vous voulez dire
00:47:21l'homme avec un grand H.
00:47:22Les humains.
00:47:23Est-ce qu'on est fait
00:47:24pour être fidèle ?
00:47:25Est-ce que c'est possible
00:47:25d'être fidèle toute une vie ?
00:47:27Alors,
00:47:28je pense qu'il y a une chose,
00:47:30je dirais,
00:47:32comment dire,
00:47:33liée à notre fait
00:47:35qu'on soit des humains,
00:47:37c'est qu'il y a une fidélité
00:47:38pendant au moins
00:47:39plusieurs années
00:47:40parce qu'on a un attachement
00:47:42à notre partenaire
00:47:44quand on fait l'amour
00:47:44avec quelqu'un,
00:47:45on fabrique de l'ocytocine
00:47:47et on crée
00:47:47un attachement profond.
00:47:49Et ça,
00:47:50je pense que c'est fait.
00:47:51C'est la même hormone
00:47:53quand on allaite
00:47:53ou quand on accouche aussi.
00:47:55Donc,
00:47:55le bébé
00:47:57a besoin
00:47:57que la maman soit attachée
00:47:59pour qu'elle en prenne soin
00:48:00un peu qu'elle ne se dise pas
00:48:01« je le laisse là
00:48:02et puis on verra,
00:48:03tant pis,
00:48:03on fiche moi de cet enfant ».
00:48:05Et donc,
00:48:06je pense que c'est pour créer
00:48:08un lien entre les deux parents
00:48:09et qu'ils réussissent
00:48:10à élever un enfant
00:48:11jusqu'à ce qu'il soit autonome.
00:48:12C'est pareil dans le couple ?
00:48:13Oui.
00:48:14Il y a cette hormone.
00:48:15À chaque fois qu'on a un orgasme,
00:48:16on a une décharge d'ocytocine
00:48:18et on s'attache à l'autre.
00:48:19C'est pour ça que
00:48:20les gens qui disent
00:48:20« on est sex friends »,
00:48:22s'ils ont des rapports sexuels
00:48:23souvent,
00:48:24il y a un attachement
00:48:24au bout d'un moment.
00:48:26Et si on n'a pas de sexualité
00:48:27à l'inverse,
00:48:28on se détache ?
00:48:31Ce que vous appelez sexualité…
00:48:34Des rapports sexuels.
00:48:35Oui.
00:48:36Oui, mais souvent,
00:48:37quand on n'en a pas,
00:48:38on en a eu à un moment.
00:48:39Enfin, c'est assez rare,
00:48:39les couples n'ont jamais
00:48:40de sexualité.
00:48:41Non, non, mais je veux dire,
00:48:41est-ce que s'il n'y a pas
00:48:42de sexualité,
00:48:43s'il n'y a pas d'orgasme,
00:48:44il n'y a pas d'ocytocine,
00:48:45donc le couple se délite ?
00:48:47Ça peut.
00:48:48Pas forcément.
00:48:49Ça dépend,
00:48:49parce qu'on peut déjà
00:48:50avoir un grand attachement.
00:48:51Et puis, il n'y a pas que la tâche.
00:48:53Enfin, il y a beaucoup
00:48:53d'autres choses
00:48:54que les hormones.
00:48:56Et donc, peut-être
00:48:57que c'est fait
00:48:58pour que les couples
00:48:59restent ensemble
00:49:00jusqu'à ce que les enfants
00:49:01soient autonomes.
00:49:01Mais après, c'est vrai
00:49:03que c'est sans doute
00:49:03aussi une construction.
00:49:05Mais enfin, là,
00:49:06je ne parle pas forcément
00:49:07de fidélité,
00:49:08parce que ce n'est pas pareil
00:49:09de rester en couple longtemps
00:49:11ou être fidèle.
00:49:12C'est encore deux choses différentes
00:49:13puisqu'on peut rester en couple
00:49:14et ne pas être fidèle.
00:49:15Mais la fidélité,
00:49:16c'est possible ?
00:49:17C'est possible, ça, c'est sûr.
00:49:18Parce que je vois
00:49:19beaucoup de couples
00:49:20qui sont fidèles.
00:49:20J'ai beaucoup de patients
00:49:21qui ont 80 ans
00:49:22qui disent,
00:49:23moi, même,
00:49:25je pense à un de mes patients,
00:49:26à un couple
00:49:26que je trouve très chouette.
00:49:28Il me dit,
00:49:29ma femme n'a plus de désir du tout.
00:49:30Elle n'a pas envie
00:49:31de faire l'amour.
00:49:31Elle me dit,
00:49:32écoute, si tu as vraiment envie,
00:49:33ben, elle trouve quelqu'un d'autre.
00:49:35Et il me dit,
00:49:36mais moi, je ne veux pas.
00:49:37Je m'entends avec ma femme.
00:49:38C'est avec elle que j'ai...
00:49:39Enfin, j'aime ma femme.
00:49:40J'ai envie de faire l'amour avec elle.
00:49:41Je n'ai pas du tout
00:49:42envie d'aller faire l'amour
00:49:42avec quelqu'un.
00:49:43C'est mignon.
00:49:44Il y en a un qui m'a dit
00:49:45dernièrement,
00:49:46oui, ma femme,
00:49:46elle me dit,
00:49:47écoute, non,
00:49:47moi, je n'ai plus envie.
00:49:49Ils ont un certain âge.
00:49:50Si tu veux trouver quelqu'un,
00:49:51même de plus jeune.
00:49:52Et il me dit,
00:49:53mais qu'est-ce que je vais faire
00:49:54avec une femme plus jeune ?
00:49:55Moi, avec ma femme,
00:49:56on partage plein de choses.
00:49:57On va au théâtre.
00:49:58On aime beaucoup lire.
00:50:00On échange.
00:50:01On a des échanges
00:50:02très riches.
00:50:04Très profonds.
00:50:04Je n'ai pas du tout envie
00:50:05d'aller trouver une jeune femme.
00:50:06Ça ne m'intéresse pas du tout.
00:50:07Et parfois,
00:50:08en consultation,
00:50:09il y a des hommes
00:50:10qui te draguent.
00:50:11Ça arrive ?
00:50:12Non, quasiment jamais.
00:50:14Presque.
00:50:14Déjà, j'ai été vexée.
00:50:15Je rigole
00:50:16parce qu'il y a un monsieur
00:50:17qui me dit,
00:50:17vous êtes une mère pour moi.
00:50:19Je me dis,
00:50:19zut,
00:50:20il est plus âgé que moi.
00:50:22Non, mais je trouve
00:50:22que je rigole.
00:50:23Je trouve ça chouette quand même.
00:50:24Oui, je comprends.
00:50:25Non, c'est franchement...
00:50:27Non, c'est arrivé
00:50:29une fois quelque chose,
00:50:30mais ce n'était pas dragué.
00:50:31C'était un monsieur,
00:50:32ça fait longtemps.
00:50:33Il me dit,
00:50:34est-ce que vous couchez
00:50:34avec vos patients ?
00:50:36Je lui dis,
00:50:36ben non.
00:50:37Il me dit,
00:50:38est-ce que vous ne feriez pas
00:50:39une petite exception ?
00:50:40Je lui dis non.
00:50:41Et puis voilà,
00:50:42ça s'arrête là.
00:50:43C'était pas...
00:50:44La consultation,
00:50:45c'est passé normalement après ?
00:50:46Oui, oui, voilà.
00:50:47Rien d'autre.
00:50:48Seulement, c'est après,
00:50:49il venait sonner
00:50:50au cabinet
00:50:51où je consultais à l'époque
00:50:52et il me disait,
00:50:53est-ce que vous avez changé d'avis ?
00:50:55Mais non.
00:50:55L'amour au transi.
00:50:57Ah non, mais non.
00:50:58Ou le harceler,
00:50:59d'ailleurs.
00:50:59Il n'était pas du tout
00:51:00amoureux au transi.
00:51:01Non, non, non, non.
00:51:01C'était pour me gêner,
00:51:03pour me mettre mal à l'aise.
00:51:04Et donc,
00:51:05une fois,
00:51:05deux fois,
00:51:06trois fois.
00:51:06Et là,
00:51:07j'étais en pleine consultation,
00:51:08j'allais ouvrir.
00:51:09Oh non,
00:51:09je me dis,
00:51:10c'est pas possible.
00:51:10Et alors,
00:51:11j'ai eu une illumination
00:51:12parce que je faisais une formation
00:51:13en thérapie stratégique.
00:51:15Je lui ouvre,
00:51:16je lui dis,
00:51:17ah, vous tombez bien
00:51:18parce qu'avec mon métier,
00:51:20il faut que je m'attende
00:51:21à avoir ce genre de demande
00:51:22et en fait,
00:51:22je ne suis pas très à l'aise.
00:51:24Donc,
00:51:24ça m'entraîne,
00:51:25revenez quand vous voulez.
00:51:26Eh bien,
00:51:26il n'y aurait jamais revenu.
00:51:27C'est génial.
00:51:29Ça,
00:51:29c'est un souvenir très drôle.
00:51:30C'est génial.
00:51:31Ça lui a coupé la chic,
00:51:32là.
00:51:32Oui,
00:51:32voilà.
00:51:32Ça ne l'intéressait plus du tout.
00:51:34Ah ben non,
00:51:34évidemment.
00:51:35Non,
00:51:35mais c'est une histoire ancienne.
00:51:38C'est assez mignon.
00:51:39C'est quoi les...
00:51:41Parfois,
00:51:41j'imagine que des patients
00:51:43ont dû te poser des questions.
00:51:44C'est quoi les fausses idées
00:51:46qu'on peut avoir
00:51:48liées à la sexualité,
00:51:49par exemple ?
00:51:50Alors,
00:51:51disons qu'il faut que je dise
00:51:52une chose aussi,
00:51:53c'est que j'ai travaillé
00:51:53pendant à peu près 20 ans
00:51:55pour RFI.
00:51:56Donc,
00:51:56c'est Radio France Internationale.
00:51:57C'est une radio qui émet
00:51:58en Afrique francophone.
00:52:00Là-bas,
00:52:00il n'y a pas beaucoup de médecins,
00:52:01il n'y a pas beaucoup de sexologues.
00:52:03Et donc,
00:52:03on se sent hyper utile.
00:52:05Moi,
00:52:05je me sens extrêmement utile.
00:52:06Je comprends.
00:52:07Oui,
00:52:07voilà.
00:52:07Et par contre,
00:52:08les idées fausses,
00:52:09alors là,
00:52:10par exemple,
00:52:11je relisais un truc
00:52:12qu'on m'avait envoyé,
00:52:12c'est,
00:52:13est-ce que c'est vrai
00:52:13que prendre du Coca-Cola
00:52:15avec du citron
00:52:15et de l'ail,
00:52:16je crois,
00:52:17ça ralentit l'éjaculation ?
00:52:23Voilà,
00:52:25des questions.
00:52:26Quoi d'autre,
00:52:27par exemple ?
00:52:27Ça reste encore
00:52:28la première fois
00:52:29est-ce qu'une femme
00:52:30peut tomber enceinte ?
00:52:31Son premier rapport,
00:52:32son tout premier.
00:52:33Ben oui,
00:52:33évidemment.
00:52:34Est-ce que pendant les règles,
00:52:35une femme peut enceinter ?
00:52:37Ils disent.
00:52:38Enceinter,
00:52:38c'est l'un.
00:52:39Est-ce que je peux enceinter
00:52:40une femme ?
00:52:41Pendant ces règles ?
00:52:42Voilà.
00:52:42Ben oui,
00:52:43la réponse est oui.
00:52:45Alors,
00:52:45il y a aussi des gens
00:52:46qui me disent
00:52:46bon ben voilà,
00:52:47on ne voudrait pas d'enfants,
00:52:48comment faire ?
00:52:48Mais on veut une méthode naturelle.
00:52:51Je dis ben oui,
00:52:52mais je veux bien
00:52:53un médicament pour l'érection,
00:52:55mais pas du Viagra,
00:52:56pas du chimique,
00:52:57je veux quelque chose
00:52:58de naturel.
00:52:58Ben,
00:52:58j'ai envie de dire aux gens
00:52:59s'il y avait une méthode naturelle
00:53:01simple,
00:53:02ben tout le monde le ferait,
00:53:03non ?
00:53:03Oui,
00:53:03ben évidemment.
00:53:04Je me rappelle un collègue
00:53:05qui nous avait fait rire
00:53:06parce qu'il y a des crèmes
00:53:07pour faire grandir le pénis.
00:53:09C'est vrai ou c'est pas vrai ça ?
00:53:10Ben,
00:53:10ça ne marche pas,
00:53:11mais alors il y avait un monsieur,
00:53:12il m'avait fait rire,
00:53:13il avait fait un test.
00:53:14Il dit ben voilà,
00:53:15j'ai utilisé cette crème
00:53:16pendant un mois
00:53:17et j'ai mesuré mon pénis avant,
00:53:18après,
00:53:19il n'a pas grandi.
00:53:20Et il avait dit d'ailleurs,
00:53:21mes mains non plus.
00:53:22Parce qu'il disait ça.
00:53:24Mais s'il en avait...
00:53:25Ah,
00:53:26ça m'a fait rire cette expression,
00:53:28mais c'était pour montrer
00:53:29que c'était idiot,
00:53:30c'était pas ce qu'il y croyait.
00:53:33Non,
00:53:33mais il s'il a dit,
00:53:34c'est mignon,
00:53:34mais c'est complètement...
00:53:35Je pense que quand on a tellement envie,
00:53:38c'est un peu comme les régimes
00:53:39amégrissants,
00:53:408 jours,
00:53:40on perdait 10 kilos.
00:53:41Ben bien sûr.
00:53:42C'est pas en 10 minutes,
00:53:435 kilos, quoi.
00:53:43Non,
00:53:44mais c'est clair,
00:53:44c'est clair.
00:53:46Si c'était vrai,
00:53:46tout le monde serait mince
00:53:48et si on pouvait gagner
00:53:495 centimètres aussi
00:53:50par la même occasion.
00:53:51C'est clair.
00:53:52J'achète.
00:53:53Est-ce qu'il y a une question
00:53:54qui revient fréquemment
00:53:55sur le nombre de rapports ?
00:53:59J'ai l'impression
00:53:59qu'il y a des vrais fantasmes,
00:54:01mais d'ailleurs,
00:54:02dans les couples,
00:54:03même dans les dîners,
00:54:04entre copines,
00:54:05on se raconte des trucs...
00:54:07La quantité ?
00:54:08Sur la quantité,
00:54:09ouais.
00:54:10Est-ce qu'il y a
00:54:10un nombre de rapports
00:54:11normal ?
00:54:13Il y a une normalité ?
00:54:14Un normal.
00:54:15C'est normal
00:54:16à partir du moment,
00:54:17on est bien.
00:54:17Si dans un couple,
00:54:18on fait l'amour
00:54:18une fois par mois,
00:54:19que ça nous va,
00:54:20c'est bien.
00:54:20Si on le fait
00:54:21tous les jours,
00:54:21c'est bien.
00:54:22Deux fois par jour,
00:54:23c'est bien.
00:54:23Du moment que les deux partenaires
00:54:25s'en trouvent bien,
00:54:26il n'y a pas de normalité.
00:54:27Mais il y a plutôt
00:54:28des moyennes,
00:54:29je dirais.
00:54:29C'est quoi la moyenne ?
00:54:30Et donc,
00:54:30moi,
00:54:30je travaille pour marier
00:54:31au premier regard,
00:54:33en Belgique.
00:54:33J'ai travaillé en France aussi
00:54:34et on demande
00:54:35à nos participants,
00:54:36comme on a des questionnaires
00:54:37qui vont assez loin,
00:54:39on leur demande
00:54:39et en général,
00:54:41presque tout le monde dit
00:54:42que c'est deux à trois fois
00:54:43par semaine
00:54:44la fréquence idéale
00:54:45pour moi.
00:54:46Quasiment tout le monde
00:54:46est pour ça.
00:54:47L'idéal ou ce que je fais en vrai ?
00:54:48Non,
00:54:48c'est ce que j'aimerais
00:54:49dans mon couple.
00:54:51D'accord.
00:54:52En général,
00:54:52à peu près,
00:54:53tout le monde dit ça.
00:54:54Mais moi,
00:54:54j'ai des patients
00:54:55qui me disent,
00:54:57par exemple,
00:54:57je pense à un jeune couple
00:54:58qui me dit,
00:54:59moi,
00:55:00on a un peu honte
00:55:01tous les deux
00:55:02qu'ils me disent
00:55:02parce qu'en fait,
00:55:04avant,
00:55:05on se moquait des couples
00:55:06qui faisaient l'amour
00:55:07tous les samedis soirs.
00:55:08Et maintenant,
00:55:09c'est ce qu'on fait
00:55:10parce qu'on a deux petits-enfants
00:55:12et qu'on travaille
00:55:12alors que quand on était étudiant,
00:55:14ça nous faisait rire.
00:55:15Bien sûr.
00:55:17Mais moi,
00:55:17ce que je dis à mes patients,
00:55:18c'est que le nombre de fois,
00:55:21franchement,
00:55:21c'est quoi ?
00:55:22C'est le nombre d'éjaculations.
00:55:24Par exemple,
00:55:24il y a des hommes qui disent,
00:55:25on a fait trois fois l'amour
00:55:26cette nuit ou ce soir
00:55:27parce qu'ils ont eu
00:55:28trois éjaculations.
00:55:29Mais en fait,
00:55:29c'était le même rapport sexuel,
00:55:30ils ont recommencé aussitôt.
00:55:32Et je trouve qu'on ne prend pas
00:55:34en compte la femme,
00:55:35vous voyez ?
00:55:36C'est vrai.
00:55:36C'est vraiment bizarre même.
00:55:38Et je dis à mes patients,
00:55:39vous savez,
00:55:39il y a des personnes
00:55:40qui font l'amour
00:55:41tous les samedis soirs
00:55:41qu'une fois par semaine.
00:55:43Mais ils prennent trois heures
00:55:45parce qu'ils font des préliminaires,
00:55:46ils prennent une douche ensemble.
00:55:48Voilà.
00:55:48Et il y en a
00:55:48qui le font tous les soirs
00:55:49en cinq minutes.
00:55:50Cinq minutes fois sept,
00:55:52ça fait un peu plus
00:55:53d'une demi-heure.
00:55:54Alors que les autres,
00:55:55ils font trois heures une fois.
00:55:56En fait,
00:55:56c'est plus que vous.
00:55:57En fait,
00:55:57ils en font plus.
00:55:58Et donc,
00:55:58je trouve que compter
00:56:00en nombre de fois,
00:56:02c'est un petit peu léger
00:56:03comme indice.
00:56:05Mais c'est quoi la moyenne
00:56:06des Français ?
00:56:08C'est à peu près
00:56:08deux ou trois rapports.
00:56:10Ça diminue un peu
00:56:10par semaine.
00:56:12Ça diminue souvent
00:56:13après 50 ans,
00:56:15mais je crois que ça reste
00:56:16à cinq ou six rapports
00:56:17par mois
00:56:18en moyenne,
00:56:18les couples.
00:56:19Et je sais que dans
00:56:20les statistiques,
00:56:21il y a une baisse
00:56:22après sept ans de mariage,
00:56:23un truc comme ça.
00:56:24mais apparemment,
00:56:26c'est lié aux couples
00:56:26qui ne s'entendent pas
00:56:27et qui vont divorcer.
00:56:28Ah bon ?
00:56:29Oui.
00:56:29Est-ce que quand ça ne va pas,
00:56:31souvent on espace
00:56:31les rapports sexuels,
00:56:34ce n'est pas toujours
00:56:34bon signe ?
00:56:35Non,
00:56:35mais ça peut être aussi
00:56:36parce qu'on dit
00:56:37que l'amour dure trois ans.
00:56:39Mais ce n'est pas l'amour,
00:56:40c'est le sentiment amoureux,
00:56:45le coup de foudre,
00:56:47la passion.
00:56:48Oui, c'est ça.
00:56:49Mais après,
00:56:50il y a des choses
00:56:51qu'il faut aussi construire
00:56:52après et ce n'est pas
00:56:54le même amour,
00:56:54mais c'est chouette souvent
00:56:56quand on voit des couples
00:56:57qui s'entendent bien.
00:56:58Vous savez,
00:56:59moi ce que je trouve génial
00:57:00dans mon métier,
00:57:00c'est d'entendre des hommes
00:57:01qui parlent de leur femme
00:57:03et vraiment,
00:57:04j'entends des choses
00:57:04merveilleuses.
00:57:06Je pense à un patient
00:57:07qui me disait,
00:57:07moi j'ai une femme,
00:57:08elle est extraordinaire.
00:57:10Je ne la mérite pas,
00:57:11elle est belle,
00:57:12elle est vraiment,
00:57:13elle est formidable.
00:57:15Un monsieur qui a 50 ans
00:57:16et qui est marié
00:57:16depuis presque 30 ans,
00:57:18c'est ça ?
00:57:1915 jours.
00:57:20J'en ai beaucoup comme ça
00:57:21et je pense qu'ils ont
00:57:23une espèce de pudeur
00:57:25à dire ça en fait
00:57:26et moi comme ils sont
00:57:26en tête à tête
00:57:27et ça vient,
00:57:29je trouve ça tellement chou
00:57:30et c'est pareil
00:57:31à Gustave Roussy
00:57:33en cancéro,
00:57:34vous n'imaginez pas
00:57:36le nombre d'hommes
00:57:37qui accompagnent
00:57:38leurs compagnes,
00:57:39leurs femmes
00:57:39ou leurs partenaires,
00:57:41des jeunes
00:57:41et des moins jeunes
00:57:42et j'en ai vu,
00:57:44je trouvais trop chou
00:57:45ce couple.
00:57:46Elle me dit,
00:57:46mon conjoint,
00:57:47il est formidable,
00:57:48elle me dit
00:57:49quand il a su
00:57:49que j'avais un cancer,
00:57:50il a pris un mois
00:57:51de vacances
00:57:52pour m'accompagner
00:57:53à tous les examens
00:57:54et tout
00:57:54et il a demandé
00:57:55à sa boîte
00:57:56de télétravailler
00:57:57donc il télétravaille
00:57:58presque tout le temps,
00:57:59il est toujours avec moi
00:58:00à la maison
00:58:01pour me soutenir,
00:58:02il m'accompagne,
00:58:02d'ailleurs il était là,
00:58:03elle disait ça devant lui,
00:58:04je me dis vraiment
00:58:06ça me touche beaucoup
00:58:08quoi.
00:58:11Disons qu'on parle
00:58:12plus de sexualité
00:58:13que d'amour
00:58:13et alors que c'est ça
00:58:15le plus important.
00:58:16En fait,
00:58:16c'est la clé,
00:58:17l'amour.
00:58:17Oui,
00:58:18voilà,
00:58:18exactement.
00:58:20Au vu de tout ce qu'on s'est dit,
00:58:21là on arrive
00:58:21à la fin de l'entretien,
00:58:23au vu de tout ce qu'on s'est dit,
00:58:24dans Tous Wander
00:58:24on aime bien avoir
00:58:25un petit conseil.
00:58:27C'est quoi ton conseil ?
00:58:28Peut-être sur la sexualité
00:58:30pour être épanouie,
00:58:32pour se sentir bien,
00:58:34au vu de ta consultation,
00:58:36tous les patients
00:58:36que tu as vus,
00:58:37qu'est-ce qu'on pourrait dire
00:58:39aux gens qui nous regardent
00:58:40ou qui nous écoutent ?
00:58:42Je dirais qu'il ne faut pas
00:58:43se comparer
00:58:43et je dirais aussi
00:58:45que pour moi
00:58:45ce qui montre
00:58:46qu'un rapport sexuel
00:58:47est réussi,
00:58:48ce n'est pas du tout
00:58:50qu'on a eu un orgasme,
00:58:51que ça a duré un certain temps,
00:58:53etc.
00:58:53C'est la joie
00:58:54qu'on ressent après
00:58:56et c'est le fait
00:58:57de se dire
00:58:58ça nous a rapproché.
00:59:00Ce qui veut dire
00:59:00qu'un rapport sexuel
00:59:01peut être raté techniquement
00:59:02mais si on en rigole
00:59:05et si ça nous rapproche,
00:59:06c'est quand même réussi
00:59:07et c'est ça le plus important.
00:59:10C'est génial,
00:59:10ça va rassurer
00:59:11des millions de Français.
00:59:12Je le pense profondément.
00:59:13Si c'est raté,
00:59:14ça ne l'a pas fait,
00:59:15on s'est tiré les cheveux,
00:59:16on s'est emmêlé,
00:59:17c'est ok.
00:59:17Oui,
00:59:17et puis ça arrive souvent
00:59:18pour une première fois.
00:59:20C'est vrai.
00:59:20La première fois,
00:59:21c'est raté,
00:59:21on n'arrive pas à rentrer,
00:59:22par exemple.
00:59:24J'en ai déjà entendu
00:59:25me raconter ça.
00:59:26Eh bien,
00:59:27quand c'est un couple
00:59:28qui s'aime
00:59:29et qui sort ensemble
00:59:29et que ça continue,
00:59:31ils se disent
00:59:31on n'est quand même
00:59:32pas plus bêtes que les autres,
00:59:33on va bien y arriver
00:59:34et puis au bout
00:59:34de deux ou trois fois,
00:59:35ils y arrivent
00:59:35et en fait,
00:59:36ça reste un bon souvenir
00:59:37et ça les rapproche
00:59:38et ce n'est pas forcément
00:59:39catastrophique.
00:59:40C'est un super conseil ça.
00:59:42Merci Catherine Solano.
00:59:44Tu as écrit plein de livres,
00:59:44alors attends,
00:59:45on va dire.
00:59:45Donc,
00:59:46tu en as amené trois
00:59:46mais évidemment,
00:59:47il y en a d'autres.
00:59:48Les trois cerveaux sexuels
00:59:50entre pulsions,
00:59:51émotions et réflexions,
00:59:52comment vivre sa sexualité.
00:59:55C'est chez Robert Laffont.
00:59:56Chez Robert Laffont,
00:59:57je n'arrivais pas
00:59:57à lire merci beaucoup.
00:59:59Autre livre,
01:00:00c'est tome 1,
01:00:00c'est ça,
01:00:01il y a plusieurs tomes.
01:00:02La mécanique sexuelle
01:00:03des hommes,
01:00:03tome 1,
01:00:04l'éjaculation.
01:00:05Et la deuxième tome,
01:00:06c'est l'érection.
01:00:07L'érection.
01:00:07Tu as l'inverse, non ?
01:00:09Érection,
01:00:09l'éjaculation.
01:00:10Comme j'ai plus de demandes
01:00:12d'éjaculation frécoce,
01:00:13c'est mon sujet fétiche,
01:00:14je comprends.
01:00:15Donc tu as commencé
01:00:15par celui-là.
01:00:16Et le plus récent,
01:00:17qui va plaire aux plus jeunes,
01:00:19le grand livre
01:00:20de la puberté,
01:00:22chez Robert Laffont aussi.
01:00:23Et qu'est-ce qu'on va
01:00:24apprendre dans le livre ?
01:00:25Alors,
01:00:26j'écris ce livre beaucoup
01:00:27pour les papas
01:00:27et les garçons,
01:00:28parce que les mamans
01:00:29expliquent beaucoup de choses
01:00:30à leurs filles,
01:00:31mais les papas
01:00:31n'expliquent quasiment
01:00:32jamais rien.
01:00:33Je trouve que pour les papas,
01:00:35je dis toujours,
01:00:36lisez-le d'abord
01:00:37et après,
01:00:38vous le donnez à votre fils
01:00:39et vous lui expliquez des choses.
01:00:40Donc le grand livre
01:00:41de la puberté
01:00:41pour les papas
01:00:42et les fils.
01:00:44pour les filles,
01:00:45mais les mamans,
01:00:46elles sont déjà plus,
01:00:47j'allais dire,
01:00:48habituées.
01:00:50Je fais une petite parenthèse,
01:00:51mais après notre échange
01:00:52pour préparer l'émission,
01:00:54j'ai parlé des règles
01:00:55à ma fille de 5 ans.
01:00:56Ah, bravo.
01:00:56C'est grâce à toi.
01:00:58C'est vrai,
01:00:59un méridique.
01:00:59Merci beaucoup,
01:01:00Catherine Solano,
01:01:01pour toutes tes anecdotes,
01:01:03pour ta confiance
01:01:03et nous avoir raconté
01:01:04à la fois ton métier
01:01:06et la sexualité
01:01:07des Français.
01:01:08Et Tous Wander,
01:01:09c'est tous les mardis.
01:01:10On se retrouve
01:01:10la semaine prochaine.
01:01:12Salut.
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