- il y a 21 heures
L'argentier du foot français est l'invité de l'After Foot. Il nous parle de son amitié avec Rolland Courbis, de sa relation compliquée avec Michel Platini et Bernard Tapie mais nous donne aussi son analyse de l'état actuel de la Ligue 1...
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00:00L'homme qui a traversé
00:01les époques du football français, il a inventé
00:03le sponsoring, il a inventé les droits télé,
00:05il a mis l'histoire à raconter,
00:08il y a un doc, un livre qui raconte
00:09sa vie, Jean-Claude Darman est avec nous, Jean-Claude,
00:11bonsoir. Bonsoir et merci de me recevoir.
00:14On est
00:15ravis parce que, pour les plus jeunes qui
00:17nous écoutent, là, vous allez
00:19pouvoir revivre quelques-unes des
00:21grandes histoires du foot français. Bon, comme on n'aura pas
00:23assez de temps, on les renvoie vers le doc, qui est quand même
00:25formidable, et qu'on peut regarder facilement
00:27sur canal, on passe un très bon moment, parce que
00:29là, en une heure, on ne pourra pas faire tout le tour.
00:31Je vais donner les références dans quelques instants, mais juste avant,
00:33vous le savez, l'after est dans la
00:35saison de ses 20 ans, et le climax
00:37de cette saison de ses 20 ans, c'est la croisière
00:39de l'after, fin mars.
00:41Oui, on fait une croisière, donc ça peut paraître un peu inattendu,
00:43mais... Non, mais c'est plutôt sympa,
00:45c'est bien, c'est bien. C'est le
00:4724 et 25 mars prochains, et vous pouvez
00:49gagner votre cabine, venir avec nous
00:51sur le bateau, bien sûr, tout à l'heure, on aura
00:53un petit quiz, si vous voulez participer,
00:55vous envoyez after par SMS au 7
00:5732 16, tirage au sort et quiz
00:59tout à l'heure, en fin d'émission, pour être
01:01avec nous lors de la croisière, fin mars.
01:04Alors, donc le doc,
01:05c'est sur Canal, ça s'appelle
01:07L'Argentier, voilà,
01:09donc c'est disponible, vous pouvez aller le voir, et le bouquin,
01:12c'est Jean-Claude Darmon, Destin,
01:14avoir plus de rêves que de souvenirs,
01:15chez Fire, je le montre à la caméra,
01:17c'est disponible, là aussi,
01:19donc, si vous êtes plutôt doc, vous avez la
01:21version image, si vous êtes plutôt lecture, vous avez
01:23la version bouquin.
01:25– C'est totalement complémentaire,
01:27c'est quasiment, c'est évidemment la même histoire,
01:30mais c'est déjà plus personnel,
01:32le livre est plus intime,
01:34c'est l'enfant, le fils, le père,
01:36c'est différent.
01:37– Jean-Claude, on va démarrer
01:39par ce qui s'est passé il y a quelques jours,
01:42évidemment, la disparition de Roland, qui était avec nous
01:43dans les émissions encore il y a quelques
01:45semaines, qui a traversé, lui aussi,
01:48presque 20 ans d'after,
01:4920 ans d'after avec nous,
01:51et vous étiez très proche,
01:54et notamment sur les dernières semaines
01:55avec Roland,
01:57donc on voulait en parler,
01:59évidemment, parce que c'est une grosse perte
02:01pour l'after, pour nous,
02:02et pour vous aussi.
02:03– Et on sait également à quel point tu as été
02:04très important dans les derniers jours,
02:07puisque tu as également participé à l'organisation
02:09des obsèques,
02:10et ce grand moment et ce rassemblement
02:12de tous les gens qui l'aimaient,
02:13on te le doit également en partie,
02:15même si on a évidemment aimé s'en passer.
02:17Donc déjà, pour nous...
02:18– Oui, c'est des remerciements même.
02:19– Voilà, pour nous qui avons été avec lui,
02:22aussi proches,
02:22moi j'ai même envie de te dire merci.
02:24– Merci encore.
02:26Il n'y a pas d'amitié sans preuve d'amitié.
02:28Roland, je l'ai connu,
02:29il avait 16-17 ans.
02:30Il jouait à l'OM,
02:32il avait une...
02:33C'était une beauté,
02:34c'était une beauté grecque,
02:35ce mec,
02:36voilà,
02:37il me déroutait.
02:39Je vous rappelle que Roland,
02:41pour jouer en Grèce,
02:43c'est de trouver un arrière-grand-père grec,
02:47à son âge.
02:47Il a fallu qu'il cherche beaucoup,
02:49c'est vrai,
02:50mais il l'a trouvé.
02:51Donc c'est un personnage hors-série.
02:52Et donc,
02:53j'ai été avec lui tout le temps,
02:54et dans les grands événements,
02:56heureux,
02:58et quelquefois malheureux,
02:59car vous savez que
03:00la seule fois où j'ai connu
03:01la garde à vue,
03:03c'est-à-dire la prison,
03:04je l'ai eu du doigt.
03:05Car Roland...
03:06– Vous n'êtes pas rancunier !
03:08– Sans limite !
03:09Sans limite !
03:10– Oui, c'est l'histoire
03:11de la caisse noire de Toulon,
03:12à l'époque.
03:12– Oui, évidemment.
03:13C'est la caisse noire de Toulon,
03:14c'est aussi la mienne,
03:17à la fin de ces derniers jours,
03:20c'est-à-dire 48 heures
03:20avant qu'il disparaisse,
03:22j'étais pratiquement
03:23tous les jours,
03:24ou tous les deux jours
03:25avec lui,
03:26au téléphone,
03:27ou quand il venait au bureau,
03:28il me parlait,
03:29il ne comprenait pas
03:29ce qui lui arrivait.
03:31Les médecins ne connaissaient pas
03:33sa maladie.
03:35Il avait des difficultés
03:36à respirer.
03:39Mais il avait toujours le moral.
03:42Cet homme était incroyable.
03:44Il souffrait, c'est vrai,
03:45mais il avait le moral.
03:46Et puis vous savez,
03:48il est parti, voilà.
03:49Quand il est parti,
03:50ça a été un crève-cœur pour moi.
03:52Et je vous le dis,
03:54très honnêtement,
03:55je ne pensais pas
03:56qu'il avait tel poids
03:57dans ma vie.
03:58Il m'a...
04:00J'ai tout organisé
04:01à la Madeleine.
04:02J'ai bien tout,
04:03sans exception.
04:05J'ai beaucoup aidé
04:06pour Marseille
04:07jusqu'au début
04:09de la crémation
04:09et ça m'a vraiment marqué.
04:12Aujourd'hui,
04:12franchement,
04:13je paye un peu
04:16comme une espèce
04:17de morale à zéro
04:19parce que cet homme,
04:21avec...
04:21Vous le connaissez aussi bien
04:22que moi,
04:23qui vous emportait
04:24dans sa folie,
04:25car Roland était fou.
04:27Fou de joie,
04:28fou de vie,
04:29fou de passion.
04:30En matière de football,
04:31ce n'est pas vous
04:32que je vais apprendre ça.
04:33C'était un génie.
04:34Il savait tout faire.
04:34que pour ceux...
04:36Comment je...
04:36Daniel, pardon,
04:37mais en fait,
04:38c'est difficile.
04:38Bon, comme évidemment,
04:39nous, on était au contact
04:40avec lui quotidiennement
04:42comme vous,
04:42mais c'est difficile
04:43de mesurer le poids
04:44qu'il avait dans le foot français,
04:45en fait, au final,
04:46de travers toutes ces années.
04:47Coach, consultant,
04:49le rôle en joueur,
04:50c'est tellement loin
04:50que, bon,
04:50on ne s'en souvient plus tellement,
04:51mais il pesait lourd, quoi.
04:55Oui, écoutez,
04:56très honnêtement,
04:57jusqu'à aujourd'hui,
04:58que ce soit les réseaux sociaux,
04:59la presse, etc.,
05:00on parle encore de lui.
05:02Il a fait la une de l'équipe
05:03que j'étais surpris.
05:08Pas étonné,
05:09mais surpris,
05:10parce que c'est...
05:11Il était décrié,
05:13certains l'aimaient,
05:14d'autres ne l'aimaient pas,
05:15d'autres considéraient
05:16qu'il était un peu noir,
05:18un peu gris,
05:19un peu rose.
05:23Il a entraîné les joueurs
05:26vers un système de jeu
05:29où lui seul connaissait la méthode.
05:31Roland était un très bon entraîneur.
05:34C'était un meneur d'hommes.
05:35Il avait le mot juste,
05:37c'est incroyable.
05:39Comme moi,
05:39il n'avait fait aucune étude.
05:41Mais on avait l'impression
05:41qu'il avait quelque chose en lui
05:44qui, spontanément,
05:46trouvait la juste valeur,
05:48le juste mot.
05:49Tactiquement,
05:50on l'a vu,
05:50il a fait des choses tactiques.
05:52On parle de ce match mythique
05:54de contre Montpellier,
05:56le fameux 5-4.
05:57Vous connaissez l'histoire.
06:00Il nous l'a raconté 100 000 fois.
06:03Il y a plein d'indécotes
06:04que j'ai hâte d'entendre.
06:05Il faut que je vous dise,
06:06mais ça je sais que vous l'avez vécu
06:07parce que vous êtes chemaillé avec lui.
06:09Il avait un dernier hobby,
06:13c'est le fameux,
06:14je crois,
06:143-1-1
06:15ou 1-0.
06:16Non, non,
06:21surtout pas.
06:22J'ai toujours pas compris.
06:24Il m'a saoulé.
06:27Il m'a dit,
06:28mais c'est pas un match nul.
06:29J'ai dit,
06:30mais attends,
06:30c'est pareil,
06:30sauf au Golavirage
06:31où il y a deux points d'écart.
06:32Mais non,
06:33mais tu comprends rien.
06:34Un jour,
06:35j'allais aux toilettes
06:35et j'ai laissé le téléphone
06:37dans le salon.
06:38Je suis allé au téléphone
06:39de la foutre aujourd'hui
06:40quand il va parler.
06:41T'inquiète,
06:41il n'a pas besoin de moi
06:42pour parler.
06:44Maintenant,
06:44on va parler de toi,
06:45Jean-Claude.
06:45Juste le dernier mot
06:47pour Roland.
06:48Sur le côté,
06:49alors pas foutre,
06:49mais de sa vie
06:50qui est un roman
06:51puisque les plus intimes
06:52le savaient,
06:53aller lire
06:54ni ce matin,
06:54ce week-end.
06:55Elle n'a jamais parlé.
06:56Enfin,
06:56dans les médias italiens,
06:57oui,
06:57moi j'avais lu,
06:58mais son ami,
07:02l'un des amours
07:03de sa vie également,
07:04la comtesse Maria Luisa Rizzoli
07:06donnait une interview
07:07qui est absolument
07:08étourdissante.
07:10Étourdissante
07:10sur la vie
07:11et ce qu'était Roland.
07:13Et ça,
07:13c'est des choses
07:13que le grand public
07:14ne sait pas.
07:14Je pense qu'on sait
07:16énormément de choses
07:16sur lui,
07:17mais ça,
07:17il n'y avait vraiment
07:18que les intimes
07:18qui savaient.
07:19Il a fait une soirée
07:19avec Donald Trump,
07:20pour le coup,
07:21je pense que même lui
07:21il a été oublié.
07:22Mais c'est dans l'interview.
07:23Pardon,
07:24mais il faut vous dire
07:25que trois jours
07:26avant sa mort,
07:28il m'a dit,
07:28Jean-Claude,
07:29il faut que j'aille
07:29à Monaco.
07:31Il m'a dit,
07:32j'ai besoin d'argent,
07:33il faut que tu m'aides
07:34parce que la comtesse,
07:35elle est au ras des pâquerettes,
07:36elle a un appartement
07:37qui coûte 5000 euros
07:38par mois,
07:38on n'a pas un centime,
07:39il n'y a que moi
07:40qui donne le finance,
07:40etc.
07:42Et à la Madeleine,
07:44au sortir de la Madeleine,
07:45mon téléphone sonne,
07:46c'est elle.
07:47Ah oui ?
07:48Et elle me dit,
07:48je dois vous remercier
07:49pour tout ce que vous avez fait
07:50pour nous,
07:51pour lui,
07:51surtout pour moi,
07:52etc.
07:53C'était touchant,
07:54très touchant,
07:55cette femme,
07:55c'était une très belle femme,
07:57milliardaire,
07:58qui jouait
07:58comme Roland jouait,
08:00on ne sait jamais
08:01qui a décidé
08:02de l'emmener,
08:03elle ou lui.
08:04Elle dit que c'est elle
08:05qui lui a fait connaître
08:06les casinos
08:06et la Grande Vie.
08:07Ah oui,
08:08ça c'est sûr,
08:08la Grande Vie c'est sûr,
08:09le casino je ne savais pas,
08:10mais voilà.
08:12Bon,
08:12alors,
08:14l'histoire du sponsoring,
08:15Jean-Claude,
08:16pardon,
08:16on la connaît par cœur.
08:17Oui,
08:18c'est vrai,
08:18j'imagine.
08:19Parce que,
08:20enfin,
08:21pour l'abler les panneaux,
08:23les panneaux,
08:24et la façon dont les clubs
08:27ont fait rentrer
08:27de l'argent
08:29dans les caisses,
08:30alors qu'ils étaient
08:30extrêmement réticents,
08:31que la Ligue
08:32n'était pas pour
08:32le business,
08:34oui,
08:34ok,
08:35Jean-Claude Harmon
08:36a inventé
08:36le foot business
08:37en France.
08:38C'est vrai.
08:38Tu as vu arriver,
08:39vous avez vu arriver
08:40les présidents,
08:41les nouveaux présidents,
08:43Lagardère quand il arrive,
08:44Bernard Tapie,
08:45les Gervais Martel,
08:46toute la nouvelle génération
08:48des présidents
08:48qui ont voulu faire
08:49du business dans le foot,
08:50vous les avez accompagnés
08:51grâce à ces nouvelles
08:53rentrées d'argent.
08:54Donc là,
08:54effectivement,
08:55il y a quelque chose
08:55qui est de l'ordre
08:56de l'invention,
08:57de quelque chose
08:58de le foot.
08:59Nous,
09:00on s'était dit
09:00avec Gilbert,
09:01avec Jean-Louis,
09:01bon,
09:02si on prenait
09:02des anecdotes,
09:04des moments de votre vie,
09:05les autres iront voir le doc,
09:06ils comprendront tout ça.
09:08On a choisi
09:09quelques moments forts.
09:11On fait quoi,
09:11le premier ?
09:12Ils comprendront aussi
09:13comment Jean-Claude
09:13a expliqué au président
09:14du club
09:14qu'avoir du foot
09:15à la télé,
09:15c'était bien pour les clubs.
09:16Ah oui,
09:16alors ça,
09:17c'est vrai.
09:18Ça,
09:18c'est quand même un truc.
09:19Les présidents ne voulaient pas
09:20que le foot soit à la télé.
09:22Non seulement,
09:22ils ne voulaient pas,
09:23mais ils étaient
09:23vent debout.
09:26Et ils avaient une référence,
09:28il y avait eu un match
09:29à Rennes,
09:30un dimanche après-midi,
09:32plus vieux,
09:33où Rennes avait dû faire
09:35quelque chose
09:36comme 600 spectateurs.
09:39Ils ont dit,
09:40pourquoi c'était télévisé,
09:41donc partait à fin
09:42un dimanche après-midi.
09:44C'était les fameux matchs
09:45de Michel Denisot,
09:45ils devaient en avoir un
09:46tous les 4, 5, 6 mois.
09:48Et donc,
09:48ils ont décidé,
09:49plus jamais.
09:50Et donc,
09:50moi,
09:51je partais d'un principe différent.
09:52Eux pensaient que le foot
09:54à la télé
09:54viderait le stade.
09:55Ça a longtemps été ça.
09:57Et moi,
09:57ma théorie était différente.
09:59je leur disais,
09:59si au galet de la Fayette,
10:01il n'y a rien dans les vitrines,
10:03on ne sait pas quoi acheter,
10:03les gens ne rentrent pas.
10:05Donc,
10:05puis dernier point,
10:06enfin,
10:06si on veut magnifier le football,
10:07si on veut faire aimer le football,
10:09il faut montrer
10:10la forte émotion
10:12que ça dégage
10:12et la force technique
10:15de ce sport,
10:17qui déjà à l'époque,
10:18c'était déjà plus
10:19le sport de Copa,
10:20de Fontaine,
10:21etc.
10:21Ça allait déjà
10:22un peu plus vite,
10:23ça jouait techniquement
10:25très fort,
10:26etc.
10:26Et j'ai réussi
10:28à convaincre Jean Sadoul,
10:31c'est vrai aussi
10:31que j'ai été aidé
10:32par Canal+,
10:33qui est venu quand même
10:33en 1984.
10:34C'est plus facile,
10:35Canal était une chaîne codée,
10:37donc il y avait
10:38moins de pertes,
10:39entre parenthèses,
10:40de spectateurs,
10:41d'ailleurs,
10:41il n'y en a pas eu.
10:42potentiels, oui,
10:42parce qu'il fallait payer
10:43pour avoir qu'un...
10:43Oui,
10:44mais ça a quand même
10:45très très bien marché
10:46et on a eu un flux d'argent
10:48hyper important
10:50qui nous a amené
10:51à sauver un peu ce football
10:52parce qu'à l'époque,
10:53nous vivions uniquement
10:54une subvention municipale.
10:55On n'avait rien.
10:57Le ticketing
10:58et les subventions municipales,
11:02puis on avait en plus,
11:03évidemment,
11:03au noir,
11:04les sandwiches.
11:05et le vin rouge
11:11et tout
11:11au FC Nantes.
11:12Ah, parce que ça se payait
11:13en cash,
11:14donc c'est...
11:14Mais oui,
11:15mais oui,
11:16mais oui,
11:16mais oui.
11:17Nous,
11:17on avait un mec à Nantes
11:17avant que j'arrive,
11:18la recette était nulle.
11:19Le jour où j'en suis occupé,
11:20j'ai mis une grande table,
11:21c'est des grands traiteaux,
11:23que des verres comme ça
11:23et avec la bonbonne,
11:24je remplissais comme ça
11:25et on vendait à
11:27je ne sais pas combien,
11:28etc.
11:28Et il y avait
11:29une jeune fille
11:30extraordinaire
11:31qui est d'ailleurs
11:3216 ou 17 ans
11:32et vendait des sandwiches
11:33à 20 balles,
11:34on faisait une recette
11:35de folie.
11:37Mais quoi,
11:37ça,
11:37il n'y avait pas avant ?
11:38Il n'y avait pas de buvette,
11:39il n'y avait pas de sandwich ?
11:40Oui,
11:40mais moi,
11:41j'étais dans l'industrie.
11:45Il l'organisait.
11:46En 15 minutes,
11:47qu'est-ce que tu veux vendre ?
11:48Qu'est-ce que tu veux vendre
11:49en 15 minutes ?
11:50Mais en 15 minutes,
11:50j'ai compris
11:51qu'il fallait mettre
11:51des traiteaux
11:52de 4 kilomètres
11:53et il commençait à faire.
11:55Alors là,
11:55vous devenez un personnage
11:57essentiel
11:58dans le foot français.
11:59Moi,
12:00les commentaires
12:01de Thierry Roland
12:02et Jean-Michel Larkier
12:02qui,
12:03à chaque fois,
12:04trouvaient le moyen
12:04de caser votre nom
12:05en disant
12:05le grand argentier.
12:07Moi,
12:07quand j'étais plus...
12:07Il y avait un Paris,
12:08là,
12:08non ?
12:08Il fallait qu'il vous cite.
12:11L'amitié.
12:11Alors,
12:11attends,
12:12c'est plus que l'amitié.
12:14Là,
12:14je parle de Thierry.
12:15Thierry,
12:16c'est le seul
12:16qui m'est accepté
12:18tout gamin et pauvre.
12:20C'est-à-dire que
12:20je le bluffais.
12:22Il a,
12:23alors que c'était une star,
12:24il m'a défendu
12:25au Ascénante
12:26dès que je suis arrivé.
12:27C'est incroyable.
12:28Jean-Michel vous le dira
12:29parce que...
12:29Jean-Michel,
12:30c'est votre club de base.
12:31Il faut le dire.
12:32C'est là où l'histoire
12:32commence.
12:33J'ai tout réinventé
12:34et réinventé
12:35au Ascénante.
12:36Jean-Michel vous le dira.
12:37Jean-Michel était sceptique
12:38bien avant,
12:40bien après,
12:40parce qu'il est arrivé
12:41bien après.
12:42Puis Jean-Michel
12:42s'est rendu compte
12:43que les services
12:44rendus au football,
12:45ça le bluffait aussi.
12:46Et Jean-Michel,
12:46c'est pas facile.
12:47Oui,
12:47on le sait.
12:48Thierry avait un cœur
12:49de mon avis.
12:50Je sais.
12:50Je reprends l'avis
12:54moi de Jean-Claude
12:55d'un peu dans l'ordre.
12:56Docker.
12:58Exact.
12:59Pour démarrer Docker
13:00à Marseille.
13:00Oui, exact.
13:01Mais je suivais
13:02les cours du soir
13:03de l'école de commerce
13:04quand même.
13:04J'étais pas un âne batté.
13:06Je m'accrochais quand même.
13:07Et ensuite,
13:08surtout,
13:08vendeur.
13:09Et en fait,
13:10vendeur,
13:10finalement,
13:11vendeur toute votre vie.
13:12Parce que...
13:12C'est vrai.
13:13J'ai pas honte.
13:15Le fond du truc
13:16de vendre des sponsors,
13:17vendre des panneaux,
13:18vendre les droits télé,
13:19vendre le foot,
13:20quoi, en fait.
13:21Vous l'avez dans le sang,
13:22ça, en fait.
13:22Oui, c'est vrai.
13:23C'est exact.
13:24Oui, c'était...
13:25J'ai tout gosse
13:26que j'avais vendre.
13:27Et alors,
13:27donc,
13:27il y avait cette fameuse expression
13:28qui me faisait fantasmer
13:29quand j'étais gamin
13:30que j'entendais
13:30à Thierry Hollande
13:31puisque c'est ça
13:32que j'étais en train de dire.
13:32Donc, il dit
13:33le grand argentier
13:34de foot français.
13:34Donc, moi,
13:35j'imaginais,
13:35en plus,
13:35on connaissait pas
13:36un mec blindé.
13:37Non, moi,
13:37il s'est mis du ton
13:38à gauche.
13:38Moi, j'imaginais,
13:39j'imaginais,
13:39le mec,
13:40il a de l'or
13:41qui lui tombe
13:42dans les...
13:43C'était pas faux.
13:46J'imagine qu'à un moment,
13:47c'est...
13:48À un moment,
13:49tu gagnes ta vie,
13:49évidemment.
13:50En plus,
13:51c'était un peu mystérieux
13:52parce que c'est pas
13:53votre tête,
13:53finalement.
13:53Il y avait pas
13:54à la télé
13:55où on passait pas
13:55beaucoup de...
13:56Mais c'est qui
13:57ce grand argentier,
13:58ce type ?
13:58Bref.
13:59Donc, vous devenez
14:00quand même
14:00un personnage essentiel
14:01du foot
14:01et ça,
14:02c'est notre première anecdote
14:03dont il faut
14:03qu'on parle maintenant.
14:05Le foot français
14:05commence à devenir
14:06très important.
14:07Il y a eu Séville,
14:08il y a eu l'Euro 84,
14:11la Coupe du Monde 86,
14:13la suite de Michel Hidalgo
14:14est assurée
14:15par Henri Michel.
14:16Exact.
14:16Ça se passe très très mal.
14:18Oui.
14:18Et là,
14:19évidemment,
14:20vous êtes dans le coup.
14:21Il y a ce fameux putsch.
14:23Oui.
14:23Parce que vous êtes proche
14:24de Claude Baize.
14:25Octobre 88,
14:26c'est ça ?
14:26Et là,
14:27il y a des gens
14:27qui décident
14:28que ça ne va plus
14:28en équipe de France.
14:29Ça se passe pas
14:30avec le président de la FED.
14:31Ça se passe avec
14:32les influenceurs de l'époque.
14:34Jean-Claude Darmon,
14:35Claude Baize,
14:36Jacques Vendroux,
14:37qui en a d'autres
14:38dans le cercle des influenceurs.
14:39Daniel,
14:40vous parliez de 88 là.
14:42Il faut que je vous raconte
14:42l'histoire.
14:43On renverse Henri Michel
14:44et on met Platini.
14:46On renverse Henri Michel
14:47pour mettre Platini.
14:48Une seconde.
14:49D'abord,
14:50il y a deux faits.
14:51Le premier,
14:51c'est qu'on joue
14:52contre Chypre.
14:53Toutes les équipes
14:54jouent contre Chypre.
14:55La victoire est acquise
14:56d'office.
14:57C'est le nombre de buts
14:58qu'on ne sait pas.
14:59Et nous,
14:59on perd 1-0.
15:01Non,
15:01nulle part.
15:02Nul un.
15:03C'est comme une défaite.
15:04Quand je bois le soir,
15:05je suis très mauvais.
15:05Nul un.
15:06Et deuxième,
15:08c'est que
15:08Mickey,
15:09il a un problème
15:10avec Eric Cantona.
15:12Au sortir du terrain,
15:13il le sort
15:14et l'autre
15:14le traite
15:15de sac de merde,
15:16etc.
15:17Et c'est une catastrophe.
15:19Je ne pourrais pas vous dire
15:20pourquoi.
15:20Ce n'est pas le but.
15:22Henri Michel,
15:23vous l'appelez Mickey ?
15:24Oui,
15:24je l'ai vu gamin.
15:25Non,
15:26c'était pour qu'on fuit.
15:27Pardon,
15:28pardon.
15:29Oui,
15:29en plus,
15:30c'est quand même
15:30quelqu'un que vous avez admiré
15:31parce que c'était
15:32la vedette de Nantes
15:32de votre jeunesse.
15:34Star,
15:34Star.
15:35Star.
15:35Michel,
15:36c'était le gabo,
15:36le bon joueur de foot.
15:38Malheureusement,
15:38il avait quelques travers,
15:40malheureusement,
15:41qui après l'ont rattrapé.
15:43Mais donc,
15:44je ne veux pas parler de ça.
15:45Je reviens à cette histoire.
15:48Donc,
15:48tous les éléments
15:49nous amènent à penser
15:51qu'il n'y a aucune autorité.
15:53Il n'y a personne
15:54qui encadre l'équipe de France.
15:55Et ça,
15:56c'est vrai.
15:57Claude,
15:57équipe Gérône Bordeaux,
15:59l'équipe...
16:00Bordeaux,
16:00c'est un peu les patrons
16:01de la Ligue 1 à l'époque.
16:02Exactement.
16:03Exactement.
16:03Ils sont trois,
16:04ils sont
16:05Borrelli,
16:07Roger Rocher,
16:08lui.
16:09Et vous êtes très proche
16:10de Claude Baez.
16:10Ah oui,
16:11je suis ami.
16:12Roger,
16:12à ce moment-là,
16:13il n'y a plus à Saint-Etienne,
16:14c'est fini,
16:14il y a eu la caisse noire et tout,
16:16le Saint-Etienne,
16:16c'est un peu fini à 88.
16:17Tu crois ?
16:18Il n'est pas encore mis
16:23dans la boucle.
16:25Mon père,
16:26on s'en fout,
16:27si ce n'est que
16:28je reçois un coup de téléphone
16:29de la part de
16:31Frédéric Fayard,
16:32le pharmacien,
16:33qui me dit
16:34il faut que tu viennes me rejoindre
16:36à l'auteur Georges V.
16:39Urgence.
16:40J'arrive,
16:42il y a Gérard Houillet
16:43et lui.
16:45Et je lui dis
16:45qu'est-ce qu'il se passe ?
16:47Mais j'ai eu Jean,
16:49Jean Sadoule,
16:50Claude,
16:50Claude Besse,
16:51qui va en arriver d'ailleurs.
16:54Jean Sadoule,
16:54c'est président de la Ligue ?
16:55Oui,
16:55président de la Ligue.
16:56Et il dit
16:57Gérard
16:59me dit que
17:01Jacques Grandroux
17:02l'a appelé
17:03pour dire que
17:03Michel Patigny
17:04serait prêt à venir.
17:07Michel,
17:07ce n'est pas ma tasse de thé,
17:08vous le savez tous.
17:10Mais je crois qu'on en parle
17:11d'ailleurs,
17:11parce que notre idole,
17:12on y reviendra,
17:13c'est le seul gars
17:13qui finalement n'est pas
17:14dans votre...
17:15Mais bon,
17:16on en parlera.
17:16Donc,
17:18je trouve que
17:18pour l'équipe de France,
17:19c'est bien.
17:21Je pense que
17:21techniquement,
17:22je ne vois pas
17:23pourquoi il serait
17:23plus mauvais qu'un autre.
17:25Et je lui dis
17:25ouais,
17:25écoute,
17:27pourquoi pas ?
17:29Il me dit
17:29d'autant que
17:30Claude a accepté
17:30d'être le patron
17:32manager,
17:34en quelque sorte,
17:35de cette équipe.
17:35Ah oui,
17:35Claude Besse,
17:36qui est président de Bordeaux,
17:37va être manager.
17:38Il devient manager.
17:39Oui,
17:39je me souviens de ça.
17:40Et il promet
17:40de faire revenir Tigana.
17:42Il n'y a pas ce truc-là ?
17:43Je ne sais pas pourquoi.
17:47Avec Michel Hedago,
17:48ça ne l'est pas,
17:49mais avec Platini,
17:49encore moins.
17:50Voilà.
17:51Il va faire la carrière
17:52de Platini,
17:53parce que le but
17:54contre le Portugal,
17:55c'est lui qui le marque.
17:57Non,
17:57on n'est pas d'accord là-dessus,
17:58mais c'est pas vrai.
17:58On n'est pas d'accord,
17:59c'est lui qui marque.
18:00C'est lui qui marque.
18:01On ne sera jamais d'accord.
18:02On s'en fout.
18:02Mais donc,
18:03Ventre-Fous-Fugère Platini
18:04à Côte Besse...
18:06Voilà,
18:06donc,
18:07on se retrouve tous confrontés
18:09au fait que
18:09c'est inévitable,
18:11il faut changer les structures,
18:12etc.
18:13Et on est en championnat d'Europe
18:14demain matin.
18:15Donc,
18:16Michel devient donc
18:17très vite le patron
18:18de la sélection.
18:21Alors qu'il n'a aucune expérience
18:22d'entraîneur à ce moment-là.
18:22Aucune.
18:23Et Gérard Rouillet
18:24est donc son adjoint.
18:25Et donc son adjoint.
18:26Et d'ailleurs,
18:27Gérard va donc le remplacer.
18:28Et il va prendre
18:30Aimé Jacquet comme adjoint
18:31qui va aussi le remplacer,
18:32etc.
18:33L'histoire,
18:33vous la connaissez aussi bien que moi.
18:34Voilà la vérité de l'histoire.
18:35Mais pourquoi on a parlé de putsch
18:36autour de cette histoire ?
18:37Faut qu'on fasse une pause.
18:38Pourquoi on a parlé de putsch ?
18:39Oui,
18:40à l'époque,
18:40on disait le putsch.
18:42Parce qu'on a l'impression
18:42que c'était un coup de force.
18:43Parce que c'était des gens
18:44qui ne devaient pas prendre
18:45ce genre de décision.
18:47Normalement,
18:47Fournay Fayard,
18:48en tant que patron,
18:49il aurait dû dire
18:49« Bon, allez,
18:50Auré Michel,
18:51ça ne se passe pas bien,
18:51Chypre,
18:52c'est l'aventable.
18:53Allez, hop,
18:53tu dégages,
18:54on le caractère d'autre. »
18:54Père Sonam,
18:56il n'avait pas
18:57la force de caractère
18:59pour faire ça.
18:59Ça,
19:00on est bien d'accord.
19:00C'est ce que je pensais aussi.
19:01Donc,
19:02tout le monde s'en mêlent.
19:02Il est venu chercher
19:03Darmon,
19:04Claude Besse
19:05et Jean Sadoul
19:06qui était un mec.
19:08Donc,
19:08voilà.
19:08Et comme il y avait
19:09une solution de rechange
19:10avec un duo
19:11Houillet-Platini,
19:13franchement,
19:13le putsch
19:14a été inventé
19:15par le joueur de l'équipe.
19:16Il n'y a pas de putsch.
19:17Enfin...
19:18C'est eux qui avaient titré
19:19le putsch.
19:19Évidemment,
19:21peut-être parce qu'ils n'avaient
19:22pas l'information.
19:23Alors,
19:23quel est le problème
19:24avec Platoche ?
19:25Pourquoi est-ce que
19:26vous n'avez jamais réussi
19:27à matcher tous les deux ?
19:29Le business autour
19:30de la Coupe du Monde
19:31n'a pas voulu vous mettre dedans.
19:32C'est absolument faux.
19:34Ça remonte à
19:3592.
19:39Je n'ai pas une connerie ?
19:41Non,
19:41je dis une connerie
19:43en 82.
19:45Ah oui,
19:45tant que ça ?
19:46Oui,
19:46en 82.
19:46Mais comment vous avez pu
19:47vous fâcher
19:48avec la légende
19:48du jeu de français ?
19:49Je ne me suis pas fâché.
19:51Il s'est fâché.
19:52Nous avions un problème
19:53avec Philippe Piave.
19:55Je vous rappelle
19:55l'histoire.
19:56En 78,
19:56l'équipe de France
19:57va jouer à l'Argentine.
20:00Bravo.
20:00Tu en venez tout.
20:02Donc,
20:02ils ont un problème grave
20:03parce que c'est
20:04la gestion des droits.
20:06C'est le syndicat
20:07des joueurs
20:07qui l'ont.
20:08Ils font faillite
20:10dans cette affaire.
20:11Ils sont traités,
20:11etc.
20:12Et donc,
20:13Frédon Sastre,
20:14l'un des plus grands présidents
20:14que nous avions,
20:15et Jean Sadoul,
20:16décide de monter
20:16une structure spéciale
20:18avec Philippe Piave,
20:19représentant les joueurs,
20:20et moi,
20:21Jean-Claude Armand,
20:21représentant le groupement
20:23des clubs professionnels.
20:23Philippe Piave,
20:23c'était déjà là.
20:24Comme il y a un an,
20:25il était déjà à jouer
20:26un rôle important
20:28dans l'élection de la Brune.
20:30Philippe,
20:30il a été président
20:31pendant 145 ans.
20:33D'ailleurs,
20:34dès qu'on le sort
20:35de l'hospice,
20:35il reprend le président.
20:36Donc,
20:37on va créer cette société,
20:39mais Plétini,
20:40je ne suis pas d'accord.
20:41Je veux que Géné Sard,
20:42son représentant,
20:45quoi,
20:45à l'époque.
20:45En quelque sorte,
20:46soit dans cette société.
20:48Donc,
20:49pourquoi pas ?
20:50On le met dans cette société
20:51et,
20:52bon,
20:53Géné Sard n'apporte
20:53aucun,
20:55pas un seul sponsor,
20:57mais il fait le matador.
20:58Il dit partout
20:58que c'est lui,
20:59alors que le con de service,
21:00c'est moi,
21:01évidemment.
21:01C'est pas grave,
21:02ça.
21:02C'est pas grave.
21:03Là où ça devient grave,
21:04c'est que j'ai une proposition
21:05de Devant-Lay,
21:07Lacoste,
21:08pour faire des t-shirts.
21:09Et Devant-Lay propose
21:10100 balles,
21:111000 balles,
21:11peu importe.
21:12Et donc,
21:13je lui dis,
21:13bon,
21:13qu'est-ce qu'on fait ?
21:14On le fait tout.
21:15Et lui,
21:16il dit,
21:16non,
21:17non,
21:17non,
21:18nous,
21:18on a 10 Platini.
21:20C'était sa marque.
21:21C'était sa marque.
21:22Ils étaient vers le sud-ouest.
21:25À prix égal,
21:25c'est nous,
21:26il n'y a pas de raison.
21:26Je lui dis,
21:27oui,
21:28il a raison.
21:29Il a raison,
21:29il a raison.
21:30Pourquoi ?
21:31Michel,
21:31tout.
21:31Et donc,
21:32on lui donne le contrat
21:33qu'il doit signer.
21:35Il doit le signer,
21:36il doit le signer,
21:37il doit le signer,
21:37il doit le signer.
21:40Quasiment un mois,
21:41deux mois avant la Coupe du Monde,
21:42trois mois avant la Coupe du Monde,
21:43je lui dis,
21:44oh,
21:44qu'est-ce que c'est du contrat ?
21:46Il dit,
21:46ben non,
21:46nous,
21:47on est en faillite,
21:48non,
21:48je ne peux pas,
21:49je donnerai 100 balles.
21:50Je lui dis,
21:51non,
21:51mais tu plaisantes,
21:51on prend des cons,
21:52toi.
21:53Donc,
21:53on réunit Fernand Sages,
21:54Jean-Sanoult et Philippe,
21:55Philippe est encore vivant,
21:56donc on peut lui demander,
21:57et on dit,
21:58on ne peut pas le garder.
21:59Parce qu'il ment,
22:00il ne nous apporte rien,
22:01il vole l'équipe de France.
22:03Et quand je dis que c'est lui,
22:04ce n'est pas Michel,
22:05ce n'est pas Michel,
22:06c'est Jean-Estar.
22:08Et donc,
22:08on va l'annoncer à Michel,
22:10pas moi,
22:10les présidents,
22:11eh bien,
22:12il va me harceler
22:14pendant 45 ans,
22:16il va me haïr.
22:17Oui,
22:17parce que Michel défense son ami,
22:18en fait.
22:19Michel a toujours
22:20ses relations avec ses amis.
22:21Non,
22:21d'autant que Michel
22:24passait une période de sa vie
22:25la plus difficile qu'il soit.
22:27Non,
22:27mais parce que moi,
22:28la question,
22:28c'est une histoire de business
22:30où vous n'êtes pas mis d'accord,
22:31ou est-ce que ce n'est pas,
22:33entre guillemets,
22:33ce que vous vous représentez
22:34et ce que lui représente ?
22:35C'est-à-dire que lui,
22:36il défend toujours le foot,
22:37les footballeurs,
22:38etc.
22:39Non,
22:39non,
22:40non,
22:40non,
22:40mais vous,
22:41vous faites entrer
22:41pour un dé qui perturbe
22:42quand même
22:43certaines habitudes,
22:45le calendrier,
22:46c'est genre de trucs.
22:46C'est en Italie
22:47où le business est en quoi.
22:48Exactement.
22:49Oui,
22:51quand même,
22:52quand il était là.
22:53Non,
22:53mais ce n'est pas
22:54ce business-là
22:55que l'histoire de business.
22:56Non,
22:56c'est juste cette affaire-là.
22:58C'est cette affaire-là,
22:59il y en a une deuxième,
23:00toujours dans cet état d'esprit,
23:02quand je traitais avec Brandt
23:05pour l'ensemble des joueurs,
23:06Domondo,
23:07il allait traiter avec Thompson
23:08pour Michel.
23:09Et il faisait une campagne,
23:10il n'avait pas le droit.
23:11Donc,
23:11tout ça,
23:12ce n'était pas normal.
23:13Ce n'était pas normal.
23:15Honnêtement,
23:15je suis un pauvre con
23:16parce que j'aurais dû
23:16le laisser passer,
23:17on s'en fout,
23:18mais je ne suis pas capable.
23:19Voilà.
23:19Et Philippe-Pierre non plus
23:20n'était pas capable.
23:21À moi,
23:21il m'en a voulu
23:22toute une vie.
23:22Mais Pierre et Platini
23:23sont toujours potes.
23:24Non,
23:24on y arrive.
23:25Non,
23:25pas du tout.
23:26Non,
23:26non,
23:26je peux terminer.
23:28Il en a voulu à Philippe
23:30autant qu'à moi,
23:30sauf qu'à un moment donné,
23:31il a eu trop besoin de Philippe
23:32et des joueurs.
23:34Et donc,
23:34il a basculé
23:35à ce que Philippe
23:35se sont arrangés
23:37et moi,
23:38j'étais le démon.
23:39En tout cas,
23:40vous avez deux personnages importants.
23:41Lui,
23:42c'est la légende du foot français.
23:43C'est vrai que dans le doc,
23:44vous avez au moins
23:46l'élégance
23:47de ne rien dire du tout.
23:48Jamais.
23:49C'est comme si
23:49c'est même très étonnant.
23:52On se dit,
23:52tiens,
23:52son nom n'est même pas cité.
23:54Non,
23:54c'est vrai.
23:54On le sait,
23:55parce que nous,
23:55on le sait que vous n'êtes pas...
23:56Mais ce qui est étonnant aussi là-dessus,
23:57c'est que c'est un champion hors normes
23:59et vous adorez aussi les champions.
24:01Ça,
24:01d'ailleurs,
24:02dans le doc,
24:02ça se voit.
24:03Il y a le business,
24:03mais il y a aussi...
24:05Oui,
24:05mais bon,
24:05à un moment...
24:06En fait,
24:07il me faisait payer
24:08le comportement de son...
24:10Et ce n'est pas pour l'argent
24:12qu'il l'a fait.
24:13Il ne l'a pas fait pour l'argent.
24:14Par amitié.
24:15Par amitié,
24:16parce qu'il passait une période
24:17très dure de sa vie
24:18et j'ai été là...
24:19C'est vrai,
24:19c'est quelqu'un
24:20qui ne lâche pas ses amis.
24:21Voilà.
24:21Non,
24:21non.
24:23Très honnêtement,
24:24je suis encore...
24:25Je suis peiné
24:25qu'il ait cette...
24:27Il n'y a rien
24:28qui justifie son attitude,
24:29mais rien,
24:30rien,
24:30rien.
24:31Je me suis toujours bien comporté.
24:32Après,
24:33on nous parle des joueurs
24:33et tout,
24:34etc.
24:35Ce n'est pas vrai.
24:36Voilà.
24:37Très bien.
24:37Bon.
24:38Joueur,
24:39parce qu'on voit dans le doc
24:40votre amitié,
24:41par exemple,
24:41avec Robert Pires,
24:42donc ça veut dire
24:42que vous allez traverser
24:44avec...
24:44Dugas.
24:45Avec Kip Kekuil aujourd'hui.
24:46Oui,
24:47c'est normal.
24:48Moi,
24:49j'aime les joueurs.
24:49En fait,
24:50pour être très honnête,
24:51j'aime le football.
24:52J'ai un problème,
24:53d'ailleurs.
24:54J'ai un problème,
24:54quand je vois une équipe,
24:56je vais vous parler
24:56du match PSG
24:57contre le Havre.
25:00Je regarde le match
25:01avec deux de mes amis
25:03de Ponte,
25:05et je lui dis
25:05le Havre a une belle équipe.
25:07qui joue bien au football.
25:09Et je me fais incendier,
25:10évidemment,
25:11évidemment.
25:12Car la résistance du Havre
25:14est telle
25:15qu'à un moment donné,
25:16ils sont toujours 1-0,
25:17ils prennent 4-0.
25:20Mon ami me raille,
25:22se fiche de moi.
25:24Et il me dit,
25:25mais du coup,
25:26on ne prend rien au football,
25:27je ne veux pas lui répondre,
25:28il y a du monde.
25:29Puis quand on essaie
25:30de la voiture...
25:31Je ne veux pas lui répondre,
25:32il y a du monde.
25:33Et quand on essaie
25:34de la voiture,
25:34je lui dis,
25:35dis-moi,
25:36tu as déjà vu une de chevaux
25:37dépasser une Ferrari ?
25:41Le Havre a 24 millions de budget.
25:43Le Paris Saint-Germain a un budget
25:44100 fois,
25:45200 fois plus.
25:47C'est normal,
25:48mais ça ne les empêche pas.
25:49J'aime le beau jeu.
25:49Non, en l'occurrence,
25:50c'est votre ami
25:51qui n'avait pas compris
25:51grand-chose,
25:52mine de rien.
25:53Je ne l'ai pas dit.
25:55Dans un instant,
25:56on revient avec...
25:57Le gros dossier,
25:58c'est quand même tapis.
26:00Parce que lui,
26:00pour le coup,
26:01ça a été votre ennemi.
26:02C'est vrai.
26:02Et il y a autre chose
26:03qu'on voudrait.
26:04Je suis 100% de votre côté.
26:06Moi, il y a un truc
26:06qui me fascine,
26:07c'est comment est-ce qu'on arrive
26:08à tisser des réseaux ?
26:10C'est dans le documentaire,
26:11il y a un tour de table,
26:12il y a Jean-Claude Vandamme,
26:13Kimpembe,
26:15des gens d'univers
26:16totalement différents.
26:18Non, et surtout,
26:18si on fait toutes les époques,
26:20on ne compte même pas.
26:21Parce que Johnny,
26:22aux sportifs,
26:23tous les milieux,
26:24vous avez touché à tout.
26:26C'est quoi le secret ?
26:28Si vous aimez rencontrer les gens ?
26:30Non, il y a...
26:30Pour avoir des amis aussi divers.
26:33Et d'été aussi.
26:38Le sport,
26:39c'est de l'émotion.
26:42Lino,
26:44il joue au foot.
26:45Il jouait...
26:46arrière-gauche.
26:48C'était pas le meilleur joueur du monde,
26:50mais il a une passion démesurée
26:52pour le football.
26:53C'est devenu mon copain,
26:54Rassan Orbea Sada.
26:56Par le foot ?
26:57Évidemment, par le foot.
26:58Et c'est devenu mon ami.
26:59C'est-à-dire que Lino était mon ami.
27:02Mais Johnny,
27:02il aimait pas le foot, Johnny.
27:03Non, il aimait le rugby.
27:04Pas bon ?
27:05Je l'ai amené à la demi-finale
27:07au Pays de Galles,
27:09voir les Blacks se faire battre.
27:11Et il avait...
27:12J'avais l'imité.
27:14Il avait un truc
27:16pour le football.
27:18Il venait donner le coup d'envoi,
27:20il me dit...
27:21Ah, tu m'emmerdes.
27:23Le jour où je lui donne
27:24un coup d'envoi,
27:24je sais pas si vous vous souvenez de ça,
27:26au jour à 20h,
27:27je lui demande de faire
27:28le coup d'envoi
27:29de l'équipe de France.
27:30Et il est là,
27:32on est en train de déconner,
27:33tout ça.
27:34Et il arrive le type de TF1,
27:35il lui dit,
27:35monsieur...
27:36vous pouvez pas dire un mot,
27:38tout ça ?
27:39Je lui dis, non, ça va.
27:40Il dit, mais non,
27:40ça prend qu'un mot, etc.
27:42Quel est votre joueur préféré ?
27:45Ah oui.
27:45Tu connais l'histoire, hein ?
27:46Oui.
27:47Zazie.
27:48Il dit, ben, c'est Zazie.
27:52Oui, ben, c'est...
27:53Alors, bravo, etc.
27:54Et là...
27:55Ah, mais le foot,
27:55ça lui était totalement étranger,
27:57ce foot.
27:57Et là, j'ai des photos
27:58prises par le photographe
28:00au moment où il commence
28:01à dire ça,
28:01où on finit.
28:03Il faut que je vous les montre,
28:03ces photos.
28:04On est mort.
28:05On est mort de rire.
28:06Plié de rire.
28:08Et après, il va donner
28:09son coup d'envoi, voilà.
28:11Bon.
28:12Tapie.
28:13Oui.
28:13Alors, parce que
28:14quand il arrive,
28:17il veut être non seulement
28:18le patron du foot français,
28:20Tapie, c'est également
28:21le business,
28:22mais vous êtes déjà là.
28:24Oui, je suis.
28:24Donc, ça va être quoi ?
28:25Ça va être forcément
28:25l'affrontement,
28:26il va arriver.
28:27Et l'affrontement,
28:28il a eu lieu.
28:29Et comme il a fait
28:30avec Baize et comme
28:31il a fait avec tout le monde,
28:32lui, ça ne peut que
28:33se terminer dans le sang.
28:35Oui, mais je pense que
28:37vous avez raison.
28:38Quand il vient,
28:39moi, je suis déjà
28:40en contrat parce que
28:41j'ai sauvé les Minos
28:43grâce aux sponsors.
28:45Il y a l'argent que j'ai apporté
28:46pour les sauver
28:46parce qu'on disparaissait.
28:48Donc, j'avais un contrat.
28:49Et quand il vient,
28:51franchement,
28:52il est séducteur avec moi.
28:54Il veut...
28:55Il me traite bien.
28:56Il me traite bien,
28:57mais il sait
28:58j'ai un passé de pauvre
28:59et il me traite
29:00comme Capone,
29:03traite Frank Nitti.
29:05C'est-à-dire qu'il croit
29:05que, voilà,
29:06je suis capable
29:07de tout faire
29:07à tout moment.
29:08Vous êtes un faire-valoir,
29:09en fait,
29:09ce que vous dites
29:09dans le docteur,
29:10à ses yeux.
29:11Oui,
29:11il a du mal,
29:13tout doucement,
29:14pendant deux,
29:15trois mois,
29:16il a du mal
29:17à me choper,
29:20à me serrer.
29:21et il a une invention
29:23extraordinaire.
29:25Il va vendre
29:26à un seul sponsor
29:27tous les panneaux,
29:30une seule marque
29:32tout autour des panneaux,
29:33un sponsor unique,
29:34avec journée unique,
29:36mille places,
29:37enfin,
29:37bon,
29:37voilà.
29:38Et évidemment,
29:39ça ne marche pas
29:40parce qu'il met
29:40toutes ses sociétés
29:41parce que ça ne peut pas
29:43marcher.
29:44Et je me rends bien compte
29:45qu'on va aller,
29:47ça a mal,
29:48mal se terminé.
29:49Donc,
29:49je lui dis,
29:50écoute,
29:51on va arrêter.
29:52Et il me donne rendez-vous
29:53dans son bureau
29:54et il me dit,
29:55non,
29:56tu restes avec moi,
29:57c'est parce que tu es
29:57le plus fort.
29:58Non,
29:58mais moi,
29:59tiens,
29:59on contrate,
30:00il faut qu'on se sépare.
30:02Et j'insiste tellement
30:03qu'on finit par se séparer.
30:05Et là commence vraiment
30:06la guerre.
30:07Il me fait une guerre
30:08outrance alors que je ne suis
30:09pas président de club,
30:10je ne fais pas de la politique,
30:12je ne suis pas à l'OM
30:13parce que d'un coup,
30:13je ne suis quasiment plus
30:14à Marseille.
30:15J'habite Paris,
30:16j'ai une autre dimension,
30:17etc.
30:17Parce que vous,
30:18à la base,
30:18vous venez de là-bas quand même.
30:19Oui,
30:19je viens de Marseille,
30:20le Cassis en vérité
30:21puisque je me suis marié
30:22à Cassis.
30:24Vous représentiez le business
30:26en fait.
30:26Oui,
30:26je représentais le business
30:27pas seulement,
30:29pas seulement.
30:30Je représentais aussi...
30:30Le mec en place dans le foot
30:31et c'est lui qui veut
30:32être le crac,
30:33le cadord.
30:34J'étais adoubé par la Ligue
30:36et la Fédération.
30:37Je faisais partie
30:37de la famille.
30:38C'est-à-dire que...
30:39Et d'ailleurs,
30:40quand vous parlez de Pierès,
30:43quand vous parlez,
30:43etc.,
30:44je fais partie
30:45de leur famille.
30:46Quant à la mort de Roland,
30:48les joueurs viennent m'embrasser,
30:49ils viennent m'embrasser
30:50un copain à eux.
30:52Le darment business
30:53disparaît par l'émotion
30:54qu'on en est sincère
30:55et qu'on a cette envie,
30:59cette émotion
31:00qu'on transporte
31:01dans ce football.
31:02J'existais,
31:03je siégeais au Conseil
31:04d'administration
31:04de la Ligue Nationale
31:05sans droit de vote.
31:06Ça n'existe pas.
31:08Mais d'ailleurs,
31:08Laurent Tapie,
31:09le fils de Bernard Tapie
31:10qui intervient dans le doc,
31:11dit qu'en fait,
31:12son père répétait toujours
31:13cette phrase,
31:14tous les clubs français
31:14sont en faillite
31:15mais Jean-Claude Darment
31:16est le plus riche.
31:17C'est pourquoi ?
31:17Donc c'est pour ça,
31:18pour la place que vous aviez.
31:20Parce que j'aurais bien
31:20mes affaires, c'est tout.
31:22Moi, l'émotion,
31:23je ne sais pas,
31:23de faire n'importe quoi,
31:24n'importe quel moment,
31:25méprisant.
31:25Mais là,
31:26ce qu'il sous-entendait,
31:27c'est que Darment
31:28prend le pognon
31:28et il ne le donne pas au club.
31:29Évidemment.
31:30Mais évidemment que c'est ça.
31:31Mais la vérité,
31:33c'est que j'étais moins con
31:33que mes présidents.
31:34Pourtant,
31:34je les aimais.
31:36Mais ils dépensaient
31:36plus d'argent
31:37qu'ils n'en avaient à chaque fois.
31:38Moi, c'était le contraire.
31:40Et j'économisais
31:40comme je suis un ancien pauvre
31:42et pas un nouveau riche.
31:43L'argent,
31:44j'essaie de le garder.
31:45Alors Jean-Claude,
31:46vous, en plus,
31:46vous étiez proche de Claude Baize.
31:47Claude Baize va devenir
31:48l'ennemi juré de Tapie.
31:50Tapie va tout faire
31:50pour le couler
31:51et il va réussir
31:52à le couler
31:52en se servant
31:54de son ami
31:54Michel Charas,
31:56qui église du budget
31:57à l'époque
31:58de François Mitterrand.
31:59Et on sait
32:00que Bernard Tapie
32:01commence sa carrière politique
32:02en étant proche
32:04du gouvernement PS.
32:06Il va se servir
32:07de Charas
32:07pour éliminer Baize.
32:08Il va le faire
32:08à coups de contrôle fiscaux
32:10de tout ce qu'il va pouvoir
32:11lui mettre sur le dos.
32:13Et quelque part,
32:14c'est un peu
32:15ce qu'il fera
32:15avec vous.
32:18Alors,
32:18c'est quoi ?
32:18Ça commence avec
32:19la caisse noire de Toulon
32:20où finalement
32:21vous êtes impliqué
32:22et il saisira
32:24toutes les occasions
32:24pour mettre des gens
32:25sur votre dos, quoi.
32:26On le voit d'ailleurs
32:27dans le reportage
32:28quand il arrive.
32:29Tout perdre, d'ailleurs.
32:30Quand il arrive,
32:31je viens d'être inculpé,
32:33je suis encore
32:35en garde à vue.
32:36C'est l'ouverture
32:36du JT de 20h.
32:37Il faut que les gens
32:38qui nous écoutent
32:38se rendent compte.
32:39JT de 20h,
32:41ouverture,
32:41Jean-Claude Darmon,
32:42le grand argentier,
32:43et on vous traite
32:44de tous les noms.
32:45On vous traite
32:46de tous les noms.
32:46On ne vous met plus
32:47bas à terre.
32:48Je précise tout de suite
32:48que vous êtes totalement
32:49blanc,
32:50mais au début,
32:52on le croit.
32:52On se dit,
32:53vous êtes mort.
32:53Il faut lire
32:54la dépêche d'agence
32:54de l'AFP.
32:56J'avais créé
32:5712 sociétés écran.
32:58Là où j'avais mes clubs
32:59Bordeaux-Lyonneau,
33:00moi je suis tellement con
33:01que je ne vais pas
33:01au Panama,
33:02je ne vais pas etc.
33:03Pas la peine
33:03aux îles Vierges.
33:05Je fais là
33:05et j'ai corrompu
33:06mes présidents.
33:07Ils me montrent
33:08un numéro de chèque
33:08de la brigade financière.
33:10Mais c'est non,
33:10au nom des clubs.
33:11C'est bizarre,
33:12c'est un con pareil.
33:13Mais vous dites quoi ?
33:14Mais vous dites que c'est
33:16Tapie qui est derrière
33:17la démesure médiatique
33:18que l'affaire prend ?
33:18Évidemment,
33:19c'est lui-même
33:19qui au moment
33:20où il apprend ça,
33:22dit,
33:23si j'ai un mot
33:24à dire à Darmon,
33:25c'est qu'il manque de chance
33:26de tomber sur la brigade financière
33:27de Marseille.
33:27Ils sont attendus
33:28chez moi
33:29qui est la meilleure au monde.
33:30Et il vous plombe
33:31dans un débat télé
33:32parce qu'il est habile
33:32dans cet exercice
33:33et il vous fait du mal.
33:34Et tu sais pourquoi ?
33:35Il vous fait du mal médiatiquement.
33:36Non, le débat,
33:38c'est qu'on est ensemble
33:39avant de rentrer
33:40et il me dit
33:41ouais, c'est toi
33:41qui devrais être président
33:42de l'OM, etc.
33:47Et c'est là
33:48où je lui parle
33:48de la formation.
33:49Qu'il faut que la formation...
33:50Et là,
33:51quand on rentre
33:51sur le plateau,
33:52l'émission,
33:53c'était de Jameau
33:57et il va prendre
33:58tous mes arguments.
34:00Et d'un coup,
34:01là,
34:02très fort,
34:03il m'a baisé.
34:04Et donc,
34:04je suis obligé
34:05de prendre un contre-pied
34:06qui limite.
34:09Car je parle de la formation,
34:10je dis sans formation,
34:10on ne peut pas réussir
34:11le football.
34:11Je vais avoir raison.
34:12Mais raison,
34:1330 ans plus tard,
34:1425 ans plus tard.
34:15Mais d'ailleurs,
34:15c'est intéressant
34:16que vous racontiez là
34:17qu'en fait,
34:17vous vous êtes parlé avant
34:18et qu'en gros,
34:19il l'a fait à l'envers là-dessus.
34:20Parce que dans le doc,
34:20vous dites juste cette phrase
34:22« J'aurais adoré être comme lui
34:23dans un débat,
34:24mais je n'en étais pas capable. »
34:25Or, moi,
34:25vous entendez,
34:26j'ai l'impression
34:26que niveau talent raccord...
34:28Mais menteur,
34:30je ne fais pas le poids.
34:32Le mec,
34:32il est capable de te mentir.
34:33C'est déstabilisant,
34:35un mec qui ment
34:35à ce point-là.
34:36Il fait le face-à-face
34:37contre Le Pen.
34:38Je leur ai dit
34:39« Il va gagner. »
34:39Il va gagner.
34:41Parce que lui,
34:42il a compris
34:42que le direct est direct
34:44et qu'après,
34:45quand tu déments,
34:45ça ne vaut pas un coup.
34:46Qui était le meilleur vendeur alors ?
34:47Tapie ou Darmon ?
34:48Moi.
34:50Ça peut être que moi.
34:51Et c'est pour ça
34:52qu'il vous a attaqué alors ?
34:53Sérieux.
34:53Dans la durée.
34:54Dans la durée.
34:55Dans la durée.
34:56Darmon,
34:56celui qui a fait de la tôle,
34:57c'est autre.
34:58Et jamais.
34:59Moi,
35:00je n'étais pas honnête.
35:01J'étais intelligent.
35:03Je jouais ma vie
35:04sur un marathon.
35:06Lui,
35:06il jouait sa vie
35:06sur un 100 mètres.
35:07Il voulait que pendant le marathon
35:08être promis au 100 mètres.
35:10À quoi ça sert ?
35:11Donc,
35:12c'était beau gosse.
35:14Tout ça,
35:14il aurait pu...
35:15Un poil d'humilité,
35:16un poil de moins bricoleur.
35:19De magouille,
35:20Jean-Claude.
35:21Ça,
35:22personne ne veut en parler de ça.
35:23Il nous reste un carrière ensemble.
35:24De ce qu'il faisait pour...
35:25Daniel,
35:26il est mort.
35:27Il ne faut pas c'est autre chose.
35:28Bon,
35:28le foot français ne va pas fort.
35:30Il n'y a plus d'argent.
35:30Il n'y a plus de droit télé.
35:33Quelles peuvent être
35:34les éventuelles solutions
35:35que préconiserait
35:36Jean-Claude Darmon du Haut
35:37de sa longue expérience ?
35:37Juste avant les solutions,
35:39avec tout le recul
35:41que vous avez eu
35:41sur tous les appels
35:42d'offres et tout,
35:42quand on est arrivé
35:44à cette situation-là,
35:46du zéro.
35:48D'abord,
35:48juste le constat.
35:50Nous,
35:50on a été effarés,
35:51ça doit être la même chose,
35:52comme arriver
35:52à ce résultat de zéro,
35:55avec un bordel pareil.
35:56C'est hallucinant.
35:59Moi,
35:59j'ai vécu
36:00le gré à gré
36:01toute ma vie.
36:03Et j'avais...
36:03Les négociations
36:04de gré à gré.
36:04Oui, pardon.
36:05Et évidemment,
36:06j'avais une fidélité
36:07pour Canal.
36:08Et quand il y a eu
36:09Canal,
36:10et après,
36:11il y a eu
36:11la chaîne concurrente
36:12de TF1,
36:13d'un coup,
36:13ça m'échappe,
36:14on s'en fout.
36:16TPS.
36:16TPS, pardon.
36:19Il y a eu
36:19frottement,
36:19etc.
36:20Et j'ai trouvé
36:21moyen de convaincre
36:21le lait
36:22et Canal
36:23de s'entendre.
36:24pas sur le dos
36:26de la Ligue,
36:26évidemment.
36:28Là,
36:28il y a eu
36:28un appel d'offres.
36:30Vous savez,
36:31Didier Quillot,
36:31qui était donc
36:32manager général,
36:34a récupéré
36:36des offres,
36:37dont celle
36:38de Mediapro,
36:39qui a été mon associé
36:40pendant un moment
36:40et que j'ai très vite
36:42cassé l'association
36:44parce que c'était pas clair.
36:45Donc,
36:46je marchais pas.
36:48Dans cet appel d'offres,
36:51Mediapro avait gagné
36:53huit matchs
36:54pour une somme
36:54qui était autour
36:55de 700 millions,
36:56à peu près.
36:57Et Béin avait gagné
36:58des autres matchs
36:59pour une somme
37:00de 300 millions,
37:00à peu près,
37:01260,
37:02etc.
37:02C'est la fameuse histoire
37:03du milliard.
37:04Le fameux milliard.
37:06Avec des gens
37:06qui peuvent pas payer.
37:07Voilà.
37:09Dès lors que c'est
37:10comme ça,
37:12bon,
37:13tout allait bien,
37:14sauf que Mediapro
37:14craque.
37:16Ils se trouvent
37:17avec le Covid.
37:18C'est vrai.
37:19Il y a le Covid
37:20et on joue pas.
37:21En plus,
37:21on joue pas.
37:22On joue pas.
37:22Donc,
37:22on prend déjà
37:23une mauvaise décision.
37:24Très mauvaise décision.
37:25Très, très mauvaise décision.
37:26D'ailleurs,
37:26nous sommes les seuls
37:26en Europe
37:27et on va pas avoir joué.
37:28On s'est là
37:29avec Jean-Michel Aulas
37:30à l'époque,
37:31d'ailleurs.
37:31Oui,
37:31c'est vrai,
37:32j'ai oublié,
37:33mais c'est vrai,
37:34Jean-Michel aussi
37:34avait pris cette décision.
37:36Dis-leur que c'est comme ça.
37:37Non,
37:38lui,
37:38il voulait qu'on continue.
37:39C'était le seul
37:39qui voulait continuer
37:40à jouer Jean-Michel.
37:40C'est pour ça,
37:41c'est m'étonnable.
37:42On est dans le gré à gré.
37:45Et,
37:45comme Canal a perdu,
37:49il y a une espèce
37:50d'esprit
37:50qui se manifeste
37:51en disant
37:51on est bien content
37:52qu'ils aient perdu.
37:55Puis,
37:55ils ont le milliard.
37:57Ils doivent se taire.
37:59Là,
37:59ils sont confrontés,
38:00hop,
38:00notre plonge.
38:03Il y a Amazon
38:03qui est en compétition
38:04et Amazon
38:05qui traite pour 250 millions
38:07huit matchs.
38:09C'est-à-dire encore
38:10dix fois moins cher
38:13que nos avis de Béhim
38:14qui, eux,
38:14ont deux matchs.
38:15Un le dimanche soir
38:16et un autre match
38:17sur la semaine.
38:18Donc,
38:18autre erreur.
38:19Deuxième erreur.
38:20Troisième erreur.
38:22Canal,
38:23ne voulant pas montrer
38:24qu'il s'était laissé décrocher,
38:26gagne auprès de Béhim
38:27le dimanche soir
38:28à 400 millions.
38:30C'est-à-dire que
38:30Amazon,
38:32qui n'a jamais rentré
38:33dans le football,
38:33avait huit matchs
38:35sur dix
38:35et Canal
38:36pour 220,
38:39230 millions
38:40et Canal
38:40avait un seul match
38:42le dimanche
38:42à 400 millions.
38:43Alors,
38:43que ferait Jean-Claude Darmon
38:44aujourd'hui ?
38:45Il irait voir
38:45directement
38:46Vincent Bolloré
38:47pour lui dire...
38:47La solution,
38:47c'est de la recréciation
38:49et Canal,
38:49c'est ce que tout le monde
38:50attend.
38:50Mais évidemment,
38:51mais évidemment...
38:51Oui,
38:51mais ils ne veulent plus.
38:52En même temps,
38:53leur modèle économique
38:55fonctionne sans ça.
38:56D'abord,
38:57on aurait pu s'arranger.
38:58D'abord,
38:59ils s'étaient arrangés.
39:01Nicolas Taverneau
39:01et Maxime Sada
39:02et Maxime Sada
39:02s'étaient arrangés.
39:03Ils étaient d'accord.
39:04Encore récemment,
39:04ils étaient d'accord.
39:06Sauf qu'à l'arrivée
39:08dans son bureau,
39:09Nicolas aurait téléphoné
39:10à Max pour dire
39:11« Attention,
39:11l'accord que nous avons
39:12n'a rien à voir
39:12avec le pensier que nous avons. »
39:14– Oui,
39:14il n'a pas voulu retirer la plainte.
39:15– Eh oui,
39:16il n'a pas voulu retirer sa plainte.
39:16– D'ailleurs,
39:16ils ont encore perdu.
39:18– Donc,
39:18là,
39:19il y a eu un vrai,
39:19vrai problème.
39:20– Et Canal veut une compensation aussi.
39:22– J'ai raison.
39:22Sauf qu'ils ont spéculé
39:24sur le fait que Canal,
39:25lors de l'appel d'or
39:26sur la Coupe d'Europe,
39:27allait perdre.
39:28Puisque c'était une affaire
39:29exceptionnelle.
39:30Non seulement Canal a gagné,
39:32mais Canal a payé
39:33encore moins cher
39:34que s'il payait avant.
39:36Et Daniel,
39:37vous me posez la question
39:38« Qu'est-ce que j'aurais fait ? »
39:40Mais moi,
39:40au lieu d'attendre
39:41la défaite de Canal,
39:42j'aurais spéculé
39:44sur la victoire de Canal.
39:46C'est-à-dire,
39:46je dis,
39:47s'ils gagnent,
39:48s'ils perdent,
39:50s'ils perdent,
39:50c'est maintenant
39:51qu'on va être près d'eux.
39:52En disant,
39:53vous avez un risque de perdre,
39:54de toute façon,
39:55nous, le football,
39:55on est prêt à disposition
39:56à traiter les boucles, etc.
39:58Ils ont fait l'inverse.
40:00Je ne suis pas en train
40:00de critiquer
40:01les hommes qui sont en place.
40:02Ils ont pris des décisions,
40:03ils sont face à ces décisions.
40:05Mais se priver de Canal
40:06et avoir sa propre chaîne,
40:08c'était plutôt astucieux.
40:09Mais se priver de Canal
40:10et de Béine,
40:11parce que maintenant,
40:11ils se sont privés aussi de Béine.
40:13C'est le deuxième associé.
40:14Béine,
40:14qui vient d'être condamnés
40:15quand même à payer
40:15parce qu'on est quand même
40:18en plus avec des partenaires
40:18qui ne veulent même pas payer les factures.
40:19Je parle des 80
40:20et quelques millions
40:21que Béine avait, etc.
40:22Tu te rends compte ?
40:23Mais là, Jean-Claude,
40:23c'est quoi la situation
40:24parce qu'il n'y a plus rien ?
40:25Et puis,
40:26il faut bien le dire,
40:26je ne sais pas si vous le connaissez ou pas,
40:28j'en sais rien.
40:29Mais enfin,
40:29quand on a un président,
40:30vous avez quand même connu Sadoul,
40:32vous en avez connu
40:32des présidents de ligue ?
40:33Oui.
40:35Le Gret,
40:35en président de ligue,
40:37il était bon,
40:37c'est vrai.
40:38Parce que là,
40:38celui qu'on a là,
40:40on n'est plus du tout
40:41dans la même dimension.
40:42On ne peut pas comparer le monde.
40:44Ce n'est pas les mêmes,
40:45ce n'est pas les mêmes.
40:45On est dans le numérique,
40:47on est dans des gens
40:48de communication permanente.
40:50Jean Sadoul était très strict,
40:53il savait exactement où il allait.
40:55Le Gret aussi,
40:56même s'il avait une philosophie
40:57qui était totalement contraire à la nôtre,
40:59puisqu'il considérait que les droits télés
41:00devaient être égaux
41:01entre le Paris Saint-Germain
41:02et Guingamp.
41:04Et d'où le combat que j'ai eu contre lui.
41:05On avait un combat
41:06de folie,
41:09pire que le combat avec Tapie.
41:12Non mais ça,
41:13sur la répartition,
41:15on est d'accord que c'est impossible
41:17que ce soit la même chose.
41:18En revanche,
41:19l'accord qui avait été trouvé
41:20de faire une égalité sur 50%,
41:22c'était plutôt intelligent
41:23pour que tout le monde puisse vivre.
41:25Je suis totalement d'accord.
41:26Ça, on est d'accord là-dessus, bien sûr.
41:27Totalement d'accord.
41:27Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
41:29Exact.
41:29Parce qu'aujourd'hui,
41:30sous la pression des clubs européens,
41:31emmenés par le PSG,
41:32on veut faire crever les petits.
41:35Daniel, j'avais anticipé,
41:36j'avais créé le Club Europe.
41:38C'est-à-dire que Canal me payait
41:39pour le Club Europe
41:40150 millions par an
41:41pour les clubs européens.
41:43Et après,
41:44comme j'avais des scrupules
41:45à priver
41:46les six autres derrière,
41:48je suis retourné vers Canal,
41:49il faut me donner
41:49tant de millions pour les autres
41:50parce que dans ces autres,
41:51il y aura peut-être des Européens,
41:52on ne peut pas les perdre.
41:53Ils m'ont dit,
41:53ok, d'accord.
41:54j'en ai fait roguer douze.
41:56Puis je suis allé,
41:56je dis,
41:57attends,
41:57c'est honteux.
41:58Nous,
41:58on va laisser les pauvres.
42:00Allez,
42:00donnez-moi.
42:00Donc,
42:01les clubs comme Oxfair et tout
42:02touchaient peut-être trois fois moins,
42:05mais ils touchaient.
42:05Ah oui,
42:06donc vous retourniez à chaque fois
42:07pour grunter, quoi.
42:09Mais oui,
42:09mais j'ai cru,
42:11et le club Europe,
42:12j'étais éreinté
42:14à sauver le football français.
42:15On n'avait aucun résultat
42:17tant qu'on n'avait pas le club Europe.
42:18Parce qu'on avait l'argent,
42:19on pouvait avoir nos joueurs.
42:20Franchement,
42:20entre nous,
42:21nos joueurs,
42:22on est un pays du tiers monde.
42:24Tous nos joueurs français de qualité
42:26opèrent à l'étranger.
42:28Mais comment c'est croyable, ça ?
42:29Comment c'est possible ?
42:31Parce qu'on ne peut plus les retenir.
42:32De toute façon,
42:32là, c'est fini.
42:33Il y a zéro.
42:34On n'a pas de droit télé,
42:35la fiscalité, etc.
42:36Et vous pensez qu'il y a encore
42:37des trucs à inventer ?
42:38Niveau marketing,
42:39niveau pub,
42:40niveau vente,
42:41puisque vous avez vendu
42:41toute votre vie.
42:43Franchement,
42:43je ne sais pas.
42:45Dans mon documentaire,
42:45je dis que
42:46le seul moment de gloire
42:48que j'ai
42:49quand je me retrouve seul
42:50avec Darbon,
42:51c'est de dire,
42:51tu vois,
42:53en 25 ans,
42:53ils n'ont rien inventé
42:55depuis,
42:55je suis parti.
42:58Bon,
42:59on va se quitter là-dessus.
43:00Merci beaucoup
43:01de m'avoir reçu.
43:03Merci beaucoup.
43:03Merci de cette émission
43:05que je suis
43:06quelques fois
43:07quand je suis réveillé.
43:09Et vous ne chantez pas,
43:10vous ne finissez pas
43:11en chanson.
43:11On a vu dans le doc
43:12que vous chantiez bien
43:13et on l'a vu aussi
43:13à l'église.
43:14Oui.
43:18Qu'est-ce que je vous chantais ?
43:23On va chanter du Johnny,
43:24vous adorez ça.
43:24Oui.
43:25Retiens la nuit
43:29pour nous deux
43:31jusqu'à la fin du monde.
43:34Retiens la nuit,
43:36je vais me coucher
43:37car c'est l'heure.
43:39Merci de m'avoir reçu.
43:40Au revoir, messieurs.
43:41Merci Jean-Claude.
43:42Merci.
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