- il y a 2 jours
Gabriel Attal, secrétaire général du parti “Renaissance” et ancien Premier ministre, était l’invité du Face-à-Face de ce mardi 27 janvier sur BFMTV et RMC. Il a notamment été interrogé sur le nom de son parti qui va changer, sur sa potentielle candidature à la présidentielle 2027 ou encore sur l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
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00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gabriel Attal.
00:04Bonjour Apolline de Malherbe.
00:05Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:07Vous êtes l'ancien Premier ministre bien sûr, aujourd'hui député des Hauts-de-Seine
00:10et vous êtes président du groupe des macronistes, mais aussi secrétaire général du parti Renaissance,
00:15enfin qui s'appelle encore Renaissance, on va y revenir.
00:18Ça devrait changer de nom.
00:20Pourquoi vous n'avez pas tout fait péter quand vous étiez Premier ministre ?
00:24J'ai fait ce que j'ai pu tout au long de la fonction qui m'a été confiée,
00:27le temps que j'ai eu pour le faire, ça a été malheureusement interrompu par la dissolution.
00:32Ça ne vous choque pas le mot que j'utilise parce que vous savez évidemment à quoi je fais référence,
00:35mais ceux qui nous écoutent peut-être pas vous organiser ce soir,
00:39une grande soirée de réflexion, de table ronde.
00:42Et le premier thème de la table ronde c'est, faut-il faire tout péter pour refonder la France ?
00:48Mais au fond je me dis, vous avez quand même été longtemps au pouvoir,
00:51si vous estimez qu'il faut tout faire péter, pourquoi vous ne l'avez pas fait ?
00:53D'abord moi j'ai été dans différentes responsabilités,
00:55j'ai été Premier ministre, j'ai été ministre de l'Éducation nationale, j'ai été à Bercy.
01:00Je pense que quand on regarde ce que j'ai porté, ce que j'ai défendu,
01:02des décisions que j'ai prises dans ces fonctions,
01:05il y a eu des mesures assez radicales et d'ailleurs à l'époque on me l'a parfois reproché.
01:09On pourrait citer à l'Éducation nationale le choc des savoirs avec le retour du redoublement,
01:13les groupes de niveau, on pourrait citer l'interdiction de l'ABAIA dans les établissements scolaires.
01:18Quand j'étais à Matignon, les mesures que j'ai préparées sur l'assurance chômage,
01:21sur la délinquance des mineurs, bref, il y a beaucoup de choses qui ont été engagées.
01:27Surtout à Pauline de Malherbe, je crois qu'aujourd'hui, et les Français je crois le perçoivent,
01:32on arrive au bout d'un modèle.
01:33Beaucoup de choses ont été faites ces dernières années pour réformer ce modèle,
01:36pour essayer de le faire évoluer.
01:37Moi je crois qu'il est aujourd'hui totalement décalé de la réalité du pays aujourd'hui.
01:41C'est vrai pour notre modèle social, c'est vrai pour notre modèle institutionnel,
01:45c'est vrai pour les questions de sécurité, de justice, d'immigration.
01:47Tout ça, ça a été fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
01:50dans une France qui était totalement différente, et aujourd'hui, tout a changé.
01:54Mais c'est vrai que c'est étrange d'entendre ça.
01:56C'est-à-dire, je comprends parfaitement ce que vous dites,
01:57et je vais même vous aller plus loin,
01:59tous les politiques que j'ai devant ce micro disent tous qu'il faut tout changer.
02:02Aucun désormais ne dit qu'il faut absolument préserver tout ce qu'on a aujourd'hui.
02:07Vous avez quand même beaucoup de politiques, à Pauline de Malherbe,
02:09qui donnent le sentiment qu'on est encore dans des débats de paramètres.
02:12Est-ce que sur la retraite, il faut passer de 64 à 65 ans, 65 ans et demi ?
02:17Est-ce que sur la fiscalité des entreprises...
02:19Vous voulez plus d'âge ?
02:21Je propose, avec le parti Renaissance, un nouveau mot de système de retraite.
02:26Il faut en changer, parce que toutes ces réformes qui ont été faites ces dernières années
02:29pour décaler un peu l'âge légal de retraite, on voit que ça n'a pas réglé le problème.
02:32Et donc, il faut assumer de changer le système.
02:34Je veux un système universel, les mêmes règles pour tout le monde,
02:37un système libre, effectivement, je suis pour la suppression de l'âge légal.
02:41On ne garde que la durée de cotisation, avec des décotes, des surcotes.
02:45Vous voulez partir tôt, vous avez peu.
02:47Vous voulez partir tard, vous avez beaucoup plus.
02:49Et je veux qu'on assume la capitalisation dans notre système de retraite
02:53qui permettra aux Français d'avoir une meilleure retraite
02:55et, par ailleurs, qui permettra de financer notre économie.
02:57C'est un exemple, mais sur tous les sujets...
03:00Faut-il tout péter pour refonder la France ?
03:03Donc, il y a écologie, économie, autorité.
03:05Est-ce que tout est foutu ?
03:06Et enfin, faire de la politique en 2026, comment y croire encore ?
03:10J'avoue que c'est pas très encourageant, parce que si vous vous demandez
03:14si on peut encore y croire, c'est que si même vous, vous vous le demandez,
03:17c'est qu'effectivement, les gens n'y croient plus.
03:19Je pense que tous les Français, en tout cas beaucoup de Français,
03:21se posent exactement les questions que vous venez d'évoquer.
03:23Et on pourrait en rajouter d'autres.
03:24Il y en a une sur les chefs d'entreprise.
03:26Parce que moi, je veux qu'on se pose les bonnes questions.
03:29Je suis à la tête d'un parti politique,
03:30dans un moment qui est extraordinairement difficile pour notre pays,
03:33par ailleurs, qui est difficile dans le monde,
03:34si on n'est pas capable d'assumer, de se poser les bonnes questions.
03:37Même si nous, ça nous conduit à faire une autocritique.
03:40Même si ça nous conduit à avoir un regard
03:41sur ce qui a pu être fait ces dernières années,
03:43qui a pu être mal fait ces dernières années,
03:44sur certaines choses.
03:45On n'arrivera pas à s'en sortir.
03:47La France ne s'en sortira pas.
03:48Donc moi, je ne suis pas là.
03:49Mon objectif, ce n'est pas de réunir des gens pour dire
03:51tout va bien, dans le meilleur des mondes,
03:53les Français sont heureux, il n'y a pas de problème.
03:55Au contraire, il faut parler des problèmes.
03:57Vous posez la question de savoir si tout n'est pas foutu.
03:59Et surtout, ce qui est intéressant dans ces sujets-là
04:01que vous venez d'évoquer, c'est que seront réunis ce soir
04:03des personnalités qui ne sont pour beaucoup pas des politiques,
04:07qui sont des personnalités de la société civile.
04:09Il y aura des syndicalistes, il y aura des partenaires sociaux,
04:11des gens du patronat, il y aura des chefs d'entreprise,
04:13il y aura des associatifs, il y aura des intellectuels
04:16qui ne pensent pas forcément la même chose entre eux,
04:18qui sont loin d'être tous d'accord avec moi
04:19et avec ce que je propose,
04:21mais qui vont finalement confronter leurs idées,
04:23leurs points de vue pour participer peut-être à refonder la France.
04:26En revanche, un certain nombre de poids lourds de votre parti
04:29ne seront pas là.
04:30Elisabeth Borne, qui était invitée de BFM TV hier soir,
04:32a dit qu'elle n'avait absolument pas prévu de venir.
04:34Elle dit même, je ne crois pas que Gabriel Attal soit mon patron.
04:37Vous n'êtes pas le boss du parti.
04:39Moi, vous savez, je suis secrétaire général de ce parti,
04:41les militants m'ont élu pour ça
04:42et mon objectif, c'est d'en faire un véritable parti,
04:45c'est de tout refonder et d'assumer,
04:47de dire que notre pays a changé,
04:48qu'il y a beaucoup de problèmes à régler en France
04:50et que pour ça, on ne peut pas faire comme avant.
04:52Voilà, c'est ça la ligne qui est la mienne.
04:53Après, pour le reste, vous savez, il y a toujours des commentaires ici ou là.
04:55Ça vous a quand même surpris ?
04:56Il y a toujours des commentaires et honnêtement, chacun est libre de sa parole.
05:01Moi, l'important...
05:01Vous l'avez invité ou pas ?
05:03Bien sûr, tout le monde est invité à ce moment ce soir.
05:06Tous nos adhérents ont été invités.
05:07Il y aura beaucoup de monde, il y a beaucoup d'inscrits.
05:09Mais encore une fois, l'important, ce n'est pas de parler de nous.
05:12L'important, c'est de parler du pays
05:13et de laisser parler des Françaises et des Français
05:15qui ne sont pas en politique, mais qui ont des choses à nous dire.
05:18Alors, puisqu'on est sur le parti,
05:19j'aimerais bien quand même y voir plus clair sur votre histoire de nom.
05:22Ça s'est appelé En Marche.
05:23Ça s'est appelé La République En Marche, LREM.
05:26Ça s'est appelé Ensemble pour la République.
05:28Ensuite, ça s'est appelé Ensemble tout court.
05:29Ensuite, ça s'est appelé Renaissance.
05:30Et maintenant, ça va s'appeler Nouvelle République.
05:32Alors, je vous avoue qu'en regardant tous ces noms en si peu de temps,
05:36je me suis quand même dit qu'il y avait un côté...
05:37Vous vous cherchez, quoi.
05:39Vous savez, moi, quand j'ai pris les rênes de ce parti il y a un an,
05:42les adhérents eux-mêmes m'ont dit qu'il fallait changer de nom.
05:45Mais pourquoi est-ce qu'il y a eu plein de changements de nom avant ?
05:48Parce qu'on ne s'est pas très bien vous habité, quoi.
05:50Quand j'étais pas en responsabilité.
05:51Je pense parce que les noms qui ont été choisis
05:52ne reflétaient pas forcément un projet politique.
05:55Or, je pense que le nom d'un parti,
05:57ça doit permettre d'identifier le projet politique de ce parti.
06:00Ce que j'ai répondu aux adhérents il y a un an,
06:02c'est que je souhaitais d'abord qu'on travaille sur le fond et sur le projet.
06:05D'ailleurs, vous dites, une fois qu'on a fait ce travail,
06:08ce travail de réflexion sur le fond,
06:09le nom peut changer pour refléter une idéologie.
06:11Exactement.
06:12C'est quoi votre idéologie ?
06:13Moi, je le dis souvent,
06:14et je pense que ça rassemble les femmes et les hommes qui sont chez Renaissance.
06:18Moi, je suis libéral en matière économique.
06:20C'est-à-dire que je crois que si on veut avoir un financement
06:23de nos services publics, notre modèle social,
06:24il faut de l'emploi, il faut de la croissance.
06:26Pour ça, il faut des entreprises.
06:27Et donc, il faut permettre à nos entreprises d'être compétitives.
06:30Je suis très ferme sur les questions régaliennes.
06:32La sécurité, la justice, l'immigration, la laïcité, l'autorité.
06:37C'est peut-être un angle mort de ces dernières années.
06:39Il faut assumer de le dire dans la politique
06:40qui a été conduite par les gouvernements successifs.
06:42Le régalien, c'est-à-dire toutes ces questions d'autorité, de laïcité,
06:45vous estimez que vous n'êtes pas suffisamment attaqués.
06:47Vous, les macronistes, je veux dire.
06:48J'estime que collectivement, effectivement,
06:50il y a une forme de constat d'échec sur un certain nombre de sujets.
06:54C'est une réalité.
06:54Et encore une fois, ce n'est pas un gros mot de le dire.
06:56En tout cas, moi, à chaque fonction qui a été la mienne,
06:59j'ai tout fait pour agir sur ces sujets-là.
07:00On pourrait y revenir.
07:01Je suis progressiste sur les questions sociétales
07:03et sur les questions climatiques.
07:05Je pense qu'il y a encore des choses à faire,
07:06des droits supplémentaires pour les Français,
07:08que ce soit en matière d'égalité entre les femmes et les hommes,
07:11que ce soit en matière de fin de vie.
07:12Vous savez que je défends un texte pour des personnes
07:15qui sont dans une situation incurable,
07:17qui souffrent, qui n'ont pas d'autre solution.
07:19Il puisse y avoir une aide active à mourir.
07:21Et enfin, je suis profondément pro-européen.
07:23Voilà, si je devais résumer ce en quoi je crois.
07:26Je pense que ça permet de répondre à un certain nombre de problèmes
07:29que se posent les Français.
07:30Et par ailleurs, que ça permet de rassembler assez largement.
07:33Le journal La Nouvelle République,
07:37initialement La Nouvelle République du Centre,
07:39vous l'avez vu, a réagi à votre nouveau nom.
07:41Il n'y a pas de nouveau nom encore, Apolline de Malère.
07:43Avant, ce ne sera pas La Nouvelle République ?
07:44J'ai annoncé que le nouveau nom, ce serait après les municipales.
07:47Il y a plusieurs noms qui sont possibles.
07:49Dont La Nouvelle République.
07:50Parce que La Nouvelle République, c'est une dynamique
07:51qu'on a lancée au mois de septembre dernier à Arras,
07:55précisément pour assumer qu'il faut refonder les institutions en France,
07:58qu'il faut refonder notre modèle, si on veut qu'il survit.
08:00Vous ne dites pas que c'est complètement acté,
08:02mais enfin, c'est quand même La Nouvelle République qui tient l'accord.
08:03Je dis rendez-vous après les municipales.
08:06C'est vrai que La Nouvelle République, ça incarne ce projet
08:08qu'on veut porter pour le pays.
08:10Maintenant, on verra à ce moment-là.
08:12Non, ce n'est pas tout à fait pareil.
08:12Ah, ce n'est pas la même.
08:13Parce que derrière La Nouvelle République,
08:14on ne parle pas que des institutions comme le fait LFI avec La VIème République.
08:18On parle de notre modèle social,
08:19qui ne peut plus tourner dans la démographie actuelle.
08:22On parle de notre modèle régalien.
08:24Comment est-ce qu'on juge les mineurs ?
08:26Comment est-ce qu'on garantit la sécurité ?
08:27Comment on gère les flux d'immigration en France ?
08:29On parle de notre modèle démocratique, c'est vrai, nos institutions,
08:33et on parle de notre modèle économique.
08:35Je le disais, le journal Nouvelle République,
08:37en tout cas, pense effectivement que tout converge
08:40à changer votre nom vers Nouvelle République.
08:43Il dit que le président du parti de La République
08:46changera bientôt de nom.
08:48Problème, il opterait pour celui d'un groupe de presse historique,
08:51le nôtre.
08:51Gabriel Attal ambitionne de changer le nom de son parti.
08:54Après En Marche, La République En Marche,
08:56ce serait donc La Nouvelle République.
08:58Peut-être parce que Jean-Luc Mélenchon, dise-t-il,
09:00a politiquement préempté l'appellation Sixième République.
09:02Et ils ajoutent, l'hommage est embarrassant,
09:05même si la timidité de Gabriel Attal est émouvante.
09:08On y perçoit une certaine ironie.
09:09Le leader politique n'a en effet pas osé informer
09:12La Nouvelle République de son idée.
09:14Timide, mais prudent, il a tout de même interrogé des juristes.
09:17Et puis surtout, cette fin assez grinçante.
09:20La Nouvelle République en a vu d'autres,
09:22dit l'édito ce matin de La Nouvelle République.
09:25Elle attend déjà que la Macronie passe à autre chose.
09:28si Gabriel Attal manque d'inspiration,
09:30qu'il s'intéresse aux municipales.
09:32Ce rendez-vous électoral dans lequel son parti peine à peser,
09:35mais que La Nouvelle République chronique sans parti pris.
09:38Qu'est-ce que vous répondez ?
09:39D'abord, heureusement, La Nouvelle République,
09:41ou La République tout court,
09:43elle appartient à tout le monde.
09:45Et d'ailleurs, il y a déjà un parti
09:46qui s'est appelé comme ça, ou quasiment.
09:48Tout à fait.
09:48Le parti du général de Gaulle, en 1958,
09:51qu'il a créé,
09:51l'Union pour la Nouvelle République.
09:53Voilà, après, moi j'ai beaucoup de respect pour la PQR,
09:55y compris les éditos grinçants,
09:57comme vous dites.
09:58Je suis très engagé aussi.
09:59La presse quotidienne régionale.
09:59Je suis très engagé aussi sur la question des municipales,
10:01évidemment, qui est un scrutin majeur pour les Français.
10:03On a des candidats Renaissance un peu partout en France.
10:04Ils disent effectivement que votre parti peine à peser,
10:07c'est juste.
10:08Ils peinent à peser quand même.
10:09D'abord, il faut voir les élections,
10:10le résultat des élections.
10:11Il y a beaucoup d'endroits où vous n'avez même pas de candidats.
10:13Mais vous savez d'abord,
10:14la plupart des candidats aujourd'hui en France,
10:16quel que soit leur parti d'origine,
10:18en général,
10:19ils se présentent avec leur étiquette propre locale.
10:21C'est vrai pour les gens qui viennent de gauche,
10:23de droite, du centre, etc.
10:25Parce que c'est des élections locales.
10:26Et ensuite, on a des candidats un peu partout en France,
10:28je peux vous dire.
10:29Il y a plein de villes.
10:29On a des candidats, je pourrais en parler ici.
10:31Et il y a d'ailleurs plein de villes qu'on va gagner
10:34avec nos candidats à l'occasion de ces municipales.
10:36Donc pour vous, il n'y a pas de problème sur les municipales ?
10:38Vous savez, ça fait un an qu'on travaille sur les municipales.
10:41Et on a assumé de dire qu'il y a certaines villes
10:43où on considère qu'il faut se présenter sous nos propres couleurs,
10:46parce que c'est nous qui avons les meilleures idées pour cette ville,
10:49parce qu'on a travaillé, etc.
10:51Il y a des villes, on a assumé de dire
10:52on va soutenir un maire sortant
10:54ou une autre équipe qui se présente
10:55parce qu'ils sont mieux préparés que nous,
10:57parce qu'ils ont des valeurs, des idées qui correspondent aux nôtres.
10:59J'ai envie de vous dire, c'est très bien.
11:00Moi, je pense que les gens, ils en ont marre aussi
11:01de voir ces partis qui en permanence disent
11:04« Quoi qu'il arrive, je ne suis pas d'accord avec les autres.
11:06Je vais me présenter sous ma bannière, avec mon drapeau
11:08et je me fiche de savoir s'il y a d'autres candidats
11:10qui sont en accord avec mes idées. »
11:12Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
11:15Première étape, franchie hier.
11:18Est-ce que vous vous dites que ça va effectivement
11:21pouvoir entrer en application,
11:23comme vous l'espérez au 1er septembre ?
11:25Certains disent que si l'Union européenne ne vous suit pas,
11:28ça restera l'être morte.
11:30L'Union européenne, elle nous donne la possibilité de l'interdire.
11:33Et ça, c'est très important.
11:34Vous savez, moi, c'est un combat que je mène depuis longtemps.
11:37Septembre 2023, je m'exprime pour la première fois
11:39en tant que ministre de l'Éducation nationale
11:40pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
11:43Il y a eu beaucoup de travail depuis,
11:44notamment avec une députée de mon groupe,
11:46Laure Miller, avec des membres du gouvernement.
11:49Je pense à Clara Chapaz,
11:49qui était membre du gouvernement précédent sur le numérique.
11:52Et il y a eu aussi un travail au niveau européen.
11:55Grâce à deux eurodéputés de notre groupe,
11:58Valérie Ayet, Stéphanie, en courtin,
12:00la Commission européenne nous a donné, il y a quelques mois,
12:02le droit de pouvoir interdire les réseaux sociaux
12:04au moins de 15 ans.
12:06On vient de le voter à l'Assemblée nationale.
12:07C'est une étape décisive.
12:08Donc, pour vous répondre,
12:09oui, cette mesure pourra entrer en vigueur
12:11au 1er septembre 2026,
12:13à condition que le texte soit définitivement adopté.
12:15Ça va passer au Sénat, je pense, à peu près dans un mois.
12:18Mais on sera le premier pays de l'Union européenne
12:20à mettre en oeuvre cette mesure qui est essentielle.
12:22Mais précisément, selon une source à la Commission européenne
12:24qui s'est confiée à notre journaliste sur les questions,
12:26notamment d'Internet, Raphaël Grabli,
12:28la France ne pourra pas obliger les réseaux sociaux
12:32à vérifier l'âge des internautes
12:33à partir du 1er septembre 2026
12:35parce qu'il s'agit d'une compétence européenne.
12:37Mais justement, la compétence européenne,
12:38c'est le Digital Services Act.
12:40Désolée de rentrer dans les détails.
12:41Non, non, au contraire, allons-y.
12:42Moi, ce que je veux, c'est justement qu'on rentre dans les détails
12:43pour savoir si, au-delà des mots,
12:45ça va vraiment marcher.
12:46Et dans son article 23, ce texte européen
12:49donne la possibilité désormais aux États membres
12:51de pouvoir l'interdire dans leur pays.
12:54Pourquoi c'est important ?
12:55Juste très rapidement, parce qu'il y a probablement
12:56beaucoup de parents qui nous écoutent et que ça intéresse.
12:59C'est important parce que, vous savez,
13:00je suis très engagé dans la lutte contre le harcèlement à l'école.
13:02J'ai beaucoup œuvré en la matière.
13:04Le harcèlement, il passe aujourd'hui beaucoup, malheureusement,
13:06par les réseaux sociaux.
13:07C'est important parce qu'on voit que l'usage
13:09des réseaux sociaux très jeunes et de manière très prolongée,
13:12ça a un impact sur les capacités de réflexion de nos enfants.
13:16Il y a une étude américaine qui est sortie il n'y a pas très longtemps
13:18qui montre que pour un adolescent
13:20qui passe cinq heures par jour sur les réseaux sociaux,
13:24en deux ans, c'est un retard par rapport aux autres adolescents
13:27de l'ordre de six mois en termes de développement,
13:30en termes d'apprentissage, etc.
13:31C'est important parce que ça agit sur la santé mentale de nos enfants.
13:34Et c'est important, enfin, parce que derrière ces plateformes
13:36de réseaux sociaux, il y a des puissances.
13:39Il y a des pays, la Chine, les États-Unis,
13:40qui parfois, tenez-vous bien, n'autorisent même pas
13:43ces réseaux sociaux pour leurs propres enfants
13:45dans leur pays.
13:46Et donc, moi, je veux qu'on puisse être indépendant en la matière,
13:48qu'on puisse protéger nos enfants.
13:49Et est-ce qu'il ne faut pas carrément interdire TikTok ?
13:52Certains estiment qu'il faut interdire TikTok.
13:54C'était le cas de Raphaël Glucksmann à ce même micro hier.
13:58D'autres s'interrogent même sur la vente
14:00de smartphones au moins de 15 ans.
14:02Non, moi, d'abord, je ne suis pas contre
14:04les réseaux sociaux par principe.
14:06Les réseaux sociaux, ça peut aussi être quelque chose de bien.
14:08Ça permet de découvrir des choses, ça permet d'apprendre,
14:11ça permet de rencontrer des gens.
14:12Je ne suis pas pour l'interdiction des réseaux sociaux.
14:14D'ailleurs, je les utilise moi-même pour communiquer.
14:16En revanche, je pense que, comme pour tout,
14:18il faut un cadre, il faut une régulation.
14:21Et oui, il faut assumer de dire qu'en dessous de 15 ans,
14:24les réseaux sociaux, ça apporte plus de mal que de bien.
14:27Et donc, j'assume de défendre cette mesure depuis trois ans.
14:29Désormais, l'Assemblée l'a votée, c'est une étape décisive.
14:31On va pouvoir poursuivre.
14:33La question qui est posée derrière tout ça,
14:34c'est dans quel modèle de société on veut vivre, Apolline de Malherbe ?
14:36Est-ce qu'on veut vivre dans une société de l'incivisme ?
14:39Une société de la brutalité, du harcèlement ?
14:42Ou est-ce qu'on veut vivre dans une société humaniste ?
14:45On accepte de prendre soin les uns des autres ?
14:46On refuse la violence, notamment dès le plus jeune âge ?
14:48Moi, c'est dans cette deuxième vision que je m'inscris.
14:51Et donc, oui, on va pouvoir interdire les réseaux sociaux.
14:53Vous savez que du côté de l'Élysée,
14:54ils estiment quand même que vous êtes assez mesquins sur cette histoire.
14:57Ils trouvent que, finalement, c'est quand même un des combats d'Emmanuel Macron
15:00et que vous êtes en train de tenter d'en faire votre combat à vous.
15:03C'est un combat collectif.
15:04Vous savez, vous pouvez reprendre toutes mes déclarations septembre 2023.
15:07Je crois que j'étais un des premiers à dire
15:08qu'il fallait interdire les réseaux au moins de 15 ans.
15:10Il y a un an, j'ai signé une tribune avec Marcel Ruffeau,
15:13le grand président de Psyca.
15:14Est-ce qu'il y a une logique ?
15:16Est-ce que ça a même du sens de vous poser cette question-là ?
15:18C'est vrai qu'on a quand même l'impression que maintenant,
15:19c'est à celui qui va montrer qu'il s'émancipe le plus du président de la République.
15:23En l'occurrence, je défends une idée,
15:26une proposition qui est aussi défendue par le président de la République.
15:28Donc, pour le coup, il y a de nombreux Français,
15:32de nombreux responsables politiques qui défendent ce combat.
15:34D'ailleurs, regardez hier à l'Assemblée nationale,
15:36je crois quasiment tout le monde a voté ce texte,
15:38à l'exception évidemment des Insoumis qui votent contre tout.
15:41Mais on voit bien que c'est un combat qui est collectif.
15:42Donc aujourd'hui, ceux qui sont vraiment hors,
15:45j'allais dire, d'une sorte de consensus, c'est LFI ?
15:49On a encore vu sur ce sujet-là hier,
15:51je veux dire là, on parle de protéger nos enfants.
15:53Et en plus, on a entendu des choses assez lunaires
15:55parce que dans les discours qui avaient été faits par les Insoumis à la tribune,
15:58ils expliquent effectivement qu'il y a un problème de santé mentale
16:01chez nos plus jeunes, qu'il y a un problème de harcèlement,
16:03qu'il y a probablement un problème d'enfermement dans des algorithmes.
16:05Mais quand il s'agit de dire, on prend une mesure pour régler ce problème-là,
16:09il n'y avait plus personne.
16:09Je dis un mot pour les parents qui nous écoutent
16:11ou les jeunes qui nous écoutent.
16:13Ils posent beaucoup de questions.
16:14Je reçois un nombre de messages, comme je n'ai jamais reçu,
16:16de parents, de jeunes qui me posent des questions,
16:18comment ça va se mettre en œuvre, etc.
16:20On a lancé un site internet, stopréseau, au pluriel, x.fr.
16:26Vous vous rendez sur ce site.
16:27On a mis toutes les informations.
16:29Vous pouvez vous abonner d'ailleurs pour être mis à jour
16:31et recevoir régulièrement les informations dans les mois qui viennent
16:33parce que beaucoup de gens se posent des questions.
16:36Stopréseau, au pluriel, .fr.
16:37C'est clair.
16:38Gérald de Darmanon dit « j'y pense et je m'en sens capable ».
16:42Édouard Philippe est officiellement, clairement, en campagne.
16:45Est-ce qu'il y aura une primaire pour vous départager ?
16:47Vous allez faire comment ?
16:48Moi, d'abord, il y a beaucoup de candidats sans projet.
16:51Moi, je veux que notre projet ait un candidat.
16:53Donc, je prends les choses dans l'autre sens.
16:54Et c'est le droit de plein de personnalités de dire...
16:56Mais vous aussi, à un moment, il faut quand même dire les choses.
16:58Gérald de Darmanon dit « je n'y pense ».
17:00Non, mais vous ne pouvez pas dire que vous n'y pensez pas.
17:02Moi, ce que je dis d'abord, c'est que pour se présenter devant les Français,
17:05ce qui n'est quand même pas une petite chose, président de la République.
17:07D'abord, il faut avoir beaucoup réfléchi soi-même.
17:09Ça nécessite beaucoup d'humilité, beaucoup de détermination.
17:12Ensuite, il faut se présenter avec un projet.
17:14Donc, qu'il y ait des candidats sans projet, c'est leur droit.
17:17Moi, ce que je veux, c'est d'abord qu'on finalise notre projet avec Renaissance.
17:20Ça fait un an qu'on est dessus.
17:21On a présenté nos mesures en matière de sécurité, de justice, d'immigration, de laïcité.
17:26Nos mesures en matière d'économie et de climat.
17:28Nos mesures en matière de retraite.
17:29On va continuer dans les semaines qui viennent sur la santé, sur l'éducation.
17:33Est-ce que ce sera un projet commun ?
17:34Est-ce que vous allez proposer ce projet que vous êtes en train d'écrire ?
17:36Vous dites, c'est notre projet.
17:38Pour paraphraser, évidemment, Emmanuel Macron.
17:41OK, c'est votre projet.
17:42Mais est-ce que ça veut dire que vous allez voir Gérald Denar-Manin ?
17:44Vous allez voir Edouard Philippe ?
17:45Vous allez leur dire, voilà, on s'est mis d'accord sur un projet.
17:48Maintenant, est-ce que tu veux l'incarner ?
17:50Est-ce que toi, tu préfères l'incarner ?
17:51Est-ce que je l'incarne ?
17:52Comment vous allez faire ?
17:53Alors d'abord, c'est un projet qui incarne Renaissance.
17:56C'est un projet sur lequel ont travaillé les adhérents, les élus,
17:58des experts qui sont venus nous aider aussi avec Renaissance.
18:01Les personnalités que vous citez, que ce soit Edouard Philippe ou Gérald Denar-Manin,
18:04ne sont pas membres de Renaissance.
18:05Donc ça, c'est notre projet.
18:06Et puis ensuite, on va le défendre.
18:07Ensuite, je vais vous dire, il y aura une campagne.
18:09Et dans cette campagne, j'espère que ceux qui défendent les mêmes idées,
18:13les mêmes mesures...
18:14Quand vous voyez que la gauche est en train de mettre en place cette primaire,
18:17vous vous dites, c'est pas notre...
18:18Je n'ai jamais exclu cette possibilité-là.
18:20Ce que je constate aujourd'hui, c'est que la plupart de ceux qu'on présente
18:23comme des candidats principaux sont contre l'idée de la primaire.
18:27qu'il y a beaucoup de débats sur le périmètre de cette primaire, etc.
18:29Mais vous, vous ?
18:30Moi, je vais vous dire, ce qui m'importe, c'est un, qu'on puisse défendre un projet pour le pays.
18:34Oui, j'ai compris.
18:35Et deux, avec humilité et détermination.
18:37Et deux, qu'on ne se retrouve pas avec un second tour entre la France insoumise
18:40et le Rassemblement national qui serait terrible pour le pays.
18:43Et donc, que des personnalités qui défendent, grosso modo, un projet proche,
18:47évidemment, ne soient pas toutes candidates à l'élection présidentielle.
18:50C'est dans 16 mois.
18:51Je pense qu'il y a du chemin d'ici là.
18:53Et d'ici là, vous allez tout faire péter ce soir au Palais Brugnard.
18:57Merci, Gabriel Attal, d'avoir été mon invité ce matin.
19:00Ancien Premier ministre et évidemment à la tête du parti.
19:02Renaissance, 8h48.
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