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  • il y a 2 jours
Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics de France, répond aux questions de Romain Desarbres

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00:00La grande interview Europe 1 C News, Romain Desarres.
00:068h13, la grande interview C News Europe 1 avec Amélie de Montchalin.
00:10Bonjour Madame la Ministre.
00:11Bonjour.
00:11Ministre de l'Action et des Comptes Publics, Ministre du Budget.
00:15On va parler beaucoup de budget, pas que, mais beaucoup de gros sous et des comptes publics, des comptes de la France.
00:21Après des mois de tractations infructueuses, la France est sur le point de décrocher un budget.
00:25Après l'adoption par 49.3 de la partie recettes, c'est désormais celle des dépenses qui est examinée.
00:31Cet après-midi, l'Assemblée Nationale doit se prononcer sur les motions de censure déposées par LFI et le RN,
00:36même si celles-ci ont peu de chances d'aboutir, faute de soutien du PS et des LR.
00:41Vous diriez que vous êtes fière de ce budget, même si c'est un budget socialiste ?
00:45Alors, ce que je peux vous dire, c'est que vous savez, je suis toujours très attachée à la précision, à la clarté.
00:49Parfois, on dit même que je suis cash.
00:50Et je dois vous dire qu'aujourd'hui, nous avons un débat public qui relaie plein de critiques,
00:57mais sur un budget qui n'est pas notre budget.
00:59Plein de critiques parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de fake news, il y a beaucoup, beaucoup de fausses informations.
01:02Je vais vous donner quelques-unes, je lis partout dans la presse encore ce week-end,
01:05que ce budget augmenterait les impôts, que ce budget est frais à la poche des entreprises,
01:10que ce budget serait très démangeable pour l'économie.
01:13Alors, il y a sûrement des gens qui veulent faire dire des choses au débat, et je vais y revenir.
01:16Mais dans ce budget, qu'est-ce qu'il y a ? Il y a des économies.
01:20On divise par trois la croissance de la dépense publique.
01:23On va être à un moment où notre déficit...
01:25Donc, il y a encore une croissance, mais elle est moindre.
01:27La plus faible observée depuis au moins cinq ans, voire dix ans.
01:32Ça va être l'année, comme en 2025, où l'État fait le plus grand effort de réduction de son fonctionnement depuis 25 ans.
01:38Je le redis, et je le dis vraiment avec force, et je le répéterai aussi longtemps qu'il faut.
01:42Il n'y a aucune hausse d'impôts pour les ménages, il n'y a aucune hausse d'impôts pour les PME de notre pays.
01:47Il y a même une baisse d'impôts pour les entreprises de taille intermédiaire industrielle.
01:51Et donc, c'est ça la vérité de ce budget.
01:52Après, pourquoi on a un débat qui nous dit parfois des choses qui sont des mensonges ?
01:58Parce que ce que j'observe, c'est que nous avons eu le RN avec la France insoumise,
02:04qui ont en fait voté des choses très dommageables au pays.
02:07Je rappelle que le Rassemblement National, contrairement à ce que Jordan Bardella dit sur les plateaux de télé,
02:12a voté main dans la main avec les insoumis 34 milliards de hausse d'impôts pour les entreprises.
02:17Ces 34 milliards d'euros-là, manifestement, aujourd'hui, c'est un problème pour le RN de les assumer.
02:23Je le comprends d'ailleurs, parce que ça aurait été un problème pour la France de les voir se mettre en œuvre.
02:27Et donc, il y a une espèce d'écran de fumée.
02:29Et plutôt que de laisser un débat se faire sur la vérité du budget,
02:32nous avons maintenant un débat qui s'organise, parce que je pense qu'au fond,
02:36c'est une forme de chantage assez pathétique que fait le RN.
02:39Moi, je vois les députés du Rassemblement National faire une pression sur le terrain
02:43aux députés de la droite républicaine qui s'apprêtent à considérer que ce budget de compromis,
02:48il apporte de la stabilité, il apporte de la visibilité au pays,
02:52qu'évidemment, c'est le budget qui n'est pas celui que la droite républicaine aurait voulu,
02:55mais la droite républicaine, elle avait une boussole.
02:57Elle ne voulait pas de hausse d'impôts, il n'y a pas de hausse d'impôts.
02:59Elle voulait des économies, il y a des économies.
03:01Donc, vous voyez, l'union des droites, dont on entend beaucoup parler,
03:03je pense que ce budget révèle une chose, c'est que le RN n'est pas de droite.
03:07Mais cet accord de non censure, des socialistes, il vous a bien coûté 3 milliards d'euros supplémentaires ?
03:13Alors, vous savez, on peut faire tous les comptes qu'on veut.
03:15Moi, je peux vous donner un exemple.
03:17Les Républicains nous ont demandé de diviser par près de deux
03:19l'effort que nous demandions aux collectivités territoriales.
03:22Ça représente à peu près 3 milliards d'euros.
03:24De dépenses supplémentaires ?
03:25De non-économies pour l'État, et donc effectivement de dépenses en plus.
03:28Je vais vous donner un autre exemple.
03:29quand nous décidons collectivement
03:32d'abandonner toute idée de gel du barème de l'impôt sur le revenu
03:35pour qu'il n'y ait aucun ménage qui voit son impôt augmenter.
03:38Ça représente 2 milliards d'euros.
03:40Donc, on peut faire des comptes d'apothicaires
03:41ou on peut regarder ce qu'a été la vérité.
03:43La vérité, c'est que vous avez des partis
03:45de droite républicaine,
03:47de gauche républicaine, le parti socialiste,
03:49qui ont décidé de ne pas se mettre dans la main
03:51des extrêmes.
03:52Des extrêmes qui sont dangereux pour notre pays,
03:54des extrêmes qui mentent.
03:56Vraiment, j'utilise ce mot,
03:57et vous savez, je vais toujours essayer d'être précise avec mes mots.
04:00Je parle de mensonge
04:01parce qu'entre ce que Jordan Bardella
04:03dit au patron à Roland-Garros,
04:06dit sur les chaînes de télévision,
04:08et ce que les députés du Rassemblement national,
04:10il y a un gouffre.
04:11Et ce gouffre, ça s'appelle l'incompétence.
04:14Et c'est là-dessus que je pense qu'il faut aujourd'hui faire balai-masque
04:16plutôt que d'inventer des mensonges sur notre budget,
04:18qui est un budget de stabilité et de compromis,
04:20qui a demandé des concessions,
04:21des concessions difficiles,
04:23mais qui a, à mon avis, trois bonnes raisons d'être aujourd'hui validé.
04:26Il réduit le déficit,
04:28il le fait moitié par la fiscalité,
04:29moitié par des vraies économies.
04:31– Il est extrêmement important, le déficit.
04:32– Il est à 5%, bien sûr.
04:35– Ce qui est énorme.
04:35– Je vous rappelle qu'en 2024,
04:37on était à 5,8%.
04:39Donc, vous voyez, moi, mon rôle, ça a été quoi en 2025 ?
04:42On avait dit 5,4,
04:43on a fait 5,4.
04:44Là, on dit 5, on va faire 5.
04:46Pas par magie,
04:47par méthode, par transparence,
04:49on va associer les parlementaires,
04:50on va le faire avec ce qu'on appelle le quoi qu'il arrive,
04:52s'il y a des événements extérieurs,
04:53on s'adapte.
04:55Bref, on est sérieux.
04:56Et je pense que notre débat, aujourd'hui, public,
04:58il est abîmé par les fake news
04:59et par une forme de désinvolture
05:01de beaucoup d'acteurs politiques
05:02qui considèrent qu'on peut raconter n'importe quoi
05:04et faire oublier qui on est.
05:06Le Rassemblement National ne peut pas faire oublier
05:08qu'il a voté 34 milliards de hausse d'impôts
05:10avec la France Insoumise.
05:11– On a entendu le message que vous vouliez faire passer.
05:12– Sous-titrage Société Radio-Canada
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