00:00Là, jusqu'à présent, beaucoup de gens ont parlé et ont dirait que ça va être un plateau plutôt simple pour vous.
00:05Il y a des gens qui vous attendent comme le Messie.
00:06Bon, moi, par contre, en prenant le micro, je vais vous dire clairement, vous êtes là en campagne, ça se sent, ça se voit, et félicitations, vous ferez certainement une très belle campagne.
00:15Je vais être bienveillant avec vous. Il y a une partie de votre histoire qui me plaît beaucoup, d'où vous venez, etc.
00:20Et puis après, la suite me plaît un petit peu moins.
00:22Aujourd'hui, c'est bien beau de mettre la faute sur Mme Hidalgo que je ne vais pas défendre ce soir.
00:26Je ne suis qu'un simple consommateur de la vie parisienne, je n'y vis pas.
00:30Donc, il ne serait pas très agréable que je puisse parler de la vie des Parisiens.
00:34Notamment, j'ai quand même de la famille qui est sur Paris, qui vit à Paris.
00:37Et puis, en tant que consommateur, je peux en parler aussi.
00:39Mais en fait, le problème que vous êtes en train de parler, c'est la faute à Mme Hidalgo.
00:43Pas de souci.
00:44Mais est-ce que vous savez aussi, madame, que c'est le problème partout en France ?
00:48Moi, en Arbonne, 55 000 habitants, président d'association, je sers des gens qui vivent dans les voitures.
00:54Dans une ville, 55 000 habitants.
00:55On a exactement les mêmes problèmes, ça se dépeuple.
00:58Nous avons, nous, madame, dans notre secteur, des classes qui ferment parce que les familles s'en vont.
01:05Donc, on a exactement les mêmes difficultés, que ce soit Paris, la capitale,
01:09ou que ce soit nous, dans le sud de la France, exactement les mêmes difficultés.
01:13Alors, mettre la faute sur Mme Hidalgo, je veux bien.
01:15Mme Hidalgo n'a pas tout bien fait.
01:17Mais, très honnêtement, vous n'allez pas arriver avec un projet tout fait et vous allez faire partout en France.
01:23Ça se dépeuple.
01:24Marseille, Lyon, énormément de villes se dépeuplent.
01:27On le sait.
01:27Dans les villes, les gens s'en vont.
01:28Pourquoi ? Parce que c'est cher.
01:30Et aujourd'hui, le pouvoir d'achat des Français, il est tellement bas qu'on ne peut plus vivre en ville.
01:34On ne peut plus vivre en ville.
01:36Donc, aujourd'hui, c'est le rôle de maire que vous avez, pas le rôle de président.
01:40Et, à mon avis, vous aurez bien des difficultés à pouvoir inverser la courbe.
01:44J'entends, monsieur, quand je dis que c'est la politique de Mme Hidalgo, c'est la politique de son équipe municipale.
01:50Mme Hidalgo, M. Emmanuel Grégoire, était son adjoint, premier adjoint et en charge de l'urbanisme.
01:55Vous avez raison, on a un problème démographique, de toute façon, en France.
01:58C'est un vrai sujet.
01:59Simplement, quand vous êtes maire de Paris, vous avez des vrais pouvoirs.
02:01Vous savez, monsieur, être candidat à la mairie de Paris, c'est un chemin très long, très long.
02:06On ne s'improvise pas candidat à la mairie de Paris.
02:10Et donc, j'ai pris du temps à rencontrer tous les Parisiens.
02:14Les quartiers dont parlait, madame, si vous voulez, moi, je peux vous détailler rue par rue.
02:17Oui, il y a des zones de non-droit à Paris.
02:20Il y a un espace public qui est confisqué aux femmes de manière totalement assumée.
02:25C'est une réalité.
02:26Et sur la politique du logement, monsieur, mais quand vous êtes maire, vous avez un levier.
02:30Je ne dis pas qu'on va régler, on va loger tout le monde, surtout sur une métropole.
02:35Ce n'est pas ce que je dis.
02:36Mais il y a des choix politiques que vous pouvez avoir.
02:38Est-ce que dans le logement social, vous voulez mettre, par exemple, des personnes en situation d'urgence
02:43et le critère d'urgence, il y a toujours plus urgent que vous ?
02:46Ou est-ce que vous voulez donner le logement social, l'attribuer à des gens qui rendent des services à Paris et aux Parisiens ?
02:52C'est la question que je vous pose.
02:53On a ce levier.
02:54Ça ne veut pas dire qu'on loge tout le monde.
02:56Aujourd'hui, la politique du logement à Paris, et notamment pour le logement social,
03:00il n'est pas sur un critère d'éligibilité en fonction du travail et des services que l'on rend.
03:05Ça, c'est le premier point.
03:06Et le deuxième point, sur le parc locatif privé,
03:09vous ne pouvez pas à la fois raréfier l'offre du parc locatif privé
03:13en préemptant à prix d'or pour du logement social sur lequel vous en faites un ghetto
03:18et dire, après vous plaindre, de dire qu'il n'y a plus dans le parc locatif privé des appartements disponibles.
03:24En plus, il y a des contraintes sur les bailleurs privés.
03:27Regardez le petit retraité qui a acheté un studio pour avoir un complément de revenu.
03:31Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il fait qu'à un moment donné, il n'ait pas envie de louer et de le mettre sur le marché ?
03:36Explosion de la taxe foncière.
03:371,8 milliard de taxe foncière.
03:39En un an, il l'a augmenté, alors que Mme Hidalgo s'était engagée pendant la campagne,
03:44à ne pas augmenter les impôts.
03:46Elle l'a augmenté de plus de 62%.
03:48600 millions d'euros sont rentrés en plus dans les caisses.
03:531,8 milliard de taxe foncière.
03:55Et donc, avec ça, aujourd'hui, le bailleur privé, il a l'explosion de la taxe foncière,
04:00il a les contraintes aussi, puisqu'il y a des normes évidemment qui s'ajoutent,
04:04mais également aussi le risque d'impayé.
04:07Parce que quand un locataire ne paye pas son loyer,
04:09chez un propriétaire privé, souvent on dit, est-ce qu'on requiert la force publique
04:13pour récupérer son appartement ?
04:15C'est très compliqué de le récupérer.
04:16Donc, quand vous avez, je ne vous parle pas du grand investisseur institutionnel,
04:21mais le petit propriétaire privé dit, moi je préfère garder mon bien
04:24et ne pas le mettre dans le parc locatif.
04:26Donc, il faut réinciter, effectivement, les propriétaires privées
04:30à remettre leur logement en location.
04:33Et donc, aujourd'hui, de la même manière, sur le logement social,
04:37ce que vous dites, c'est de changer les critères.
04:39Vous avez la main sur la politique de peuplement,
04:41vous avez la main sur la construction, notamment du logement social.
04:44Oui, mais là, vous êtes en train de parler, en disant,
04:48vous voulez créer des inégalités, en fait, sur le logement à Paris,
04:51si je comprends bien.
04:52Non.
04:52Puisqu'aujourd'hui, faire le choix des gens qui travaillent sont prioritaires, etc.
04:56Mais vous savez qu'il y a aussi des jeunes, des étudiants, etc., qui ne travaillent pas.
04:59Il y a des gens qui recherchent aussi un emploi.
05:02Vous savez très bien qu'aujourd'hui, il y a même des gens qui sont hyper qualifiés,
05:05qui ne trouvent pas d'emploi directement.
05:06Vous avez raison.
05:06Alors, là, vous allez créer une inégalité, Madame Dati ?
05:09Parce que vous avez parlé tout à l'heure que vous voulez être la maire,
05:12qui, justement, vous êtes contre les inégalités.
05:13La première action que vous voulez mettre en place, c'est créer une inégalité.
05:17Moi, ça m'inquiète un petit peu.
05:18Quand vous réduisez les inégalités, vous créez de la mixité.
05:22Il n'y a plus de mixité sociale dans le parc social.
05:24Pour les personnes qui sont ici, qui sont parisiens, demandez-leur.
05:27J'ai fait tous les parcs sociaux.
05:29C'est pour ça qu'on m'a reproché les petites vidéos.
05:31Mais pourquoi je monte les vidéos ?
05:32Parce que je suis allée, boulevard National, boulevard Kellerman, boulevard Ney.
05:36Je suis allée au Périchaud.
05:38Je suis allée dans tous les parcs sociaux.
05:40Le logement social à Paris est très dégradé et, pour certains, sont insalubres.
05:44C'est pour ça que moi, je préfère, au lieu de préempter,
05:46le coût de la préemption, c'est 250 millions d'euros par an.
05:50Je préfère ne plus mettre d'argent dans la préemption
05:53et dégager de l'argent pour rénover l'ensemble du parc social qui existe aujourd'hui.
06:00Préempter, ça veut dire qu'on achète un immeuble qui est en vente.
06:02La mairie passe devant les autres acheteurs, achète l'immeuble
06:05et on fait derrière, logiquement, des logements sociaux.
06:07Alors, Corinne, Florian, Gabrielle aussi, tout le monde veut réagir à ce que vous dites.
06:12Juste, madame, pour vous répondre, vous voyez ce que je veux dire.
06:14Quand vous êtes maire, vous avez un levier.
06:15Vous n'êtes pas une machine d'enregistrement en disant
06:19c'est automatique, vous avez un choix.
06:21Est-ce que vous voulez que le parc social soit mixte ?
06:23Est-ce que vous voulez que le parc social soit aussi éligi pour les gens qui travaillent
06:27ou uniquement, sur un seul critère, qui est assez arbitraire,
06:30pour la même catégorie sociale ?
06:31Moi, je suis pour la mixité.
06:33C'est pour ça que ceux qui veulent faire...
06:35Parce que vous imaginez, M. Grégoire dit,
06:36on va faire plus de 40% de logements sociaux à Paris.
06:39Et donc, ça veut dire, vous voyez, ça va exploser les finances de la ville.
06:43Nous sommes déjà à 12 milliards de dettes.
06:45Donc, il faut, à un moment donné, être responsable.
06:48C'est ce que je disais.
06:48Et il faut que tout le monde puisse vous interpeller et racheter la la ville.
06:50Être candidat, c'est un chemin long.
06:53Vous travaillez votre projet.
06:54Vous rencontrez les gens.
06:56Vous vous souhaitez...
06:56Vous rencontrez...
06:57Vous allez dans tous les secteurs et tous les quartiers.
06:59Vous allez dans tous les secteurs et tous les quartiers.
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