00:00Et là, je reviens à cette fameuse rupture de 2012-2013.
00:03Je prenais l'exemple du Brésil, mais en vérité, c'est une rupture partout en Amérique latine.
00:08C'est la fin du virage à gauche.
00:09Et pourquoi ? C'est l'épuisement d'un projet politique ?
00:12D'un seul coup, les classes populaires cessent de soutenir un projet redistributif ?
00:16Non, non, pas du tout.
00:17C'est l'inversion, la grande inversion, on va dire, des cours internationaux de nombreuses matières premières,
00:23en particulier le pétrole, mais pas seulement.
00:25Et effectivement, l'arrêt brutal de la capacité redistributive qu'avaient eues les gouvernements de gauche depuis le début des années 2000,
00:36dont je répète toujours qu'elle avait eu de véritables effets,
00:40contrairement à une note récemment publiée par l'Institut Montaigne,
00:43qui explique que dans le Venezuela des années 2000, on n'a jamais su lutter contre la pauvreté.
00:48C'est entièrement faux.
00:49Quand on regarde les chiffres de la pauvreté et des inégalités au Venezuela entre le début des années 2000 et la fin des années 2000,
00:54on a une très nette diminution de la pauvreté.
00:56L'éradication de l'analphabétisme aussi.
00:57Et de l'indice de Gini.
01:01Lula sort des millions, 30 millions de Brésiliens de la pauvreté,
01:06mais au fond, à un moment donné, les aspirations d'un certain nombre de ces Brésiliens
01:10qui sont sortis de la pauvreté grâce à Lula,
01:13ne sont plus de continuer avec les politiques redistributives du PT et la Bolsa Familia,
01:18mais au contraire d'entrer de plein pied dans une société capitaliste
01:21que Lula ne semble plus incarner, ou Dilma Rousseff, il y a une quinzaine d'allées.
01:27Bon, là, évidemment, le jeu politique a changé entre-temps au Brésil,
01:30mais enfin, le nouveau président bolivien, Rodrigo Paz,
01:33a gagné, il y a quelques mois, avec un slogan de campagne qui était le capitalisme pour tous.
01:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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