00:00Et notre focus de ce samedi soir s'intéresse à ceux qui partent, à ces hommes, ces femmes, africains pour la plupart,
00:07qui quittent leur pays dans l'espoir d'un avenir meilleur et se retrouvent confrontés aux réalités brutales des frontières et de l'administration.
00:15Des parcours invisibles, faits d'attentes, de silences, de luttes pour exister.
00:20Une bande dessinée collective Idées Noires donne la parole à ceux qu'on entend rarement des sans-papiers africains,
00:25qui racontent eux-mêmes leur exil. C'est une autre façon d'aborder l'immigration ce soir.
00:31Et pour en parler, on reçoit deux membres du collectif Baraka Grafica.
00:36Merci à vous d'être avec nous, Margot Perham et Alberto Isifin-Chama.
00:44Voilà, merci à vous deux. Je voudrais commencer par Margot Perham.
00:49Dites-nous comment est née tout simplement cette bande dessinée ?
00:52Alors, cette bande dessinée est née à la faveur d'ateliers de dessin
01:02qui ont lieu dans cette pièce là où nous sommes maintenant,
01:09qui est une pièce de l'occupation de la voie des sans-papiers,
01:12donc le collectif de militants dont Alberto fait partie.
01:16Donc, ça a commencé par des ateliers de dessin sans vraiment de but très précis,
01:26il y a quatre ans, un peu plus de quatre ans.
01:29Et puis, progressivement et avec l'aide de Thierry Vanasselt,
01:35qui nous suit depuis le début sur le projet,
01:36après quelques magazines de plus petits formats,
01:43ça s'est concrétisé par l'édition de cette bande dessinée.
01:46Oui, oui, allez-y, allez-y.
01:52Oui, non, désolé, il y a eu un petit décalage de son.
01:56J'ai terminé.
01:57OK. Alors, j'aimerais entendre Alberto Tchama à présent,
02:01parce que souvent, effectivement, les sans-papiers,
02:04on ne les entend pas parler directement.
02:06Là, c'est ce qui change dans cette bande dessinée.
02:09Qu'est-ce que ça change pour vous, justement,
02:13quand ce sont les sans-papiers eux-mêmes qui écrivent
02:15et qui dessinent leur récit ?
02:20Justement, comme on vous le dit,
02:23en tant que personne sans-papiers,
02:26ici en Belgique, ça fait des années,
02:29on a, avec notre collectif,
02:32donc, le fait d'avoir participé aussi,
02:36écrit notre histoire,
02:37et le fait d'essayer aussi
02:40en tant que personne concernée
02:42et de sans-papiers,
02:43c'est une fierté
02:45à savoir qu'il y a cette histoire,
02:49qu'on peut laisser la trace aussi
02:50à quelle que soit la situation administrative
02:53qu'on a ici en Belgique.
02:56Mais on continue à lutter,
02:59à savoir quand même,
03:00à montrer notre compétence
03:04et la capacité aussi qu'on a
03:05et se place dans ces pays-là.
03:09Et mais surtout,
03:10le seul exemple aussi,
03:12pour tous les pays européens,
03:13il y a d'autres migrants aussi
03:15qui se trouvent dans d'autres pays.
03:17Et pourquoi pas
03:18d'avoir montré cet exemplaire aussi
03:21à d'autres étrangers
03:23qui se trouvent en Europe aussi.
03:25On vous entend très bien.
03:28Une chose qui frappe,
03:29moi je vais vous dire par exemple
03:30ce qui m'a plu dans la bande dessinée
03:32au départ,
03:34c'est vraiment
03:34au début de chaque histoire,
03:37il y a
03:38un passeport
03:42qui est dessiné
03:42de chaque personnage.
03:45Et j'ai beaucoup aimé ça
03:47parce que finalement,
03:48on parle de sans-papiers,
03:49mais ils ont des papiers.
03:50Ils n'ont pas peut-être
03:51des papiers européens pour...
03:53Mais ils existent.
03:55C'est comme si en faisant ça,
03:56vous leur rendez
03:57une part de leur humanité.
03:59Est-ce que ça aussi,
04:00c'était important pour vous ?
04:04Ben oui,
04:05si on parle des passeports,
04:06donc on a déjà
04:08notre passeport
04:08de notre pays.
04:10Mais ici,
04:11un système mis en place
04:12et c'est juste ça aussi
04:14qu'avec un nom,
04:16nommé ici
04:16une personne étrangère,
04:18on le considère,
04:21on le nomme un nom
04:22qui soit disant
04:23que nous sommes
04:23des sans-papiers,
04:24mais nous sommes tous
04:25des personnes
04:26avec le papier.
04:28C'est pour ça aussi
04:29qu'on amène
04:30notre passeport
04:30et ça montre aussi
04:32qu'ici,
04:33vous nous dites
04:33qu'on n'a pas de papier,
04:35mais nous,
04:35on a notre papier.
04:36Voilà.
04:36Vous avez des papiers,
04:37peut-être pas les papiers
04:39estampillés européens
04:41ou autres,
04:41mais en tout cas,
04:41vous avez des papiers.
04:43Margot Perham,
04:44j'aimerais vous entendre
04:45sur...
04:47Visuellement,
04:48la bande dessinée
04:49est néanmoins variée,
04:50même si on voit une unité
04:52grâce au noir et blanc.
04:55Comment vous avez travaillé
04:56à plusieurs mains ?
04:56Il y a huit auteurs.
04:58Est-ce que cette diversité
04:59de styles,
05:00c'était aussi fait exprès
05:02pour refléter quelque part
05:03la diversité des parcours ?
05:04Oui,
05:08comme je disais,
05:09la bande dessinée
05:10n'est pas tout à fait
05:12notre premier travail
05:13tous ensemble.
05:15Donc,
05:16on a eu le temps
05:16de trouver notre style,
05:20je vais dire,
05:22par le pied
05:23d'autres publications
05:24plus artisanales.
05:28Et effectivement,
05:31quasiment sur chaque page,
05:33les huit personnes
05:35ont dessiné.
05:37C'est assez naturel
05:41entre nous,
05:42on ne décide pas
05:44forcément à l'avance
05:46de qui va dessiner quoi.
05:48C'est un peu
05:48sur le moment
05:50avec les envies
05:51de chacun.
05:53Et effectivement,
05:54le crayon permet
05:55d'avoir une unité
05:57quand les éléments
05:58pourraient être
06:02un peu contrastés
06:03les uns des autres.
06:06L'ajout des volumes,
06:08des ombres,
06:08etc.
06:09crée l'unité
06:10des différents éléments.
06:13Alors,
06:13comment ce livre
06:14circule aujourd'hui ?
06:15Est-ce que vous imaginez
06:16une suite,
06:18que ce soit
06:18d'autres bandes dessinées,
06:20des ateliers
06:20ou même une adaptation
06:22à travers un autre médium
06:24comme une pièce de théâtre,
06:25quelque chose ?
06:26Effectivement,
06:31on a des contacts
06:32un peu dans le théâtre,
06:33mais pour l'instant,
06:34ce n'est pas d'actualité.
06:37Là,
06:37pour l'instant,
06:38effectivement,
06:39on va animer
06:39des ateliers,
06:40je crois,
06:41en mars,
06:41à la fête
06:42du livre de Bruxelles
06:44avec plutôt
06:45jeunes publics.
06:48Et on va aussi,
06:49normalement,
06:50en 2027,
06:50participer
06:51à une exposition
06:52dans un centre
06:55d'art contemporain
06:56ici à Bruxelles.
06:59ce n'est pas
07:00tout à fait
07:00le même médium
07:01que la bande dessinée
07:02qui est plutôt éditoriale.
07:05On nous a invités,
07:06donc on ne sait pas
07:07encore exactement
07:08ce qu'on va faire,
07:10mais voilà,
07:10on va être plutôt
07:11dans des œuvres plastiques
07:13qui s'accrochent au mur.
07:16Très bien.
07:16On doit encore réfléchir
07:17à tout ça.
07:18On le note,
07:19Alberto,
07:21Tiama,
07:21rapidement,
07:22qu'est-ce qu'on peut
07:23vous souhaiter
07:23pour la suite ?
07:29Et juste pour donner
07:31la visibilité aussi,
07:33la continuité
07:34et d'avoir notre...
07:38appuyer pour notre motivation
07:40aussi à ces exemplaires-là
07:42qu'on a laissés aussi,
07:44qu'on a donnés
07:45et pourquoi pas
07:47de vraiment avoir ici
07:49beaucoup plus
07:50par rapport à celui-là
07:52et qu'on a sorti de ça
07:53et ce qu'on est en train
07:55de penser à obtenir.
07:58Ok, on vous entend.
07:59Merci,
08:00on vous souhaite le meilleur.
08:00De toute façon,
08:01Idée Noire,
08:02justement,
08:03la bande dessinée,
08:04Baraka,
08:05Grafica.
08:05Merci beaucoup.
08:06Merci d'être venu
08:08sur le journal
08:09de France 24.
08:10C'est ainsi que nous fermons
08:11cette édition.
08:12Merci à tous ceux
08:13qui nous ont suivis
08:13partout dans le monde.
08:15David Jean à Bangui
08:16en passant par Bruxelles.
08:17Restez avec nous
08:18car l'actualité continue
08:19sur France 24.
08:20Merci.
08:20Merci.
08:21Merci.
08:22Merci.
08:22Merci.
08:22Merci.
08:22Merci.
08:23Merci.
08:23Merci.
08:23Merci.
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