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  • il y a 22 heures
Vendredi, samedi et dimanche dans Europe 1 Soir Week-end, Stéphanie de Muru reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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Transcription
00:00Et on est avec Gilles Boussingot, ancien journaliste au Figaro, Sarah Salman, avocate.
00:07On va vous parler maintenant de quelque chose, une actualité qui est en train de monter,
00:11France Culture, qui a mis en ligne un podcast, un épisode d'une émission qui s'appelle
00:17« Les pieds sur terre » intitulée « Comment faire ces cinq prières quotidiennes lorsqu'on est salarié et musulman ? »
00:24Alors ça, ça se passe quand même sur la radio publique.
00:26Ça commence, comme on dit dans le jargon, à monter.
00:31Je viens de voir que, vous savez, la chercheuse Florence Bergeau-Blaquer a réagi.
00:37Elle dénonce un prosélytisme.
00:40D'ailleurs, elle note, elle relève, Florence Bergeau-Blaquer, qu'il s'agit d'un ancien journaliste de la chaîne Qatari, Agi+.
00:48Qui faisait de la propagande frériste.
00:51Clairement, je vous propose tout d'abord d'écouter un extrait de ce podcast avant de vous faire réagir.
00:56Je me suis trouvée, c'était mon binôme de prière, je l'appelais comme ça.
01:00On se surveillait mutuellement.
01:02On trouvait des espaces, notamment sous des escaliers.
01:06On avait toujours un petit tapis de poche.
01:08Et donc l'une se mettait devant, vraiment, au bout de l'escalier.
01:11Et l'autre surveillait si quelqu'un passait, etc.
01:14Alors, Gilles Boussingo, ça c'était Gabi, une étudiante qui reconnaît prier avec une amie dans les couloirs de son université.
01:22J'avoue que je ne vois pas ce qu'à faire ce genre de conseil sur une radio publique.
01:26Avec nos impôts, je précise toujours.
01:28Ça n'a rien de très étonnant de la part un média de service public, déjà, je trouve.
01:31D'abord, des genres de thèmes.
01:33Après, c'est un petit manuel de la façon de vivre dans une entreprise et de continuer sa vie malgré les règlements intérieurs de l'entreprise.
01:40Et surtout, on est en train de nous montrer que la pratique de l'islam et de la croyance est devenue compliquée dans la société française.
01:51Qu'il faut se cacher, qu'il faut se débrouiller comme on peut.
01:55Et voilà.
01:56Et je ne vois pas très bien l'intérêt d'un podcast.
01:58Qu'est-ce que ça vient faire dans une info et surtout sur un média de service public ?
02:02Parce qu'ils sont en train, effectivement, c'est un petit manuel de la pratique et du bon usage de la prière chez les musulmans.
02:08Voilà. Pourquoi, dans ces cas-là, on ne fait pas la même chose avec les confessions chrétiennes, judaïques ?
02:14Enfin, voilà.
02:15Vous voyez, ça me paraît incroyable.
02:17On précise quand même que le service public a une obligation de neutralité.
02:22Oui, bien sûr.
02:23Alors, j'ai écouté ce podcast ou cette émission, je ne sais pas comment l'appeler.
02:26Ça dure à peu près une demi-heure.
02:28Il y a plusieurs témoignages.
02:30Bon, c'est vrai qu'il y a un angle qui est pris.
02:33Moi, ça ne me gêne pas si les autres religions ont aussi leur podcast.
02:35Voilà. Si vous avez un podcast sur le judaïsme, un podcast sur les chrétiens,
02:41après tout, c'est France Culture, pourquoi pas nous éclairer sur des sujets ?
02:45Là, si vous me dites qu'il n'y a qu'une seule religion, pourquoi celle-ci et pas les autres ?
02:48C'est plus ça.
02:49Après, les personnes qui sont présentées, il y a quatre témoignages qui succèdent,
02:53expliquent qu'elles se sentent stigmatisées et qu'elles sont obligées de trouver des stratégies pour prier.
02:58C'est plus des témoignages.
02:59Et le cadre juridique est néanmoins rappelé au tout début.
03:02Alors, c'est rappelé brièvement, il y a l'arrêt Babylou du Conseil d'État.
03:05Mais moi, ce qui me pose, entre guillemets, problème, c'est même pas le contenu de cette émission,
03:08c'est pourquoi ne pas faire toutes les religions ?
03:10Parce qu'après tout, sur France Culture, ça pourrait être intéressant d'avoir un volet
03:14avec, première semaine, la religion musulmane, deuxième semaine, la religion catholique,
03:17troisième semaine, le judaïsme.
03:19Mais l'annoncée comme telle, en tout cas.
03:21Oui, une trilogie, un volet. Pourquoi pas ?
03:24Ce qui pose aussi problème, c'est comme le souligne la chercheuse Florence Bergeau-Blacquer,
03:28c'est l'origine, l'identité du journaliste qui fait ce podcast.
03:33C'est quand même un ancien journaliste de la chaîne Qatari, Agi+,
03:36qui est quand même une sorte de propagande frériste.
03:40Ça, quand même, ça interroge Gilles Boussingot.
03:43Oui, en effet. Je pense que ça fait partie d'une...
03:46Alors, il n'a pas travaillé que pour Agi+, il a travaillé pour Le Monde,
03:50il a travaillé pour d'autres médias, mais justement, oui, effectivement,
03:55là, la question est que Agi+, pose des questions,
04:00parce que c'est une espèce d'entrisme de l'islam radical dans le monde des médias
04:06et en France, où on essaie, par des voix un petit peu plus jeunes,
04:10plus déconnectées, différentes des médias traditionnels,
04:13de lancer des idées, une espèce de prosélytisme islamique
04:18aux jeunes qui les écoutent et qui sont demandeurs de ce genre de choses.
04:22D'ailleurs, je vous propose d'écouter Sabrina, un employé de mairie,
04:25qui compare la prière musulmane au yoga.
04:28Moi, je prie le travail parce que ça me fait du bien.
04:30Il y a des personnes qui font du yoga pour se sentir mieux.
04:32Pour moi, ça va être la salade, donc la prière musulmane,
04:36parce qu'en fait, on a la flemme de rentrer chez nous
04:38et de se taper toutes les prières de la journée.
04:41Et moi, en fait, je la porte avec moi, il y a Rabaya,
04:43dans mon bureau et que je cache, bien sûr.
04:46Voilà quoi, et du coup, je m'enferme dans son bureau
04:48et je prie et voilà quoi.
04:50Après, je retourne dans mon bureau pour travailler.
04:51Non mais moi, Sarah Salman, je suis désolée,
04:54mais il y a quelque chose, en effet, qui me choque.
04:55C'est ce côté que vous soulignez, qu'on entend chez Sabrina,
04:58ce côté « ah, je me cache ».
04:59Donc, sous-entendu, ils sont un peu persécutés,
05:02ils ne peuvent pas prier comme ils veulent.
05:03Bon, effectivement, on est sur un lieu de travail,
05:05on ne prie pas.
05:06Elle n'a pas totalement tort, si vous arrivez dans une salle de réunion.
05:08Oui, mais vous voyez ce que je veux dire, l'angle est un petit peu pernicieux.
05:12Ah bah, c'est un angle qui a été pris, ça, on le voit assez vite.
05:15Après, les personnes interrogées disent qu'elles se sentent stigmatisées,
05:18donnent des astuces aussi pour pouvoir prier,
05:21alors que c'est interdit.
05:23Elle explique, alors ça, je ne le savais pas,
05:24je n'ai pas eu non plus une culture...
05:25Mais c'est ça, c'est interdit, vous voyez.
05:27...de mettre un tapis de prière en pleine salle de réunion
05:29et de prier, a priori, oui.
05:32Et les choses qui me font réagir sur le témoignage que nous voulons entendre,
05:35c'est qu'elle exprime clairement qu'elle a la flemme de rentrer chez elle
05:38et de se taper toutes les prières de la journée.
05:41Donc on sent qu'il y a déjà une contrainte
05:42et qu'elle fait ça parce qu'elle ne peut pas faire autrement.
05:45Que donc, du coup, elle choisit son lieu de travail
05:47et nonobstant l'endroit où elle est, elle le fait là.
05:50Alors, ce que je comprends, c'est que faire les cinq prières les unes
05:53à la suite des autres le soir en entrant,
05:55ce n'est pas ce qu'il faut faire, il faut les faire à l'heure.
05:57Parce qu'il y a une autre personne qui dit justement cela,
05:59qu'il faut les faire à l'heure.
06:01Alors après, je ne suis pas une professionnelle en la matière,
06:03mais c'est ce que j'ai compris en écoutant ce podcast.
06:05En tout cas, Florence Bergeau-Blaquer, qui réagit ce soir,
06:09explique justement, elle connaît très bien ses sujets,
06:13ça a été l'une des premières, d'ailleurs,
06:15elle a été très critiquée pour cela au sein même de son université.
06:20Elle explique que c'est comme ça, justement,
06:22que c'est par les campus et les médias
06:23que les frères ont conquis Bruxelles.
06:26On a eu cette conversation d'ailleurs hier sur le frérisme,
06:30on se souvient de ce rapport qu'a publié Bruno Retailleau,
06:33notamment en mai dernier.
06:37Voilà, ce n'est pas neutre tout ça, Sarah Salmane ?
06:39Ah non, non, ce n'est pas neutre.
06:41Alors après, la question, c'est est-ce que c'est surreprésenté ou pas ?
06:44Est-ce qu'il y en a tant que ça ?
06:46Moi, c'est la question qu'on peut se poser,
06:47parce que quand on lit le rapport,
06:48on a l'impression qu'il y en a absolument partout.
06:51Et voilà, c'est la question du nombre.
06:53Est-ce qu'il y en a beaucoup ou pas ?
06:54Est-ce que les frères musulmans sont partout ?
06:56Moi, je n'ai pas l'impression, et quand on lit le rapport,
06:58on a l'impression que oui.
07:01Gilles Boussingo, d'ailleurs, vous avez vu,
07:03hier j'ai eu un député PS, la gauche,
07:06qui n'a pas voulu, qui a refusé de voter cette résolution
07:10qui met les frères musulmans sur la liste des organisations terroristes.
07:15Bon, la résolution est passée.
07:16On rappelle quand même que l'Arabie Saoudite,
07:18la Jordanie, l'Égypte,
07:20ont mis cette organisation sur ces listes.
07:23C'est incroyable.
07:24C'est parce que ça gêne la gauche,
07:26la pensée gauchiste aux entournures.
07:28Et voilà, ça ne correspond pas à leur plan d'action.
07:32Et donc, ils n'osent pas revenir en arrière
07:34et considérer qu'effectivement, ils se sont trompés.
07:36Ça, voilà, malheureusement...
07:38Et puis, ils ont besoin de la France insoumise aussi
07:40pour une éventuelle alliance.
07:42Donc, il ne faut pas non plus...
07:42Oui, vous faites bien de le souligner.
07:44Les municipales avérivent à grands pas.
07:47Vous faites bien de le souligner, ma chère Sarah.
07:49Je voulais vous faire réagir aussi.
07:52C'était il y a un an, jour pour jour,
07:53la mort tragique du jeune Elias
07:55qui nous a tous bouleversés,
07:57un adolescent sans problème.
07:59Puis, il s'est aimé de ses parents,
08:00de ses nombreux amis de foot,
08:01comme du collège.
08:02Il avait toute la vie devant lui
08:03avant de mourir poignardé
08:05à la machette dans les rues de Paris.
08:07En sortant de son entraînement,
08:09les deux mineurs agresseurs et donc meurtriers
08:11n'auraient jamais dû être ensemble.
08:12C'était une décision de justice
08:13qui avait été prononcée en ce sens.
08:16Ils avaient déjà été condamnés
08:17pour vol aggravé et violence.
08:19sous l'impulsion de la maman d'Elias
08:21qui a été extrêmement digne,
08:22qu'on a entendu dans les médias
08:24pour dénoncer la chronique d'une mort annoncée.
08:27Gérald Darmanin avait alors promis
08:29une enquête de l'inspection générale
08:30de la justice.
08:32Je vous propose d'écouter Stéphanie Bonhomme,
08:33la maman d'Elias,
08:34qui nous parle justement de ce rapport.
08:36Lorsqu'on lit ce rapport,
08:38il y a une seule phrase
08:39qui nous est venue à l'esprit
08:41en mettant de côté le fait
08:43que c'était notre enfant
08:44qui était décédé.
08:45C'est vraiment la chronique d'une mort annoncée.
08:49C'est la succession de dysfonctionnements,
08:52de non-communications.
08:54Et on voit tout cet enchaînement
08:56qui va conduire à la mort de notre enfant.
09:01Et c'est important de le souligner pour nous
09:03parce que nous connaissons les deux assassins d'Elias.
09:07Mais en lisant ce rapport,
09:09nous voyons que la justice n'a pas protégé Elias.
09:12Et nous avons comme message pour les autres parents
09:15que la justice des mineurs aujourd'hui
09:17ne va pas protéger la société.
09:21Et c'est le message qui est important
09:23face à ce rapport.
09:25C'est terrible d'entendre ça.
09:26Bon, ce son, c'était en novembre dernier.
09:30Mais pas grand-chose n'a changé.
09:31Donc malheureusement, il y a eu trop d'actualité.
09:33Et puis la maman d'Elias,
09:35ce qu'elle a eu aussi à subir,
09:36c'est le traitement médiatique.
09:37Je vous rappelle, l'agence France Presse
09:38parlait d'un simple couteau
09:39et avait minimisé la violence.
09:42Et le choix des mots a quand même son importance.
09:44Pourquoi occulter une partie de la vérité ?
09:47Donc le traitement médiatique,
09:48là-dessus, il y a eu, à mon sens,
09:50de la part de certains médias,
09:51une volonté de minimiser la réalité
09:53pour des raisons probablement idéologiques.
09:55Et ça, c'est parfaitement inacceptable.
09:57Gilles Boussinko.
09:58Oui, tout à fait.
09:59Et on peut se poser la question,
10:00qu'est-ce qui a été fait depuis ?
10:02Eh bien, on va en parler justement
10:03parce qu'il y a eu quand même des tentatives
10:05avec Gabriel Attal.
10:06Oui, avec la loi Attal.
10:07Oui, avec le Conseil constitutionnel
10:08qui a censuré cinq articles au moins
10:10de la loi Attal.
10:11Pour qu'il n'y ait plus deux audiences,
10:13une sur la culpabilité
10:14et une sur la peine.
10:15Et si jamais il n'y avait pas eu
10:16ces deux audiences,
10:17Elia serait peut-être encore vivant aujourd'hui.
10:19On en parle dans quelques instants,
10:21on poursuit nos débats,
10:23on marque une pause,
10:23on se retrouve juste après la pub
10:25avec Sarah Salman et Gilles Boussinko.
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