- il y a 5 heures
Céline Alonzo et André Bercoff reçoivent Mitra Hejazipour, franco-iranienne, Grand Maître Féminin. Elle publie " La joueuse d'échecs" chez Albin Michel.
Retrouvez La culture dans tous ses états tous les vendredis avec Céline Alonzo et André Bercoff à partir de 13h.
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##LA_CULTURE_DANS_TOUS_SES_ETATS-2026-01-23##
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00:00TerreDeFrance.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente
00:05La culture dans tous ses états, André Bercoff, Céline Alonso.
00:11Et aujourd'hui André Bercoff, notre invitée est une femme exceptionnelle
00:15qui a bravé les interdits de la République islamique d'Iran
00:17lors du championnat du monde d'échecs à Moscou en 2019.
00:22Elle s'appelle Mitra Ejazipour et elle publie chez Albain Michel
00:27un récit bouleversant, La Joueuse d'échecs, André.
00:31La Joueuse d'échecs, ça rappelle le livre de Stéphane Zweig,
00:35le grand livre de Stéphane Zweig, Le Joueur d'échecs.
00:38C'est très bien d'avoir appris ce livre, parce que le livre de Stéphane Zweig
00:41est un chef-d'oeuvre et votre livre est absolument passionnant
00:44et d'ailleurs nous le recommandons bien sûr, lisez-le.
00:49Et puis je dirais que, évidemment, dans le contexte actuel,
00:55on va en parler mais plus tard, c'est que c'est un destin exemplaire
01:01dans un drame, tout le monde sait le drame que vit l'Iran en ce moment
01:05et depuis d'ailleurs, pas en ce moment, et depuis pas mal de temps,
01:09que c'est une situation où on voit très très très bien,
01:13je parle moi à titre personnel, que ce qui est fou c'est que
01:17pendant les massacres, les business continuent et que voilà,
01:21quand on n'est pas directement concerné, il y a une espèce de silence assourdissant
01:26et s'il n'y a pas de silence, il y a une indifférence.
01:28Et puis je voudrais dire aussi quelque chose,
01:30c'est que ce que je trouve absolument lamentable,
01:33c'est l'indignation à géométrie variable, à deux points et deux mesures.
01:37Quand c'est certain, on s'indigne, c'est très bien,
01:39et quand c'est d'autres, on ne dit rien.
01:41Mais enfin, il faut s'indigner le tout.
01:43Un criminel est un criminel, être un massacreur est un massacreur,
01:46et quelle que soit sa religion, son ethnie, sa couleur de peau,
01:50un salaud est un salaud.
01:52Et je ne comprends pas qu'on choisisse entre les bourreaux,
01:55ceux-là sont acceptables et ceux-là sont inacceptables,
01:58c'est un scandale, et nous n'allons pas parler de cela,
02:01mais nous allons surtout parler de cette formidable vie,
02:06épopée de vie, elle n'a que 32 ans de Mitra Ejazipour.
02:11Et oui, on se retrouve dans un instant effectivement avec Mitra Ejazipour,
02:16grand maître féminin, championne d'échecs d'Iran, d'Asie, du monde.
02:21Elle va tout nous raconter sur ce chemin de liberté qu'elle a choisi
02:25il y a quelques années.
02:27A tout de suite.
02:28TerreDeFrance.fr, le premier site d'articles français et patriotes, présente
02:33La culture dans tous ses états, André Bercoff, Céline Alonso.
02:39Et n'oubliez pas que nous sommes en direct avec vous sur Sud Radio
02:44et vous nous téléphoner 0826 300 300
02:50pour écouter ce qui se passe avec Madame Ejazipour,
02:55les échecs et puis l'Iran.
02:57Et oui, Mitra Ejazipour qui est notre invitée aujourd'hui,
03:00une femme exceptionnelle, bienvenue sur Sud Radio Mitra.
03:03Bonjour à vous.
03:05Alors vous publiez un livre passionnant chez Alba Michet
03:08dans lequel vous racontez bien votre incroyable destinée.
03:11Il est intitulé la joueuse d'échecs exactement.
03:14Bonjour.
03:15Alors je raconte votre histoire.
03:17En décembre 2019, lors du championnat d'échecs du monde à Moscou,
03:20vous êtes devenue la première athlète iranienne
03:23à refuser de porter un hijab pendant une compétition internationale.
03:27Un geste fort qui a fait le tour du monde,
03:31dans les médias, sur les réseaux sociaux.
03:33Quel a été le déclic de cet acte de rébellion ?
03:36D'abord, bonjour et merci de m'avoir invitée.
03:40C'est un grand plaisir.
03:42Le plaisir partagé.
03:43Merci beaucoup.
03:44Oui, comme je me rappelle, à cette journée,
03:47quand je suis arrivée dans la salle,
03:50j'avais déjà prise ma décision.
03:53J'étais déterminée.
03:55Parce qu'en fait, garder le silence,
03:58c'est comme si j'étais une complice de ce régime
04:01et que j'étais d'accord avec tout ce qui se passait en Iran.
04:03Donc, quel événement a déclenché vraiment cette décision en moi ?
04:13Je me rappelle, avant ce tournoi,
04:16il y avait un mouvement des femmes qui ont enlevé leur voile.
04:22Et en fait, ce mouvement m'a inspirée beaucoup.
04:29Et aussi, en fait, je pensais que je devrais faire une action
04:32et montrer mon opposition contre ce régime.
04:36Parce que garder le silence, c'est comme si j'étais d'accord avec eux.
04:40En fait, je représentais mon pays
04:42et je représentais aussi le régime islamique
04:45à chaque fois que je participais dans les compétitions internationales.
04:47Donc, je ne voulais pas être leur marionnette.
04:50Je ne voulais pas être instrumentalisée.
04:53C'est pour ça que j'ai fait cet axe.
04:55Mais par rapport à ce que je vois aujourd'hui,
04:57ce qui se passe à Téhéran, en Iran,
05:00dans toutes les villes de quatre coins du pays,
05:03c'est vraiment...
05:04Le peuple iranien a montré le courage.
05:08Et c'est ça, le courage qu'ils mettent leur vie en danger, en péril.
05:15Ils aspirent la liberté.
05:16Ils cherchent...
05:17Ils ne veulent plus le régime islamique.
05:21Ils appellent à la fin de ce régime.
05:23Et qu'est-ce qui...
05:24Quand vous avez décidé,
05:26est-ce que vous avez pensé juste
05:28qu'en faisant ça, vous risquiez quand même d'avoir des problèmes ?
05:31Ou vous avez dit, non, en tout cas, il faut le faire ?
05:33Oui, parce qu'il faut préciser nous aussi.
05:35Vous n'aviez pas alerté la Fédération des échecs.
05:38Dans votre livre, vous dites qu'effectivement,
05:40vos coéquipières l'avaient fait.
05:42Pourquoi vous-même, vous ne les aviez pas avertis de ce geste
05:45que vous alliez faire ?
05:46En fait, quand je suis arrivée dans la salle,
05:51j'étais sans voile.
05:53Et c'était...
05:55Je ne devrais pas les avertir avant.
05:57Vous n'aviez pas le voile.
05:57Non, quand je suis arrivée dans la salle, je n'avais pas le voile.
05:59Et surtout pas, il l'aurait empêché de jouer, en plus.
06:01Exactement, parce que j'ai reçu pas mal des messages,
06:03des alertes, des menaces.
06:05Si vous connaissez le système,
06:07le système de régime islamique,
06:09c'est comme ça.
06:10Au début, ce sont les messages un peu plus soft.
06:15Mais après, il commence des menaces.
06:17De quel type, par exemple ?
06:18Qu'est-ce qu'il vous disait exactement ?
06:20Au début, il me demandait
06:21de suivre les règles d'être obéissante.
06:24Et ensuite, on m'a proposé des choses.
06:28On m'a proposé des choses.
06:30Si je continue à être obéissante,
06:33que je mette mon voile.
06:37Et à la fin, les menaces un peu plus graves,
06:40c'est-à-dire qu'on ne va pas te laisser jouer.
06:43On va t'empêcher à jouer.
06:45Tu seras exclu de l'équipe nationale.
06:47Tu auras des problèmes.
06:49Ta famille aura des problèmes.
06:51Les menaces les plus graves.
06:53C'est comme ça que ça marche.
06:54On ne suit pas seulement sur vous, sur votre famille.
06:56Oui, exactement.
06:56Et votre famille, justement,
06:58vous ne les aviez absolument pas alertées non plus.
07:01Comment ils ont découvert ça
07:03par les médias, par les images, par les réseaux ?
07:06Oui, je me rappelle,
07:08une fois que ma mère m'a appelée,
07:10elle était en train de pleurer.
07:12Elle me disait que,
07:13finalement, tu as fait tout ce que tu voulais faire.
07:16Tu es comme ton père.
07:19Tu décides et tu le fais.
07:20Tu étais tu.
07:21Tu étais tu.
07:22Comme ton père.
07:22Mais oui, c'est vraiment à ce moment-là
07:26que j'ai compris que je ne peux plus retourner en Iran.
07:30Mais j'étais consciente de toutes les conséquences.
07:34En fait, ce n'était pas si clair
07:35parce qu'en Iran, tout est arbitraire.
07:38C'est-à-dire, vous ne savez pas
07:40c'est quoi exactement les conséquences.
07:41Et c'est ça qui fait un peu plus peur.
07:44En fait, les conséquences arbitraires.
07:46Vous ne savez pas ce qui va passer.
07:48Mais c'était à ce moment-là que j'ai compris
07:50que c'est ma décision.
07:52qui aura ce genre de conséquences.
07:55Et vous n'avez pas eu peur
07:56pour la sécurité de votre maman ?
07:57Parce que vous le dites dans votre livre,
07:59elle vous a supplié de revenir
08:01effectivement sur votre décision.
08:03Est-ce que vous l'avez regretté un jour,
08:05cette décision ?
08:06Je ne regrette pas du tout ce que j'ai fait.
08:09Je regrette plutôt pourquoi
08:10je ne l'ai pas fait plus tôt avant.
08:13Plus tôt ?
08:13Oui, plutôt.
08:15J'aurais dû le faire plus tôt avant.
08:18Parce qu'en fait,
08:19dans plusieurs tournois,
08:22dans plusieurs compétitions,
08:23à chaque fois que je participais,
08:24j'étais au courant
08:25de ce qui se passait
08:26au sein de la société.
08:28Je voyais qu'il nous manquait
08:29la liberté
08:30et que
08:31quand j'expliquais
08:33à chaque fois dans la rue,
08:35à l'université,
08:37à l'école,
08:38dans les journaux,
08:39à la télé,
08:41je voyais qu'on était en train
08:42d'être étouffés
08:43et que
08:44le système était courant
08:45où j'étais au courant
08:47de ce qui se passait
08:48autour de moi.
08:49Mais en fait,
08:50je n'osais pas trop.
08:52Je n'osais pas.
08:52Ce n'était pas évident,
08:54vraiment.
08:56Donc,
08:56je regrette pourquoi
08:57je n'ai pas fait ça.
09:00Et qu'est-ce qui s'est passé
09:01le moment où ça s'est passé,
09:03juste parce qu'après,
09:04on va parler évidemment
09:04de votre éducation
09:07et des échecs.
09:07C'est intéressant.
09:08Est-ce qu'il y a eu tout de suite
09:10une réaction très forte ?
09:11Puisque vous étiez évidemment
09:12sous les faisceaux
09:13des médias du monde entier,
09:14le grand championnat du monde.
09:15Oui, effectivement.
09:16Qu'est-ce qui s'est passé ?
09:17Oui, il y a eu une pression immense
09:18parce que je vous cite,
09:20vous dites,
09:20j'étais assaillie de doute,
09:22aurais-je dû faire mes adieux
09:24à l'Iran plus dignement.
09:26Comment vous l'avez vécu
09:27cette compétition ?
09:28Et surtout,
09:28comment au cours de la compétition,
09:30vous avez réussi
09:31à surmonter ces angoisses
09:32qui vous envahissaient ?
09:34Effectivement,
09:35j'étais très désestabilisée,
09:36j'étais stressée
09:37et je n'ai pas
09:39pour vraiment bien joué.
09:40j'ai joué pas mal
09:42des parties que j'ai gagnées,
09:44c'était bien.
09:45Mais en même temps,
09:45j'étais désestabilisée,
09:47j'avais des préoccupations,
09:51j'étais inquiète.
09:52Donc, je ne peux pas dire
09:54que je l'ai bien gérée.
09:56Mais bon, en fait,
09:57une fois que mes photos
09:59circulaient dans les médias,
10:01ça circulait dans les médias internationaux
10:04et aussi dans les médias iraniens.
10:06aussi.
10:07Donc, c'était là
10:08que j'ai eu les réactions.
10:09Ça a pris quelques jours.
10:11Comment, en Iran,
10:12ils ont réagi comment ?
10:14Quand ils ont vu les photos,
10:16etc.
10:16Je parle de...
10:18à la fois des autorités,
10:20des gens,
10:21ça a réagi comment ?
10:22Très rapidement,
10:23la fédération,
10:25le président de la fédération iranienne
10:27m'a exclu de l'équipe nationale d'Iran.
10:30A exclu, complètement.
10:32Ils n'ont pas accepté la responsabilité.
10:34Ils disaient que, bon,
10:34c'était une décision individuelle
10:38et qu'on n'était pas concernés,
10:40qu'on ne savait pas.
10:41Je veux dire,
10:42la fédération d'échecs.
10:44Et aussi,
10:45j'étais exclue de l'équipe.
10:46En fait,
10:47de ce que j'ai reçu,
10:49les messages sur les réseaux sociaux,
10:51en partie,
10:51étaient très positifs.
10:53J'étais bien soutenue.
10:53Les gens vous ont appuyé.
10:55Oui, les gens m'ont appuyé.
10:57Mais il y avait en partie,
10:58parce qu'en fait,
10:59sur les réseaux sociaux,
11:00le régime islamique,
11:02il fait les cyberattaques.
11:06Ils ont une équipe sur les réseaux sociaux
11:08pour propager les propagandes du régime
11:10qui sont assez actifs.
11:12Donc, j'ai reçu des insultes,
11:15des menaces aussi.
11:19Il y avait en partie positif,
11:20il y avait en partie très négatif aussi.
11:22Oui, effectivement.
11:23Et effectivement,
11:24suite à ce championnat,
11:27vous avez été contrainte à l'exil.
11:29Vous êtes venue en France.
11:30Vous vivez en France
11:31depuis toutes ces années.
11:33On reviendra effectivement sur votre exil
11:35dans un instant sur Sud Radio.
11:37Mais parlons surtout de votre enfance en Iran.
11:41Racontez-nous comment vous l'avez vécu.
11:43Ça parlera à beaucoup de gens
11:44qui vous écoutent actuellement en direct sur Sud Radio.
11:48Revenons justement à ce voile.
11:51Parce que vous le dites,
11:52ce voile,
11:53on ne vous a contrainte à le porter
11:55quand vous étiez enfant,
11:58dès l'âge de 6 ans.
11:59Il a été en quelque sorte
12:00un fardeau pour vous.
12:03J'aimerais comprendre
12:04comment une petite enfant comme vous
12:07vit cela.
12:10En quoi ça a été un fardeau ?
12:12Oui.
12:13Effectivement,
12:13j'ai découvert le jeu d'échecs
12:16à l'âge de 4 ans.
12:19Comment vous l'avez découvert ?
12:20C'est intéressant de parler des échecs aussi.
12:22C'était un cadeau d'un ami de mon père.
12:25D'accord.
12:26A 4 ans ?
12:27A 4 ans, oui.
12:28On avait un invité.
12:29Il nous a apporté un cadeau.
12:31Mon père,
12:31il savait que mon père
12:32il est passionné par le jeu d'échecs.
12:34C'était là qu'ils ont commencé
12:35à jouer ensemble.
12:37Et moi et ma soeur,
12:38on était à côté.
12:39On jouait avec les pièces.
12:42En même temps qu'ils jouaient
12:43sur l'échec qui est.
12:44Pour moi,
12:45c'était assez intéressant
12:46même si je ne comprenais pas grand-chose.
12:48Mais j'aimais beaucoup
12:49de la façon qu'ils étaient en silence
12:52très longtemps,
12:53qu'ils étaient en train de réfléchir,
12:55calculer avec leurs doigts.
12:57Comme ça.
12:58Pour moi,
12:58c'était assez intéressant.
13:01Et ensuite,
13:04oui,
13:04une fois que j'ai pu gagner
13:05contre mon père
13:06et ses amis,
13:07même contre le vieux...
13:08Vous avez gagné
13:09contre votre père
13:09à partir de quel âge ?
13:11J'avais à peu près 6 ans.
13:12Moi aussi,
13:13c'est impressionnant.
13:14À 6 ans,
13:14vous bâtiez votre père ?
13:15J'ai bâti mon père,
13:17ses amis aussi.
13:17J'allais souvent dans les pâques.
13:18Il devait être étonné, non ?
13:20Il était étonné, oui.
13:21Parce qu'il m'a aidé.
13:23J'ai appris les règles
13:24comme ça
13:24en regardant ses parties.
13:28J'allais souvent dans les parcs.
13:29Je jouais contre les vieux messieurs.
13:31La plupart du temps,
13:33il y avait beaucoup de gens
13:34qui m'entouraient,
13:35qui étaient intéressés
13:36sur les parties,
13:37qui étaient impressionnés
13:38à chaque fois que je gagnais
13:39contre les gens
13:39qui étaient vraiment
13:40plus âgés que moi.
13:43Et plus tard,
13:44mon père m'a inscrite
13:45dans un club.
13:47Ensuite,
13:48j'ai pu gagner la médaille,
13:50notamment au championnat
13:51du monde.
13:53Mais,
13:53je reviens sur votre question.
13:56Quand j'étais très petite,
13:58une fois,
13:58on avait un invité.
14:00Il travaillait dans le bazar.
14:03Il venait
14:04d'un milieu
14:05très conservatoire.
14:08Donc,
14:08on m'a invité
14:09à porter le voile.
14:12Parce que
14:12cet ami venait ?
14:13C'était un ami
14:15de mon père, oui.
14:15D'accord.
14:18En fait,
14:19c'était à ce moment-là
14:20que j'ai dû changer.
14:23J'avais
14:23une jupe
14:25avec des fleurs.
14:27J'étais très
14:28libre
14:29contre les autres
14:30petites filles.
14:30Mais après,
14:31j'ai dû changer.
14:33Et j'ai dû aussi
14:34jouer
14:34contre ce monsieur.
14:36Et j'ai pu
14:37battre
14:38ce monsieur.
14:39J'ai compris
14:40qu'à chaque fois
14:41que la partie
14:42d'échec
14:43a commencé,
14:44je commençais
14:45à me prolonger
14:48dans un autre monde.
14:50Un monde
14:51où j'étais
14:51tranquille.
14:53Les pieds,
14:54c'était un moi.
14:55C'était
14:55vraiment tranquille,
14:58isolé
14:58de tout ce qui se passait
14:59autour de moi.
15:00Vous étiez
15:01dans le monde
15:01des échecs
15:02et c'était
15:03autre chose
15:03que le monde.
15:04C'est passionnant.
15:06Vous le dites
15:06très clairement
15:08dans votre livre.
15:09En fait,
15:10ces échecs
15:10ont été
15:11en quelque sorte
15:12votre refuge.
15:14Parce qu'effectivement,
15:14le fait que
15:15quand petite fille,
15:16le fait que
15:17dès que vous avez
15:18été voilée,
15:19vous le dites,
15:19on vous a parlé
15:20comme si vous étiez
15:21une petite dame
15:22d'emblée.
15:23Vous avez eu le sentiment
15:25qu'on vous a volé
15:26en quelque sorte
15:26une partie
15:27de votre enfance ?
15:28Exactement.
15:29Dès que j'ai mis
15:30le voile,
15:31c'est comme
15:31la vie de toutes
15:32les petites filles
15:34en Iran.
15:34Une fois qu'on met
15:35le voile,
15:36qu'on est obligé
15:37de suivre
15:37certaines règles,
15:38qu'on sera
15:39vraiment encadré,
15:40c'est comme si
15:41on envoie
15:42leur vie,
15:44leur liberté.
15:45On a le droit
15:46plus de faire
15:48certaines choses.
15:49Donc,
15:50ça nous manque
15:50la liberté aussi.
15:52On devienne
15:53dans un cours,
15:55on devient
15:55grand dame.
15:59Eh oui.
15:59Alors,
15:59ce qui est très touchant...
16:00Vous avez considéré
16:00presque comme une adulte,
16:01mais juste...
16:02Oui,
16:02effectivement,
16:03on l'a gratifié
16:04de petite dame
16:05et de mademoiselle.
16:06Pour prolonger
16:06ce que disait Céline.
16:09Mais honnêtement,
16:10quand on est enfant,
16:11parce que c'est vrai,
16:12nous,
16:13on n'a pas eu
16:13cette expérience,
16:14mais tout,
16:15c'est à l'âge
16:16à 5-6 ans,
16:17pratiquement,
16:18c'est la règle
16:19qu'on met le voile
16:20à toutes les filles.
16:22C'est ça.
16:22C'est la règle.
16:22Ça dépend vraiment
16:23de la famille
16:24ou de leur entourage,
16:26mais surtout
16:26quand j'habitais
16:28dans une ville
16:29très religieuse
16:30à Machat,
16:32mon entourage
16:33était traditionnel,
16:36donc on ne voulait pas
16:38avoir les problèmes.
16:38d'être différent
16:40de deux autres.
16:41Mes parents étaient inquiètes,
16:42oui,
16:42étaient inquiètes
16:43et on dirait
16:44qu'on voulait fondrer
16:45dans la société
16:46pour ressembler
16:48aux autres.
16:50Oui, à tout le monde.
16:52Mais en fait,
16:53une fois qu'on va
16:54à l'école,
16:55à l'école primaire,
16:56toutes les filles,
16:57elles sont obligées
16:58de porter le voile.
16:59C'est obligatoire.
17:00Les filles sont obligées
17:01de porter le voile.
17:01C'est obligatoire,
17:02exactement, oui.
17:03D'accord.
17:03En tout cas,
17:04il faut le dire,
17:05votre parcours
17:06est assez exceptionnel.
17:07Vous aviez un réel,
17:08vous étiez vraiment
17:09très douée
17:09dès l'âge de 5-6 ans.
17:11À 10 ans,
17:12deux fois,
17:13vice-championne du monde,
17:14André.
17:15À 17 ans,
17:16championne d'Iran
17:17et à 22 ans,
17:19championne d'Asie.
17:20Et ce qui est très touchant,
17:22vous le racontez
17:22très bien dans votre livre,
17:23c'est que votre papa,
17:25dès qu'à 4 ans,
17:26il vous a vu
17:27commencer à jouer
17:28aux échecs,
17:29il vous a dit
17:30« Ma fille,
17:31tu seras championne
17:32d'échecs ».
17:34Oui, tout à fait.
17:35Ah oui,
17:35il vous a encouragé
17:35dès le départ.
17:36Il croyait en moi.
17:40Je me rappelle,
17:40en fait,
17:41ma carrière a commencé
17:42quand,
17:45une nuit,
17:46il y avait un match
17:47de football
17:47de l'Iran
17:48contre l'Australie.
17:51Et Rodada Dazizi,
17:53c'était un champion,
17:55un footballeur,
17:55qui l'a marqué un bout.
17:57Et dans une nuit,
17:57il est devenu
17:58un héros national.
18:01Il est devenu
18:02très connu.
18:04Sa vie a changé
18:05complètement.
18:06Et mon père
18:07avait la même vision
18:08pour moi.
18:09Il voulait
18:09que je devienne
18:10champion.
18:11Et il voulait
18:13vraiment
18:14que j'ai
18:16des opportunités
18:17pour...
18:18Comme dans le jeu
18:19d'échecs,
18:20on n'a pas
18:21les mouvements physiques.
18:22Dans une société
18:23très religieuse,
18:25il nous manque
18:26la liberté,
18:27il ne faut pas
18:27faire grand-chose.
18:29Le jeu d'échecs,
18:30ça ne nous limite
18:32pas du tout.
18:33Et vous pouvez
18:33jouer aux échecs
18:34avec le voile ?
18:35Oui, oui.
18:36Vous pouvez jouer
18:36aux échecs ?
18:37Oui, c'est ça.
18:38J'allais dans les clubs,
18:40dans les parcs,
18:41il y avait...
18:42Moi, j'étais
18:42la seule petite fille
18:44qui jouait.
18:44La seule ?
18:45Oui, exactement.
18:46Dans notre Provence,
18:48j'étais la seule
18:50petite fille
18:51qui jouait.
18:53Donc, j'étais obligée
18:54de porter le voile.
18:56Effectivement.
18:57Oui.
18:58Et votre papa,
18:58effectivement,
18:59vous le dites
19:00qu'effectivement,
19:01c'est se battre
19:02pour que sa fille
19:03réussisse,
19:04pour que votre soeur
19:05aussi réussisse.
19:06C'était sa façon
19:07à lui
19:08de vous protéger
19:09de cet état religieux,
19:10écrivez-vous.
19:11Parce qu'en Iran,
19:12c'était difficile
19:14pour lui.
19:14Effectivement,
19:15il envisageait mal
19:16un avenir pour ses filles.
19:18Vous allez continuer
19:19de nous raconter
19:20votre très belle destinée
19:21dans un instant
19:22sur Sud Radio.
19:24Sud Radio,
19:25terre-de-france.fr,
19:26le premier site
19:27d'articles français
19:28et patriotes
19:29présente
19:29La culture
19:32dans tous ses états.
19:33André Bercoff,
19:35Céline Alonso.
19:38Sud Radio,
19:38avec Mitra et Jazipour
19:40qui a eu le courage
19:40inouï d'enlever son hijab
19:42devant les caméras
19:42du monde entier
19:44lors du championnat
19:45du monde d'échecs
19:46en 2019
19:47à Moscou.
19:48Depuis,
19:49elle n'a pas plus
19:50retourné en Iran.
19:51André Bercoff,
19:52son pays,
19:53aujourd'hui,
19:53c'est la France.
19:54Elle est donc
19:54franco-iranienne.
19:56Parlons à présent
19:57de ce jeu d'échecs,
20:00de ce jeu noble d'échecs.
20:01Vous,
20:02vous êtes née
20:02en 1993
20:04en Iran.
20:05À cette époque,
20:05ce jeu était autorisé,
20:07ce qui n'a pas toujours
20:08été le cas, Mitra.
20:10Tout à fait.
20:11Le jeu a été autorisé
20:12par Rouménie
20:13après la révolution,
20:14quelques années
20:15après la révolution.
20:16ça a été interdit
20:18pour les raisons
20:19vraiment
20:20qui sont basées
20:21sur la superstition.
20:24Moi,
20:25ce que je crois
20:25est que
20:26sur les règles islamiques
20:28et sur les choses
20:29qui sont basées
20:30sur la superstition,
20:31il ne faut pas chercher
20:32la logique
20:33et la raison.
20:34Donc,
20:34moi,
20:34j'ai cherché,
20:35je n'ai pas trouvé
20:36la raison
20:36vraiment
20:37qui est en raison.
20:42Donc,
20:42il n'y a pas de raison,
20:44il n'y a pas de logique
20:44pour ce qu'ils font,
20:46pour ce qu'ils imposent.
20:48Donc,
20:49après la révolution,
20:50il a autorisé
20:51le jeu d'échecs.
20:52et on avait
20:54la fédération
20:55des échecs iraniens
20:57avant,
20:58à l'époque
20:58qui a été fondée
21:00sur le Shah
21:00et ensuite,
21:01ça a été autorisé
21:02et on a réouvert.
21:04Oui,
21:05justement,
21:06dites-nous,
21:06un mot avant
21:08sur la fédération iranienne
21:09des échecs,
21:10justement,
21:10comment ça se passait
21:11exactement ?
21:12Est-ce que vous étiez,
21:14c'est les lois,
21:15effectivement,
21:16est-ce que vous étiez
21:17surveillée ?
21:18Vous étiez soumise
21:19à des interdits ?
21:20Si oui,
21:21lesquelles ?
21:21Dites-nous.
21:23On était tout le temps
21:24sur la surveillance
21:26permanente.
21:27On fait consorter
21:28avec l'équipe
21:29de l'Iran
21:30pour participer
21:31dans les compétitions
21:31internationales.
21:32Il y avait
21:34quelqu'un toujours
21:35pour nous surveiller.
21:36Mais on avait
21:37l'impression
21:38d'être surveillés
21:40même en Iran,
21:41à l'intérieur
21:42de l'Iran.
21:43Parce qu'en fait,
21:45avec tous
21:46les encadrements,
21:48les règles islamiques,
21:49on devenait
21:50une sorte
21:51agent de nous-mêmes.
21:53Les règles
21:54étaient,
21:54les règles islamiques,
21:55c'était tellement
21:56intériorisé,
21:57c'était dans
21:57notre intérieur
21:58que même s'il n'y avait
22:01pas quelqu'un
22:01qui nous surveillait,
22:02ça devenait naturel.
22:04On avait l'impression
22:05qu'on était
22:06tout le temps
22:07sous la surveillance.
22:08Juste un mot,
22:09juste un mot.
22:10Les jeux,
22:10ce n'était pas mixte.
22:13Est-ce qu'il y avait
22:14des tournois
22:15entre filles et garçons ?
22:17Oui,
22:18dans le tournoi officiel,
22:19on a le droit
22:20de jouer
22:21dans les tournois
22:21mixtes,
22:22mais dans les tournois
22:23officiels,
22:24c'est séparé.
22:25Ah, c'est ça.
22:25On a le droit
22:26de jouer en mixte,
22:27mais le tournoi officiel,
22:28c'est filles d'un côté,
22:29garçons de l'autre.
22:30Oui, c'est tournoi officiel.
22:31Championnat homme,
22:32championnat femme.
22:33Historiquement,
22:34parce que des femmes
22:35sont vraiment moins nombreuses
22:36par rapport aux hommes,
22:38la section féminin
22:40a créé
22:41pour encourager
22:42les femmes
22:43pour participer plus
22:44dans les championnats
22:44d'échecs.
22:45D'accord.
22:45Et parmi les interdits,
22:47effectivement,
22:47vous précisez ceci,
22:48on vous disait,
22:49par exemple,
22:50quand tu montes
22:50sur le podium,
22:51ne tend pas la main
22:52à l'homme
22:52qui te remettra
22:53la médaille.
22:54Tu dis
22:55muslim not touch même.
22:57Vous-même,
22:58en tant que jeune femme,
22:59comment vous aviez
23:00vécu ces interdits ?
23:02Je me rappelle,
23:03une fois que j'ai gagné
23:04une médaille
23:05et qu'il y avait
23:06un garçon
23:06que je connaissais,
23:07il m'a approché
23:08et il voulait
23:09serrer la main
23:10pour me féliciter.
23:11et donc,
23:13cette équipe
23:13de surveillance
23:14a m'approché
23:16et ne m'a pas laissé
23:17de serrer la main
23:18parce que c'était interdit.
23:20J'ai dû raconter,
23:22comme je ne pouvais pas
23:23vraiment expliquer
23:24en anglais,
23:25j'étais obligée
23:26de dire
23:26muslim not touch men,
23:28c'est-à-dire
23:28les muslims not touch men,
23:30ne touchent pas
23:31les femmes
23:32et les garçons,
23:33les filles et les garçons
23:34ne peuvent pas toucher.
23:36Et parlons juste
23:37un peu des échecs
23:38parce que quand même
23:39de ce jeu d'échecs,
23:40on ne va pas l'expliquer
23:42mais quand même,
23:43qu'est-ce qui est frappant ?
23:44Enfin, parce qu'on le dit,
23:46je veux dire,
23:46tout le monde le sait
23:47mais juste pour rappeler,
23:48c'est l'un des jeux
23:49les plus nobles du monde.
23:50Pourquoi ?
23:51Parce qu'il n'y a
23:51ni carte,
23:52ni dé,
23:53il n'y a aucune place,
23:55vous me corrigerez
23:56si je me trompe,
23:57il n'y a pas de place
23:58au hasard.
23:59Ce n'est pas
24:00la roulette,
24:01ce n'est pas les cartes,
24:02on ne va pas gratter
24:03pour voir si on a gagné,
24:05on ne va pas jouer
24:06et tout de suite,
24:07il n'y a aucun hasard.
24:09C'est ça ?
24:10Oui, vous avez raison.
24:11Le jeu d'échec
24:12se repose sur les règles,
24:14sur la stratégie,
24:15sur le calcul
24:16et le hasard
24:17et la chance
24:18ne jouent pas du tout
24:19dans ce jeu.
24:21Ce qui est intéressant
24:22c'est que,
24:23comme je vous l'ai expliqué,
24:24il y a les règles précises
24:25et que c'est vous
24:27qui jouez vraiment,
24:28vous menez vos pièces
24:29et vous menez la partie.
24:31Donc,
24:32dans une société
24:33qui,
24:35quand nous avons
24:36un régime totalitaire
24:38qui impose
24:40les lois
24:41basées sur les superstitions,
24:43le jeu d'échec,
24:45c'était une source
24:47d'inspiration pour moi
24:48parce que tout était encadré
24:49qui marchait
24:50avec les règles.
24:52C'était une source
24:53d'inspiration
24:54dans une société
24:55que rien ne marchait
24:56par les règles.
24:57Vous parlez de superstition,
24:59c'est-à-dire ?
25:00Expliquez-nous.
25:02La religion,
25:03toutes les règles.
25:04Je crois que nous avons
25:07juste intéressant,
25:07nous avons un auditeur,
25:08Patrick,
25:09c'est ça qu'il nous appelle
25:10de limer,
25:11c'est bien ça ?
25:12Oui, c'est ça.
25:13Oui, bonjour Patrick.
25:15Bonjour à vous.
25:16On vous écoute, Patrick.
25:18Écoutez,
25:19je suis assez heureux
25:20d'entendre cette jeune demoiselle
25:21parce que,
25:23moi,
25:23mon humble niveau,
25:25j'avais monté
25:26le club des cheques
25:27d'une thé
25:27Picasso
25:28à Fontenay-sous-Bois
25:29et le lycée
25:31où
25:31Pause Café
25:33avait été tournée
25:34avec Véronique Jeannot.
25:36Là,
25:37vous parlez
25:38à la championne du monde.
25:39Oui,
25:40mais après,
25:41je m'incline.
25:42Je m'incline.
25:44OK, Patrick.
25:46Merci.
25:46Vous aviez une question
25:47à poser
25:48ou pas ?
25:49Non,
25:49c'est-à-dire,
25:50je voulais partager
25:51avec elle
25:51ma peine
25:53de ce qui se passe
25:54en Iran
25:55et je me sens impuissant
25:57que je ne peux que prier
25:58parce que
25:59je ne vais pas dire
26:00le nombre de morts,
26:01le nombre de gens aveuglés
26:03le nombre de gens blessés
26:04car je n'ai pas envie
26:05de me retrouver
26:07avec ma maison
26:07là où je vis incendiée.
26:10Mais je peux vous dire
26:11que c'est très grave
26:11ce qui se passe
26:12et je suis attristée
26:15du silence de l'Occident.
26:16Attristée.
26:18Mitra.
26:18Vous ne vous résissez, Mitra.
26:19Oui, tout à fait.
26:20Merci pour votre message.
26:22Exactement ce qui se passe
26:23en ce moment en Iran,
26:24c'est vraiment
26:25un crime contre l'humanité.
26:26Ils sont en train
26:26de massacrer les gens.
26:28On parle de plus
26:28de 20 000 morts
26:30qui sont toués
26:31par le régime
26:32et la machine de terreur
26:33qui ne s'arrête pas.
26:35On parle de 800 personnes
26:38qui seront exécutées.
26:41C'est vraiment
26:41un massacre.
26:44Vos parents vivent
26:45en Iran, Mitra.
26:47Est-ce que vous avez pu
26:48échanger avec vous
26:49ces derniers jours
26:50et qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?
26:52Malheureusement,
26:52à cause de cette coupure
26:54d'Internet,
26:54je n'ai pas de nouvelles.
26:56Alors je crois
26:57que vous êtes obligée
26:58de partir la Mitra
26:59ou vous pouvez rester ?
27:00Je reviens sur...
27:01Excuse-moi,
27:01j'ai oublié.
27:03En fait,
27:03nous avons besoin
27:04d'une action immédiate
27:05de la part
27:05des communautés internationales
27:07parce que ce qui se passe
27:08en ce moment,
27:09c'est vraiment
27:09un massacre.
27:11Nous avons besoin
27:12d'une action immédiate.
27:14Vous voulez dire
27:14que vous appelez
27:15effectivement
27:16les pays
27:17à agir,
27:19à intervenir,
27:19à être là.
27:20Exactement,
27:21parce qu'aujourd'hui,
27:24on voit que
27:24toutes les conditions
27:25pour les formants
27:26de ce régime
27:27sont réunies
27:28après la frappe israélienne,
27:31après la chute
27:32de Modero,
27:33après l'élimination
27:34de Hezbollah,
27:35Hamas.
27:36Le régime iranien
27:37et le régime islamique
27:39s'est tellement affaibli,
27:40ils sont dans la position
27:42la plus fragile
27:42dans leur histoire.
27:44Donc avec
27:44les manifestations,
27:46avec tous les mouvements
27:47de contestation,
27:48les millions de gens
27:49qui sont descendus
27:51dans la rue
27:51suite à l'appel
27:52de l'élimination
27:52par la vie,
27:54c'est vraiment
27:55toutes les conditions
27:56sont réunies
27:56pour les formants
27:57de ce régime.
27:58Donc avec un coup de main,
27:59je pense qu'ils vont tomber.
28:01Vous pensez que le régime
28:02est vacillant
28:03et qu'il peut tomber ?
28:04Oui, exactement.
28:05Ils sont dans la position
28:05la plus fragile.
28:08Mais après,
28:09de ce qu'on voit,
28:10c'est vraiment
28:10un massacre
28:11et nous avons besoin
28:12d'aide.
28:12On voit avec les vidéos,
28:13les images,
28:15les gens demandent
28:16de l'aide.
28:17Vous êtes vous aussi
28:18pour le retour
28:19de Reza Palavi
28:19en Iran ?
28:21Oui, tout à fait.
28:22Parce que
28:22c'est vraiment
28:24la différence
28:25entre cette fois
28:26par rapport
28:26aux dernières fois
28:27et que ce mouvement,
28:29dans ce mouvement,
28:30on entend que
28:31dans quatre coins
28:32de pays,
28:33les gens appellent
28:34ce nom.
28:35ils appellent
28:36le nom de Reza Palavi.
28:37Avant, c'était
28:38Femmes, Vie, Liberté,
28:39maintenant, ils disent le chat.
28:41dans le mouvement
28:41dans le mouvement
28:41de 2022,
28:43il y avait le mouvement
28:43Femmes, Vie, Liberté.
28:45On a compris
28:46que sans les femmes,
28:49comme vous savez,
28:50en Iran,
28:50les femmes sont situées
28:51de deuxième range
28:53et que finalement,
28:55on a compris
28:56que sans les femmes,
28:58on ne voit pas
28:58vraiment la prostérité
29:00de l'Iran.
29:02Mais cette fois-ci,
29:03nous avons un leader
29:04qui est un homme démocrate
29:07qui va instaurer
29:08un système démocratique
29:09en Iran.
29:11Il est vraiment légitime
29:12parce que le peuple iranien
29:14l'appelait dans quatre coins
29:15de pays,
29:16son nom,
29:16et qu'il peut instaurer
29:17un système démocratique.
29:21Voilà,
29:22je pense qu'avec lui,
29:23on peut vraiment
29:25reconstruire le pays ensemble.
29:27Merci, Mitra.
29:28Une dernière question
29:29à Mitra
29:30avant qu'elle nous quitte,
29:31effectivement.
29:31J'aimerais savoir
29:32comment,
29:33qu'est-ce que vous auriez
29:34envie de dire aujourd'hui
29:36aux femmes françaises
29:37qui considèrent
29:38que le voile
29:39n'est qu'un petit morceau
29:41de tissu ?
29:42Qu'avez-vous à leur dire ?
29:43Écoutez,
29:44la situation entre l'Iran
29:46et la France,
29:47c'est complètement
29:47autre chose.
29:48En Iran,
29:49si on ne met pas le voile,
29:50c'est obligatoire,
29:51on sera...
29:53On les punit.
29:54Oui,
29:54on sera punis.
29:55Mais en France,
29:56ce n'est pas comme ça.
29:56Donc,
29:57je pense qu'il ne faut pas...
29:59Aujourd'hui,
30:00en France,
30:01le hijab est devenu
30:03un symbole de résistance
30:04et que c'est devenu
30:06un mouvement identitaire.
30:08Et que finalement,
30:09je pense que ce n'est pas
30:10à un gouvernement
30:11ou à l'État
30:11de décider
30:12de ce que les gens
30:14doivent porter
30:14ou ne pas porter.
30:15Merci beaucoup.
30:17Merci,
30:18Mitra et Jasypour
30:20d'être venus sur Sud Radio.
30:21Je rappelle le titre
30:22de votre livre,
30:23La joueuse d'échecs,
30:25qui est en librairie,
30:26chers auditeurs.
30:27Il est paru
30:27chez Albain Michel.
30:29Lisez ce livre.
30:30Ça s'appelle
30:31Les mémoires
30:32d'une très jeune femme
30:33et une femme debout,
30:35à part d'être
30:35une championne d'échecs.
30:36André Bercoff,
30:37on se retrouve
30:38dans un instant
30:39sur Sud Radio.
30:40Chers auditeurs,
30:41appelez tout de suite
30:42le 0826 300 300
30:45si vous voulez
30:45parler de l'Iran,
30:47si vous voulez revenir
30:48sur Davos,
30:49de Donald Trump,
30:51de la généralisation
30:52du halal en France.
30:54Appelez-nous,
30:55on vous donne la parole,
30:56on est en direct.
30:57A tout de suite.
30:58Sud Radio.
30:59Sud Radio.
31:00Parlons vrai.
31:00Parlons.
31:00Oui et maintenant
31:13André Bercoff,
31:14on donne la parole
31:14en direct
31:15sur Sud Radio
31:16aux auditeurs.
31:17Bonjour Jean-Luc,
31:18vous nous appelez
31:19de Séville.
31:20Bonjour Jean-Luc.
31:21Bonjour à tout le monde.
31:23Oui je suis à Séville,
31:24je vais passer
31:25ma retraite à Séville.
31:27Ah c'est bien,
31:28c'est une très belle ville
31:29Séville,
31:29on est bien.
31:30Oui c'est une ville
31:31magnifique,
31:32c'est pour moi
31:32la plus belle ville
31:33d'Espagne d'ailleurs.
31:34Et alors dites-moi,
31:35vous vouliez réagir
31:36effectivement par rapport
31:37à ce que vous avez écouté
31:38avec Mitra
31:39et cette championne
31:40d'échec iranienne
31:41qui a parlé de son pays
31:43et qui a parlé
31:43de ce qui se passe
31:44dans son pays ?
31:45Alors là on est
31:46un petit peu déphasé
31:47parce que moi
31:48j'intervenais
31:48au sujet du vote
31:52ce matin
31:52sur les nationales,
31:53vous savez ?
31:54Ah oui tout à fait,
31:55mais allez-y,
31:55allez-y,
31:56au contraire,
31:56on est là
31:57pour parler de tout.
31:58Allez-y Jean-Luc.
31:59Je me suis réveillé,
32:00j'ai allumé la télé
32:02sur CNews
32:04et j'ai vu
32:04sur le plateau
32:05de CNews
32:07tout le monde
32:07qui était extrêmement étonné,
32:09surpris,
32:09en colère
32:09du fait que la gauche française
32:11avait voté
32:11contre le projet
32:13d'éclaration.
32:14de considérer
32:16que les frères musulmans
32:17sont une organisation
32:18terroriste,
32:18c'est ça.
32:19Alors moi je suis extrêmement étonné
32:21de voir la réaction en France
32:22que des gens s'étonnent
32:23de la position
32:24de la gauche française.
32:26Ils sont amnésiques.
32:27Je voudrais rappeler
32:28à tous ces gens
32:28que le lourd passif
32:31de la gauche française,
32:32par exemple,
32:32on va commencer
32:33avec la guerre d'Indochine.
32:35En Indochine,
32:36les blessés
32:37qui arrivaient d'Indochine
32:38sur le port de Marseille,
32:39ils se faisaient agresser,
32:40insulter,
32:41cracher dessus
32:41par les dockers
32:42de la CGT.
32:43Vous vous rappelez,
32:43vous connaissez l'histoire.
32:45J'étais enfant,
32:46mais j'ai suivi
32:48cette histoire, oui.
32:49Après.
32:50Il y a une tâtaine
32:51ou trentaine d'années,
32:52j'ai lu un livre
32:53qui expliquait aussi
32:54qu'en Indochine,
32:55les militaires
32:56qui se battaient
32:57recevaient parfois
32:58des balles
33:00qui n'étaient pas adaptées
33:01aux armes qu'ils avaient.
33:02Parce qu'au départ
33:05de France,
33:05des balles,
33:07il y avait...
33:08Il y avait du sabotage,
33:09je vous dis,
33:10c'est pratiquement
33:10du sabotage.
33:11C'est ça.
33:12Oui, il y avait un magasinier
33:13qui était de gauche,
33:14évidemment,
33:14et qui, par mégarde,
33:16s'était trompé
33:16et n'avait pas envoyé
33:18les bonnes balles.
33:19Et ensuite,
33:19oui,
33:20j'enlève.
33:20Juste dans l'Algérie.
33:21Alors, en Algérie,
33:22vous savez,
33:23André Malraux,
33:23Gisèle Halimi,
33:24tout ça,
33:24qui passaient des valises
33:25de billets
33:25pour permettre
33:26au FLN
33:27d'acheter des armes
33:28et des explosifs
33:29pour tuer des civils
33:30en arrière.
33:30Pas André Malraux,
33:32excusez-moi,
33:33Jean-Luc.
33:33Non, non.
33:34André Malraux...
33:35Je me trompe d'écrivain, alors.
33:42Il y avait un algérien,
33:42alors il y avait les Sartres
33:43qui n'a pas lui transporté
33:44des valises,
33:45mais effectivement...
33:47Oui, alors,
33:47allez-y, allez-y,
33:47continuez.
33:48Et donc,
33:49tout ça pour tuer des civils
33:50algériens.
33:51Et moi,
33:51j'ai perdu un membre
33:52de ma famille
33:53à l'attentat du Rialto
33:55à Alger, quoi.
33:57Ils ont mis une bronze,
33:58enfin, bon, bref.
33:59Et ensuite,
34:00le Parti communiste français
34:02qui a soutenu
34:03le régime de l'URSS
34:06pendant toutes ces années
34:07et jusqu'à la fin.
34:09Et ils étaient pro-Stalines, quoi.
34:11Et depuis,
34:13tout le monde connaît
34:14la vérité sur Staline.
34:15Tout le monde sait
34:16ce qui se passait vraiment.
34:17Ils n'ont jamais
34:18présenté leurs excuses,
34:20les communistes français.
34:22Jamais.
34:22Jamais.
34:23Et enfin,
34:24juste un dernier détail,
34:25moi, j'avais un oncle,
34:26le seul oncle du côté
34:28de ma mère
34:28qui était espagnol
34:29et qui est mort à 18 ans
34:30à la guerre d'Espagne
34:31parce qu'il s'est fait enrôler,
34:33le pauvre gosse.
34:33Il s'est fait enrôler...
34:34Et je rappellerai simplement,
34:36effectivement,
34:37c'est très compliqué.
34:38On pourrait remonter
34:39à 39-45.
34:40On pourrait monter
34:41surtout aux pacifistes
34:43des années 30
34:45qui ont basculé
34:46du côté
34:47de la collaboration
34:48dans les années 40.
34:50Merci,
34:50Jean-Luc.
34:52On reprend tout de suite
34:53avec vous,
34:54avec les auditeurs
34:55de Sud Radio,
34:56de Bercoff,
34:56dans tous les détails
34:57de la culture,
34:58tout de suite
34:59après cette petite pause.
35:00Non, non,
35:01il n'y a pas de pause,
35:01André Bercoff.
35:02On va partir tout de suite
35:03en crête
35:03et donner la parole
35:04à Martial.
35:05Bonjour à vous, Martial.
35:07Vous voulez réagir,
35:08je crois,
35:08au témoignage
35:09de Mitra et Jazipour.
35:11Martial, on vous écoute.
35:13Oui, bonjour.
35:14Bonjour.
35:15Content de vous avoir.
35:17Moi, je suis horrifié
35:19de ce qui se passe
35:22en Iran
35:22et du silence,
35:24mais du silence
35:25en France
35:27et dans les pays européens.
35:30C'est inadmissible.
35:32Inadmissible.
35:33Pour Gaza,
35:35on les a vus défiler
35:36dans les rues.
35:38Et là, rien.
35:40Rien du tout.
35:41Rien.
35:42C'est de la lâcheté,
35:44en fait,
35:45c'est de la lâcheté.
35:46C'est, comme on dit,
35:48le silence coupable
35:49des cimetières.
35:51Oui, merci Martial.
35:52En tout cas,
35:52vous voyez,
35:53elle appelait les pays,
35:55elle appelait les gens
35:55à l'aide
35:56parce qu'ils disent
35:56aidez-nous,
35:57c'est ce que disait
35:58cette championne.
35:59Nous avons Antoine
36:00qui appelle de l'Aude.
36:01Eh oui, bonjour Antoine.
36:02Vous, vous avez vécu
36:03pendant trois ans en Iran.
36:05Racontez-nous.
36:05J'ai vécu trois ans en Iran.
36:07Je travaille des Iraniens.
36:08J'en garde un bon souvenir.
36:09C'est un pays formidable
36:10et la France a la cote.
36:13Elle a toujours la cote
36:14pour les Iraniens.
36:15On est bien vus.
36:16Ils nous aiment bien.
36:17Alors, ils n'aiment certainement pas
36:19la classe politique française
36:20qui est une des plus lâches.
36:23Une des plus lâches
36:24et comme disaient
36:25pas mal d'auditeurs,
36:26va faire une révolution
36:28pour un petit oui,
36:30pour un petit non,
36:31alors qu'il y a
36:31des messagnes.
36:32J'ai reçu hier
36:33une vidéo d'un ancien...
36:35J'étais dans l'aéronautique.
36:37Oui.
36:37D'un ancien
36:38chef de cabine,
36:40on va dire.
36:41J'ai vu qu'il y avait eu
36:42déjà 120 coups de fouet
36:43parce qu'il s'était converti
36:45au christianisme,
36:46entre autres.
36:46Oui.
36:47Et j'ai les photos,
36:47j'ai les films.
36:48Et j'ai reçu
36:49qu'il n'a réussi
36:49à passer une vidéo.
36:53Je n'en ai pas oubli
36:54parce que ce sont
36:55des éventrations,
36:56des tentatives de corps.
36:58C'est dramatique.
36:59Oui, c'est terrifiant.
37:00Que fait depuis Merluchon
37:02jusqu'au RN ?
37:03Ils ne font rien.
37:05Ce sont des lâches
37:06et des vols.
37:07Ils ne valent rien du tout.
37:09Il faut balayer ces gens-là
37:10qui se gaussent
37:11et qui se gaussent,
37:12accrochés sur leurs prébambres
37:14et leurs avantages
37:16et leur carrière
37:18au mépris de tout cela.
37:19C'est lamentable
37:21d'avoir un pays
37:22comme la France.
37:24Quand on sait ce que
37:24veut dire nous,
37:25France est froid,
37:26liberté.
37:27Vous rigolez,
37:28on rigole la liberté.
37:29Antoine, je voulais savoir,
37:30vous avez vécu quand
37:31en Irak C-3 ?
37:32C'était quand ?
37:332013-2016.
37:36D'accord.
37:36Et alors,
37:37dites-moi,
37:38à votre avis,
37:40comment se libérer
37:42de cette chape de plomb ?
37:44On sent,
37:44vous parlez des massacres.
37:45Le régime est très affaibli.
37:47Le régime est très affaibli.
37:48Il y a un plan
37:49d'évacuation
37:49de ce taré
37:51de Khamenei
37:52qui est prêt.
37:54Il y a un avion
37:54qui est prêt
37:54à partir direct
37:55à Moscou
37:56mais pour l'instant,
37:57rarement,
37:57il est toujours là-bas.
37:58Et comme toute bête
38:00de sale bestiole blessé,
38:02ils sont dangereux.
38:03Ça tire à vue
38:04et pour être tranquille,
38:05on éteint
38:05l'éclairage public
38:06dans les rues.
38:08Moi,
38:08j'ai des amis
38:09qui sont en Turquie
38:10et ils attendent.
38:11J'en ai d'autres
38:11qui sont à l'intérieur.
38:12Un de l'intérieur,
38:13je vous dis,
38:13il m'a passé une vidéo
38:14hier soir,
38:15je ne sais pas si
38:15à mes amis,
38:16c'est terrible,
38:16ça a pleuré.
38:17On vous dit
38:19que le régime
38:19est quand même
38:20fragilisé
38:20malgré les massacres.
38:22Il est pas fragilisé
38:23mais peut-être
38:24comme disait
38:24votre invité
38:25un joueur de chèque,
38:28peut-être
38:29qu'on aura besoin
38:29d'une petite pichenette
38:30alors moi,
38:32je ne suis pas spécial
38:33ni pro-télavis
38:34ni pro-télavis
38:35mais que ceux
38:36qui peuvent
38:37fassent la pichenette
38:38nécessaire
38:38pour le faire tomber.
38:40Pour le faire tomber.
38:41Antoine,
38:42merci à vous
38:44d'être intervenu
38:44sur Sud Radio.
38:45Tout de suite,
38:46vous retrouvez
38:47Brigitte Lahaye.
38:48Sud Radio.
38:49Sud Radio.
38:50Parlons vrai.
38:50Parlons vrai.
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