00:00Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Glaze.
00:05Il est 6h40 sur Sud Radio, la vie en vrai, les mots sont très forts, c'est une aberration qui mène à la mort.
00:11Le désarroi et la colère des conchiliculteurs de l'étang de Thau, c'est dans l'Hérault.
00:15Depuis le 30 décembre dernier, ils ont l'interdiction de vendre leurs huîtres et leurs moules.
00:20La faute à une pollution de l'eau, l'interdiction a été prolongée jusqu'à nouvel ordre.
00:24Bonjour Patrice Laffont.
00:26Bonjour.
00:26Et merci d'être avec nous sur Sud Radio, vous êtes le président du comité régional de conchiliculture de Méditerranée.
00:32Vous avez eu hier une réunion avec la préfète de l'Hérault en présence des collectivités locales.
00:37Vous attendiez beaucoup de cette réunion, est-ce que vous avez le sentiment d'avoir été entendu ?
00:42Oui, je crois que tout le monde a pris collectivement la préconcience de la situation, de la gravité de la situation des entreprises.
00:54Ce qui n'était pas forcément le cas au début du mois.
00:58C'est-à-dire ? C'est-à-dire concrètement vous avez eu des annonces, des promesses qui ont été faites, Patrice Laffont ?
01:04Non, on a eu des engagements.
01:06Vous savez, nous dans ce genre d'aléas et de suspension des ventes pour des raisons sanitaires ou autres,
01:13on n'a pas de mécanisme financier d'accompagnement, contrairement au monde agricole qui en a.
01:18Donc nous, c'est toujours très compliqué, on doit passer par des phases de négociations
01:23et les collectivités doivent chercher des outils qui n'existent pas, qui ne sont pas prévus.
01:29Et on a tous conscience des difficultés financières et budgétaires de la force publique en ce moment.
01:36Et donc c'était encore plus difficile.
01:38Donc on a obtenu des engagements, pas de promesses.
01:42Les promesses, on les avait eues les jours précédents et elles se sont matérialisées hier.
01:50Donc il y a une enveloppe de 3 millions d'euros d'aide directe et indirecte qui va pouvoir être mobilisée.
01:57Donc 1,5 million d'euros en aide d'urgence d'ici la fin du mois de février.
02:01Et plus 1,5 million est allé sur l'année sur l'exonération de différentes taxes et charges.
02:06Plus tous les autres mécanismes qui existent sur les brûlés fiscaux, sociaux, bancaires, etc.
02:13C'est une véritable bouffée d'oxygène.
02:15Pour vous, est-ce que ça veut dire pour autant que l'ensemble des conchiliculteurs
02:19sont sauvés aujourd'hui du côté de l'étang de Tau ?
02:23Est-ce qu'ils vont tenir jusqu'à cette date-là ?
02:25C'est toute la difficulté.
02:26C'est que, comme je leur ai expliqué, malheureusement, on n'arrivera pas à sauver tout le monde.
02:32Parce que ça fait 3 ans que je tire la sonnette d'alarme.
02:36On a eu la même fermeture il y a 3 ans, dans les mêmes circonstances, aux mêmes dates.
02:40Et depuis 3 ans, on a un phénomène qui n'est toujours pas expliqué,
02:42où on perd chaque année en moyenne 60% de nos cheptels.
02:45Tout ça est lié aux effets des changements climatiques.
02:48Donc quand vous accumulez des crises aussi importantes, des pertes aussi importantes chaque année,
02:53forcément vous arrivez à un point de non-retour.
02:55Et certaines entreprises, souvent les plus jeunes, parce que c'est celles qui sont le plus endettées,
03:00les nouveaux installés, ou ceux qui ont décidé d'investir dans leurs entreprises pour se moderniser,
03:08ce sont celles qui sont le plus exposées.
03:10Certains vous ont dit très clairement, moi j'en ai marre, je jette l'éponge.
03:14Ah oui, oui, oui. Des jeunes, oui.
03:18Donc, il faut savoir que sur la première période de 28 jours,
03:25on a estimé les pertes, les préjudices à près de 7 millions d'euros.
03:29Et on repart pour 28 jours de fermeture.
03:32Donc, 3 millions étalés sur 12 mois, c'est mieux que rien, évidemment.
03:36Mais c'est très loin de compenser les pertes.
03:40Le souci, Patrice Laffont, le souci de fond, c'est le déversement des eaux usées du côté de l'agglomération de 7.
03:48Ce problème, il sera résolu un jour ou pas ?
03:51C'est compliqué. C'est compliqué parce qu'il y a deux problèmes.
03:56Le problème, c'est les changements climatiques, avec des puisses et venoles,
04:00qui aujourd'hui se décalent et se produisent en fin d'année, à partir de novembre jusqu'en janvier.
04:07On y est encore dedans.
04:09Et qu'à cette période, on est en pleine épidémie de gastro-entérite,
04:11ce qui n'était pas le cas il y a 10 ou 15 ans.
04:14Et c'est une période aussi de forte consommation d'huîtres.
04:17Donc, forcément, on s'expose à avoir un taux de contamination
04:21qui est beaucoup plus important qu'une autre période de l'année.
04:25Est-ce que l'agglomération de 7 vous a dit, on va faire des travaux, je ne sais pas, pour éviter cela ?
04:31Est-ce que c'est évitable ?
04:33Oui. Dans les annonces qui ont été faites, il y a aussi l'augmentation d'un budget de 13 millions d'euros
04:37sur des travaux d'urgence, qui soient réalisés sur les points noirs,
04:42parce que ce n'est pas tout le bassin de Tau.
04:44On a des points noirs qui sont identifiés.
04:46Tout dépend, après, de l'importance des phénomènes pluviométriques.
04:51Mais sur des phénomènes modérés, on a des points noirs qui sont connus depuis longtemps.
04:56Mais il faut rappeler aussi que, de toute façon, cette situation-là n'est pas propre au bassin de Tau.
04:59C'est la réalité du système d'assainissement en France sur tout le littoral.
05:04Vous avez une population qui ne cesse d'augmenter, des changements climatiques,
05:08et tout ça provoque ce genre d'événements.
05:10Donc, il y a des travaux d'urgence, bien sûr.
05:13Oui, à Arcachon et ailleurs.
05:14Et ailleurs, bien sûr, des travaux d'urgence effectués.
05:17Vous aviez décidé de porter plainte contre X.
05:19Compte tenu des engagements que vous avez eus hier, est-ce que vous allez la retirer, cette plainte ou pas ?
05:24Non, pas du tout.
05:26Et puis, on va mener d'autres procédures.
05:29Nous, ce qu'on veut, c'est avoir une expertise neutre et indépendante,
05:33qui viennent à la fois nous dire si le système, c'est-à-dire les équipements et le mode de gestion
05:40sont d'abord conformes à ce qu'on nous dit et conformes à la loi.
05:44Tant que nous n'aurons pas ces réponses-là, moi, je ne peux pas toujours m'appuyer sur ce qu'on nous rapporte.
05:48Et nous, nous n'avons pas ces compétences-là pour le faire.
05:50– Merci beaucoup.
05:52– Le but n'est pas…
05:53– Oui, vous vouliez conclure, Patrice, la fond.
05:55– Oui, juste un mot.
05:58Pendant les fêtes de Noël, on a beaucoup stigmatisé les huîtres sur l'épidémie de gastro-entérite.
06:06Je rappelle que depuis trois semaines, il n'y a plus d'huîtres en vente
06:08et que le taux de circulation dans la population chez nous a doublé.
06:12Et ça, on oublie de dire que les huîtres ne sont pas seuls responsables de la dissémination de la gastro-entérite.
06:18– Précision importante, effectivement.
06:19– Merci beaucoup, Patrice Laffont, président du comité régional de conchiliculture de Méditerranée.
06:24Merci et bon courage à vous et à l'ensemble de la filière, bien sûr.
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