00:00Bonjour Stan, on t'a vu faire semblant de boire une bière, on t'a vu faire la hall, on t'a vu checker les supporters en plein milieu du match.
00:11Est-ce que c'est vraiment ce feeling-là, du fait que ce soit ton dernier en Seren Open, qui fait que t'as kiffé à ce point-là ?
00:18J'ai toujours kiffé les grosses ambiances, j'ai toujours aimé avoir le soutien du public et surtout partager avec eux.
00:26C'est sûr que le fait que ce soit mon dernier, j'ai encore plus de soutien et il y a encore une plus grande atmosphère, forcément.
00:34Donc ça aide à avoir beaucoup plus de complicité avec le public, c'est sûr.
00:40Stan, t'as un coach sur moi qui en général assez calme, là il s'est pris la tête dans les mains à la fin du match, je ne sais pas si t'as vu.
00:46Il a eu une réaction presque plus émotionnelle que quand t'as gagné certains grands chelems. Comment on t'explique ça ?
00:54C'est des émotions qu'on vit rarement à ce point-là.
00:59Et puis c'est vrai, on fait l'année ensemble, ça fait depuis 2013 qu'on travaille ensemble.
01:06C'est ma dernière et notre dernière ensemble.
01:09On sait à quel point aussi on a travaillé très dur, même toute l'année passée, même s'il n'y a pas eu de grands résultats,
01:16même si ça a été compliqué de trouver les victoires.
01:18On sait à quel point on a toujours repoussé les limites pour essayer de continuer et progresser par rapport à ce que je peux faire encore.
01:25Et forcément, vivre des matchs comme ça, comme ici, aujourd'hui, sans sortir, trouver des solutions et le gagner, ça crée énormément d'émotions.
01:34Contré.
01:35Tu as 40 ans, 41 dans deux mois. Comment c'est possible de gagner un match de 4h33 à cet âge-là face à un gamin de 21 ans ?
01:45C'est possible avec toutes ces années d'entraînement et tout ce que je fais en dehors de ce que vous voyez vous sur le terrain.
01:55C'est tous les sacrifices que j'ai, toute la discipline que j'ai constamment encore et encore.
02:00Malgré là, j'ai l'envie de toujours repousser mes limites.
02:04J'ai toujours dit, j'ai toujours été très honnête avec moi-même.
02:07C'est le plus important dans le tennis. Je sais que je ne jouerai jamais au niveau que j'ai joué il y a 10 ans, mais le niveau que j'arrive encore à avoir, ça me convient largement et j'essaie toujours de repousser ça.
02:17Je me suis entraîné extrêmement dur cette off-season, physiquement, ténistiquement.
02:23J'ai vraiment fait le maximum pour me dire, voilà, c'est ma dernière, mais je n'ai pas envie de faire une année d'adieu.
02:31J'ai envie de faire une année où je peux encore être compétitif et j'ai du plaisir parce que moi, le plaisir, je l'ai quand je suis compétitif et quand je sens que je suis encore capable de faire des choses.
02:41Après, sur un match comme ça, c'est un match compliqué.
02:45Je l'ai vu aussi que lui, il flanchait et il commençait à cramper, donc forcément, ça donne encore plus d'énergie.
02:50Il y a plein de petites choses pendant le match que je peux utiliser pour me nourrir d'énergie.
02:56Est-ce que pour le physique, tu as encore compté sur Pierre Paganini cet hiver ?
03:02Oui.
03:02Et est-ce que tu joues mieux cette année que l'année dernière ?
03:05Oui, je joue mieux. Les résultats sont indirects, mais c'est vrai qu'il y a aussi plusieurs raisons.
03:12L'année dernière, je jouais très bien. Quand je suis arrivé ici, je m'entraînais très bien.
03:15Vraiment, les entraînements, il y avait un super niveau. Je perds en 4-7 sur Sonnego en faisant un bon match, mais voilà, lui, il jouait vraiment très bien.
03:22Ensuite, je n'ai pas tout de suite eu des résultats et forcément, on fait vite 2-3 mois en ayant joué 3 matchs.
03:29Donc, ça n'aide pas non plus mentalement et la confiance.
03:31Là, j'ai eu la chance d'avoir fait la United Cup.
03:35Même si je n'ai gagné qu'un match, j'en ai joué 5.
03:37J'ai passé 13 ou 14 heures sur le terrain à jouer des matchs de haut niveau contre des top joueurs.
03:44Donc, forcément, ça aide aussi pour trouver ce relâchement qu'il faut, pour trouver cette confiance, pour trouver les automatismes en match qu'on recherche.
03:50Et je le sens aussi, moi, quand je joue aujourd'hui ou l'autre jour, je sens que forcément, il y a plus de confiance avec ce que je fais.
03:58Deux dernières.
03:59Stan, félicitations pour ton match.
04:01Pour sortir un grand match, il faut être 2.
04:03Aujourd'hui, c'était plein d'émotions.
04:05Est-ce que tu peux nous dire un petit mot sur ton adversaire du jour ?
04:07Oui, il joue très bien.
04:11Il a été très solide et très compliqué à trouver les solutions.
04:15C'est vrai qu'il a constamment essayé de faire son jeu en étant agressif.
04:20Il a un jeu qui n'est pas évident à jouer contre, en tout cas.
04:24Et c'est pour ça que, dès le début de l'année, il gagne autant de matchs, tout simplement.
04:28Parce qu'il a un très gros potentiel.
04:31Est-ce que tu peux nous raconter un peu ce qui est passé par la tête sur le super tie-break ?
04:36Quand tu vois qu'il commence à cramper, est-ce que tu te dis, je vais le croquer, c'est bon ?
04:41Ou qu'est-ce qui te passe par la tête ?
04:42Les premiers mouvements qu'on voit, on se pose toujours la question.
04:47Est-ce que c'est juste un petit point et puis ça va passer ?
04:50Et puis c'est vrai, quand j'ai commencé à voir qu'il souffrait vraiment, forcément, ça me fait plaisir.
04:57Parce que je sais que ça va me donner plus de chances de pouvoir le finir.
05:03Et puis cramper, ça fait partie du jeu, ce n'est pas une blessure.
05:08Ça prouve que physiquement, j'ai été très fort, que physiquement, c'était un gros combat des deux côtés.
05:12Et ensuite, c'était important pour moi de me concentrer sur comment jouer les points
05:16et en essayant de rester agressif, actif, mais en jouant simplement.
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