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  • il y a 3 heures
Ce jeudi matin, dans "Morandini Live" en direct sur CNews, Jean-Marc Morandini et ses invités sont revenus sur deux affaires qui se sont produites dans deux écoles.

La première affaire concerne des faits qui se sont produits à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. Dans une école, une fillette de CM2 a apporté un couteau de cuisine en classe, avant de menacer de mort une camarade avec laquelle elle était en conflit.

L'arme était cachée dans sa trousse. La famille de l’écolière menacée a porté plainte.

La deuxième affaire est quasiment identique. Les faits se sont produits en Haute Garonne, à la cantine de l’école élémentaire de Cugneaux. Deux élèves de CM1 ont proféré des menaces de mort contre plusieurs de leur camarades en brandissant un couteau.

Agés d’environ 9-10 ans, les deux enfants ont proféré des phrases très violentes en direction d’un groupe d’élèves, allant jusqu’à dire « je vais te tuer ».

D'ailleurs, un des enfants visés a été profondément choqué psychologiquement par l’incident et a déclaré avoir peur désormais de retourner à l’école après ce qui s’est passé.

Jean-Marc Morandini a alors interrogé le psychologue Jean Doridot.

Ce dernier a d'abord déclaré: "Il faut d'abord de rappeler qu'un enfant de 10 ans qui vient à l'école avec un couteau, c'est un enfant victime. C'est un enfant victime parce que les adultes sont là pour protéger les enfants, et un enfant de 10 ans, ou de 11 ans, ou de 12 ans, ou de 9 ans, n'a pas à avoir d'armes blanches sur lui."

Et d'ajouter: "Donc effectivement, sur le rôle des parents, ça c'est un fait qu'il y a manifestement une carence éducative, et d'ailleurs j'imagine qu'une enquête sociale va être ordonnée dans les deux affaires. Et il y a aussi un problème au niveau de l'école, puisque c'est aussi le rôle de l'école, de l'institution, de faire en sorte que ce genre d'incidents ne se produisent pas."

"Et sur le sujet, vous savez bien qu'il y a en France une faille colossale entre l'école publique et l'école privée, et dès que les personnes peuvent mettre leurs enfants dans le privé, elles le font, et donc on a une concentration aujourd'hui d'enfants plus ou moins à problèmes ...",a-t-il poursuivi.

Avant de poursuivre: "Il y a des enfants qui sont manifestement en danger de par les carences éducatives qu'ils subissent, et c'est un vrai problème, en l'occurrence, de ce que j'ai compris, de ces deux écoles qui ne parviennent pas à maintenir un climat de sécurité. Ce pauvre enfant qui a pris la défense du groupe de filles, effectivement, aujourd'hui, il est traumatisé, ses menaces de mort sont extrêmement graves, et il est nécessaire que les institutions publiques fassent quelque chose."

"Or, on le sait bien, nous avons en France des centres éducatifs fermés, des centres éducatifs renforcés pour justement ces mineurs à problème, sauf que l'institution qui s'occupe de ça, c'est la PJJ, la Protection Judiciaire de la Jeunesse, et la PJJ en France, c'est un naufrage.", a-t-il affirmé.
Jean D

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Transcription
00:00radicalisation de la société.
00:01On va poser la question à un psychologue.
00:05Jean Dorido, bonjour.
00:06Merci d'être en direct avec nous.
00:07Vous voyez qu'il y a des avis
00:10très différents sur les raisons pour lesquelles
00:12aujourd'hui, à 10 ans, un enfant peut aller avec un couteau.
00:14Pour vous, quelles sont les raisons principales
00:16pour lesquelles il y a cette mutation, justement ?
00:19Les raisons principales,
00:20c'est d'abord de rappeler qu'un enfant
00:22de 10 ans qui vient à l'école
00:24avec un couteau, c'est un enfant victime.
00:26C'est un enfant victime parce que
00:28les adultes sont là pour protéger
00:30les enfants et un enfant de 10 ans
00:32ou de 11 ans ou de 12 ans
00:34ou de 9 ans n'a pas à avoir
00:36d'armes blanches sur lui.
00:38Donc effectivement, sur le rôle des parents,
00:41ça c'est un fait qu'il y a
00:42manifestement une carence éducative
00:44et d'ailleurs j'imagine qu'une enquête sociale
00:46va être ordonnée
00:48dans les deux affaires.
00:50Et il y a aussi
00:51un problème au niveau de l'école
00:53puisque c'est aussi le rôle
00:55de l'école, de l'institution,
00:57de faire en sorte que ce genre
00:59d'incitants ne se produise pas.
01:01Et sur le sujet, vous savez bien
01:02qu'il y a en France
01:04une faille colossale
01:05entre l'école publique
01:06et l'école privée.
01:09Et dès que les personnes
01:10peuvent mettre leurs enfants
01:11dans le privé,
01:12elles le font.
01:13Et donc on a une concentration
01:14aujourd'hui d'enfants
01:16plus ou moins à problème.
01:18Oui mais ça, ça existait avant
01:20Jean Dorido,
01:20ce n'est pas nouveau ça.
01:21Ça existait avant,
01:23il y a 20 ans c'était pareil,
01:24on disait toujours que le privé
01:25c'était mieux, etc.
01:28Mais simplement,
01:28il n'y avait personne
01:29qui allait à l'école
01:29avec un couteau.
01:30Donc il y a autre chose
01:31qui a changé.
01:33Ça d'abord,
01:33je n'en sais rien
01:34s'il n'y avait personne
01:35avec un couteau.
01:36En tout cas,
01:36moi je n'ai pas souvenir d'affaires
01:38où on a des gamins
01:39de 10 ans
01:40qui sont avec des couteaux
01:40dans les écoles
01:41il y a 20 ou 30 ans.
01:42Quand j'étais en culot de courte
01:45et vous pouvez me voir
01:46que ça ne date pas d'hier,
01:48j'étais dans le public
01:49et il y avait à l'école
01:50des petits voyous
01:52dont certains avaient des couteaux,
01:54je me rappelle même
01:55des couteaux à grand arrêt.
01:56Ce n'est pas banaliste,
01:57ça a toujours eu lieu.
01:58Ce qu'il faut bien comprendre,
01:59d'abord,
02:00si on essaye d'être positif,
02:01dans les deux cas
02:02il n'y a pas eu de passage à l'acte.
02:04En revanche,
02:04il y a des enfants
02:05qui sont manifestement en danger
02:07de par les carences éducatives
02:08qu'ils subissent
02:10et c'est un vrai problème
02:12en l'occurrence
02:13de ce que j'ai compris
02:14de ces deux écoles
02:16qui ne parviennent pas
02:17à maintenir
02:18un climat de sécurité.
02:20Ce pauvre enfant-là
02:21qui a pris la défense
02:22du groupe de filles,
02:23effectivement,
02:24aujourd'hui,
02:24il est traumatisé,
02:25ces menaces de mort,
02:26c'est extrêmement grave
02:27et il est nécessaire
02:28que les institutions publiques
02:30fassent quelque chose.
02:31Or,
02:31on le sait bien,
02:32nous avons en France
02:33des centres éducatifs fermés,
02:35des centres éducatifs renforcés
02:37pour justement
02:38ces mineurs à problème
02:39sauf que l'institution
02:41qui s'occupe de ça,
02:42c'est la PJJ,
02:43la protection judiciaire
02:45de la jeunesse
02:46et la PJJ en France,
02:47c'est un naufrage.
02:48Jean-Dorinot,
02:49Camille Vray
02:50n'a pas l'air du tout convaincue
02:51par les institutions
02:52dont vous parlez.
02:53Monsieur,
02:54je suis désolée.
02:54C'est-à-dire que...
02:55Écoutez-la,
02:56écoutez-la,
02:56elle va vous expliquer pourquoi.
02:57Monsieur,
02:57je vais vous dire,
02:57vous n'avez pas voix au chapitre
02:58concernant la PJJ
03:00et concernant les mineurs
03:02et dont les centres éducatifs
03:04fermés
03:04qui n'ont de nom
03:04que fermés,
03:05monsieur,
03:06parce que je vais vous dire,
03:07moi, dans ma carrière,
03:07j'ai exercé.
03:08J'ai exercé dans ces centres
03:09éducatifs fermés
03:10avec ces mineurs à problème.
03:11Donc,
03:11il suffit aujourd'hui
03:12de mettre toujours
03:14ces enfants en problématique
03:15en termes de position
03:17de victime.
03:18Ce ne sont pas
03:19tout le temps des victimes
03:20et ce sont souvent
03:21des auteurs, monsieur.
03:22Et pour revenir aussi
03:23sur ce que vous dites,
03:25voilà,
03:25le fait que
03:26les écoles doivent aussi
03:27sanctuariser,
03:29être à l'affût
03:30des problèmes sécuritaires.
03:32Mais monsieur,
03:33les professeurs d'école
03:34ne sont pas des agents
03:34de sécurité.
03:35Ce ne sont pas leur travail.
03:37Qu'avez-vous à répondre
03:38dessus ?
03:38Eh bien,
03:39il vous répond,
03:39Jean Dorido.
03:40Oui,
03:40ce que je vous réponds
03:41avec plaisir.
03:42Une école,
03:43n'importe qui
03:44qui a fait de l'éducation,
03:46qui a été éducateur
03:46ou enseignant,
03:47une école
03:48instaure un climat.
03:50Un climat.
03:50Je ne serais pas étonné
03:52du tout,
03:52je peux même
03:52en être sûr,
03:54qu'il y a des insultes
03:55à chaque cours,
03:56à chaque récréation
03:58dans ces écoles.
03:58Oui,
03:59donc ça ne vaut pas bien
03:59plutôt.
04:00Le rôle d'une école,
04:01le rôle de dire...
04:02Comprenez,
04:03ma chère madame,
04:04qu'un climat...
04:05Vous ne connaissez pas
04:10mon curriculum vitae,
04:11chère madame.
04:11Oui,
04:12vous êtes psychologue.
04:12Moi,
04:13j'ai travaillé
04:13auprès de ces jeunes-là,
04:14monsieur.
04:15Bon,
04:16je fais avec...
04:19Oui,
04:19reprenez votre gouffle,
04:20retrouvez vos mots,
04:21ça va aller.
04:22Que je m'explique mal,
04:23parce que moi,
04:24je n'ai rien contre vous,
04:25je ne vous vois même pas.
04:26D'ailleurs,
04:26je n'ai pas de retour image,
04:27maintenant,
04:27j'entends une vraie hostilité.
04:28Ce n'est pas grave,
04:29c'est la voix qui compte.
04:30Vous expliquez
04:32que les enfants
04:33sont soit victimes,
04:34soit auteurs
04:35de faits délictueux.
04:37L'un n'empêche pas l'autre.
04:39Un enfant violent
04:40est très souvent
04:41un enfant qui subit
04:41des violences.
04:42Et la PJJ,
04:44justement,
04:44c'est un problème.
04:45Elle victimise ses enfants,
04:46alors que ce n'est pas son rôle.
04:47La protection judiciaire
04:48de la jeunesse,
04:49son rôle,
04:50c'est d'aider des enfants
04:51qui,
04:52par les circonstances de la vie,
04:53ont pris un mauvais chemin
04:54à reprendre le droit chemin.
04:55Or,
04:55ce n'est pas ce qu'elle fait précisément,
04:57parce que les éducateurs
04:58de la PJJ
04:59sont très,
04:59très mal formés
05:00et ne savent pas
05:01faire ce travail.
05:02Quant au climat
05:03de sérénité
05:04qu'un store ou une école,
05:06précisément,
05:07quand vous avez
05:08une salle de classe,
05:08quand vous avez
05:09une cour de récréation,
05:10le rôle de l'école,
05:12oui,
05:12c'est le rôle du directeur,
05:13oui,
05:13c'est le rôle des enseignants,
05:15c'est de ne pas laisser...
05:17Souvenez-vous
05:17de Giuliani à New York
05:18qui avait dit
05:18s'il y a un graffiti,
05:20un tout petit graffiti
05:21sur un mur,
05:22on doit l'effacer tout de suite
05:23parce que sinon,
05:2415 jours après,
05:25tout est dégradé.
05:25C'est la même chose
05:26dans une école de récréation.
05:26Alors, réponse rapide de Camille.
05:28Si vous laissez une insulte,
05:30un nom d'oiseau volé...
05:31Alors, on reste calme
05:34et on ne s'insulte pas.
05:37Ces arguments
05:37ne tiennent pas la route
05:38pour vous ?
05:38Absolument pas.
05:40Mais monsieur,
05:41écoutez,
05:41je suis désolé,
05:42mais est-ce que cette personne,
05:43ce monsieur,
05:43ce psychologue,
05:44a rencontré déjà
05:45des personnes qui travaillent
05:47au sein de la protection
05:47judiciaire de la jeunesse ?
05:48A-t-il déjà rencontré
05:49des juges pour enfants ?
05:51A-t-il déjà rentré
05:51dans les centres éducatifs fermés ?
05:53A-t-il déjà échangé
05:53avec les victimes ?
05:54A-t-il déjà échangé
05:55ne serait-il souci
05:56qu'avec les auteurs ?
05:57Vous pouvez répondre
05:57à ma question ?
05:58Oui, bien sûr.
05:59La réponse est oui à tout.
06:01D'accord.
06:01Et qu'en pensez-vous ?
06:02C'est quoi le bilan ?
06:04Le bilan,
06:05c'est que la protection
06:06judiciaire de la jeunesse
06:07en France est un naufrage.
06:08Ça ne marche pas.
06:09C'est une fabrique.
06:12Oui, mais monsieur,
06:12vous savez pourquoi
06:13ça ne marche pas ?
06:14Je vais vous dire
06:14pourquoi ça ne marche pas.
06:15Parce qu'on a un code pénal.
06:17On a un code pénal
06:18aujourd'hui, monsieur,
06:19qui n'est plus adapté
06:20à cette jeunesse-là.
06:22Je répète, monsieur,
06:23les mineurs de 1945,
06:25la loi sur laquelle
06:27elle se base,
06:27ne sont pas les mineurs
06:28de 1945.
06:29On va en parler justement.
06:30Merci, Jean Dorido.
06:30Bonne fête.
06:31J'ai l'impression
06:32que c'est bonne fête aujourd'hui.
06:33Bonne fête.
06:34Merci d'avoir été avec nous.
06:35Merci.
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