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  • il y a 13 heures
Comment la Gendarmerie Attrape les Prédateurs !!

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Sport
Transcription
00:00À peu près 4% de la population, il y a une attirance pédophilique.
00:04Voir des enfants se faire violer au quotidien, ça a un impact.
00:06La maman, elle a pris 17 ans de prison, sachant que le maximum c'est 20 ans.
00:09Dans cette vidéo, tu vas nous présenter deux enquêtes.
00:11Tu as une première enquête qui va concerner quelqu'un qui va rentrer en contact avec des mineurs
00:14pour essayer d'obtenir du contenu, donc des mineurs qui vont finir par se mettre à nu
00:17et ensuite avoir des actes sexuels envers eux-mêmes ou potentiellement avec d'autres personnes.
00:21Le deuxième dossier va concerner un adulte qui était nu avec deux jeunes adolescentes,
00:25donc on a pu l'identifier.
00:26C'était un couple qui vivait là avec un enfant de 3 ans qui se faisait abuser
00:29et c'était deux semaines avant.
00:33Aujourd'hui, on a rendez-vous à la gendarmerie et plus précisément à l'unité nationale de police judiciaire.
00:38Nous sommes dans les locaux du Centre national d'analyse d'images pédocriminels de l'unité nationale cyber.
00:43Nous allons rencontrer Régis qui analyse ces images horribles
00:46dans le but de protéger les victimes et d'arrêter les prédateurs.
00:51Il y a une victime qui a déposé plainte, un jeune garçon qui s'était fait accrocher sur Skype.
00:54Il avait quel âge ?
00:5512 ans.
00:55Heureusement, en fin de compte, il allait dire à ses parents
00:57« Mince, j'ai fait une bêtise, je me suis foutu nu et puis j'ai envoyé les photos à quelqu'un ».
01:00Heureusement, il a eu ce bon réflexe.
01:01Donc, ils se sont allés déposer plainte, l'unité locale a pris en compte.
01:04Ils sont allés à la gendarmerie.
01:04Ils ont commencé à identifier le mise en cause qui était en contact avec lui
01:07et qui l'avait forcé à se mettre tout nu et envoyé des photos de lui.
01:10Quand le mise en cause a été interpellé, qu'ils ont regardé son ordinateur,
01:12ils se sont rendus compte qu'il n'y avait pas que ce gamin-là.
01:14Il y avait beaucoup sur leur secteur et aussi un peu partout en France.
01:16Il avait environ, on était dans les 500 contacts Skype.
01:19Sur une des conversations Skype de ce dossier-là,
01:21une petite jeune fille qui était en échange avec lui.
01:24Et en fin de compte, le gars entend derrière la voix d'un petit garçon.
01:27Donc, il dit « C'est qui ? »
01:27« C'est mon petit frère. »
01:28« C'était en pleine nuit. »
01:29Et il dit « Va le chercher et tu t'occupes de lui. »
01:31Elle a fait « Non, non. »
01:32Et puis, il finit par lui faire peur, lui mettre la pression.
01:34Elle se lève, elle ouvre la porte de sa chambre et là, elle croise son papa.
01:37Il lui dit « Tu fais quoi ? »
01:38Elle fait « Non, j'allais aux toilettes. »
01:39Puis, elle retourne dans sa chambre.
01:40Donc, elle a attendu.
01:41Son papa est retourné se coucher.
01:42Elle allait chercher son petit frère
01:43et malheureusement, elle a fait tout ce que le gars lui demandait.
01:45Et elle a masturbé son petit frère.
01:46Elle avait quel âge ?
01:46Elle, elle avait 10 ans.
01:48Il faut savoir qu'en France,
01:49même si toi, tu n'es que de l'autre côté,
01:50tu n'as fait que lui dire qu'il faut qu'elle fasse ça.
01:52Si c'est sous contrainte et du coup,
01:53si une mineure, c'est sous contrainte,
01:54c'est reconnu comme du viol.
01:55Du coup, cette personne-là a été interpellé.
01:57Qu'est-ce qu'il en est ressorti du coup ?
01:58C'était surtout l'analyse de toutes ces conversations Skype
02:00qui étaient faites à notre niveau.
02:01En local, oui, ils ont analysé.
02:02Il y a eu une expertise psychologique de la personne
02:04pour savoir pourquoi est-ce qu'il fait ça.
02:05Le but, c'est de comprendre ce qui l'a amené
02:07à contacter des mineurs.
02:08Cette personne a été condamnée ?
02:10Il n'est pas encore condamné complètement
02:12parce qu'en fin de compte,
02:12il a eu une petite condamnation par rapport à un des faits,
02:14mais il y a encore tout un tas de dossiers
02:15parce que je te disais, il y a plus de 500 victimes.
02:16Mais nous, en fin de compte,
02:17on continue à travailler sur ce dossier
02:18parce qu'on ne veut pas laisser les autres victimes de côté.
02:20Donc on continue à analyser le contenu
02:21pour essayer d'identifier ces victimes-là.
02:23Le dossier ne sera pas prescrit
02:24puisque c'est après la majorité de la victime.
02:26Donc on est toujours en mesure
02:27de pouvoir travailler sur ce contenu-là
02:28pour pouvoir identifier ces victimes-là.
02:31Si malheureusement, il n'y avait que des discussions,
02:34ce qu'on appelle nous le grooming ou le pédopiégeage,
02:36ou en fin de compte, c'est la phase un peu floue.
02:37Il n'y a pas de passage à l'acte concret.
02:38Voilà, et c'est en fin de compte
02:39quand tu es sur la phase
02:40où c'est juste de la discussion.
02:41On avait par exemple des gamins
02:42qui étaient sur Coco, par exemple.
02:43Coco est un site qui crée la polémique.
02:45Et pour cause, la plateforme vient d'être fermée
02:47sur décision du parquet de Paris.
02:49En avril dernier, 11 hommes ont été jugés
02:51pour avoir eu des relations sexuelles
02:52avec une adolescente de 13 ans.
02:54Et là, tu avais des gars en face qui étaient là.
02:55Non, mais qu'est-ce que tu fais là ?
02:56C'est dangereux, il y a plein de pédophiles.
02:57Pour créer une confiance et tout.
02:58Voilà, c'est ça.
02:58Tu as le rôle de l'éducateur
02:59qui va dire, non, fais attention
03:00à ce que tu fais sur Internet.
03:01Certains qui s'en moquent complètement,
03:03en fait, tout ce qu'il a des intérêts,
03:04c'est de penser discuter avec un mineur
03:05pour malheureusement se masturber en face.
03:07Il y a à peu près 4% de la population
03:08qui a une attirance pédophilique.
03:11Pas sexuelle nécessairement,
03:12mais qui trouve qu'un enfant est beau.
03:13Ce n'est pas pour autant
03:13qu'il passera à l'acte
03:24maladie au sens qu'on entend tous
03:25parce qu'il n'y a pas de médicaments.
03:26Et donc, du coup, c'est pour ça aussi
03:27que c'est compliqué à pouvoir éviter
03:28que la personne recommence.
03:30Et ce n'est pas considéré comme un crime, du coup,
03:31de demander des photos déjà à des mineurs ?
03:33Quand tu vas demander la photo, oui.
03:34Mais toute la phase d'approche avant
03:36où tu ne fais que discuter,
03:37en fin de compte,
03:38ça fait partie la liberté d'expression.
03:39C'est la problématique qu'il y a eu
03:40avec Damien Vivès,
03:41le réalisateur de BD.
03:42Le dessinateur de 41 ans
03:44comparé jusqu'à mercredi
03:45pour fixation et transmission
03:47en vue de la diffusion
03:48d'images à caractère pédopornographiques.
03:50Les deux albums au cœur des débats
03:51sont la décharge mentale
03:53qui parle d'un homme
03:53ayant des relations sexuelles
03:54avec de jeunes filles mineures
03:56et petit Paul
03:57qui met en scène un enfant
03:58au pénis démesuré
03:59ayant des relations sexuelles
04:00avec des femmes majeures.
04:01Où est-ce qu'on était dans l'art ?
04:03Où est-ce qu'on était dans le pédocriminel ?
04:04Tu as plein d'artistes,
04:05photographes aussi,
04:06où les photos,
04:07elles sont légèrement orientées.
04:09Et en fait, tout ce flou-là,
04:10on est entre la liberté d'expression,
04:12l'artistique et autres.
04:12Pour nous, pour pouvoir juger,
04:14il nous faut malheureusement
04:14qui est un peu plus.
04:15Donc, ne serait-ce que déjà
04:16la sollicitation de la photo,
04:17même si l'enfant ne va pas l'envoyer,
04:18on est déjà sur du concret.
04:19Ou la demande de rendez-vous
04:20où le gars dit
04:21« Oui, on se retrouve à tel endroit.
04:22Je te ramène des sous.
04:23Ah, tu n'as pas d'iPhone.
04:24Je te paye le dernier iPhone.
04:25Puis on se retrouve à tel endroit.
04:26Puis on ira faire un tour
04:27et on aura peut-être des rapports sexuels. »
04:28Là, effectivement, on a du concret.
04:30Et ça permettra d'être jugé.
04:31Mais toute la phase juste avant,
04:32malheureusement,
04:32ce n'est pas évident
04:33de pouvoir matérialiser concrètement
04:34que la personne
04:35allait aller jusqu'à ce point-là.
04:37Est-ce que les plateformes
04:37collaborent facilement avec vous ?
04:39Alors, ils vont répondre assez facilement
04:40parce que déjà,
04:41tout ce qui est prestataire américain,
04:43ils ont une obligation légale
04:44de transmettre
04:45tout ce qui est en lien
04:46avec les atteintes aux mineurs
04:47au NECMEC.
04:47Donc, c'est le National Center
04:48for Missing and Exploited Children.
04:50Donc, c'est un organisme
04:50qui va centraliser
04:51toutes ces informations-là,
04:53qui va travailler
04:53avec les agences fédérales
04:54et locales
04:54et qui va transmettre
04:55tous les éléments
04:56aux autorités locales
04:57du pays concerné aussi
04:58quand c'est au USA.
04:59Une vidéo qui va être envoyée
04:59sur une chaîne WhatsApp
05:00parce que t'as ça aussi.
05:01T'as les gens
05:01qui recevent une vidéo
05:02en disant
05:02« Ah, attention, c'est affreux,
05:03il y a un enfant qui se fait violer »
05:04et qui après vont diffuser
05:05à tout le monde
05:05en disant « Attention,
05:06il y a cette vidéo qui circule. »
05:07Ça, il faut éviter,
05:08il faut faire un signalement juste
05:09en disant « Voilà, il y a ça,
05:10mais à méta. »
05:10Donc, eux, en fin de compte,
05:11ce qui va se passer,
05:11c'est qu'ils vont transmettre
05:12ça au NECMEC
05:13et qui, lui, va vérifier
05:14le pays d'origine
05:15du premier signalement
05:16et va transmettre
05:16aux autorités compétentes.
05:17Donc, eux,
05:17s'ils ne le font pas,
05:18en fin de compte
05:18et que les autorités américaines
05:19sont au courant
05:20qu'il y a quelque chose
05:20qui se passe,
05:21la société va recevoir
05:22une amende
05:22qui est tellement importante
05:23que, du coup,
05:23ils vont aider.
05:27Est-ce que vous êtes en lien
05:28aussi avec des sites
05:29pour adultes de pornographie
05:31pour, des fois,
05:31faire retirer des vidéos ?
05:33Du traitement qui a été fait,
05:34surtout, c'est via Interpol
05:35et Europol
05:35où ils vont discuter
05:36avec les grosses plateformes.
05:37T'as des sociétés, par contre,
05:38qui nous ont contactés directement.
05:39Par exemple, c'était Xvidéo
05:40pour savoir
05:40s'ils pouvaient nous transmettre
05:42les informations
05:42concernant des utilisateurs
05:44suspects chez eux
05:44qui transmettraient du contenu.
05:46Donc, des fois,
05:46c'est pas nécessairement
05:47effectivement du mineur
05:48mais pour eux,
05:48ça peut être mineur
05:49par rapport au visuel
05:50parce que t'as que le visuel.
05:51Il y a quand même
05:51une volonté aussi
05:52de faire quelque chose.
05:52Donc, on est vraiment
05:53sur la phase, nous, par contre,
05:54sur le contenu en tant que tel
05:55impliquant un mineur.
05:56On n'est pas sur la phase
05:57de l'accès à la pornographie
05:58aux mineurs
05:58qui a besoin d'être préservé aussi
05:59parce que, malheureusement,
06:00quand un mineur va être éduqué
06:01sur la sexualité
06:02uniquement avec les sites pornos,
06:04on voit ce que ça donne.
06:05On se rend compte
06:05qu'il y a de plus en plus
06:14on va dire que c'est que du texte.
06:16C'est pas nécessairement
06:16le cas en réel
06:17mais derrière, ça inclut
06:18toute la psychologie
06:19qui va derrière.
06:20Ça va dédramatiser,
06:21on va dire, l'inceste et autres
06:22et du coup, l'impact
06:23pour les gamins
06:24qui sont éduqués qu'avec ça,
06:25c'est grave.
06:26Donc là, c'est pour ça aussi
06:27qu'il faut limiter l'accès
06:28pour les mineurs.
06:28C'est pas juste par rapport
06:29au visuel,
06:30t'as aussi par rapport
06:30à toute cette terminologie
06:31qui est employée
06:31qui va dédramatiser quelque chose
06:33qui n'est pas logique.
06:36T'as deux entités
06:36au niveau de notre département
06:37atteinte aux personnes.
06:38la division des opérations
06:39d'unités nationales cyber
06:40qui sont le centre national
06:41d'analyse des images
06:42pédocriminelles.
06:43On va recevoir les photos
06:44et les vidéos qui sont saisies
06:45par les unités locales,
06:46police et gendarmerie
06:47dans le but d'analyser ce contenu
06:49pour identifier les victimes
06:50pour éviter qu'elles soient
06:51abusées de nouveau.
06:51Et tu as un groupe de répression,
06:53des enquêteurs
06:53qui sont spécialisés
06:54dans les atteintes
06:55envers les mineurs pour l'instant.
06:56Leur but, c'est d'identifier
06:57les réseaux de pédocriminels,
06:58de travailler dessus
06:59pour faire tomber les réseaux.
07:00Coco, par exemple,
07:01c'est notre unité
07:01qui a travaillé dessus
07:02de manière à pouvoir
07:03faire tomber ces réseaux-là.
07:04Après, on a réussi
07:04à être reconnus
07:05au niveau international,
07:06donc à s'impliquer
07:06avec Europol et Interpol.
07:07Donc là, on doit être
07:08à peu près une vingtaine de Tera
07:09dans la base de données d'Europol.
07:11De contenu pédocriminel.
07:12Oui.
07:14Souvent, sur les réseaux,
07:16on voit que beaucoup de personnes,
07:18les influenceurs
07:18et même pas influenceurs,
07:19montrent leurs enfants
07:20sur les réseaux,
07:21petits, à la naissance même.
07:23Il y a des vidéos à la naissance.
07:24Qu'est-ce que tu as envie
07:25de leur dire à ces personnes-là
07:26qui montrent leurs enfants
07:27sur les réseaux ?
07:27Je peux vous comprendre
07:28parce qu'effectivement,
07:28c'est pratique
07:29pour envoyer aux grands-parents
07:30ou autre l'évolution de l'enfant.
07:31Je l'ai fait avec les miens,
07:32mais quand tu vas sur Insta,
07:33TikTok ou autre
07:34et que du coup,
07:34tout le monde peut y avoir accès,
07:35c'est dangereux.
07:36Les pédocrinels vont récupérer
07:37ce contenu-là.
07:38Déjà pour certains,
07:38rien que de voir un enfant habillé,
07:40ça peut les exciter.
07:40Mais après, maintenant,
07:41ce qui se passe de plus en plus,
07:42c'est qu'on a l'IA qui est là maintenant.
07:44Donc, l'intelligence artificielle,
07:45c'est super.
07:45Ça nous aide pour beaucoup de choses.
07:46Il y a certains logiciels d'IA
07:47qui te permettent aussi
07:48de mettre à nu des personnes.
07:49Justement,
07:49de ces photos d'enfants
07:50qui sont reprises sur Internet
07:51et les enfants vont être minus.
07:52Du coup, tu conseilles aux parents
07:53de rien mettre par rapport aux enfants ?
07:56Rien mettre,
07:56déjà éviter les visages
07:57et sinon, en fin de compte,
07:58vraiment restreindre leur réseau.
07:59Tous les parents le font,
08:00on va prendre leurs photos
08:01de leur enfant dans le bain
08:02pour envoyer aux grands-parents
08:03et après, faire attention
08:03sur la manière dont ils les diffusent.
08:07Est-ce que du coup,
08:07c'est une solution d'interdire
08:09ces réseaux sociaux aux plus jeunes ?
08:11Je ne pense pas
08:11que ce soit une vraie solution
08:12parce que malheureusement,
08:13on sait très bien
08:13comment ça se passe avec un enfant.
08:14Quand on va lui interdire quelque chose,
08:15il va vouloir le faire.
08:16Bien sûr.
08:16Qu'il y a un vrai contrôle, oui.
08:17Donc effectivement,
08:18il y a des systèmes
08:18qui sont mis en place.
08:19Tu as par exemple Yubo,
08:21qui est une appli
08:21de rencontre,
08:22d'échange entre ados.
08:23Ils ont un vrai contrôle d'âge en place
08:24avec de l'arco facial à leur niveau.
08:26Donc, ce n'est pas une rencontre en tant que tel.
08:28Donc, il n'y a pas...
08:29Mais ils vont vérifier que le visage,
08:31c'est bien un vrai visage
08:32avec une vidéo
08:32et du coup, tu as l'appli d'identité.
08:33Donc, c'est comparé,
08:34tout est comparé
08:35et ils sont en mesure de déterminer
08:36si tu es dans la tranche d'âge
08:37qui correspond ou pas
08:38pour rentrer sur l'application.
08:39Interdit complet,
08:40de toute façon,
08:40ça ne marchera jamais.
08:40Il faut éduquer les enfants, en fait.
08:42C'est ça, de toute façon.
08:43C'est l'éducation des enfants,
08:44des parents aussi,
08:44sur les vrais risques.
08:45Oui, effectivement,
08:45il y a des gens
08:46qui vont vouloir rentrer en contact
08:47avec leurs gamins.
08:48C'est comme quand tu vas apprendre
08:49à ton enfant à traverser la rue.
08:50On va lui apprendre des dangers,
08:51il ne faut pas qu'il discute
08:51avec n'importe qui,
08:52il ne monte pas dans la voiture
08:53de quelqu'un qu'il ne connaît pas.
08:54C'est exactement pareil sur Internet.
08:57Toi, qui a des enfants
08:58et qui est au courant
08:59de tout ce qui se passe,
09:00qu'est-ce que tu leur dis
09:01pour qu'ils fassent attention à tout ça ?
09:02Quand ils étaient petits,
09:03je leur ai dit
09:03qu'il y avait des gens
09:04sur Internet
09:04qui étaient dangereux
09:05parce qu'ils avaient
09:06des mauvaises idées
09:07avec les enfants.
09:07Donc, quand ils discutent
09:08avec quelqu'un,
09:09qu'ils soient sûrs
09:09que ce soit bien
09:09le copain de la classe.
09:10Ou après, quand ils ont grandi,
09:11ils jouent en ligne
09:12sur différents réseaux,
09:13genre GTA ou autre,
09:14parce que même s'il s'est interdit
09:16à des mineurs
09:16ou à partir d'une certaine tranche d'âge,
09:18on sait bien
09:18que les gamins,
09:18ils veulent y jouer quand même.
09:19L'ordinateur était dans la salle
09:20quand je faisais attention
09:21à ce qui se passait aussi.
09:22Mais après, c'était surtout
09:23leur expliquer qu'il y a des risques.
09:24Donc, si tu vois quelqu'un
09:25qui te pose des questions
09:26qui te perturbe,
09:26tu me le dis tout de suite.
09:27Et puis après,
09:28quand ils ont grandi au fur et à mesure,
09:29je suis rentré plus en détail.
09:30Je leur ai dit clairement,
09:30il y a des gens
09:31qui veulent abuser des enfants
09:32ou qui veulent voir des enfants
09:33tous nus ou plus.
09:34Il y en a un qui te demande une photo,
09:35déjà, c'est hors de question.
09:36S'il y en a un qui te demande
09:36où tu habites,
09:37tu lui dis d'aller se faire voir.
09:38Et clairement,
09:38ils savent ce que je fais
09:39et ils savent les vrais risques
09:40qu'il y a.
09:41Après, on va me dire
09:41ouais, mais c'est des garçons
09:42donc c'est plus facile.
09:43Ils risquent rien.
09:44Non, ils risquent autant
09:44parce que voilà,
09:45que ce soit garçon ou fille,
09:46malheureusement, ça attire.
09:48Mais par contre,
09:48c'était plus sur l'éducation
09:49de pourquoi je leur disais
09:51de faire attention.
09:51Donc, il faut prendre en compte ça.
09:52Ils vont jouer en réseau.
09:53Derrière, tu ne sais pas qui tu as.
09:54Donc, il faut que les parents
09:55s'intéressent.
09:56Ouais, ton fils dit
09:57ouais, je veux être sur Fortnite.
09:58Au début, tu vas dire
09:58ouais, c'est quoi ?
09:59Puis voilà, tu vas regarder
09:59oui, bon apparemment,
10:00il n'y a rien de mal.
10:01Mais quand tu sais qu'en fait,
10:02oui, il y a des pédos
10:02qui sont dessus,
10:03ils ne sont pas...
10:03Même sur Fortnite,
10:04il y a des...
10:05En fait, ils sont partout.
10:06On ne peut pas cibler
10:06un réseau spécifique.
10:07À partir du moment
10:08où ils vont pouvoir
10:08rentrer en contact
10:09soit avec d'autres pédos criminels
10:10soit avec des mineurs,
10:11ils vont y être.
10:15Des fois, les filles, par exemple,
10:16vont envoyer des nudes
10:17à leurs copains.
10:18Sauf que des fois,
10:19il y a une séparation
10:20et des disputes.
10:21Le jeune homme fait pression
10:22sur la fille en disant
10:24je vais diffuser
10:25dans tout le collège,
10:26le lycée,
10:26la photo de toi.
10:27C'est vrai que la fille
10:28ou le garçon, par honte,
10:29des fois, peut décider
10:30de se suicider aussi.
10:31Ça peut aller très très loin,
10:32oui, ça peut être soit
10:33malheureusement continuer
10:34à aller plus loin
10:35et répondre toujours
10:35à la sollicitation de la personne
10:36et ça peut être aussi
10:37parce qu'il se sent
10:38qu'il est enfermé complètement,
10:39que pour lui, il a merdé,
10:40il a fait quelque chose
10:41qu'il ne fallait pas
10:41et qu'il n'ose pas en parler
10:42et du coup, il va s'isoler
10:43complètement, aussi bien
10:44dans la bulle familiale
10:45que même à l'école ou autre.
10:46Pour les filles que ça concerne,
10:47comment elles doivent réagir ?
10:49Déjà, le premier truc à faire,
10:50c'est dépôt de plainte.
10:51Même si elles ont fait une bêtise
10:51entre guillemets.
10:52Qu'elles n'aient pas honte.
10:53Il ne faut pas qu'elles aient honte
10:53parce que de toute façon,
10:54en disant, j'ai fait une bêtise,
10:55ok, j'ai envoyé une photo nue,
10:56fallait pas, c'est pas bien,
10:57mais voilà.
10:57Déjà, c'est entre guillemets bien
10:59quand c'est juste à quelqu'un
10:59qu'elles connaissent réellement
11:00parce que malheureusement,
11:01on a des dossiers
11:01où c'est quelqu'un
11:02soit qui se fait passer
11:03pour le copain en ligne,
11:04qui se fait passer pour l'ami d'un ami
11:05ou qui se fait passer
11:06pour une agence de mannequinat
11:07ou autre, il y a ça aussi.
11:08Mais même si c'est quelqu'un
11:09qui n'est pas facilement identifiable
11:10parce que c'est un pseudo
11:11avec qui il discutait,
11:12on aura toujours des moyens
11:12de l'enquêter pour pouvoir l'identifier.
11:14Donc, il ne faut pas se dire
11:14c'est en ligne,
11:15on ne pourra rien faire.
11:15Il faut qu'elle en parle à ses parents.
11:16Il faut qu'elle en parle tout de suite
11:17soit à ses parents,
11:18soit à un adulte
11:19qu'elle connaît bien
11:19dans son entourage familial,
11:20le parrain, la marraine,
11:21pour que tout de suite,
11:22en fait, c'est le dépôt de plainte,
11:23que le contenu déjà
11:24soit saisi aussi
11:25sur les supports du gars.
11:26Cette photo-là,
11:27nous, on en aura besoin aussi
11:28pour pouvoir l'aider
11:28parce que nous,
11:29on va l'intégrer en base internationale
11:30et du coup,
11:31on sait qui c'est.
11:32Donc, cette base-là,
11:32elle n'est accessible
11:32que par les enquêteurs,
11:33nos homologues.
11:34Mais l'avantage,
11:35c'est que si jamais
11:35on a du contenu
11:36qui va la concerner
11:37elle aussi qui ressort,
11:38on saura tout de suite.
11:41De quoi parle cette deuxième affaire alors ?
11:42Alors, la deuxième affaire,
11:43c'était dans le cadre
11:44d'une task force d'Europol.
11:45Donc, cette affaire-là,
11:46en fin de compte,
11:46c'est des données
11:46qui ont été saisies sur le Darknet.
11:47Le collègue de la task force
11:48s'est rendu compte
11:49que ça pointait vers la France.
11:50Dans la vidéo, en fait,
11:51ils ont reconnu, c'est ça ?
11:52Oui, ils ont retrouvé
11:53quelques objets
11:53qui, effectivement,
11:54pouvaient être français
11:54et donc, on a pu localiser
11:55que c'était en France.
11:56Sur le contenu,
11:57c'était un adulte
11:58qui était nu
11:58avec deux jeunes adolescentes.
12:00Il y avait des pauses sexuelles.
12:01Donc, c'était les seuls éléments
12:02qu'on avait à ce moment-là.
12:03En fin de compte,
12:03on était à 6h du matin.
12:04C'était un couple
12:05qui vivait là
12:05avec un enfant de 3 ans.
12:06On ne savait pas
12:07si la femme du couple
12:08était impliquée ou pas.
12:09Donc, la procureure avait dit
12:10« Vous placez les deux
12:11en garde à vue. »
12:11Donc, ce petit garçon de 3 ans.
12:12Donc, en fait,
12:13on a passé une heure
12:13avec un collègue
12:14à discuter avec ce petit garçon
12:15qui parlait super bien
12:16pour son âge.
12:17Donc, ensuite,
12:17il a été pris en charge
12:18par les services sociaux.
12:19Et ce qui s'est passé,
12:19c'est qu'on avait un collègue
12:20d'Europol qui était présent
12:21pour analyser le contenu aussi.
12:22On avait deux N-Tech,
12:24donc nos enquêteurs spécialisés
12:25sur l'analyse.
12:25Donc, ils se connectent
12:26sur les ordinateurs,
12:27les téléphones.
12:28Ils récupèrent les ordinateurs,
12:28les téléphones,
12:29ils analysent tout ça.
12:29Et en fait, à 18h,
12:30j'ai le collègue d'Europol
12:31qui me dit « Régis, viens voir. »
12:32Et en fin de compte,
12:32il me montre une vidéo
12:33de ce petit garçon
12:34qui se faisait abuser
12:35et c'était deux semaines avant.
12:36Donc là, il y a tout
12:37l'impact psychologique
12:38comme tu disais par rapport justement.
12:39C'est de se dire « Mince,
12:39on a mis trop de temps
12:40à monter le dossier
12:41à cause de nous,
12:41ce garçon s'est fait violer. »
12:42Et il se faisait abuser
12:43par ses parents ?
12:43Oui. Et là, du coup,
12:44« Mince, on a merdé.
12:46C'est notre faute. »
12:46Et en fin de compte,
12:47le collègue me dit
12:47« Non, mais attends,
12:48parce que de toute façon,
12:48on a d'autres vidéos. »
12:49En fin de compte,
12:49depuis ces trois mois,
12:50ce petit garçon se faisait
12:51abuser par ses parents.
12:51Donc on a tout ce délai.
12:52Donc là, on se dit
12:53« Bon, OK,
12:53il y a tout un changement procédural. »
12:55Là, par contre,
12:55parce qu'on passe sur du criminel
12:56avec des actes,
12:57l'implication de la mère
12:58parce qu'on avait des vidéos
12:59l'impliquant elle aussi.
13:00Mais dans l'analyse technique,
13:01on a vu aussi
13:01qu'ils abusaient tous les deux
13:02une autre nièce.
13:03On a eu deux nièces
13:04qui ont été impliquées
13:05en tant que victimes
13:05et le petit garçon aussi.
13:07C'est dingue de se dire
13:08que ce n'est pas forcément
13:09le profil du cinquantenaire
13:11dans sa chambre tout seul.
13:13Ça peut être aussi un couple.
13:14Par défaut,
13:15il n'y a pas énormément
13:15de femmes qui sont impliquées.
13:17Généralement,
13:17ce ne sont pas des femmes
13:18qui sont seules.
13:18Ça va être effectivement
13:19des femmes en couple.
13:20Leur ligne de défense,
13:21pour beaucoup,
13:21ça va être parce qu'elles sont
13:23manipulées par leurs hommes
13:24ou sous l'emprise de l'homme.
13:25Après, il y en a certaines,
13:25c'est parce qu'elles ont
13:26l'intérêt aussi.
13:27Elles ont cette attirance
13:27parce que ça ne touche pas
13:28que les hommes
13:28d'avoir les attirances physiques
13:30envers les mineurs.
13:31Pour tout le monde,
13:31de se dire qu'une maman
13:32va faire quelque chose
13:32à un enfant,
13:33ce n'est pas entendable.
13:34Mais malheureusement,
13:34si, il y a beaucoup de dossiers
13:35avec des femmes agresseurs
13:36et des femmes qui abusent d'enfants.
13:37Les parents, du coup,
13:38on sait combien de temps
13:39ils ont pris de prison ?
13:40La maman, elle a pris 17 ans de prison,
13:41sachant que le maximum,
13:42c'est 20 ans.
13:42Et le papa, 19 ans.
13:43Donc, on est quand même
13:44sur un jugement
13:44qui a été assez important
13:45en cohérence avec ce qu'ils ont fait.
13:46Bien sûr.
13:49Sans rentrer forcément dans les détails,
13:51comment tu forces
13:51un enfant de 3 ans ?
13:52C'est quoi ?
13:52En fin de compte,
13:53tu ne le forces pas.
13:54Parce que comme il a commencé
13:55depuis ces 6 mois,
13:56lui, c'est son habitude.
13:56De pratiquer un acte sexuel
13:58sur les parents ?
13:58Pour lui, c'est cohérent.
13:59C'est cohérent que sa maman
14:01lui fasse quelque chose
14:03sur le zizi.
14:03C'est normal,
14:04c'est son habitude.
14:04Pour te dire à quel point,
14:05c'est que quand il a été placé
14:06dans la famille d'accueil,
14:07ce petit garçon,
14:08pour dire bonne nuit,
14:08sa coutume,
14:09c'était un bisou sur la bouche
14:10et un bisou sur le zizi.
14:11Donc, en fin de compte,
14:11maintenant,
14:12il y a tout un travail psychologique
14:13sur ce garçon
14:13pour lui faire comprendre
14:14que déjà qu'il y est pour rien,
14:15mais que non,
14:16on ne fait pas ça.
14:16En fait, ils ont détruit une vie.
14:18Potentiellement,
14:18il va pouvoir s'en sortir.
14:19Moi, j'ai eu la chance
14:20de rencontrer des victimes
14:21aux Etats-Unis
14:22et qui ont réussi
14:23à avoir une vie tout à fait cohérente après,
14:24avoir une vie de couple même,
14:25avoir des enfants
14:26et tout se passe très bien pour eux.
14:27Donc, il y a un espoir.
14:28Il n'est pas complètement ruiné,
14:29ce garçon.
14:30Ça va lui prendre beaucoup de temps.
14:33Combien de temps il peut se passer
14:34entre le fait que vous ayez
14:35découvert un prédateur
14:37et le fait que les forces
14:38de gendarmerie ou police interviennent ?
14:40Ça va dépendre de savoir
14:41si on a assez d'éléments
14:42pour pouvoir déclencher
14:43une interpellation locale
14:44ou alors ça va dépendre aussi
14:46de la dangerosité de l'individu
14:47ou des éléments de contextualisation
14:49qui vont en contact
14:49réellement avec des enfants
14:50dans une sphère
14:51où il peut accéder à des enfants.
14:52Donc, ça peut effectivement
14:53prendre malheureusement
14:53six mois, un an.
14:57On a une problématique
14:57qui ressort maintenant
14:58en ce moment par contre,
14:59c'est les petits jeunes
15:00de 16, 21 ans
15:01qui au lieu de vendre du stup
15:01parce que c'est dangereux le stup,
15:03il faut que tu envoies le colis
15:04ou que tu te déplaces.
15:04Du coup, maintenant,
15:05ce qu'ils font,
15:05c'est qu'ils vont vendre du contenu.
15:06Ils récupèrent des images
15:07ou alors même eux,
15:08ils demandent des images,
15:09ils font du chantage.
15:10Eux, ils vont les récupérer
15:11soit sur le dark,
15:12soit en téléchargeant,
15:13soit encore tout ce qui est
15:14pire to pire,
15:14ça fonctionne encore toujours.
15:15Et en fin de compte,
15:16ils vont vendre ces liens-là.
15:17On a déjà vu des dossiers
15:17avec ça où justement,
15:18on a fait tomber un réseau.
15:19Qu'est-ce qui risque là
15:20d'avoir fait ça ?
15:21C'est de la détention,
15:22de la diffusion de contenu.
15:23Ça va être du 5 ans de prison.
15:24Mais déjà, il y a ce signal
15:25qui est envoyé aussi.
15:26Attention, arrêtez de faire ça.
15:29Il y a plein de communication
15:30sur ce qu'on fait.
15:30C'est pour ça qu'on ne va pas
15:31trop loin dans l'explication
15:32de notre capacité.
15:33Oui, c'est pour ça
15:33que tu restes flou un peu.
15:34Voilà, parce que sinon,
15:35en fin de compte,
15:35ils vont se servir de ça
15:36parce qu'ils savent très bien.
15:36Ils suivent les jugements,
15:37ils suivent les enquêtes
15:38ou alors ils se parlent entre eux.
15:39Quand le gars s'est fait choper,
15:40il va dire oui,
15:41je me suis fait choper à cause de ça.
15:42Donc les autres vont se mettre à jour
15:43en dire attention,
15:43il faut qu'on se protège.
15:44Les prédateurs en ligne
15:45donnent des conseils
15:46comment piéger des gamins.
15:48Ils se donnent des conseils
15:49sur comment aborder un gamin,
15:50surtout pour ceux
15:51qui veulent passer au physique
15:52et agresser les enfants sexuellement.
15:54Pour eux,
15:54ce n'est pas de l'agression,
15:55c'est de l'éducation,
15:56c'est bénéfique pour l'enfant.
15:57Ils ont tous ces conseils
15:58pour justement éviter
15:59que l'enfant aille déposer plainte.
16:01Ça va être aussi
16:01l'usage de médicaments.
16:02Quel médicament on donne
16:03à des enfants
16:03pour pouvoir abuser d'eux ?
16:05Quel dosage ?
16:05Parce qu'il faut faire gaffe
16:06quand même,
16:06ce serait dommage
16:06que l'enfant décède.
16:07Ou alors ça va être
16:08l'usage de médicaments spécifiques,
16:09faire attention à ça,
16:10faire attention aussi
16:11aux traces qu'on peut laisser,
16:12que ce soit en ligne
16:13ou aussi en physique
16:13pour justement éviter
16:14d'être détecté,
16:15éviter d'être identifié.
16:18Toi, tu es confronté
16:19quotidiennement
16:20à ce genre d'image
16:21pédopornographique.
16:22Comment tu prends du recul
16:24vis-à-vis de tout ça ?
16:24Je te reprends juste sur le terme.
16:26On va éviter de dire
16:26pédopornographique.
16:27On va parler de pédocriminel
16:28ou de contenu sexuel
16:29d'exploitation de mineurs
16:30de manière à éviter
16:31parce qu'en fin de compte,
16:31il n'y a rien de pornographique,
16:32parce qu'il n'y a rien de bien
16:33là-dedans.
16:33C'est des enfants
16:34qui se font violer,
16:35qui se font abuser.
16:35Donc, on a essayé
16:36de mettre en place ça.
16:36On est en train de faire en sorte
16:37que ça change au niveau français.
16:38Au niveau international,
16:39depuis 2016,
16:40il y a une terminologie
16:40qui a été mise en place
16:41en anglais,
16:42traduit dans les langues officielles aussi.
16:43Donc, ça a une manière
16:44à changer ça
16:44parce qu'effectivement,
16:45c'est dégueulasse.
16:46L'avantage qu'on a,
16:47entre guillemets,
16:47c'est moche de le dire comme ça,
16:48mais c'est qu'effectivement,
16:49on sait qu'on va être
16:49confronté à ce contenu
16:50en comparaison avec un collègue
16:51qui est sur le terrain
16:52où en fin de compte,
16:52on va lui dire
16:53« c'est déjà arrivé,
16:54j'ai trouvé cette QSB-là
16:55en emménageant chez moi,
16:56j'ai regardé ce qui est dessus,
16:57c'est dégoûtant »
16:58et en fin de compte,
16:58le collègue va brancher la clé,
16:59il va avoir des enfants
17:00se faire violer.
17:00Lui, il ne s'y attend pas
17:01ou sur des dossiers de stupes
17:02et puis en fin de compte,
17:03dans le contenu du téléphone,
17:03quand ils exploitent,
17:04ils se rendent compte
17:05qu'il y a des enfants violés aussi.
17:06Nous, l'avantage,
17:07entre guillemets,
17:07c'est qu'on le sait
17:07donc on se prépare psychologiquement
17:08à ça
17:09et on ne va pas se focaliser
17:10sur ce qui se passe concrètement.
17:11On va juste vérifier
17:11« oui, c'est du mineur,
17:12oui, il y a un acte sexuel
17:13donc on est dans le cadre légal
17:14pour pouvoir travailler
17:15et en fin de compte,
17:15on va s'intéresser à tout le reste
17:16pour pouvoir identifier cet enfant
17:17et éviter qu'il soit abusé de nouveau. »
17:21Qu'est-ce que tu penses
17:21des vidéos des fois
17:22où on voit des pédophiles
17:23se faire tabasser
17:24des gens qui font justice eux-mêmes ?
17:26« Un belge a tabassé son voisin
17:28présumé pédocriminel.
17:29Après plusieurs jours de cavale,
17:30il s'est rendu à la police. »
17:31« Tu touches plus les enfants ?
17:33Tu vas encore toucher mon fils ?
17:36Espèce de pédophile de merde ! »
17:37Déjà, la problématique,
17:38c'est que de toute façon,
17:39tu ne peux pas te faire justice toi-même.
17:40Ils méritent d'être jugés,
17:41d'aller au tribunal.
17:42Ceux qui vont faire le tabassage
17:43parce que malheureusement,
17:44c'est ça.
17:44Déjà, ils ne sont pas sûrs
17:45qu'en face,
17:45ce soit vraiment un pédophile.
17:46Deuxièmement,
17:47eux, ils n'ont rien subi.
17:47Donc en fin de compte,
17:48il n'y a pas vraiment de justice.
17:49Et encore pour certains,
17:50c'est juste une justification
17:51pour aller tabasser du monde
17:51ou pour leur piquer le téléphone
17:53ou piquer de la thune
17:53ou récupérer quelque chose.
17:54Je peux comprendre
17:55que les gens veuillent aider
17:56à identifier les pédophiles
17:58à ce qu'ils soient jugés.
17:59Les méthodes, malheureusement,
17:59ne sont pas les bonnes
18:00parce que la plupart de ces victimes-là,
18:01déjà, nous, on n'est même pas au courant.
18:03Donc ils ne seront pas suivis.
18:04Et ça se trouve,
18:04ça peut être un vrai pédophile
18:05qui a abusé des enfants
18:06qui va soit se suicider
18:07et du coup, on ne saura pas
18:07que ces victimes-là,
18:08elles ne seront pas prises en compte,
18:09reconnues en tant que victimes.
18:10Soit, en fin de compte,
18:11il va disparaître
18:11et on ne pourra jamais le choper.
18:12Tu as des associations
18:13qui vont les traquer
18:14en se faisant passer
18:14pour des gamins aussi en ligne
18:15et qui après vont faire
18:16un signalement au magistrat.
18:17Je ne suis pas spécial de mon pour non plus
18:18parce qu'en fin de compte,
18:19on ne sait pas
18:20quelles sont leurs manières de travailler.
18:21Ils n'ont pas tous les éléments
18:22qui sont nécessaires
18:23pour pouvoir ensuite
18:23que le dossier passe en justice correctement.
18:25Ça va être bancal
18:26et du coup, malheureusement,
18:26la procédure pourrait casser
18:27et ne pas aboutir.
18:28Le gars sera libéré
18:29et puis après, du coup,
18:30il va se protéger.
18:30Agir comme ça,
18:31ça peut l'empêcher
18:32d'être vraiment jugé ?
18:33Puis d'être détecté
18:33pour des faits supérieurs.
18:35Si tu ne t'intéresses
18:35que à ce dossier-là,
18:36tu ne vas pas analyser
18:37le contenu suffisamment
18:37et tu ne vas pas vérifier
18:38si potentiellement,
18:39tu n'as pas des photos de lui
18:40en train d'abuser d'un gamin
18:40ou tu ne vas pas vérifier
18:41s'il n'est pas dans l'entourage
18:43de gamins
18:43ou s'il n'a pas potentiellement
18:44agressé des gamins.
18:44Ce sont des dossiers qui arrivent.
18:46Il y a des gars
18:46qui se font détecter
18:47pour de la détention de contenu
18:48et derrière,
18:49quand le travail est suffisamment poussé
18:50en amont
18:50et ensuite,
18:51pendant la garde à vue,
18:52on réussit à déterminer
18:53qu'effectivement,
18:53il y a eu des agressions sexuelles.
18:54On va le dire concrètement,
18:55il y a des personnes
18:55qui vont regarder la vidéo YouTube
18:56et qui veulent signaler
18:58un comportement.
18:58Là,
18:59ils écoutent notre vidéo,
18:59notre discours,
19:00ils disent
19:00ah bah oui,
19:01j'ai quelqu'un en tête
19:02qui était problématique,
19:03comment ils peuvent agir là maintenant ?
19:04Tu as trois particularités,
19:05donc ça va être pharos
19:06effectivement pour tout ce qui est contenu.
19:08Répondre au questionnaire,
19:08c'est ça ?
19:09Ouais,
19:09tu as répondu à un questionnaire,
19:10après tu peux être en anonyme
19:11et tout ça,
19:11il n'y a pas de souci
19:12si les gens ont peur
19:13d'être détectés.
19:14Ensuite,
19:14il y a l'application Ma Sécurité
19:15qui va être guidée aussi.
19:16Il y a la brigade numérique
19:17qui peut suivre aussi ces éléments-là.
19:18Et après,
19:19tu as Point de Contact,
19:19donc il y a une association civile,
19:21on est en partenariat avec eux
19:22où ça peut être aussi tes victimes
19:23qui en fin de compte
19:24ont leur contenu qui a été pris.
19:25Elles peuvent aller aussi
19:26chez Point de Contact
19:27et elles pourront être guidées aussi
19:28sur comment essayer
19:29de faire retirer ce contenu-là en ligne.
19:32Toi,
19:33tu fais ce métier-là
19:33depuis 2008.
19:34Est-ce que le contenu pédocriminel
19:36augmente sur les réseaux ?
19:38Est-ce que ça stagne ?
19:39Est-ce que ça diminue ?
19:40Est-ce que ça évolue ?
19:41Comment tu vois cette tendance
19:42aujourd'hui en 2025 ?
19:43Le contenu en tant que tel
19:44qui va être diffusé,
19:45tu en auras plus.
19:45Il y a une augmentation
19:46sur le volume de contenu
19:49et il n'y a pas nécessairement
19:50plus d'enfants qui se font violer.
19:51Pas plus de victimes.
19:52Il n'y a pas nécessairement
19:52plus de victimes.
19:53La seule particularité,
19:54malheureusement,
19:55d'un point de vue spécifique,
19:56c'est qu'on a plus de facilité
19:57d'avoir accès à ce contenu
19:58et donc de pouvoir identifier
19:59ces victimes.
19:59Parce qu'avant,
20:00ce qui se passait,
20:00c'est que l'enfant était violé,
20:01il n'y avait pas de contenu,
20:02donc on ne le savait jamais.
20:03Tant qu'il n'y a personne
20:03qui déposait plainte,
20:04tant qu'il n'y avait pas un signement
20:05qui était fait sur la personne,
20:06on ne pouvait jamais le savoir.
20:07En soi, ça a toujours existé,
20:09mais aujourd'hui,
20:09il y a des preuves concrètes.
20:10Ça a toujours existé.
20:11Même avant, en fin de compte,
20:11ce qui se passait,
20:12c'est que les photos et les vidéos,
20:13ils imprimaient des magazines
20:14quand ce n'était pas encore
20:15complètement illégal.
20:16Tu avais des magazines
20:16qui étaient imprimés
20:17de mannequinat,
20:18de modeling d'enfants.
20:20Il se passait ça sous le manteau,
20:21ils allaient dans les sex shops
20:21et puis tu avais un rayon
20:22qui était caché
20:23où les gars se mettaient des annonces
20:24dans les journaux.
20:26Ça a toujours existé.
20:27Ça a toujours existé
20:27parce que de toute façon,
20:28c'est une déviance sexuelle
20:29qui a toujours été là.
20:30Le seul truc,
20:31c'est que maintenant,
20:31c'est en ligne.
20:32Donc pour nous,
20:33ça a cet avantage,
20:33c'est que potentiellement,
20:34on peut identifier plus facilement
20:35parce qu'on aura du contenu.
20:36C'est malheureux
20:37parce qu'effectivement,
20:37l'enfant s'est violé,
20:38mais de toute façon,
20:38c'était déjà le cas.
20:39La seule particularité,
20:40c'est que là, maintenant,
20:41on a un moyen d'avoir
20:42cette scène de crime
20:42et de pouvoir travailler dessus
20:43pour identifier cet enfant
20:44pour éviter que ça continue.
20:48À quoi ça ressemble,
20:48toi, une journée type ?
20:49Ça va être déjà un petit café
20:50pour discuter avec l'équipe,
20:51savoir comment ça se passe,
20:52comment ils vont aujourd'hui ?
20:53Être sûr justement
20:53qu'il n'y en ait pas un
20:54qui ne soit pas en forme
20:55pour pouvoir du coup
20:55le préserver.
20:56Les enquêteurs,
20:56ils vont être sur leur dossier en cours,
20:58essayer de faire avancer.
20:59Est-ce que quelqu'un a besoin
20:59d'un coup de main sur tel dossier
21:00pour être sûr que le dossier
21:01aille plus vite ?
21:02Chacun a un ou deux dossiers
21:03à gérer en tant que directeur d'enquête,
21:05mais par contre,
21:06ce qu'on va éviter,
21:06c'est qu'il soit tout seul
21:07parce que sinon,
21:08il va être noyé,
21:08il ne va pas pouvoir faire ce qu'il faut.
21:10Et après, les analystes,
21:10c'est 6 heures sur la journée
21:12de traitement d'images et vidéos.
21:13Régis, ici,
21:13on est dans ton bureau,
21:14on voit qu'il y a pas mal de peluches.
21:16Bart, les Simpsons, Stitch.
21:18Pourquoi il y a ce côté
21:19un peu enfantin dans ton bureau ?
21:20C'est un peu une manière
21:21de décompresser.
21:21Il y a quelques peluches aussi
21:22qu'on voit,
21:23c'est les peluches Europol
21:24ou Interpol
21:24ou certains homologues étrangers
21:26qui font ça aussi.
21:26Ça faisait du bien des fois
21:27pour couper un peu.
21:28Oui, c'est ça,
21:29pour avoir autre chose à regarder
21:30qui était moins stressant.
21:31Et puis du coup,
21:32on a pris cette habitude
21:32d'en rajouter un peu plus.
21:34On évite d'en avoir trop quand même
21:36parce que c'est quand même
21:36un espace de travail.
21:38Mais c'est le point
21:39sur lequel on va pouvoir
21:39se focaliser tranquillement
21:40qui nous permet
21:41de nous soulager l'esprit.
21:45Est-ce que toi et tes collègues,
21:46vous êtes suivis psychologiquement
21:48des fois pour prendre du recul
21:49sur tout ça ?
21:49Oui, donc on a un suivi psychologique
21:51qui est mis en place.
21:51Donc on a un suivi individuel
21:53une fois par an
21:53et après on a un suivi collectif
21:55à peu près une fois par trimestre
21:56où là justement,
21:56on va discuter de tout.
21:57Et après, ça peut être suite
21:58à un dossier opérationnel.
21:59Donc le dossier avec le petit garçon,
22:00justement, on a fait un débrief
22:00avec tous les enquêteurs
22:01qui étaient impliqués
22:06dans cette phase
22:06ou de découverte
22:07des viols du garçon.
22:08Et tu vois, il y a des collègues
22:08par exemple qui étaient eux
22:09sur une solennité locale
22:10qui ne sont pas habitués
22:12à avoir ce suivi psychique.
22:12Ils disent, oui, non,
22:13ça ne sert à rien.
22:14Parce qu'on a fait autre chose à côté.
22:15On a fait de la découverte
22:16de cadavres, on a fait d'autres trucs
22:17parce que c'est leur quotidien.
22:18Et en fin de compte,
22:18quand ils ont fait ce suivi,
22:19ils se sont dit,
22:20ah oui, effectivement,
22:20c'était toujours dans ma tête.
22:21Si tu le gardes trop au fond de toi,
22:22le problème, c'est qu'il y aura
22:23un jour où ça va claquer.
22:24On est humain quand même.
22:25de voir des enfants
22:26se faire violer au quotidien,
22:27ça a un impact.
22:28C'est arrivé toi des fois
22:28de craquer des fois
22:29en rentrant à la maison ?
22:30Il y a des moments
22:30où oui, c'est difficile.
22:31En fin de compte,
22:31on va décompresser,
22:33on va faire du sport.
22:33Bon, pas à ton niveau,
22:34mais on va courir un petit peu,
22:35on va se détendre,
22:35on va aller discuter
22:36parce que tu as besoin
22:37de décompresser.
22:37Il y a eu une évaluation
22:38qui a été faite en Angleterre,
22:40par exemple.
22:40Quand tu regardes du contenu choquant,
22:41que ce soit ça
22:42ou des accidents de la route,
22:43par exemple, violents.
22:43Il y a des gens
22:44qui sont accros
22:44à ce genre de contenu.
22:45L'idéal pour éviter
22:47l'impact pour toi,
22:47c'est de jouer à Tetris
22:48juste après.
22:49Des jeux de ce genre-là,
22:50parce qu'en fin de compte,
22:50ça va te permettre
22:51de limiter l'impact
22:52et la conservation
22:53dans ta tête
22:53de ces vidéos-là.
22:54Nous, on sait qu'on les a toujours
22:55parce que malheureusement,
22:56moi, je vais regarder des dossiers,
22:57je suis capable de dire
22:57cette victime-là,
22:58j'ai déjà vu,
22:59ça, c'est identifié,
22:59ça, c'est dans tel pays
23:00parce que c'est dans ma tête,
23:01mais je ferme les yeux,
23:02je n'ai pas les photos
23:02qui ressortent.
23:03Donc, c'est là,
23:03mais c'est préservé,
23:05on va dire.
23:08Et ici,
23:09à l'unité nationale cyber,
23:10vous êtes combien
23:10à traiter les images
23:11au quotidien ?
23:12Donc, au niveau
23:13de l'unité nationale cyber,
23:14on est trois analystes,
23:15deux, trois personnels
23:16pour traiter le contenu
23:17pour la police-gendarmerie
23:18et on a cinq enquêteurs
23:19pour travailler
23:20sur la traque
23:20des réseaux pédocriminels.
23:21Ça donne l'impression
23:22qu'on n'est pas nombreux.
23:23Donc, on a par contre
23:23le réseau des antennes
23:24de l'unité nationale cyber,
23:25aussi bien en métropole
23:26qu'en Outre-mer.
23:27On a à peu près
23:2710 000 personnes
23:28qui sont formées,
23:29donc ça te fait un volume
23:29assez important de personnes
23:30de manière à pouvoir
23:31gérer ce fil cyber.
23:32Donc, ça nous permet
23:32d'avoir des gens
23:33qui sont formés,
23:33avec qui on échange régulièrement,
23:35donc qui ont les mêmes
23:35capacités techniques
23:36que nos enquêteurs,
23:37qui sont en communication
23:38avec nous,
23:38ils ont des moyens
23:39de transmission de contenu,
23:40qui sont formés
23:41sur l'analyse aussi
23:42pour pouvoir déterminer
23:43au plus vite
23:43si dans le contenu
23:44qu'ils vont avoir,
23:45ça peut concerner
23:46de la mise en cause
23:46ou des victimes en local.
23:50Régis,
23:51s'il y a des jeunes
23:52qui regardent la vidéo
23:53actuellement
23:53et qui aimeraient
23:55faire le même métier que toi,
23:56comment faire ?
23:56Donc, pour rentrer
23:57en fin de compte,
23:57maintenant,
23:58il y a une spécialisation cyber,
23:59mais il faut rentrer
24:00par le cursus classique.
24:01Ils seront obligés
24:01de passer en école,
24:02ils seront obligés
24:03de faire du parcours
24:03du combattant,
24:04du militaire,
24:05du Saint-Astier.
24:06Après, il y a
24:07des prédispositions,
24:08effectivement,
24:08les gens qui sont
24:08assez intéressés
24:09par le cyber.
24:10Comment t'en es venu
24:10à faire ce métier,
24:11du coup, toi ?
24:11J'ai un bac en optique,
24:12un BTS en automatisme,
24:13donc oui,
24:14il y a un petit peu de lien
24:14parce qu'il y a
24:15de l'informatique.
24:16Je suis sorti d'école,
24:17je me suis retrouvé
24:17en escadron
24:17de gendarmerie mobile.
24:18Je suis arrivé
24:19à René-sous-Bois
24:19en centre de transmission,
24:20donc je gérais des messages.
24:21Donc oui,
24:22effectivement,
24:22il y avait de l'informatique
24:22et puis j'ai passé
24:23mon diplôme d'officier
24:24de poli-judiciaire
24:25et j'étais avec des gars
24:26de la cyber.
24:26J'ai dit, tiens,
24:27ça a l'air intéressant
24:27parce qu'en fait,
24:28c'est parce que j'ai échangé
24:29avec eux.
24:29Et en fin de compte,
24:30quand j'ai postulé,
24:30on m'a dit,
24:31il n'y a qu'une place,
24:32c'est au Centre National
24:32d'Analyse des Images
24:33Pédocriminelles.
24:34Donc là, au début,
24:34c'est quoi ça ?
24:35Qu'est-ce que c'est
24:36de quoi on parle ?
24:37Et en fin de compte,
24:37j'ai commencé là
24:38et puis je me suis dit,
24:39je ne veux rien faire d'autre.
24:43Régis, toi,
24:44est-ce que tu te sens utile
24:45de par tes actions,
24:46ton métier ?
24:47Au départ,
24:48quand j'ai commencé en 2008,
24:49j'avais l'impression
24:49d'être noyé dans la masse
24:50parce que j'étais tout seul.
24:51À l'époque,
24:51c'était sur tous les photos.
24:52Après, tu as les vidéos
24:52qui arrivent,
24:53donc là,
24:53c'est encore pire.
24:54Et en fin de compte,
24:55les fameux dossiers
24:56qu'on réussit à sortir,
24:57la reconnaissance
24:57à l'intégration
24:58aussi de nos capacités
24:59parce que de participer
24:59à cette task force,
25:00ça veut dire qu'on a
25:00des capacités de travail
25:01qui sont reconnues.
25:02Donc tout ça,
25:02ça te permet aussi
25:03de te sentir utile.
25:05Légitime.
25:05Légitime, voilà.
25:06Ce petit garçon
25:07qui malheureusement,
25:07même s'il était déjà violé,
25:09on a quand même réussi
25:09à éviter maintenant
25:10que ça continue.
25:10C'est une petite victoire
25:11à chaque fois.
25:14Quel affaire
25:14qui t'a marqué,
25:15toi, personnellement ?
25:16Un gars sur le Darknet
25:17qui commençait en fin de compte
25:18à vouloir passer à l'acte
25:19avec une jeune fille
25:19et il demandait des conseils.
25:20Donc il était dans la phase
25:21de préparation.
25:22Donc il n'y a jamais rien eu
25:23sur cette gamine
25:23et on a réussi à intervenir avant
25:24et à le présenter à la justice
25:25avant qu'il passe à l'acte.
25:26D'accord.
25:27Après, il a choisi de se suicider
25:28donc là, le dossier est clôturé.
25:29Mais en fin de compte,
25:30cette jeune fille
25:30a été complètement préservée.
25:32Elle n'est même pas au courant
25:32qu'il avait ces intentions-là.
25:34La fermeture de coco,
25:35c'est une victoire
25:35parce que la fermeture de ce site
25:37ça a mis un arrêt aussi
25:37non seulement aux atteintes aux mineurs
25:39mais à du trafic de stupes,
25:40à des agressions physiques
25:41sur adultes aussi.
25:42Ça a servi à quelque chose.
25:43Est-ce qu'il y a des personnes
25:46qui regardent la vidéo
25:47et qui sentent qu'ils ont
25:48cette déviance
25:48et cette attirance
25:50pour les enfants ?
25:50Qu'est-ce qu'on peut leur dire ?
25:52Est-ce qu'il y a des sites
25:52pour les aider,
25:53des applications,
25:54des numéros de téléphone à appeler ?
25:55Alors, tu as plein d'associations
25:56mais tu as en particulier
25:57le dispositif Stop
25:58qui est une hotline.
25:59C'est totalement anonyme
25:59et ça va leur permettre
26:00d'être guidé
26:01et d'être aidé justement
26:02pour éviter ce passage à l'acte,
26:03être suivi,
26:04aider psychologiquement
26:05à se restreindre,
26:07à se contenir.
26:07C'est totalement anonyme.
26:08Il n'y aura pas de dénonciation
26:10à la police,
26:10aux forces de l'ordre.
26:11C'est de la prévention.
26:12C'est vraiment de la prévention
26:13du passage à l'acte.
26:14C'est pour éviter ce passage à l'acte
26:14parce que tu as certains
26:15qui se sentent mal avec ça,
26:17qui savent qu'il ne faut pas
26:17et du coup,
26:18c'est compliqué pour eux aussi.
26:19Potentiellement,
26:20on a un pédo criminel
26:20ou quelqu'un qui va peut-être
26:21vouloir dévier,
26:22qui même de lui-même
26:23va contacter les services
26:23en disant j'ai besoin d'aide.
26:24Tu as ce dispositif
26:25qui va les aider justement
26:26à rester dans le blocage
26:28et ne pas passer à l'acte.
26:29Est-ce que tu aurais un message
26:32à adresser aux enfants,
26:33aux parents
26:34qui vont regarder cette vidéo ?
26:35C'est ce qu'on disait
26:36depuis le début,
26:36c'est le dialogue.
26:37Même si l'enfant pense
26:38qu'il a fait une bêtise,
26:39en parlez.
26:39Les parents essayent d'écouter.
26:41Effectivement,
26:41il y a des moments
26:41où on va se dire
26:42est-ce que c'est vrai
26:42ou est-ce que c'est pas vrai ?
26:43Les jeunes,
26:44quand vous avez fait une bêtise,
26:45surtout en parlez,
26:46vous ne pouvez plus se faire gronder
26:46qu'aller plus loin
26:47et puis aller malheureusement
26:48jusqu'à la mort
26:49parce que quand on est enfermé complètement
26:50et qu'on ne sait plus
26:51comment s'en sortir,
26:52c'est malheureusement
26:53les risques qui arrivent pour certains.
26:54Merci Régis
26:55pour ce témoignage
26:56et j'espère que la vidéo
26:58qu'on a fait aujourd'hui
26:58va pouvoir aider
26:59un maximum de personnes.
27:00C'était le but.
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