00:00Au lendemain du placement sous mandat de dépôt de plusieurs figures syndicales du secteur éducatif,
00:05le débat sur les limites du droit de grève et sa qualification pénale refait surface.
00:09Dans une déclaration publiée le 22 janvier 2026,
00:12Landria Bagarobian, président du syndicat national des magistrats du Gabon, CINAMAG,
00:18exprime ses interrogations face à l'incrimination de troubles à l'ordre public
00:21dans un contexte de mobilisation sociale pourtant encadré par la loi.
00:26La sortie du président du CINAMAG intervient dans un climat social particulièrement tendu,
00:31marqué par la judiciarisation du mouvement de grève dans l'éducation.
00:35Sans commenter directement les procédures en cours,
00:37Landria Bagarobian dit se sentir interpellé en tant que leader syndical
00:41face à une décision qui pourrait, selon lui,
00:44faire jurisprudence pour l'ensemble du mouvement social gabonais.
00:47Dans son propos, le magistrat syndicaliste pose une série de questions de fond.
00:51À quel moment s'interroge-t-il ?
00:53L'observation ou le soutien à un mouvement de grève régulièrement déclenché
00:57peut-il basculer dans l'incitation à la révolte contre les institutions de l'État ?
01:02Pour lui, la grève demeure en droit, un moyen légal d'action collective
01:05utilisé par des travailleurs pour faire pression sur leurs employeurs,
01:09en l'occurrence l'État,
01:11afin d'obtenir la satisfaction de revendications professionnelles.
01:14Rappelant les fondements juridiques de l'action syndicale,
01:17il souligne que la grève se définit par la cessation collective
01:20est concertée du travail en vue d'appuyer des revendications professionnelles.
01:25Dès lors, la qualification de trouble à l'ordre public lui paraît sujette à débat
01:28au regard des principes consacrés par le droit du travail et des libertés syndicales.
01:33Par une formule imagée, quand on égorge la poule,
01:35le canard observe et affûte son agilité.
01:38Landria Bagga-Obihan laisse transparaître une inquiétude plus large
01:41au sein des organisations syndicales.
01:43Derrière l'affaire éducative, c'est la crainte d'un précédent judiciaire
01:46qui se dessine, susceptible de redéfinir les frontières
01:49entre revendications sociales et infractions pénales.
01:53Sans conclure de manière péremptoire,
01:55le président du CINAMAG insiste sur le caractère interrogatif de sa démarche.
02:00« Je m'interroge seulement », précise-t-il,
02:02appelant implicitement à une clarification juridique et institutionnelle
02:06afin d'éviter toute confusion entre l'exercice d'un droit constitutionnel
02:10et la perturbation de l'ordre public.
02:12Cette prise de position relance un débat sensible au Gabon,
02:16celui de l'équilibre entre maintien de l'ordre public
02:18et respect des libertés syndicales.
02:20À l'heure où plusieurs secteurs restent sous tension,
02:23la question posée par Landria Bagga-Obihan dépasse le seul cas des enseignants.
02:27Elle interpelle l'ensemble des acteurs sociaux et institutionnels
02:29sur la lecture et l'application du droit de grève dans un état de droit.
02:33Alors que la justice suit son cours,
02:35ses interrogations émanant d'un magistrat syndicaliste
02:38viennent rappeler que la sortie de crise sociale
02:40passe aussi par une clarification des règles du jeu juridique
02:43afin de préserver à la fois la paix sociale
02:46et les libertés fondamentales.
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