00:00Après son revirement spectaculaire hier à Davos, Donald Trump a annoncé qu'il avait conclu le cadre d'un accord sur le Groenland qui levait les menaces douanières sur l'Europe.
00:09Il doit présenter aujourd'hui le président américain, toujours à Davos, une cérémonie, une signature qui officialisera la création de son fameux Conseil de la paix.
00:17On va en parler ce matin avec vous, François.
00:19Ça devait être au départ un organe de mise en œuvre de la paix à Gaza, mais vous estimez que c'est en fait ni plus ni moins qu'un sabordage des Nations Unies. Expliquez-nous.
00:31Regardez la carte, Dominique. Ça, ce sont les pays qui ont été invités, les pays qui ont droit à un statut de membre fondateur.
00:39Ce sont les pays en bleu marine. Et puis, vous vous apercevez qu'il y a des préférences parmi les membres fondateurs.
00:45Par exemple, vous avez la Hongrie du président Orban. Vous avez aussi le Maroc qui a accepté de participer à ce Conseil. Il est signataire des accords d'Abraham.
00:56Et donc, vous vous dites que c'est bizarre d'avoir un président de ce Conseil qui s'appelle Donald Trump, qui se désigne pour la vie et qui a le seul droit de désigner son propre successeur.
01:06Et puis, vous avez des membres fondateurs, des simples membres, pour être fondateurs, un milliard de dollars l'entrée, pour pouvoir financer évidemment les activités de ce Conseil.
01:15Et quand vous regardez un peu dans le détail, quand vous voyez l'organigramme de ce que ça représente, vous vous apercevez qu'il y a effectivement différentes sortes de pays.
01:24Il y a des pays qui comptent, puis il y a des pays qui ne comptent pas.
01:27Et parmi les pays qui ont accepté, vous avez beaucoup de, j'allais dire, de camarades de jeu de Donald Trump, comme Benjamin Netanyahou, Javier Mileï,
01:36Alexandre Loukachenko, le dictateur biélorusse. Et puis, vous avez des gens qui ont été invités, mais qui n'ont toujours pas répondu.
01:42Bah oui, parce que c'est très embarrassant. Évidemment, Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron, le Canadien Mark Carney, le Britannique Keir Starmer.
01:50Et puis, surtout, ce qui choque, c'est qu'il y a des pays qui n'ont pas été invités du tout.
01:54Et parmi ces pays-là, vous avez tous les pays qui gênent Donald Trump dans sa politique étrangère.
01:59Il y a notamment les pays baltes, qui luttent contre Vladimir Poutine.
02:03Mais il y a aussi des pays comme les pays nordiques, dont la Norvège, qui a refusé le prix Nobel de la paix à Donald Trump.
02:11En tout cas, c'est ce qu'il croit. Donc, c'est ça qui fait effectivement très bizarre.
02:14Et on se dit, bah oui, ce sont un peu ces Nations Unies à lui.
02:17On a du mal à croire qu'avec ça, Donald Trump va vouloir remplacer les Nations Unies.
02:21Et pourtant, quand vous regardez le texte de la charte, puisqu'il a une charte lui aussi,
02:27eh bien, vous vous apercevez que non, il veut vraiment en faire un organe de régulation mondiale.
02:31Le Conseil vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime,
02:37à garantir une paix durable dans les régions qui sont menacées ou atteintes par des conflits.
02:41C'est exactement ce pour quoi est prévu le Conseil de sécurité des Nations Unies.
02:45Alors certes, il avait déjà dit, et il l'a dit à plusieurs reprises, et pas plus tard que cette semaine,
02:50lorsqu'il dit, bah ça ne marche pas.
02:51Oui, c'est vrai, il marque un point quand il dit qu'aujourd'hui, eh bien,
02:55les Nations Unies est un système qui n'est pas à la hauteur de son potentiel.
02:59C'est tout à fait vrai, je suis un grand fan, mais ça ne marche pas.
03:02Donc, évidemment que les Nations Unies demandent à être réformées,
03:06mais de là à créer une organisation parallèle, c'est ça qui pose évidemment problème,
03:11et c'est ça qui fait qu'il y a un problème de confiance aujourd'hui avec Donald Trump
03:14parmi un certain nombre de pays du monde, dont singulièrement les démocraties.
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