- il y a 1 semaine
À LA UNE / Donald Trump vs l'Union européenne : jusqu'où ira l'escalade ?
Pour forcer l'annexion du Groenland, le président américain a adressé un ultimatum aux huit pays européens solidaires du Danemark : des droits de douane de 10 % seront imposés dès le 1er février sur l'ensemble de leurs exportations vers les États-Unis, puis portés à 25 % le 1er juin en l'absence d'accord sur l'achat du Groenland. Mardi 20 janvier, Donald Trump a durci le ton en visant directement la France, menaçant d'instaurer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. Pilier de sa sécurité et de sa prospérité, la relation transatlantique devient toxique pour l'Europe. D'abord enclins au dialogue, les dirigeants européens durcissent désormais leur discours. Mercredi 21 janvier, Ursula von der Leyen a appelé à rompre avec la « prudence traditionnelle » face aux menaces américaines. Pour contrer l'offensive du président américain, l'Union européenne dispose de deux leviers : la riposte douanière ou l'instrument anti-coercition, qui permet d'imposer des sanctions économiques - une option évoquée par Emmanuel Macron le 18 janvier mais jamais utilisée. L'escalade autour du Groenland signe-t-elle l'échec de la stratégie d'apaisement européenne ?
Invités :
- Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint à l'OFCE,
- Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman,
- Thomas Gassilloud, député « Ensemble Pour la République » du Rhône,
- En visioconférence : Julien Duval-Leroy, Président du Champagne Duval-Leroy.
Chroniques :
« Le mot du jour » : COERCITION par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » : Lunettes d'Emmanuel Macron, l'art du camouflage par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / ZFE : a-t-on raison de les abandonner ?
Plus d'un an et demi après sa présentation par Bruno Le Maire, alors ministre de l'Économie, le projet de loi de simplification de la vie économique a été débattu en commission mixte paritaire, mardi 20 janvier. L'un des points clés des négociations concernait l'avenir des zones à faibles émissions (ZFE), zones où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte. En juin, à l'initiative du parti Les Républicains et du Rassemblement national, l'Assemblée nationale avait intégré la suppression des ZFE. Malgré un compromis proposé par le rapporteur macroniste Stéphane Travert, qui prévoyait des aménagements à la main de la quasi-totalité des collectivités, la suppression des ZFE a été actée par la commission mixte paritaire. Cette décision hautement polémique doit encore être validée par les deux chambres et suscite la colère des défenseurs de l'environnement, tandis que la droite et l'extrême droite revendiquent une victoire politique. L'écologie est-elle sacrifiée sur l'autel de la simplification économique ?
Invités :
- Pierre Meurin, député « Rassemblement National » du Gard,
- François de Rugy, ancien ministre « Renaissance » de l'écologie,
- Christine Arrighi, députée «
Pour forcer l'annexion du Groenland, le président américain a adressé un ultimatum aux huit pays européens solidaires du Danemark : des droits de douane de 10 % seront imposés dès le 1er février sur l'ensemble de leurs exportations vers les États-Unis, puis portés à 25 % le 1er juin en l'absence d'accord sur l'achat du Groenland. Mardi 20 janvier, Donald Trump a durci le ton en visant directement la France, menaçant d'instaurer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. Pilier de sa sécurité et de sa prospérité, la relation transatlantique devient toxique pour l'Europe. D'abord enclins au dialogue, les dirigeants européens durcissent désormais leur discours. Mercredi 21 janvier, Ursula von der Leyen a appelé à rompre avec la « prudence traditionnelle » face aux menaces américaines. Pour contrer l'offensive du président américain, l'Union européenne dispose de deux leviers : la riposte douanière ou l'instrument anti-coercition, qui permet d'imposer des sanctions économiques - une option évoquée par Emmanuel Macron le 18 janvier mais jamais utilisée. L'escalade autour du Groenland signe-t-elle l'échec de la stratégie d'apaisement européenne ?
Invités :
- Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint à l'OFCE,
- Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman,
- Thomas Gassilloud, député « Ensemble Pour la République » du Rhône,
- En visioconférence : Julien Duval-Leroy, Président du Champagne Duval-Leroy.
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« Le mot du jour » : COERCITION par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » : Lunettes d'Emmanuel Macron, l'art du camouflage par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / ZFE : a-t-on raison de les abandonner ?
Plus d'un an et demi après sa présentation par Bruno Le Maire, alors ministre de l'Économie, le projet de loi de simplification de la vie économique a été débattu en commission mixte paritaire, mardi 20 janvier. L'un des points clés des négociations concernait l'avenir des zones à faibles émissions (ZFE), zones où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte. En juin, à l'initiative du parti Les Républicains et du Rassemblement national, l'Assemblée nationale avait intégré la suppression des ZFE. Malgré un compromis proposé par le rapporteur macroniste Stéphane Travert, qui prévoyait des aménagements à la main de la quasi-totalité des collectivités, la suppression des ZFE a été actée par la commission mixte paritaire. Cette décision hautement polémique doit encore être validée par les deux chambres et suscite la colère des défenseurs de l'environnement, tandis que la droite et l'extrême droite revendiquent une victoire politique. L'écologie est-elle sacrifiée sur l'autel de la simplification économique ?
Invités :
- Pierre Meurin, député « Rassemblement National » du Gard,
- François de Rugy, ancien ministre « Renaissance » de l'écologie,
- Christine Arrighi, députée «
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00:00:00Musique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure, une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée Nationale avec à mes côtés ce soir Mariette Darigrand, la sémiologue.
00:00:35Mariette Darigrand, bonsoir chère Mariette.
00:00:37Bonsoir Adeline.
00:00:38Et bonsoir Laurent Guignet.
00:00:39Bonsoir Adeline.
00:00:39Merci à tous les deux d'être là.
00:00:41Le sommaire de Chaque Voix Compte ce soir à la une, le monde selon Trump, il veut un bout de banquise contre la paix mondiale.
00:00:48C'est ainsi qu'il a présenté cet après-midi à Davos sa volonté d'annexer le Groenland.
00:00:52Il a dénigré l'OTAN, l'Europe, la France, Emmanuel Macron tout en vantant l'économie américaine depuis qu'il est revenu au pouvoir.
00:01:00Jusqu'où ira-t-il et jusqu'où ira l'Europe dans sa riposte ?
00:01:05Nous en parlons ce soir avec vous Jean-Dominique Giuliani.
00:01:07Bonsoir.
00:01:08Bonsoir.
00:01:08Vous êtes le président de la fondation Robert Schumann et vous êtes l'auteur du rapport Schumann sur l'état de l'Union.
00:01:13Merci d'être là aux côtés de Thomas Gassiou, député ensemble pour la République du Rhône et membre de la Commission Défense.
00:01:18Bonsoir.
00:01:19Et bonsoir Mathieu Plann.
00:01:20Bonsoir.
00:01:21Économiste et directeur adjoint de l'OFCE.
00:01:23Merci à tous les trois d'être là pour en parler ce soir.
00:01:26On en parle aussi avec Mariette.
00:01:28C'est votre mot du jour.
00:01:28Oui, je voulais revenir sur le mot coercition, dans l'expression anti-coercition qu'emploie en ce moment l'Union européenne à propos du Crohn.
00:01:36Parce que ça a l'air compliqué et abstrait, mais en fait, il y a une image intéressante derrière.
00:01:40Du discours de Donald Trump à Davos tout à l'heure, on retient aussi une phrase à propos d'Emmanuel Macron.
00:01:49Alors quand j'ai appelé Emmanuel Macron, je l'ai regardé hier avec ses belles lunettes de soleil.
00:01:54Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
00:01:56What the hell is that ? Eh bien, c'est quelle histoire ce soir avec Laurent Guignet ?
00:02:00Oui, moi je vais vous parler des lunettes de soleil, de ce qu'il y a derrière, c'est-à-dire un bobo à l'œil,
00:02:04mais aussi pourquoi Emmanuel Macron a choisi ses lunettes, on va dire comment aussi voyantes,
00:02:09parce qu'il y a une stratégie de communication derrière tout ça.
00:02:12Dans la deuxième partie de chaque voix compte, ensuite, ce sera la question qui fâche.
00:02:15Faut-il enterrer les zones à faible émission ?
00:02:18Ça semble aussi, en tout cas pour les ZFE, supprimées hier soir lors d'une commission mixte paritaire.
00:02:23Six ans après leur mise en place, nous en débattrons avec l'ancien ministre de la Transition écologique,
00:02:28François de Rugy, avec le député Rassemblement national du Gard, Pierre Merin,
00:02:32et avec la députée écolo de Haute-Garonne, Marie-Christine Arrighi.
00:02:36Vous pouvez, vous aussi, interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions, c'est simple.
00:02:41C'est là, c'est le QR code qui est là, vous le flashez, il s'affiche tout au long de l'émission,
00:02:45et c'est Laurent Guimier qui collecte toutes vos remarques ou vos questions.
00:02:50Et puis bien sûr, Bourbon Express, tout à l'heure, le journal de l'Assemblée nationale,
00:02:54présenté par Marco Pommier, qui nous racontera comment un post-it nous a permis d'éviter
00:02:58un incident diplomatique cet après-midi à l'Assemblée.
00:03:00Voilà, c'est le menu de ce soir dans chaque voix compte.
00:03:02Instalez-vous confortablement, c'est parti.
00:03:04– Avant d'entrer dans le vif du sujet, j'avais d'abord une question pour vous trois.
00:03:16Est-ce que vous diriez que l'on est dans l'un des moments les plus dangereux de notre histoire ?
00:03:21Thomas Gassiou ?
00:03:23– Pas forcément les plus dangereux.
00:03:25Il y a encore quelques dizaines d'années, on était en pleine guerre froide
00:03:28avec des menaces d'hiver nucléaire, donc il faut relativiser toujours un peu les choses.
00:03:32On est dans un monde en tension, où on a des stratégies impériales qui s'affirment aujourd'hui,
00:03:38aussi bien dans des régimes autoritaires comme les Russes ou les Chinois,
00:03:41que c'est nouveau également dans des démocraties.
00:03:44Et aujourd'hui, l'Europe est un peu à la croisée des chemins.
00:03:46Soit elle s'affirme, soit elle sort de l'histoire.
00:03:48Et donc, moi, je voudrais voir ce qui se passe en ce moment comme une opportunité pour l'Europe
00:03:52de reconquérir d'une certaine manière son indépendance au niveau militaire,
00:03:56au niveau technologique face à un allié américain qui a tenté la valsalisation,
00:04:02et qui aujourd'hui s'ingère même dans notre... qui fait de l'entrisme politique,
00:04:06voire même qui menace notre intégrité européenne.
00:04:08Donc je vois cette époque comme une époque d'opportunité où il faut qu'on ait les yeux ouverts sur le monde.
00:04:12Jean-Dominique Joligny, vous êtes aussi optimiste ?
00:04:14Oui, oui, absolument. Je dirais un tournant.
00:04:17Je ne sais pas s'il est dangereux ou pas.
00:04:18Si on écoute Donald Trump, ce qu'on a tort de faire trop souvent d'ailleurs,
00:04:23on aurait plutôt jugé sur ce qu'il fait.
00:04:26Mais je sais que c'est difficile parce qu'il occupe l'espace médiatique en permanence par ses propos.
00:04:30Il le sature.
00:04:31En réalité, ce qui est en train de se dessiner, c'est une réaction unitaire de l'Europe.
00:04:37Et parce qu'une ligne rouge a été franchie incontestablement,
00:04:42mettant en cause la souveraineté d'un territoire autonome dépendant d'un état-membre.
00:04:47Nous en avons nous-mêmes, n'est-ce pas ?
00:04:50Et donc, nous sommes aussi concernés, je crois en plus,
00:04:54que l'Europe a l'occasion de montrer tous ses outils.
00:04:57Je pense qu'on va en parler.
00:04:59Et elle est beaucoup plus puissante qu'on le dit et qu'elle le croit elle-même.
00:05:04Mathieu Plannes, quel regard l'économiste que vous êtes porte sur le moment actuel ?
00:05:09Le moment actuel, c'est un moment d'inquiétude.
00:05:13Est-ce que c'est le moment le plus dangereux de l'histoire d'après-guerre ?
00:05:17C'est difficile à dire.
00:05:18Inquiétude et rupture.
00:05:20Rupture, mais qui se confirme, je trouve, au fil des mois.
00:05:24C'est vrai que c'est un moment un vrai défi pour les Européens,
00:05:27de savoir comment ils vont être capables de réagir.
00:05:29Est-ce qu'ils vont être d'abord dans l'unité face à cette réaction ?
00:05:33Et est-ce qu'ils vont tenir tête, en fait, au géant américain,
00:05:36qui a aussi un certain nombre de cartes économiques dans son jeu ?
00:05:41Mais voilà, je suis d'accord, l'Europe en a aussi,
00:05:43mais elle a aussi une question politique.
00:05:45Il faut qu'elle aille dans le même sens.
00:05:46Et ça, ce n'est pas évident.
00:05:47Deux questions nous tourmentent.
00:05:49Jusqu'où ira Donald Trump ?
00:05:51Jusqu'où ira l'Europe ?
00:05:52Pour y répondre, les yeux du monde sont tournés vers une terre glacée
00:05:56qui ne compte que quelques milliers d'habitants.
00:05:57Et là, je ne parle pas du Groenland, mais de Davos,
00:06:00station suisse UP qui accueille donc le Forum économique mondial.
00:06:03Donald Trump y était attendu de pied ferme,
00:06:06alors que sa volonté d'annexer le Groenland
00:06:07menace de faire éclater l'alliance transatlantique.
00:06:11On n'a pas été déçu du voyage.
00:06:12Dario Bargogno.
00:06:18C'est la plus grande île du monde et Donald Trump la veut.
00:06:22Dans ce monde sous tension, le Groenland est devenu primordial
00:06:25pour le président des Etats-Unis.
00:06:27Alors, il n'en démord pas depuis des semaines
00:06:30et l'a encore redit aujourd'hui,
00:06:32il doit s'en emparer par tous les moyens.
00:06:33Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale stratégique
00:06:38et notre sécurité internationale.
00:06:41Seuls les Etats-Unis peuvent protéger cette terre gigantesque,
00:06:44ce morceau colossal de glace,
00:06:46le développer, l'améliorer,
00:06:47faire en sorte qu'il soit bénéfique et sûr pour l'Europe
00:06:50et bon pour nous.
00:06:51Washington réclame des négociations immédiates
00:06:54pour acquérir le Groenland,
00:06:55mais l'Union européenne fait bloc autour du Danemark.
00:06:58De quoi agacer Donald Trump.
00:06:59J'aime l'Europe et je veux que l'Europe aille bien,
00:07:02mais elle ne va pas dans la bonne direction.
00:07:05Pour y remédier, il brandit son arme préférée,
00:07:08les droits de douane,
00:07:09cette fois-ci jusqu'à 25% d'ici juin.
00:07:11Des menaces tarifaires encore plus fortes pour la France.
00:07:14Les Etats-Unis pourraient même taxer nos vins et champagnes à 200%.
00:07:18La raison, Emmanuel Macron a pris la tête des Européens
00:07:21sur de nombreux sujets
00:07:22pour s'opposer aux ambitions américaines.
00:07:25L'accumulation sans limite de nouveaux droits de douane
00:07:28a ouvertement pour but d'affaiblir et de soumettre l'Europe.
00:07:32C'est absolument inacceptable.
00:07:34L'Europe dispose aujourd'hui d'outils très puissants
00:07:36et nous devons les utiliser lorsque nous ne sommes pas respectés
00:07:39et lorsque les règles du jeu ne sont pas respectées.
00:07:43Des outils d'abord de défense.
00:07:45Plusieurs pays ont déjà envoyé du personnel militaire au Groenland
00:07:48et l'Elysée demande aujourd'hui un exercice de l'OTAN sur le territoire.
00:07:52Des mesures économiques aussi,
00:07:54avec le gel de la ratification d'un accord commercial avantageux
00:07:57pour les Etats-Unis,
00:07:58ou encore le possible recours à un puissant instrument anti-coercition
00:08:02qui pourrait restreindre le commerce et les investissements américains.
00:08:06La contre-attaque de l'Europe commence à peine.
00:08:08Les 27 continueront à l'organiser demain
00:08:10lors d'un Conseil européen extraordinaire.
00:08:13On va revenir évidemment sur les armes dont dispose l'Europe
00:08:16pour riposter aux attaques de Donald Trump.
00:08:19Mais d'abord, je voulais vous entendre sur ce discours de Donald Trump,
00:08:21discours fleuve à la tribune à Davos, plus d'une heure.
00:08:24Ensuite, il a aussi répondu à des questions des journalistes.
00:08:28Qu'est-ce qui vous a frappé dans les mots de Donald Trump
00:08:30cet après-midi, Mathieu Plann ?
00:08:33Dans les mots de Donald Trump, ce qui m'a plutôt frappé,
00:08:36c'est qu'on voit que finalement, il est un peu le roi du monde,
00:08:41je trouve, dans sa façon d'agir, dans les relations commerciales.
00:08:45Il veut imposer en fait sa vision du monde au reste du monde.
00:08:49Ils sont débarqués, je crois, à 800.
00:08:52Déjà, ça montre quand même...
00:08:53Ah oui, le cortège américain était assez impressionnant.
00:08:55Le cortège américain, voilà.
00:08:56Donc, on est effectivement toujours dans cette forme de provocation
00:09:01un peu permanente de Donald Trump.
00:09:07Voilà, il est toujours dans son rôle, j'allais dire,
00:09:09presque qu'il est de moins en moins surprenant, au fond,
00:09:12dans ce qu'il fait et dans ses façons d'agir.
00:09:16Voilà, maintenant, voilà, on va voir ce que ça va donner.
00:09:19Jean-Dominique Giuliani, Donald Trump,
00:09:22tout le monde en a pris pour son grade cet après-midi.
00:09:24L'OTAN, l'Europe, la France,
00:09:26que Donald Trump dit ne plus reconnaître,
00:09:29des pays d'Europe détruits par une immigration massive
00:09:32et incontrôlée.
00:09:35Est-ce que vous faites la même analyse que Mathieu Plann
00:09:37sur le fait qu'il arrive en empereur, en fait, à Davos,
00:09:41et avec cette obsession du Groenland,
00:09:46en étriant tout le monde autour de lui
00:09:48et en expliquant que seule l'Amérique compte ?
00:09:51Moi, je trouve que c'est un discours infantile.
00:09:55Un sénateur a dit un enfant de 4 ans.
00:09:58C'est Claude Maluré qui a dit que c'était un enfant de 4 ans
00:10:00qui voulait le baigneur dans la vitrine, oui.
00:10:01Pour le casser et le jeter aussitôt,
00:10:04il change d'avis comme de chemise.
00:10:06On voit qu'il a une culture stratégique assez limitée
00:10:10qui se résume à regarder Fox News tous les matins.
00:10:13Et donc, ça m'a beaucoup frappé
00:10:14parce qu'à ce niveau-là,
00:10:16c'est la première fois qu'on voit quelqu'un
00:10:18qui relève quand même d'un profil psychologique
00:10:21au moins narcissique.
00:10:23Et peut-être, je ne suis pas médecin,
00:10:24un peu plus que cela.
00:10:26Et donc, je trouve que c'est vraiment dommage
00:10:28pour la première puissance militaire du monde.
00:10:31C'est dangereux.
00:10:33Il est imprévisible.
00:10:35Et donc, c'est une mauvaise nouvelle
00:10:37pour l'Amérique d'abord, je crois.
00:10:40Et pour le monde aussi,
00:10:42avant d'être une mauvaise nouvelle pour nous.
00:10:44Parce qu'une fois encore,
00:10:46je crois que cette fois-ci,
00:10:47on ne peut pas laisser passer ces excès.
00:10:52Est-ce qu'il faut se laisser humilier
00:10:53de la sorte, quand il parle de la France
00:10:56en ces termes, quand il ironise
00:10:58sur les lunettes d'Emmanuel Macron,
00:11:01Thomas Gassiou ?
00:11:01Bien sûr que non.
00:11:02Je pense qu'on a testé en 2025
00:11:04la tentative de négocier avec Donald Trump,
00:11:10d'essayer de le calmer.
00:11:11On voit bien que ça ne marche pas.
00:11:13Moi, ce qui me frappe le plus,
00:11:14d'une certaine manière,
00:11:15c'est le parallélisme qu'on peut faire en ce moment
00:11:17entre ce qui se passe aux États-Unis,
00:11:19en Chine et en Russie.
00:11:20On est face à des États qui revendiquent aujourd'hui
00:11:22des stratégies impériales,
00:11:24qui ont un culte de la personnalité
00:11:26quasiment autour de leurs dirigeants,
00:11:27et un climat d'affairisme global.
00:11:29Et moi, ce qui m'interpète le plus
00:11:31en tant que démocrate, c'est que la démocratie américaine
00:11:33a pu produire ça,
00:11:34a pu produire quelqu'un qui a cette stratégie impériale.
00:11:38Et face à cette stratégie impériale,
00:11:40il n'y a que deux options.
00:11:42On ne peut pas être allié d'un empire.
00:11:44On peut être vassal d'un empire
00:11:46ou on peut être autonome.
00:11:47Et donc aujourd'hui,
00:11:48le temps du réveil stratégique européen est venu.
00:11:51On a déjà commencé,
00:11:51mais aujourd'hui, il faut accélérer
00:11:52à ce point sur ce sujet-là.
00:11:54Une première question,
00:11:55téléspectateurs, avec vous, Laurent.
00:11:56Une question de Jean-François
00:11:57qui habite à la Turbie,
00:11:59dans les Alpes-Maritimes.
00:12:00Comment expliquez-vous qu'après un discours
00:12:02où Donald Trump a dénigré le monde entier,
00:12:05toute la salle se lève et applaudit ?
00:12:07Intéressant.
00:12:08Jean-Dubic Giuliani.
00:12:09Par le fear factor, la peur.
00:12:12Ah oui ?
00:12:13Contrairement, oui,
00:12:14contrairement au premier mandat de Donald Trump,
00:12:16où il y avait autour de lui,
00:12:17le militaire, des conseillers,
00:12:19Bolton, etc.,
00:12:19qui le tempéraient et le modéraient
00:12:22et qui connaissaient un peu les affaires du monde,
00:12:24là, il s'est entouré d'une cour
00:12:26très idéologique
00:12:28venue de l'Heritage Foundation
00:12:30avec un programme
00:12:31complètement délirant, etc.
00:12:34Et donc, il n'a plus de limites.
00:12:36Et je crois que c'est ça,
00:12:37la vraie définition.
00:12:38Il n'a plus de limites.
00:12:40Et nous, nous n'avons pas le choix,
00:12:42nous n'avons pas d'autre choix
00:12:43que de mettre des limites
00:12:45parce que sinon,
00:12:47c'est notre nature même,
00:12:48notre démocratie même qui...
00:12:51Mais qui est dans la salle
00:12:52au moment de son discours
00:12:53et qui se lève pour applaudir ?
00:12:54Écoutez, par exemple,
00:12:55les deux grands patrons,
00:12:57les plus grands patrons de Wall Street,
00:12:59Jamie Dillon,
00:13:00J.P. Morgan,
00:13:01qui l'introduit,
00:13:03et puis le patron de BlackRock
00:13:05qui interview Emmanuel Macron,
00:13:07tous les deux disent
00:13:07Emmanuel Macron a...
00:13:10le discours de la sagesse,
00:13:12il est modéré,
00:13:14il lui rend hommage, etc.
00:13:15On voit bien ce qu'il pense,
00:13:17mais il ne dit rien
00:13:18parce que sinon,
00:13:20la police politique
00:13:21qu'a créée Trump,
00:13:23l'instrumentalisation de la justice,
00:13:25la dégradation de l'état de droit
00:13:27aux États-Unis
00:13:28risquent de leur porter...
00:13:29C'est terrible ce que vous dites là.
00:13:31Oui, c'est sérieux
00:13:31parce que je suis aussi inquiet
00:13:33que le député Thomas Gassiliou
00:13:35sur l'état de l'Amérique.
00:13:37J'ai l'impression
00:13:37que la démocratie s'effondre.
00:13:40J'espère que non,
00:13:41j'espère qu'il y a des corps de rappel,
00:13:43j'espère qu'il y a des balances
00:13:44de pouvoir, etc.
00:13:46J'en suis pas sûr
00:13:46quand je vois les images
00:13:47que vous voyez dans la rue
00:13:50où maintenant,
00:13:50on se bat dans la rue
00:13:51avec une police masquée
00:13:53et armée jusqu'aux dents
00:13:54qui traite les gens.
00:13:57Mathieu Plannes,
00:13:58un mot du bilan économique
00:13:59dressé par Donald Trump
00:14:00lors de ce discours de Davos.
00:14:01Est-ce que l'économie américaine
00:14:03se porte aussi bien
00:14:04qu'il le dit ?
00:14:05Ah non,
00:14:06la défragilité,
00:14:07l'économie américaine...
00:14:08On a vaincu l'inflation,
00:14:09dit-il.
00:14:09C'est l'inverse.
00:14:10Aujourd'hui,
00:14:11ce qu'on observe,
00:14:12c'est plutôt l'inverse.
00:14:12C'est d'ailleurs,
00:14:13j'allais dire,
00:14:14un axe de résistance
00:14:15à l'intérieur des Etats-Unis,
00:14:17c'est justement
00:14:17la réserve fédérale américaine
00:14:19qui l'amène.
00:14:21Justement parce qu'il ne veut pas
00:14:22se plier aux injonctions
00:14:24de Donald Trump,
00:14:25il ne veut pas...
00:14:26Jerome Powell,
00:14:26qui est le président
00:14:27de la réserve fédérale américaine,
00:14:28qui ne veut pas baisser les taux,
00:14:29il a un mandat,
00:14:30il essaie de faire respecter ce mandat
00:14:31et il en prend plein la figure
00:14:34régulièrement en disant
00:14:35c'est Mr. Too late,
00:14:36il comprendra l'économie,
00:14:37il n'a jamais fait de business.
00:14:40Voilà,
00:14:40donc ça montre que
00:14:41l'économie américaine,
00:14:42elle a justement des fragilités.
00:14:43D'ailleurs,
00:14:43ça se ressent dans l'opinion publique,
00:14:45c'est-à-dire qu'ils dévisent
00:14:46quand même dans l'opinion publique
00:14:47et notamment pour les questions
00:14:49d'inflation du coût de la vie.
00:14:50C'est-à-dire qu'il ne suffit pas
00:14:51de dire on va éradiquer l'inflation.
00:14:53D'abord,
00:14:53on ne peut pas éradiquer l'inflation,
00:14:54ça n'a aucun sens.
00:14:55Et puis en plus,
00:14:56la réalité des choses,
00:14:57c'est que les Américains
00:14:57sont quand même
00:14:58dans des difficultés financières.
00:15:01C'est vrai que la croissance américaine
00:15:02est robuste,
00:15:03mais à quel prix ?
00:15:04À quel prix de déficit ?
00:15:05Des déficits commerciaux aussi
00:15:06qui sont gigantesques.
00:15:09Besoin de financement
00:15:10externe énorme.
00:15:10D'ailleurs,
00:15:10on pourrait en reparler aussi
00:15:12qui dépend de l'épargne mondiale.
00:15:14Et on se demande
00:15:15jusqu'où il va aller.
00:15:16Il est en train
00:15:17quelque part
00:15:17de casser quand même,
00:15:19je vais dire,
00:15:20les États-Unis
00:15:21qui a une puissance mondiale
00:15:22et il est en train
00:15:23de faire un peu n'importe quoi
00:15:24avec tout ça.
00:15:25En tout cas,
00:15:25il a l'intention
00:15:25d'aller jusqu'au Groenland.
00:15:27Il l'a redit.
00:15:27Il veut un bout de banquise
00:15:29en échange de la paix,
00:15:31mais je n'ai pas envie
00:15:32d'avoir recours
00:15:33à la force
00:15:34pour l'acquérir.
00:15:35Alors,
00:15:35je ne sais pas comment
00:15:36vous avez compris cette phrase.
00:15:37Il n'a pas exclu
00:15:38le recours à la force.
00:15:39Il a dit que pour l'instant,
00:15:40il n'en avait pas envie.
00:15:41En langage trumpien,
00:15:43il faut comprendre ça
00:15:43de quelle façon ?
00:15:44Alors,
00:15:45déjà,
00:15:45ce que je trouve positif,
00:15:46c'est qu'on a parfois
00:15:47moqué les soldats européens
00:15:49qui étaient allés sur place,
00:15:50quelques dizaines,
00:15:51mais en fait,
00:15:51l'arrivée de ces soldats
00:15:53a été un puissant signal stratégique
00:15:54puisque ce serait
00:15:55un coup énorme à Trump
00:15:57de devoir affronter
00:15:58des soldats européens.
00:15:59Et donc,
00:16:00dès le premier soldat européen
00:16:01qui pose le pied
00:16:02sur le Groenland,
00:16:02dès l'unité politique,
00:16:04ça produit un effet stratégique.
00:16:05Alors que les Américains,
00:16:06s'il n'y avait pas eu de réaction,
00:16:07auraient pu simplement
00:16:08aller planter le drapeau américain
00:16:09sur le Groenland
00:16:10et faire leur ce territoire.
00:16:13Donc,
00:16:13pour moi,
00:16:13c'est une première victoire
00:16:15de l'Europe
00:16:15qui s'affirme
00:16:16de défendre ce territoire.
00:16:18Mais quand il dit
00:16:19qu'il veut des négociations
00:16:20immédiates sur le Groenland,
00:16:22on part sur quelle base
00:16:23pour les négociations ?
00:16:24Il continue à dérouler
00:16:25son programme d'acquisition
00:16:27du Groenland
00:16:29en disant
00:16:29on va acquérir ça
00:16:30par des négociations,
00:16:31mais bien entendu,
00:16:32nous,
00:16:32il faut qu'on reste
00:16:32dans une démarche de fermeté.
00:16:34Et notamment la France
00:16:35qui a de nombreux
00:16:36territoires ultramarins,
00:16:37on ne peut pas accepter
00:16:38comme ça,
00:16:39qu'on modifie
00:16:39les frontières,
00:16:41qu'on revienne
00:16:41sur l'intangibilité
00:16:42des frontières.
00:16:42Saint-Pierre-et-Miquelon,
00:16:43c'est à 2000 kilomètres
00:16:44du Groenland.
00:16:45Pardon ?
00:16:45Saint-Pierre-et-Miquelon,
00:16:46c'est pas très loin.
00:16:47Oui, Saint-Pierre-et-Miquelon,
00:16:48l'ensemble des territoires
00:16:49ultramarins.
00:16:49Vous savez,
00:16:50la France est présente
00:16:50sur tous les océans,
00:16:51sur tous les continents.
00:16:53Ça serait
00:16:53accepter le fait accompli,
00:16:57ça serait se mettre en danger
00:16:58sur l'ensemble
00:16:59de nos autres territoires.
00:17:00Mais en tout cas,
00:17:01prenons conscience
00:17:01de l'importance,
00:17:04on va dire,
00:17:04d'opposer une résistance
00:17:06et d'envoyer des signaux
00:17:07sur le fait
00:17:08qu'on est prêt
00:17:08à défendre ce territoire.
00:17:08Et donc,
00:17:08le fait que la France
00:17:09ait demandé la nuit dernière
00:17:10un exercice de l'OTAN
00:17:11au Groenland,
00:17:12ça fait partie
00:17:13de la première réponse ?
00:17:14Oui,
00:17:14vous savez,
00:17:15les soldats français,
00:17:16on les a envoyés
00:17:16pour participer,
00:17:18pour dire finalement,
00:17:19vous souhaitez
00:17:19qu'on sécurise le Groenland,
00:17:21on va prendre notre part
00:17:22à la sécurisation.
00:17:23Donc,
00:17:23on peut aussi l'envoyer
00:17:24de cette manière-là.
00:17:25Aujourd'hui,
00:17:25on voit bien
00:17:26que derrière Trump,
00:17:30il y a des raisons stratégiques,
00:17:31ça c'est ce qui est avancé.
00:17:32Les Américains
00:17:33peuvent avoir des bases.
00:17:34C'est ce qu'il a répété
00:17:34encore cet après-midi.
00:17:34Ils en avaient plus d'une quinzaine
00:17:36pendant la guerre froide,
00:17:36ils avaient des milliers
00:17:37de soldats sur place,
00:17:38ils peuvent le faire
00:17:39sans aucun problème.
00:17:40Aujourd'hui,
00:17:40je pense que derrière Trump,
00:17:41il y a la volonté
00:17:42de marquer l'histoire,
00:17:43il y a son égo,
00:17:44il veut faire des belles images.
00:17:47Mais le dôme d'or
00:17:48qu'il veut construire
00:17:49au-dessus du Groenland ?
00:17:50Il peut le faire déjà aujourd'hui.
00:17:52Il peut le faire.
00:17:52Il n'y a rien,
00:17:53le traité de 1951
00:17:55ne l'empêche pas de le faire.
00:17:56Bien entendu,
00:17:56le Venezuela,
00:17:57c'est de la même manière.
00:17:57Est-ce qu'il allait réellement
00:17:58pour lutter contre le narcotrafic
00:18:00ou pour prendre la main
00:18:01sur la première réserve
00:18:02pétrolière mondiale ?
00:18:03Lui-même,
00:18:03dans son discours,
00:18:04assume que désormais,
00:18:05il va valoriser
00:18:06sa réserve pétrolière.
00:18:07Il y a les plus anciens
00:18:10sénateurs républicains
00:18:12qui se sont réunis
00:18:13et qui ont dit
00:18:14si jamais on utilisait
00:18:16la force
00:18:16pour aller au Groenland,
00:18:18la présidence de Trump
00:18:19s'arrêterait aussitôt.
00:18:21Donc,
00:18:21ce n'est pas moi
00:18:21qui l'ai dit,
00:18:22c'est Mitch McDonnell,
00:18:23etc.
00:18:25Si vous voulez,
00:18:25on n'imagine pas
00:18:26des soldats américains
00:18:28et des soldats européens
00:18:30se battre.
00:18:31Ils sont alliés
00:18:31depuis plus de 100 ans.
00:18:33Ils ont versé
00:18:34le sang ensemble.
00:18:35Donc,
00:18:36l'armée aussi
00:18:36a son mot à dire.
00:18:37Les Européens
00:18:38se réunissent demain
00:18:39en sommet.
00:18:41Est-ce qu'ils espèrent
00:18:42encore sauver le mariage,
00:18:43Mathieu Plannes ?
00:18:45C'est une grande question.
00:18:47Est-ce que,
00:18:47justement,
00:18:47pour sauver le mariage,
00:18:48il faut être plus dur
00:18:49dans les négociations ?
00:18:50Parce que,
00:18:51pour le moment,
00:18:51ça n'a pas été le cas.
00:18:52On s'est quand même assez,
00:18:53j'allais dire,
00:18:54couché,
00:18:54dans les premières négociations.
00:18:55On a accepté quand même
00:18:56des conditions
00:18:57assez particulières,
00:18:59justement,
00:19:00pour avoir seulement
00:19:0015% de douanes.
00:19:02Les 15% de douanes
00:19:03de l'année dernière.
00:19:05Mais justement,
00:19:05est-ce que la riposte,
00:19:06elle peut être graduée ?
00:19:07Parce que là,
00:19:07on en a parlé,
00:19:07le traité de Turnberry
00:19:08qui doit réduire à 0%
00:19:10les droits de douanes
00:19:11sur les produits américains
00:19:12importés en Europe,
00:19:13suspendus pour l'instant
00:19:14par les partis majoritaires
00:19:15au Parlement de Strasbourg.
00:19:16Ça,
00:19:16c'est la première échelle.
00:19:17La première échelle.
00:19:18C'est une réponse très forte.
00:19:19C'est le début
00:19:20de la réponse
00:19:21qui est évidente.
00:19:22Après,
00:19:23effectivement,
00:19:23il y a un instrument
00:19:24anti-coercition
00:19:26qui a été mis en place,
00:19:27alors qu'il n'était pas
00:19:28censé être utilisé pour ça,
00:19:30mais qui était plutôt...
00:19:30C'est ça qu'on appelle
00:19:31le bazooka commercial ?
00:19:32Le bazooka commercial,
00:19:33et on est dans un cas d'école.
00:19:35Vous pouvez nous expliquer
00:19:36ce qu'il y a
00:19:37dans ces mesures
00:19:37de bazooka commercial ?
00:19:38Vous en avez plusieurs.
00:19:39Vous avez plusieurs mesures,
00:19:40c'est-à-dire que vous pouvez
00:19:41bloquer des investissements
00:19:42étrangers,
00:19:42vous pouvez sortir
00:19:43des entreprises américaines
00:19:44de marché public,
00:19:45vous pouvez mettre des quotas
00:19:46sur des importations,
00:19:47vous pouvez faire beaucoup
00:19:47de choses.
00:19:48Vous pouvez intervenir
00:19:49presque au cas par cas,
00:19:50là où vous considérez
00:19:51que ce n'est pas bon.
00:19:52Vous pouvez sortir,
00:19:53on imagine,
00:19:54sur un certain nombre
00:19:55de choses qui pourraient
00:19:56se passer.
00:19:56La question,
00:19:57c'est est-ce qu'on...
00:19:58D'abord,
00:19:58on va le faire,
00:19:59est-ce qu'on aura besoin
00:20:00de le faire ?
00:20:01Mais s'il va vraiment au bout,
00:20:03on va être obligé de le faire.
00:20:04Enfin, je ne vois pas
00:20:05comment on ne peut pas le faire.
00:20:06La France va le demander
00:20:07officiellement au Conseil européen.
00:20:09Et donc,
00:20:09le Conseil européen
00:20:10peut décider,
00:20:11la majorité qualifiée,
00:20:13de l'introduire.
00:20:14Mais il y a déjà,
00:20:15avant,
00:20:16des mesures
00:20:17qui ont déjà été préparées
00:20:18et qui peuvent être déclenchées
00:20:19puisqu'elles ont été suspendues
00:20:21jusqu'au 6 février
00:20:23qui portent sur 93 milliards
00:20:25de droits de douane supplémentaires
00:20:28applicables à toute une série
00:20:30de produits sensibles
00:20:31et d'importations sensibles.
00:20:32Je pense que c'est la première phrase.
00:20:34Vous avez prononcé le mot
00:20:35d'anti-coercition.
00:20:38C'est le mot du jour
00:20:38avec Marie-Eda Régrand.
00:20:39C'est un mot pas très beau,
00:20:40d'ailleurs.
00:20:42Difficile à dire.
00:20:46Oui, c'est vrai,
00:20:47Marie-Ede,
00:20:47que c'est d'abord
00:20:48un exercice phonétique,
00:20:49la coercition.
00:20:50Oui, oui,
00:20:51c'est très difficile à dire.
00:20:53C'est pas beau,
00:20:53c'est compliqué,
00:20:54c'est abstrait,
00:20:55c'est un terme juridique,
00:20:56évidemment,
00:20:57qui est récent,
00:20:58qui a été siglé,
00:20:59IAC.
00:21:00D'ailleurs, c'est curieux,
00:21:01on ne dit pas le sigle,
00:21:02mais c'est quand même,
00:21:03c'en est un instrument
00:21:04anti-coercition.
00:21:06Très difficile.
00:21:07Alors,
00:21:08ça date de 2023,
00:21:09ça a été pensé
00:21:10au moment
00:21:11où la Chine
00:21:12faisait pression
00:21:13sur la Lituanie,
00:21:15au prétexte
00:21:15que le Pays-Balte
00:21:16avait de bonnes relations
00:21:18avec Taïwan.
00:21:18Et donc,
00:21:19maintenant,
00:21:19c'est un peu plus au nord
00:21:20que ça se passe,
00:21:21ça s'applique
00:21:21à ce qui se passe
00:21:22au Groenland
00:21:23que Donald Trump
00:21:23veut acheter.
00:21:25Voilà,
00:21:25donc ce mot de coercition,
00:21:27il nous rappelle,
00:21:28en fait,
00:21:28son étymologie,
00:21:29c'est ça qui est intéressant,
00:21:30il est abstrait,
00:21:31mais l'épisode Trump
00:21:32nous rappelle son image physique
00:21:34parce que,
00:21:35du temps de Cicéron,
00:21:36la coercitio,
00:21:38c'était une force violente,
00:21:41abusive,
00:21:42qu'il s'agissait de contenir.
00:21:44Alors,
00:21:44vous voyez que ça nous dit
00:21:45quelque chose.
00:21:46Alors,
00:21:46la métaphore,
00:21:47elle s'appliquait d'abord
00:21:47à un fleuve,
00:21:48il y avait beaucoup
00:21:49comme ça dans l'Antiquité,
00:21:50le fleuve était impétueux,
00:21:51en désordre,
00:21:52et,
00:21:53par image,
00:21:53ça s'appliquait
00:21:54à certains êtres,
00:21:56à certains hommes politiques.
00:21:58Voilà,
00:21:58qui nous donne cette impression.
00:22:00Alors,
00:22:00c'est ça qui est intéressant,
00:22:01là,
00:22:01du point de vue du langage
00:22:02dans ce qui se passe,
00:22:02c'est que,
00:22:03je trouve que cette métaphore
00:22:04est encore très parlante aujourd'hui.
00:22:06Quand on parle
00:22:06de anticoercition,
00:22:08on a bien ce personnage trumpiste
00:22:11qui abuse de l'espace,
00:22:13qui le prend,
00:22:13qui se l'approprie.
00:22:15Mais là,
00:22:16et vous l'avez déjà un peu dit,
00:22:17mais on tombe sur un socle
00:22:19de la pensée européenne
00:22:21parce qu'en Europe,
00:22:23eh bien,
00:22:23depuis les Lumières,
00:22:24depuis Montesquieu en particulier,
00:22:25il est évident que le droit
00:22:27gagne sur la force.
00:22:28Sauf que,
00:22:30justement,
00:22:30est-ce que nous,
00:22:31les Européens,
00:22:31et nous,
00:22:32en particulier les Français,
00:22:33on n'est pas trop intellectuels
00:22:34ou trop angéliques
00:22:36en disant ça ?
00:22:36Dans un temps de guerre,
00:22:37est-ce qu'il ne faut pas s'armer
00:22:39plutôt que de se retrancher
00:22:40derrière le bouclier du droit ?
00:22:42Alors,
00:22:42le mot aussi a été prononcé,
00:22:44bazooka commercial.
00:22:45On voit bien que...
00:22:46Arme lourde.
00:22:47Arme lourde.
00:22:47Les Européens veulent être puissants
00:22:50dans cette guerre commerciale.
00:22:52C'est à cela aussi
00:22:52que le Trumpis oblige,
00:22:54finalement.
00:22:55Mais c'est vrai,
00:22:56Adeline,
00:22:57que l'arme anti-coercition,
00:22:59elle reste une arme
00:23:00de dissuasion.
00:23:02Le règlement n'a jamais été
00:23:04utilisé pour le moment.
00:23:06C'est comme le nucléaire,
00:23:07en fait.
00:23:08On s'en sert comme une menace.
00:23:10Alors,
00:23:11par métaphore,
00:23:12je le vois aussi dans la presse,
00:23:13là,
00:23:13aujourd'hui,
00:23:14on peut dire,
00:23:15par exemple,
00:23:15va-t-on appuyer
00:23:16sur le bouton de l'IAC ?
00:23:18Oui,
00:23:18ça semble plus probable
00:23:19que le bouton nucléaire,
00:23:20quand même.
00:23:21Si l'escalade doit avoir lieu,
00:23:22elle aura lieu,
00:23:23a dit cet après-midi
00:23:24le ministre de l'Économie,
00:23:25Roland Lescure.
00:23:26Donc,
00:23:26lui,
00:23:26il est prêt à appuyer
00:23:27sur le bouton de l'IAC.
00:23:29S'ils veulent être crédibles,
00:23:31je pense que les Européens
00:23:32sont obligés d'y passer,
00:23:33enfin,
00:23:33de le faire.
00:23:34Après,
00:23:34on va voir les mesures.
00:23:35Il y a déjà le gel des femmes
00:23:36de 93 milliards,
00:23:38mais après,
00:23:38il faut aller au-delà de ça.
00:23:40Et donc,
00:23:40alors,
00:23:41la difficulté,
00:23:42c'est quelle peut être
00:23:42la riposte américaine
00:23:43face à ça ?
00:23:44C'est un peu comme
00:23:44un jeu de poker.
00:23:45Est-ce qu'il y a
00:23:46une surenchère en face ?
00:23:48Au contraire,
00:23:49tout ça va faire
00:23:50qu'on va dire,
00:23:50bon non,
00:23:51finalement,
00:23:52tout le monde va se calmer
00:23:53et on va revenir
00:23:53à des négociations
00:23:54un peu plus sérieuses.
00:23:56Mais si l'Europe
00:23:56ne réagit pas aujourd'hui
00:23:57dans la situation actuelle,
00:24:00ça montrerait sa faiblesse.
00:24:02Mais,
00:24:02par contre,
00:24:02les deux vont perdre.
00:24:05Dans ce cas-là,
00:24:05c'est-à-dire que
00:24:06c'est des pertes communes
00:24:07et au sein de l'Europe,
00:24:08les pertes sont différentes.
00:24:09C'est là la difficulté.
00:24:10C'est que
00:24:10la position allemande,
00:24:12la position italienne,
00:24:13n'est pas forcément
00:24:14la position française
00:24:15sur ce qu'il faudra faire.
00:24:17la difficulté de l'Europe,
00:24:18c'est d'agir à chaque fois
00:24:19de concert.
00:24:19Georgia Mélonie,
00:24:20ironise,
00:24:21elle dit
00:24:21devrons-nous prendre
00:24:22nos distances
00:24:23au point de quitter l'OTAN,
00:24:24fermer les bases américaines,
00:24:26rompre les relations commerciales
00:24:27et prendre d'assaut
00:24:28les McDonald's ?
00:24:29Oui,
00:24:30mais écoutez,
00:24:30c'est plus que de l'ironie
00:24:31parce que quand même,
00:24:32elle a condamné aussi
00:24:33les propos
00:24:35et les intentions
00:24:36de Donald Trump.
00:24:38Et l'instrument
00:24:40anti-coercition,
00:24:41comme vous le disiez,
00:24:42c'est aussi
00:24:42un document juridique.
00:24:45Les conditions
00:24:45sont remplies,
00:24:47toutes,
00:24:47c'est-à-dire
00:24:48une pression
00:24:49tendante
00:24:50à faire
00:24:51quelque chose
00:24:53à un État
00:24:54ou à l'Union européenne
00:24:55contre sa volonté,
00:24:57donc elles sont remplies
00:24:58et la France
00:24:59et l'Allemagne,
00:25:00d'après mes informations,
00:25:01vont demander
00:25:02l'activation
00:25:03et le vote
00:25:04du Conseil européen,
00:25:07donc très,
00:25:08et ça va commencer jeudi,
00:25:09ça se fera peut-être plus tard,
00:25:11et donc une fois
00:25:11qu'on est rentré
00:25:12dans la procédure,
00:25:14ensuite après,
00:25:14toute la palette
00:25:15que vous décriviez
00:25:16d'instruments,
00:25:18elle est très large
00:25:19parce qu'elle concerne
00:25:20les organisations,
00:25:21les entreprises,
00:25:22mais aussi les personnes.
00:25:23On peut interdire
00:25:25à des personnes
00:25:26d'entrer
00:25:26sur le territoire européen.
00:25:27Ça peut aller jusque-là.
00:25:29De la même façon
00:25:30que certains Européens
00:25:32sont désormais interdits
00:25:33d'aller aux Etats-Unis.
00:25:35La position européenne,
00:25:37ce n'est pas de la faiblesse,
00:25:38c'est dans la durée,
00:25:40la sagesse,
00:25:41la raison,
00:25:43avec des armes
00:25:44toutes prêtes
00:25:45sur la table,
00:25:46mais on souhaiterait
00:25:47qu'elles ne s'appliquent pas.
00:25:49C'est ça la position.
00:25:49Je voudrais dire
00:25:49qu'avec les Etats-Unis,
00:25:51je pense qu'il ne faut pas
00:25:51chercher la rupture,
00:25:52mais il faut refuser
00:25:53la dépendance
00:25:54et la soumission.
00:25:55Si on recule un peu le zoom,
00:25:56nous les Français,
00:25:57dans les années 60,
00:25:58on a refusé
00:25:59cette dépendance
00:26:01puisqu'on avait vécu
00:26:02notamment l'épisode
00:26:03de Suez
00:26:03et on s'est dit
00:26:04que les Etats-Unis
00:26:05ne risqueront pas
00:26:06leurs intérêts vitaux
00:26:07pour défendre l'Europe.
00:26:08Aujourd'hui,
00:26:08on est dans une nouvelle phase
00:26:09où non seulement
00:26:10on se dit que les Etats-Unis
00:26:11peut-être ne nous protégeront pas,
00:26:13voire même ont la tentation
00:26:15de nous vassaliser.
00:26:16Et donc,
00:26:16en européen,
00:26:17il faut refuser ça.
00:26:17C'est marrant parce que c'est
00:26:18une inversion de la charge
00:26:18que vous faites
00:26:19parce que Donald Trump
00:26:19nous accuse l'OTAN
00:26:21exactement des mêmes mots.
00:26:22Toujours,
00:26:22mais regardez les narratifs
00:26:23de tous ceux qui sont
00:26:24dans des stratégies impériales,
00:26:26ils inversent toujours la charge.
00:26:27Regardez le narratif de Poutine,
00:26:29c'est la même chose.
00:26:30Donc aujourd'hui,
00:26:31il faut refuser
00:26:32cette vassalisation,
00:26:33il faut avoir conscience
00:26:34qu'on est dans un monde
00:26:35où les empires sont de retour
00:26:36et l'Europe aujourd'hui
00:26:37est face à des choix
00:26:38avec quelque chose
00:26:39qui prendra sans doute
00:26:40plusieurs années
00:26:41où il faudra investir
00:26:42également des centaines
00:26:43de milliards d'euros
00:26:44pour sortir de cette dépendance.
00:26:46Une question de téléspectateurs ?
00:26:47La loi qui domine la force,
00:26:49ce qui est notre socle,
00:26:51va se concrétiser.
00:26:52C'est ça qui serait intéressant.
00:26:53Oui.
00:26:54C'est des mesures concrètes.
00:26:55Mais n'oublions jamais
00:26:56que l'Union européenne
00:26:57n'est pas un État.
00:26:58Il est encore moins un empire.
00:27:00Donc ça peut apparaître
00:27:01pour une faiblesse
00:27:03face à quelqu'un
00:27:05qui verbalise et comme ça.
00:27:07Mais en réalité,
00:27:08dans la durée,
00:27:09si je prends
00:27:09les grands patrons américains,
00:27:10ils ne sont plus tous
00:27:11sur la ligne européenne en fait.
00:27:13Il y a beaucoup de questions
00:27:14sur les ripostes souhaitées
00:27:16de la part des Européens.
00:27:17Peut-être pour vous,
00:27:18M. Plannes,
00:27:19question de Christophe.
00:27:20Le fait que la dette américaine
00:27:21soit détenue
00:27:22par beaucoup de pays européens
00:27:23peut-il être utilisé
00:27:24comme arme économique ?
00:27:26Alors,
00:27:26c'est très intéressant
00:27:28comme question.
00:27:28Après,
00:27:28la mise en place,
00:27:29c'est difficile.
00:27:30Alors,
00:27:30je dis juste ça.
00:27:31C'est qu'aujourd'hui,
00:27:33en fait,
00:27:33l'Europe a des atouts,
00:27:35des atouts commerciaux
00:27:35et des atouts aussi financiers.
00:27:37Un des atouts financiers
00:27:39importants,
00:27:40c'est qu'on détient
00:27:41beaucoup d'épargne.
00:27:42On a tellement d'épargne
00:27:42même qu'on va la déverser ailleurs.
00:27:44Et on a entre 300 et 400 milliards
00:27:46par an d'excédent d'épargne
00:27:47qui vient financer
00:27:48de la dette américaine
00:27:49ou des actions américaines.
00:27:51Et donc,
00:27:52il y a une dépendance,
00:27:53en fait,
00:27:53alors c'est lié au rôle du dollar,
00:27:54mais des États-Unis
00:27:56qui sont extrêmement endettés
00:27:57vis-à-vis du reste du monde
00:27:58et nous,
00:27:58on continue
00:27:59à financer
00:28:00de la dette américaine.
00:28:01Et donc,
00:28:02c'est vrai qu'il a reculé,
00:28:03d'ailleurs.
00:28:03La première fois,
00:28:04il recule pourquoi ?
00:28:05Donald Trump ?
00:28:05Parce qu'à un moment donné,
00:28:06les Chinois et les Japonais
00:28:07ont arrêté d'acheter du dollar.
00:28:09Et donc,
00:28:10ça fait remonter
00:28:10les taux d'intérêt
00:28:11et donc ça augmente
00:28:12les coûts de financement.
00:28:13Donc lui,
00:28:13il réagit quand même beaucoup
00:28:14aux armes économiques.
00:28:15Si on était capable de le faire,
00:28:16ça serait très intéressant
00:28:17parce que ça jouerait
00:28:18sur la valeur des actions américaines
00:28:20et ça ferait remonter
00:28:21le coût du financement.
00:28:22Et ça,
00:28:22il comprend très vite.
00:28:23Parce qu'on a envie de se dire
00:28:24qu'un Trump ne se gênerait pas
00:28:25s'il était dans la situation inverse.
00:28:27Oui,
00:28:27alors par contre,
00:28:27le problème,
00:28:28c'est que cette épargne-là,
00:28:29vous ne la détenez pas directement.
00:28:30C'est les épargnants,
00:28:31c'est les investisseurs.
00:28:33Donc,
00:28:33c'est compliqué à mettre en place
00:28:34mais c'est une vraie réaction.
00:28:36Il y a des patrons
00:28:36qui sont particulièrement inquiets
00:28:38en ce moment
00:28:38et je voudrais qu'on en accueille
00:28:39un qui est en direct avec nous.
00:28:40Bonsoir,
00:28:41Julien Duval-le-Roy.
00:28:42Et merci d'être ce soir
00:28:43dans Chaque Voix Compte.
00:28:44Vous êtes le président
00:28:45de la maison de champagne
00:28:46du Val-le-Roy.
00:28:48Les États-Unis sont
00:28:49le premier marché à l'export
00:28:50pour le champagne.
00:28:51Donald Trump menace
00:28:52la France de 200%
00:28:54de frais de douane
00:28:55sur les vins
00:28:56et les champagnes.
00:28:56D'abord,
00:28:57est-ce que vous êtes inquiet
00:28:58ce soir ?
00:29:00Bonsoir à tous.
00:29:01Évidemment,
00:29:01nous sommes inquiets
00:29:02puisque les déclarations,
00:29:04on ne les prend pas
00:29:04à la légère
00:29:04et 200%,
00:29:06c'est-à-dire
00:29:07c'est l'arrêt du business
00:29:08avec les États-Unis
00:29:09du jour au lendemain.
00:29:10C'est-à-dire,
00:29:10ça coûte combien aujourd'hui
00:29:11une bouteille de votre champagne
00:29:12aux États-Unis ?
00:29:15On va les retrouver
00:29:16autour de 70 euros.
00:29:18Nous,
00:29:19on vend au même prix
00:29:19que ce soit pour un Américain
00:29:20ou pour n'importe quel autre pays.
00:29:22Ce qui fait la particularité
00:29:23du système américain,
00:29:25c'est qu'il y a un système
00:29:25de trois tiers
00:29:26qui favorise beaucoup
00:29:27l'emploi américain.
00:29:28On passe par un importateur,
00:29:30puis un distributeur
00:29:31qui est un grossiste,
00:29:32puis un détaillant
00:29:33et seulement après
00:29:34au consommateur final américain.
00:29:36Donc,
00:29:36il y a beaucoup d'intermédiaires,
00:29:37beaucoup d'emplois américains
00:29:38et ce seront eux
00:29:39les premiers pénalisés.
00:29:41Et vous,
00:29:41vous êtes très dépendant
00:29:42du marché américain ?
00:29:44La filière dépend
00:29:46du marché américain
00:29:47à hauteur de 10%,
00:29:48nous aussi.
00:29:49C'est moins
00:29:50que d'autres appellations
00:29:51comme Cognac,
00:29:52par exemple,
00:29:53mais on sera évidemment
00:29:54très impacté.
00:29:55Vous vous dites quoi ?
00:29:56Que vous allez être
00:29:56des victimes collatérales
00:29:57et qu'il faut,
00:29:58vous aussi,
00:29:59vous dites que l'Europe
00:29:59doit réagir ?
00:30:01C'est tout à fait ça.
00:30:03Le commerce est une prérogative
00:30:05de l'Union européenne,
00:30:06donc on va laisser
00:30:06l'Union européenne
00:30:07faire son travail
00:30:08et espérer une désescalade.
00:30:10Espérons une désescalade.
00:30:11Ce n'est pas exactement
00:30:12le message que disait
00:30:13cet après-midi
00:30:15au Sénat
00:30:16le ministre de l'Économie
00:30:17Roland Lescure.
00:30:18On le disait,
00:30:19il y a aussi une vraie question
00:30:20sur notre dépendance
00:30:22à l'Amérique.
00:30:23Je voudrais vous montrer,
00:30:23je ne sais pas si on peut le voir,
00:30:24ce message qui a été posté
00:30:25sur X par l'eurodéputé
00:30:26Place Publique
00:30:27Aurore Laluc.
00:30:27Trump n'a aucune limite,
00:30:29il peut tout couper,
00:30:30il l'a déjà fait.
00:30:31Et elle demande solennellement
00:30:34à la commission
00:30:34au gouvernement des 27
00:30:35de travailler en urgence
00:30:36à un plan B.
00:30:37Mais à quoi est-ce
00:30:38qu'elle fait référence
00:30:39quand elle dit
00:30:39que le président américain
00:30:40a déjà tout coupé ?
00:30:42C'est déjà arrivé ?
00:30:43Carte de crédit.
00:30:44Oui, tout coupé.
00:30:45C'est les cartes de crédit
00:30:47et c'est les visas
00:30:47que Donald Trump a coupés
00:30:49par exemple au juge,
00:30:50au magistrat
00:30:51de la Cour pénale internationale.
00:30:52Il ne faut pas rentrer
00:30:52dans ce jeu-là
00:30:53si vous voulez,
00:30:54parce que...
00:30:55Mais est-ce qu'on est ?
00:30:56Est-ce que...
00:30:57Oui, la réponse est oui.
00:30:58Ce n'est pas moi
00:30:58qui entre dans ce jeu-là,
00:30:59c'est Place Publique
00:31:00en l'occurrence.
00:31:00J'en profite
00:31:01sous le contrôle
00:31:02de M. Gassiliou
00:31:03pour dire par exemple
00:31:04prendre l'exemple
00:31:05de l'Ukraine.
00:31:05Depuis le mois de mars,
00:31:06les Américains
00:31:07ne donnent plus rien
00:31:08à l'Ukraine.
00:31:09Nous avons, nous,
00:31:10Européens,
00:31:10donné 185 milliards d'euros
00:31:12en armement
00:31:13et aussi en civil.
00:31:15Les Américains,
00:31:16110, 115
00:31:17pour être très précis.
00:31:18Et nous avons remplacé
00:31:20sur le terrain,
00:31:22nous avons remplacé
00:31:23les Américains.
00:31:24Le président a dit
00:31:24deux tiers du renseignement
00:31:26vient d'Europe.
00:31:27Aujourd'hui,
00:31:28les avions sont européens,
00:31:29les chars sont européens,
00:31:31l'artillerie est européenne
00:31:32et les munitions sont européennes.
00:31:34Donc, on l'a fait
00:31:35à bas bruit
00:31:36parce qu'on ne fait pas
00:31:39comme M. Trump
00:31:40mais en réalité,
00:31:41c'est possible.
00:31:42Nous avons les moyens.
00:31:44Évidemment, ça va la créer.
00:31:44Mais pourquoi le fait-on
00:31:45à bas bruit ?
00:31:45Vous dites,
00:31:46on ne fait pas comme les Américains
00:31:47mais peut-être qu'il faudrait
00:31:48le dire en fait.
00:31:48Parce que l'Europe,
00:31:49c'est la raison
00:31:50face à ce type d'attitude
00:31:52et c'est ça
00:31:53qu'on nous reconnaît
00:31:54dans le monde.
00:31:55Quand le président Macron
00:31:56dit à la tribune
00:31:57de Davos
00:31:58venez investir en Europe,
00:32:00nous avons des lois,
00:32:01nous les respectons,
00:32:02nous avons un état de droit.
00:32:04C'est un de nos atouts.
00:32:06Mais ça ne veut pas dire
00:32:06qu'on n'a pas d'armes
00:32:07et pas de pistolets
00:32:08dans la poche non plus
00:32:09pour traiter avec les voyous.
00:32:11Ce qui est vrai,
00:32:12c'est que l'Europe
00:32:13doit se construire autour de ça.
00:32:15On verra comment
00:32:15cet épisode se termine.
00:32:19Mais c'est vrai
00:32:19qu'on voit quand même
00:32:20qu'on a une dépendance
00:32:21technologique
00:32:22qui est forte aux Etats-Unis.
00:32:23Alors, c'est à la fois
00:32:24un outil anti-coercition,
00:32:26c'est de dire
00:32:26on sort de certaines technologies
00:32:27mais on en a besoin.
00:32:28Donc, en fait,
00:32:28on ne sait pas trop
00:32:29s'il faut couper
00:32:30ou les garder.
00:32:31Et réciproquement, eux aussi.
00:32:32Et réciproquement,
00:32:32eux, ils en vendent.
00:32:33Mais voilà,
00:32:34si on nous sort
00:32:34de Windows,
00:32:36enfin d'un certain nombre
00:32:37de choses,
00:32:37de Visa,
00:32:38enfin bref,
00:32:38des choses qui sont quand même
00:32:39très utiles au quotidien
00:32:40aux entreprises
00:32:41et aux ménages,
00:32:42on le voit sur l'énergie,
00:32:43on importe quand même
00:32:44beaucoup de pétrole
00:32:45de schiste.
00:32:46Aujourd'hui,
00:32:46dans les contrats,
00:32:47c'est ce qui avait été
00:32:47négocié.
00:32:49Et puis, bon,
00:32:50il y a la question aussi
00:32:51de la militaire,
00:32:52de la défense.
00:32:53Même si c'est moins vrai
00:32:54aujourd'hui,
00:32:58le vieux serpent de mer
00:32:59d'une armée européenne
00:33:01qui contrait au moins
00:33:02100 000 hommes.
00:33:03Est-ce que l'idée
00:33:03fait son chemin
00:33:06ou est-ce que c'est
00:33:07une vieille lune ?
00:33:08Je pense que les premiers
00:33:09leviers actionnés,
00:33:10on a parlé des centaines
00:33:11de milliards d'euros
00:33:11d'épargne qui partent
00:33:12vers les Etats-Unis.
00:33:13Donc, c'est des emplois
00:33:14aux Etats-Unis.
00:33:15On pourrait parler
00:33:15des plusieurs centaines
00:33:16de milliards d'euros
00:33:17qui partent chez les GAFA.
00:33:20C'est plus 50%
00:33:21du business des GAFA,
00:33:23l'Europe.
00:33:24Et avec cet argent,
00:33:25ils viennent racheter
00:33:25notre innovation.
00:33:26On pourrait parler
00:33:27des 80% d'armement
00:33:28qui sont achetés
00:33:29aux Etats-Unis.
00:33:30Ayons conscience
00:33:31de notre puissance.
00:33:33On est la deuxième
00:33:33économie mondiale.
00:33:34On est 450 millions
00:33:35de consommateurs.
00:33:37On sait faire
00:33:37en européen.
00:33:39Et donc, il faut
00:33:39que ce qu'on vive
00:33:40actuellement,
00:33:41ce soit vraiment
00:33:42le point de départ
00:33:42d'une nouvelle indépendance
00:33:45qu'on arrive à construire
00:33:46en européen.
00:33:47Et quand on a voulu le faire,
00:33:48on l'a fait.
00:33:48L'euro, les Américains,
00:33:50jamais un jour
00:33:51n'avaient pensé
00:33:52qu'on arriverait à faire l'eau.
00:33:53On a fait l'euro.
00:33:54Galiléo,
00:33:54on a fait Galiléo.
00:33:55Aujourd'hui,
00:33:56on est autonome
00:33:57par rapport au GPS
00:33:58On a encore tellement
00:33:59de projets comme ça
00:33:59à mener.
00:34:01Et je pense que...
00:34:01Je vous sens moins...
00:34:02Je suis 100% d'accord.
00:34:05C'est que juste,
00:34:06il y a le court terme
00:34:07et le long terme.
00:34:08C'est-à-dire que ça,
00:34:09c'est ce que l'Europe doit faire
00:34:09On a été trop court-termiste aussi.
00:34:11Mais là, c'est demain.
00:34:12C'est demain.
00:34:13Et c'est qu'elle est
00:34:13notre arme de négociation
00:34:14face aux Etats-Unis.
00:34:15Galiléo est déjà
00:34:17dans votre téléphone,
00:34:18n'est-ce pas ?
00:34:18Et il est plus précis
00:34:19que le GPS américain.
00:34:20Est-ce que finalement,
00:34:21à toute chose,
00:34:22malheur est bon,
00:34:23comme disait ma grand-mère,
00:34:24est-ce que l'Europe
00:34:25va se ressouder
00:34:25grâce à Trump ?
00:34:27Quand je vous écoute,
00:34:27notamment Thomas Gassiou,
00:34:29je me dis,
00:34:29bon voilà,
00:34:30on sort un peu
00:34:31du déclinisme ambiant
00:34:32depuis des années.
00:34:33On se dit,
00:34:34bon, on se retrousse les manches
00:34:35et puis on va montrer
00:34:36qui on est.
00:34:36En tant que Français,
00:34:37j'ai toujours été attaché
00:34:39à la dépendance de mon pays.
00:34:40J'ai ce logiciel français
00:34:41qui date des années 60
00:34:42et je me désespère
00:34:44quand je vois
00:34:45des collègues européens
00:34:45finalement qu'ils auraient
00:34:47pu aller progressivement
00:34:48dans une forme
00:34:49de vassalisation heureuse
00:34:51vis-à-vis des Etats-Unis.
00:34:52Donc j'ai presque envie
00:34:53de dire,
00:34:53si je voulais être provoquant,
00:34:54merci Trump
00:34:55d'être à ce point outrancier
00:34:57pour provoquer
00:34:58un réveil européen
00:34:59sur notre capacité
00:35:01d'assumer
00:35:01notre propre indépendance.
00:35:02On va dans un monde
00:35:03où les empires
00:35:04sont de retour.
00:35:05Donc que l'Europe,
00:35:06elle est face à son destin,
00:35:07il faut qu'elle ait confiance
00:35:08sur sa capacité
00:35:09à exister
00:35:10et à également contribuer
00:35:11à l'atteinte
00:35:12des grands défis mondiaux
00:35:13alors qu'on est dans un monde
00:35:14à nouveau qui se refragmente.
00:35:16On le doit d'une certaine manière
00:35:17à nos enfants.
00:35:18Un tout petit mot
00:35:18Jean-Dominique Jolini
00:35:20parce qu'on est déjà en retard.
00:35:21Écoutez,
00:35:22on est à l'Assemblée nationale
00:35:23qu'elle est le groupe politique
00:35:25qui n'a pas condamné
00:35:26Donald Trump
00:35:27et c'est la même chose
00:35:28au niveau européen
00:35:29y compris M. Farage,
00:35:31populiste britannique,
00:35:33y compris les Polonais désormais.
00:35:35Donc il fait consensus.
00:35:37Maintenant,
00:35:37il faut bâtir
00:35:38des réponses crédibles et rapides.
00:35:40Merci à tous les trois
00:35:41d'être venus ce soir
00:35:42sur le plateau de chaque voix compte.
00:35:43Je remercie également
00:35:44Julien Duval-Leroy
00:35:45qui a été en direct avec nous
00:35:46depuis la Champagne ce soir.
00:35:49Merci à tous les trois
00:35:50dans un instant.
00:35:51La question qui fâche.
00:35:52On change de sujet,
00:35:52on va parler
00:35:53des zones à faible émission
00:35:55parce que le Parlement
00:35:55a supprimé hier soir
00:35:57en CMP
00:35:57ces ZFE
00:35:58qui interdisaient
00:35:59l'accès au centre-ville
00:35:59des véhicules polluants.
00:36:01On va en parler
00:36:01dans un instant
00:36:02avec nos trois prochains invités
00:36:03mais d'abord
00:36:03on va parler de lunettes
00:36:05non pas avec un opticien
00:36:06mais avec Laurent Guimier.
00:36:07c'est quelle histoire ?
00:36:08Désolé.
00:36:15Bah oui,
00:36:16parce que l'image
00:36:17n'a évidemment échappé
00:36:18à personne.
00:36:19Depuis une semaine,
00:36:20Emmanuel Macron
00:36:21arbore cette paire
00:36:22de lunettes de soleil
00:36:23suite à un pépin de santé
00:36:24et c'est une image
00:36:25qui littéralement
00:36:26fait le tour du monde.
00:36:27Oui et c'est pour ça
00:36:28qu'on a décidé
00:36:29d'en parler.
00:36:30Alors parlons
00:36:30du fond
00:36:31de ce qui s'est passé.
00:36:32Une hémorragie bénigne,
00:36:33une rupture de petits vaisseaux
00:36:35qui a ensanglanté
00:36:36l'œil droit du président.
00:36:38Tout commence
00:36:39jeudi dernier
00:36:40sur la base aérienne d'Istre.
00:36:42Vœux du président
00:36:43aux armées.
00:36:43Regardez.
00:36:45Je viens
00:36:46vous présenter mes vœux
00:36:47en ce début d'année
00:36:48et je vous prie
00:36:49d'excuser
00:36:49ce caractère inesthétique
00:36:50de mon œil
00:36:51et ça n'est que quelque chose
00:36:53de totalement anodin.
00:36:56Voyez-y simplement
00:36:57une référence
00:36:58non volontaire
00:36:59à l'œil du tigre
00:37:00en ce début d'année.
00:37:02Pour ceux
00:37:02qui ont la référence
00:37:03c'est un signe
00:37:04de détermination.
00:37:06Alors ça
00:37:06c'est l'acte 1
00:37:07de cette histoire
00:37:08d'écrire le problème
00:37:10et essayer
00:37:10de le dédramatiser
00:37:12comme l'a fait
00:37:12Emmanuel Macron
00:37:13et au fond
00:37:14je pense que c'est
00:37:14la phase la plus importante
00:37:15de cette histoire.
00:37:17Si on n'avait pas vu
00:37:18cette image de l'œil
00:37:19avant la lunette
00:37:20imaginez les commentaires
00:37:22les ragots
00:37:23les rumeurs
00:37:23qui tout de suite
00:37:24seraient arrivés
00:37:25sur les réseaux sociaux
00:37:26on aurait dit
00:37:26mais que cache
00:37:27le président
00:37:28derrière ses lunettes ?
00:37:29Bon là
00:37:29on a vu l'œil
00:37:30on passe donc
00:37:31à l'acte 2
00:37:31depuis vendredi
00:37:33le président
00:37:33est chaussé
00:37:34de ses lunettes
00:37:34de soleil
00:37:34dans toutes ses apparitions
00:37:35comme hier
00:37:36au sommet de Davos
00:37:37on l'a vu
00:37:38et parler
00:37:39avec des lunettes
00:37:40de soleil
00:37:40depuis Davos
00:37:41évidemment
00:37:42il est sûr
00:37:43que cette photo
00:37:44va faire le tour du monde.
00:37:45quelle paire de lunettes
00:37:46ça passe pas inaperçu
00:37:48pourquoi est-ce qu'il a choisi
00:37:49ce modèle ?
00:37:50On est dans l'acte 3
00:37:52et c'est la première victoire
00:37:53de Corne
00:37:54ça fait rire nos invités
00:37:55mais justement
00:37:56l'acte 3
00:37:56c'est qu'on ne parle plus
00:37:57du bobo
00:37:58on parle des lunettes
00:37:59et quand un accessoire
00:38:01aussi essentiel
00:38:02que des lunettes
00:38:03déboule dans l'image
00:38:04d'un président de la république
00:38:05tout est millimétré
00:38:06on va revenir dessus
00:38:07première question basique
00:38:09qui arrive toujours
00:38:09made in France
00:38:10ou non ?
00:38:11Alors en l'occurrence oui
00:38:13beaucoup ont parlé
00:38:14de Ray-Ban
00:38:15fausse piste
00:38:16ces lunettes sont un modèle
00:38:18de la vieille maison
00:38:19jurassienne Henri-Julien
00:38:20modèle pacifique S01
00:38:22Pourquoi est-ce qu'il a choisi
00:38:23un modèle
00:38:24dans ce style
00:38:24on dit aviateur
00:38:26c'est ça
00:38:26qui rappelle à ce point
00:38:27Hollywood
00:38:28enfin pardon
00:38:28ça rappelle Tom Cruise
00:38:30et bien il l'a choisi
00:38:31on va parler de Tom Cruise
00:38:32rassurez-vous Adeline
00:38:33et bien pour faire
00:38:34complètement oublier
00:38:35ce que suggèrent
00:38:36des lunettes
00:38:37c'est-à-dire
00:38:37le cabinet d'un ophtalmo
00:38:39je vais vous prendre
00:38:40quelques exemples
00:38:41dans l'histoire politique
00:38:41récente
00:38:42novembre 2005
00:38:43allocution de Jacques Chirac
00:38:45pendant les émeutes
00:38:46en banlieue
00:38:47regardez le début
00:38:48de cette allocution
00:38:48Mes chers compatriotes
00:39:00les événements
00:39:02que nous venons de vivre
00:39:04sont graves
00:39:05voilà ce qui a frappé
00:39:08ce soir-là
00:39:08c'est que Jacques Chirac
00:39:10était obligé
00:39:11de remettre des lunettes
00:39:12après des décennies
00:39:13sans lunettes
00:39:14parce qu'il avait
00:39:15quelques mois avant
00:39:15fait un AVC
00:39:16qui avait endommagé
00:39:17sa vue
00:39:18donc les lunettes
00:39:18sont apparues comme ça
00:39:19et ont vraiment
00:39:20beaucoup choqué
00:39:21les français
00:39:22beaucoup plus récemment
00:39:24janvier dernier
00:39:24Bruno Retailleau
00:39:25est à Nantes
00:39:25il fait beau
00:39:26mais sans plus
00:39:27là aussi
00:39:28lunettes noires
00:39:29le ministre de l'intérieur
00:39:30de l'époque
00:39:30est obligé de dire
00:39:31qu'il a subi
00:39:32une petite opération
00:39:33chirurgicale
00:39:34troisième exemple
00:39:35je vais m'arrêter là
00:39:36beaucoup plus grave
00:39:37celui-là
00:39:38novembre 2009
00:39:38c'est Philippe de Villiers
00:39:39qui apparaît sur les écrans
00:39:41il a déclaré
00:39:42un cancer de l'œil
00:39:43lunettes noires
00:39:45écoutez-le
00:39:46justifier
00:39:47le port de ces lunettes
00:39:48c'est très intéressant
00:39:49un homme public
00:39:51est regardé
00:39:53on le regarde
00:39:56on le sollicite
00:39:56on l'observe aussi
00:39:59et donc je n'ai pas
00:40:00le droit
00:40:01de m'affaisser
00:40:02j'ai le devoir
00:40:04d'être courageux
00:40:06élégant
00:40:06épuré
00:40:07c'est-à-dire exemplaire
00:40:09pardon pour cet accoutrement
00:40:11à la Rachel
00:40:11mais c'est parce que
00:40:14l'œil est particulièrement
00:40:16sensible
00:40:17ce que vous nous dites
00:40:19Laurent ce soir
00:40:20c'est que les lunettes
00:40:20en politique
00:40:21n'annoncent jamais
00:40:22vraiment de bonnes nouvelles
00:40:23quand elles arrivent
00:40:24comme ça
00:40:25jamais
00:40:25c'est le handicap
00:40:26le drame
00:40:27ça suggère ce genre
00:40:28de valeurs
00:40:28le combat contre la maladie
00:40:30le deuil
00:40:31parfois le deuil
00:40:31politique
00:40:32c'est un peu plus
00:40:33anecdotique
00:40:33regardez
00:40:34François Fillon
00:40:35image volée
00:40:36au lendemain de sa défaite
00:40:36à la présidentielle
00:40:37en 2017
00:40:38là aussi lunettes noires
00:40:39vous comprenez donc pourquoi
00:40:41dans le contexte international
00:40:42actuel
00:40:43le choix de ces lunettes
00:40:44était tout sauf anodin
00:40:46charge négative
00:40:47des lunettes noires
00:40:48qui suggère
00:40:49ce que je viens de raconter
00:40:50et puis charge positive
00:40:52de ces lunettes réfléchissantes
00:40:53alors
00:40:54depuis Davos
00:40:55je pense que le président
00:40:56n'avait pas d'autre choix
00:40:57il fallait choisir
00:40:58l'un ou l'autre
00:40:58et là il n'y avait pas le choix
00:41:00il devait basculer
00:41:01dans le flashy
00:41:02d'autres diront
00:41:03le matuvu
00:41:03ça je ne me prononce pas
00:41:05sur les goûts
00:41:06et les couleurs
00:41:06donc oui
00:41:08l'Elysée assumait
00:41:09ce style combat
00:41:10d'ailleurs
00:41:10dans le style
00:41:11oeil du tigre
00:41:11puisque le président
00:41:12l'avait dit dès le début
00:41:13donc Tom Cruise
00:41:15n'est pas loin
00:41:15et c'est pour ça
00:41:16que vous avez forcément
00:41:17pensé à Tom Cruise
00:41:19et à Top Gun
00:41:21et le travail de com
00:41:22a continué
00:41:23et je pense qu'à l'Elysée
00:41:24était plutôt content
00:41:25puisque Libération
00:41:26a utilisé l'accessoire
00:41:27pour y réfléchir
00:41:28le visage de Donald Trump
00:41:29je ne sais pas si on peut
00:41:30la revoir à la une de Libé
00:41:30dans laquelle on voit
00:41:31le reflet de Donald Trump
00:41:33dans les lunettes
00:41:34d'Emmanuel Macron
00:41:35c'est réussi
00:41:36en réalité tout ça
00:41:38peut être futile
00:41:38mais c'est quand même
00:41:40très travaillé
00:41:40avec ses lunettes
00:41:41Emmanuel Macron
00:41:42a soigné ses yeux
00:41:43et il a changé
00:41:45peut-être un peu
00:41:45notre regard sur lui aussi
00:41:47en tout cas
00:41:47c'est sans doute
00:41:48ce que ces communicants
00:41:49espèrent
00:41:49du coup pendant
00:41:49que vous parliez
00:41:50Laurent
00:41:50il y a François de Rugy
00:41:51qui est notamment
00:41:52arrivé sur le plateau
00:41:52avec ses lunettes
00:41:53vous va bien ?
00:41:55ah oui mais moi
00:41:55j'ai des lunettes
00:41:56depuis plusieurs années
00:41:57j'en ai pas eu
00:41:57pendant 45 ans
00:41:58mais à un moment donné
00:42:00il faut bien l'avoir
00:42:00pour lire
00:42:01c'est la vue qui laisse
00:42:01c'est pas une coquetterie
00:42:03vous savez que Jacques Chirac
00:42:05avait des lunettes
00:42:06à une époque
00:42:06sur ses affiches
00:42:07et dans lesquelles
00:42:08il n'y avait pas de verre
00:42:08pour pas qu'il y ait de reflet
00:42:09et on disait que c'était
00:42:10pour faire sérieux
00:42:11mais en fait
00:42:11il n'en avait pas besoin
00:42:12c'était dans les années 70
00:42:19on va parler des zones
00:42:20à faible émission
00:42:21tout de suite
00:42:21c'est la question qui fâche
00:42:23Faites demi-tour
00:42:31dès que possible
00:42:32si les ZFE
00:42:33avaient un GPS
00:42:34voici ce qu'ils diraient
00:42:36les zones à faible émission
00:42:37sont peut-être
00:42:38en train de vivre
00:42:38leurs dernières heures
00:42:40députés et sénateurs
00:42:41réunis en commission
00:42:42mixte paritaire
00:42:42hier soir
00:42:43ont décidé de supprimer
00:42:44purement et simplement
00:42:45ce dispositif
00:42:46qui restreint
00:42:47qui restreignait
00:42:48la circulation des véhicules
00:42:49les plus polluants
00:42:50dans certains centres-villes
00:42:51et nous en parlons
00:42:52ce soir avec vous
00:42:53François de Rugy
00:42:53ex-président de l'Assemblée nationale
00:42:55et ex-ministre
00:42:56de la transition écologique
00:42:57bonsoir
00:42:58bonsoir
00:42:59bonsoir Christina Régui
00:43:00vous êtes députée écologiste
00:43:02de Haute-Garonne
00:43:03et bonsoir Pierre Merin
00:43:04bonsoir
00:43:04vous êtes députée
00:43:05Rassemblement national du Gard
00:43:07et c'est Clément Perrault
00:43:08qui vous pose ce soir
00:43:09la question qui fâche
00:43:10Z-F-E
00:43:17comme zone à faible émission
00:43:18le principe
00:43:19un périmètre urbain
00:43:21où la circulation
00:43:21des véhicules
00:43:22les plus polluants
00:43:23est restreinte
00:43:24ou interdite
00:43:25les Z-F-E
00:43:26sont fondés
00:43:27sur la base
00:43:27de la vignette critère
00:43:28qui classe
00:43:29le niveau d'émission
00:43:30leur but
00:43:31réduire la pollution
00:43:32de l'air
00:43:33en milieu urbain
00:43:34aujourd'hui
00:43:3525 agglomérations françaises
00:43:36appliquent ce dispositif
00:43:38il existe depuis 2019
00:43:40il est obligatoire
00:43:41depuis le 1er janvier 2025
00:43:43pour toutes les agglomérations
00:43:45de plus de 150 000 habitants
00:43:46depuis leur création
00:43:48les Z-F-E sont contestés
00:43:49argument principal
00:43:51les inégalités sociales
00:43:52pour certains ménages
00:43:53changer un véhicule
00:43:55trop polluant
00:43:55coûte cher
00:43:56autre point sensible
00:43:57dans plusieurs villes
00:43:58le manque d'alternatives
00:43:59en matière de transport
00:44:00en commun
00:44:01en première ligne
00:44:03de la contestation politique
00:44:05des Z-F-E
00:44:05le Rassemblement national
00:44:07qui est farouchement opposé
00:44:09de longue date
00:44:09la réalité
00:44:11il faut dire les choses
00:44:12telles qu'elles sont
00:44:12c'est que ce sont
00:44:13les pauvres
00:44:13qui seront interdits
00:44:14d'aller dans ces villes
00:44:16parce qu'ils n'auront pas
00:44:17les moyens
00:44:18de s'acheter les voitures
00:44:19que vous exigez d'eux
00:44:21les républicains aussi
00:44:23sont majoritairement hostiles
00:44:24aux Z-F-E
00:44:25notamment Laurent Wauquiez
00:44:26au sein du bloc central
00:44:28des voix se sont aussi élevées
00:44:30pour un assouplissement
00:44:31du dispositif
00:44:32à gauche
00:44:33la France insoumise
00:44:34y est opposée
00:44:35contrairement aux socialistes
00:44:36et aux écologistes
00:44:37hors du champ politique
00:44:39des collectifs citoyens
00:44:40se sont aussi montés
00:44:41contre les Z-F-E
00:44:42très actifs
00:44:43sur les réseaux sociaux
00:44:44ils regroupent
00:44:45parfois des organisations
00:44:46comme la Ligue de défense
00:44:48des conducteurs
00:44:48les motards en colère
00:44:49ou encore le mouvement
00:44:50Légueux
00:44:51d'Alexandre Jardin
00:44:52le scrutin est clos
00:44:55la suppression des Z-F-E
00:44:56a été votée
00:44:57à la surprise générale
00:44:58à l'Assemblée
00:44:59le 28 mai 2025
00:45:01suite à un amendement
00:45:02déposé par les républicains
00:45:04son adoption
00:45:05a été rendue possible
00:45:06par une faible présence
00:45:08dans l'hémicycle
00:45:08au total
00:45:09seuls 155 députés
00:45:11siégeaient
00:45:12sur 577
00:45:13hier
00:45:15la confirmation
00:45:16de cette suppression
00:45:17par la commission
00:45:17mixte paritaire
00:45:18a fait réagir
00:45:19plusieurs élus écologistes
00:45:21hypocrite
00:45:22en votant
00:45:23la suppression
00:45:24des Z-F-E
00:45:24les parlementaires
00:45:26font un cadeau
00:45:26aux industriels
00:45:27contre la santé
00:45:28des plus pauvres
00:45:29notre question
00:45:30qui fâche
00:45:30la voilà
00:45:30faut-il vraiment
00:45:32supprimer
00:45:32les Z-F-E
00:45:33François de Rugy
00:45:36il se trouve que vous étiez
00:45:37ministre de la transition
00:45:38écologique d'Edouard Philippe
00:45:39au moment où les Z-F-E
00:45:40ont été initiés
00:45:41en 2019
00:45:42est-ce que
00:45:43les opposants ont gagné ?
00:45:45manifestement
00:45:46mais il faudra voir
00:45:47le vote évidemment
00:45:48du texte de loi
00:45:49issu de la CMP
00:45:50la semaine prochaine
00:45:50moi je le regrette
00:45:53parce que je pense
00:45:53qu'il aura été
00:45:54plus intelligent
00:45:55je rappelle quand même
00:45:57que le but
00:45:57c'est d'améliorer
00:45:58la qualité de l'air
00:45:59donc qu'on respire mieux
00:46:00notamment quand il y a
00:46:01des pics de pollution
00:46:02ça ça a été mesuré ?
00:46:03ah oui
00:46:04c'est mesuré en continu
00:46:05d'ailleurs
00:46:05on a un outil de mesure
00:46:06en France qui est très bon
00:46:07et qui dit la vérité
00:46:09aux français
00:46:10dans toutes les régions
00:46:10pas que dans les grandes villes
00:46:11partout
00:46:12c'est des organismes régionaux
00:46:13donc on peut savoir
00:46:13la qualité de l'air
00:46:14à tout endroit
00:46:14et vous savez
00:46:16qu'il y a plusieurs causes
00:46:17d'ailleurs à la pollution de l'air
00:46:18mais une des causes
00:46:19c'est les moteurs
00:46:20des voitures ou des camions
00:46:21et les plus vieux moteurs
00:46:22évidemment polluent plus
00:46:23que les moteurs plus récents
00:46:24et je pense qu'on aurait pu
00:46:26faire évoluer le dispositif
00:46:28sans le tuer
00:46:29mais on voit bien
00:46:30qu'il y avait un certain nombre de gens
00:46:31qui voulaient avoir le scalp
00:46:33en quelque sorte
00:46:34des ZFE
00:46:35et qui disaient
00:46:35voilà c'est un symbole
00:46:36c'est un totem
00:46:36mais est-ce que le problème
00:46:37de le faire évoluer
00:46:38c'était pas de recréer
00:46:39une autre usine à gaz
00:46:40avec des restrictions différentes
00:46:43selon la taille de la voiture
00:46:45la taille de la ville
00:46:46l'usine à gaz
00:46:47je sais pas
00:46:48l'expression est bien trouvée
00:46:49mais quand on parle
00:46:50de pollution de l'air
00:46:51pour sortir des énergies fossiles
00:46:52c'est dommage
00:46:53de créer des usines à gaz
00:46:53c'est dommage
00:46:55quand on est pour développer
00:46:56la production d'électricité
00:46:57en France
00:46:58qu'on ne soit pas pour développer
00:46:59aussi la voiture électrique
00:46:59par exemple
00:47:00mais on pourrait avoir ce débat
00:47:02parce qu'en fait derrière
00:47:03c'est la conduite d'un changement
00:47:04c'est-à-dire que c'est le changement
00:47:06pour avoir le progrès écologique
00:47:09d'avoir des voitures plus propres
00:47:10voilà
00:47:11mais est-ce qu'à l'époque
00:47:12est-ce qu'à l'époque
00:47:13en 2019
00:47:14vous avez pas un peu sous-estimé
00:47:16la fracture sociale
00:47:18que les ZFE allaient provoquer ?
00:47:20moi j'avais fait chiffrer
00:47:21parce que je pense
00:47:22que c'est important
00:47:22d'avoir les chiffres
00:47:23je suis pas sûr
00:47:23que dans les débats
00:47:23à l'Assemblée nationale
00:47:24je regrette qu'on ait fait ça
00:47:25un peu comme ça
00:47:26sur un amendement
00:47:27sans étude d'impact
00:47:28à mon avis préalable
00:47:29moi j'avais fait chiffrer
00:47:30par exemple pour l'île de France
00:47:31vraiment l'île de France
00:47:32c'est 13 millions d'habitants
00:47:34c'est sans doute
00:47:35autour de 8 millions
00:47:36de véhicules en circulation
00:47:38de véhicules particuliers
00:47:39et bien
00:47:40il y avait 500 000 voitures
00:47:42donc moins de 10%
00:47:43donc c'est pas négligeable
00:47:45mais c'est pas non plus énorme
00:47:47qui aurait été concerné
00:47:48je sais pas si on le voit à l'image
00:47:49mais là le panneau est rappelé
00:47:50sauf que
00:47:51est-ce que l'exemple
00:47:51est vraiment pertinent à Paris
00:47:52où il y a une offre
00:47:53de transport en commun
00:47:54qui est beaucoup plus développée
00:47:55que dans certaines agglomérations
00:47:56et que
00:47:57justement l'idée de départ
00:47:58et alors là
00:47:59il faut sous-peser
00:48:00le pour et le contre
00:48:01bien sûr
00:48:01mais l'idée de départ
00:48:02c'était de laisser
00:48:03les maires
00:48:04et les présidents d'agglomérations
00:48:06gérer
00:48:07au plus près
00:48:08des réalités de leur ville
00:48:09et donc d'avoir des mesures
00:48:11qui soient modulées
00:48:12selon les villes
00:48:12mais malheureusement
00:48:13comme souvent en France
00:48:14quand on est dans un débat général
00:48:16les élus disent
00:48:17laissez-nous faire
00:48:17et puis quand on passe à l'action
00:48:19après on dit
00:48:20ah non on veut que ce soit
00:48:20la même règle partout
00:48:21pour tout le monde
00:48:22mais sur un sujet comme ça
00:48:23c'est un peu absurde
00:48:24de vouloir mettre
00:48:24la même règle partout
00:48:25pour tout le monde
00:48:25Pierre Merin
00:48:26vous êtes un farouche opposant
00:48:27des ZFE depuis le début
00:48:28comment est-ce que vous avez
00:48:29accueilli ce vote hier soir ?
00:48:31Très favorablement
00:48:32il y a une petite erreur
00:48:33si je puis me permettre
00:48:34dans votre reportage
00:48:35il ne s'agit pas
00:48:36d'un amendement
00:48:36des républicains
00:48:37il s'agit d'un amendement
00:48:39du rassemblement national
00:48:40l'amendement de votre serviteur
00:48:40l'amendement a été déposé
00:48:41par la droite républicaine
00:48:43et par le rassemblement national
00:48:44et par le rassemblement national
00:48:45mais d'abord par moi
00:48:46imité et copié
00:48:47par le président
00:48:48de la commission spéciale
00:48:49Yann Boukart
00:48:49mais j'ai défendu
00:48:50pour la première fois
00:48:51la suppression des ZFE
00:48:52C'est celui de Yann Boukart
00:48:54qui a été adopté
00:48:54je me permets cette précision
00:48:55il n'y a pas d'erreur
00:48:56dans notre sujet
00:48:56Le mien a été adopté également
00:48:58puisque c'était des amendements
00:48:59identiques
00:49:00On n'est pas là
00:49:01pour débattre
00:49:02de la paternité
00:49:03de l'amendement
00:49:03sur la suppression
00:49:04Je suis là pour faire aussi
00:49:04la publicité
00:49:05J'entends bien
00:49:06mais je suis là aussi
00:49:08pour ne pas vous laisser dire
00:49:09qu'il y a une erreur
00:49:09dans notre sujet
00:49:10Vous pouvez l'entendre
00:49:10Donc mon amendement
00:49:12pour supprimer les ZFE
00:49:13a été adopté
00:49:14Je voudrais donner
00:49:14deux éléments
00:49:15rassurants finalement
00:49:17sur la question
00:49:18de la qualité de l'air
00:49:19et de la pollution de l'air
00:49:20Premièrement
00:49:20la pollution aux particules fines
00:49:23a baissé de 40%
00:49:24sur ces 20 dernières années
00:49:26et la pollution
00:49:27au dioxyde et monoxyde d'azote
00:49:28de 25%
00:49:29sur ces 20 dernières années
00:49:30dans nos métropoles
00:49:32grâce au renouvellement naturel
00:49:35du parc automobile
00:49:36et grâce aux améliorations
00:49:37technologiques
00:49:38de nos voitures
00:49:39Singulièrement
00:49:40on a inventé
00:49:41des vannes EGR
00:49:42des filtres à particules
00:49:43des Adi Blue
00:49:45qui ont amélioré
00:49:46et fait baisser
00:49:47la pollution
00:49:48On a appliqué des normes
00:49:49Deuxième chiffre important
00:49:50puisque monsieur de Rugy
00:49:51parle de chiffres
00:49:52les dernières estimations
00:49:55de l'association
00:49:56respirent
00:49:57parce que monsieur de Rugy
00:49:58souligne que
00:49:59la qualité de l'air
00:50:00est bien mesurée en France
00:50:01notamment par les ASCA
00:50:03les associations agrées
00:50:04de surveillance
00:50:04de la qualité de l'air
00:50:05qui indiquent
00:50:06que les ZFE
00:50:07pourraient
00:50:08et c'est du conditionnel
00:50:09améliorer
00:50:10de 6%
00:50:11la qualité de l'air
00:50:12uniquement
00:50:13sur le trafic routier
00:50:14qui représente
00:50:15un tiers
00:50:16de la pollution
00:50:17de l'air
00:50:18c'est-à-dire
00:50:19qu'on agit
00:50:19à hauteur
00:50:20de 6%
00:50:21sur 30%
00:50:22c'est-à-dire
00:50:23que les ZFE
00:50:25pourraient
00:50:26améliorer
00:50:26la qualité de l'air
00:50:27de façon
00:50:27infinitésimale
00:50:29et donc je prétends
00:50:30que les ZFE
00:50:31sont une mesure
00:50:32disproportionnée
00:50:33par rapport
00:50:34à l'objectif recherché
00:50:35puisque les ZFE
00:50:36c'est une mesure
00:50:37qui porte une blessure sociale
00:50:38vous pouvez pas
00:50:39aller dire aux français
00:50:40les plus modestes
00:50:41qui ont des vieilles bagnoles
00:50:41qu'ils n'ont plus
00:50:42le droit d'aller en ville
00:50:43pour aller se soigner
00:50:44pour aller au boulot
00:50:45pour emmener leurs enfants
00:50:45à l'école
00:50:46pour aller dans les services
00:50:47publics
00:50:47qu'ils n'ont plus
00:50:47dans les zones rurales
00:50:48pour aller dans les commerces
00:50:49de proximité
00:50:50disproportion
00:50:51oui améliorons
00:50:52la qualité de l'air
00:50:53nous avons des alternatives
00:50:54alors on va en parler
00:50:55mais d'abord je voudrais
00:50:56donner la parole
00:50:56à Christina Reguil
00:50:57mais je peux pas laisser dire
00:50:59qu'on parle pas de chiffres
00:51:00y compris dans ce débat
00:51:00à l'Assemblée nationale
00:51:01Christina Reguil
00:51:02oui alors enfin moi je pense
00:51:03que les ZFE portent mal
00:51:05leur nom
00:51:06elles devraient s'appeler
00:51:07on aurait dû appeler ça
00:51:08les zones à forte
00:51:09exclusion
00:51:09alors si je peux m'exprimer
00:51:11donc pas du tout
00:51:12forte exclusion
00:51:13mais zones à forte pollution
00:51:14et c'est parce que
00:51:16nous avons des zones
00:51:16à forte pollution
00:51:17qu'il faut mettre en place
00:51:18des dispositifs
00:51:20et des mesures
00:51:20pour justement protéger
00:51:22la santé des françaises
00:51:23et des français
00:51:23parce que la disposition
00:51:25est-ce que par exemple
00:51:25vous êtes députée
00:51:27d'Obsgaronne
00:51:27est-ce que c'est le centre-ville
00:51:28de Toulouse
00:51:28qui concentre
00:51:29la plus grosse pollution
00:51:30par rapport à la Rocade
00:51:32les dispositions de ZFE
00:51:32sont là pour protéger
00:51:34la santé des français
00:51:35et pour baisser évidemment
00:51:36les pollutions
00:51:36mais les ZFE
00:51:38c'est un levier remarquable
00:51:40et exceptionnel également
00:51:41pour les élus
00:51:42pour proposer des alternatives
00:51:44à la voiture
00:51:45qui ne soient pas celles
00:51:46de l'exclusion
00:51:47mais qui soient celles
00:51:48au contraire
00:51:48de la solidarité
00:51:49par des transports en commun
00:51:50et je note
00:51:52tout à fait
00:51:53de façon tout à fait normale
00:51:54que ce sont les collectivités
00:51:56où il y a des élus écologistes
00:51:57que les efforts
00:51:58les plus importants
00:52:00en matière d'offres
00:52:00de transports en commun
00:52:01ont été faits
00:52:02et que ce sont dans
00:52:03ces collectivités-là
00:52:04que la contestation
00:52:05contre les ZFE
00:52:06je pense par exemple
00:52:08Lyon, la métropole de Lyon
00:52:09je pense à Bordeaux
00:52:10et la métropole de Bordeaux
00:52:11je pense également
00:52:12à Strasbourg
00:52:13évidemment la métropole
00:52:14de Strasbourg
00:52:15c'est là que les investissements
00:52:17financiers
00:52:17pour offrir des alternatives
00:52:20de transports en commun
00:52:21ont été faits
00:52:22de façon les plus importante
00:52:23mais ça ne répond pas
00:52:24les Sénarigui
00:52:25et donc ce faisant
00:52:27et donc ce faisant
00:52:28et donc ce faisant
00:52:30effectivement
00:52:31les ZFE
00:52:32c'est un des leviers
00:52:33pour arriver évidemment
00:52:35à avoir des zones
00:52:36à moindre pollution
00:52:37mais ce n'est pas
00:52:38le seul et unique levier
00:52:40les leviers
00:52:41c'est évidemment
00:52:42donc vous
00:52:42la semaine prochaine
00:52:43la semaine prochaine
00:52:45lors du vote
00:52:45dans l'hémicycle
00:52:46vous voterez
00:52:47pour le rétablissement
00:52:48de ces zones
00:52:49à faible émission
00:52:50supprimées hier soir
00:52:51alors je voterai contre
00:52:52attendez attendez
00:52:53je pense que c'est
00:52:54madame qui pose des questions
00:52:55et pas vous
00:52:56et donc
00:52:57oui oui non non
00:52:57on va débattre
00:52:58mais je voulais vraiment
00:52:59avoir cette question précise
00:53:00avec elle
00:53:00mais d'abord je priorise
00:53:00la question qui vient
00:53:01de m'être posée
00:53:02moi ce que je voterai
00:53:03c'est contre la loi
00:53:04de simplification
00:53:05mais vous serez dans l'hémicycle
00:53:06Christian Régui
00:53:07vous serez dans l'hémicycle
00:53:08est-ce que vous serez dans l'hémicycle
00:53:09je vous pose la question
00:53:11parce que je me suis penchée
00:53:11sur le vote de l'amendement
00:53:13du 28 mai dernier
00:53:13au moment où les députés
00:53:15votent pour la première fois
00:53:16la suppression des ZFE
00:53:17où étiez-vous les écolos ?
00:53:18alors
00:53:1914 députés écologistes
00:53:20dans l'hémicycle
00:53:2137% de votre groupe
00:53:22oui
00:53:22alors vous savez que
00:53:24les écologistes
00:53:25comme les autres députés
00:53:26ont d'autres
00:53:27sur un cg comme celui-là
00:53:29qui est quand même un totem
00:53:30ont d'autres activités
00:53:30notamment en commission des finances
00:53:32et notamment en circonscription
00:53:33et nous savons également
00:53:34et ça vous ne pouvez pas
00:53:36l'ignorer non plus
00:53:37que les textes
00:53:38sont à l'Assemblée
00:53:39ensuite partent au Sénat
00:53:40et reviennent
00:53:41bien sûr
00:53:41à l'Assemblée nationale
00:53:43et donc
00:53:43ils ont les choses
00:53:44vous l'avez pas vu
00:53:46venir la suppression
00:53:47et c'est là
00:53:48que nous voterons
00:53:50définitivement
00:53:52contre la loi de simplification
00:53:53parce qu'en réalité
00:53:54les ZFE
00:53:55ont été intégrés
00:53:57en cavalier budgétaire
00:53:58si l'on peut dire
00:53:59au sein
00:53:59de la loi de simplification
00:54:01et nous ferons un recours
00:54:04devant d'ailleurs
00:54:04le Conseil constitutionnel
00:54:05contre cette intégration
00:54:07des ZFE
00:54:08dans la loi de simplification
00:54:08qui est véritablement
00:54:12le musée des horreurs
00:54:12je le précise
00:54:14encore un musée des horreurs
00:54:15décidément
00:54:15il va falloir s'acheter des tickets
00:54:16voilà
00:54:17François de Rugy
00:54:17ça risque d'être frappé
00:54:19d'anticonstitutionnalité
00:54:20le fait d'avoir mis
00:54:21cet amendement
00:54:21dans une loi de simplification
00:54:24c'est arrivé
00:54:25que le Conseil constitutionnel
00:54:26en effet
00:54:26dise
00:54:27c'est un cavalier législatif
00:54:28c'est-à-dire
00:54:29c'est un article de loi
00:54:30qui a été rajouté
00:54:31qui n'a rien à voir
00:54:31avec les autres articles
00:54:32mais si j'ai bien compris
00:54:33mais je ne suis plus député
00:54:34le texte était lui-même
00:54:36avec un champ très vaste
00:54:37de sujets
00:54:38donc bon
00:54:38puis moi je ne suis pas
00:54:39trop favorable
00:54:40à ce que le Conseil constitutionnel
00:54:41par ailleurs
00:54:42censure
00:54:42l'initiative législative parlementaire
00:54:44donc je ne veux pas
00:54:45qu'on utilise
00:54:45c'est un autre débat
00:54:46mais voilà
00:54:46mais c'est important
00:54:47parce que
00:54:48par ailleurs
00:54:48moi je ne méconnais pas
00:54:50le fait qu'il y a un débat
00:54:51dans le pays
00:54:52en France
00:54:53sur ces questions-là
00:54:54et je pense que d'ailleurs
00:54:55les élus verts
00:54:56ou alors le comble
00:54:57c'est la France insoumise
00:54:58parce que la France insoumise
00:54:59il ne faut pas l'oublier
00:55:01ils ont voté l'amendement du RN
00:55:02c'est-à-dire qu'ils ont voté
00:55:03contre le texte à la fin
00:55:04donc c'est comme si
00:55:05ils n'avaient pas voté
00:55:05mais parce qu'il y avait
00:55:06des choses dans cette loi
00:55:07de simplification
00:55:08qui ne leur convenaient pas
00:55:09et je veux dire qu'à Nantes
00:55:09ils continuent à coller
00:55:09des affiches contre les ZFE
00:55:10alors que par ailleurs
00:55:11ils disent qu'on n'en fait
00:55:12jamais assez pour l'écologie
00:55:13et que d'ailleurs
00:55:14ce gouvernement
00:55:14est voté pour
00:55:15les élus de l'exécutif
00:55:16au fond
00:55:16ils sont tiraillés
00:55:17comme beaucoup
00:55:18entre fin de mois
00:55:19et fin du monde
00:55:20oui enfin ils sont surtout
00:55:21dans la démagogie
00:55:22c'est-à-dire que
00:55:23quand ils sont face
00:55:23à un public
00:55:24excusez-moi du propos
00:55:25mais c'est la vérité
00:55:26telle que je la vois
00:55:27par exemple à Nantes
00:55:28quand on est face
00:55:28à un public
00:55:29de bobos de centre-ville
00:55:30on dit
00:55:30ah oui Macron
00:55:31il ne veut rien faire
00:55:32sur l'écologie
00:55:32les centristes
00:55:34ils ne font rien
00:55:34sur l'écologie
00:55:35puis quand ils sont face
00:55:36à des habitants
00:55:37de banlieue
00:55:38ou qui ont des vieilles voitures
00:55:39ils disent
00:55:39ah c'est un scandale
00:55:40nous on est contre
00:55:40les ZFE
00:55:41heureusement
00:55:42je suis frappée en face
00:55:42sur le procès
00:55:42de la France Insoumise
00:55:43alors que le rassemblement
00:55:44n'est pas obligé
00:55:45de voter l'amendement
00:55:46du RN
00:55:46mais ceci dit
00:55:54il y a un débat
00:55:55dans le pays
00:55:55donc c'est normal
00:55:56que le parlement
00:55:56s'en saisisse
00:55:57moi je veux dire là-dessus
00:55:58c'est normal
00:55:59peut-être qu'il n'y a pas eu
00:56:00assez de débats
00:56:00d'ailleurs au départ
00:56:01est-ce que vous n'avez pas
00:56:02perdu la bataille des idées
00:56:03sur cette histoire ?
00:56:04la bataille des idées
00:56:05elle est perdue
00:56:06sur les ZFE
00:56:06et d'ailleurs
00:56:07c'est le rassemblement national
00:56:09qui me dit
00:56:09moi je pense que
00:56:10quand on aura des pics
00:56:11de pollution
00:56:11peut-être là
00:56:13dans les semaines qui viennent
00:56:14peut-être pendant les débats
00:56:15des élections municipales
00:56:16et je vous rappelle quand même
00:56:17qu'en France
00:56:17on est obligé de dire aux gens
00:56:18que quand il fait beau
00:56:19c'est quand il fait beau
00:56:21que le soleil brille dans le ciel
00:56:22mais qu'il y a des fortes pressions
00:56:23et bien il ne faut pas sortir
00:56:25quand on est une personne âgée
00:56:26quand on est avec des bébés
00:56:28ou quand on fait du sport
00:56:29alors c'est quand même
00:56:30un peu le comble
00:56:31qu'à cause de la pollution de mer
00:56:32on ne puisse pas sortir
00:56:33quand il fait beau
00:56:33si vous me permettez
00:56:36j'ai essayé
00:56:38et je n'ai jamais
00:56:39de contradiction sur le sujet
00:56:41de démontrer à quel point
00:56:42les ZFE
00:56:43ont un impact infinitésimal
00:56:44mais vous parlez de la France entière
00:56:46vous ne parlez pas des zones
00:56:47laissez-moi terminer
00:56:49je vous parle de la France entière
00:56:50ben oui je vais vous dire
00:56:51la mise en perspective
00:56:51elle est la suivante
00:56:52c'est que
00:56:52en 2026
00:56:54sont concernés
00:56:5515 millions d'automobilistes
00:56:56parce que
00:56:57de très nombreuses métropoles
00:56:58vont jusqu'à interdire
00:57:00les vignettes
00:57:00les vignettes critères
00:57:013, 4, 5
00:57:02et plus
00:57:02c'est 15 millions d'automobilistes
00:57:04avec une usine à gaz
00:57:06avec des petites dérogations
00:57:07et en fonction des villes
00:57:08où vous êtes
00:57:08ça change
00:57:09il faut arrêter
00:57:10et ce système cascaïen
00:57:11qui nous a complètement échappé
00:57:12ça partait d'une bonne intention
00:57:14je ne le nie pas
00:57:1540 000 morts par an
00:57:16à cause de la qualité de l'air
00:57:1740 000 morts
00:57:18alors ce sont des baisses
00:57:19d'espérance de vie
00:57:19laissez-moi terminer
00:57:20madame Argy
00:57:21ce sont des baisses
00:57:22d'espérance de vie
00:57:23ce sont des modélisations
00:57:25de santé publique France
00:57:26que j'ai par ailleurs auditionnées
00:57:27il n'y a pas le feu au lac
00:57:29la qualité de l'air s'améliore
00:57:32il y a d'autres mesures
00:57:33à mettre en place
00:57:33je vous donne un exemple
00:57:34grâce aux mesures
00:57:35que l'on prend
00:57:35à une époque
00:57:37on a interdit le flanc
00:57:40d'écologie
00:57:41vous êtes trop jeune
00:57:42vous êtes comme vous donnez
00:57:44une idée très simple
00:57:46le décalaminage
00:57:47dans le cadre du contrôle technique
00:57:48permet d'enlever
00:57:49la calamine des moteurs
00:57:51et de faire baisser
00:57:52de 70%
00:57:53la pollution des moteurs
00:57:55cette piste
00:57:55n'a absolument pas
00:57:56été investiguée
00:57:57puisque vous préférez
00:57:58mettre en place
00:57:59des mesures
00:58:00d'exclusion sociale
00:58:02simplement
00:58:03est-ce qu'on peut revenir
00:58:04à des bons vieux
00:58:05principes républicains
00:58:05liberté de circulation
00:58:07égalité de traitement
00:58:08entre les citoyens
00:58:09qu'ils aient une vieille voiture
00:58:11ou qu'ils aient une voiture
00:58:12récente
00:58:12fraternité
00:58:14arrêter de dire
00:58:15aux pauvres
00:58:16qu'ils polluent
00:58:17les riches
00:58:18des zones urbaines
00:58:19la politique
00:58:20ce n'est pas des tableaux
00:58:20excellents et des chiffres
00:58:21la politique
00:58:22c'est des êtres humains
00:58:23ce sont les français
00:58:24que l'on doit aimer
00:58:25en tant que responsable
00:58:26les ZF
00:58:27ce sont les technos
00:58:30qui montrent
00:58:31leur détestation
00:58:32et leur stigmatisation
00:58:33les français
00:58:34zone à faible émission
00:58:37sonore
00:58:37là c'est très forte
00:58:39émission sonore
00:58:40un dernier mot
00:58:43et respect également
00:58:45des autres personnes
00:58:45qui sont sur le plateau
00:58:46je pense que c'est important
00:58:49également dans le débat
00:58:50que de respecter
00:58:51les interlocuteurs
00:58:52qui sont sur le plateau
00:58:53à côté de vous
00:58:54et donc zone à faible émission
00:58:56ce n'est pas l'alpha
00:58:57et l'oméga
00:58:58ça doit être accompagné
00:58:59de mesures de politique publique
00:59:00de transports
00:59:01qui doivent être développés
00:59:03à la fois dans l'urbain
00:59:04et le périurbain
00:59:05parce qu'on parle beaucoup
00:59:06et d'aide à l'achat
00:59:06et d'aide conséquente
00:59:08à l'achat d'un véhicule neuf
00:59:09et notamment dans les ruralités
00:59:11et également du leasing
00:59:12et du légalement
00:59:13du leasing social
00:59:14mais faites-le
00:59:15lequel leasing social
00:59:17a été complètement vidé
00:59:18sur sa substance
00:59:19et donc évidemment
00:59:21qu'il y a
00:59:21tout un tas de mesures
00:59:23qui doivent être adoptées
00:59:24et c'est certainement pas
00:59:25l'abandon des ZFE
00:59:26qui est la réponse
00:59:27à ce que nous vivons aujourd'hui
00:59:29on en reparlera
00:59:30la semaine prochaine
00:59:32on en reparlera
00:59:34la semaine prochaine
00:59:35au moment du vote
00:59:36en attendant
00:59:37c'est Bourbon Express
00:59:37c'est le journal
00:59:38de l'Assemblée Nationale
00:59:39c'est tout de suite
00:59:39c'est avec Marco Pommier
00:59:40s'il vous plaît
00:59:41Bonsoir Marco
00:59:47Bonsoir Aline
00:59:48et ça continue de parler
00:59:49On va couper leur micro
00:59:51Exactement
00:59:52On va couper leur micro
00:59:52Parce que là
00:59:54vos micros sont ouverts
00:59:55vous savez
00:59:55donc on va vous couper les micros
00:59:57Alors Marco
00:59:58ce soir dans Bourbon Express
01:00:00on reparle du Mercosur
01:00:01avec un revers
01:00:02pour le traité du Mercosur
01:00:03au Parlement européen
01:00:04A dix voix près
01:00:06les eurodéputés
01:00:07ont voté aujourd'hui
01:00:08en faveur d'une saisine
01:00:09de la Cour de justice
01:00:10de l'Union Européenne
01:00:12une procédure qui gèle
01:00:13qui bloque en théorie
01:00:14l'entrée en vigueur
01:00:16de l'accord commercial
01:00:16entre l'UE
01:00:17et l'Amérique du Sud
01:00:18pendant plusieurs mois
01:00:19Grande satisfaction
01:00:21des députés
01:00:22ici à l'Assemblée
01:00:23avec ce message
01:00:24de la droite
01:00:25Monsieur le Premier ministre
01:00:28il faudra tenir
01:00:29les engagements
01:00:29de la France
01:00:30jusqu'au bout
01:00:30pour empêcher
01:00:31son application
01:00:32si dommageable
01:00:33aux agriculteurs français
01:00:34Et pour rappel
01:00:36le 9 janvier dernier
01:00:37au Conseil Européen
01:00:38la France avait voté
01:00:40contre ce traité
01:00:41du Mercosur
01:00:41Ali Gennevar
01:00:42la ministre de l'Agriculture
01:00:44appelle aujourd'hui
01:00:45à respecter
01:00:46le vote des eurodéputés
01:00:47alors que la Commission Européenne
01:00:49pourrait décider
01:00:50d'appliquer cet accord
01:00:51malgré tout
01:00:52Une rumeur
01:00:54voudrait que
01:00:54l'application provisoire
01:00:57soit décidée
01:00:58par l'Union Européenne
01:01:00mais il me semble
01:01:00que si l'on respecte
01:01:02l'esprit
01:01:02et la lettre
01:01:03de la démocratie
01:01:03il ne faut pas
01:01:05appliquer
01:01:05provisoirement
01:01:06cet accord
01:01:07Il faudra suivre ça
01:01:09Autre sujet
01:01:11le budget
01:01:11Sébastien Lecornu
01:01:13a donc déclenché
01:01:14le 49.3
01:01:14hier sur la première partie
01:01:16du texte
01:01:16et vendredi
01:01:17il devra faire face
01:01:18à deux motions de censure
01:01:19une de LFI
01:01:20et une du RN
01:01:21Pierre Meurin
01:01:21et on se demandait
01:01:23hier soir encore
01:01:23ce qu'allait faire
01:01:24la droite
01:01:25les Républicains
01:01:26Eh bien la réponse
01:01:27est tombée ce matin
01:01:28les Républicains
01:01:29ne censureront pas
01:01:30promesse de Laurent Wauquiez
01:01:32le patron de la droite
01:01:32à l'Assemblée
01:01:33et notre conviction profonde
01:01:36c'est que dans cette période
01:01:38de menace géopolitique
01:01:39la France ne peut pas
01:01:40être un bateau ivre
01:01:41sans gouvernement
01:01:42et sans budget
01:01:42et donc nous en tirons
01:01:45les conséquences
01:01:45sur nos votes
01:01:46de vendredi
01:01:46Reste une inconnue
01:01:48tous les députés
01:01:49LR vont-ils suivre
01:01:51la consigne ?
01:01:52Réponse vendredi
01:01:53mais les socialistes
01:01:54et le groupe Liot
01:01:55ont eux aussi annoncé
01:01:56qu'ils ne censureront pas
01:01:57Sébastien Lecornu
01:01:58devrait donc toujours
01:01:59être Premier ministre
01:02:00ce week-end
01:02:01Allez on poursuit
01:02:02avec une proposition de loi
01:02:03qui s'invite
01:02:04jusque sous nos draps
01:02:06Oui pour mettre fin
01:02:07au devoir conjugal
01:02:09dans le mariage
01:02:10texte transpartisan
01:02:11porté par l'écologiste
01:02:13Marie-Charlotte Garin
01:02:14et le député horizon
01:02:15Paul Christophe
01:02:16alors chez vous
01:02:17vous dites
01:02:17c'est pas possible
01:02:18ça n'existe plus
01:02:19le devoir conjugal
01:02:20en 2026
01:02:21Eh bien certains articles
01:02:22du code civil
01:02:23entretiennent encore
01:02:24un flou juridique
01:02:25Car malgré l'évolution
01:02:27de notre droit pénal
01:02:28malgré la condamnation
01:02:29de la France
01:02:30par la Cour européenne
01:02:31des droits de l'homme
01:02:31le devoir conjugal
01:02:33continue d'exister
01:02:34dans notre droit civil
01:02:35par l'interprétation
01:02:37erronée
01:02:37qui est faite
01:02:38de la communauté de vie
01:02:39définie à l'article
01:02:40215 du code civil
01:02:41en communauté de lit
01:02:42Ce décalage
01:02:44n'est pas neutre
01:02:44il entretient l'idée
01:02:46que le mariage
01:02:46pourrait encore créer
01:02:47une forme de disponibilité
01:02:48sexuelle implicite
01:02:49Objectif du texte
01:02:51donc
01:02:52compléter cet article
01:02:53215 du code civil
01:02:55et préciser
01:02:56noir sur blanc
01:02:57que la communauté de vie
01:02:58n'implique aucune obligation
01:03:00d'avoir des relations
01:03:01sexuelles entre époux
01:03:02La proposition de loi
01:03:03a été adoptée ce matin
01:03:05en commission
01:03:05Elle sera examinée
01:03:07dans l'hémicycle
01:03:07la semaine prochaine
01:03:08Et puis
01:03:09ce n'était pas prévu
01:03:10mais aujourd'hui
01:03:10à l'Assemblée nationale
01:03:11on a aussi parlé
01:03:12des îles Malouines
01:03:12Oui
01:03:13Ce territoire britannique
01:03:15d'outre-mer
01:03:16dans l'Atlantique Sud
01:03:17revendiqué par l'Argentine
01:03:19Attention sujet sensible
01:03:20qui a provoqué ce matin
01:03:22un incident
01:03:22en commission
01:03:23des affaires étrangères
01:03:24avec l'ambassadeur
01:03:25d'Argentine en France
01:03:26Je viens de constater
01:03:29que je suis assis
01:03:29devant une carte
01:03:30qui montre
01:03:31les îles Malouines
01:03:32la silla Malouines
01:03:33comme faisant partie
01:03:34du Royaume-Uni
01:03:34de Grande-Bretagne
01:03:35Je ne peux pas
01:03:36en tant que représentant
01:03:36de l'État argentin
01:03:38parler librement
01:03:39devant cette carte
01:03:41ça revient à légitimer
01:03:43une situation
01:03:44qui constitue une atteinte
01:03:45un attentat
01:03:46à la souveraineté
01:03:46de mon pays
01:03:46Aïe
01:03:48ça ne passe pas
01:03:48Alors on a fait
01:03:50un gros plan
01:03:50sur cette carte
01:03:51vous allez la voir
01:03:52entre parenthèses
01:03:54il y a l'abréviation
01:03:55RU
01:03:56pour Royaume-Uni
01:03:57Bruno Fuchs
01:03:58le président
01:03:59de la commission
01:04:00a tenté
01:04:00de dédramatiser
01:04:01sans succès
01:04:03Monsieur l'ambassadeur
01:04:05Malouines
01:04:07entre parenthèses
01:04:08donc on sait
01:04:08que ce territoire
01:04:08est contesté
01:04:09on n'a pas
01:04:10attribué
01:04:11comme vous le dites
01:04:12sur cette carte
01:04:12C'est désigné
01:04:14comme Royaume-Uni
01:04:15Il y a cet élément
01:04:16Je me permets de le signaler
01:04:18Je ne sais pas
01:04:18s'il y a une manière
01:04:18de recouvrir cette carte
01:04:19pendant mon intervention
01:04:21Et les désirs
01:04:22de Monsieur
01:04:22sont désordres
01:04:234 minutes
01:04:24après le début
01:04:25de cette audition
01:04:25un post-it
01:04:27vous voyez
01:04:27est collé
01:04:28sur la carte
01:04:29juste derrière
01:04:29l'ambassadeur
01:04:30incident diplomatique
01:04:32évité de justesse
01:04:33Adeline
01:04:33On ne parlera jamais
01:04:35assez des post-it
01:04:37dans la diplomatie
01:04:38ça c'est sûr
01:04:39Cette même commission
01:04:41des affaires étrangères
01:04:42qui a reçu
01:04:43juste avant
01:04:43l'ambassadeur d'Argentine
01:04:44les parents
01:04:45de Christophe Glez
01:04:46le journaliste
01:04:47de Sofout
01:04:47journaliste de sport
01:04:48emprisonné en Algérie
01:04:49et condamné
01:04:50à 7 ans de prison
01:04:50Oui des parents
01:04:51accueillis ce matin
01:04:52par la présidente
01:04:53de l'Assemblée
01:04:54Yaël Braun-Pivet
01:04:55vous le voyez
01:04:56sur cette photo
01:04:56ils ont ensuite répondu
01:04:58aux questions
01:04:59des députés
01:04:59avec un message
01:05:00Le plus urgent
01:05:03pour Christophe
01:05:04c'est que
01:05:05la demande
01:05:06de grâce
01:05:07que j'ai formulée
01:05:09auprès du président
01:05:11Tebboune
01:05:11le 10 décembre dernier
01:05:14soit acceptée
01:05:17et qu'il puisse
01:05:18retrouver la France
01:05:20sa famille
01:05:21ses amis
01:05:22c'est ça que nous demandons
01:05:23maintenant
01:05:24le plus urgentement possible
01:05:26Et à noter un RSF
01:05:28l'organisation de défense
01:05:29de la presse
01:05:30se mobilise
01:05:30avec une grande soirée
01:05:32de soutien
01:05:33à Christophe Gleize
01:05:33le 29 janvier
01:05:34au Bataclan
01:05:3529 janvier au Bataclan
01:05:36c'est bien noté
01:05:37merci Marco Pommier
01:05:38merci à tous les trois
01:05:39d'être venus bruyamment
01:05:40ce soir
01:05:41sur le plateau
01:05:41de chaque voix compte
01:05:42merci Mariette
01:05:44et merci Laurent
01:05:44et merci à vous
01:05:45chez vous
01:05:46de nous avoir suivis
01:05:47cette émission
01:05:48rediffusée tout à l'heure
01:05:48à 23h30
01:05:49vous la retrouvez aussi
01:05:50sur lcp.fr
01:05:51et sur les plateformes
01:05:52de podcast
01:05:52nous revenons demain
01:05:53en direct
01:05:54à 19h30
01:05:55et d'ici là
01:05:55on vous souhaite
01:05:56évidemment une excellente
01:05:57soirée sur la vite
01:05:58à demain
01:05:58merci à tous
01:06:00merci à tous
01:06:01Musique
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