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  • il y a 2 heures
Dans "Couleur framboise", Medhi Djaadi revient sur son long parcours pour avoir un enfant. Infertilité masculine, examens, arrêt naturel de grossesse... Il lève le voile sur un chemin tabou, bien que traversé par un couple sur 5.

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Personnes
Transcription
00:00J'ai mis plus de 5 ans à essayer d'avoir un enfant et ça a tout requestionné chez moi.
00:05Avec ma femme, on s'est rencontrés en 2019.
00:09On avait 32 ans tous les deux.
00:12Ça a été un gros coup de foudre.
00:13Assez rapidement, on s'est mis ensemble.
00:15Assez rapidement, on avait le même désir de fonder un foyer dans un schéma très classique.
00:21On a mis beaucoup, beaucoup d'amour pour en avoir.
00:25Et au bout de quelques mois, un peu plus d'une année,
00:29voyant que ça ne venait pas, on a commencé à s'interroger.
00:34Un médecin qui nous a demandé de faire une batterie de tests.
00:37C'est la première fois que je me rendais compte que ça allait être beaucoup plus invasif pour ma femme que pour moi.
00:41Elle, elle a commencé les examens.
00:43Ça allait plutôt bien.
00:44Elle avait une bonne réserve ovarienne.
00:45D'ailleurs, même ça, c'est un terme que je ne connaissais pas avant de m'y intéresser.
00:49Et moi, de mon côté, il a fallu faire un examen, qui est celui du spermogramme.
00:55On m'a dit qu'il était complètement catastrophique.
00:57J'avais un grand sentiment de culpabilité, parce que j'avais l'impression que c'était de ma faute.
01:02Peut-être que ma femme allait me quitter.
01:03Je n'arrivais pas à lui donner un enfant.
01:05Et que du coup, j'ai commencé à vraiment me poser des questions même sur ma masculinité,
01:10sur les schémas que j'avais de la virilité.
01:12Au début, les médecins me disent qu'il va peut-être falloir commencer à changer des choses dans mon mode de vie.
01:18Ensuite, on m'a dit que j'avais une varicocelle, qui est en fait une varice dans les testicules,
01:23et qu'elle était au grade 2, et que si elle passait au grade 3, ça nécessiterait une opération,
01:29et que c'est peut-être une des causes d'infertilité.
01:31Et là aussi, ça m'a permis de me dire, mais en fait, nous les hommes, on n'est pas du tout sensibilisés à toutes ces questions.
01:35On pense qu'on peut faire des enfants jusqu'à 50 ans comme ça.
01:38Et en fait, non.
01:40Donc j'ai été opéré.
01:40Mais entre-temps, il y a eu la question des arrêts naturels de grossesse.
01:46Mon épouse, en en ayant fait plusieurs, donc à répétition,
01:49je me suis rendu compte de l'extérieur, du traumatisme physique que c'était,
01:54dans lequel je ne pouvais même pas la rejoindre,
01:56du traumatisme psychologique et de la pression sociale qu'elle subissait.
02:00D'où aussi l'idée d'en faire un spectacle derrière,
02:02de faire prendre conscience, de mettre en lumière ce tabou autour des arrêts naturels de grossesse.
02:08Ça permet un peu de prendre en compte que ça existe et de soulager les femmes et les couples qui traversent ça.
02:13Parce que nous, on s'est sentis profondément seuls.
02:15Dès qu'on commençait à parler d'infertilité, il y avait deux phénomènes.
02:18Le premier, j'ai été très en colère contre la série La Servante écarlate.
02:21Dès qu'on en parlait, les gens me disaient, ah mais c'est comme dans la série.
02:24Comme si, en fait, ça n'existait pas.
02:26On en a fait une fiction.
02:28Ah ouais, c'est glauque si demain on.
02:29Oui, mais en fait, c'est la réalité.
02:31Soit, au contraire, des conseils maladroits, des injonctions de morale.
02:35Il faut, il faut pas, tu devrais faire ci, tu devrais faire ça.
02:37Et à aucun moment, on vous demande comment ça va, comment vous traversez ça, est-ce que c'est pas trop dur.
02:43Enfin, comment vous le vivez, en fait, tout simplement.
02:45Après des années d'échecs et plus de 5 ans de tristesse, on a un peu tout essayé.
02:52On a eu envie de faire pause.
02:54Et donc, on a décidé de partir marcher, de faire une grande marche de 1500 kilomètres.
02:59Dans deux mois, on s'est reconnectés l'un à l'autre, on s'est reconnectés avec la nature.
03:02On a pu déjà refaire mémoire de tout ce par quoi on a été passé.
03:08De commencer à réfléchir sur ce fameux projet parental et qu'est-ce qu'on voulait en faire.
03:12Et on a décidé de commencer une demande d'agrément pour être famille d'accueil.
03:19Parce que moi, j'ai été confronté quand j'étais jeune.
03:21Et on s'était dit, de toute façon, en se mariant, qu'on ait des enfants ou pas, on sera famille d'accueil.
03:25L'idée d'en faire un spectacle, d'ailleurs, c'était aussi de sensibiliser à cette question pour dire à tous ceux qui ont des enfants
03:31qu'en fait, parfois, il reste un peu de place.
03:33Quand les enfants ont grandi, sur un temps de week-end, un temps de vacances,
03:36pouvoir offrir à des enfants de l'aide sociale à l'enfance, un peu de notre temps, un peu de notre amour.
03:40Et puis voilà, dire aussi à toutes celles et ceux qui n'ont pas d'enfants ou qui n'y arrivent pas,
03:45c'est peut-être une possibilité.
03:47Il y a celle de l'adoption, évidemment, mais il y a aussi celle-là dont on parle très peu.
03:52En tout cas, moi, j'y crois parce que j'en suis la preuve vivante.
03:54C'est aussi grâce à toutes ces personnes qui m'ont tendu la main dans mon parcours que j'ai pu trouver ma voie.
04:00On a commencé ce parcours pour être famille d'accueil.
04:03Sans dire si on a eu un enfant ou pas.
04:06C'est un peu de l'auto-promo, il faut venir voir le spectacle Couleur Framboise.
04:09Mais ce qu'on peut dire, c'est que la parentalité est là, qu'on donne de l'amour et qu'on est un foyer très heureux.
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