- il y a 2 jours
La présidence d'Emmanuel Macron a été marquée par de nombreuses crises avec les pays africains. Ces dernières années, la France a perdu la quasi-totalité de ses bases militaires en Afrique et n'est plus le premier partenaire commercial de l'Afrique subsaharienne. Pendant ce temps, la Chine, la Russie ou la Turquie étendent leur influence économique, politique et militaire sur le continent.Des décennies après les décolonisations, la France paie-t-elle en Afrique son sentiment de toute-puissance issu des années de « France-Afrique » ? Le divorce entre l'Afrique et la France est-il consommé ?Pour en discuter, Jean-Pierre Gratien reçoit Niagalé Bagayoko, présidente de l'African Security Sector Network, Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l'Afrique et Ousmane Ndiaye, journaliste spécialiste de l'Afrique.
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00:00:00Générique
00:00:01...
00:00:15Bienvenue à tous, direction l'Afrique aujourd'hui dans ce débat doc,
00:00:20avec le documentaire qui suit tout d'abord Afri-France,
00:00:23le divorce avec un point d'interrogation
00:00:25ou l'histoire d'un désamour grandissant entre l'Afrique francophone
00:00:29et l'ancienne puissance coloniale.
00:00:32Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau
00:00:35en compagnie de la politologue niégalée Bagayoko
00:00:39et des journalistes Antoine Glazer et Ousmane Ndiaye.
00:00:43Avec eux, nous nous interrogerons sur la place désormais occupée par la France
00:00:47sur le continent africain.
00:00:49Bon doc.
00:00:50...
00:00:52...
00:00:54Moi, en tant que noir,
00:01:06où que j'aille dans un pays de blanc,
00:01:10n'importe quel paysan bouzeux
00:01:13a le sentiment diffus et profond
00:01:16que lui, il est quand même au-dessus de moi.
00:01:19Là, en 2024.
00:01:22Ça ramène à tout le passé de domination,
00:01:26à tout le passé de conquête,
00:01:29à tout le passé d'imposition d'une culture,
00:01:31d'une religion.
00:01:33C'est profondément ancré dans les gens, en fait.
00:01:36On est pris en otage,
00:01:38mentalement, psychiatriquement.
00:01:40...
00:01:41Comment ça va, petit ?
00:01:46On a l'impression que quand la France a un problème,
00:01:49toute l'Afrique a un problème.
00:01:51C'est pour ça que je suis là, assis là,
00:01:53à faire une interview à des blancs
00:01:54pour expliquer pourquoi on n'aime plus la France en Afrique.
00:01:57...
00:01:57Ce désamour,
00:02:05la France ne l'a pas vue venir.
00:02:07...
00:02:07Elle, qui a été tant célébrée
00:02:10pour avoir combattu
00:02:11les groupes djihadistes au Mali.
00:02:14La France est fière
00:02:16d'avoir contribué
00:02:18à cette victoire.
00:02:23Aujourd'hui,
00:02:24les drapeaux tricolores brûlent.
00:02:27Les militaires français quittent le Sahel.
00:02:31Les ambassades sont mises à sac.
00:02:33La France s'est chassée
00:02:36parce que nous étions
00:02:37la cible à abattre.
00:02:44Dans ces pays-là,
00:02:45on vit une crise.
00:02:47C'est pas un recul,
00:02:48c'est une crise.
00:02:49Il faut l'assumer.
00:02:50Pour la première fois dans un documentaire,
00:02:53le président de la République
00:02:54s'explique sur sa politique africaine.
00:02:57Moi, je suis le premier président français
00:02:58qui suis né après les décolonisations.
00:03:01Et donc, on ne va pas être enfermés
00:03:02dans notre passé.
00:03:04Mais les années de France-Afrique,
00:03:06de relations parfois toxiques,
00:03:08alimentent toujours les rancœurs.
00:03:14Nous avons voyagé dans ces pays
00:03:16de l'ancien précaré français.
00:03:18En Côte d'Ivoire,
00:03:20au Tchad,
00:03:21au Bénin,
00:03:22au Sénégal.
00:03:25Nous y avons rencontré
00:03:26des leaders et activistes
00:03:27qui assument un discours
00:03:29visant l'ancienne puissance coloniale.
00:03:30L'objectif du panafricanisme,
00:03:34c'est d'avoir
00:03:35des partenariats équitables
00:03:37avec l'Occident.
00:03:38La France,
00:03:39elle doit avoir la dignité
00:03:40de voler de ses propres ailes,
00:03:42enfin.
00:03:45Très agressive,
00:03:47la Russie profite de cette crise.
00:03:49Le jeu qui se déroule ici
00:03:52est tellement sale.
00:03:56S'il y a un point sensible,
00:03:59alors il faut frapper
00:04:00là où ça fait mal.
00:04:02La Turquie étant aussi
00:04:04son influence,
00:04:05avec Sadat,
00:04:06une société militaire privée.
00:04:09Nous travaillons
00:04:10dans certains pays d'Afrique.
00:04:12Mais comme je l'ai dit,
00:04:14nous ne voulons pas
00:04:14divulguer lesquels.
00:04:15Tout le monde
00:04:21s'est fait la guerre
00:04:22sur le territoire africain.
00:04:23C'est l'ADN
00:04:24des grandes puissances.
00:04:26Dans ce grand jeu
00:04:27de go international,
00:04:29nous avons cherché
00:04:30à comprendre
00:04:30quelle sera la relation
00:04:32de la France
00:04:32avec l'Afrique francophone.
00:04:35Un partenariat renouvelé
00:04:36ou un divorce
00:04:37consommé ?
00:04:38Novembre 2024,
00:04:54au Sénégal.
00:04:55nous sommes au milieu
00:05:02d'une foule survoltée.
00:05:0615 000 personnes
00:05:07réunies dans un des plus
00:05:08grands stades
00:05:09de la banlieue de Dakar,
00:05:10la capitale.
00:05:11Elles sont rassemblées
00:05:30pour le dernier meeting
00:05:31de campagne
00:05:32d'un homme
00:05:33dont tout le monde parle.
00:05:34Le premier ministre du Sénégal,
00:05:56Ousmane Sonko,
00:05:59un critique farouche
00:06:00de la présence française
00:06:01dans son pays.
00:06:04Tout le monde !
00:06:05Tout le monde !
00:06:34Une population sauvage
00:06:36avec des exécutions,
00:06:38un piège
00:06:39de notre continent.
00:06:40Que nous ne nous connaissons pas.
00:06:42Nous sommes au milieu de la ville.
00:06:43Nous sommes au milieu de la ville.
00:06:45Nous sommes au milieu de la ville.
00:06:46Nous sommes au milieu de la ville.
00:06:50Merci beaucoup !
00:06:51Merci beaucoup !
00:06:53On a l'air de la ville.
00:06:54Nous sommes au milieu de la ville.
00:06:57Ousmane Sonko a fondé
00:06:58un mouvement
00:06:58qui a donné des ailes
00:06:59à une nouvelle génération
00:07:00d'hommes politiques.
00:07:01Le PASTEF,
00:07:04le parti des patriotes
00:07:05du Sénégal.
00:07:07Amadouba en est un membre actif.
00:07:11Ce fidèle lieutenant de Sonko
00:07:13est député
00:07:13à l'Assemblée nationale sénégalaise.
00:07:15et les consignes de sécurité habituelles.
00:07:18Consignes de sécurité habituelles.
00:07:20Chauffeur et tout.
00:07:23Les partis traditionnels
00:07:24n'offraient aucune perspective
00:07:26parce que tout était centré
00:07:28sur le chef de parti.
00:07:30C'était quasiment
00:07:31de la corruption généralisée.
00:07:33Et quand on a tous vu
00:07:34les premiers pas
00:07:35de Ousmane Sonko
00:07:36à la télé,
00:07:37poser les problématiques.
00:07:39Personne ne considérait
00:07:40que le franc CFA
00:07:41pourrait éventuellement
00:07:42être un problème.
00:07:43personne ne parlait
00:07:44de souveraineté, etc.
00:07:46Donc, l'homme,
00:07:47par sa posture,
00:07:49ça nous a parlé.
00:07:59Souveraineté,
00:08:01indépendance.
00:08:02Ces mots,
00:08:03nous les avons entendus
00:08:04partout
00:08:05pendant notre tournage.
00:08:06au pied des monuments
00:08:08des villes africaines
00:08:09que nous avons arpentées.
00:08:13Lus dans les regards
00:08:14des passants,
00:08:15dévisageant notre caméra
00:08:17portée par deux blanches,
00:08:19incarnant malgré nous
00:08:20cette France
00:08:20perçue comme intrusive.
00:08:22C'est là qu'ils sont venus,
00:08:31les blancs.
00:08:32C'est pas ailleurs,
00:08:33les blancs en Côte d'Ivoire.
00:08:34C'est pas ailleurs.
00:08:35C'est là.
00:08:36L'écrivain Armand Gauze
00:08:38est hanté par les fantômes
00:08:39de l'esclavage.
00:08:42Il vit à Grand Bassam,
00:08:43le tout premier comptoir
00:08:44colonial français
00:08:45de Côte d'Ivoire.
00:08:48Il a tenu à nous montrer
00:08:50cet océan
00:08:50par lequel la France
00:08:52a déporté
00:08:521 300 000 africains
00:08:54vers les Amériques
00:08:55en à peine 200 ans.
00:09:03Premier vers
00:09:04du premier livre
00:09:05de la négritude.
00:09:07Ils sont venus ce soir
00:09:09où les tam-tams
00:09:10roulaient de rythme en rythme.
00:09:13Combien de mois,
00:09:14mois, mois, mois,
00:09:15mois, mois
00:09:15sont morts
00:09:16depuis qu'ils sont venus ce soir.
00:09:20C'est ça, Damas.
00:09:22Dans ces vers-là,
00:09:24il dit
00:09:24les 500 ans de violence,
00:09:26c'est l'Europe occidentale blanche
00:09:28qui domine la planète entière.
00:09:30Après l'esclavage
00:09:34vient la période
00:09:36de la colonisation.
00:09:38À la fin du 19e siècle,
00:09:41l'armée française
00:09:42prend le contrôle
00:09:42d'immenses territoires
00:09:43en Afrique de l'Ouest
00:09:44et en Afrique centrale.
00:09:48La République
00:09:49se taille un empire
00:09:50qu'elle va exploiter
00:09:51pour le plus grand profit
00:09:52de la métropole.
00:09:53Regarde ça.
00:10:00Regarde ça.
00:10:01Ça.
00:10:03Ça, c'est du colonial.
00:10:05C'est un hôtel.
00:10:06Hôtel, salle de balle.
00:10:09Quand on commence
00:10:10à mettre des salles de balle,
00:10:11c'est quand on se sent chez soi.
00:10:13Tu vois.
00:10:15L'espace gastronomique
00:10:16s'appelle encore France-Ville.
00:10:17Regarde.
00:10:17Avec de l'icodographie blanche.
00:10:22On est vraiment
00:10:23en territoire français.
00:10:33La colonisation
00:10:34est un système
00:10:35politique et économique
00:10:36de domination
00:10:37et d'exploitation.
00:10:38Point.
00:10:39Qu'il y ait eu des individus
00:10:40qui se soient comportés
00:10:41de manière humaine.
00:10:43Tant mieux.
00:10:44Tant mieux.
00:10:44Des colons
00:10:45qui se soient comportés
00:10:46de manière humaine.
00:10:46Tant mieux.
00:10:46Mais quel était le statut
00:10:48de ces populations indigènes ?
00:10:49Infériorisées,
00:10:50dominées,
00:10:51exploitées économiquement.
00:10:52Et quand on dit
00:10:53oui, on a développé
00:10:53l'école,
00:10:54les dispensaires,
00:10:54mais pour que la main-d'œuvre
00:10:55soit efficace,
00:10:56il fallait qu'économiquement parlant,
00:10:58ça soit rentable.
00:10:59Donc c'est ça,
00:10:59la colonisation.
00:11:03Entre 1958 et 1960,
00:11:06les colonies françaises
00:11:07d'Afrique subsaharienne
00:11:08obtiennent leurs indépendances.
00:11:11Mais les liens
00:11:12avec la métropole
00:11:13ne sont pas coupés.
00:11:16commence une liaison incestueuse
00:11:21appelée France-Afrique.
00:11:24C'est l'époque
00:11:24des trafics d'influence
00:11:25et des réseaux occultes
00:11:27de Jacques Faucard,
00:11:28le monsieur Afrique
00:11:29du général de Gaulle.
00:11:33Quatre gaillards
00:11:34ont enlevé
00:11:35les deux présidents
00:11:36pour les transporter
00:11:38tels les administrateurs
00:11:40coloniaux de jadis.
00:11:43Maintenus pendant des décennies
00:11:44par les présidents successifs,
00:11:47il s'agit d'un système
00:11:48post-colonial
00:11:48où les rapports
00:11:49de domination perdurent.
00:11:52Les nouveaux dirigeants
00:11:53africains sont protégés
00:11:54par la France
00:11:55tant qu'ils restent
00:11:56dans la ligne politique
00:11:57définie par Paris
00:11:58et se soumettent
00:11:59aux intérêts économiques français.
00:12:01Un homme
00:12:06a été l'un des rouages
00:12:08de ce système.
00:12:08Sud Radio Bercov
00:12:13dans tous ses états
00:12:14le face-à-face.
00:12:16Robert Bourgie,
00:12:18bonjour.
00:12:19Très heureux
00:12:19de vous recevoir
00:12:20pour ce livre
00:12:22« Ils savent
00:12:23que je sais tout ».
00:12:25Alors justement,
00:12:26je sais que vous n'aimez
00:12:27pas l'expression
00:12:27« porteur de valise
00:12:29ou convoyeur de fond »,
00:12:30mais quand même,
00:12:31vous étiez chargé
00:12:32de convoyer
00:12:33des sommes d'argent
00:12:34de chefs d'État
00:12:35africains
00:12:35envers des chefs d'État
00:12:37ou de l'administration
00:12:38françaises.
00:12:39Et vous citez
00:12:40des gens que vous avez
00:12:40très bien connus
00:12:41et fréquentés,
00:12:42de Jacques Chirac
00:12:43à Nicolas Sarkozy,
00:12:44en passant par
00:12:45Dominique Villepin,
00:12:46Claude Guéant
00:12:47et tous les autres.
00:12:49Je n'ai jamais été
00:12:51porteur de valise,
00:12:53mais j'ai toujours
00:12:55accompagné
00:12:56les émissaires
00:12:57des chefs d'État
00:12:58africains
00:12:59qui étaient porteurs
00:13:01de ce que j'appellerais
00:13:02l'émissive
00:13:03bien chargée
00:13:04de billets de banque
00:13:06en direction
00:13:07des autorités
00:13:08politiques françaises.
00:13:10Le destinataire
00:13:11principal
00:13:12pendant ces
00:13:13quatre décennies,
00:13:14ça a été
00:13:15Jacques Chirac.
00:13:16Oui,
00:13:17oui,
00:13:17oui,
00:13:18je le dis.
00:13:20C'est la première page
00:13:21de mon livre.
00:13:24Jacques Chirac
00:13:25était candidat
00:13:26à la présidentielle
00:13:26de mai 88
00:13:27et il me fait venir
00:13:30à la mairie de Paris.
00:13:31Il me dit,
00:13:31il faudrait que vous
00:13:32allez voir
00:13:32le président Bongo.
00:13:36Dites-lui que la campagne
00:13:38coûte cher
00:13:39et il me faut des subsides.
00:13:42Et je suis allé voir
00:13:43le président Bongo,
00:13:45un des aides-de-camp de Bongo.
00:13:47Il vient me chercher
00:13:48à l'hôtel,
00:13:49me fait asseoir
00:13:50dans la salle d'attente
00:13:51et je vois Roland Dumas.
00:13:54Roland Dumas,
00:13:55l'homme de Mitterrand,
00:13:56d'un air malicieux,
00:13:57il me dit,
00:13:58je crois que nous venons
00:13:59pour la même chose.
00:14:00Il me dit,
00:14:00rassurez-vous,
00:14:01Bourgie,
00:14:02je vous en ai laissé.
00:14:04Et je rentre
00:14:05dans le bureau
00:14:06de Bongo.
00:14:11Je lui dis,
00:14:11mais papa,
00:14:12mais pourquoi
00:14:13vous aidez
00:14:14tout le monde ?
00:14:15Il me dit,
00:14:15fiston,
00:14:17quand il y a
00:14:17une course de chevaux,
00:14:18il y a plusieurs chevaux
00:14:19et je mise
00:14:20sur tous les chevaux.
00:14:22Un des chevaux
00:14:23va rentrer
00:14:23et je serai gagnant.
00:14:25Cela était l'assurance
00:14:27pour ces chefs d'État
00:14:28de rester au pouvoir
00:14:31avec la couverture
00:14:32militaire française
00:14:33en cas de trouble.
00:14:35On intervient immédiatement.
00:14:40Est-ce que
00:14:40ce n'est pas
00:14:41ce système post-colonial,
00:14:43ce système de faux cas
00:14:44que la France paye
00:14:45aujourd'hui en Afrique ?
00:14:46Peut-être.
00:14:47En tout cas,
00:14:48c'est cette image
00:14:49qu'elle paye,
00:14:49c'est parfois
00:14:50ses réalités.
00:14:51Ça s'est arrêté
00:14:52depuis quand même
00:14:52plusieurs années.
00:14:53Je crois que
00:14:54mes prédécesseurs
00:14:55ont progressivement
00:14:56changé ce système
00:14:56et je l'ai sans doute
00:14:57encore arrêté
00:14:57de manière plus radicale.
00:14:59Ce qui parfois
00:15:00d'ailleurs n'a pas été compris.
00:15:02Mais je l'assume.
00:15:03Non, mais par les gens
00:15:04qui sont justement
00:15:04dans un rapport de puissance.
00:15:05Beaucoup de gens
00:15:06qui vous disent
00:15:06il y a un recul de la France
00:15:07sont des gens qui,
00:15:08en fait,
00:15:09signifiant creux,
00:15:10vous devriez faire
00:15:11les coups d'État
00:15:11ou les arrêter
00:15:12quand il y en a.
00:15:12On ne fait plus ça.
00:15:17Dès 2017,
00:15:19Emmanuel Macron,
00:15:19fraîchement élu,
00:15:21affiche une forte volonté
00:15:22de changer la relation
00:15:23avec les pays
00:15:23d'Afrique francophone.
00:15:26Alors on m'a dit
00:15:27ici c'est un amphithéâtre
00:15:29marxiste et panafricain.
00:15:31Donc je me suis dit
00:15:33c'est l'endroit
00:15:34où je dois aller
00:15:35pour m'exprimer.
00:15:40Il est le premier président français
00:15:41à qualifier la colonisation
00:15:43de crime contre l'humanité.
00:15:46Et tient à s'adresser
00:15:47directement aux jeunesses africaines.
00:15:49La France et l'Afrique.
00:15:51Je ne suis pas venu ici
00:15:53vous dire
00:15:53quelle est la politique africaine
00:15:55de la France
00:15:55comme d'aucuns le prétendent.
00:15:58Parce qu'il n'y a plus
00:15:59de politique africaine
00:16:01de la France.
00:16:01Quelle était votre ambition
00:16:08pour la relation franco-africaine ?
00:16:10D'essayer de faire
00:16:11ce qu'on est en train
00:16:12de mener.
00:16:13C'est-à-dire une...
00:16:15Moi j'appellerais ça
00:16:16une refondation.
00:16:17Moi je suis le premier
00:16:17président français
00:16:18qui suis né
00:16:19après les décolonisations.
00:16:22Ce n'est pas ma génération.
00:16:24Et l'Afrique,
00:16:26les trois quarts même plus
00:16:27de la population
00:16:27n'a jamais connu
00:16:28la décolonisation.
00:16:30Et donc on ne va pas
00:16:31être enfermé dans notre passé.
00:16:32Donc c'est toute cette politique
00:16:33de reconnaissance que je mène
00:16:34qui n'est pas une politique
00:16:35de la repentance,
00:16:37qui n'est pas une politique
00:16:37qui nous enferme.
00:16:38Reconnaître les choses,
00:16:39regarder la vérité
00:16:40de ce passé
00:16:41mais en même temps
00:16:42être décomplexé sur l'avenir.
00:16:45Un pays incarne
00:16:46la politique renouvelée
00:16:48souhaitée par Emmanuel Macron.
00:16:50Le Bénin.
00:16:52Une langue de terre
00:16:53coincée entre le Togo
00:16:55et le Nigeria
00:16:56où les relations avec Paris
00:16:59sont au beau fixe.
00:17:01C'est la seule ancienne
00:17:08colonie française
00:17:09où nous avons été autorisés
00:17:12à suivre une ambassadrice
00:17:13sur le terrain.
00:17:14Et pas n'importe laquelle.
00:17:17Comment ça se passe ?
00:17:19Nadej Choua,
00:17:20l'ancienne conseillère afrique
00:17:21du président français.
00:17:22Ah, vous êtes au top bientôt.
00:17:26Ce jour-là,
00:17:28elle enchaîne les rencontres
00:17:29dont une est hautement symbolique.
00:17:33C'est un honneur
00:17:34de venir aujourd'hui
00:17:35à Abomey
00:17:36et de vous rencontrer.
00:17:38Merci beaucoup
00:17:38de nous recevoir.
00:17:39L'actuel roi d'Abomey
00:17:45est le descendant
00:17:47de Béanzin Ier.
00:17:48Ennemi juré de la France,
00:17:50figure de lutte
00:17:51contre la colonisation
00:17:52au 19e siècle.
00:17:56Scène inimaginable
00:17:58au temps des colonies,
00:17:59la diplomate pose
00:18:01au pied du trône.
00:18:08Protocole oblige,
00:18:09le roi ne peut s'adresser
00:18:10directement à ses visiteurs.
00:18:13Sa Majesté
00:18:14me charge
00:18:15de vous dire merci
00:18:16que ce sont les biens
00:18:18de nos parents
00:18:18qui sont venus chez vous.
00:18:22Et c'est une joie
00:18:23après des siècles
00:18:26et nous les avoir
00:18:27retournés à l'État.
00:18:31Les biens
00:18:35dont parle
00:18:35le messager du roi,
00:18:37ce sont
00:18:37ses statues royales,
00:18:41ses trônes,
00:18:44ses portes
00:18:45en bois sculpté,
00:18:46arrachées des palais,
00:18:48pillées par
00:18:48les troupes françaises
00:18:49en 1892
00:18:50et jusque-là
00:18:52précieusement gardées
00:18:53à Paris.
00:18:58En 2016,
00:19:00le ministre
00:19:00des Affaires étrangères
00:19:01béninois
00:19:02écrit à son homologue
00:19:04Jean-Marc Ayrault
00:19:04à l'époque
00:19:05en demandant
00:19:06que justice soit faite
00:19:08en restituant
00:19:09les biens béninois.
00:19:12La réponse
00:19:12des autorités françaises
00:19:13c'est une fin
00:19:14de non recevoir
00:19:15mais il y a eu
00:19:15d'autres courriers
00:19:16avant d'autres pays.
00:19:17Et justement,
00:19:18pourquoi est-ce qu'avant
00:19:20on a dit
00:19:20que ce n'était pas faisable ?
00:19:23Je ne pourrais pas
00:19:24trop vous dire.
00:19:25Moi, je pense
00:19:26qu'il y avait
00:19:27une forme
00:19:27de conservatisme.
00:19:29Peut-être que ce n'est
00:19:30pas si facile
00:19:30pour les hommes
00:19:31politiques français
00:19:32d'affronter
00:19:34ces conservateurs.
00:19:36Il a fallu également
00:19:38les rassurer
00:19:38sur le fait
00:19:39que c'est bien
00:19:41récupéré,
00:19:42ne serait pas
00:19:43jeté
00:19:44dans quelques caves
00:19:45ou se retrouver
00:19:46sur des décharges
00:19:47disons
00:19:48dans cette savane
00:19:49africaine.
00:19:49En novembre 2021,
00:19:55la France restitue
00:19:56au Bénin
00:19:5626 œuvres
00:19:57des trésors
00:19:58royaux d'Abaumé.
00:20:00C'est un acte
00:20:01fort
00:20:02qui signifie
00:20:03que bon,
00:20:05littéralement
00:20:06la guerre est finie.
00:20:08C'est une manière
00:20:09de rendre
00:20:10la dignité,
00:20:11la souveraineté,
00:20:13la fierté
00:20:13au peuple
00:20:14d'où c'est parti.
00:20:16Beaucoup de gens
00:20:19ont été surpris.
00:20:22Si au 19e siècle
00:20:23il y avait
00:20:24une telle qualité
00:20:25de mobilier,
00:20:27ça signifie
00:20:27qu'on était avancés.
00:20:29On n'était pas
00:20:30les sauvages
00:20:31qu'on a voulu
00:20:31nous faire croire.
00:20:32On n'était pas nuls.
00:20:35La France
00:20:36et le Bénin
00:20:36célèbrent en grande pompe
00:20:38le retour de ces œuvres
00:20:39sur leur terre d'origine.
00:20:42Mais seules
00:20:42une trentaine
00:20:43ont été rendues
00:20:44sur des milliers
00:20:45d'autres restés
00:20:46dans les musées français.
00:20:52Un geste symbolique
00:20:53qui n'a pas suffi
00:20:55à apaiser les critiques.
00:20:59L'une d'elles
00:21:00revient sans cesse.
00:21:02Tenace,
00:21:03lancinante,
00:21:05celle de l'arrogance
00:21:06française.
00:21:09Lors du discours
00:21:09de Ouagadougou
00:21:10en 2017,
00:21:12une déclaration
00:21:12d'Emmanuel Macron
00:21:13en présence
00:21:14du président
00:21:15du Burkina Faso
00:21:16va marquer
00:21:17les esprits.
00:21:18C'est quelque part
00:21:19vous me parlez
00:21:19comme si j'étais
00:21:20toujours une puissance
00:21:20coloniale.
00:21:21Mais moi,
00:21:21je ne veux pas
00:21:22m'occuper
00:21:22de l'électricité
00:21:23dans les universités
00:21:24au Burkina Faso.
00:21:31C'est le travail.
00:21:32C'est le travail
00:21:33du président.
00:21:35Du coup,
00:21:36il s'en va
00:21:36à rester là.
00:21:37du coup,
00:21:45il est parti
00:21:46réparer
00:21:47la climatisation.
00:21:54Est-ce que vous reconnaissez
00:21:55le fait que certaines
00:21:56de vos déclarations
00:21:56aient pu hériter
00:21:57ou contribuer
00:21:59à ce sentiment ?
00:22:00La clim ?
00:22:02Alors la clim,
00:22:03c'est n'importe quoi.
00:22:04Non, mais ça,
00:22:05c'était vraiment...
00:22:06Ça, c'est un truc
00:22:06qui a été récupéré
00:22:07par certains,
00:22:08mais c'était vraiment
00:22:09une relation fraternelle
00:22:10que j'avais
00:22:11avec le président
00:22:12et c'est vraiment
00:22:13une plaisanterie
00:22:14qu'on a faite ensemble.
00:22:14Demandez-lui
00:22:15si lui,
00:22:15il a été vexé
00:22:15une seule seconde.
00:22:16Pas du tout.
00:22:17C'est-à-dire,
00:22:17on ne peut pas faire
00:22:17d'humour,
00:22:18on ne peut pas être franc.
00:22:20Ces impairs du président
00:22:22sont pointés du doigt
00:22:23dans un rapport
00:22:24de la commission sénatoriale
00:22:25des affaires étrangères
00:22:26et de la défense.
00:22:29Écrit par des élus
00:22:30venant de tous bords politiques,
00:22:32le document met en lumière
00:22:34les reproches précis
00:22:35faits à la France.
00:22:38Le premier d'entre eux...
00:22:40Une forme d'arrogance
00:22:42et de paternalisme
00:22:43qui se sont traduits
00:22:44par des maladresses
00:22:45telles que la convocation
00:22:47des chefs d'État sahéliens
00:22:48à Pau.
00:22:49Nous aurons l'occasion
00:22:50dans les prochains jours
00:22:51et les prochaines semaines
00:22:51de travailler sur le Sahel.
00:22:54Et puis nous avons acté
00:22:55une clause de rendez-vous.
00:22:56C'est le président
00:22:57de la République,
00:22:57Emmanuel Macron,
00:22:58qui convoque
00:22:59les chefs d'État du Sahel
00:23:01à un sommet de Pau
00:23:02pour les chapitrer.
00:23:03Parce qu'en fait,
00:23:04en plus,
00:23:05dans la séquence,
00:23:05c'est « je ne suis pas content,
00:23:07vous ne faites pas les efforts
00:23:07que j'attends de vous ».
00:23:08Mais en fait,
00:23:12ce n'est pas l'attitude
00:23:13qu'on peut avoir
00:23:13dans des relations partenariales.
00:23:16Parce que si on inversait
00:23:18la situation,
00:23:19nous n'accepterions pas
00:23:20que nos interlocuteurs
00:23:22nous parlent
00:23:22comme nous leur parlons.
00:23:23C'est aussi simple que ça ?
00:23:24La situation que vous vivez
00:23:49est très dramatique.
00:23:51la souffrance
00:23:52est de ce monde.
00:23:54Mais ce n'est pas
00:23:54le gouvernement
00:23:55qui doit te donner
00:23:56ta souffrance.
00:23:58Paul Chéry Gballet
00:23:59est une activiste
00:24:00renommée en Côte d'Ivoire.
00:24:04Elle est à Yopougon,
00:24:06le quartier
00:24:07le plus populaire
00:24:08d'Abidjan
00:24:08pour se battre
00:24:09contre les expulsions
00:24:10des habitants
00:24:11et la destruction
00:24:12de leurs maisons
00:24:13ordonnées
00:24:14par le gouvernement ivoirien.
00:24:15On a dit, bon,
00:24:17c'est une citation à chose.
00:24:19Dans les papiers
00:24:20des blancs,
00:24:21on appelle ça
00:24:21expropriation
00:24:22pour cause
00:24:23d'utilité publique.
00:24:25Mais les mêmes lois
00:24:26la disent.
00:24:27Quand on veut
00:24:27prendre la maison
00:24:28de quelqu'un,
00:24:29ça se fait
00:24:30après une indemnisation
00:24:32juste et préalable.
00:24:36C'est la guerre
00:24:37ou bien c'est quoi ?
00:24:38Si c'est la guerre aussi,
00:24:39on n'a qu'à vous dire
00:24:39ce que vous avez fait.
00:24:41Au moins,
00:24:42vous savez.
00:24:42emprisonnée
00:24:43pour avoir manifesté
00:24:44contre le gouvernement
00:24:45en place,
00:24:47elle est une farouche
00:24:47opposante
00:24:48à Alassane Ouattara.
00:24:54Le président
00:24:55réélu en 2020
00:24:56pour un troisième mandat
00:24:57avec le soutien
00:24:59de la France.
00:25:04Pour nous autres,
00:25:06les problèmes
00:25:06de la Côte d'Ivoire
00:25:07sont dus
00:25:08à la mauvaise gouvernance
00:25:10de nos dirigeants.
00:25:11Je ne crois pas
00:25:12que ce soit la France
00:25:13qui leur demande
00:25:14de détourner
00:25:15les dédiés publics.
00:25:16Je ne crois pas
00:25:16que ce soit la France
00:25:17qui leur demande
00:25:18de casser
00:25:19les maisons des gens.
00:25:20Je ne crois pas
00:25:21que ce soit la France
00:25:22qui leur demande
00:25:23de ne rien faire
00:25:24contre la cherté
00:25:25de la vie.
00:25:26Mais parfois,
00:25:27on en veut
00:25:28aux pays occidentaux
00:25:29parce qu'on se dit
00:25:30quand les gens
00:25:31gouvernent mal,
00:25:32ils ne disent rien.
00:25:33Et parfois même,
00:25:34ils collaborent
00:25:35avec ces dictateurs-là
00:25:37contre le peuple.
00:25:38Poucheric Ballet
00:25:53milite pour la promotion
00:25:54du panafricanisme.
00:25:57Ce mouvement prône
00:25:58l'unité des peuples africains
00:25:59à l'échelle mondiale.
00:26:01Né au début
00:26:02du XXe siècle,
00:26:04il est en pleine renaissance
00:26:05dans les pays
00:26:06d'Afrique francophone.
00:26:09L'objectif
00:26:10du panafricanisme,
00:26:12ce n'est pas
00:26:12de rompre
00:26:13les relations
00:26:14avec l'Occident.
00:26:16C'est d'avoir
00:26:17des partenariats
00:26:19équitables
00:26:20avec l'Occident.
00:26:22Aujourd'hui,
00:26:23c'est la France
00:26:24qui a la plupart
00:26:25des gros marchés
00:26:27en Côte d'Ivoire.
00:26:28C'est Bolloré,
00:26:35c'est Bouygues.
00:26:39On avait dit
00:26:40que le métro,
00:26:41au début,
00:26:42c'était des Coréens
00:26:42et c'était même
00:26:44moins cher.
00:26:45Après,
00:26:45c'est devenu
00:26:461000 milliards
00:26:46avec la France.
00:26:48On ne sait pas
00:26:48comment ils sont passés
00:26:49de la Corée
00:26:49à la France.
00:26:54La France
00:26:55est toujours
00:26:55en 2025
00:26:56le premier investisseur
00:26:58étranger
00:26:58en Côte d'Ivoire.
00:27:02Plus de 1000 entreprises
00:27:03françaises
00:27:03y sont installées.
00:27:11Ce sentiment
00:27:12de domination économique
00:27:13exaspère
00:27:14les jeunesses africaines.
00:27:16Celles d'un continent
00:27:17où 62%
00:27:18de la population
00:27:19a moins de 25 ans.
00:27:25Idrissa,
00:27:26Ousmane,
00:27:27Amadou
00:27:28sont étudiants
00:27:29en médecine,
00:27:30lettres
00:27:31ou agriculture
00:27:32à l'université
00:27:33Cheikh Anta Diop
00:27:34de Dakar,
00:27:35l'une des plus grandes
00:27:36d'Afrique francophone.
00:27:41Pour nous,
00:27:42il était primordial
00:27:43d'aller à la rencontre
00:27:44de ces jeunes.
00:27:47Plus engagés,
00:27:49plus politisés
00:27:50que ne l'ont jamais
00:27:51été leurs parents.
00:27:52nous avons un renouvellement
00:27:59des générations
00:27:59qui aspirent
00:28:00à une coopération
00:28:01qui respecte
00:28:02leurs valeurs,
00:28:03à une coopération
00:28:04qui respecte
00:28:04leurs identités.
00:28:05Aujourd'hui,
00:28:09nous avons des ambitions
00:28:09et nous voulons
00:28:10nous donner
00:28:11les moyens
00:28:11de nos ambitions.
00:28:12Donc,
00:28:13on ne peut pas
00:28:13se cacher
00:28:14derrière la France
00:28:16pour pouvoir dérouler
00:28:17nos ambitions.
00:28:18L'Afrique,
00:28:18dans son entièreté,
00:28:19est assez mature
00:28:20pour savoir
00:28:21qu'il n'y a qu'elle
00:28:23qui puisse
00:28:23prendre en main
00:28:24son destin.
00:28:25Pour y arriver,
00:28:28il faut selon eux
00:28:29se débarrasser
00:28:30de certains vestiges
00:28:31de la colonisation
00:28:32et de la France-Afrique.
00:28:34D'abord,
00:28:36le franc CFA.
00:28:38Transport d'arrière.
00:28:39Après barrage.
00:28:42Mi franc.
00:28:43Transport, s'il vous plaît,
00:28:44monsieur d'âme.
00:28:45Je prends des monnaies.
00:28:47Né en 1945,
00:28:49il signifie alors
00:28:50franc des colonies
00:28:52françaises d'Afrique.
00:28:52Même si aujourd'hui,
00:28:55la France ne l'impose plus,
00:28:57qu'elle est minoritaire
00:28:58dans les instances
00:28:58de direction
00:28:59de cette monnaie,
00:29:00le CFA est toujours
00:29:01perçu comme une violation
00:29:02de la souveraineté économique
00:29:04par les populations
00:29:05des États
00:29:06qui l'utilisent.
00:29:12Le second point
00:29:13de crispation,
00:29:15c'est la présence
00:29:16militaire française.
00:29:22Après les décolonisations,
00:29:25Paris installe ses bases
00:29:26permanentes
00:29:26avec l'accord
00:29:27ou à la demande
00:29:28des gouvernements locaux.
00:29:30Tout en haut.
00:29:30C'est un beau pays.
00:29:33Je trouvais que c'était
00:29:34un peu pauvre,
00:29:35mais un pays
00:29:35bien accueillant en tout cas.
00:29:38Ces Jaguar
00:29:38ont une mission
00:29:39de présence
00:29:40comme il en est
00:29:41de toutes les troupes françaises
00:29:43dans les territoires
00:29:44où nous sommes liés
00:29:45par des accords de défense.
00:29:46A leur âge d'or,
00:29:48dans les années 1960,
00:29:50elles comptent
00:29:51près de 30 000 hommes
00:29:52déployés
00:29:53dans huit pays.
00:29:57Début 2025,
00:29:59ils étaient encore
00:30:001700 soldats français
00:30:01postés au Gabon,
00:30:04en Côte d'Ivoire
00:30:04ou ici au Sénégal.
00:30:06De savoir
00:30:10qu'il y a une base
00:30:10ici pour moi
00:30:11c'est inadapté
00:30:12par rapport
00:30:12à notre monde.
00:30:13Est-ce que la France
00:30:14pourrait accepter
00:30:15que des bases militaires
00:30:17sénégalaises
00:30:17se trouvent en France ?
00:30:19Donc si ça continue,
00:30:20ça peut être perçu
00:30:21d'une autre manière
00:30:21que non pas
00:30:23sur le cadre diplomatique
00:30:24mais sur le cadre
00:30:24de la domination.
00:30:28Merci.
00:30:29Merci.
00:30:29Merci.
00:30:29Merci.
00:30:33Le côté symbolique
00:30:35il faut en tenir compte.
00:30:37Ils pensent que
00:30:38c'est encore
00:30:39la colonisation,
00:30:39la no-colonisation.
00:30:41On ne peut pas
00:30:41faire qu'on s'y n'entende pas.
00:30:43Pour beaucoup de gens,
00:30:44ça gêne.
00:30:46Et puis on finit
00:30:47par se poser la question
00:30:48mais les Anglais
00:30:49ils ont eu des colonies
00:30:50en Afrique.
00:30:52Mais pas de bases militaires
00:30:52anglaises en Afrique.
00:30:54Pourquoi est-ce que la France
00:30:55tient absolument
00:30:56à avoir des bases militaires
00:30:57en Afrique ?
00:30:58Et puis à quoi servent
00:30:59ces bases militaires ?
00:31:01On se pose la question.
00:31:01France et nous
00:31:05on ne sommes maris
00:31:06mais disons que
00:31:07les relations
00:31:08sont un peu rouleuses.
00:31:10Ça traverse
00:31:10une période
00:31:11de turbulence.
00:31:11Certains pays ont choisi
00:31:29de claquer la porte
00:31:30de ce mariage chancelant.
00:31:34Le Mali en tête.
00:31:36La France y était déployée
00:31:37depuis 2013
00:31:38pour lutter contre
00:31:39les djihadistes
00:31:40à la demande
00:31:41des autorités locales.
00:31:43Mais au fil des années,
00:31:45la situation sécuritaire
00:31:46se dégrade.
00:31:48Les attaques
00:31:48se multiplient.
00:31:50Comme en 2019
00:31:51avec le massacre
00:31:52d'Indéliman.
00:31:55L'organisation
00:31:57de l'État islamique
00:31:58revendique la mise à mort
00:31:59de 53 militaires maliens.
00:32:01La population
00:32:09cherche alors
00:32:09des boucs émissaires.
00:32:15Le pouvoir en place,
00:32:17allié de la France,
00:32:18est renversé
00:32:18par un coup d'État
00:32:19militaire en 2021.
00:32:22Le premier
00:32:22d'une épidémie
00:32:23de putsch
00:32:24dans cette région,
00:32:26épicentre
00:32:26du terrorisme
00:32:27en Afrique.
00:32:27En 2022,
00:32:30c'est le tour
00:32:31du Burkina Faso,
00:32:33puis le Niger
00:32:34un an plus tard.
00:32:38Dans ces pays,
00:32:40l'ancienne puissance
00:32:41coloniale
00:32:42est accusée
00:32:42de tous les maux
00:32:43par les nouveaux dirigeants.
00:32:44L'adversaire
00:32:48que nous avons
00:32:50en face,
00:32:52ce n'est pas
00:32:52le terrorisme,
00:32:54c'est surtout
00:32:55la France.
00:32:56Ils parlent
00:32:56des droits de l'homme,
00:32:57mais ils déciment
00:32:58des populations ailleurs.
00:33:00L'Africain doit
00:33:01se réveiller,
00:33:01l'Afrique doit
00:33:02se réveiller.
00:33:03Et le combat
00:33:03contre l'impérialisme
00:33:04est permanent.
00:33:08Dans les États
00:33:09tombés aux mains
00:33:09des putschistes,
00:33:11éclatent de violentes
00:33:12manifestations antifrançaises.
00:33:14Elles ont profondément
00:33:19marqué cet homme.
00:33:21Diplomate français.
00:33:23Il était à l'époque
00:33:23basé dans l'un
00:33:24des trois pays du Sahel.
00:33:27Sa vie a été menacée.
00:33:30À un moment,
00:33:31la peur,
00:33:31elle est légitime.
00:33:32Elle peut vous gagner
00:33:34quand vous commencez
00:33:36à avoir une vague
00:33:36qui se forme
00:33:38et qui va vous emporter.
00:33:39vous avez subi
00:33:44des graves manifestations
00:33:45devant l'ambassade
00:33:47avec un jet de pierre.
00:33:54Avec des gens
00:33:55qui peuvent réussir
00:33:57à pénétrer
00:33:57dans l'ambassade.
00:33:59Oui,
00:34:03la peur,
00:34:04moi,
00:34:04mais personnellement,
00:34:05m'a gagné
00:34:06à un certain moment
00:34:07de ces séquences-là,
00:34:08bien sûr.
00:34:14Les diplomates
00:34:15sont renvoyés.
00:34:17La France
00:34:17est contrainte
00:34:18de fermer
00:34:18son ambassade au Niger.
00:34:19Les bases militaires
00:34:27sont évacuées
00:34:28au Mali,
00:34:30au Niger
00:34:31et au Burkina Faso.
00:34:42Dans ces pays-là,
00:34:43on vit une crise.
00:34:45C'est un moment
00:34:46de tension.
00:34:47Il faut le vivre
00:34:47comme un moment.
00:34:49Mais il faut aussi
00:34:49assumer que,
00:34:51d'abord,
00:34:51on était là
00:34:52avec une mission,
00:34:52elle était claire.
00:34:53Ils ont rompu
00:34:54ce cadre
00:34:54et qu'ensuite,
00:34:56les dirigeants
00:34:58liés à ces putsch
00:35:00sont dans un moment
00:35:01où, au fond,
00:35:02ils instrumentalisent
00:35:03aussi beaucoup
00:35:03le sentiment
00:35:04anti-français.
00:35:06Ils le nourrissent
00:35:06et l'instrumentalisent
00:35:07et ils ne veulent pas
00:35:09de ces relations
00:35:09dont acte.
00:35:13Le départ forcé
00:35:14du Sahel
00:35:15oblige la France
00:35:16à repenser
00:35:17complètement
00:35:17sa présence militaire,
00:35:18sur tout le continent
00:35:20africain,
00:35:22y compris
00:35:22ses bases permanentes
00:35:23en Afrique francophone.
00:35:27Autrefois considérées
00:35:28comme un avantage stratégique,
00:35:30elles sont devenues
00:35:31un handicap.
00:35:31d'ici à la fin
00:35:36de l'année 2025,
00:35:37il n'y aura plus
00:35:38de bases militaires
00:35:39françaises permanentes
00:35:40en Afrique centrale
00:35:41et en Afrique de l'Ouest.
00:35:42Malgré la légitimité
00:35:43de l'action,
00:35:44malgré la crédibilité
00:35:45de ce qui est fait,
00:35:46malgré la qualité
00:35:46du partenariat,
00:35:47si ce n'est pas bien expliqué,
00:35:49ce n'est pas bien documenté,
00:35:51s'il y a du doute,
00:35:53c'est mal compris.
00:35:54Et nos adversaires
00:35:55l'ont bien,
00:35:56ça,
00:35:56l'ont parfaitement intégré
00:35:57dans leur stratégie
00:35:58qui visait à décrédibiliser,
00:36:00à délégitimer
00:36:01la présence de la France
00:36:02en Afrique.
00:36:07La Russie est sans doute
00:36:08le compétiteur
00:36:09le plus offensif,
00:36:10on le sait.
00:36:17La Russie récolte
00:36:18les fruits d'une politique
00:36:19savamment orchestrée
00:36:20par Vladimir Poutine.
00:36:28Depuis le sommet
00:36:31de Sochi en 2019,
00:36:33le président russe
00:36:34courtise ardemment
00:36:35les chefs d'État africains.
00:36:38Il enchaîne
00:36:39les rencontres
00:36:39en tête à tête.
00:36:45Les prises de parole
00:36:46avec un mot-clé récurrent.
00:36:58Depuis l'invasion de l'Ukraine,
00:37:10Poutine a utilisé
00:37:11trois fois plus
00:37:12ce champ lexical
00:37:13du colonialisme
00:37:14qu'il ne l'a fait
00:37:14durant tout le reste
00:37:15de sa présidence
00:37:16entre 2000 et 2021.
00:37:19Il y a une volonté
00:37:20finalement de créer
00:37:21des convergences idéologiques
00:37:23entre les acteurs russes
00:37:24qui défendent
00:37:25cet agenda souverainiste,
00:37:27cette désoccidentalisation
00:37:28du monde,
00:37:29cette émergence
00:37:30d'un monde multipolaire
00:37:31et un agenda africain local,
00:37:34panafricaniste,
00:37:35anticolonial.
00:37:36Pour diffuser ce discours,
00:37:39le chef du Kremlin
00:37:40a une arme redoutable.
00:37:42Des faux médias
00:37:43qui recrachent
00:37:44sa propagande.
00:37:47Dernier né
00:37:47au royaume
00:37:48de la désinformation,
00:37:50African Initiative.
00:37:50C'est un système,
00:38:03une grosse machine
00:38:05qui se présente
00:38:06comme une sorte
00:38:08d'agence de presse
00:38:09multilingue
00:38:09qui produise des contenus
00:38:10en français,
00:38:11en russe,
00:38:12en anglais,
00:38:12en arabe.
00:38:13Vu des armées françaises,
00:38:14African Initiative,
00:38:15c'est une sorte de galaxie.
00:38:17C'est un système,
00:38:18une grosse machine
00:38:19qui vise à attaquer
00:38:21les pays occidentaux,
00:38:22dont la France,
00:38:23et qui vise à imposer
00:38:24les narratifs russes
00:38:26au sein des opinions
00:38:27publiques africaines.
00:38:28Son rédacteur en chef
00:38:32est Artyom Kureyev.
00:38:34Il se présente
00:38:35comme un expert
00:38:36en géopolitique,
00:38:37mais en réalité,
00:38:39il est un agent
00:38:39des services secrets russes,
00:38:41le FSB.
00:38:42Le rédacteur en chef
00:39:01est Artyom Kureyev.
00:39:03Les gens comme lui
00:39:04ne sont pas de simples journalistes.
00:39:06On ne peut pas parler de médias,
00:39:07mais plutôt d'une structure
00:39:09qui fait partie
00:39:09de la stratégie
00:39:10d'influence russe.
00:39:11Bien sûr,
00:39:12parce que vous,
00:39:13vous croyez encore
00:39:15à l'existence
00:39:16de médias indépendants.
00:39:18Naïvement, oui.
00:39:21Cette organisation
00:39:22est d'une manière
00:39:23ou d'une autre
00:39:24affiliée au pouvoir russe
00:39:25au Kremlin.
00:39:27Il serait idiot
00:39:27de penser le contraire.
00:39:34Sergei Elédinov
00:39:35est le correspondant
00:39:36d'African Initiative
00:39:37à Dakar.
00:39:38Ancien membre
00:39:40des forces spéciales
00:39:41russes,
00:39:42il s'installe au Sénégal
00:39:43il y a une quinzaine
00:39:44d'années.
00:39:46Travaille d'abord
00:39:46dans le secteur
00:39:47de la sécurité privée
00:39:48avant de se reconvertir
00:39:50en spécialiste
00:39:50des questions africaines.
00:39:51Sergei, bonjour,
00:39:59je suis très heureux
00:39:59de vous retrouver.
00:40:00Bonjour,
00:40:01très heureux également.
00:40:05À travers les articles
00:40:05qu'il signe,
00:40:09les documentaires
00:40:10qu'il réalise,
00:40:13Sergei est devenu
00:40:13une des chevilles ouvrières
00:40:14de la propagande
00:40:15anti-française.
00:40:16La Côte d'Ivoire
00:40:18s'est retrouvée
00:40:18plongée dans une crise
00:40:20durable et profonde
00:40:21dont la France
00:40:22est derrière tout ça
00:40:22en partie responsable.
00:40:25La trajectoire
00:40:25du Burkina Faso
00:40:26est un exemple
00:40:27frappant
00:40:28de la politique
00:40:28menée depuis Paris
00:40:29pour continuer
00:40:30à faire de l'Afrique
00:40:31même après les indépendances
00:40:33un territoire
00:40:34sous son contrôle.
00:40:35La France
00:40:39est de fait
00:40:40un membre actif
00:40:41de ce qu'on appelle
00:40:41l'Occident collectif
00:40:43contre lequel
00:40:45nous sommes en guerre.
00:40:50Nous ne sommes pas
00:40:51dans le respect
00:40:52des règles sportives
00:40:53ou le fair play
00:40:54à la pierre de Coubertin.
00:40:57La partie
00:40:58qui se joue ici
00:40:59est tellement sale
00:41:01que si vous connaissez
00:41:04un point faible
00:41:04c'est là
00:41:07que vous devez frapper.
00:41:10Pourquoi le continent
00:41:12africain
00:41:13est-il devenu
00:41:14une priorité politique
00:41:15pour la Russie ?
00:41:17C'est une partie
00:41:20très importante
00:41:20du sud global.
00:41:23On parle
00:41:24de 54 pays.
00:41:28L'Afrique
00:41:30joue un rôle
00:41:31important
00:41:32pour contrer
00:41:33la menace
00:41:34d'isolement
00:41:34de la Russie
00:41:35sur la scène
00:41:36internationale.
00:41:46On est en train
00:41:47de passer peu à peu
00:41:47dans un monde
00:41:48post-occidental.
00:41:49On a des acteurs
00:41:50de ce qu'on appelle
00:41:51le sud global
00:41:52qui deviennent
00:41:52de plus en plus importants
00:41:53et dont le poids
00:41:54et dont le poids démographique,
00:41:55politique, économique
00:41:56est de plus en plus fort.
00:41:57Tout l'enjeu
00:41:58c'était de montrer
00:41:58que la Russie
00:42:00appartenait
00:42:00à une même
00:42:01entité géopolitique
00:42:04que ces pays-là.
00:42:07Le régime de Poutine
00:42:08a même créé une notion
00:42:09pour s'unir
00:42:10avec ces pays
00:42:11au sein d'un même bloc.
00:42:12la majorité mondiale.
00:42:18Ça permet
00:42:19d'englober
00:42:20le sud global
00:42:22et la Russie
00:42:23par opposition
00:42:24à une minorité
00:42:25occidentale
00:42:25et à cet Occident
00:42:27collectif.
00:42:35Un Occident
00:42:36que la Russie
00:42:37combat
00:42:37avec l'aide
00:42:37de nombreux soldats
00:42:38recrutés directement
00:42:40en Afrique francophone.
00:42:43Nous nous sommes
00:42:44procurés
00:42:45ce document.
00:42:46Il est issu
00:42:47d'un organe
00:42:47chargé
00:42:48de la propagande russe.
00:42:50On y découvre
00:42:50que des blogueurs
00:42:51africains
00:42:52basés au Mali,
00:42:53en Centrafrique,
00:42:54en Côte d'Ivoire
00:42:55sont payés
00:42:56par Moscou
00:42:57pour poster
00:42:57du contenu favorable
00:42:58au Kremlin
00:42:59ou critiquer la France.
00:43:01Chasser la France,
00:43:03chasser les forces
00:43:04du mal,
00:43:05la France,
00:43:06elle dégage.
00:43:08L'Afrique
00:43:08n'est pas menacée
00:43:09par la famine
00:43:10ni par une supposée
00:43:12influence russe,
00:43:14mais par vous,
00:43:15Emmanuel Macron.
00:43:18Dans le document,
00:43:19on trouve le nombre
00:43:20d'abonnés des auteurs
00:43:21et entre parenthèses
00:43:23la somme
00:43:23qu'ils ont touchée
00:43:24pour poster leurs vidéos.
00:43:26Ici,
00:43:28500 dollars.
00:43:31Enfin,
00:43:31il y a
00:43:32les preuves de paiement.
00:43:35Des reçus
00:43:36de sommes en cash
00:43:36et de virements
00:43:37effectués
00:43:38pour financer
00:43:39ce qui est appelé
00:43:40ici
00:43:40des campagnes
00:43:41digitales
00:43:42de blogueurs.
00:43:50L'idée,
00:43:51c'est de s'appuyer
00:43:51à chaque fois
00:43:52sur des relais locaux,
00:43:54ce qui va à la fois
00:43:55permettre
00:43:55de viraliser
00:43:56des contenus
00:43:57puisque ces influenceurs
00:43:58ont des gros réservoirs
00:43:59d'audience,
00:44:00mais aussi
00:44:01de crédibiliser
00:44:02ces contenus
00:44:03puisqu'en s'appuyant
00:44:04sur un acteur local,
00:44:06le contenu
00:44:07est perçu
00:44:07comme beaucoup plus crédible
00:44:08vis-à-vis des audiences
00:44:09ciblées.
00:44:12L'influence de Moscou
00:44:13en Afrique francophone
00:44:15grandit à mesure
00:44:16que s'étoffe
00:44:17sa présence militaire.
00:44:20Les soldats
00:44:20et les mercenaires russes
00:44:22officiellement déployés
00:44:23pour former
00:44:23les armées locales
00:44:25y sont de plus en plus
00:44:26visibles,
00:44:27de plus en plus
00:44:28nombreux.
00:44:30Aujourd'hui,
00:44:31il serait près de 6 000
00:44:32sur le continent
00:44:33dont la majeure partie
00:44:35dans les anciennes
00:44:36colonies françaises.
00:44:38Près de 2 000 ans
00:44:39Centrafrique,
00:44:40une centaine au Niger
00:44:41et au Burkina Faso
00:44:42et 2 500 au Mali.
00:44:48Si on prend l'exemple
00:44:49du Mali,
00:44:50les poutchis se retrouvent
00:44:51face à un vide sécuritaire,
00:44:53ils doivent aller chercher
00:44:53les russes
00:44:54pour pouvoir
00:44:55se garantir
00:44:56eux-mêmes.
00:44:57Mais à chaque fois,
00:44:58c'est le symptôme
00:44:59de quoi ?
00:44:59De systèmes politiques
00:45:00défaillants
00:45:01qui n'arrivent pas
00:45:02à apporter eux-mêmes
00:45:02des réponses de sécurité.
00:45:05Et quelles sont
00:45:05les victimes de cela,
00:45:06les peuples africains ?
00:45:07La solution que propose
00:45:08la Russie,
00:45:09ou directement
00:45:10ou par le biais
00:45:10de Wagner,
00:45:12c'est une solution,
00:45:13c'est du néocolonialisme.
00:45:14Elle vous sécurise
00:45:15comme dirigeant,
00:45:16elle vous apporte
00:45:17tout le kit de sécurité
00:45:18qui va bien,
00:45:19et puis elle prend
00:45:19vos mines,
00:45:21elle prend votre système
00:45:22d'information
00:45:23et elle met
00:45:24le pays sous cloche
00:45:25et elle pompe
00:45:26ce qu'elle peut pomper.
00:45:27Elle se paye.
00:45:27C'est pas de l'aide
00:45:28publique au développement
00:45:29Wagner
00:45:30ou les Russes
00:45:32quand ils viennent.
00:45:37Sur le terrain,
00:45:39ils importent
00:45:39leurs méthodes.
00:45:47Ces images
00:45:47nous ont été envoyées
00:45:48par une source
00:45:49vivant au nord du Mali.
00:45:52Des scènes de chaos,
00:45:53des cadavres
00:45:56par dizaines.
00:45:59Accompagnés
00:46:00des troupes maliennes,
00:46:01les mercenaires russes
00:46:02s'attaquent aux populations
00:46:03peules sans distinction
00:46:05entre rebelles,
00:46:06djihadistes
00:46:07ou civils.
00:46:09Leur marque de fabrique,
00:46:11la décapitation.
00:46:12Cette violence extrême
00:46:29s'est retournée
00:46:30contre les hommes
00:46:30de Wagner.
00:46:32Depuis quelques mois,
00:46:33ils connaissent
00:46:33d'importantes défaites
00:46:34comme à Tinza Watten
00:46:36au Mali
00:46:36en juillet 2024
00:46:37où ils tombent
00:46:38dans une embuscade
00:46:39des djihadistes.
00:46:4247 soldats maliens
00:46:47et 84 mercenaires russes
00:46:49sont tués.
00:46:55Ils perdent aussi
00:46:56du terrain.
00:46:59À Bamako,
00:47:00la capitale,
00:47:01les terroristes
00:47:01ont réussi
00:47:02à prendre momentanément
00:47:03l'aéroport
00:47:04et mettre feu
00:47:05à l'avion présidentiel.
00:47:06D'après nos informations,
00:47:19la junte malienne
00:47:19envisage alors
00:47:20de faire appel
00:47:21à la concurrence
00:47:22pour garantir
00:47:22la pérennité du régime.
00:47:29Le marché de la sécurité
00:47:31s'élargit
00:47:32à de nouveaux pays.
00:47:33Parmi eux,
00:47:35la Turquie.
00:47:36Elle opère
00:47:40sous les radars
00:47:40en Afrique.
00:47:54Mon fils est décédé.
00:47:56Kalla bénisse son âme.
00:48:00Avant,
00:48:00je ne parlais pas.
00:48:02J'avais peur d'eux.
00:48:02Ils nous ont dit
00:48:11de ne jamais dire
00:48:12qu'il était au Niger.
00:48:14Vous l'enterrez
00:48:15et si quelqu'un
00:48:16vous demande
00:48:16quelque chose sur lui,
00:48:17ne dites rien.
00:48:20Si vous parlez
00:48:21aux journalistes,
00:48:22vous en assumerez
00:48:22les conséquences.
00:48:26Ali vit dans le nord
00:48:28de la Syrie.
00:48:28Il vient de récupérer
00:48:31le corps de son fils
00:48:32de 29 ans,
00:48:33mort en Afrique.
00:48:36Il y aurait été envoyé
00:48:37pour le compte
00:48:37d'une société
00:48:38militaire privée
00:48:39turque,
00:48:40Sadat.
00:48:45Un jour,
00:48:46mon fils m'a raconté
00:48:47que la société
00:48:48Sadat
00:48:48était une société
00:48:49de sécurité
00:48:50et que leur entraînement
00:48:52était fait par les services
00:48:53de renseignement turcs.
00:48:54vers le deuxième mois
00:48:58de cette année 2024,
00:49:00non, le premier,
00:49:01je me rappelle.
00:49:02Ils ont informé
00:49:03Ahmed et ses cousins
00:49:04de leur départ
00:49:05pour le Niger
00:49:06parce qu'il y avait
00:49:08des bases militaires
00:49:08turques sur place
00:49:09ou des mines
00:49:11ou je ne sais quoi.
00:49:16On m'a dit
00:49:16que son contrat
00:49:17était d'un an.
00:49:21Pour en savoir plus
00:49:22sur cette mystérieuse
00:49:23entreprise,
00:49:24au relance sectaire,
00:49:25nous partons
00:49:26pour la Turquie.
00:49:32C'est à Istanbul
00:49:33qu'après des mois
00:49:34de relance,
00:49:36le patron de Sadat
00:49:37accepte de nous
00:49:37accorder une interview.
00:49:43Méli Tanriverdi
00:49:44est affable,
00:49:45accueillant
00:49:46et réfute
00:49:48toute accusation
00:49:49d'envoyer des Syriens
00:49:50en Afrique francophone
00:49:51et d'y former
00:49:52son armée de l'ombre.
00:49:54qu'est-ce que vous répondez
00:49:57à cela ?
00:49:57Est-ce que c'est vrai ?
00:49:58Ce n'est absolument
00:49:59pas vrai.
00:50:00Ce sont des informations
00:50:01montées de toutes pièces
00:50:03pour ternir notre réputation.
00:50:05Ce sont des informations
00:50:06qui visent à calomnier
00:50:07la Turquie.
00:50:07Et est-ce que l'entreprise
00:50:11SADAT est présente
00:50:13en Afrique ?
00:50:14Nous travaillons
00:50:15dans certains pays
00:50:16d'Afrique.
00:50:19Mais comme je l'ai dit,
00:50:20nous ne voulons pas
00:50:21divulguer lesquels.
00:50:22Mais pouvez-vous me dire
00:50:24dans combien de pays africains ?
00:50:26Quelques-uns.
00:50:26Dans un quartier
00:50:33que l'on doit tenir secret,
00:50:36Vitercine Ergolou.
00:50:39Il est journaliste
00:50:39d'investigation spécialisée
00:50:41dans les questions
00:50:42de défense.
00:50:44Il a été menacé
00:50:45après avoir publié
00:50:46son livre d'enquête
00:50:47sur cette société
00:50:48militaire privée.
00:50:49Les dirigeants
00:50:53de SADAT
00:50:54militent pour la création
00:50:55d'une alliance
00:50:56regroupant 60 pays islamiques
00:50:58dont 28 en Asie,
00:51:0028 en Afrique
00:51:01et 4 en Europe.
00:51:06Cette entité
00:51:07aurait pour capitale
00:51:08Istanbul.
00:51:09Elle adopterait
00:51:11la charia
00:51:11comme système juridique,
00:51:12l'arabe
00:51:14comme langue officielle
00:51:15et le dinar
00:51:16comme monnaie.
00:51:19Ils prontent également
00:51:21la suppression
00:51:22du principe de laïcité
00:51:23dans la Constitution
00:51:24ainsi que le rétablissement
00:51:27de la peine de mort.
00:51:31Parmi leurs propositions
00:51:32figure aussi
00:51:33la création
00:51:34d'une armée parallèle
00:51:35capable d'intervenir
00:51:36dans ces 60 pays islamiques.
00:51:44SADAT
00:51:45est une entreprise
00:51:47fondée dans le but
00:51:49de faire émerger
00:51:50sur la scène politique mondiale
00:51:51les pays islamiques.
00:51:54D'en faire
00:51:55des superpuissances.
00:51:57Vous avez beau penser
00:51:58que le Tchad,
00:51:59l'Irak
00:51:59ou le Sénégal
00:52:00appartiennent
00:52:01à des régions différentes,
00:52:03nous les Turcs
00:52:04nous partageons
00:52:05avec ces pays
00:52:05la même culture,
00:52:07le même appel
00:52:08à la prière.
00:52:13La guerre des empires
00:52:15est bel et bien
00:52:15de retour
00:52:16au 21e siècle
00:52:17sur le territoire africain.
00:52:19Le défi est de taille
00:52:27pour cette nouvelle génération
00:52:28de dirigeants
00:52:29qui prend le pouvoir,
00:52:31réussir à imposer
00:52:32sa souveraineté,
00:52:34brandie en étendard
00:52:35face à l'impérialisme
00:52:36des grandes puissances.
00:52:39La France
00:52:40cherche encore sa place
00:52:41dans cette page d'histoire
00:52:42qui s'écrit.
00:52:43Elle ne sera pas rose
00:52:47comme la couleur
00:52:47de l'Empire
00:52:48sur les vieilles cartes
00:52:49coloniales.
00:52:50Mais nous l'avons compris
00:52:51lors de nos tournages,
00:52:53un nouveau départ
00:52:54reste possible.
00:52:55Il ne faut pas parler
00:52:57ni de divorce
00:52:58ni de rupture.
00:53:00À un moment donné,
00:53:00on peut faire
00:53:01chambre à part.
00:53:02Ce sera peut-être
00:53:03beaucoup plus simple
00:53:04pour apaiser
00:53:05la relation
00:53:08en attendant
00:53:08d'initier
00:53:09une thérapie de couple
00:53:10qui nous permettra
00:53:11de partir
00:53:12sur de nouvelles bases.
00:53:12Qu'est-ce qui vous semble
00:53:15le plus judicieux ?
00:53:17Le divorce pour
00:53:17l'interrogation
00:53:18ou un divorce impossible ?
00:53:19Un mariage autrement.
00:53:21Mais parler d'un mariage
00:53:22autrement,
00:53:23trop moins,
00:53:23ça serait un bon défi.
00:53:24Un mariage polygare.
00:53:26Parce qu'aujourd'hui,
00:53:26le Sénégal
00:53:28est un nom
00:53:29qui voudrait bien
00:53:30épouser la France
00:53:31mais aussi
00:53:32épouser d'autres pays.
00:53:34Faudrait que la France
00:53:35accepte la concurrence.
00:53:38Calmez-vous,
00:53:39les Blancs.
00:53:40Tout va bien.
00:53:41La France n'est
00:53:42en perdition nulle part.
00:53:45On parle votre langue
00:53:46et on la parle
00:53:47plutôt bien.
00:53:48On dit vos poèmes
00:53:49à vous.
00:53:50Tu vois ?
00:53:51Donc calmez-vous.
00:53:52Collez-nous la paix un peu.
00:53:54On va faire
00:53:54deux, trois trucs
00:53:55entre nous là.
00:53:56Ça va bien se passer.
00:53:58Très bonne note finale.
00:54:05Le divorce
00:54:06est-il consommé
00:54:07entre l'Afrique
00:54:08et l'ancienne puissance
00:54:09coloniale
00:54:10qui représente encore
00:54:11la France ?
00:54:12C'est ce que laisse entendre
00:54:13ce documentaire,
00:54:14cette enquête
00:54:14réalisée par Alexandra Jousset
00:54:16et Ksenia Bolchakova.
00:54:19Nous allons maintenant
00:54:20en débattre
00:54:20avec nos invités
00:54:21présents aujourd'hui
00:54:21sur ce plateau
00:54:22de débat-doc.
00:54:23Niagale Bagayoko
00:54:25est tout d'abord avec nous.
00:54:27Bienvenue à vous.
00:54:28Vous êtes politologue
00:54:29et chercheuse,
00:54:30présidente de l'African Security
00:54:31Sector Network
00:54:32et spécialiste
00:54:34des politiques internationales
00:54:35de sécurité
00:54:36et de réforme
00:54:37des systèmes de sécurité
00:54:38en Afrique de l'Ouest,
00:54:40une région qui nous intéresse
00:54:41tout particulièrement,
00:54:42on l'a bien compris
00:54:42après ce film,
00:54:43dans cette émission.
00:54:44Ousmane Nandia
00:54:45est également avec nous.
00:54:47Merci.
00:54:47Bienvenue à vous.
00:54:48Vous êtes journaliste,
00:54:49ancien rédacteur en chef
00:54:50en charge de l'Afrique
00:54:51chez TV5 Monde
00:54:53et auteur de ce livre
00:54:54L'Afrique contre la démocratie,
00:54:56mythe, déni et péril.
00:54:58C'est un ouvrage
00:54:58disponible
00:54:59aux éditions
00:55:00Rive Neuve.
00:55:01Et puis enfin avec nous
00:55:02Antoine Lazer.
00:55:03Bienvenue à vous
00:55:04Antoine Lazer.
00:55:05Vous êtes journaliste,
00:55:06spécialiste de l'Afrique,
00:55:07fondateur et ancien directeur
00:55:08de la lettre du continent.
00:55:09On vous doit, entre autres,
00:55:11le piège africain de Macron
00:55:13du continent à l'Hexagone.
00:55:14C'est un ouvrage co-écrit
00:55:15avec Pascal Hérault
00:55:17et publié, lui,
00:55:19chez Fayard.
00:55:20Alors ce film nous a emmenés
00:55:22dans des anciennes colonies françaises,
00:55:25en Côte d'Ivoire,
00:55:26au Sénégal, au Bénin
00:55:27ou encore au Tchad.
00:55:29Et là-bas,
00:55:30ce qui frappe peut-être,
00:55:32après avoir vu ce film,
00:55:33dans un premier temps,
00:55:34c'est le passé qui ne passe pas.
00:55:35C'est un passé qui ne passe pas.
00:55:37Et ce passé,
00:55:37c'est la colonisation.
00:55:38Est-ce que ça explique
00:55:39pour beaucoup
00:55:40le désamour
00:55:41auquel on s'intéresse
00:55:42aujourd'hui
00:55:43après ce documentaire ?
00:55:44Absolument.
00:55:45C'est-à-dire le passé
00:55:45qui ne passe pas.
00:55:47En fait,
00:55:47la France s'est crue
00:55:48trop longtemps
00:55:49chez elle en Afrique.
00:55:50Elle a exporté
00:55:51sur le quart du continent,
00:55:53elle a exporté
00:55:54non seulement sa culture,
00:55:55son administration,
00:55:56ses militaires,
00:55:57en faisant une petite France
00:55:59pendant une période
00:56:00beaucoup trop longue.
00:56:01Et à la chute
00:56:02du mur de Berlin,
00:56:03ça faisait vers 89-90,
00:56:05au lieu de remettre
00:56:05un peu les choses à plat,
00:56:07elle a continué à faire
00:56:08comme si elle était
00:56:09chez elle,
00:56:10un peu hors sol,
00:56:11par rapport
00:56:12aux réalités africaines.
00:56:14Ça veut dire,
00:56:14c'est contrairement
00:56:15à la colonisation britannique
00:56:17qui était vraiment
00:56:18chacun dans son club
00:56:19avec le pire,
00:56:20la partelle en Afrique du Sud,
00:56:22le meilleur,
00:56:23c'est justement,
00:56:24ça veut dire,
00:56:25l'identité des pays africains,
00:56:27c'était pas la...
00:56:27Ils ne dirigeaient pas
00:56:29directement la France
00:56:31avec ses dizaines
00:56:32de milliers de coopérants.
00:56:33En Côte d'Ivoire,
00:56:34en 80,
00:56:34il y avait encore
00:56:3550 000 Français.
00:56:37Ça veut dire,
00:56:37je crois vraiment,
00:56:38c'est cette façon
00:56:39de s'être installé
00:56:41sur ce continent
00:56:42et d'avoir pas compris.
00:56:43Moi, je vois ça
00:56:44d'une façon historique,
00:56:45une période historique.
00:56:47Et je pense que l'erreur,
00:56:48c'est en 89-90,
00:56:50la France est restée
00:56:51comme si elle était
00:56:51chez elle,
00:56:52alors qu'elle ne s'est pas
00:56:53intéressée à l'Afrique
00:56:54des Africains,
00:56:55elle ne s'est pas intéressée
00:56:56aux cultures africaines,
00:56:57elle ne s'est pas intéressée
00:56:58à l'Afrique réelle.
00:57:00Et c'est ce qu'elle paye
00:57:00actuellement ?
00:57:01Ce qui frappe aussi,
00:57:02c'est que ce passé
00:57:03qui ne passe pas,
00:57:05c'est surtout le cas
00:57:06auprès des jeunes,
00:57:08des pays visités
00:57:09dans ce film.
00:57:10Autrement dit,
00:57:12des hommes,
00:57:12des femmes
00:57:12qui n'ont pas connu
00:57:13cette période
00:57:14de la colonisation,
00:57:15pas connue non plus
00:57:16la période de la décolonisation
00:57:18qui a été particulièrement
00:57:19violente dans certains
00:57:19de ces pays.
00:57:20On pense au Cameroun,
00:57:21notamment.
00:57:22Ça, c'est particulièrement frappant.
00:57:24C'est orchestré par qui ?
00:57:26Alors moi,
00:57:27je pense qu'il est quand même
00:57:29important
00:57:30de se rendre compte
00:57:31qu'il y a incontestablement,
00:57:33comme on le voit
00:57:33parfaitement bien
00:57:34dans le film,
00:57:35un rejet de la France,
00:57:37mais qu'il y a un rejet
00:57:38beaucoup plus large
00:57:39de tous les partenaires
00:57:40traditionnels,
00:57:42notamment des partenaires
00:57:43européens,
00:57:44y compris de ceux
00:57:45qui n'ont pas
00:57:46le même passé colonial
00:57:48que la France.
00:57:49Il y a aussi
00:57:50un rejet
00:57:51assez viscéral
00:57:52des organisations
00:57:54multilatérales.
00:57:55l'ONU a dû quitter
00:57:57la région
00:57:58de manière
00:57:59assez violente.
00:58:01Donc,
00:58:02oui,
00:58:02bien sûr,
00:58:03il y a cet héritage
00:58:04qui est lourd
00:58:05à porter,
00:58:06mais je pense
00:58:06qu'on se trompe
00:58:07en pensant
00:58:08que le diagnostic
00:58:09doit uniquement
00:58:10se concentrer
00:58:12sur ce rejet
00:58:13de l'héritage
00:58:14colonial.
00:58:15Il y a plus largement
00:58:17une remise en cause
00:58:18des relations
00:58:19asymétriques,
00:58:21des relations
00:58:21perçues comme
00:58:22de domination
00:58:23d'un nord
00:58:24par rapport
00:58:25à des pays
00:58:26du sud.
00:58:27Et comme la France
00:58:27cherche à être
00:58:29extrêmement visible,
00:58:31notamment sur le
00:58:32continent africain,
00:58:33en se prévalant
00:58:33de la connaissance
00:58:35supérieure
00:58:36à celle
00:58:36de ses autres
00:58:37partenaires européens
00:58:38qu'elle en aurait,
00:58:39c'est elle
00:58:40qui fait l'objet
00:58:41du rejet
00:58:41le plus virulent.
00:58:43Et parce que
00:58:43vous évoquez
00:58:44évidemment
00:58:44d'autres pays
00:58:46européens
00:58:46qui aussi
00:58:47ont été
00:58:47colonisateurs.
00:58:48On peut évoquer
00:58:48évidemment,
00:58:49vous l'avez évoqué
00:58:49la Grande-Bretagne,
00:58:50les Belges,
00:58:51bien entendu,
00:58:51voir les Allemands.
00:58:53Pour les Belges,
00:58:54ça n'est pas facile,
00:58:54par exemple.
00:58:55Aujourd'hui,
00:58:56en Afrique centrale,
00:58:57notamment en RDC,
00:58:59les choses sont compliquées.
00:59:01Mais on voit aussi
00:59:02que, par exemple,
00:59:03les politiques
00:59:03de développement
00:59:04d'acteurs
00:59:05comme les Allemands
00:59:07ou comme les pays
00:59:08scandinaves même,
00:59:09qui sont pourtant
00:59:10généralement perçus
00:59:11comme des partenaires
00:59:13faciles
00:59:13et sans cet héritage
00:59:15très lourd,
00:59:16deviennent
00:59:16de plus en plus
00:59:17difficiles
00:59:18à accepter
00:59:19pour les partenaires
00:59:20africains
00:59:21qui estiment,
00:59:22comme le disait
00:59:23très justement
00:59:24Antoine,
00:59:25que l'on ne respecte
00:59:27pas leurs traditions,
00:59:29que l'on ne respecte
00:59:30pas leurs savoirs locaux
00:59:32et qui,
00:59:33eux aussi,
00:59:33deviennent
00:59:34ultra-souverainistes.
00:59:35vous partagez
00:59:37cette analyse
00:59:38en totalité
00:59:39pour partie,
00:59:40peut-être des réserves
00:59:41à ce qui a été dit
00:59:42à l'instant ?
00:59:42Non, je voulais juste
00:59:43faire un focus
00:59:44sur la jeunesse
00:59:44parce qu'il me semble
00:59:45qu'elle dit
00:59:46beaucoup de choses,
00:59:47elle révèle
00:59:47beaucoup de choses.
00:59:48Une des choses
00:59:49que la jeunesse révèle,
00:59:51c'est que,
00:59:52moi qui ai grandi
00:59:53jusqu'à dans les années
00:59:5490 en Afrique,
00:59:55notre conscience,
00:59:56notre culture politique
00:59:57se construisait
00:59:58sur beaucoup de choses
00:59:59du monde,
00:59:59sur la Palestine,
01:00:01sur plein de choses.
01:00:02Aujourd'hui,
01:00:02à partir des années 2000,
01:00:03moi j'ai observé
01:00:04que la culture politique
01:00:06se construisait
01:00:06sur le refus
01:00:08de ce qu'on appelle
01:00:09l'ordre post-colonial.
01:00:11C'est ce qu'Antoine
01:00:11décrivait,
01:00:13par exemple,
01:00:13la génération
01:00:14de nos pères
01:00:15ont vécu
01:00:16dans une sorte
01:00:18de suite post-coloniale
01:00:20plus prégmente
01:00:21et qu'ils ne l'ont pas contestée.
01:00:24Et c'est des choses
01:00:25très concrètes.
01:00:26Je donne un exemple
01:00:27très simple.
01:00:28L'université de Dakar,
01:00:29qui est la grande université
01:00:30d'Afrique de l'Ouest,
01:00:31après l'indépendance,
01:00:32elle était dépendante
01:00:33de l'Académie de Bordeaux
01:00:34pendant une décennie.
01:00:37Donc,
01:00:37il y a des choses
01:00:38très concrètes.
01:00:39Cette génération-là,
01:00:40en mai 68,
01:00:41s'est révoltée
01:00:42pour couper le lien.
01:00:43Donc,
01:00:44quand on a coupé
01:00:44le lien colonial,
01:00:46de fait,
01:00:47ça s'est poursuivi
01:00:48de façon très pragmatique.
01:00:49Et ça s'est poursuivi
01:00:50juste dans les années 90,
01:00:51dans une sorte
01:00:52de relative indifférence.
01:00:55Par contre,
01:00:55je pense que la jeunesse
01:00:56se réveille
01:00:57parce qu'il ne faut pas
01:00:59sous-estimer
01:00:59les conséquences
01:01:00des politiques d'ici.
01:01:01Je pense que
01:01:02le monde s'est globalisé.
01:01:04Chaque acte politique,
01:01:06immédiatement,
01:01:07avec les réseaux sociaux,
01:01:09a une conséquence immédiate.
01:01:11Je donne un exemple.
01:01:12Pour moi,
01:01:12il y a deux tournants
01:01:13très importants.
01:01:14En 2005,
01:01:16Jacques Chirac,
01:01:16enfin,
01:01:17je crois que c'était
01:01:17sous Chirac,
01:01:18on essaie de faire passer
01:01:20cette loi en France
01:01:20sur les bienfaits
01:01:21de la colonisation.
01:01:23Après,
01:01:23quelques années après,
01:01:24le discours de Dakar.
01:01:26Et en fait,
01:01:27dans ce temps-là,
01:01:28dans cet espace-là,
01:01:29de Nicolas Sarkozy,
01:01:31où il montre
01:01:33une Afrique arrière et tout,
01:01:34et ça a donné à Deli
01:01:35une mobilisation incroyable.
01:01:37Et ça s'est fait d'ailleurs
01:01:38symboliquement
01:01:38à l'université de Dakar.
01:01:39Donc,
01:01:40on a toute une génération
01:01:41qui s'est construite
01:01:42comme repère politique
01:01:43avec la France,
01:01:44le discours de Dakar,
01:01:46les tentatives
01:01:47de réculture
01:01:48de l'histoire coloniale,
01:01:49ou bien,
01:01:50et ça,
01:01:50on n'en parle pas beaucoup,
01:01:52les politiques répressives
01:01:53migratoires
01:01:54qui sont perçues là-bas
01:01:55aujourd'hui,
01:01:55maintenant,
01:01:56parce que la distance
01:01:57s'est rétrécie,
01:01:58tout ce qui est fait ici
01:01:59a une conséquence immédiate.
01:02:01Et puis,
01:02:01dernière chose,
01:02:02il faut remarquer que
01:02:03ce qui porte ce combat-là,
01:02:05les visages les plus médiatiques
01:02:06sur ce combat-là,
01:02:08ils ne sont pas des Africains
01:02:09qui ont grandi en Afrique,
01:02:10c'est des Africains
01:02:11qui ont grandi ici,
01:02:13qui ont vécu ici,
01:02:13qui sont français.
01:02:15– Tout le monde dit
01:02:15c'est la diaspora.
01:02:16– Oui,
01:02:17pour exemple,
01:02:17Kémy Seba a grandi dans,
01:02:18Kémy Seba,
01:02:19qui est un des radicaux
01:02:21de ce tour,
01:02:21a grandi à Strasbourg.
01:02:23Et donc,
01:02:23ça refait le lien
01:02:24entre non-politiques
01:02:26d'ici contemporaines
01:02:27et ce qui se passe
01:02:29avec la jeunesse africaine.
01:02:31– Alors,
01:02:31il y en a un
01:02:31qui a voulu s'inscrire
01:02:32en rupture avec tout cela.
01:02:34Et d'ailleurs,
01:02:34ce documentaire
01:02:35valait aussi
01:02:36par une interview
01:02:37exclusive
01:02:37de l'actuel chef de l'État,
01:02:39Emmanuel Macron,
01:02:40à propos de la politique africaine.
01:02:42D'ailleurs,
01:02:42il dit,
01:02:42il n'y a pas de politique africaine
01:02:44de la France aujourd'hui.
01:02:46Ça,
01:02:46il le dit,
01:02:47c'est tout au tout début
01:02:48du film.
01:02:50Il nous dit aussi,
01:02:50voilà,
01:02:50moi je suis le premier président français
01:02:52qui est né
01:02:53après la décolonisation.
01:02:57Et donc,
01:02:57il veut s'inscrire
01:02:59en rupture
01:03:00avec ses prédécesseurs
01:03:01sur cette question.
01:03:03Très clairement,
01:03:04il le redit
01:03:04dans ce film,
01:03:05est-ce que c'est le cas ?
01:03:06Est-ce que,
01:03:06depuis l'arrivée de Macron
01:03:07à l'Élysée,
01:03:09on a assisté
01:03:09à un changement de cap,
01:03:11à une rupture
01:03:12avec le passé
01:03:13du côté
01:03:14des anciennes colonies françaises ?
01:03:16Je pense qu'Emmanuel Macron,
01:03:17il est resté quand même
01:03:19dans cet anachronisme historique.
01:03:20Ça veut dire,
01:03:21il n'a pas compris
01:03:21ce passé
01:03:23qui ne passe pas.
01:03:24Il a cru que,
01:03:25un peu comme
01:03:27quand on est enfant,
01:03:28on a une ardoise magique,
01:03:30il a pensé
01:03:30qu'en faisant des rapports
01:03:32sur la colonisation,
01:03:34sur l'Algérie,
01:03:35rapport Stora,
01:03:36sur le Cameroun,
01:03:37rapport Ramondi,
01:03:39et sur d'autres rapports,
01:03:41et le Rwanda,
01:03:42bien évidemment,
01:03:42sur le génocide du Rwanda,
01:03:43il a pensé,
01:03:45absolument,
01:03:45il a pensé
01:03:46que comme ça,
01:03:46on allait passer
01:03:47à autre chose.
01:03:48Donc il y a un travail mémoriel.
01:03:49Il y a un travail mémoriel,
01:03:50mais encore une fois,
01:03:52d'abord,
01:03:52il avait quand même
01:03:53l'attitude,
01:03:53le problème de la France
01:03:55et aussi de ses institutions,
01:03:56ça veut dire,
01:03:57c'est la parole
01:03:57du chef de l'État,
01:03:59et il a montré lui-même,
01:04:00en particulier
01:04:01au moment des opérations
01:04:02militaires Barkhane
01:04:03dans le Sahel,
01:04:04il avait une telle arrogance
01:04:06quand il parlait
01:04:06au chef d'État africain,
01:04:08quand il allait leur dire
01:04:09oui,
01:04:09vous êtes responsable
01:04:11de la mort
01:04:12par rapport
01:04:13aux familles
01:04:14des militaires français,
01:04:15vous avez eu aussi
01:04:15des milliers de morts
01:04:17parmi les soldats,
01:04:17donc il y avait quand même
01:04:19toute une attitude,
01:04:21je veux dire,
01:04:21est-ce que c'est normal ?
01:04:22Je vais être
01:04:23beaucoup plus court,
01:04:24quand il y a
01:04:24un criquet
01:04:25qui se tridule
01:04:26dans le Sahel,
01:04:27on considère
01:04:27que c'est la responsabilité
01:04:28de la France.
01:04:29Quand vous avez,
01:04:30malheureusement,
01:04:30les filles de Chibok
01:04:32qui se font enlever
01:04:33au Nigeria
01:04:33des étudiantes,
01:04:34les Nigérians,
01:04:36ils ne vont pas demander
01:04:36au Premier ministre britannique
01:04:38de s'occuper d'eux.
01:04:39Est-ce que c'est normal,
01:04:40encore dans cette période
01:04:41d'Emmanuel Macron,
01:04:43qu'il soit en bras de chemise
01:04:44à l'Élysée,
01:04:45avec des cartes du Sahel
01:04:46dans son dos,
01:04:47en train de lui montrer
01:04:48l'opération Barkhane,
01:04:49ce que la France
01:04:50allait faire,
01:04:50etc.
01:04:51C'est aussi
01:04:51une sorte de négation
01:04:53des réalités locales,
01:04:54des troupes,
01:04:55des armées locales.
01:04:56Je ne dis pas
01:04:57que ce n'est pas,
01:04:58bien évidemment,
01:04:58c'est vrai que c'est le Mali
01:04:59qui a appelé
01:05:00à l'opération,
01:05:01qui était l'opération
01:05:02Serval,
01:05:03qui était quand même
01:05:04une opération,
01:05:05on ne peut pas la contester,
01:05:06mais qui avait un sens,
01:05:07mais après,
01:05:08Barkhane met 5 000 soldats français
01:05:10sur 5 millions de kilomètres carrés,
01:05:12après ils ont réduit un peu.
01:05:13Quand vous pensez
01:05:14que les Américains,
01:05:15ils avaient 100 000 hommes,
01:05:17je vais dire en Afghanistan,
01:05:19sur 600 000 kilomètres carrés,
01:05:21c'est la taille de la France.
01:05:22Avec 100 000 hommes,
01:05:23ils n'ont pas réussi.
01:05:24Qu'est-ce que la France ?
01:05:25C'est un peu
01:05:26cette espèce
01:05:26d'orgueil français.
01:05:28Pensez qu'on est encore
01:05:29chez nous en Afrique
01:05:30et on va gérer
01:05:31l'ensemble du Sahel
01:05:32avec notre armée.
01:05:33C'est absurde,
01:05:34avec le recul.
01:05:35C'est pour ça que je parle toujours
01:05:37d'anachronisme historique.
01:05:39On n'a pas compris
01:05:39que les temps avaient changé.
01:05:41Vous parliez d'un bilan mitigé
01:05:42en quelque sorte.
01:05:43Il y a surtout,
01:05:44la France n'a pas vu
01:05:46l'Afrique se mondialiser.
01:05:48La France a cru
01:05:49au moment de la chute
01:05:50du mur de Berlin
01:05:51qu'elle était encore chez elle.
01:05:52Moi, je vois bien
01:05:53les propres ambassadeurs
01:05:54qu'on voit européens.
01:05:56C'est à partir du moment
01:05:56de la chute du mur,
01:05:57pas de la chute du mur de Berlin.
01:05:59Quand l'armée française
01:06:01s'est fait virer du Sahel,
01:06:02vous aviez tous les ambassadeurs
01:06:03à Paris qui voulaient parler
01:06:05de l'Afrique,
01:06:05alors qu'avant,
01:06:06ils allaient voir
01:06:07le conseiller afrique,
01:06:08le directeur afrique du Quai
01:06:09ou le conseiller afrique
01:06:10du président.
01:06:12C'était,
01:06:12on demandait à la France
01:06:14ce qu'il fallait faire.
01:06:15Vous voyez un peu
01:06:15comment on était
01:06:16dans une autre période historique
01:06:17complètement.
01:06:18Alors, sur le plan militaire,
01:06:19néanmoins,
01:06:19le constat est là.
01:06:21On est sur le reculoir.
01:06:22Je ne sais pas si on peut
01:06:23utiliser ce terme
01:06:24puisque depuis 2022,
01:06:26les soldats français
01:06:28ont quitté six pays
01:06:29d'Afrique de l'Ouest
01:06:30et du Sahel
01:06:30dont un certain nombre
01:06:31d'entre eux ont été
01:06:32évidemment traités
01:06:33dans ce film.
01:06:34C'est considérable.
01:06:35Nous n'avons plus
01:06:35qu'une seule base militaire,
01:06:37je crois,
01:06:37en Afrique aujourd'hui.
01:06:38Il en reste deux.
01:06:40Deux, pardon ?
01:06:40Il reste celle de Djibouti
01:06:42et il reste une emprise
01:06:43également au Gabon.
01:06:45Mais effectivement...
01:06:46Donc le Gabon, Djibouti,
01:06:47il n'en reste eu que deux.
01:06:47C'est dans la foulée
01:06:49de ce que vient
01:06:50d'indiquer Antoine Glazer,
01:06:52c'est-à-dire l'échec
01:06:54opérationnel, stratégique
01:06:56de cette opération militaire
01:06:58Barkhane
01:06:59qui était menée au Sahel
01:07:01dont les dirigeants
01:07:03ont exigé le départ
01:07:05d'abord au Mali
01:07:07puis ensuite au Niger
01:07:08et enfin au Tchad
01:07:10ce qui a été
01:07:12un véritable choc
01:07:14parce que l'armée française
01:07:15a toujours considéré
01:07:17que le Tchad
01:07:18était le pays
01:07:19sur lequel
01:07:20elle pouvait s'appuyer
01:07:21le plus solidement
01:07:22et par la suite
01:07:24ont suivi
01:07:25très rapidement
01:07:26le Sénégal
01:07:27qui n'était absolument
01:07:28pas concerné
01:07:29par l'opération Barkhane
01:07:30si ce n'est
01:07:31pour le trajet
01:07:32des troupes françaises
01:07:34et l'acheminement
01:07:35du matériel logistique
01:07:37depuis les bases
01:07:39prépositionnées françaises
01:07:41et enfin la Côte d'Ivoire
01:07:43Est-ce que cette présence
01:07:44militaire française
01:07:45dénoncée
01:07:47dans ce documentaire
01:07:48par beaucoup
01:07:49et ce retrait
01:07:51de cette présence militaire
01:07:53peut contribuer
01:07:54à reconstruire
01:07:55une histoire
01:07:57avec cette partie
01:07:59de l'Afrique
01:07:59l'Afrique de l'Ouest
01:08:01l'Afrique centrale
01:08:01où nous étions présents
01:08:02En tout cas
01:08:03c'est l'objectif
01:08:04affiché par les autorités
01:08:06françaises
01:08:06il y a
01:08:08un commandement
01:08:09pour l'Afrique
01:08:10qui a été créé
01:08:11qui vise
01:08:12à introduire
01:08:14de nouvelles modalités
01:08:15de coopération
01:08:17de partenariat
01:08:18plus exactement
01:08:19pour utiliser
01:08:19les termes
01:08:20institutionnels
01:08:21qui vise
01:08:22davantage
01:08:23à proposer
01:08:25de l'aide
01:08:26de l'accompagnement
01:08:27en matière
01:08:28de renseignement
01:08:29mais de nouveau
01:08:30En fait c'est le modèle américain
01:08:31c'est le modèle américain
01:08:33avec Afrique
01:08:33qui est plus ponctuel
01:08:34qui est plus ponctuel
01:08:36mais qui renvoie
01:08:37Africom
01:08:38vous venez de citer ce nom
01:08:39c'est la branche
01:08:40armée américaine
01:08:41c'est le commandement
01:08:42militaire américain
01:08:43en Afrique
01:08:43tout comme le Sencom
01:08:44et le commandement
01:08:45militaire américain
01:08:47au Moyen-Orient
01:08:48En tout cas
01:08:49le problème
01:08:50c'est que
01:08:50ces nouvelles modalités
01:08:52de coopération
01:08:53ne sont pas aussi inédites
01:08:55qu'on veut bien le dire
01:08:56il s'agit notamment
01:08:58d'offrir une offre
01:08:59beaucoup plus régionale
01:09:00et moins axée
01:09:02sur des partenariats
01:09:03bilatéraux
01:09:04mais en réalité
01:09:06on s'aperçoit
01:09:06que ça fait déjà
01:09:07une vingtaine d'années
01:09:08que la coopération
01:09:10militaire française
01:09:12avait déjà utilisé
01:09:13ce type de réponse
01:09:15et surtout
01:09:16chose très importante
01:09:18parce qu'on parle
01:09:18de politique
01:09:19donc d'action
01:09:20sur le retrait militaire
01:09:22il faut quand même rappeler
01:09:22que ce n'est pas
01:09:23un choix politique
01:09:24c'est né de la contestation
01:09:26des rues
01:09:27Mali
01:09:28Niger
01:09:29il n'y a pas de politique
01:09:31les français ont été mis dehors
01:09:32ils ont été virés
01:09:34il faut dire
01:09:34on peut l'analyser
01:09:37comme une politique
01:09:37du retrait
01:09:38non
01:09:39on s'est fait sortir
01:09:40et le Tchad
01:09:41donc en fait
01:09:42je suis très pessimiste
01:09:44sur l'impact
01:09:45dans la nouvelle relation
01:09:46parce que
01:09:47ce n'est pas quelque chose
01:09:48qui est construit
01:09:49tant c'est une revendication
01:09:50forte exprimée
01:09:51par les chefs d'état
01:09:52africains concernés
01:09:53par les populations
01:09:54africaines concernées
01:09:55oui mais que la France
01:09:56n'entend pas
01:09:56pendant des années
01:09:58il a fallu
01:09:59une sorte de bouleversement
01:10:01de l'ordre mondial
01:10:02très profond
01:10:02que certains pays d'Afrique
01:10:04puissent se retourner
01:10:06vers d'autres partenaires
01:10:07les mettre d'or
01:10:09pour que la France
01:10:09daigne
01:10:10négocier
01:10:12une sorte de départ
01:10:14donc pour moi
01:10:15premier problème
01:10:16il est là aussi
01:10:17c'est à dire
01:10:17ça ne peut pas
01:10:18changer les choses
01:10:19ou reconstruire une relation
01:10:21parce que ça s'est fait
01:10:21dans la rupture
01:10:22et dans la conflictualité
01:10:23alors j'ai une autre question
01:10:24à vous poser
01:10:25après avoir vu ce film
01:10:25on a le sentiment
01:10:26que d'autres prennent notre place
01:10:27sur le plan militaire
01:10:28je ne pense pas
01:10:29les américains
01:10:30étaient déjà sur place
01:10:31en 2020
01:10:3334 bases militaires
01:10:34en Afrique
01:10:35pour les américains
01:10:36et surtout
01:10:37on voit les russes
01:10:38militairement
01:10:39prendre place
01:10:40dans les pays
01:10:40que nous avons évoqués
01:10:41Mali, Burkina
01:10:42face au Niger
01:10:43alors peut-être que
01:10:43la roue va tourner
01:10:44également à travers
01:10:45l'ex-Wagner
01:10:46Africa Corp
01:10:47aujourd'hui
01:10:48et puis on voit aussi
01:10:49que les chinois
01:10:49sont intéressés
01:10:50et pas seulement
01:10:52sur le plan économique
01:10:52on va y venir
01:10:53mais sur le plan militaire
01:10:54donc ça veut dire
01:10:55que d'autres
01:10:55vont réinstaller
01:10:56ce n'est pas aussi simple
01:10:58alors que la France
01:11:00elle est sur le reculoir
01:11:01ce n'est pas aussi simple
01:11:02un
01:11:02déjà la Russie
01:11:05ce n'est pas tant
01:11:06un nouvel acteur
01:11:08par exemple
01:11:08vous prenez
01:11:09pendant la guerre froide
01:11:11un pays comme le Mali
01:11:12à un moment donné
01:11:13il était dans le bloc russe
01:11:14et qu'aujourd'hui
01:11:15les élites
01:11:16vous allez au Mali
01:11:17le Premier ministre
01:11:18le ministre de l'étranger
01:11:19une certaine partie des élites
01:11:20ont été formés à Moscou
01:11:21donc c'est quand même
01:11:22un retour de l'histoire
01:11:23vous parlez des Russes
01:11:24c'est l'Union soviétique
01:11:25à l'époque
01:11:26oui à l'époque
01:11:26ensuite
01:11:27les formes de la présence
01:11:29sont fondamentalement
01:11:31différentes
01:11:31les Russes
01:11:32n'ont pas de base
01:11:33là on cherche une
01:11:35oui
01:11:35mais pour le moment
01:11:37ils n'ont pas de base
01:11:37enfin concrètement
01:11:38ils sont quand même présents
01:11:39auprès des gouvernements
01:11:40concernés
01:11:41oui mais ce n'est pas
01:11:42les mêmes formes de présence
01:11:42ce n'est pas la même ampleur
01:11:43vous prenez
01:11:44la présence du ministère
01:11:45de ce qu'on appelle
01:11:46Wagner ou Afrika Kops
01:11:47c'est plutôt
01:11:48des gardes prétoriennes
01:11:51qui sont là pour protéger
01:11:52le dictateur
01:11:53ça dépend
01:11:54etc
01:11:54et en plus
01:11:55ce n'est pas que
01:11:56l'apanage des Russes
01:11:57et que ce type de forme
01:11:59de présence militaire
01:12:00subsistait même
01:12:01avant le départ des Français
01:12:02vous prenez un pays
01:12:03comme le Cameroun
01:12:03la garde prétorienne
01:12:05a toujours été israélienne
01:12:06donc je pense
01:12:08que ce n'est pas aussi
01:12:09mécanique
01:12:10par contre
01:12:10ce qu'il y a
01:12:11c'est que je pense
01:12:12que par opportunisme
01:12:13ces acteurs-là
01:12:14essayent évidemment
01:12:15de déployer
01:12:16les espaces
01:12:17du retrait
01:12:18ça c'est très logique
01:12:19dans les relations
01:12:20c'est un peu votre spécialité
01:12:24tout comme Antoine
01:12:25ou Ousmane
01:12:26mais ce qui est important
01:12:27c'est qu'en réalité
01:12:28ces présences
01:12:30qu'on présente aujourd'hui
01:12:31comme étant nouvelles
01:12:33ne le sont absolument pas
01:12:35la Chine commence
01:12:37à être extrêmement présente
01:12:39en Afrique
01:12:40à la fin des années 90
01:12:41Israël
01:12:42la Turquie
01:12:44également
01:12:45on parle peu
01:12:46du rôle
01:12:46des pays du Golfe
01:12:47ils sont extrêmement actifs
01:12:50y compris
01:12:51d'un point de vue
01:12:51diplomatique
01:12:52comme par exemple
01:12:53les Émirats Arabes Unis
01:12:55ou le Qatar
01:12:56qui se veulent médiateurs
01:12:58de conflits africains
01:12:59il y a aussi
01:13:00la fourniture
01:13:01d'armement
01:13:01par un certain nombre
01:13:03de ces pays
01:13:04moyen-orientaux
01:13:05on pense aux drones turcs
01:13:06par exemple
01:13:07et cela n'est absolument
01:13:08pas nouveau
01:13:09ce qui est inédit
01:13:11c'est la façon
01:13:11dont la France
01:13:13et plus largement
01:13:14les Européens
01:13:15ont l'impression
01:13:16d'être mis dehors
01:13:18par de nouveaux acteurs
01:13:19mais c'est tout simplement
01:13:20qu'ils n'ont pas été
01:13:21attentifs aux évolutions
01:13:22de l'ordre international
01:13:24depuis 25 ans
01:13:25quand même
01:13:25ça c'était le volet militaire
01:13:28mais important
01:13:29parce qu'assez longuement
01:13:30développé
01:13:30dans le film
01:13:31que nous avons vu
01:13:32et puis évidemment
01:13:33le volet commercial
01:13:34le volet économique
01:13:35et je sais s'il est important
01:13:37aujourd'hui
01:13:38dans ce monde mondialisé
01:13:40regardez cette carte
01:13:40elle date de 2022
01:13:42ce sont les premiers
01:13:42partenaires commerciaux
01:13:43par pays africains
01:13:44aujourd'hui
01:13:45la Chine est le premier
01:13:46partenaire commercial
01:13:47de l'Afrique aujourd'hui
01:13:48295 milliards de dollars
01:13:51d'échanges économiques
01:13:52en 2024
01:13:54et la Chine prévoit
01:13:55d'ailleurs
01:13:55d'investir d'ici 2035
01:13:5760 milliards de dollars
01:13:58supplémentaires
01:13:59et en 2024
01:14:00les échanges économiques
01:14:01entre la France
01:14:02et le continent africain
01:14:03ont été eux
01:14:04de 65 milliards de dollars
01:14:06voilà
01:14:08voilà la situation
01:14:09aujourd'hui
01:14:10et puis sur cette carte
01:14:11on peut aussi rajouter
01:14:12la présence des Émirats
01:14:14vous l'avez évoqué
01:14:15tout à l'heure
01:14:15sur un plan économique
01:14:17bien sûr
01:14:18l'Union Européenne
01:14:19est en bleu
01:14:19attention
01:14:20à ce que vous voyez
01:14:20en bleu sur cette carte
01:14:21ce n'est pas la France
01:14:22même si la France
01:14:24est très présente
01:14:25évidemment dans
01:14:25les pays du Maghreb
01:14:27là aussi
01:14:27pour des raisons
01:14:28historiques
01:14:29mais enfin
01:14:30le constat est là
01:14:30absolument
01:14:31sur cette carte
01:14:32nous n'existons
01:14:33économiquement
01:14:34pratiquement pas
01:14:35ou peu
01:14:35très peu
01:14:36par rapport à nos concurs
01:14:37pour faire un peu
01:14:38la transition
01:14:39c'est quand Ali Bongo
01:14:41a proposé aux Chinois
01:14:43d'installer une base
01:14:44dans son pays
01:14:45qu'il a commencé
01:14:46à avoir des problèmes
01:14:47vous voyez déjà
01:14:47parce que les Européens
01:14:49ont réagi
01:14:49les Américains aussi
01:14:50dès qu'Ali Bongo
01:14:51a été signé à Piquin
01:14:53pour installer une base
01:14:54au Gabon
01:14:56c'était vraiment
01:14:57là
01:14:57il avait franchi
01:14:58le Rubicon
01:14:59quelque part
01:15:00maintenant la Chine
01:15:01c'est vrai que la France
01:15:02dans les milieux français
01:15:03quand vous avez vécu
01:15:04sur le plan économique
01:15:06une rente politique
01:15:07des années 60
01:15:08jusqu'à la chute
01:15:09du mur de Berlin
01:15:10la France contrôlait
01:15:11dans son ancien précaré
01:15:12en particulier
01:15:13grâce à Saint-Monnais
01:15:14le France CFA
01:15:1550 à 60%
01:15:17des marchés
01:15:17pourquoi ?
01:15:18quand vous étiez
01:15:19une entreprise française
01:15:20vous ayez un contrat
01:15:21vous appuyiez la présidence
01:15:23ou Fouette Boigny
01:15:24ou les autres présidents
01:15:25Mar Bongo
01:15:26etc
01:15:27et vous aviez le contrat
01:15:28parce que la France
01:15:29c'était ce système
01:15:30intégré français
01:15:32qu'on appelle
01:15:32la France Afrique
01:15:33la fameuse France Afrique
01:15:34si on essaye de voir
01:15:36demain
01:15:36demain
01:15:37le véritable enjeu
01:15:38là on n'y est plus
01:15:39sur la France Afrique
01:15:39sur le constat de cette carte
01:15:41on est très loin
01:15:43on monte la carte
01:15:44on monte par exemple
01:15:45bleu
01:15:45l'Union Européenne
01:15:46comme s'ils étaient
01:15:47ils marchaient
01:15:48comme un seul homme
01:15:49en fait
01:15:49depuis finalement
01:15:51que la France
01:15:51s'est fait virer du continent
01:15:52que les autres Européens
01:15:54n'ont plus besoin
01:15:55de la sécurité de la France
01:15:56pour leurs expatriés
01:15:58ou autres
01:15:58vous pensez bien
01:15:59que maintenant
01:15:59chacun se débrouille
01:16:01c'est open bar l'Afrique
01:16:03je veux dire
01:16:03que ce soit
01:16:04les Allemands
01:16:05vous pensez bien
01:16:06que les Allemands
01:16:06les Néerlandais
01:16:07ou autres
01:16:07chacun se débrouille
01:16:09et s'ils peuvent
01:16:09tailler des croupières
01:16:11aux Français
01:16:11ils ne vont pas se gêner
01:16:12donc on dit
01:16:13l'Europe
01:16:13mais l'Europe
01:16:14ça ne veut plus rien dire
01:16:15non plus
01:16:15donc il faut voir ça
01:16:17pour demain
01:16:17mais le véritable enjeu
01:16:18de l'Afrique
01:16:19de demain
01:16:19c'est la bataille
01:16:20la nouvelle frontière
01:16:22minière
01:16:23ça veut dire
01:16:24entre Américains
01:16:25et Chinois
01:16:26pour les terres rares
01:16:28tous les matériaux
01:16:29le continent
01:16:29malheureusement
01:16:30ça va devenir
01:16:31un enjeu géostratégique
01:16:33sur les mines
01:16:34vous êtes en train là
01:16:35de vous projeter
01:16:35dans la deuxième partie
01:16:36du siècle
01:16:37avec les deux superpuissances
01:16:39que seront la Chine
01:16:40et l'Afrique
01:16:40et l'Afrique
01:16:41comme terrain
01:16:42de jeu
01:16:43de ces deux
01:16:43grandes superpuissances
01:16:44il y a déjà
01:16:45Trump
01:16:46au moment de la signature
01:16:48de l'accord
01:16:48entre le Rwanda
01:16:50et la RDC
01:16:51des pays
01:16:51qui sont en conflit
01:16:53Trump a été très clair
01:16:55nous venons
01:16:55pour prendre
01:16:56nos ressources
01:16:57en échange
01:16:57de la paix
01:16:58alors l'avantage
01:16:59de Trump
01:16:59c'est que c'est clairement dit
01:17:01mais c'est très colonialiste
01:17:02comme attitude
01:17:03oui mais
01:17:03Trump l'assume
01:17:04dans cette façon
01:17:06du coup d'éclat
01:17:08et donc c'est clair
01:17:09et c'était pas seulement
01:17:11une fanforonnade
01:17:12parce que quelques jours après
01:17:13l'accord de partenariat
01:17:16économique
01:17:16qui est signé
01:17:17c'était la traduction
01:17:18de ça
01:17:18c'est-à-dire
01:17:19la politique
01:17:20que nous avons eue
01:17:20en France
01:17:21avec ce qu'on appelait
01:17:24la France-Afrique
01:17:25c'est-à-dire
01:17:26cette politique du précaré
01:17:27c'est-à-dire
01:17:27l'accès privilégié
01:17:28de la France aux ressources
01:17:30en fait
01:17:30avec Donald Trump
01:17:32refait la même chose
01:17:33et que l'histoire
01:17:34se répète
01:17:34par contre
01:17:35autant l'attitude
01:17:37de Trump est claire
01:17:37parce qu'on en parlait
01:17:38de Macron
01:17:39qui disait tout à l'heure
01:17:40qu'il n'a pas
01:17:40de politique africaine
01:17:41justement c'est un peu ça
01:17:42le problème
01:17:42c'est-à-dire
01:17:43tantôt il a une politique
01:17:44africaine
01:17:45tantôt il ne l'a pas
01:17:46dans sa propre discours
01:17:48et puis on a
01:17:49on a une sorte
01:17:50de contradiction
01:17:51que moi
01:17:53qui me laisse toujours
01:17:54assez pantois
01:17:55je donne un exemple
01:17:56très simple
01:17:57allez
01:17:57il décide
01:17:59de créer un conseil
01:18:01pour l'Afrique
01:18:01oui
01:18:02alors nouveau enjeu
01:18:03important
01:18:04les diasporas
01:18:04vont être la clé de voûte
01:18:06de la politique
01:18:07vers l'Afrique
01:18:07et tout d'un coup
01:18:08le conseil pour l'Afrique
01:18:09on ne sait pas
01:18:10s'il a été dissous
01:18:10il n'existe plus
01:18:11rien
01:18:12léthargie
01:18:12deuxième exemple
01:18:14l'AFDO
01:18:15une méga réforme
01:18:16ça va être radical
01:18:17on va changer le nom
01:18:18pour le 80e anniversaire
01:18:22ça fait plus de 3 ans
01:18:23l'AFDO
01:18:24il faut rappeler ce que c'est
01:18:25l'agence française
01:18:25de développement
01:18:26qui est le premier opérateur
01:18:27très important
01:18:29qui est vraiment
01:18:30c'est la banque
01:18:31c'est la banque
01:18:32de coopération
01:18:33de la France
01:18:35et qui
01:18:35malgré
01:18:36les annonces
01:18:37de Macron
01:18:38reste encore
01:18:38ce qu'elle était
01:18:40depuis quelques années
01:18:41donc il y a pas mal
01:18:42de politiques d'annonce
01:18:43comme ça
01:18:43la rupture est tout le temps
01:18:44annoncée
01:18:45elle n'est jamais faite
01:18:46il y a même
01:18:47ce qu'on reproche à Macron
01:18:48la politique du mort
01:18:49en même temps
01:18:49on le retrouve en Afrique
01:18:50par exemple sur le franc CFA
01:18:52il dit que je me retire
01:18:53mais c'est lui qui annonce
01:18:54la réforme du franc CFA
01:18:55réforme
01:18:56officiellement
01:18:58on arrête le franc CFA
01:18:59en réalité
01:18:59il y a deux francs CFA
01:19:00si j'ai un tout petit désaccord
01:19:03avec tout ce dont on vient
01:19:04de parler
01:19:04c'est qu'on a l'impression
01:19:05que l'Afrique est passive
01:19:07que les acteurs africains
01:19:09sont des jouets
01:19:10aux mains
01:19:11de puissances extérieures
01:19:12qui les manipulent
01:19:14qui s'imposent
01:19:16à une volonté
01:19:17qui à mon avis
01:19:18en réalité
01:19:18est beaucoup plus forte
01:19:20qu'on ne veut bien le dire
01:19:21les états
01:19:23africains
01:19:24et les sociétés africaines
01:19:26aujourd'hui
01:19:26font des choix
01:19:28absolument cyniques
01:19:29de partenariat
01:19:31en cherchant
01:19:32eux aussi
01:19:32à maximiser
01:19:33leurs intérêts
01:19:34on le voit
01:19:35notamment
01:19:35à travers
01:19:36les tentatives
01:19:38on va voir
01:19:39si elles vont aboutir
01:19:40mais de nationaliser
01:19:41de plus en plus
01:19:42l'accès aux ressources
01:19:44minières
01:19:44vous parlez de la Chine
01:19:46il faut savoir
01:19:47que notamment
01:19:47il y a eu
01:19:48au cours des derniers mois
01:19:49un différent
01:19:51extrêmement sérieux
01:19:52entre la compagnie
01:19:54chinoise
01:19:55d'exploitation
01:19:56du pétrole
01:19:57au Niger
01:19:58et les autorités
01:19:59en place
01:20:00les autorités militaires
01:20:01en place
01:20:02qui ont décidé
01:20:04d'entrer dans un bras de fer
01:20:06avec les Chinois
01:20:07du même ordre
01:20:08qu'ils l'ont fait
01:20:09avec les Américains
01:20:11qu'ils ont aussi forcés
01:20:12à quitter le pays
01:20:13il ne faut pas l'oublier
01:20:13ou avec les Français
01:20:15ce sera malheureusement
01:20:16le mot de la fin
01:20:16parce qu'on aurait voulu
01:20:17passer bien plus de temps
01:20:18avec vous trois
01:20:19pour évoquer ce désamour
01:20:21ce divorce
01:20:22consommer
01:20:22peut-être
01:20:23avec un point d'interrogation
01:20:24c'est en tout cas
01:20:25le thème de cette émission
01:20:26après ce documentaire
01:20:28vos réactions
01:20:29ça sera sur
01:20:30hashtag
01:20:31débat dog
01:20:31merci à Félicité Gavalda
01:20:33Thibaut Brosset et Cal
01:20:34qui comme à l'accoutumée
01:20:35m'ont aidé
01:20:35à préparer
01:20:37cette émission
01:20:38et je vous donne rendez-vous
01:20:39pour un prochain débat dog
01:20:40ça sera bien entendu
01:20:41avec son documentaire
01:20:42et son débat
01:20:43à très bientôt
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