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Alessandra Sublet, ancienne animatrice, est notre invitée pour son premier roman “Toi que je n’attendais plus" (Robert Laffont). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mardi-20-janvier-2026-4633147

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00:00France Inter
00:00La Grande Matinale
00:04Sonia Devillère
00:08Alessandra Sublet fait ce qu'elle veut, quand elle veut, où elle veut.
00:14Elle plaque ses études, monte à Paris, gravit chaque petite marche de la radio, puis de la télévision.
00:22Lance en 2009 un minuscule talk show, c'est à vous.
00:26Alessandra Sublet, devenue à un rendez-vous incontournable du PAF, finit sur TF1 à animer d'énormes primetime,
00:34puis décide d'arrêter la télé, monte un seul en scène dans lequel elle raconte toutes les bourdes qu'elle a faites en direct,
00:40mais aussi à quel point ça fait du bien d'assumer ce qu'on est.
00:43Entre-temps, elle raconte son baby blues, puis son divorce, ce qui l'a conduit à dire Jean-Mère de Cendrillon,
00:50à passer son permis moto et à piloter des hélicos.
00:54Et maintenant, mesdames et messieurs, elle écrit un roman, portrait numéro 75.
01:01Elle m'aime, elle en rigole. Bonjour Alessandra Sublet.
01:04Dit comme ça, bonjour.
01:06Toi que je n'attendais plus, parais aux éditions Robert Laffont.
01:10Manon, 40 ans, océanologue, divorcée, deux enfants, fille d'un marin, disparue en mer, 20 ans auparavant.
01:16Elle embarque pour une expédition au mythique Cap Horn, le Cap Horn.
01:22Pourquoi le Cap Horn ?
01:23D'abord parce que c'est un voyage que j'ai fait il y a quelques années, qui a été fantastique.
01:27Je rêvais de voir le Drake.
01:29Le Drake, c'est cette confrontation de deux océans qui sont l'Atlantique et le Pacifique.
01:33Et j'avais vraiment ce rêve de gosse.
01:35Et quand j'y suis arrivée, quand j'ai eu la chance de pouvoir monter, parce qu'il faut que les éléments vous le permettent,
01:39j'ai été subjuguée.
01:42Subjuguée. Écoutez Isabelle Autissier qui le raconte.
01:44Le Cap Horn, elle, elle l'a passé à la voile.
01:47On dit beaucoup que c'est l'Himalaya des marins.
01:50C'est quand même un endroit où beaucoup, beaucoup de marins ont chaviré, ont coulé.
01:57Quand on est devant, on est juste médusé.
02:00On est juste subjugué parce que c'est beau.
02:02C'est quand même de la montagne, très escarpée, très torturée, comme ça, des falaises.
02:07Derrière, il y a ces arrière-plans de forêts primaires patagoniennes.
02:13Il y a les glaciers, il y a les hauts sommets tout déchiquetés.
02:16Enfin, tout ça est quand même très, tout à fait magnifique.
02:20Isabelle Autissier qui raconte le Cap Horn.
02:23Et moi, il y a quelque chose qui m'a beaucoup amusée, c'est qu'à la fin du roman Alessandra Sublet,
02:27il y a comme une sorte de mise en garde.
02:29C'est-à-dire, j'ai écrit de la fiction.
02:32On ne passe pas le Cap Horn aussi vite et aussi facilement que dans le roman.
02:37Non, évidemment, on ne va pas si vite des canaux chiliens empruntés par Magellan jusqu'au Cap Horn.
02:42Je rectifie cette vérité, effectivement, parce qu'autrement, on allait me tomber dessus.
02:46Alors, évidemment, ce voyage que fait Manon, c'est le moment de voir ressurgir des fantômes,
02:54de faire renaître des désirs, de retrouver un sens à sa vie.
02:57On va en parler, mais d'abord, fallait oser.
03:01Quoi ?
03:01Bah se lancer dans un roman.
03:03Ouais, mais encore un challenge de plus.
03:05Écoutez, je pense, Sonia, que je le dois beaucoup à mon éditrice Sophie Charnavel
03:10qui nous a quittées pendant l'écriture de ce roman.
03:13Je lui ai envoyé deux premiers chapitres.
03:15Et je lui ai dit, t'en penses quoi ?
03:17Et il fallait la connaître, mais elle m'a répondu par mail, c'est toi qui as écrit ça.
03:23Et donc, du coup, j'ai pris ça comme un génial.
03:26Et donc, elle m'a dit, mais go, go, go.
03:28Parce que vous lui dédiez un très joli petit texte à la fin du livre.
03:33Moi, je n'ai pas connu cette femme qui était la patronne de Robert Laffont.
03:36Mais on reçoit beaucoup, beaucoup de gens de l'édition qui sont là, en coulisses,
03:39dans les petits salons de France Inter, qui accompagnent les éditeurs.
03:43C'est bien du randonnage.
03:43Les invités.
03:44Et je sais que quand elle est morte très jeune d'un cancer fulgurant,
03:48tout ce métier était très bouleversé.
03:51Oui, bouleversé.
03:51Et puis moi, elle a accompagné Tal Blues Baby à l'époque chez Flammarion.
03:55Elle a accompagné Jean-Marie Cendrillon.
03:57Récit d'un baby blues, récit d'un divorce.
03:59Oui, et puis voilà, comment décomplexer les gens face à ces épreuves-là, entre guillemets.
04:03Et donc, un premier roman, je savais qu'elle allait être très objective
04:06et qu'elle me dirait oui ou merde.
04:08Et donc, en fait, forcément, ces encouragements m'ont aidée.
04:11Maintenant, quelle aventure !
04:13Quelle aventure l'écriture d'un roman.
04:14C'est extraordinaire.
04:15C'est l'aventure dans l'aventure.
04:17Alors, Jean-Dormeçon, académicien invité de C'est à vous.
04:21À l'époque où vous, vous animiez ce talk show sur France 5.
04:25J'essaye de montrer que tout ça est peut-être exprimé avec beaucoup de simplicité,
04:34avec des mots très simples.
04:35Je crois que mon livre peut être lu par un enfant de 10 ans.
04:38Je peux vous dire déjà qu'il peut être lu par moi.
04:41Donc, tout va bien.
04:42Merci, merci de cet extrait.
04:47Jean-Dormeçon faisait partie de ces personnalités que j'adorais recevoir.
04:51On prenait beaucoup de temps pour discuter.
04:53Ce sont les plus érudits, les plus ouverts d'esprit qui m'ont élevé dans ma vie professionnelle.
04:58Il en fait tellement partie.
05:00Merci.
05:00Mais c'est surtout un écrivain de renom à qui vous dites de manière extrêmement sincère,
05:08quitte à le dire à l'antenne, je n'arrive pas à finir vos livres.
05:11Ou alors, tout le monde n'arrive pas à finir vos livres.
05:14La lecture, c'est parfois difficile.
05:16Et ça, c'est des choses que vous assumez à ce moment-là publiquement,
05:20alors que parallèlement, vous en prenez plein la figure.
05:23Enfin, je veux dire, paix à l'âme de Thierry Ardisson.
05:26Mais Thierry Ardisson se lance dans une campagne de clash tous azimuts pour dire
05:30Alessandra Sublet, visage du service public, mais elle est complètement inculte.
05:34C'est marrant.
05:36Le slogan de France 5, à l'époque, c'était la chaîne de la connaissance et du savoir.
05:39Je sortais de l'amour et dans le pré, donc certains pouvaient...
05:41Sur M6 ?
05:42Voilà, sur M6, et je le comprends.
05:44La culture n'est pas une toise de 0 à 10, où l'on note des gens.
05:48Moi, on m'a laissée très longtemps à moins d'eux.
05:50J'ai toujours crié haut et fort que je préférais Top Gun, Bridget Jones et Julia Roberts à Truffaut Hitchcock,
05:58mais pourtant, ça ne m'a pas empêché de connaître par cœur certaines de leurs répliques en interview.
06:02La verve d'un Hitchcock, quand il disait que la durée d'un film devait dépendre de la vessie humaine,
06:14ou encore, je ne sais pas moi, la magie d'un Truffaut, quand il dit les femmes sont magiques, je suis devenue magicien.
06:19Voilà, ça veut dire quoi ?
06:19Ça veut dire qu'on ne peut pas écouter France Inter, Nova et d'un autre côté, Europe 1 et RTL 2.
06:24Ça veut dire qu'on ne peut pas avoir été sur le service public et d'un autre côté sur TF1.
06:27J'aime pas les étiquettes, Sonia, ça m'emmerde.
06:29Bien sûr que si ça l'emmerde, mais c'est l'image de quoi ?
06:33D'une télé qui, à l'époque, se nourrissait de clashs et qui, aujourd'hui, se sont déplacées sur les réseaux sociaux ?
06:40Oh, je pense qu'elle s'en est toujours nourrie et c'est le jeu, ma bonne lucette.
06:42Vous ne pouvez pas faire un métier public et venir derrière vous plaindre de prendre des balles perdues.
06:47Je n'ai jamais eu de problème avec ça et je l'ai toujours dit d'ailleurs.
06:49Moi, je trouve qu'il n'y a qu'un truc qui...
06:51Vous n'avez pas eu de problème à prendre des balles perdues ?
06:52Non, je n'en ai jamais eu et je vais vous dire pourquoi.
06:54Parce que c'est le prix à payer, forcément ?
06:55Non, ce n'est pas le prix à payer, c'est le choix que vous faites.
06:58Plus vous grimpez dans les médias, plus forcément vous êtes en première ligne, au front.
07:04Donc, en fait, il ne faut pas s'en plaindre.
07:06Moi, j'étais très heureuse d'être au front.
07:07J'avais de l'ambition, j'avais envie.
07:08D'ailleurs, ce n'est pas un vilain mot, je le place au passage.
07:11C'est important d'aller au bout de ces envies.
07:13Mais j'en ai chié, pardon, je n'ai pas d'autres mots.
07:15Et d'un autre côté, je ne m'en suis pas plein.
07:17Je pense qu'il n'y a qu'un truc qui vaut, c'est le travail.
07:20Et c'est exactement ce qui s'est passé sur C'est à vous.
07:22Toutes les critiques ont été monstrueuses au départ, y compris d'une misogynie sans nom.
07:26Et il n'y a que le travail qui paye.
07:27Pour barbara, quand les audiences sont là, tu ne peux que fermer ta gueule.
07:31C'est la vérité.
07:32Pardonnez-moi, c'est la vérité.
07:34Je n'ai pas d'autres mots.
07:35Ça ne sert à rien de mettre en avant d'autres arguments.
07:40Je vous ai sorti Top Gun.
07:42Je vous aime.
07:43Allez, Trampton.
07:44Excusez-moi, lieutenant.
07:49Est-ce qu'il y a quelque chose de mal?
07:50Oui, ma'am.
07:51Le data sur le MiG est inaccuré.
07:53Comment ça, lieutenant?
07:54Je viens de voir un MiG-28...
07:56Oui.
07:57Je suis désolé.
07:58Oui.
07:59Je viens de voir un MiG-28 faire un 4G négatif.
08:02Où avez-vous vu ça?
08:05C'est classifié.
08:07C'est quoi?
08:08C'est classifié.
08:09Ah, mais sincèrement, c'est devenu culte.
08:15Bah oui.
08:16Mais oui, mais moi j'adore, ça fait du bien.
08:18Voyez ma petite tête là.
08:20Oui, je la vois, votre petite tête.
08:21Mais la vôtre aussi, non?
08:22Oui, absolument.
08:23Allez, qu'est-ce qu'il était beau?
08:23Donc c'est Top Gun?
08:24Il l'est toujours.
08:25Il l'est toujours.
08:26Mais pas autant que mon mari.
08:28Vous voulez nous raconter votre mari?
08:29Pas du tout, je le place.
08:30Pas du tout.
08:30Parce qu'autrement, il va me dire encore Tom Cruise.
08:32C'est dans toute la presse que vous venez de vous remarier.
08:35Oui, juste parce que j'ai dédicacé mon livre à mes enfants et mon mari.
08:38Il ne faut pas aller plus loin que ça.
08:40Et je pense qu'il y a beaucoup d'auteurs qui le font.
08:42On n'en fait pas des caisses.
08:42Alessandra Sublet s'est mariée.
08:45Alessandra Sublet a quand même écrit un livre qui dit
08:47Jean-Merde Cendrillon.
08:49Alessandra Sublet a quand même raconté
08:50pourquoi on divorce une première fois, pourquoi on divorce une deuxième fois,
08:53pourquoi les rêves de petite fille et les contes qu'on nous avait racontés
08:56dans la réalité, ce n'est pas tout à fait la même chose.
08:58On ne nous a jamais montré Cendrillon en jogging en tout cas.
09:00Non, voilà.
09:01Mais alors pourquoi Cendrillon, elle va se remarier une troisième fois?
09:04Elle fait comme Liz Taylor?
09:05Ben alors, Liz Taylor avait de bonnes raisons de se remarier
09:08parce qu'elle n'était pas tombée vraiment sur les bons.
09:09Quand même, le premier la battait.
09:11Et j'adore, alors on en parle, j'adore, j'adore Elisabeth Taylor.
09:15Non, je suis une indécrotable romantique.
09:19D'ailleurs, ce roman le montre aussi.
09:21Je pense heureusement qu'il y a toujours de l'espoir,
09:25quel que soit l'âge qu'on a.
09:26Et c'est merveilleux de tomber amoureux.
09:29Et je suis très heureuse de ça.
09:31Voilà.
09:31Alors là, on était en train d'écouter Top Gun.
09:35Tout ça pour se demander si c'était Top Gun qui vous avait donné envie de piloter.
09:39Ah non!
09:40Envie de conduire des grosses motos.
09:41Non, c'est pas Tom Cruise?
09:43Non, c'est pour éviter de monter derrière Tom Cruise.
09:46C'est-à-dire que moi, je préfère avoir mon petit bolide si c'est possible.
09:50Piloter des avions n'était pas un rêve de gosse, c'était un challenge.
09:53Et en fait, ça correspondait à un moment de ma vie
09:55où je me suis rendu compte que j'avais besoin de m'élever
09:57au sens propre comme au sens figuré.
09:58C'est dingue quand même.
09:59Et ça a été une tannase pour moi parce qu'il y a deux examens d'une heure et demie
10:04à la DGAC qui sont de la théorie pure et dure avec des maths entre autres.
10:08Et j'étais nulle à l'école, je le rappelle pour ceux qui ne le savent pas.
10:11J'ai repris des cours de maths.
10:12C'est pour montrer aussi que c'est possible, qu'on peut aller au bout de ses envies.
10:17On peut vraiment se donner les moyens.
10:19Vous savez, l'être humain est extraordinaire.
10:21On a une machine, on a un corps, une tête, un cœur.
10:24Mais vous ne vous rendez pas compte, on est extraordinaire.
10:26Et quand on prend conscience de ça, quand on prend conscience qu'on peut pousser cette machine,
10:30c'est merveilleux.
10:31Vous êtes une complète autodidacte ?
10:33Je pense, mais je ne me suis jamais revendiquée en tant que telle.
10:37Juste, j'ai envie, je fais.
10:38Oui, c'est vrai.
10:39Vous décrochez un bac au rattrapage en négociant un point.
10:42Vraiment à l'arrache au bout de deux ans.
10:44Voilà, un point, le point qui vous manquait en géo.
10:47Vous plaquez vos études, vous montez à Paris.
10:50Je ne les plaque pas, elles me plaquent.
10:51Je n'étais pas du tout faite pour mes études.
10:53En revanche, j'étais le vilain petit canard.
10:54Puisque tous mes collègues, tous mes copains de classe allaient faire des études.
10:58Donc déjà, d'entrée de jeu, il y avait un problème.
11:00Et d'ailleurs, je le dis à tous les jeunes qui nous écoutent, c'est important.
11:03Ce n'est pas grave de ne pas savoir ce qu'on veut faire.
11:04Moi, j'ai su qu'à 26 ans.
11:06Et aujourd'hui, on a une telle pression auprès de nos jeunes pour leur expliquer par A plus B
11:10qu'il faut absolument choisir un métier.
11:12D'abord, vous pouvez en choisir 10 tout au long de votre vie.
11:15Et ce n'est pas grave si vous ne savez pas.
11:16Moi, j'ai été longtemps, sincèrement, brocardée comme étant la pauvre meuf qui ne savait pas ce qu'elle voulait
11:23et qui faisait hôtesse, serveuse, femme de ménage, je ne sais pas tout ce que vous voulez.
11:27En attendant, ça m'a permis de voyager.
11:29Et des années après, d'écrire un roman où je me suis éclatée à aussi écrire un roman d'aventure.
11:34Donc, il faut s'enrichir comme on peut.
11:35D'aventure et de voyage.
11:37Parce que je reviens à Top Gun.
11:38Et c'est ça qui est génial quand je vous interview.
11:40C'est qu'en fait, on n'arrête pas de faire des digressions.
11:43Et c'est totalement passionnant.
11:44Je reviens à Top Gun.
11:45C'est-à-dire qu'il y a quand même quelque chose qui revient tout le temps, tout le temps, tout le temps
11:48dans ce que vous dites et dans ce que vous écrivez.
11:50C'est que le mouvement crée la chance.
11:51Et donc, c'est quand même l'histoire d'une fille qui pilote des avions, qui pilote des hélicos.
11:57Des hélicos, non.
11:58Mais ça va bien.
11:59C'est trop cher.
12:00Non, non, c'est trop cher.
12:01Je le dis, c'est trop cher.
12:02Bref, qui bouge.
12:06Oui, parce que le mouvement crée la chance.
12:08Le mouvement crée la chance.
12:09Mais à propos de ce livre, c'est quand même l'histoire d'une femme qui a besoin d'embarquer,
12:15qui a besoin de partir, qui a besoin de naviguer, qui a besoin de naviguer à la voile.
12:18Elle est un peu moins polluante que vous, Manon.
12:21Je n'ai pas eu le choix.
12:22C'est ça.
12:23Pourquoi ?
12:23Je n'ai pas eu le choix.
12:24Parce que pour emprunter ses canaux chiliens et aller aux capornes, il faut être un grand marin.
12:28Je ne le suis pas.
12:28J'ai tellement d'admiration justement pour ces hommes et ces femmes qui prennent la mer.
12:32Que quand on arrive dans un endroit mythique comme le capornes, je vous assure qu'après,
12:35quand vous entendez le Vendée Globe, la Transatlantique ou je ne sais quoi,
12:39et que vous entendez que ces marins passent par là, vous dites, oh waouh, là c'est des surhommes.
12:44Ce sont les héros des temps modernes.
12:46Mais la leçon, c'est qu'il faut partir.
12:48La leçon, c'est qu'il faut savoir quitter.
12:50Il faut faire des choix.
12:51Larguer les amarres.
12:52Voilà, la leçon, c'est que larguer les amarres.
12:55Le capornes, c'est aussi la tourmente.
12:57Il faut savoir faire des choix.
12:59Si on ne fait pas de choix, on subit ce que l'on vit.
13:01Et ce n'est pas possible.
13:03C'est exactement comme savoir dire non, Sonia.
13:05Il faut savoir dire non.
13:06C'est très difficile.
13:07Moi, pendant longtemps, je n'ai pas su dire non.
13:08On pense à tort que dire oui, c'est se mettre dans un confort comme ça.
13:12Mais en fait, dire non, c'est commencer par prendre le taureau par les cônes pour soi.
13:17Et se dire, ok, je fais des choix.
13:19Ne pas en faire, c'est un choix.
13:21Mais il y a deux équipes.
13:22Moi, je dis souvent, il faut à un moment donné sauter de cette falaise.
13:25On ne sait pas ce qui nous attend tout en bas, c'est vrai.
13:27Mais il y a deux équipes.
13:28Il y a ceux qui, toute leur vie, se diront et si.
13:30Et ceux qui, comme moi, se diront, merde, je me suis encore plantée, mais au moins j'aurais essayé.
13:33Alors que vous êtes en prime sur TF1 tous les soirs ?
13:36Mais ça, encore une fois, c'est une question d'envie.
13:38Ce n'est pas une question de prime.
13:39Ce n'est pas une question de confort financier.
13:41« Oh, vraiment, si j'étais restée à la télévision, ça aurait été beaucoup plus confortable. »
13:44C'est quand même beaucoup d'argent, beaucoup de pouvoir, beaucoup de notoriété, beaucoup de lumière.
13:47C'est tout ce que, normalement, on ne quitte pas.
13:50Et tout ce que, normalement, on s'accroche jusqu'à en crever pour, justement, ne pas en être privé.
13:55Sauf qu'il faut, à un moment donné, se poser la question et être en quête de sens.
13:58Et moi, ça a été un besoin vital.
14:00J'ai fait ce voyage en Patagonie, d'ailleurs, à ce moment-là.
14:02Ce n'est pas pour rien.
14:03Partir sur ces terres qui ont été traversées.
14:06J'étais partie avec le roman de Stéphane Zweig Magellan.
14:08Et je trouve ça formidable d'aller à la quête de soi.
14:12C'est ça aussi.
14:13Partir au bout du monde pour se retrouver, mais partir au bout de soi aussi pour se retrouver.
14:16Minute freudienne.
14:17D'accord ?
14:18Voilà.
14:19Pourquoi dans ce livre, où il y a aussi une histoire d'amour, très belle, forcément,
14:25avec une scène sensuelle, torride, un moment où deux corps se rencontrent ?
14:29C'est magique, non ?
14:30Pourquoi ce mec a le nom de votre petit garçon ?
14:34Juste parce que c'est un clin d'œil, il n'y a rien cherché d'autre.
14:37Mais non !
14:38Vous voulez dire que c'est le complexe d'Oedipe à l'envers ?
14:41Exactement.
14:41Il vous a fait des années de psychanalyse, cet enfant.
14:44Oh non, il est bien dans ses bases, mon Alphonse.
14:47Non, c'est parce que...
14:48Oh non, ça ne va pas si loin chez moi.
14:50Ça ne va pas si loin.
14:51Vous savez, ça, c'est le problème des gens intelligents et je ne le suis pas.
14:53C'est que je ne me pose pas autant de questions, Sonia.
14:56Peut-être, peut-être, vous devriez vous en faire de même.
14:58Peut-être, peut-être, peut-être.
14:59Moi, je m'allonge, trois fois par semaine.
15:02Et ce roman, il n'est pas complètement oedipien.
15:04Ce n'est quand même pas l'histoire d'une femme qui cherche son père, son père disparu,
15:09qui va le chercher jusqu'au bout du monde pour retrouver du sens à sa vie.
15:13C'est vrai.
15:14Oui, c'est magnifique.
15:15C'est aussi...
15:17Moi, je ne sais pas s'il faut pousser ce rapport-là à l'extrême comme ça.
15:22Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que j'ai interviewé beaucoup de gens
15:26qui n'avaient pas pu faire le deuil de leurs proches, parce que ce sont des gens qui n'étaient pas retrouvés,
15:31qui étaient portés disparus.
15:32Et c'était encore plus dur que de porter un deuil, c'est-à-dire de voir physiquement quelqu'un
15:36et de pouvoir l'enterrer.
15:38Et moi, j'aime bien aussi ce biais-là.
15:40C'est génial d'écrire un roman aussi pour ça, d'explorer des pistes comme celle-ci,
15:45que je n'ai pas vécues, je tiens à le dire.
15:47Parce qu'encore une fois, il ne faut pas tout mélanger.
15:48Non, c'est de la fiction.
15:49C'est de la fiction.
15:50C'est là où vous avez pris un plaisir fou.
15:52Absolument.
15:53Mais vous avez cherché votre père ?
15:55Non, j'ai la chance d'avoir un père extraordinaire qui a toujours communiqué avec nous,
16:02qui communique encore, parce qu'il est toujours là.
16:04J'ai eu la chance, Sonia, de grandir dans un foyer aimant.
16:07Un père et une mère qui aiment.
16:09Ça paraît dingue à dire, mais c'est une vraie chance.
16:12Et c'est une vraie chance d'avoir eu aussi des parents qui m'ont soutenue dans toutes mes aventures,
16:16y compris quand vous avez une gamine à la fin de son bac qui dit
16:18« Ok, je me tire en Afrique du Sud, pour quoi faire ? Je ne sais pas.
16:21Ok, des mères de toi, juste Internet café tous les trois jours, tu nous donnes des news. »
16:25C'est fantastique, je ne sais même pas si je pourrais faire ça avec mes enfants,
16:27je serais peut-être au bout du rouleau de ne pas avoir de news, ne serait-ce que 24 heures.
16:32Alessandra Sublet, toi que je n'attendais plus.
16:35Elle a pris un plaisir fou à l'écrire, vous prendrez sans doute un plaisir fou à le lire.
16:40Ça paraît chez Robert Laffont, c'est donc un premier roman.
16:44Peut-être qu'il y en aura d'autres.
16:45Est-ce qu'il y aura d'autres seules en scène ?
16:46Puisqu'il y avait eu un seul en scène qui s'appelait « Tous les risques n'ont pas la saveur du succès ».
16:51Exactement.
16:52C'était un seul en scène qui m'a permis de mettre un point final à ma carrière d'animatrice aussi.
16:56De transmettre des messages importants, que sont effectivement savoir faire des choix, savoir dire non, etc.
17:01Avoir son libre arbitre, c'est important.
17:03Et surtout, d'arrêter de faire sa vie en fonction du regard des autres.
17:08Quant au roman...
17:08J'adore !
17:09Elle monte sur scène, devant une salle pleine, il la regarde.
17:14Mais c'était génial !
17:15Et je vous le dis, j'arrête de faire ma vie devant le regard des autres.
17:17Oui, mais oui, oui, oui.
17:18Et je suis très heureuse de ne plus être dans la lumière.
17:20Merci.
17:21Merci.
17:22Merci.
17:23Merci.
17:24Merci.
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