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  • il y a 2 jours
Cancers en Charente-Maritime : comment le registre régional a permis de détecter des foyers inquiétants

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00:00Ici La Rochelle, en Charente et Charente-Maritime, ici matin.
00:05Il est à 7h47 sur Ici La Rochelle avec notre invité.
00:08Nous parlons des cancers, un sujet santé qui préoccupe en particulier en Charente-Maritime.
00:12Un registre national des cancers a été lancé officiellement le 1er janvier.
00:17Il doit aider à mieux les connaître, les prévenir, les traiter.
00:20Et pour en parler, nous sommes avec Jean-Marie Piot, le président de la Ligue contre le cancer en Charente-Maritime.
00:24Bonjour.
00:25Bonjour à vous.
00:26Et merci beaucoup d'être avec nous ce matin en direct dans les studios d'Ici La Rochelle.
00:29Alors il existe déjà un registre régional des cancers pour le Poitou-Charente, l'ex-Poitou-Charente,
00:34et ce depuis plusieurs années.
00:36Un registre qui a été très utile et en particulier en Charente-Maritime.
00:41Tout à fait, il existe un registre.
00:42Je rappelle qu'il est dirigé actuellement par le docteur Thomas Hyshenko,
00:45qui est onco-hématologue et docteur en épidémiologie, donc quelqu'un de très compétent.
00:50En effet, ce registre a été très utile pour nous depuis maintenant 8 ans à peu près.
00:54À partir du moment où on a supposé qu'il y avait un risque de cancer pour les enfants,
01:00en particulier en Charente-Maritime, je me suis adressé au registre à ce moment-là,
01:04qui est au CHU de Poitiers, je rappelle, un labo très important.
01:07Et ce registre a fait une étude qui perdure maintenant depuis 8 ans,
01:10dans laquelle, grâce à cette étude, on a découvert qu'il y avait un excès de risque pour les cancers pédiatriques.
01:15Dans le secteur de Saint-Rogatien, la plaine d'Onis, voilà pas loin de la Rochelle.
01:18Tout à fait, le secteur de Saint-Rogatien.
01:19Et puis on a élargi après, il y a 2-3 ans, à tout le département de Charente-Maritime,
01:24parce qu'on voulait savoir ce qui se passait.
01:26On a trouvé aussi un peu un excès de risque vers Saint-Vivien,
01:29et puis dans la zone autour de Sainte, vers Gemosac.
01:32Et donc on a été présenter tous ces résultats aux autorités politiques locales, bien sûr,
01:36parce que c'est très important de le signaler.
01:37Ça nous permet d'avoir une connaissance de notre territoire,
01:40ce qui est vraiment très important, ce registre régional.
01:42Le hasard fait bien les choses, Jean-Marie Piau,
01:46parce que finalement, c'est un petit peu la chance, entre guillemets,
01:49qui vous a fait découvrir ces cadres pédiatriques de cancers infantiles anormalement élevés.
01:55Est-ce que vous vous souvenez déjà comment tout a commencé ?
01:57Comment tout a commencé ?
01:59À l'époque, j'étais encore...
02:00Maintenant, je suis prof émérite à l'Université de La Rochelle,
02:02donc j'étais professeur de biochimie à l'université.
02:04C'est dans mon labo, un matin, que quelqu'un s'est confié à moi en disant
02:07« Je connais une petite qui a un cancer à Poitiers,
02:10et les médecins du CHU ont trouvé qu'ils avaient l'impression
02:13qu'il y avait un peu trop de cancers d'enfants dans cette zone.
02:16Et c'est ça qui nous a déclenché l'idée de faire travailler le registre
02:20et de lui commander cette étude très importante,
02:23puisqu'elle a révélé quelque chose qui concerne vraiment notre population. »
02:28Ça, c'est l'exemple de l'efficacité du registre régional.
02:32Il y a cette deuxième phase aussi, ces révélations assez récentes,
02:35de cancers du poumon qui touchent plus particulièrement
02:38des quartiers de La Rochelle plutôt que d'autres.
02:41Est-ce que vous pouvez nous expliquer aussi ce que vous avez découvert ?
02:43Tout à fait.
02:44Alors à ce moment-là, c'est plus simplement la Ligue,
02:46mais nous sommes aussi mis d'accord avec la CDA
02:49pour co-financer une étude justement sur La Rochelle,
02:52toute l'agglomération rochelaise,
02:54pour savoir un peu de quoi il s'agissait aussi.
02:56Est-ce qu'on avait des cancers ? Trop ? Pas assez ?
02:59Pas assez, c'est-à-dire en dessous les chiffres qu'on attend.
03:01Et on a découvert par surprise qu'il y avait à peu près 30% de cancers en plus
03:05dans cette zone de l'ouest de La Rochelle,
03:07qui couvre en gros la zone qui est un peu à l'est du port,
03:11mais c'est Portneuf, c'est Mireuil, etc.
03:15La Roussignolette.
03:16Et donc toute cette zone-là, on travaille dessus actuellement
03:20pour trouver pourquoi il y a un excès de risque de cancer du poumon
03:22et des voies aériennes digestives supérieures.
03:24On est en train de travailler là-dessus.
03:27Il y a deux jours d'ailleurs, on avait une réunion à la CDA à ce sujet-là.
03:30On travaille avec le service de pneumologie de l'hôpital ici
03:33et du CHU de Poitiers pour essayer de découvrir les causes.
03:36Et est-ce que vous avez des pistes plus avancées, plus sérieuses que d'autres ?
03:39Pour l'instant, si vous voulez, il faut faire très attention,
03:42puisqu'il faut être très sérieux scientifiquement,
03:44c'est-à-dire vraiment faire le recensement de tout ce qui est possible
03:49comme cause pour ces cancers.
03:51On pense à la qualité de l'air forcément avec l'activité portuaire.
03:54Moi j'appelle ça un cocktail environnemental,
03:56c'est-à-dire ce qu'on mange, ce qu'on boit, ce qu'on respire,
03:58et non seulement à l'extérieur mais aussi chez soi.
04:00C'est important de tout considérer, puisqu'on subit tout ça en gros.
04:06Ce registre régional pour l'exploit touchante a prouvé son efficacité,
04:10on vient de l'évoquer.
04:11Qu'est-ce que le registre national va pouvoir apporter,
04:14et j'ai envie de dire apporter de plus ?
04:16Ce que j'espère surtout, c'est que le registre national ne va pas,
04:18entre guillemets, nous empêcher de faire les études qu'on veut faire.
04:22C'est-à-dire qu'à partir du moment où nous, à la Ligue,
04:24nous décidons de commander une étude,
04:26avec Poitiers, avec le registre actuel, ça marche super bien.
04:29On s'entend parfaitement.
04:31Et là, je ne voudrais pas qu'on ait besoin de demander une autorisation,
04:35une autorité supérieure pour faire les études.
04:36Parce que ce qui est très important, c'est de pouvoir savoir
04:39ce qui se passe dans notre région et dans notre département,
04:42y compris dans la ruralité la plus profonde.
04:45C'est-à-dire que les gens qui sont concernés,
04:47ce sont vraiment les gens avec lesquels nous sommes en contact à la Ligue,
04:50et nous voulons connaître ce qui se passe sur nos territoires.
04:53Il ne faut absolument pas qu'il y ait des inhibitions.
04:56Le risque quand on crée un instrument comme ça au niveau national,
04:59c'est que la France est très jacobine,
05:02donc que ce soit tout centralisé,
05:03et que de Paris, on perde un petit peu d'efficacité.
05:06C'est la crainte que j'ai.
05:07Alors j'espère qu'elle n'est pas justifiée,
05:09mais je vais continuer à m'en ouvrir des autorités,
05:11parce que je trouve que c'est très important.
05:13Et sachez qu'actuellement, il y a à peu près 75% du territoire français
05:16qui n'est pas couvert par des registres.
05:18Donc il ne faut pas qu'on perde cette capacité qu'on a ici,
05:22en Poitou-Charente, en particulier en Charente-Maritime,
05:24de connaître notre territoire au niveau de la santé.
05:26Merci beaucoup Jean-Marie Piaud pour toutes ces explications.
05:29L'efficacité du registre régional Poitou-Charente,
05:32et puis cette création au niveau national d'un registre au niveau de la France sur les cancers.
05:37Je rappelle que vous êtes président de la Ligue contre le cancer de Charente-Maritime,
05:40et professeur émérite de biochimie à l'université.
05:42Bonne journée à vous, merci beaucoup.
05:43Merci à vous.
05:44Merci d'être venu jusqu'à nous.
05:45Il est 7h53, dès que le vent soufflera, voici Renaud.
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