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Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des Comptes publics, était l’invitée du Face-à-Face de ce lundi 19 janvier sur RMC et BFMTV. Elle a été interrogée sur le mode d’adoption du budget 2026 par le gouvernement, les menaces de Donald Trump quant à la question du Groenland ou encore sur la prévision du déficit.
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00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Amélie de Montchalin.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes la ministre du budget et j'ai envie de dire que c'est le moment, le jour J, jour décisif pour le budget
00:10puisqu'il y aura un conseil des ministres tout à l'heure et la décision du moyen.
00:14On a bien compris qu'il n'y aurait pas de vote mais si c'est 49-3 ou ordonnance et ultime tractation.
00:19On a encore vu hier un dernier peut-être cadeau que vous avez fait au Parti Socialiste.
00:24Est-ce d'ailleurs le dernier ? On verra sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.
00:29Je voudrais d'abord quand même vous poser une question parce qu'on l'a appris à l'instant.
00:32Donald Trump qui continue dans ses menaces, qui a encore écrit au gouvernement danois, laissant entendre, je cite,
00:39qu'il n'était pas tenu de penser en termes de paix.
00:43Il a hier menacé de 10% de hausse de droits de douane pour 8 pays européens, dont la France.
00:51En fait, on est en train de vous voir construire un budget pour une économie dont on sent qu'à tout moment,
00:57dans cette instabilité, elle pourrait basculer.
01:01Avant l'économie, c'est le monde qui peut basculer.
01:05Nous avons construit depuis 1945 un cadre mondial qui a eu quelques, évidemment, entailles,
01:12mais un monde où le premier principe s'appelle la souveraineté des nations.
01:16Il n'y a eu, pas eu, et d'ailleurs c'était bien la première fois entre la Russie et l'Ukraine,
01:21mais il n'y avait plus d'invasion.
01:24Les pays arrêtaient de passer la frontière avec leurs chars et leurs armées pour dire
01:28« ça, ça m'appartient alors que c'est chez toi ».
01:30Et donc, le sujet là qui se joue, il y a évidemment des enjeux économiques et je vais y revenir.
01:34Mais le premier sujet, c'est le Groenland est un territoire danois, du Danemark,
01:40tout comme la Nouvelle-Calédonie est un territoire français,
01:43tout comme, vous voyez, nos Outre-mer sont des territoires français,
01:45certes éloignés de nos capitales géographiques,
01:50mais ce sont des territoires qui ont une appartenance, une souveraineté.
01:54Et le message que fait passer l'Europe, de manière unanime,
01:58et ça c'est très important, de manière unanime,
02:00même si certains pays, vous savez, la France et d'autres ont évidemment répondu aux appels du Danemark
02:05pour que nous ayons à leur côté une plus grande surveillance de la sécurité du Groenland
02:10vis-à-vis de potentielles attaques extérieures, russes, chinoises et autres,
02:13qui inquiètent beaucoup Donald Trump, et qui nous inquiètent d'ailleurs beaucoup aussi.
02:16Non mais là on répond, mais est-ce qu'on a les moyens, y compris économiques ?
02:20Nous avons d'abord un sujet de souveraineté.
02:21Ensuite, économiquement, l'Europe n'est pas faible.
02:23Vous savez que pendant des mois, vous vous souvenez,
02:25on avait des histoires de droits de douane avant le fameux accord,
02:28qui d'ailleurs, à certains égards, est un peu suspendu.
02:31On ne va pas faire un accord douanier alors qu'on nous rajoute des droits de douane.
02:34Et donc on a beaucoup d'outils,
02:37des outils d'ailleurs parfois qui avaient été pensés pour plutôt nous protéger contre la Chine,
02:40contre des pressions extérieures.
02:42Vous pensez, j'imagine, à l'instrument qu'on appelle anti-coercition,
02:46qui pourrait être activé. Il faut l'activer ?
02:49Moi, mon métier, vous voyez actuellement, ma mission là,
02:51c'est de m'occuper du budget français.
02:52Et je pense qu'on a besoin d'autant plus d'un budget.
02:55Mais j'ai envie de vous dire, il sera caduque ce budget en quelque sorte,
02:58si on se retrouve avec effectivement tout d'un coup de 10% de droits de douane supplémentaires,
03:03ça change beaucoup de choses.
03:04Ça change beaucoup de choses pour nous, pour les Allemands, pour toute l'Europe.
03:07Et donc vous voyez bien que le sujet, c'est que ça ne doit pas arriver.
03:10Nous devons nous mettre dans une position où, par la résistance, par notre force, par notre crédibilité,
03:15nous empêchons cette espèce de guerre commerciale de s'approfondir.
03:19Mais vous voyez pourquoi il faut un budget ?
03:20Et ça fait peut-être la transition.
03:21Non, non, attendez. Avant la transition, pardon.
03:23Dans notre budget, il y a un élément clé, ça s'appelle le budget des armées.
03:26Mais la France, dans ce monde-là, alors que nous sommes vulnérables et attaqués en tant qu'Européens,
03:32comme jamais, par l'Ukraine et par ces situations au Royaume-Land,
03:36nous avons besoin de notre pays.
03:38Mais Amélie de Vanchalinte, je vous repose la question.
03:41Un, est-ce qu'il faut prendre au sérieux la menace de Donald Trump ?
03:45Un, nous la prenons très au sérieux.
03:46Vous la prenez très au sérieux.
03:47C'est bien pour ça que le Président de la République et le Premier ministre
03:49et l'ensemble du système français, à la fois économique, militaire, sécuritaire,
03:55un, on se met aux côtés du Danemark,
03:57deux, s'il y a des menaces russes et chinoises,
03:59eh bien, on va les surveiller au Groenland, aux côtés des Danois.
04:02Et trois, s'il y a un sujet économique, on se défend.
04:06On se défend en activant, s'il le faut, cet instrument, donc, anti-coercition.
04:10Il y a une palette d'outils.
04:11Les Européens doivent décider ensemble.
04:13Il y a eu hier une réunion qui a abouti à l'unanimité.
04:16C'est très important.
04:17Il y a un Conseil européen extraordinaire cette semaine.
04:20Il y aura des échanges, je vous savez qu'un certain nombre de dirigeants sont à Davos dans les prochains jours.
04:23Donc, la France, l'Europe, l'Allemagne, et d'ailleurs France et Allemagne sur ce sujet,
04:27et j'insiste, alors qu'on a été divisés sur d'autres, nous sommes unis.
04:31Et ça, c'est très important, parce que ceci, notre puissance économique...
04:33Mais ça aura des conséquences économiques,
04:34parce que non seulement les hausses de douanes, de tarifs douaniers, auraient des conséquences,
04:39mais si nous-mêmes, nous activons, effectivement, cet instrument anti-coercition,
04:42on peut limiter les importations, rehausser nous-mêmes les tarifs douaniers,
04:46ou encore interdire les marchés publics à certaines entreprises des États-Unis.
04:50Tout ça peut se faire.
04:50On peut le faire.
04:51L'année dernière.
04:51Il ne faut pas hésiter à le faire.
04:53Non mais, pas d'hésitation.
04:55L'année dernière, si on rembobine le fil,
04:57vous savez qu'à un moment donné, on a dû réviser notre prévision de croissance en France,
04:59parce qu'on a dit, oulala, les droits de douane arrivent, ça va nous coûter sur la croissance.
05:02On était passé de 0,9% de croissance à 0,7% de croissance.
05:06En fait, on finit 2025 à 0,9%.
05:08Mais pourquoi ? Parce qu'on a des...
05:09Heureusement, notre continent, notre pays a des ressources.
05:13Nous ne sommes pas juste, vous voyez, tétanisés,
05:15parce que, heureusement, nous avons des perspectives de croissance ailleurs,
05:19nous avons des perspectives internes,
05:20et c'est aussi pour ça qu'on a besoin d'un budget,
05:22pour redonner de la capacité à tous les acteurs économiques
05:25de se projeter en France, en Europe et dans le monde,
05:27et ne pas être dépendants.
05:28Vous savez pourquoi on a, peut-être un peu rabâché depuis des années,
05:31depuis le fameux discours de la Sorbonne ?
05:33Qu'on croyait à la souveraineté, à l'autonomie stratégique européenne,
05:37parce que nous devons arrêter d'être dépendants.
05:39Dépendants de la croissance américaine,
05:41dépendants des décisions extérieures,
05:42dépendants, au fond, de tout ce qui se passe dans le reste du monde,
05:44et nous, de regarder les trains passer,
05:46nous devons décider, pour nous-mêmes,
05:48à commencer la France, pour elle-même,
05:50d'où les questions de budget.
05:51Amélie de Montchalin, ministre du Budget,
05:53est-ce qu'enfin, d'ici ce soir,
05:56ce sera le début de la fin ?
05:57C'est-à-dire, est-ce qu'enfin, on saura qu'on va avoir un budget,
06:00et comment ?
06:00Ce sera sans doute le 49-3.
06:02Bon, première chose,
06:03si on rembobine il y a une semaine,
06:05vous vous souvenez où nous étions ?
06:06Oui.
06:06Le débat a été saboté,
06:07par des acteurs politiques,
06:09qui un peu par sinistre,
06:10par opportunisme,
06:11parfois par incompétence,
06:12ont voté toutes sortes de choses très bizarres dans le budget,
06:14qui l'ont rendu invotable.
06:16Deuxième chose,
06:17il y a une semaine,
06:18honnêtement,
06:19c'était le chaos politique,
06:20personne n'était d'accord sur rien,
06:22ni sur le quoi,
06:23ni sur le comment,
06:23ni sur rien.
06:25Et, troisième élément,
06:26la semaine dernière,
06:26c'est qu'il y avait, au fond,
06:28un sentiment que nous n'y arriverions jamais.
06:31Aujourd'hui, vous voyez,
06:31on a des débats sur ce qu'il y a dans ce budget
06:33qui ressemble, je pense,
06:36à un point d'équilibre.
06:37Pourquoi c'est un équilibre ?
06:39Et je veux vraiment vous le dire.
06:40Quelques jours,
06:41avec le Premier ministre,
06:41vous savez, tout le monde nous dit
06:42on fait des tractations de couloirs,
06:44ça se passe loin des yeux,
06:45bon, au fond,
06:46on s'est dit deux choses
06:46et on l'a dit à tous les acteurs politiques.
06:49Puisque tout le monde
06:50semble n'être d'accord sur rien,
06:52nous, gouvernement,
06:53on vous propose la chose suivante.
06:54Un,
06:55nous allons préférer la stabilité
06:57au saut dans l'inconnu.
06:58Donc, on va garder ce qu'on connaît.
07:01La fiscalité des ménages,
07:02on ne change rien.
07:03La fiscalité des TPE, PME,
07:04on ne change rien.
07:05La fiscalité des grandes entreprises,
07:07en 2026,
07:08elles paieront.
07:09Et j'en suis désolée
07:09parce que je ne souhaitais pas ça,
07:10mais c'est le choix de stabilité.
07:13Elles paieront en 2026
07:14comme en 2025,
07:16sauf pour les entreprises
07:17de taille intermédiaire industrielle.
07:18Sauf qu'en 2025,
07:19vous leur aviez dit
07:20que c'était temporaire.
07:20Et je leur ai dit,
07:21et je suis venue vous le dire,
07:23et est-ce que j'en suis satisfaite ?
07:24Non.
07:24Mais à un moment donné,
07:25le choix qui a été fait politique,
07:27c'est la stabilité.
07:29Pas de hausse d'impôt pour les ménages,
07:30pas de hausse de charge
07:31pour les entreprises,
07:32pas de changement fiscal.
07:33Et pas de baisse
07:34pour les grandes entreprises.
07:35Et pas de baisse pour les grandes entreprises,
07:36c'est vrai.
07:37Mais honnêtement,
07:38c'était soit le grand n'importe quoi,
07:40soit de se dire,
07:40au fond,
07:41on va garder ce qu'on connaît.
07:42Et quand on garde ce qu'on connaît,
07:43c'est pas l'idéal.
07:44J'avoue.
07:45Mais à un moment donné,
07:45il faut avancer.
07:46Deuxième chose qu'on a dit
07:47au parti politique,
07:48pour les Français,
07:49il y a des urgences.
07:51Trois minima.
07:52Je vais rajouter une quatrième.
07:53Un, le travail doit payer.
07:55C'est pour ça que cette réforme
07:56de la prime d'activité,
07:57on la soutient.
07:58Elle coûte cher,
07:59mais elle est décisive.
08:01Quand vous travaillez un peu plus
08:02que le SMIC,
08:02vous devez gagner plus
08:03à la fin du mois,
08:04les aides sociales
08:04ne peuvent pas baisser.
08:06Deuxième chose,
08:06deuxième urgence,
08:07c'est la jeunesse.
08:08Nous avons fait
08:09un budget de sécurité sociale
08:10qui protège nos aînés,
08:12qui protège nos retraités,
08:13qui protège la santé.
08:14Qui faisait le choix
08:15des plus âgés.
08:15Ce budget de l'État
08:16et des collectivités,
08:17il doit penser à l'avenir.
08:19Et donc,
08:19on doit protéger la jeunesse,
08:21les étudiants,
08:22les boursiers,
08:22les universités,
08:23la recherche,
08:24et on assume.
08:25Parce que là aussi,
08:25c'est l'avenir.
08:26Troisième priorité,
08:27c'est le logement.
08:28Toutes les familles de France.
08:29On parle beaucoup
08:30de natalité,
08:31de démographie.
08:32Mais évidemment
08:32que c'est difficile
08:33d'avoir un enfant de plus
08:34quand vous êtes déjà
08:35tout serré dans votre appartement
08:37et que vous ne pouvez pas déménager,
08:38que vous ne trouvez pas
08:39de bien à louer,
08:40qu'il n'y a rien à vendre nulle part
08:41et que les prix sont trop chers.
08:43Ces trois priorités-là,
08:44on a dit là-dessus,
08:45avec tous les partis politiques,
08:46les LR,
08:47les partis socialistes,
08:49les indépendants,
08:50tout le monde,
08:51ceux qui ont voulu
08:51venir à Bercy.
08:52Donc, il manquait les écologistes
08:53et les communistes
08:53et je le regrette.
08:55Mais ça, on s'est dit,
08:55là-dessus,
08:56on doit pouvoir faire du bien.
08:57Vous n'avez pas invité
08:58LFI et RN.
08:59Non, parce que
09:00quand on sabote les débats
09:01et quand...
09:02Vous partiez du parti
09:02que c'était des saboteurs,
09:03comme vous dites.
09:03Oui, mais vous voyez,
09:04quand le RN décide
09:06de baisser d'un coup
09:065 milliards d'euros
09:07pour les petites communes de France
09:09en disant que c'était formidable
09:10pour l'équité du pays,
09:11moi, je suis contre
09:12et donc je l'ai dit
09:13et donc on a avancé.
09:15Et donc, ce budget, c'est ça.
09:16Et comment on le finance ?
09:17Est-ce qu'ils sont d'accord ?
09:18Est-ce qu'ils sont d'accord ?
09:19Est-ce que depuis,
09:20effectivement, 48 heures,
09:22les uns et les autres
09:24sont au rendez-vous
09:25et vous disent
09:25OK, bon coup, on y va ?
09:26Au fond, ce qui se joue,
09:27là, vous avez parlé
09:2749.3 ordonnance.
09:29Je vais vous le dire
09:29avec beaucoup de clarté
09:32mais surtout de gravité.
09:34Le 49.3,
09:35c'est un chemin assez périlleux
09:37puisque s'il ne se passe pas bien,
09:39à la fin,
09:40vous n'avez ni budget
09:41mais vous n'avez même plus
09:42de gouvernement
09:43pour reproposer un budget.
09:45Et donc, vous n'avez rien.
09:46Et donc, vous avez dans le monde
09:47que vous venez de décrire,
09:48le vide.
09:49Et moi, je ne peux pas laisser
09:50mon pays s'engager,
09:51dans une aventure
09:52en se disant
09:52bon, on y va.
09:54Donc, ce qui se joue
09:55sinon, c'est les ordonnances.
09:57Les ordonnances,
09:57c'est un autre système.
09:59C'est un système qui vous dit
09:59au moins, vous avez un budget.
10:02Peut-être que vous n'avez plus
10:03le gouvernement
10:03mais au moins,
10:04les armées ont leur budget.
10:05Au moins, ce budget
10:06tel qu'il serait appliqué
10:07ne plairait à personne.
10:10Il devrait être modifié
10:11peut-être déjà
10:12par un budget rectificatif
10:13mais au moins,
10:13vous auriez une base
10:14pour que, oui,
10:15par rapport à Donald Trump
10:16et au reste du monde,
10:17on ait une voie crédible.
10:19Moi, je vais vous le dire,
10:19aujourd'hui,
10:20on n'est pas en train
10:20de sauver nos postes.
10:21Avec le Premier ministre,
10:22le sujet, ce n'est pas
10:22de savoir s'il y aura
10:23un gouvernement ou pas,
10:24c'est de savoir
10:24s'il y aura un budget ou pas.
10:25Donc, ce qu'on veut,
10:26c'est sauver le budget.
10:27Et donc là,
10:27ce qui se joue
10:28dans les ultimes tractations,
10:29les ultimes échanges,
10:30les ultimes coups de fil,
10:32c'est au fond,
10:33est-ce qu'on a assez
10:34de garantie
10:34pour prendre plutôt
10:36le chemin
10:36du fameux 49.3 ?
10:39Si on n'a pas assez
10:39de garantie,
10:40on prendra le chemin.
10:41Vous savez, au fond,
10:42moi, si dans quelques jours,
10:43je dois quitter Bercy,
10:44si je dois dire,
10:45voilà,
10:46je suis censurée
10:47avec le reste du gouvernement,
10:49les gens ne veulent plus
10:49nous voir,
10:50ils veulent autre chose.
10:51Moi, j'ai un engagement
10:52avec moi-même
10:52et que je veux dire
10:53devant les Français.
10:55Si je dois quitter mon poste,
10:56je veux que la France
10:57ait un budget.
10:58Sinon, c'est la honte
10:58et le remords,
10:59pour moi,
10:59politiques majeurs.
11:01Parce que ça voudrait dire
11:01qu'on a fait tout ça
11:02et qu'à la fin,
11:03c'est le vide.
11:04Pardonnez-moi,
11:04mais je n'ai pas compris.
11:06S'il y a des ordonnances,
11:08mais qu'on est censuré,
11:09au moins,
11:09il y aura un budget.
11:10Donc, votre préférence...
11:13et qu'on est censuré,
11:15il n'y aura même pas de budget.
11:16Mais ça veut dire,
11:17Amélie Monchard,
11:17que votre préférence
11:19irait à l'ordonnance
11:20parce que ça donnerait
11:21une stabilité plus grande.
11:22Ce que je dis,
11:22c'est que je comprends
11:23que les forces politiques
11:24préféraient que nous n'ayons pas
11:25recours à l'ordonnance.
11:26J'ai bien compris ça.
11:27Mais je dis que
11:28pour que nous prenions
11:28le chemin du 49-3,
11:30il nous faut des garanties
11:31réelles.
11:32Vous estimez que les engagements
11:33qu'ils prennent
11:34ne sont pas suffisants.
11:35Quand ils disent
11:36on va vers le mieux,
11:37notamment le Parti Socialiste,
11:38on va vers les bons...
11:40On commence à prendre
11:41la bonne direction.
11:42Ça ne suffit pas.
11:42Vous voulez qu'ils disent,
11:43on ne censurera pas.
11:44Ce que je vous dis,
11:44c'est que comme on ne gère pas
11:46un pays,
11:46comme on gère une aventure,
11:47pour que le Premier ministre dise
11:48on va faire le 49-3,
11:50il faut que dans les dernières heures,
11:51on soit bien sûr
11:52qu'à la fin,
11:53on aura bien
11:53et un budget
11:54et un gouvernement.
11:56Mais à nouveau,
11:56je vous le dis,
11:56moi j'ai passé mon...
11:57Non mais ça veut dire,
11:57Amélie Monchalin,
11:58que dans les heures qui viennent,
11:59puisque c'est aujourd'hui
12:00que ça se joue,
12:00Sébastien Lecornu a dit
12:01qu'il annoncerait effectivement
12:02ordonnance au 49-3 d'ici ce soir.
12:04Ça veut dire que vous lancez
12:05en quelque sorte un appel ce matin
12:07en disant aux différents partis
12:09qui veulent bien vous suivre,
12:11il faut s'engager,
12:12s'engager clairement,
12:13nous dire que vous ne censurerez pas
12:14sinon on ne va pas au 49-3.
12:15On ne prend pas de risque.
12:16On ne prendra pas de risque.
12:17Et je le dis pourquoi ?
12:18Parce que le sujet,
12:18ce n'est pas nos postes.
12:19C'est d'avoir un budget.
12:20Moi j'ai passé mon week-end,
12:21vous voyez,
12:21avec des patrons
12:22de grandes entreprises,
12:23de petites entreprises au téléphone.
12:24Vous n'avez pas dû passer
12:25un très bon week-end
12:25parce qu'ils ne sont globalement
12:26pas très contents.
12:27Et je leur ai dit,
12:32que si nous devons partir,
12:34nous ne laissons pas le vide.
12:36C'est qu'il y a un budget.
12:36Si c'est un 49-3
12:38avec engagement de non-censure
12:40de la part du Parti Socialiste,
12:41de la part de LR,
12:42vous avez des craintes
12:43même du côté de LR ?
12:44Vous voyez,
12:44tous les sujets sont encore ouverts.
12:46On a des discussions avec le Sénat.
12:47Le Sénat,
12:47c'est la Chambre de la Stabilité.
12:49Ils ont été extrêmement aidants,
12:51les sénateurs,
12:51l'année dernière,
12:51en 2025,
12:52pour qu'on ait un budget.
12:53Il faut pareil que,
12:55au fond,
12:55on ne se laisse pas aller
12:56à des coups d'éclat politiques
12:57sur certains sujets
12:58qui amèneraient potentiellement
12:59à de l'instabilité.
13:00Qu'est-ce qu'il pourrait faire
13:01encore le Sénat ?
13:02J'ai l'impression presque
13:03que de votre côté,
13:04vous espérez,
13:06vous imaginez que dans les heures
13:07qui viennent,
13:08du côté du PS comme de LR,
13:09on vous donne les signaux suffisants
13:11pour que vous puissiez oser,
13:14comme vous dites,
13:14le 49-3.
13:15J'essaie de traduire
13:16ce que vous êtes en train de me dire.
13:16Vous vous traduyez très bien.
13:17Je crois que c'est bien
13:18ce qu'on a compris.
13:19Et vous avez compris que vous avez osé
13:19dans la politique.
13:20Il vaut mieux le faire
13:21en ayant un petit parachute
13:22parce que sinon,
13:23c'est votre pays
13:23que vous en êtes dans le vide.
13:24Et nous ne prendrons pas ce risque
13:26et on préférera,
13:27je vous le dis,
13:27perdre notre poste
13:28que dans le 49-3,
13:30le pays,
13:30vous ne ferez le 49-3
13:31qu'en étant sûrs
13:32qu'on vous soutient.
13:34Mais ensuite,
13:34vous évoquez le Sénat.
13:36Pardonnez-moi,
13:36mais qu'est-ce que le Sénat peut faire ?
13:38Est-ce que le Sénat
13:38pourrait encore bloquer les choses ?
13:40Vous voyez,
13:40on essaie de trouver un budget
13:41pour la nation.
13:42On essaie de trouver un budget
13:43pour le pays.
13:44On essaie de le faire
13:45en disant à tous les partis
13:46de gouvernement
13:47qui ne veulent pas bloquer
13:48et qui ne sont pas obsédés
13:49par organiser
13:50des nouvelles élections
13:50comme le sont
13:51la France Insoumise
13:52et la Rassemblement Nationale.
13:53Quel que soit le sujet,
13:54il faut une dissolution,
13:55une destitution des élections.
13:57On leur dit,
13:57si c'est le budget de la nation,
13:58si c'est le budget du pays,
13:59ça serait bien quand même
14:00qu'on se soit mis d'accord
14:01sur au moins à ce qu'ils ressemblent.
14:02Vous les appelez,
14:03eux aussi,
14:04à une forme d'union nationale
14:05autour de vous ?
14:05Autour de ce budget ?
14:06En tout cas,
14:07une forme d'union nationale
14:07pour les Français,
14:09notamment sur le budget
14:09des collectivités
14:10où on a encore
14:10beaucoup de travail à faire
14:11dans la journée
14:12pour savoir comment
14:13on en fait,
14:14au fond,
14:14est-ce que ça veut dire
14:17Amine Monchalin
14:17que même s'il y a
14:18un 49-3 sans risque,
14:21j'allais dire,
14:22il reste un risque
14:23du côté de...
14:24Est-ce que le Sénat
14:24peut encore faire capoter
14:25le budget de l'État ?
14:26Ce n'est pas une question
14:26de risque,
14:27c'est une question d'unité,
14:28de stabilité,
14:29de concorde.
14:30Est-ce que ce budget,
14:31au fond,
14:32on arrive à se dire
14:32que oui,
14:34il assure la stabilité,
14:35peut-être qu'il ne change pas
14:36autant de choses
14:36que certains auraient voulu,
14:38il résout des urgences
14:39des Français,
14:40mais il ne reste pas
14:41un élément,
14:42vous voyez,
14:42d'opposition,
14:44de tension
14:44et donc sur le budget
14:45des collectivités,
14:47le Sénat, par exemple,
14:48pourrait arriver avec nous tous
14:50à se dire que ce qui est là
14:51n'est pas forcément
14:52ce qui est l'idéal,
14:53mais c'est quand même mieux
14:54de se mettre d'accord
14:55sur quelque chose
14:56que de rester dans la confrontation.
14:57Moi, il y a quand même
14:57un truc que je n'arrive pas
14:58à comprendre,
14:58c'est comment vous arrivez
14:59à être en dessous
15:01des 5% de déficit ?
15:02C'est-à-dire que pour moi,
15:02j'ai fait tous les calculs,
15:03ils ne sont pas bons.
15:04J'attends votre question.
15:05Il y a deux choses
15:06que je veux vraiment vous garantir.
15:07D'abord, il y aura
15:07moins de prélèvements obligatoires
15:09en 2026
15:10qu'en 2019.
15:12Ça, c'est très important
15:13parce que 2019,
15:14c'est la dernière année
15:15où on avait un déficit
15:16sous 3%
15:16et c'est la dernière année
15:18où d'ailleurs,
15:19on était avant
15:19les grandes crises du Covid,
15:21de l'Ukraine,
15:22de l'inflation.
15:23La deuxième chose
15:23que je dois vous dire,
15:24c'est oui,
15:25il y a plein d'économies
15:26dans ce budget
15:26et j'en voulais même
15:27en faire davantage.
15:29Mais vous nous redites ce matin
15:30qu'il se sera
15:31en dessous des 5% ?
15:32D'abord, on sera à 5%.
15:33On avait dit 5% maximum.
15:34Vous ne serez pas en dessous,
15:35vous serez à 5.
15:35On avait dit 5 maximum,
15:37on est à 5.
15:37Là, dans les tableaux,
15:38dans les équilibres.
15:39Mais vous savez,
15:40il y a beaucoup de gens
15:41qui parlent d'économie.
15:42Ils viennent souvent
15:42vous en parler à votre micro.
15:43Moi, je les vois ensuite,
15:44pas devant votre micro,
15:45je les vois dans l'hémicycle
15:46à l'Assemblée et au Sénat.
15:47Ils les votent beaucoup moins
15:48les économistes.
15:49Ça enthousiasme beaucoup plus
15:50les économies quand on en parle
15:51que quand on doit les voter.
15:52Deuxième chose,
15:52c'est qu'on en a fait
15:53beaucoup en 2025.
15:54On a fait le plus grand effort
15:56de réduction de dépenses
15:57de fonctionnement de l'État,
15:58ce qui a permis aux collectivités
15:59et aux dépenses sociales
16:01de continuer à augmenter.
16:02C'est quand même la réalité.
16:03On va continuer.
16:04Vous savez,
16:04j'ai fait plein d'annonces
16:05pendant des mois
16:06sur les agences,
16:06les opérateurs.
16:07Le Premier ministre a aussi
16:08fait des agences.
16:09Agences, opérateurs,
16:10il y a 70 mesures
16:12que les ministres doivent appliquer.
16:13Nous tous,
16:13on a tous les ministres,
16:14on a une feuille de route.
16:15Il y a 70 mesures
16:16de suppression,
16:18de rationalisation,
16:18de fusion.
16:19On réduit les dépenses
16:20de communication.
16:21On réduit les dépenses
16:22de commandes publiques.
16:23Donc oui,
16:24je peux vous dire,
16:24vous me connaissez,
16:25ce sujet d'économie
16:26en 2025.
16:27On avait dit,
16:28on voulait 5,4% de déficit.
16:30On a fait combien ?
16:315,4%.
16:31Pas parce que je suis
16:32tout seul,
16:33mais parce qu'on y a mis
16:34tous les parlementaires,
16:35tous les syndicats,
16:36toutes les associations patronales,
16:37toutes les collectivités,
16:38tous les trimestres à Bercy.
16:40Et on a dit,
16:40vous savez,
16:41réduire le déficit,
16:42ça ne peut pas être
16:42que sur les épaules
16:43de la mise du budget.
16:43C'est un sujet national
16:45et on va continuer.
16:46l'une sur le consentement
16:47à l'impôt.
16:48Quand votre prédécesseur
16:49à Bercy,
16:50le patron de Bercy,
16:51M. Lombard,
16:52dit qu'il y a
16:54des milliers de contribuables
16:55parmi les plus aisés
16:56qui ne payent aucun impôt
16:58sur le revenu,
16:59vous dites,
16:59il ment.
16:59Mais ce n'est pas possible,
17:00ça ne peut pas suffire
17:01de dire ça.
17:01Ce n'est pas possible.
17:02Il a été ministre du budget.
17:05Il y a des gens
17:05dans notre pays
17:06qui payent moins
17:07que ce qu'il devrait,
17:08ça fait un an,
17:09là aussi que je vous bassine.
17:10Il n'est pas qu'il ne paye pas assez.
17:11Il dit des milliers
17:12de contribuables
17:13parmi les plus aisés
17:14qui ne payent aucun impôt
17:15sur le revenu.
17:16Il n'y a pas,
17:17il n'y a pas.
17:18Ce n'est pas vrai
17:19qu'il y a des dizaines de...
17:19Pourquoi il dit ça ?
17:20Il s'est d'ailleurs lui-même
17:24un peu précisé
17:25et corrigé ensuite.
17:26Il était quand même
17:27ministre de l'économie.
17:27Il dit n'importe quoi.
17:29Il a dit,
17:29et je le dis,
17:30ce qui est vrai.
17:31D'ailleurs,
17:31Éric Coquerel,
17:32le président de la commission
17:33des finances,
17:33insoumis.
17:34Que je sois sur BFM TV,
17:35dans un instant,
17:36à l'heure,
17:36il viendra répondre.
17:37Il est venu à Bercy.
17:38Qu'est-ce qu'il a vu ?
17:39Il a vu ce qu'on connaît tous
17:40et ce sur quoi on agit.
17:42C'est qu'il y a effectivement
17:43des milliers de personnes
17:45qui aujourd'hui
17:46payent moins d'impôts
17:47que ce qu'elles devraient
17:47parce que nous avons
17:48des phénomènes d'optimisation,
17:50de suroptimisation fiscale,
17:51ce qui a amené le gouvernement,
17:52je vous le rappelle,
17:53à proposer une taxe
17:54sur les holdings.
17:55C'est l'article 3 du budget
17:56et cette taxe sur les holdings
17:58va nous permettre,
17:58notamment,
17:59telle que nous nous aboutissons,
18:01de sortir tous les biens personnels
18:04de ces holdings
18:04parce que soit vous avez
18:05la fiscalité des entreprises
18:06pour des projets d'entreprise,
18:08soit vous avez des biens personnels
18:10qui ont une fiscalité personnelle.
18:11Et on va essayer d'arrêter
18:12cette espèce de confusion
18:13où vous bénéficiez
18:14de la fiscalité des entreprises
18:15pour vous constituer
18:17un patrimoine personnel.
18:18Ça, ça amène à ce qu'effectivement
18:19il y ait des dizaines,
18:21petites dizaines de milliers
18:22de personnes
18:23qui payent moins
18:24que ce qu'elles devraient.
18:25Et donc, nous,
18:26on lutte contre la fraude,
18:27on lutte contre la suroptimisation,
18:28mais je le dis
18:29vraiment très solennellement,
18:31s'il y avait des dizaines
18:32de milliers de personnes
18:33qui payaient zéro impôt
18:34sur le revenu
18:34alors qu'ils sont fortunés,
18:36un, ça fait longtemps
18:36qu'on l'aurait su,
18:38deux, ça fait longtemps
18:38qu'on l'aurait combattu,
18:39donc il y a la suroptimisation
18:40et maintenant la combat.
18:42Et vous avez dans le budget
18:43beaucoup de mesures
18:43parce que c'est aussi un enjeu,
18:45vous l'avez dit,
18:45de consentement à l'impôt,
18:46de justice, d'efficacité
18:47et de respect des Français
18:48avec les uns et les autres.
18:50Et donc, sur ce sujet,
18:51ça fait un enjeu de travail
18:52et il y a des résultats
18:54qui seront, je l'espère,
18:55dans le budget
18:56qui sera, je l'espère,
18:57bien adopté.
18:57Un ministre du Budget,
18:59merci d'avoir répondu
19:00à mes questions.
19:01Il est 8h47 sur AMCBF.
19:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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