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00:00Christian Moleka, bonjour.
00:02Bonjour.
00:03Ce sommet de l'OME ce samedi,
00:05est-ce que c'est une énième réunion
00:07qui ne va rien donner
00:08ou est-ce qu'il peut en sortir quelque chose ?
00:10Il peut en sortir une tentative
00:12de coordination des initiatives
00:14de médiation qui sont aujourd'hui
00:16à la fois africaines et internationales
00:18et américaines.
00:19Le Togo qui représente l'Union africaine
00:21de la médiation a depuis 2025
00:23lancé une initiative qui a pris du temps
00:25à s'implémenter et donc il y a une nécessité
00:27de tenter de redonner sens à l'initiative
00:29à la fois africaine mais des coordonnées également
00:31avec ce qui s'est fait à dehors à Washington
00:33et donc on peut en sortir avec plus ou moins
00:35une clarification de la répartition des rôles.
00:37Encore faut-il que cette répartition des rôles
00:39se transforme en dynamique concrète sous terme.
00:41Alors ce qui est marquant en effet
00:43dans ce prochain sommet de l'OME
00:45c'est qu'il y aura ensemble tous les facilitateurs,
00:47les cinq anciens chefs d'État africains,
00:49le Togolais Farnassin Bey,
00:51le ministre Qatari des Affaires étrangères,
00:53l'envoyé spécial de Donald Trump.
00:55C'est-à-dire que tous ces médiateurs
00:57vont arrêter de se marcher sur les pieds ?
01:01Je crois que c'est la démarche qui est visée.
01:03Autant le Togo qui a remplacé Rwanda
01:05dans la dynamique des négociations RDC-Rwanda
01:07se trouve quelque peu vidé par le processus
01:09de Washington et les Doha,
01:11autant il faut redonner une forme de sens
01:13à la médiation africaine sur quelles questions
01:15elle peut encore travailler,
01:17comment elle se complète avec ce qui s'est fait à Doha
01:19et à Washington sans forcément reprendre
01:21des initiatives qui à un moment donné
01:23deviennent presque en conflit.
01:25La rencontre peut aider à une clarification de rôle,
01:27redonner à l'Union africaine
01:29probablement une dynamique de dialogue interne
01:31et peut-être une dynamique régionale
01:33qui prendra en compte les autres acteurs
01:34comme l'Ouganda et les Burundis
01:35qui n'ont jamais été pris en compte,
01:37afin qu'elle ne marche pas, je dirais,
01:39sous les plates-bandes de Doha et de Washington.
01:41Dans ce sommet, le Congolais Félix Tshisekedi
01:43a fait plusieurs déplacements.
01:45Il est allé voir le Togolais Farnassinbe à Lomé.
01:47Il est allé aussi rencontrer l'Angolais
01:49Joao Lourenso à Luanda.
01:51Le président angolais lui aurait fait des propositions intéressantes.
01:55De quoi pourrait-il s'agir ?
01:57Il peut s'agir de la volonté de relancer un dialogue interne,
02:00un dialogue national interne congolais.
02:02L'Angola, qui aujourd'hui voit une rébellion
02:05qui peut s'étendre vers le Katanga
02:06et donc remettre en question
02:07les intérêts économiques du corridor Lobito,
02:09a besoin d'un minimum de stabilité
02:12et donc un processus de dialogue interne
02:14peut naître de la démarche angolaise
02:16parce que Kinshasa refusait à ce jour
02:18de prendre l'initiative des évêques,
02:20notamment la démarche du pacte social.
02:22Et donc une initiative angolaise
02:24qui porterait sur le dialogue national inclusif
02:26peut Kinshasa être un plan de réchange
02:28contre la dynamique interne portée par les évêques.
02:30C'est-à-dire que Félix Tshisekedi pourrait accepter
02:32de la part de l'Angola, ce qu'il a refusé
02:35de la part des évêques catholiques et protestants ?
02:37Oui, effectivement, il peut accepter un processus de dialogue
02:39qui partirait de son initiative vers l'Angola
02:42et qui dépendrait pas d'une dynamique de la Sainte-Colecc.
02:45Quoique, on l'a vu hier,
02:46les évêques s'y rendent également à Luanda
02:48parce que certains opposants ont reposé
02:50comme conditionnalité
02:52que les négociations soient menées
02:53par l'Église catholique et protestante.
02:55Donc il y a cette volonté d'échapper à une dynamique
02:57qui était sur la table depuis 2025
02:59conduite par les évêques
03:00et à récupérer probablement
03:02mais par une initiative personnelle via l'Angola.
03:04Sur le fond du dossier,
03:05il y a une paix artificielle
03:07qui a été signée le 4 décembre à Washington
03:09par les présidents du Congo et du Rwanda
03:11en présence de Donald Trump.
03:13Mais quelques jours plus tard,
03:14les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais
03:17se sont emparés de la ville d'Ouvira au sud Kivu.
03:20Qu'est-ce qu'il faut en déduire ?
03:21Il faut en déduire qu'on a des avancées diplomatiques
03:23qui n'ont pas de réels effets souterrains,
03:25que le M23 qui reste l'acteur militaire souterrain
03:28ne se sent pas lié par le processus de Washington
03:31et qu'on a un processus de Doha
03:32qui à ce jour est quelque peu en panne
03:34puisque nous ne marchons pas.
03:36Et sans une complémentarité Doha à Washington,
03:38il sera très difficile d'avoir souterrain
03:40des solutions définitives
03:42tant que la donne M23 ne sera pas prise en compte.
03:45C'est vraiment la dynamique qu'il faudra prendre en compte,
03:47mais également le fait que pour Kinshasa,
03:49Washington était plus prioritaire que Doha
03:51et le fait de signer Washington
03:53a quelque peu rendu moins pressant
03:55la dynamique de Doha.
03:57Et donc la reprise des armes pour le M23,
03:59c'est un lévier de pression
04:00pour pousser Kinshasa à revenir
04:02sous la table de négociation
04:03et à interiner également Doha.
04:04Alors après la prise d'Ouvira au Sud Kivu,
04:07le secrétaire d'État américain Marco Rubio
04:10a déclaré que c'était une claire violation
04:12de l'accord de Washington
04:13et que les États-Unis y répondraient.
04:15Sous-entendu, il y aurait des sanctions
04:17contre le Rwanda.
04:18Mais depuis un mois,
04:19les Américains n'ont pris aucune mesure.
04:21Qu'est-ce que cela vous inspire ?
04:23On peut penser déjà qu'il y a une pression
04:25sur l'administration américaine
04:26pour que les sanctions ne soient pas prises.
04:28À Kinshasa, on a pointé du doigt
04:29sans les dire à haute voix le Qatar
04:31pour que les sanctions ne soient pas prises
04:33directement vis-à-vis du Rwanda.
04:35Mais on a également une administration américaine
04:37qui est à ce jour portée par d'autres crises
04:39et une attention de moins en moins
04:41tournée sur la question congolaise
04:42avec les dynamiques qu'on a au Venezuela
04:44mais également au Moyen-Orient avec l'Iran.
04:46Et vous pensez donc que pour les autorités congolaises,
04:48peut-être aussi pour les autorités burundaises,
04:50le Qatar fait pression sur les États-Unis
04:52pour qu'il n'y ait pas de sanctions
04:54contre le Rwanda ?
04:55Effectivement, je crois que pour Kinshasa et le Burundi,
04:57la lecture est très claire.
04:58Le Qatar a certainement dû péser
05:00sous la décision américaine
05:01pour ne pas sanctionner le Rwanda.
05:02Il y a des enjeux économiques derrière.
05:04Le Qatar a énormément investi au Rwanda
05:06et donc au-delà du fait que c'est un médiateur
05:08entre le M23 et Kinshasa,
05:10c'est aussi une partie intéressée
05:11qui a énormément d'intérêts économiques au Rwanda
05:13et des sanctions toucheraient
05:14aux intérêts également économiques du Qatar.
05:16Comment voyez-vous les jours à venir
05:18d'ici la fin de ce mois sur le terrain ?
05:20Un enlisement ou peut-être
05:22une nouvelle offensive militaire
05:23de la part des rebelles du M23
05:25et de leurs alliés rwandais ?
05:27Le M23 est en mode observation aujourd'hui
05:29après la pression américaine sous Oivira,
05:32ils laisseront passer la pression
05:33mais chaque parti s'organise militairement
05:35et construit un narratif
05:36pour justifier la suite des combats.
05:38Chacun se prépare pour l'extension du combat
05:40peut-être vers le Katanga.
05:41Et donc aujourd'hui on a
05:42cette forme de calme
05:43mais c'est une forme de calme
05:44avant la tempête
05:45parce que s'il y a cette rhétorique
05:47qui continue et qu'il n'y a pas
05:49sur le terrain un mécanisme
05:51qui est mis en place.
05:52On peut assister dans les jours à venir
05:53à une reprise de combat
05:54qui pourrait s'étendre cette fois-ci
05:55vers le Katanga.
05:56L'une des stratégies du Congolais
05:58Félix Tshisekedi
05:59c'est d'obtenir un clair soutien
06:01des Etats-Unis contre le Rwanda.
06:03Est-ce que cette stratégie
06:04peut marcher ou pas ?
06:06Les Etats-Unis pour l'instant
06:07sont intéressés
06:08sur les minerais du Congo
06:09et ont besoin d'un minimum
06:10de stabilité
06:11pour faire le partenariat économique
06:12et donc c'est un levier
06:13sur lequel Kitsasa peut appuyer
06:15pour amener Washington
06:16à exercer plus
06:17des questions sur le Rwanda.
06:18Le vrai défi
06:19c'est que vous avez
06:20un médiateur américain
06:21imprévisible
06:22qui est à la fois
06:23sur beaucoup de chantiers
06:24le Venezuela, l'Iran, le Groenland
06:26et qui à un moment donné
06:27sera lui-même
06:28enlisé dans une politique intérieure
06:30avec les élections de mid-terme
06:31qui viennent.
06:32Donc 2026
06:33peut-être une année
06:34où la tension américaine
06:35sur la crise qu'on laisse
06:36peut être réduite
06:37et donc à ces moments-là
06:38Kinshasa perdra
06:39sur l'évier américain
06:40d'intérêt stratégique
06:41sur le conflit.
06:42Et le fait que le Congo
06:44soit revenu au Conseil
06:45de sécurité de l'ONU
06:46comme membre
06:47non permanent depuis
06:48le 1er janvier dernier
06:49est-ce que cela peut changer la donne ?
06:51C'est une opportunité
06:52pour maintenir l'agenda congolais
06:54dans le débat au niveau du Conseil.
06:56Cela permettrait également
06:58de conçu certaines alliances bilatérales
07:00que ce soit avec des États
07:01comme la Grande-Bretagne
07:02ou la France.
07:03Cela permettrait de faire pousser
07:04la cause congolaise.
07:05Encore faut-il convaincre
07:06le fameux A3
07:07le Libéria, la Somalie
07:08et la RDC.
07:09Parce que dans les débats antérieurs
07:11la position africaine
07:12n'a pas été très claire
07:13sur la question congolaise
07:14et donc aujourd'hui
07:15que le Congo lui-même
07:16fait partie des A3
07:17c'est une opportunité
07:18pour le Congo
07:19de faire avancer la position congolaise
07:20et d'avoir une position cohérente
07:21sur la question congolaise
07:22au niveau du Conseil de sécurité.
07:23Christian Moleca, je vous remercie.
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