00:00On va s'intéresser maintenant à un autre dossier qui était à la une.
00:04Forcément, hier en France, c'était le coup d'envoi du procès en appel des attachés parlementaires du Rassemblement National.
00:11Deuxième jour de procès aujourd'hui. Bonjour, Flore Simon.
00:15Marine Le Pen s'est exprimée hier. Elle semble pour le moins infléchir sa défense. Changement de stratégie.
00:22Changement de stratégie, visiblement, en effet, pour la chef de file des députés Rassemblement National.
00:27Alors déjà, sur la forme, on voit qu'il y a peu d'élus RN qui sont présents à ce procès.
00:33D'autre part, Marine Le Pen ne sait pas, forcément, ne sait pas, d'ailleurs, adresser à la presse, ni à son entrée, ni à sa sortie du tribunal hier.
00:41Donc voilà, on voit que c'est profil bas. Et puis alors, sur le fond, là, c'est là qu'on sent qu'il y a un changement de stratégie.
00:49Hier, elle a dit cette phrase. Si un délit a été commis et tout le monde semble s'accorder sur ce point,
00:56« Je veux dire que la Cour sache que nous n'avions aucun sentiment d'avoir commis le moindre délit.
01:02Nous avons embauché nos propres assistants et mutualisé ces assistants. »
01:06Qu'est-ce qu'elle fait, là, finalement ?
01:08Eh bien, elle ne nie plus les faits, comme ce qu'elle avait fait en première instance.
01:12Et de toute façon, s'il y a eu délit, ce qu'elle dit, en gros, c'est que s'il y a eu un délit, on ne l'a pas fait sciemment.
01:17Et puis, d'autre part, ce qu'elle dit, c'est que le Parlement européen a aussi changé les règles, mais ne l'a pas prévenu.
01:24Et c'est ce qu'a relayé ce matin le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, sur France Info. Écoutez.
01:29« Marine Le Pen est en train de faire la démonstration, non seulement de son innocence, mais du fait qu'il n'y a pas de volonté d'avoir commis un délit.
01:41Donc, on est sur des... De toute façon, depuis le début, on est sur ces désaccords avec le Parlement européen.
01:46Je vous rappelle quand même que le Parlement européen a modifié les règles en cours de route.
01:50Donc, si vous voulez, c'est comme si vous commencez une partie d'un jeu quelconque, et au milieu de la partie, les règles ont changé.
01:56Et on vous reproche que vous avez fait au début. »
01:59Parce que lors de son premier procès, en mars 2025, elle avait tout nié en bloc.
02:04Elle avait accusé les juges d'être partiaux.
02:10Elle avait dit que c'était un procès politique, une stratégie qui n'avait absolument pas fonctionné,
02:15puisque peut-être que les électeurs du RN, cette stratégie de la victimisation,
02:19avaient porté ses fruits auprès des électeurs du RN, mais pas auprès du reste de la population.
02:24Et d'ailleurs, Elisabeth, la condamnation, qui avait été assez sévère,
02:28cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate,
02:31les magistrales avaient aussi décidé, en se disant, comme elle nie tout, finalement,
02:35elle peut réitérer le délit.
02:38Donc voilà, changement de stratégie.
02:40Aujourd'hui, elle ne nie plus les faits.
02:42Le but, qu'est-ce que c'est, Elisabeth ?
02:44C'est vraiment la voie de passage qui est extrêmement étroite.
02:48C'est que sa peine d'inéligibilité soit réduite, on peut dire deux ans.
02:52Ça voudrait dire qu'en mars 2027, elle l'aura purgée,
02:55et que donc, elle pourrait se présenter à la présidentielle de 2027,
03:00parce qu'à l'heure où on se parle, pour l'instant,
03:02elle ne peut pas être candidate à moins de cette réduction de peine d'inéligibilité.
03:07Et donc, cette nouvelle stratégie de reconnaître certains faits,
03:11on verra si elle peut porter ses fruits.
03:12Attention, il reste cinq semaines de procès.
03:13C'est le gros enjeu, ce procès en appel, évidemment.
03:16C'est point d'interrogation pour 2027.
03:18Le Rassemblement national, il en est aussi question aujourd'hui à l'Assemblée nationale,
03:21puisque l'ERN, tout comme la France Insoumise,
03:23ont déposé, on vous en parlait tout à l'heure,
03:24chacun une motion de censure qui sera examinée à partir de 14h30,
03:28donc dans moins de 15 minutes maintenant.
03:30Des chances d'être adoptées, peut-être ?
03:32Quasiment aucune, Elisabeth.
03:33Pour rappel, c'est le RN et l'FI qui ont déposé chacun une motion de censure
03:39suite à l'adoption du traité du Mercosur.
03:43C'est ce traité entre des États d'Amérique du Sud et l'Europe
03:45qui a donc été validé par le Conseil européen vendredi dernier.
03:49Donc, LFI et le RN ont déposé des motions de censure.
03:53Je rappelle aussi que la France a voté contre,
03:55mais ces deux formations politiques ont estimé qu'Emmanuel Macron
03:58ne s'était pas assez battu pour lutter contre le Mercosur.
04:02Donc voilà, dépos de ces motions de censure.
04:04Elles n'ont quasiment aucune chance d'être adoptées
04:06puisque d'une part, les socialistes ont dit qu'ils ne voteraient pas
04:09ces motions de censure, celles du RN, de toute façon,
04:11ils ne la voteront pas, mais non plus celles d'Elifi
04:13en disant que là-dessus, censurer le gouvernement était absurde
04:17et puis en plus, ils ne veulent pas être les artisans du chaos.
04:20Et les Républicains, à part la voix de leur président Bruno Retailleau,
04:24avaient dit si Emmanuel Macron, si la France vote pour le Mercosur,
04:27on censurera en l'occurrence la France a voté contre.
04:29Donc les LR n'apporteront pas leur voix à cette censure.
04:34Donc voilà, quasiment aucune chance d'être adoptée,
04:37mais ça met quand même la pression sur le gouvernement.
04:39Même si ces deux censures, elles ne sont pas adoptées,
04:41ça met quand même la pression sur le gouvernement Flore
04:44qui pourrait être censuré, cette fois sur le budget,
04:47qui est depuis hier débattu au sein de cet hémicycle.
04:50Là aussi, ça s'annonce très compliqué.
04:52Très compliqué, Isabelle.
04:53Surtout que le gouvernement se donne jusqu'à fin janvier
04:55pour passer à autre chose.
04:56Enfin, j'ai envie de dire.
04:58Mais c'est vrai que le Premier ministre, pour l'instant,
05:00laisse le temps au débat.
05:01En tout cas, c'est ce qu'il dit.
05:02Il veut à tout prix trouver un compromis,
05:05notamment avec les socialistes.
05:06Sauf qu'il est de plus en plus pressurisé
05:08par des élus, des députés, des chefs de partis,
05:12en disant maintenant, il faut utiliser le 49.3.
05:15Vous savez, il y a renoncé, Sébastien Lecornu.
05:17Alors pour l'instant, il espère
05:18qu'un compromis sera trouvé.
05:21Sauf qu'à la fin, aura-t-il le choix ?
05:23Alors, 49.3, qu'est-ce que ça veut dire ?
05:25Ça veut dire possible censure du gouvernement
05:27et donc pas de budget,
05:29puisque si le gouvernement chute,
05:31le budget chute avec lui.
05:33Il y a aussi une possibilité de passer par ordonnance
05:36que ne veut pas le gouvernement.
05:37Sauf que les ordonnances,
05:38ça risque d'être vécu comme un coup de force,
05:40puisque ce n'est pas l'Assemblée nationale qui vote.
05:42C'est le gouvernement qui passe par ordonnance.
05:44Donc là, il y aura un budget
05:45qui sera immédiatement mis en place.
05:47Sauf que le gouvernement risque de tomber là-dessus.
05:49Et surtout, encore une fois,
05:50ça risque de fortement déplaire,
05:52puisque ce serait certainement vécu par les députés
05:54comme un passage en force.
05:56Donc il y a des réunions,
05:58avec notamment les socialistes et la droite,
06:01pour essayer de trouver une voie de passage sur ce budget.
06:03Mais pour l'instant, rien ne sort, rien n'émerge.
06:05Donc c'est vrai que la situation apparaît extrêmement bloquée.
06:08Et à la fin, est-ce que Sébastien Lecornu
06:11aura le choix que de ne pas passer par 49.3 ou par ordonnance ?
06:16Merci beaucoup, Flore.
06:18On aura l'occasion de se retrouver sur cette question du budget.
06:21Vous n'en avez pas fini comme ça.
Comments