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Leader nationaliste, président de l’AC Ajaccio mais aussi soupçonné d’être un « chef de clan » lié au grand banditisme corse, Alain Orsoni a pavé sa vie de larmes et de sang.

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Transcription
00:00Sa mort est digne de celle d'un parrain Corse.
00:02Les assassins d'Alain Orsoni ont attendu un moment précis pour le tuer.
00:06Il est revenu dans son village familial de Corse du Sud, Véro, pour assister aux obsèques de sa mère.
00:11Et, sous les yeux de ses proches, il s'est effondré après avoir pris une balle dans le cœur à plusieurs centaines de mètres de distance.
00:18Le choc, dites. On a essayé de le réanimer pendant une heure.
00:22Un choc, sauf, étonnamment, pour la victime elle-même.
00:24Alain Orsoni, 71 ans, leader nationaliste Corse, homme d'affaires, ancien président de l'AC Ajaccio,
00:31mais aussi pizzaiolo à Miami, exilé au Nicaragua et soupçonné d'être un chef de clan.
00:35Alain Orsoni, il a vécu avec la mort et le sang pendant plus de 40 ans de sa vie.
00:40Le théâtre de sa mort, le cimetière où il enterrait sa mère, le 12 janvier, à Véro.
00:44Il se déplace pourtant en véhicule blindé, et souvent avec un gilet pare-balles sur le dos.
00:48Mais pas cette fois.
00:49Il est probable que les tueurs n'ont choisi pas le côté symbolique des obsèques plus que ça,
00:53mais en revanche qu'ils aient choisi cette fenêtre de tir, c'est le cas de le dire,
00:56en se disant, ben voilà, il va être présent quelques heures, il va être vulnérable quelques heures,
01:02et c'est ce moment qu'ils choisissent pour frapper.
01:04Si les tueurs ont dû attendre une occasion parfaite, c'est parce que le Corse ne vivait plus en Corse.
01:09Alain Orsoni, depuis des mois, des années, il passe très peu de temps en Corse,
01:13parce qu'il se sait menacé sur place.
01:15Moi, je l'avais rencontré quand il avait sorti le premier tome de ses mémoires,
01:18où il m'avait dit, je sais que je suis condamné à mort.
01:21Donc, lui, la seule solution pour lui, c'était de ne plus être sur l'île,
01:25c'était de ne plus être dans son village, c'était de ne plus être à Ajaccio.
01:28Donc, il avait choisi de partir au Nicaragua et de ne revenir que de manière exceptionnelle sur l'île,
01:32comme c'était le cas hier pour les obsèques de sa mère.
01:35La mort d'Alain Orsoni pose une première zone d'ombre qui est très difficile à éclairer.
01:39Qui aurait bien pu vouloir sa mort ?
01:41Le qui, c'est forcément une équipe organisée, une équipe qui a repéré les lieux,
01:46qui avait connaissance quand même d'un certain nombre d'éléments, d'agenda,
01:50pour se trouver présent à ce moment-là, pour avoir installé un pas de tir,
01:54parce que quand on tire à plusieurs centaines de mètres, il faut avoir le bon angle,
01:57il faut se trouver au bon endroit, pour ça, il faut faire des repérages,
02:00donc il faut avoir des informations, donc ce sont des gens organisés.
02:02Après, qui en voulait à Alain Orsoni, la problématique, c'est qu'il y a plein de gens qui en voulaient à Alain Orsoni.
02:07Parce que savoir qui a tué Orsoni, ce n'est pas la seule énigme.
02:10Il faut également comprendre pourquoi.
02:12Vous savez, en Corse, la vengeance, la vendetta, qui porte ce nom-là,
02:17elle peut durer des années, et on peut tuer quelqu'un 25 ou 30 ans après.
02:21Donc des pistes, il y en a, j'ai envie de dire, malheureusement beaucoup pour les enquêteurs.
02:25En fait, son nom a été cité dans des dizaines de procédures,
02:28de règlements de comptes ou d'associations de malfaiteurs.
02:31Je réserve les déclarations au tribunal.
02:32Pardon ? Je peux passer ? Merci.
02:33Une des pistes, ce serait par exemple sa gestion du club de foot d'Ajaccio.
02:37Il en a été le président deux fois, de 2008 à 2015, puis de 2022 à 2023.
02:43C'est notamment pendant ce séjour que les finances du club ont chuté.
02:46Et les enjeux financiers, ça peut créer des tensions.
02:49Autre piste, une bataille entre différents groupes, différents clans,
02:52pour prendre le contrôle de la chambre de commerce de Corse du Sud.
02:55C'est un grand enjeu stratégique.
02:57Dans cette bataille, nombre de ses amis meurent,
03:00dont en 2012, le président de la dite chambre, Jacques Nasser,
03:03ainsi que l'avocat d'Orsoni, Antoine Solacaro.
03:06À ce moment-là, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, évoque sa protection.
03:10Protégeons pas Alain Orsoni, s'il demande cette protection,
03:13il aura, comme d'autres évidemment, cette protection,
03:15mais qu'il parle lui aussi s'il sait des choses.
03:18Un soir de match, le 29 août 2008,
03:20Alain Orsoni échappe lui-même à un guet-apens à la sortie du stade.
03:23Alain Orsoni, il a perdu son frère dans des circonstances tragiques
03:27et dont on n'a d'ailleurs jamais retrouvé le corps en 1983.
03:31J'ai envie de dire qu'Orsoni, ça fait 40 ans qu'il vit avec la mort autour de lui,
03:36la menace d'être une cible à son tour,
03:38qu'il a des proches et des amis qui sont incarcérés,
03:40comme son fils Guy,
03:42qui est aussi impliqué dans plusieurs règlements de compte et plusieurs affaires judiciaires.
03:47Reste à savoir quelque chose,
03:48savoir si la fin de cet homme,
03:50qui savait qu'il serait un jour tué, est vraiment la fin.
03:52Ce que dira ou pas l'enquête,
03:54c'est de savoir si c'est une vengeance,
03:57qui date de 10, 15, 20, 25 ans.
04:00En quelque sorte, l'assassinat d'Alain Orsoni, c'est la fin d'un cycle,
04:04c'est la fin d'une vengeance, c'est la fin d'une vendetta,
04:06ou si c'est le début de quelque chose.
04:08C'est-à-dire, ou si cet assassinat,
04:10il vient lancer peut-être quelque chose de nouveau,
04:13une nouvelle série,
04:13parce qu'il y a des équilibres qui sont en train de changer entre les clans
04:17et que l'assassinat d'Alain Orsoni a un sens dans cette nouvelle organisation des clans.
04:22Ça peut être l'un comme l'autre.
04:24Je vais vous demander de rester derrière ce ruban.
04:28C'est un vrai destin corse et une personnalité,
04:31qu'on soit favorable ou pas à lui,
04:33qu'on soit son ami ou pas,
04:34c'est un personnage qui a marqué la Corse depuis 40 ans.
04:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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