- il y a 3 jours
Olivier Faure, Premier secrétaire national du Parti socialiste, était l'invité de BFMTV ce dimanche 11 janvier
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00:00Bonsoir Marc Fauvel.
00:01La France n'a toujours pas de budget, j'ai l'impression de répéter cette phrase semaine après semaine.
00:06Le gouvernement va affronter la semaine prochaine deux motions de censure, on va en parler dans quelques instants.
00:10Et Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l'Intérieur de préparer l'hypothèse d'élection législative anticipée
00:16qui pourrait avoir lieu en même temps que les municipales, c'est-à-dire les 15 et 22 mars prochains,
00:21c'est-à-dire d'une nouvelle dissolution après celle de juin 2024.
00:25Qu'est-ce que vous lui répondez, Chiche ?
00:28Bon d'abord, il y a un rayon demain à Bercy avec celles et ceux qui sont prêts à discuter.
00:33Et ce que je vois, c'est qu'il y a aujourd'hui des forces qui sont prêtes à discuter.
00:38Chacun connaît la situation, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée.
00:41Et donc ça suppose, pour arriver à un budget, qu'il y ait des forces qui discutent, qui dialoguent,
00:45qui négocient et qui bâtissent des compromis.
00:48Donc nous verrons demain celles et ceux qui se rendent à cette réunion à Bercy
00:50et ensuite le gouvernement en tirera les conclusions nécessaires.
00:53Il n'est pas illogique qu'ils disent que s'il est censuré, il devra effectivement repasser devant les urnes.
01:00Et ça ne fait peur à personne.
01:01Ça ne vous fait pas peur des législatives anticipées ?
01:03Vous êtes prêt à retourner, à faire campagne là ?
01:06Mais je ne dis pas que je souhaite la censure, je souhaite le compromis.
01:10De la même façon que sur la loi de financement de la Sécurité sociale,
01:13où nous avons abouti, c'est un énorme paquet la Sécu,
01:16c'est même plus gros que le budget de l'État.
01:18Et pourtant, nous avons réussi parce que nous avons cherché à faire en sorte que chacun y mette un peu du sien
01:25et faire en sorte que nous puissions trouver le moyen d'éviter aux Françaises et aux Français,
01:30classe populaire, classe moyenne, toutes les horreurs qui étaient conduites dans le projet initial.
01:34C'est la même démarche sur le projet de loi de finance.
01:36Moi, ce que je souhaite, c'est une copie qui soit lavée de tout ce qui aujourd'hui entraverait la vie des Françaises et des Français.
01:43Et je voudrais notamment que pour les plus jeunes, on puisse faire des efforts qui n'ont pas été faits jusqu'ici
01:49sur la question écologique. On ne peut pas abandonner la transition écologique.
01:53On doit faire aussi des efforts, évidemment, sur tout ce qui relève des services publics
01:57et éviter que nous soyons dans une forme de lâcher prise qui donnerait le sentiment aux Français que leur vie régresse.
02:04– Je note qu'en une minute, deux minutes, vous avez prononcé déjà deux fois le mot « compromis »,
02:09donc ce n'est pas un gros mot ce soir dans votre bouche.
02:11– Non, ça n'a jamais été.
02:12– On va parler précisément de ce qu'il pourrait y avoir ou pas dans ce budget
02:14et de la possibilité de ce qu'on appelle un pacte de non-censure avec le Parti Socialiste.
02:20– Il n'y aura pas de pacte.
02:20– Pourquoi il n'y aura pas de pacte ?
02:22– Non, quand il n'y a pas de majorité, le gouvernement a une obligation sur chaque texte,
02:28trouver une majorité.
02:29Eh bien, ce que je dis ce soir, c'est qu'il n'y aura pas un pacte définitif pour le gouvernement Lecornu
02:34avec une forme de solde de tout compte et qui lui permettrait de faire ce qu'il veut jusqu'à la fin.
02:39Non, sur chaque texte, il sera obligé de discuter, de négocier,
02:43parce qu'il n'a pas de majorité et que nous n'en avons pas davantage.
02:46– Mais à la fin, Olivier Faure, vous ferez quoi ?
02:48Les Insoumis déposeront probablement une motion de censure, le RN probablement aussi.
02:52Est-ce que vous la voterez ou pas ? C'est ça la question ?
02:54– Tout dépendra de ce qui est posé par le gouvernement.
02:57Quelle que soit la voie qu'il utilisera, il sera à un moment contraint de mettre sur la table sa propre copie.
03:04Et à ce moment-là, nous jugerons sur la copie elle-même.
03:06Si la copie est passable, eh bien, nous abstiendrons.
03:10Si la copie est mauvaise, nous voterons éventuellement une motion de censure.
03:14– J'essaie de lire entre les lignes et je pense que les gens qui nous regardent aussi…
03:17– Il n'y a pas d'entre les lignes, je suis le plus transparent possible.
03:20– Il y a un scénario qui permettrait de faire passer le budget
03:22qui s'appelle l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, le gouvernement l'engage.
03:27Les partis derrière décident s'ils déposent ou non une motion de censure.
03:31Est-ce que le 49 alinéa 3, aujourd'hui, vous souhaitez que le gouvernement en fasse usage ?
03:36– Mais moi, je n'ai pas à dire au gouvernement ce qu'il a à faire ou pas.
03:39– C'est à vous que Sébastien Lecornu a fait cette promesse.
03:41– Mais ce n'est pas à moi simplement, il l'a fait à toutes celles et ceux
03:45qui, depuis longtemps, considèrent que tant qu'il existe dans le paysage constitutionnel un 49-3,
03:51eh bien, ça permet à tout le monde de se reposer sur cette idée
03:54qu'à un moment, le gouvernement balaie tout et c'est lui seul qui prend la décision.
03:59– Ça, vous le souhaitez ?
04:00– Non, je ne souhaite rien du tout.
04:02Moi, je dis simplement qu'il y a un compromis qui devrait être recherché.
04:06Nous verrons s'il est possible ou s'il ne l'est pas.
04:08Et s'il ne l'est pas, à l'évidence, le gouvernement utilisera un moyen constitutionnel à sa disposition.
04:13– Et donc, il se passe quoi ? C'est quoi le moyen ?
04:15Il y en a deux, le 49-3 ou les ordonnances ?
04:17– Il y aura à ce moment-là vraisemblablement le dépôt de motion de censure.
04:20Et nous verrons bien si nous la votons ou si nous ne la votons pas
04:23en fonction de ce que sera la copie du gouvernement.
04:26Le gouvernement dira ce qu'il met dans le cadre du 49-3 ou des ordonnances.
04:31Et à ce moment-là, on regardera et on dira oui ou non.
04:33– Mais pourquoi ces pudeurs de gazelles sur le 49-3 ?
04:35Vous avez le 49-3 honteux ?
04:37Ce serait, vous avez peur de vous faire engueuler sur les marchés ?
04:39– Mais je n'ai aucune pudeur.
04:41Je dis simplement que je suis dans l'opposition.
04:43Je ne suis pas au gouvernement.
04:44Je n'ai pas besoin d'aller expliquer que je voudrais me faire trancher
04:48par une ordonnance ou par un 49-3.
04:50– François Hollande, il est dans l'opposition aussi.
04:52– Mais je ne suis pas à François Hollande, vous l'avez remarqué.
04:54– Mais il en appelle lui au 49-3.
04:55– Je trouve ça absurde, pour tout vous dire,
04:57que l'opposition appelle à un 49-3.
05:00Rappelez-vous de ce qu'est le 49-3, c'est la possibilité pour un gouvernement
05:03de faire adopter sans vote une disposition.
05:05C'est ainsi que la réforme bande a été adoptée.
05:08Donc je ne vais pas moi-même appeler au 49-3.
05:10– Mais du coup, ce qui était possible avec Michel Barnier,
05:12c'est-à-dire un pacte de non-censure,
05:14c'est bien ce qui a été mis en place il y a un an avec l'ancien Premier ministre.
05:17– Il n'y a eu aucun pacte de non-censure avec Michel Barnier.
05:19– Il n'y a pas eu de pacte de non-censure.
05:20D'ailleurs, la preuve, c'est que nous avons même censuré.
05:23Et avec François Bayrou, il n'y a pas eu non plus de pacte de non-censure.
05:26Ce que nous disons et qui est très simple et très clair,
05:29c'est que quand on n'a pas de majorité, on cherche une majorité projet par projet.
05:34Quand nous étions au lendemain de la dissolution,
05:36quand le NFP est arrivé en tête de l'élection sans avoir de majorité absolue,
05:41qu'avons-nous dit avec Lucie Casté à l'époque et l'ensemble des groupes de gauche ?
05:45Nous avons dit, nous chercherons une majorité texte par texte.
05:49Eh bien, c'est ce que doit faire le gouvernement,
05:50chercher une majorité texte par texte.
05:52Et s'il y a des gens dans sa majorité très relative
05:55qui considèrent que parce qu'ils sont au gouvernement,
05:58ils ont tous les droits et tous les pouvoirs,
06:00alors ils seront à un moment dissous.
06:02– Donc vous irez demain à la réunion présentée comme celle de La Dernière Chance à Bercy ?
06:05– Oui.
06:06– Oui, j'essaie de résumer ce que vous avez dit, permettez-moi Olivier Faure.
06:11Vous allez tenter de négocier texte par texte sur le budget dans les jours qui viennent.
06:17Si à la fin, tout cela ne vous donne pas pleinement satisfaction
06:20et que le gouvernement fait passer un texte,
06:23qu'il pourra d'ailleurs réajuster à ce moment-là par 49-3,
06:27vous pourriez voter une motion de censure ?
06:30– Ça dépendra du texte.
06:31– Ça dépendra du texte, mais vous pourriez aussi ne pas la voter ?
06:34– Absolument.
06:35– Vous ne pensez pas que les Français en ont marre ?
06:37– Mais si, mais moi aussi.
06:38– Oui, mais la réalité, c'est que la démocratie, c'est parfois long.
06:42Quand il n'y a pas de majorité, on est habitué à un système
06:45où finalement, on passe au Conseil des ministres
06:47et puis après, pendant deux mois, les débats sont totalement obscurs
06:51puisqu'en réalité, personne ne les suit.
06:52– Ça, c'était avant la dissolution ?
06:54– Avant la dissolution.
06:55Depuis la dissolution, depuis qu'il n'y a pas de majorité,
06:57tout le monde s'aperçoit que le débat sur le budget dure plusieurs mois.
07:01C'est comme ça tous les ans depuis 58.
07:03Simplement, depuis 58, les députés n'avaient en réalité aucun pouvoir.
07:06Ils faisaient semblant, ils arrivaient à l'Assemblée,
07:09déposaient des amendements, disaient j'ouvrais ça, j'ouvrais ça.
07:11Puis à la fin, le gouvernement balayait tout, il disait c'est fini.
07:13Et cette fois-ci, justement, le gouvernement ne peut pas dire comme ça, c'est fini.
07:17Et donc, il est obligé de négocier, de discuter.
07:19Et pour tout vous dire, je m'en félicite.
07:21– Il y aura des lignes rouges sur le budget.
07:23Il y a des choses qui, pour vous, doivent…
07:25Si on regarde aujourd'hui le texte sur lequel travaille le gouvernement,
07:27c'est la copie du Sénat qui a remis le déficit,
07:31pardon d'être un peu technique, mais largement au-dessus des 5%, à 5,3%.
07:35Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut au moins revenir en dessous des 5%.
07:39Mais il faut trouver d'une manière ou d'une autre 12 à 15 milliards d'euros
07:43pour revenir sur les 5%, soit en forme de nouveaux impôts ou d'économies.
07:48Je remets simplement le cadre global.
07:49Est-ce que vous pensez qu'on peut y arriver ?
07:51– Bien sûr, bien sûr.
07:53Regardez, je ne vais pas être très long,
07:55mais vous avez eu une disposition qui a été proposée,
07:59puis adoptée sous Michel Barnier et François Bayrou.
08:038 milliards de surtaxes sur les 400 plus grandes entreprises françaises.
08:088 milliards seulement.
08:10Écoutez, ces 8 milliards, pourquoi est-ce qu'on ne les reconduit pas ?
08:13Vous avez déjà 8 milliards dans votre action.
08:13– Parce que la droite ne veut pas.
08:15– Eh bien la droite, elle doit s'habituer à l'idée qu'elle n'est pas majoritaire
08:18et que ça n'est pas possible d'imaginer un budget
08:21sans un minimum de justice fiscale.
08:24Je rappelle que nous étions, nous, sur d'autres bases,
08:27avec notamment la taxe Zuckman, qui n'a pas été adoptée en première lecture.
08:30Nous nous avons fait, non pas notre deuil,
08:33mais nous avons compris que ça ne passerait pas dans cette législature.
08:36Il faudra attendre que la gauche soit majoritaire pour qu'elle passe,
08:38mais quand même, ne même pas accepter de revenir à ce que Michel Barnier,
08:43chez les LR, avait proposé lui-même, c'est absurde.
08:46– Donc la surtaxe est une ligne rouge, très clairement ?
08:49– Quel que soit son montant, ça peut être un peu moins que 8,
08:52le gouvernement disait 6, 6 et 4.
08:54– Mais il faudra qu'ils aillent jusqu'à 8,
08:55si on va arriver aux milliards dont on a besoin.
08:57– Parce que 8 milliards forcément.
08:59– Mais je regarde, on verra ce qu'il propose,
09:02mais si ce n'est pas par ce biais-là, il faudra trouver d'autres canaux.
09:05Est-ce qu'on est d'accord pour dire, après le rapport de la Cour des comptes,
09:08que le pacte d'Utreil, qui permet de balayer la fiscalité
09:12sur les gros héritages, les très gros héritages,
09:15des gens qui devraient payer 45%, qui finissent par payer 4,5%,
09:18est-ce qu'on trouve ça normal ?
09:20La réponse là aussi est non.
09:22Est-ce qu'on trouve normal que les holdings,
09:25dans lesquels se cachent une série de biens qui sont des biens personnels,
09:29je pense à l'hôtel particulier, au jet, au yacht,
09:32enfin tous ces biens qui sont des biens somptuaires,
09:34est-ce que c'est normal que ces biens restent à l'abri
09:37de toute forme de fiscalité clachée dans des holdings ?
09:40La réponse est non.
09:41Est-ce que c'est possible d'avoir des actions
09:42qui ne relèvent pas de sa propre entreprise,
09:44mais qui sont des actions qui sont des investissements spéculatifs ?
09:47On peut faire une liste qui est a priori inacceptable pour la droite,
09:52et donc on retourne dans le mur.
09:54Pas du tout, ce que je vous dis là,
09:55c'est en partie ce que le gouvernement avait prévu de faire
09:58dans sa copie initiale.
10:00Il n'avait pas prévu 8 milliards de surtax 6,
10:02mais il avait prévu 4 milliards au départ.
10:05L'Assemblée avait fait voter 6.
10:07Ensuite, sur la taxe holding,
10:09elle était de 1 milliard.
10:11Après le Sénat, elle est passée à 200 millions.
10:13Quand vous avez le pacte du treil,
10:15là, il y a quelque chose à faire aussi,
10:17et je vois que pour l'instant,
10:18pas grand-chose a été fait.
10:19Votre message, en fait, ce soir,
10:20il n'est pas à Sébastien Lecornu.
10:22Il est à Laurent Wauquiez,
10:23à Gérard Larcher,
10:24à Bruno Retailleau.
10:25Mais oui, il est d'abord...
10:26Ils sont plus importants que vous, finalement,
10:28aujourd'hui, pour trouver un budget.
10:29Ou en tout cas, c'est à eux de faire le plus gros effort.
10:31Mais on fait tous un effort.
10:34Vous croyez que ça ne me tord pas le ventre
10:36quand je dois me mettre en situation
10:39de laisser passer un budget
10:41qui n'est pas un budget socialiste,
10:43qui est un budget qui reste un budget macroniste,
10:45mais je souhaite qu'il y ait des compensations,
10:48et pas seulement sur la partie fiscale,
10:49parce qu'on pense toujours qu'on est taxophile.
10:52Moi, je ne suis pas à rêver de taxes la nuit.
10:54Je rêve simplement d'une chose,
10:55c'est qu'on puisse préserver les Français.
10:57Comment est-ce qu'on fait que sur leur pouvoir d'achat,
10:59il y ait un peu de beurre dans les épinards ?
11:01Comment est-ce qu'on fait, par exemple,
11:02pour remonter ce qu'on appelle la prime d'activité ?
11:06Comment on fait pour que des millions de Français
11:07puissent avoir un pouvoir d'achat
11:09qui augmente ces années,
11:10notamment les plus modestes ?
11:12Comment est-ce qu'on fait pour que les plus jeunes,
11:14je pense, par exemple,
11:15à ces repas 1 euro portés par ma collègue
11:17Fatiha Keloahashi,
11:19et qu'on puisse avoir des étudiants
11:20qui ne font plus la queue
11:21dans les soupes populaires,
11:23mais que l'on voit aller simplement au crousse
11:25et payer 1 euro
11:26pour pouvoir se nourrir correctement ?
11:28Comment est-ce qu'on fait
11:28pour que la transition écologique
11:29ne soit pas la grande sacrifiée du moment,
11:32alors que nous avons besoin, par exemple,
11:33de ma prime rénov' ?
11:34On ne peut pas avoir...
11:35Mais ça, c'est parce qu'il n'y a pas de budget
11:36qu'il n'y a plus de ma prime rénov'.
11:37Bien sûr.
11:38Et c'est la raison pour laquelle je veux un budget,
11:40et c'est la raison pour laquelle
11:41je veux aussi que tout le monde comprenne
11:43que quand on parle de fiscalité,
11:45ce n'est pas simplement pour faire du mal
11:48à des gens qui sont très très riches,
11:51mais simplement pour faire en sorte
11:52que tous les autres vivent un peu mieux
11:54qu'ils ne vivent aujourd'hui.
11:55Et puis après, il y aura 2027,
11:57et à ce moment-là,
11:57chacun présentera ses options,
12:00et si LLR gagne,
12:01ils feront la politique qu'ils veulent.
12:02Pour l'instant, ils ont fait 5%,
12:04et donc à 5%,
12:05on ne fait pas la politique du pays.
12:06On n'a pas fait beaucoup plus.
12:08Mais nous avons été en tête
12:09de l'élection législative, pardon,
12:11de le rappeler, mais...
12:11Oui, la présidentielle, c'était moins que ça.
12:12Je reviens simplement parce qu'il y a eu des législatives,
12:15il y a même eu des européennes avant.
12:16Je reviens simplement,
12:17Olivier Ferrier,
12:18il y a eu une échéance la semaine prochaine,
12:19deux motions de censure déposées,
12:21l'une par le RN,
12:21l'autre par les insoumis,
12:22sur le Mercosur,
12:23malgré le nom de la France
12:25et de quatre autres pays
12:26au traité de libre-échange
12:28avec ces pays d'Amérique latine.
12:29Est-ce que vous voterez l'une de ces motions ?
12:32Ce que l'on peut reprocher à Emmanuel Macron,
12:34c'est d'avoir beaucoup varié sur la question.
12:36J'y viens, j'y viens.
12:37Je dis simplement que ça, c'est vrai.
12:39Emmanuel Macron a été pour, contre, pour, contre.
12:42On a eu un peu le vertige.
12:44Mais à la fin, il dit non.
12:45Et donc, au moment où il dit non
12:46et où il le dit à l'ensemble des Européens,
12:49où la France vote contre
12:50et où on a un vote au Parlement européen
12:52dans quelques jours,
12:53où il faudra que tous les Français
12:55votent contre avec un certain nombre
12:56de parlementaires de tous les autres pays,
12:59ce serait absurde de dire
13:00qu'à ce moment-là,
13:01nous censurons le gouvernement.
13:02Ni l'une ni l'autre,
13:03ni celle des insoumis,
13:04ni celle du RN, c'est très clair.
13:05C'est ce qui a déclenché l'agacement,
13:07semble-t-il, de Matignon
13:08et le fait qu'il demande
13:11au ministère de l'Intérieur,
13:12Laurent Nunez,
13:12de se préparer à une motion de censure.
13:16Moi, je vote à la censure,
13:17je ne suis pas d'accord.
13:18Quand je suis d'accord,
13:19je ne censure pas.
13:20Vous pouvez rassurer Sébastien Lecornu,
13:21ce soir, du coup,
13:22on ne votera pas deux fois
13:24les 15 et 22 mars prochains,
13:25en tout cas,
13:26pas pour le Mercosur.
13:27Pas pour le Mercosur.
13:28Pour le reste, on verra.
13:29On est donc à deux mois
13:30des élections municipales.
13:31On connaît vos relations,
13:33comment dire,
13:33assez fraîches
13:34avec Jean-Luc Mélenchon.
13:36Question très simple.
13:38Y aura-t-il des alliances
13:39entre les deux tours,
13:40entre vos candidats
13:41et ceux de la France insoumise ?
13:42Je crois que tout le monde
13:43a été très clair,
13:44les insoumis comme nous.
13:45Et donc,
13:46cette question-là m'est posée
13:47à chaque fois que je prends
13:48la parole.
13:49Et la réponse est aussi claire
13:50que celle qu'on a déjà apportée.
13:52Il n'y a aucune volonté
13:53de la part des insoumis
13:54de faire autre chose
13:56que d'essayer de faire tomber
13:57des maires socialistes
13:58ou des maires écologistes.
13:59Aucune alliance,
14:01aucune demande de retrait,
14:02rien, aucun contact
14:03entre les deux tours ?
14:04Mais je pense que,
14:06je pense par exemple à Marseille.
14:08Est-ce que Sébastien Delogu
14:09cherchera à se maintenir
14:11au second tour
14:12au péril de voir
14:13l'extrême droite l'emporter
14:14ou est-ce qu'il considérera
14:16à ce moment-là
14:16qu'il vaut mieux
14:17que ce soit Benoît Payan
14:17qui gère très bien
14:18cette ville de Marseille
14:19plutôt que l'extrême droite ?
14:21Et si c'était lui
14:21qui était en tête,
14:22si c'était Sébastien Delogu
14:23des insoumis,
14:24en tête devant le maire
14:25sortant Benoît Payan,
14:26vous feriez quoi ?
14:27Mais moi,
14:27j'ai une religion
14:29qui est très claire,
14:29jamais l'extrême droite.
14:32Je vous pose la question
14:32dans une autre ville,
14:33Paris.
14:35Le maintien
14:36de la candidature
14:37de Sofia Chikirou,
14:38si elle parvient
14:39à dépasser les 10%,
14:40pourrait faire perdre
14:41la ville au Parti Socialiste
14:42et à son candidat,
14:43Emmanuel Grigoire.
14:44Vous ferez quoi
14:45dans ces cas-là ?
14:46Vous lui lancerez un appel
14:47ou il ne se passera absolument rien ?
14:48Bien sûr que je lui demanderais
14:50de bien vouloir
14:51prendre sa responsabilité,
14:53mais ce que je vois,
14:54ce qu'elle a déjà dit
14:55publiquement
14:56dans une interview au Parisien...
14:57Elle ne voulait pas
14:57qu'un socialiste
14:58soit maire de Paris.
14:58Mais ça ne vous empêchera pas,
14:59vous, le soir du premier tour,
15:00d'appeler Sofia Chikirou
15:01pour lui demander
15:02de retirer sa liste ?
15:03Mais bien sûr,
15:04j'appellerais effectivement
15:05au fait que Paris,
15:07la capitale de notre pays,
15:08ne peut pas être dirigée
15:09dans une alliance
15:10dont on devine
15:11qu'elle pourrait avoir
15:11des contours assez flous.
15:13Puisque Sarah Knafo,
15:15aujourd'hui,
15:16explique que dans tous les offs
15:17qu'elle fait avec les journalistes
15:18et qu'on lit dans la presse,
15:20eh bien qu'elle fera tout
15:21pour que Paris bascule à droite,
15:23puisque ce serait pour elle
15:24la meilleure façon de montrer
15:26que l'union de la droite
15:27et de l'extrême-droite
15:27permet de battre la gauche.
15:29Dans ces cas-là,
15:30il faut aussi
15:31que tout le monde soit conséquent
15:32et que nous ayons
15:33une attitude
15:34qui permette
15:35de faire gagner la gauche.
15:36Et dernière question
15:37de stratégie politique,
15:38entre guillemets,
15:39si Sofia Chikirou
15:40était devant votre candidat,
15:41Emmanuel Grégoire,
15:42il devrait se retirer.
15:43Oui.
15:43Il devra se retirer.
15:44Oui, bien sûr.
15:45pour permettre la victoire
15:48d'une liste LFI,
15:50non pas face à l'extrême-droite,
15:51mais face à Rachida Dati.
15:52Mais ça me paraît...
15:53Ce n'est pas exactement
15:54ce que vous avez dit il y a deux minutes.
15:55Vous avez dit partout
15:55où le RN peut l'emporter.
15:56Rachida Dati,
15:57elle n'est pas du tout RN.
15:58Non, Rachida Dati n'est pas au RN.
16:00Mais vous me posez une question
16:02qui nous plaisait d'école.
16:04Et donc,
16:04vous me posez une question
16:06de savoir si,
16:07par un miracle
16:08que personne n'imagine,
16:10à Paris,
16:11la FI était devant
16:12l'alliance des socialistes,
16:13des communistes,
16:14des écologistes,
16:14de places publiques.
16:16Bon, c'est une vision de l'esprit.
16:18La réalité, la question,
16:19vous la poserez,
16:19Sophia Chiquirou,
16:20quand elle viendra vous voir.
16:21On voit, Olivier Faure,
16:22que l'insécurité est aujourd'hui
16:23la priorité des électeurs
16:24et des électrices
16:25pour les élections municipales.
16:27Question qui concerne
16:29le quotidien des Français.
16:31Est-ce qu'il faut
16:31armer les policiers municipaux,
16:33je parle d'armes létales,
16:35là où ils ne le sont pas ?
16:37C'est de la responsabilité des maires.
16:38Ça dépend beaucoup des communes.
16:40Ça dépend beaucoup
16:40de ce à quoi elles font face.
16:42Il n'y a pas de ligne là-dessus au PS.
16:43On ne sait pas
16:44s'il faut armer ou pas.
16:45Il n'y a pas de ligne nationale.
16:47Vous avez des maires,
16:47dans ma propre circonscription,
16:48vous avez des communes socialistes
16:50où on a armé
16:51la police municipale.
16:52Les autres,
16:52on ne l'a pas fait.
16:53Mais ça correspond aussi
16:55aux typologies des villes,
16:56aux dangers
16:57auxquels elles font face.
16:59Et c'est aussi simple que ça.
17:00Mais il n'y a pas
17:01d'hostilité absolue.
17:02Il n'y a pas non plus
17:03de volonté d'armer
17:05quand ce n'est pas nécessaire.
17:06Il faut regarder les choses
17:08en fonction des dangers.
17:10Vous n'êtes pas
17:10dans la même situation
17:11quand vous êtes dans une ville
17:12où vous avez un narcotrafic
17:13qui est très important.
17:14Vous avez des règlements de comptes
17:16avec parfois
17:17des règlements de comptes sanglants
17:18et puis des villes
17:19où tout se passe
17:20très correctement.
17:21Donc,
17:22je ne veux pas en faire
17:22une religion.
17:23Anne Hidalgo,
17:24à Paris,
17:24la maire sortante de la capitale,
17:25a longtemps été
17:26contre la police municipale.
17:28Elle a changé d'avis
17:29entre ces deux mandats.
17:30Finalement,
17:30il y a eu une police municipale
17:31non armée à Paris.
17:34Elle est silencieuse
17:34dans cette campagne.
17:36Anne Hidalgo,
17:36alors qu'Emmanuel Gragoire
17:37s'est affichée aujourd'hui
17:38avec l'ancien maire
17:39Bertrand Delanoé
17:40qui a ravi la capitale
17:42à la droite
17:42il y a un quart de siècle.
17:45Quand on regarde
17:45l'enquête du jour
17:46que publie BFM TV
17:48avec l'Institut Elab
17:49Berger-Levraud,
17:50Emmanuel Gragoire,
17:51il est en tête,
17:5233% des voix,
17:53alors qu'il a fait
17:54l'alliance avec les écologistes
17:55et les communistes.
17:57Mais le total de la gauche
17:58à Paris est à 44%.
17:5944% à Paris.
18:01Est-ce qu'il paye,
18:02Emmanuel Gragoire,
18:03les années Hidalgo ?
18:05Écoutez,
18:06je crois que
18:07ce qui est très caractéristique
18:08d'Emmanuel Gragoire
18:10c'est qu'il est
18:11à la fois loyal
18:12et donc
18:13il n'est pas là
18:14pour cracher
18:15sur le passé
18:17mais qu'il entend
18:18mettre en oeuvre
18:18une nouvelle étape.
18:18La question s'adressait
18:19au premier secrétaire du PS ?
18:21Oui, mais moi je vous réponds
18:22comme premier secrétaire.
18:24Je vous réponds
18:24qu'il n'est pas là
18:25pour faire le procès
18:26et certainement des choses
18:27qui n'ont pas été
18:28complètement réussies,
18:29c'est une évidence,
18:30mais personne ne réussit tout
18:31et je vois
18:32qu'Emmanuel Gragoire
18:33a la volonté
18:34de mettre en place,
18:36de mettre en oeuvre
18:37une nouvelle étape
18:39dans laquelle
18:40en réalité
18:40il viendra
18:42à corriger
18:43ce qui doit l'être
18:43et puis prolonger
18:44ce qui doit l'être aussi
18:45parce que
18:45dans cette ville
18:46malgré tout
18:47il s'est passé
18:47beaucoup de choses.
18:48C'est une ville
18:49qui a été
18:49un exemple
18:51pour beaucoup d'autres
18:51dans le monde.
18:52Quand vous regardez
18:53ce qui s'est passé
18:54sur la transition écologique,
18:56sur le logement,
18:58sur les services
18:59publics locaux,
19:00etc.,
19:00je trouve que
19:01les Parisiens
19:02auraient tort
19:03de considérer
19:04qu'ils se sont
19:04mal fait administrer
19:07pendant ces dernières années.
19:08Est-ce que vous demandez
19:09à Anne Hidalgo
19:09de se tenir à l'écart
19:11de la campagne parisienne
19:12ou est-ce que vous souhaitez
19:13au contraire
19:13qu'elle s'y implique ?
19:15L'année dernière
19:15Hidalgo fera ce qu'elle voudra.
19:17En fait,
19:18je n'ai pas de conseil à donner.
19:19Je n'ai pas de conseil à donner.
19:20En fait,
19:21si elle considère
19:22à un moment
19:22que sa parole
19:23peut avoir un intérêt
19:25et si elle veut venir
19:26en soutien
19:26d'Emmanuel Grégoire...
19:28Vous, vous considérez
19:28que c'est le cas ?
19:29Qu'elle peut vous aider
19:30à gagner ?
19:30À conserver la ville ?
19:31Je pense que toutes les paroles
19:33bienveillantes
19:34à l'égard de notre candidat
19:35seront les bienvenues.
19:38C'est un bon candidat ?
19:38Un enthousiasme débordant
19:39en propos non plus.
19:40Je ne sais pas,
19:41la question me paraît
19:41tellement curieuse en fait.
19:42C'est étonnant
19:43qu'une maire sortante
19:44qui dirige la ville
19:45depuis plus d'une décennie
19:46ne dise rien,
19:48ne fasse pas campagne,
19:49soit fâchée
19:50avec le candidat
19:51de votre camp
19:53et que ça n'ait pas l'air
19:54de vous émouvoir
19:55plus que ça.
19:56Il faut beaucoup plus
19:57pour m'émouvoir.
19:58Mais ce que je vois,
19:59c'est qu'on a un candidat
20:00en campagne,
20:01une maire qui fait son travail
20:02jusqu'au terme de son mandat.
20:04Mais vous avez
20:04de ses nouvelles
20:04à Anne Hidalgo ou pas ?
20:05Comme vous ?
20:07Moi non,
20:08mais vous peut-être ?
20:09Comme vous.
20:11Je l'avis,
20:12je l'écoute,
20:14je vois qu'elle continue
20:15à travailler
20:15et c'est bien
20:16qu'elle continue
20:16à faire son travail.
20:17Elle a été élue
20:18pour la durée de son mandat
20:19et avoir un maire
20:21qui a la préoccupation
20:22de ses concitoyens
20:23jusqu'à la fin de son mandat,
20:25c'est plutôt une bonne chose.
20:26On devrait plutôt
20:26s'en inspirer.
20:28Olivier Faure,
20:29ce soir encore
20:30des dizaines de milliers,
20:31peut-être même
20:31des centaines de milliers
20:32d'Iraniens
20:32continuent de défier
20:34le pouvoir
20:34dans des dizaines
20:35de villes du pays
20:36malgré la répression.
20:38Le mouvement s'est étendu
20:39ces derniers jours,
20:40le pays est quasiment coupé
20:41du monde,
20:41plus d'Internet,
20:42presque plus de communication.
20:44Les ONG
20:45qui ont du mal
20:45à récolter des chiffres
20:46parlent de dizaines,
20:47peut-être même
20:48de centaines de morts
20:49parmi les manifestants.
20:51Et les États-Unis,
20:52par la voix de Donald Trump,
20:53menacent désormais
20:54d'intervenir militairement
20:55contre le régime
20:56des mollas.
20:58Si c'était le cas,
21:00est-ce que vous soutiendriez
21:02cette intervention américaine ?
21:04Non mais il faut...
21:05Je ne sais pas si vous voulez
21:06qu'on parle de l'Iran
21:07ou de Trump,
21:08mais la réalité,
21:09c'est que ça n'est pas
21:11par l'extérieur
21:12qu'on obtient
21:13des changements de régime.
21:16Et le plus mauvais service
21:17qu'on puisse rendre
21:18aujourd'hui aux Iraniens,
21:19c'est de laisser penser
21:20qu'ils sont instrumentalisés
21:22par des forces
21:23qui leur sont extérieures.
21:24Aujourd'hui,
21:25cette révolte puissante,
21:27elle est une révolte
21:28des Iraniens eux-mêmes.
21:29Et c'est eux
21:30qui se libéreront
21:30par leurs propres moyens
21:32de ce régime.
21:33Réprimés dans le sang.
21:34Effectivement.
21:35Et ce que nous pouvons faire
21:36de mieux aujourd'hui,
21:37c'est de ne pas laisser
21:37le silence,
21:39finalement,
21:40plonger ce mouvement,
21:41cette révolution
21:43dans l'ignorance,
21:45dans le déni
21:46et continuer à parler
21:47d'elles et d'eux
21:48qui sont tellement courageux
21:50et qui doivent
21:51inspirer,
21:53en fait,
21:55l'admiration
21:55parce que ce peuple
21:57est un peuple admirable.
21:58Mais au-delà du fait
21:58de continuer d'en parler,
22:00de ce que vous dites,
22:00susciter l'admiration
22:01pour ceux qui défilent pouvoir.
22:03Aujourd'hui,
22:03quand vous regardez
22:03la liste des mouvements
22:06ces dernières années,
22:06ces dernières décennies
22:07depuis la révolution de 79
22:08qui ont été,
22:09à chaque fois,
22:10de la même manière,
22:11réprimés
22:12et très souvent dans le sang,
22:14une fois qu'on a dit ça,
22:15il faut les soutenir,
22:15il faut penser à eux.
22:16J'essaie de regarder
22:17notre histoire récente.
22:19On laisse faire.
22:20Mais ce n'est pas
22:21on laisse faire,
22:21c'est regarder
22:22ce qui s'est passé.
22:23Les Américains sont intervenus
22:24en Afghanistan.
22:26Qu'est-ce que ça a donné ?
22:27Vous aviez aujourd'hui
22:28des talibans
22:29qui sont revenus
22:30plus forts que jamais
22:31et qui imposent
22:32des règles
22:33terribles
22:34aux femmes afghanes.
22:36Ils sont intervenus
22:36en Irak.
22:38Vous croyez qu'en Irak,
22:39on a changé grand-chose ?
22:40Vous croyez qu'en Libye,
22:41ça se passe mieux ?
22:42Vous croyez même
22:43que dans la bande sahélienne,
22:44ça se passe mieux aujourd'hui ?
22:45Donc rien ne serait
22:46de dire qu'une intervention.
22:47Ça ne fonctionne jamais.
22:48Ça ne fonctionne jamais,
22:49effectivement.
22:50Et donc,
22:50nous pouvons soutenir,
22:52nous pouvons aider,
22:54certainement pas
22:54en intervenant
22:55de l'extérieur.
22:57Et je n'ai pas là
22:58à dire comment...
22:59Enfin,
22:59tout ce que nous racontons
23:01sur les autres plateaux
23:01de télévision
23:02qui permettrait
23:03de dire au régime iranien
23:05que ces gens
23:05qui se révoltent
23:06ne sont pas des Iraniens
23:08mais sont en réalité
23:08soutenus en sous-main
23:10par l'Europe,
23:12par les États-Unis,
23:13par je ne sais qui encore,
23:14tout cela ne les aide pas.
23:16Donc il faut les aider
23:17mais ce n'est pas
23:18à moi de dire à ce micro
23:19de quelle façon
23:20on le fait.
23:20Quand vous voyez
23:21l'incroyable accélération
23:22de ces derniers jours,
23:23Olivier Faure,
23:23il y a huit jours,
23:24Donald Trump faisait lancer
23:26une opération militaire
23:27contre le Venezuela,
23:28faisait enlever
23:29le président du Venezuela,
23:31Nicolas Maduro.
23:31Depuis,
23:32il a réitéré ses menaces
23:33contre le Groenland
23:33par la force
23:34ou en lâchetant
23:35mais j'irai,
23:36c'est ce qu'il dit
23:37aujourd'hui,
23:37contre Cuba.
23:39Désormais,
23:39qui peut l'arrêter ?
23:41Les Américains.
23:44Les Américains,
23:45il y a des élections
23:45en novembre
23:46et ce que j'observe,
23:47c'est que toutes les élections
23:48intermédiaires jusqu'à présent,
23:50il les perd.
23:51C'est souvent le cas
23:52des présidents aux États-Unis.
23:53Peut-être,
23:54mais enfin,
23:54il les perd sévèrement
23:56et même Danny à New York
23:58a été en réalité
24:00un coup de tonnerre
24:01dans le ciel américain.
24:02Dans une ville
24:03extrêmement démocrate
24:04qui n'est pas représentative
24:05du reste des États-Unis.
24:06Oui,
24:06mais il n'y a pas eu
24:07que New York.
24:08Et ce que je vois,
24:09c'est que même
24:10l'intervention au Venezuela,
24:11elle est soutenue
24:11par un tiers des Américains.
24:13A contrario,
24:13il y a deux tiers des Américains
24:14qui ne se reconnaissent pas
24:15là-dedans.
24:16Et vous voyez bien
24:16que l'intervention au Venezuela,
24:18elle n'a aucun but humanitaire
24:20ou démocratique.
24:22C'est le régime Maduro
24:24ou plus exactement
24:24sa vice-présidente
24:25qui lui succède.
24:27Et le seul intérêt
24:28de Trump dans cette affaire,
24:30c'est d'aller chercher
24:30le pétrole
24:32puisque les ressources vénézuéliennes
24:33sont les plus importantes
24:34du monde.
24:35Et donc,
24:35c'est la seule chose
24:36qu'il cherche.
24:37Et ceux qui pensent
24:38que Donald Trump
24:39serait un nouveau Zorro,
24:41celui qui permettrait
24:41de venir régler
24:42les problèmes du monde,
24:43se trompent.
24:44En réalité,
24:45il a pris le monde
24:46comme un self-service
24:47où il pense
24:48qu'il peut se servir
24:48partout comme il l'entend.
24:50Mais au seul bénéfice
24:51de quelques industriels américains
24:53parce qu'au fond,
24:54ce qu'il fait,
24:55c'est du business.
24:56Et donc,
24:57notre problème à nous,
24:59c'est de ne pas
25:00rentrer dans cette logique
25:00de deal.
25:01C'est la raison
25:01pour laquelle
25:02j'étais indigné
25:04quand le président
25:04de la République
25:05n'a pas osé
25:06dire dans un premier temps
25:07qu'il était
25:08totalement hostile
25:09et qu'il condamnait
25:10l'intervention au Venezuela.
25:12Non pas qu'on soutienne
25:12Maduro,
25:13qui était un horrible personnage,
25:14mais simplement
25:15parce qu'en donnant
25:16le sentiment
25:17qu'on pouvait espérer,
25:20en n'allant pas
25:21chercher le président
25:22des États-Unis,
25:22avoir le soutien des États-Unis
25:23sur l'Ukraine,
25:24qui est intervenu
25:25quelque jour.
25:26Et entrer dans une logique
25:26de deal.
25:27Si vous rentrez
25:28dans une logique de deal
25:29avec Trump,
25:30si vous considérez
25:31que désormais,
25:32en fait,
25:33tout s'achète,
25:34tout se vend,
25:34toute une affaire
25:35commerciale,
25:35etc.,
25:36alors vous rentrez
25:37dans son propre récit
25:38et il n'y a plus de place
25:39pour les principes,
25:41plus de place
25:41pour la règle de droit,
25:42plus de place
25:43pour ce que nous avons
25:43nous-mêmes bâti
25:44depuis 80 ans,
25:46depuis la fin
25:47de la Seconde Guerre mondiale.
25:47Toute la gauche,
25:48Olivier Faure,
25:48a condamné
25:49l'attaque des États-Unis
25:51contre Nicolas Maduro,
25:53mais pas forcément
25:53avec les mêmes mots
25:54sur ce plateau,
25:56par exemple,
25:56face à Apolline de Malherbe,
25:58Mathilde Panot,
25:59la chef de file
25:59des députés insoumis,
26:00a refusé de le qualifier
26:01de dictateur.
26:03Est-ce que vous,
26:04vous utilisez ce mot
26:05pour Nicolas Maduro ?
26:06C'est un autocrate,
26:07tout le monde le sait.
26:08Il a été élu
26:09dans des conditions
26:10qui sont plus que floues,
26:13pour ne pas dire
26:13qu'il a volé son élection,
26:15il utilise les armes
26:17contre son propre peuple,
26:18la torture,
26:19on ne peut pas dire
26:19que ce soit un démocrate.
26:21Et donc, évidemment,
26:22il fait partie
26:22de ces autocrates,
26:23de ces gens
26:24qui sont dans des régimes
26:25qui sont totalement illibéraux
26:27et qui se maintiennent
26:28par la force.
26:29Est-ce que,
26:29comme Jean-Luc Mélenchon,
26:30vous réclamez
26:30sa libération immédiate
26:31par les États-Unis ?
26:33Oui, sa libération,
26:34ça me paraît évident
26:35qu'il ne peut pas rester
26:37dans les conditions actuelles.
26:39Il y a une forme
26:40de déni de droit.
26:41Mais est-ce qu'il doit
26:43être replacé
26:44en droit
26:44où il était précédemment ?
26:45La réponse est non.
26:46Donc, les États-Unis
26:47doivent le libérer,
26:48mais il ne doit pas
26:49retourner au Venezuela ?
26:50Je ne pense pas
26:53que le peuple vénézuéen
26:54attend Maduro
26:55avec les applaudissements
26:57et tout ce qui s'ensuit.
27:00Sans doute pas.
27:00Non, effectivement.
27:01Sans doute pas,
27:02c'est même certain que non.
27:03Mais ce que je vois aussi,
27:05c'est que,
27:05pour l'instant,
27:05la transition démocratique,
27:07elle ne se repère pas
27:08et que les États-Unis
27:09n'ont rien fait pour cela.
27:11Peut-être instruit d'ailleurs
27:12par le précédent irakien
27:14où ils avaient bien sûr
27:16pris le pouvoir.
27:18Ils avaient mis à terre
27:19le régime Baas,
27:20le parti Baas.
27:21Ils avaient mis à terre
27:23les institutions irakiennes
27:24et s'en est suivi
27:26des décennies de conflits.
27:28Et donc, certainement,
27:28aujourd'hui,
27:29ils cherchent à ne pas
27:30ébranler un pouvoir.
27:32Mais en réalité,
27:32la réalité,
27:33c'est que le régime
27:34n'a pas changé.
27:35Un mot d'une vidéo
27:36qui a beaucoup circulé
27:36ces derniers jours.
27:37Olivier Faure,
27:38aux États-Unis,
27:38Donald Trump a pris la défense
27:39du policier
27:41de l'agence de l'immigration
27:42qui a tué une femme
27:43au volant de sa voiture
27:44à Minneapolis,
27:45la même ville
27:46où George Floyd
27:47avait été tué
27:48il y a quelques années.
27:49Ce week-end,
27:49des centaines de rassemblements
27:50ont eu lieu
27:51à travers le pays.
27:52Et le maire démocrate
27:53de Minneapolis
27:54a publié une vidéo
27:54qui semble contredire
27:55la thèse
27:56d'une légitime défense
27:58de ce policier.
27:59Vous venez d'écrire
28:00à ce maire de Minneapolis
28:01pour lui dire quoi ?
28:02D'abord,
28:04pour lui dire
28:04que le monde entier
28:06regarde ce qui se passe
28:07et Donald Trump
28:08s'occupe de nous.
28:09Eh bien,
28:09nous on va s'occuper
28:09de lui aussi.
28:11Parce que c'est trop facile
28:12de venir dire aux Européens
28:13comment ils doivent se comporter,
28:14comment J.D. Vance,
28:16son vice-président,
28:17explique ce que nous
28:18devrions faire en Europe
28:20et nous regarder
28:21les États-Unis
28:21sans jamais couper et rire.
28:23Eh bien,
28:23les Européens doivent avoir
28:24l'audace,
28:27la force aussi
28:28de condamner
28:28ce qui se passe
28:29chez Donald Trump.
28:30On va s'occuper de lui
28:31mais finalement,
28:31ça veut dire que vous faites
28:32à Donald Trump
28:33ce qu'on lui reproche,
28:34une forme d'ingérence permanente
28:36dans la vie politique européenne.
28:38qu'il comprenne
28:39que nous aussi
28:40nous regardons
28:40et que quand il se plaît
28:42à dire qu'ici
28:43nous ne sommes pas
28:44un pays de liberté,
28:46parce que c'est ce qu'ils disent,
28:47il faudra un culot
28:47assez certain pour le dire,
28:49mais ils le disent.
28:50Eh bien,
28:51moi,
28:51ce que je prétends,
28:52c'est qu'aux États-Unis,
28:53il y a aujourd'hui des gens
28:54qui se font descendre
28:56par une police
28:57à laquelle on donne
28:59tous les droits
28:59et qui est parée
29:01de toutes les vertus.
29:02j'ai vu les communiqués,
29:04les tweets
29:04de la Maison-Blanche
29:06qui sont indignes.
29:07Il faut une enquête.
29:08Vous pensez que le fait
29:08que le secrétaire
29:09du Parti Socialiste
29:10dise qu'on va s'occuper
29:11de Donald Trump
29:11va le faire trembler
29:13ou changer d'avis ?
29:14Non, je ne crois pas
29:14le faire trembler,
29:15moi tout seul.
29:16Mais ce que je dis,
29:17c'est que chacun a sa place.
29:18On doit à un moment
29:19dire Trump,
29:21il n'est pas
29:22le président du monde.
29:23Il est le président
29:24des États-Unis,
29:25ce qui est déjà
29:25beaucoup trop.
29:26Mais pour le reste,
29:27qu'il s'occupe
29:28de ses affaires.
29:29Et ses affaires,
29:29pour l'instant,
29:30il les gère plutôt mal.
29:30Et donc,
29:31à nous de lui dire
29:32que nous ne sommes pas prêts
29:34à accepter
29:35d'être vassalisés.
29:36Nous ne sommes pas
29:37le 51e État
29:38des États-Unis.
29:39Un dernier mot,
29:40si vous le permettez,
29:40Olivier Faure.
29:41Marine Le Pen va être jugée
29:41en appel à partir de mardi.
29:43Si sa peine est confirmée,
29:45peine d'inéligibilité,
29:46elle ne pourra pas concourir
29:47à la prochaine élection présidentielle.
29:49Qu'est-ce que vous lui souhaitez ?
29:52Je ne lui souhaite rien.
29:53Je souhaite que la justice
29:54fasse son travail.
29:55Je souhaite que la justice
29:56soit équitable,
29:58juste,
29:58et je n'ai pas
30:00à commenter
30:01ce qu'elle a fait précédemment
30:02et ce qu'elle fera
30:03la semaine prochaine.
30:04Mais Marine Le Pen,
30:05mise hors jeu,
30:06ce serait une bonne nouvelle
30:06pour vous ?
30:07Mais ce ne serait
30:08ni une bonne
30:08ni une mauvaise nouvelle.
30:09Ce que j'observe
30:10comme vous,
30:11c'est que que ce soit
30:11elle ou Jordan Bardella,
30:13ils sont pour l'instant
30:14très hauts dans les sondages
30:15et que Bardella
30:16a remplacé
30:17in extenso
30:19et tout de suite
30:21Marine Le Pen
30:23dans l'esprit
30:24des gens
30:25qui veulent voter
30:25pour l'extrême droite.
30:26Donc, au fond,
30:27ça ne changerait pas grand-chose
30:28d'un point de vue démocratique.
30:30Et par ailleurs,
30:31je rappelle quand même
30:32que quand on détourne
30:33de l'argent,
30:34il est normal
30:35qu'on paye
30:36et que le parti
30:37qui pendant tant d'années
30:38a dit qu'ils étaient
30:39pour zéro clémence,
30:40qu'il fallait qu'il y ait
30:41en fait une tolérance zéro
30:43pour les délinquants,
30:44devrait se l'appliquer
30:45à eux-mêmes
30:46plutôt que de faire la leçon
30:47à tous les autres.
30:48Parce que quand on pique
30:494 millions dans les caisses,
30:50forcément,
30:50à un moment,
30:51ça se voit.
30:51Je rappelle qu'elle est
30:52dans l'attente
30:53de son procès en appel
30:54présumée innocente.
30:56Oui,
30:56déjà condamnée en instance,
30:58donc à nouveau présumée innocente
30:59parce qu'elle a fait appel.
31:01Mais enfin,
31:01il y a déjà eu
31:01une condamnation
31:02de première instance
31:02qui permet de dire ce soir
31:04qu'il y a des faits
31:06qui ont été confirmés
31:07par la justice,
31:08qui le sont certainement
31:09en appel.
31:10Peut-être la seule chose
31:11qui pourrait changer,
31:12c'est que l'exécution prévueure
31:13ne soit pas appliquée
31:14et qu'elle puisse concourir
31:15à l'élection présidentielle.
31:16Mais pour le reste,
31:17les 4 millions,
31:18forcément,
31:19je pense que là,
31:20la justice ne changera pas.
31:23Les faits sont les faits
31:24et c'est comme ça.
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