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  • il y a 13 heures
L’Azuréenne Julie Bourges, connue sous les réseaux sociaux sous le nom de DouzeFévrier, a pris la parole pour envoyer un message fort aux personnes blessées dans le drame de Crans-Montana. Elle explique à Nice-Matin le sens de sa démarche.

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Transcription
00:00Je ne suis pas là pour parler de moi, plutôt que pour apporter un peu d'espoir et de lumière autour de ce qui s'est passé,
00:05mais un accident qui survient à un moment festif sur des jeunes qui ont 15, 16, 17 ans,
00:11ça ne peut que résonner avec mon accident lors du carnaval de mon lycée.
00:16Il y a aussi beaucoup de tristesse, beaucoup de projections,
00:18parce que je sais ce que vont vivre les jeunes qui sont actuellement dans le coma et qui sont brûlés.
00:22Ce que j'ai envie de leur dire, c'est qu'ils sont entourés, ils sont accompagnés, ils ne sont pas seuls.
00:26Le plus dur, c'est le deuil de la personne qu'on était.
00:30Le deuil de la personne qu'on aurait dû être ou qu'on pensait devoir être.
00:33La deuxième chose, je dirais que c'est le regard des gens, que j'ai beau essayer de démocratiser la différence.
00:37Bien sûr qu'il y a des jours où je n'ai pas envie de me mettre en t-shirt,
00:40parce que je sais que je vais devoir jauger un peu avec le regard des gens.
00:46Il y a des jours qui sont plus durs que d'autres, et ça, c'est le combat d'une vie.
00:49Il y a la bubeur physique.
00:50Le patient brûlé, c'est un patient qui est très traumatique.
00:53C'est un patient qui souffre énormément.
00:55On parle quasiment déjà de 10 personnes dans le milieu hospitalier qui doivent être présents.
00:59Pour eux, on parle d'anesthésiste, on parle de chirurgien, d'infirmière, il faut changer les pansements.
01:05Changer les pansements, c'est tellement douloureux que souvent, ça se fait sous anesthésie générale.
01:10Donc pour le corps, c'est hyper lourd à porter.
01:12Ensuite, quand on se réveille, on pourrait penser que c'est fini et que la peau va cicatriser.
01:17Mais une fois que ça, c'est fini, qu'on sort de ce reste un peu d'infection, que les pansements sont finis,
01:21on passe aux vêtements compressifs.
01:23Donc il faut imaginer des vêtements faits sur mesure, un peu comme une combinaison de plongée,
01:26qui vont devoir aplatir les cicatrices.
01:29Il y a beaucoup de rééducation, comme beaucoup d'accidentés, parce qu'ils ont passé du temps dans le coma.
01:33On quitte le centre de l'éduc, on se dit qu'on va pouvoir un peu retrouver une vie normale.
01:36Et en fait, on se rend compte qu'on ne peut pas s'exposer au soleil.
01:38C'est tous ces aspects-là qui dirigent un peu notre vie pendant longtemps.
01:41Les grandes brûlées, en fait, on les voit nulle part.
01:43Ils ne sont pas à la télé, ils ne sont pas dans les magazines.
01:45Il n'y a pas d'animateurs radio, grands brûlés, on ne les voit pas.
01:50Quand j'ai ouvert sur mon Instagram, il y avait une volonté de montrer que les grands brûlés, ils existent,
01:56démocratiser la différence et montrer que les cicatrices de brûlure existent et que j'existe en groupe.
02:00Le 12 février est devenu, c'était la date de mon accident, mais c'est surtout devenu mon identité.
02:04Ma carapace, c'était mon moyen de survie.
02:06Ils vont avoir besoin de représentation.
02:08Alors c'est délicat au début, parce que personnellement, moi je me rappelle,
02:11je n'avais pas envie de voir d'autres grands brûlés, parce que j'étais en colère, parce que j'avais peur.
02:15Aussi, je pense.
02:16Et parce que je me disais que je n'avais pas besoin.
02:18Encore une fois, je me suis très rythmée dans une forme de survie et de carapace.
02:24C'est peut-être ce dont j'aurais eu besoin à l'époque, d'avoir les mots que je vais leur dire.
02:28D'avoir quelqu'un qui a été brûlé, qui m'aurait regardé dans les yeux et qui m'aurait dit
02:32« Ce que tu vis là, ça ne va pas définir ta vie.
02:34Je sais ce que c'est que de voir la douleur dans les yeux de ses proches,
02:37je sais ce que c'est le regard des gens, mais ça passera.
02:39Et ça ne passera pas parce que ta vie, elle redeviendra comme avant,
02:43mais parce que tu trouveras autre chose.
02:45En fait, ce qui me met en colère, c'est qu'on n'apprend pas de nos erreurs.
02:48Ce n'est pas du tout la première fois que ça arrive.
02:50Il y en a 400 000 en France chaque année, débrûlés.
02:53C'est quand même un chiffre assez énorme.
02:55Et par le fait d'être un peu les oublés de la société,
02:57j'ai l'impression qu'on n'applique pas ce qu'on devrait appliquer en mesure de sécurité.
03:00On a par exemple des messages qui passent à la télé en prévention,
03:03par exemple sur des arrêts cardiovasculaires.
03:04J'ai plein de gens autour de moi qui ne savent pas comment agir en cas de brûle.
03:07Merci.
03:08Merci.
03:09Merci.
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