00:00Annie Gennevar est en train de s'exprimer, ministre de l'Agriculture, c'est l'autre actualité du jour, mais je vous donnerai la parole, pardonnez-moi.
00:06Annie Gennevar.
00:07Que les agriculteurs français réunississent les routes et les rues de notre pays.
00:12Ils le font, je tiens à le souligner d'emblée, de manière pacifique, à l'exception de quelques épisodes dommageables,
00:19pour alerter les pouvoirs publics et au-delà, la nation tout entière, sur les difficultés qu'ils rencontrent au quotidien.
00:26Ces difficultés sont d'abord d'ordre économique, revenus en berne, charges croissantes, distorsions de concurrence, légitimement mal vécues.
00:39Elles sont doublées d'une épisodique grave qui touche le monde de l'élevage bovin dans le sud-ouest de la France.
00:47La dermatose nodulaire contagieuse génère une peur légitime chez nos éleveurs, que j'entends pleinement.
00:54À ces difficultés s'ajoute incontestablement une perte de sens.
01:02Il existe dans nos campagnes le sentiment que l'on demande toujours plus à ceux qui nourrissent la nation,
01:08plus de normes, plus d'efforts, plus de transitions, sans que la reconnaissance soit toujours au rendez-vous.
01:16Et puis, il faut avoir l'honnêteté et le courage de le dire, il y a aujourd'hui une perte de confiance dans les institutions et les représentants de l'État.
01:27Cette défiance n'est pas l'apanage exclusif du monde agricole, mais elle s'y exprime aujourd'hui avec une intensité particulière.
01:35C'est un signal d'alarme majeur et c'est pourquoi je m'adresse directement aux agriculteurs pour leur dire ceci, votre message est reçu 5 sur 5.
01:47C'est en cet esprit qu'avec le Premier ministre, nous avons engagé un travail de fond pour apporter des réponses concrètes, sérieuses et d'ampleur à l'ensemble du secteur,
01:58un véritable paquet de mesures de justice agricole. Un travail qui vise à sécuriser les revenus, à lever les freins administratifs devenus absurdes,
02:10à simplifier concrètement le quotidien, à protéger le monde agricole contre les épisodiers et les maladies, à redonner de la visibilité,
02:20à restaurer une parole publique tenue dans la durée. Ce travail n'est pas achevé.
02:26Et j'emploierai chaque minute de mon temps à décupler cet effort. Mais ce travail a vocation à produire des résultats immédiats.
02:35C'est pourquoi j'ai décidé de convoquer cette conférence de presse pour vous présenter et présenter aux agriculteurs cette série de mesures de justice agricole.
02:46Il doit permettre d'apaiser les tensions. Les agriculteurs ont envie de se focaliser sur le travail qu'ils aiment faire
02:53et qui les honorent, pour lesquels je souhaite leur apporter la reconnaissance de la nation.
02:59Celui de nous nourrir, mais aussi de protéger nos racines, notre vitalité rurale, nos paysages, notre patrimoine naturel,
03:08ainsi bien sûr que la santé des consommateurs.
03:11Je vais donc vous présenter une série de mesures concernant différents sujets.
03:18Tout d'abord sur la dermatose nodulaire contagieuse, qui constitue un impact psychologique et moral, ainsi qu'un choc économique.
03:28Face à la dermatose nodulaire contagieuse, l'État a agi vite, fort et collectivement pour protéger tout le cheptel français.
03:36Depuis 6 jours, aucun nouveau foyer n'a été détecté en France.
03:43Le virus recule grâce à la vaccination généralisée.
03:4785% des 750 000 bovins du Sud-Ouest ont été vaccinés en 3 semaines.
03:54C'est un exploit.
03:56La vaccination est un chemin d'espoir.
03:58Car regardons vers l'Est, il n'y a plus de DNC dans les Savoies, dans le Rhône, dans le Jura.
04:04Le virus n'est pas parti par miracle.
04:07Il a été éradiqué par notre stratégie.
04:10Et l'un des piliers, c'est évidemment le vaccin.
04:14Mais il faut préparer l'avenir.
04:15Et pour le préparer, nous devons répondre à plusieurs questions.
04:19À la question de savoir si nous devons tout faire pour atteindre au plus vite l'immunité collective,
04:23la réponse est oui.
04:25À la question de savoir si le gouvernement estime que l'immunité collective et de nature a changé la donne,
04:31la réponse est oui.
04:32À la question de savoir si le gouvernement a l'ambition de faire évoluer le protocole en cas d'immunité collective,
04:40la réponse est oui.
04:42Mais à la question de savoir s'il peut le décider tout seul, sans aucun avis scientifique,
04:47évidemment la réponse est non.
04:49C'est pourquoi j'ai confié une mission à des scientifiques pour répondre à cette question majeure.
04:54Ils doivent examiner les possibilités de faire évoluer le protocole sanitaire en cas d'immunité collective dans une zone.
05:01Cette mission est pilotée par le CIRAD en lien avec l'ensemble de la communauté scientifique comme l'ANSES et l'INRAE.
05:08Nous mettons également le paquet sur les tests.
05:11Nous voulons un test de dépistage fiable qui permet de dire si un animal sans symptômes est réellement en bonne santé
05:19ou s'il porte la maladie, mais sans qu'on le voit.
05:23L'ADNC, c'est aussi un choc économique pour les éleveurs touchés.
05:26Parce qu'un animal qui est immobilisé, c'est un animal qui coûte plus cher que prévu en alimentation et qui perd de sa valeur.
05:34Nous avons annoncé donc un fonds de 11 millions en décembre pour les exploitations les plus en difficulté.
05:40Ce fonds d'aide aux acteurs touchés économiquement par le blocage des bovins sera doublé et porté à 22 millions.
05:48A cause de la maladie, l'Italie et l'Espagne ont fermé leurs portes à nos exportations, du moins en partie.
05:54Nous voulons les rouvrir. Avec mon collègue Nicolas Faurissier, nous serons dans moins de dix jours en Italie pour négocier des laissés-passés.
06:05La crise nous montre aussi que nous sommes démunis lorsque le pays d'export nous ferme ses portes.
06:10Nous lançons une étude flash pour que la France dispose des outils industriels d'engraissement suffisants si jamais l'export faiblit.
06:19En matière de sujets européens, la PAC tout d'abord. Sur la PAC, sur la taxe des engrais, nous avons engrangé plusieurs victoires pour nos agriculteurs cette semaine.
06:30D'abord sur la PAC, le Président de la République l'a dit, le Premier ministre aussi, et je l'ai dit, pas un seul centime ne manquera aux agriculteurs dans la future PAC.
06:39C'est un engagement formel, strict, qui sera tenu. Nous avons obtenu de la Commission qu'un budget supplémentaire soit fléché sur l'agriculture dès le début de la nouvelle PAC.
06:53Toutes les décisions seront prises pour que le montant perçu par notre agriculture reste le même, à tout le moins.
07:01Et maintenant que ceci est fait, nous restons mobilisés sur trois axes.
07:05Donner toute leur place aux outre-mer dans la PAC, prendre en compte l'inflation, car les prix ont beaucoup augmenté,
07:12et s'assurer que la PAC reste bien une politique commune et pas une compétition dangereuse entre pays.
07:18C'est le début de la négociation. Nous l'engageons fermement sur ces trois points.
07:22Sur la taxe sur les engrais importés. Nous avons obtenu des engagements importants de la part de la Commission
07:29en vue de neutraliser les effets du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières sur les prix des engrais.
07:36En effet, dans un contexte marqué par des circonstances exceptionnelles, en particulier au plan économique,
07:42cette neutralisation est absolument essentielle. Celle-ci reposera sur deux éléments.
07:48La suppression des droits de douane pour les engrais importés, mais aussi et surtout une suspension du MACF
07:56pour les engrais sur la base de la nouvelle possibilité, permise par la révision du mécanisme
08:01qui vient d'être mis sur la table par la Commission.
08:05Une fois cette proposition adoptée, l'effet de la suspension sera rétroactif au 1er janvier 2026.
08:11Il n'y a donc pas de raison que les importateurs répercutent les surcoûts du MACF sur le prix des engrais.
08:19Pour protéger les agriculteurs contre la concurrence déloyale, les agriculteurs demandent des choses normales et simples.
08:27Que les règles du jeu soient respectées par tous.
08:29Qu'il n'y ait pas de concurrence déloyale.
08:31C'est une conviction forte, c'est incompréhensible que des produits chassés par la porte rentrent par la fenêtre
08:37sous la forme de denrées importées.
08:40C'est injuste, illogique, incohérent et même irrespectueux pour le travail de nos agriculteurs.
08:46Nous continuerons donc à exiger que des mesures miroirs soient prévues à chaque fois que l'Europe parle de traité commercial.
08:53La mesure miroir doit devenir un réflexe, une protection salutaire et tellement de bon sens.
08:58Nous avons pris nos responsabilités récemment.
09:01J'ai ciblé cinq substances interdites à nos producteurs et j'ai interdit tous les produits étrangers qui sont traités avec ces substances.
09:10Et la Commission nous a suivis.
09:13Sur ces cinq substances, trois ont ensuite été interdites pour les importations de toute l'Europe.
09:18Je prendrai d'autres arrêtés s'il le faut dans les jours à venir.
09:22On le voit, les positions françaises font bouger l'Europe.
09:24La PAC, la taxe sur les engrais, la clause de sauvegarde, les mesures miroirs, ce sont des avancées françaises.
09:32Je connais la question souvent posée.
09:34Comment faire si des produits interdits arrivent chez nos voisins et rentrent chez nous ?
09:38Eh bien, je démultiplierai les contrôles grâce à une brigade spéciale faite exprès pour cela.
09:43Et nous travaillons avec Madame la ministre des Comptes publics en ce sens, puisqu'elle est aussi la ministre des douanes.
09:48Elle ira dans les ports, la brigade, pas la ministre, mais elle y va aussi.
09:53Elle ira dans les ports, les aéroports, les entrepôts, les magasins.
09:57C'est la deuxième jambe essentielle du dispositif pour éviter que ce qui passe entre les mailles du filet des contrôles aux frontières,
10:04dans certains ports, ne se retrouve dans les assiettes des Français.
10:07Mon engagement dans la lignée de la mise en œuvre du contrôle unique est que l'État simplifie les contrôles pour les agriculteurs,
10:15pour les intensifier sur les denrées importées.
10:18Sur les filières, le monde agricole dans son ensemble traverse une période de fragilité et de difficulté filière par filière.
10:27Nous augmentons donc le soutien de la nation pour résorber les difficultés conjoncturelles et les défis structurels.
10:32Sur le structurel, la viticulture.
10:36La viticulture souffre, comme vous le savez, depuis trop longtemps, dans certains vignobles,
10:41éreintée par la déconsommation de vin, le changement climatique et la guerre commerciale,
10:46les tissérages à l'ouest comme à l'est.
10:49Au Cité-Vie, à Montpellier, fin novembre, j'ai annoncé un plan de sortie de crise viticole en quatre axes.
10:55Un nouveau dispositif d'arrachage pour adapter le potentiel à la réalité du marché.
11:00La prolongation des prêts de consolidation garantis par BPI, avec des critères assouplis et des plafonds revalorisés.
11:0815 millions d'allègements des charges sociales sur 2025-2026.
11:13Et la sollicitation de la réserve de crise européenne pour financer une opération de distillation de crise des surstocks.
11:20J'attends la réponse imminente du commissaire sur ces dernières demandes.
11:25Les prêts et les allègements de charges pourront être activés dès le vote du budget.
11:29La ministre des Comptes publics y reviendra.
11:32Quant au dispositif d'arrachage, nous lançons le processus mercredi prochain
11:36au Conseil spécialisé vin de France Agrimaire, à hauteur de 130 millions d'euros.
11:43Les dossiers pourront ensuite être déposés très rapidement par les vignerons.
11:47Par ailleurs, nos agriculteurs sont les premiers à constater les changements climatiques
11:52et à faire face à notre déficit de souveraineté dans certains secteurs.
11:56Ils ne demandent pas mieux que de s'y adapter, de se moderniser, de s'équiper pour préparer l'agriculture de demain.
12:03C'est pour cela que nous avons lancé un plan pour l'agriculture dans le Sud,
12:07lancé d'ailleurs par mon prédécesseur Marc Fénaud, le plan Méditerranée,
12:10pour amplifier la capacité d'adaptation, ce fonds verra son montant augmenter.
12:17Nous avons également construit un plan fruits et légumes,
12:20également en initiative de mon prédécesseur, qui lui aussi verra son fonds augmenter.
12:26Enfin, le plan protéines que nous avons bâti pour rendre la France plus souveraine en la matière
12:30sera lui aussi doté de fonds supplémentaires.
12:3330 millions supplémentaires viendront abonder ces plans.
12:36Certaines filières affrontent davantage l'agriculturel, comme les grands...
12:42Voilà, c'était Annie Elgenvar, ministre de l'Agriculture,
12:46qui vient d'intervenir sur CNews et sur Europe 1.
12:49Patrick Legras est avec nous, de la coordination rurale, exercice de synthèse.
12:54Patrick Legras, que retenez-vous de l'intervention de votre ministre ce soir ?
13:01Ben, c'est un sketch.
13:02Merci Patrick Legras.
13:03Je pense qu'on va faire plus court qu'elle, c'est un sketch.
13:05Tout ce qui a été annoncé, c'est une analyse de tout ce qui a été fait pour l'instant.
13:09Il n'y a aucune nouvelle mesure.
13:10Il n'y a aucun engagement.
13:12On parle tout au conditionnel.
13:13Alors, on parle d'analyse, on parle de futur.
13:16Il n'y a rien.
13:17C'est creux, creux, creux.
13:19Nous, ce qu'on veut aujourd'hui, c'est...
13:21Non, mais il faut être gonflé, parce qu'il n'y a pas d'autre mot,
13:23de nous dire que vu le changement climatique, on va s'adapter.
13:26La première adaptation qu'on fait, on signe le Mercosur,
13:30où c'est 75 millions d'hectares de déforestation.
13:32Mais c'est un sketch.
13:34Honnêtement, c'est un sketch.
13:35C'est honteux.
13:36J'aurais honte, moi, en tant que ministre, de présenter le baratin, là.
13:40Il n'y a rien.
13:40C'est creux.
13:41Il n'y a rien.
13:42Strictement rien.
13:43Et ce n'est pas ça qui va nous calmer.
13:44Ce qu'on veut aujourd'hui, quand elle nous dit on, on,
13:47elle reparle du dossier de Fénaud, Marc Fénaud.
13:50Vous imaginez, il n'est plus là depuis combien de mois ?
13:52Ça, c'est une nouveauté ?
13:53Non, je vous dis, c'est un sketch.
13:56C'est ça, on sent votre colère.
13:57Non, mais il faut arrêter.
13:58Il faut arrêter.
13:59Non, mais attendez, est-ce que vous pensez que les gens,
14:01où les agriculteurs, ils sont venus à Paris pour écouter ça ?
14:04Honnêtement, je comprends pourquoi elle n'est pas venue voir les agriculteurs
14:06à la Tour Eiffel et devant l'Arc de Triomphe.
14:09Parce que là, elle n'aurait même pas été sifflée.
14:11Elle ne serait même pas sortie de sa voiture.
14:13Il faut arrêter.
14:14Voilà ce qu'on pouvait dire sur l'intervention et votre réaction à chaud.
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