- il y a 2 mois
Terminez le week-end avec le meilleur de la pop urbaine, du rap, du RnB et de l'afro pop avec Darrez sur FUN Radio.
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00:00L'invité du jour dans Urban Fun sur Fun Radio.
00:04Il a marqué le rap belge avec son groupe Starflamme et ses projets en solo après dix ans loin des sorties musicales.
00:09Il est de retour avec un cinquième album appelé Baus, mon invité accro dans Urban Fun.
00:13Salut Accro !
00:13Salut Daré, ça va ?
00:14Ça va et toi ?
00:15Super bien.
00:16Bienvenue sur Fun Radio.
00:17Ça fait longtemps.
00:18Ah, ça fait un petit temps là.
00:19Ouais.
00:19D'ailleurs, quand t'es venu dans le studio, t'as récupéré un petit disque d'or sympa ?
00:22Ah, je le récupère, c'est gentil, c'est pour moi que tu le récupères, le temps de l'émission.
00:26Non mais Fun Radio a vraiment soutenu Starflamme à fond à l'époque.
00:30Et donc effectivement, je ne m'attendais pas en arrivant ici à retrouver le disque d'or qui a un peu pris les UV, tu vois.
00:36Et voilà, c'est un beau souvenir de l'époque sur Fun, on a fait pas mal d'interviews.
00:41Alors Accro pour démarrer, pour les plus jeunes qui n'ont peut-être pas connu la hype Starflamme dans les années 90 et 2000,
00:46est-ce que tu peux nous rappeler comment s'est créé ce groupe à l'époque ?
00:49Et qu'est-ce que tu retiens de toutes ces belles années ?
00:51Alors Starflamme, c'est une fusion entre des rappeurs de Liège, principalement avec Balogie,
00:57qui aujourd'hui fait de la réalisation cinéma, donc si vous êtes sur les réseaux, vous pouvez le suivre.
01:03Et puis il y a KR, L'Enfant Pavé, DJ Migouane, SEG, puis moi-même.
01:08Donc voilà, c'est un groupe qui vient de Liège, avec un Bruxellois à bord.
01:13On a fait beaucoup, beaucoup de scènes à l'époque.
01:16Donc en fait, le rap, avant les réseaux sociaux, c'était « tu devais prouver sur la scène ».
01:20Donc on devait s'afficher, on a été dans les premières éditions du Festival de Dours déjà.
01:24En 1995, on ouvrait pour Public Enemy, Assassin, NTM, des grands groupes.
01:30Il y a 30 ans ?
01:31Il y a 30 ans, voilà.
01:32Et puis on a été signé en maison de disques.
01:34D'abord, on a fait un premier album en indépendant, en 97-98.
01:38Et puis on a été signé sur Warner.
01:40Et on a sorti « Survivant », l'album que vous voyez ici à côté de moi, qui est disque de platine depuis.
01:45Donc plus de 60 000 disques vendus en physique.
01:48Incroyable ça !
01:49Ce qui était quand même pas mal.
01:50Il n'y avait pas toute la communication d'aujourd'hui.
01:52Donc il fallait se battre pour être en radio, il fallait se battre pour être en télévision.
01:57Et on l'a fait.
01:58On a eu un soutien aussi d'Assassin, le groupe français, qui nous a fait tourner en France avec lui.
02:02On a fait l'Olympia, on a fait un tas de dates françaises.
02:04On a été aussi sur le côté Marseille.
02:06On a fait des collaborations avec Laura Luciano, avec plein de Marseillais.
02:11Et concert au Canada aussi à l'époque ?
02:12Canada, oui.
02:13Les francopholies de Montréal, des tournées là-bas.
02:16La Suisse, d'autres pays.
02:17Donc on a beaucoup tourné, ouais.
02:19Est-ce que tu penses que Starflamme aurait eu le même succès si vous l'avez lancé aujourd'hui ?
02:22C'est une très bonne question.
02:22Je pense que la force de frappe qu'on aurait pu avoir, c'est qu'effectivement, différentes pages Instagram et toutes vers un même collectif, ça aurait créé d'office un effet digital et un effet viral.
02:33Quand je vois la génération qui nous a suivis comme Roméo, Zwang et Ruggi, etc.
02:39C'est des artistes qui communiquent sur le réseau et qui remplissent des salles.
02:42Nous on remplissait aussi des salles mais il n'y avait pas les réseaux.
02:44Donc imagine qu'il y aurait eu les réseaux en plus, ça aurait été incroyable.
02:47En plus, on aurait pu montrer tout l'envers du décor, de comment on crée un album, avec qui on collabore.
02:52Tout ça, on ne le montrait pas jusqu'à la date de la sortie.
02:55Les gens découvraient sur le CD.
02:56Et tu sais qu'à l'époque, dans les magasins de disques, il y avait des bornes d'écoute.
02:59Oui, je me rappelle.
03:00Tu venais écouter ton CD, tu skippais et tu te disais, bon ben là je jauge si je ne le prends pas.
03:05Il n'y a pas de Spotify pour écouter, il n'y a pas d'Apple Music, il n'y a rien.
03:10Il n'y a pas de teaser comme maintenant.
03:11Il n'y a pas de teaser, il n'y a pas de teaser non plus.
03:13Donc tu venais écouter ton CD, tu repartais avec ou pas.
03:17Et c'était pas mal parce qu'il y a des disques clairement où il n'y avait qu'un single qui fonctionnait pour certains artistes.
03:22Et puis le reste, c'était du remplissage.
03:23Donc en fait, tu skippais l'album et tu disais, non cet album c'est un skip.
03:26Ça veut dire, je ne fais que passer mais il n'y a rien qui m'accroche.
03:30Et donc voilà, il fallait se battre pour avoir des bons disques.
03:33Et c'était une belle époque quand même.
03:34Et toi Accro, dès 2006, donc il y a plus de 20 ans déjà, tu t'es lancé en solo.
03:38Tu as publié plein de projets, fait plein de featuring.
03:40Pour le petit fun fact, on retrouve même Stromae sur ton album Accro ou Crunk.
03:43Ouais, dingue.
03:44Ça je l'ai découvert là récemment.
03:46C'est ça, je l'ai découvert avant qu'il explose.
03:47C'est ouf.
03:47Quel a été le moment le plus marquant de ta carrière solo Accro ?
03:50Ce qui est marquant, c'est de se retrouver chez Universal en solo où tu es signé,
03:54où on te promet plein de choses, mais en fait on est dans une bascule entre 2006 et 2010
03:59avant que Stromae arrive en fait, où le marché s'effondre, où il y a les plateformes
04:04comme Napster qui arrivent, il y a le MP3 qui prend de la place, on s'échange des listes
04:09avec des PC.
04:10L'industrie essaye de maintenir des CD à 20 euros alors que l'industrie s'effondre
04:14et qu'ils auraient très vite dû descendre le prix.
04:17Et nous là, on s'est pris un crash.
04:19C'est-à-dire que tous les projets d'albums qui sont nés après 2007-2008 jusqu'à
04:252015-2020 quand il y a un nouveau modèle de streaming qui se met en place, il y a une
04:29période de 10 ans où c'est vraiment très très difficile de vivre de sa musique.
04:33D'autant plus en Belgique, quand les frontières aussi se referment, le rap français prend
04:38beaucoup plus de place.
04:39C'est-à-dire que le rap français qui était assez ouvert d'esprit au début, et on
04:42le voit au tout début en 89-90, c'est Benny B, c'est un Belge qui ouvre le marché
04:46du rap français en termes de popularité.
04:48Et puis, t'as Booba qui commence à arriver avec Lunatic, puis Booba tout seul, et là
04:54en fait l'industrie française est très centrée sur elle-même et laisse de moins en moins
04:57de place aux Belges.
04:58Et il faut attendre Stromae pour que les cartes soient redistribuées.
05:02Vers 2009-2010.
05:03Voilà, et il faut attendre son succès pour que plus tard, pour moi, il y ait Roméo,
05:08Caballero, Angèle, Damso, et que le Belge soit de nouveau intéressant.
05:13Donc voilà, nous, j'ai pas un souvenir incroyable de ma période solo, si tu veux, l'histoire
05:20avec Stromae, elle est belle, mais c'était quand même autoproduction, et pour beaucoup
05:25d'artistes belges, c'était assez chaud.
05:27En parlant de solo et d'artistes belges, il y a un son qui m'avait marqué à l'époque,
05:30c'est le fameux battle contre James Dino.
05:33Je l'avais saigné, j'étais beaucoup plus jeune, forcément.
05:35C'est le genre de délire qu'on ne retrouve plus vraiment aujourd'hui dans le rap belge,
05:37même dans le rap français.
05:38Tu vois, un côté fun, justement, un peu marrant, décalé.
05:41Comment est-ce que tu l'expliques qu'on n'est plus dans cette vibe aujourd'hui ?
05:43Parce que je pense que les gens font très très attention à leur image, et donc l'humour
05:47dans le rap, avec l'album de James Dino, le fils du commissaire, et d'autres essais
05:51humoristiques, ça passe pas toujours.
05:54En fait, le rap français ramène toujours le rap à quelque chose de street, de cité,
05:59qui doit être...
06:00Il n'y a plus non plus d'engagement politique, tu vois.
06:03Donc l'humour, d'un côté fun, ou bien l'engagement politique ont disparu, au profit
06:08d'un espèce de rap copié-collé qui va toujours prendre le moindre risque possible.
06:11Juste parler de la vente, juste parler de mettre sa famille à l'abri, si tu veux.
06:17Des go-trips, quoi.
06:17Voilà.
06:18Non, c'est ce côté Kaira qui a, pour moi, gangrené le rap français, en fait.
06:24Et l'a mis dans deux catégories.
06:26Soit c'est très street, soit c'est très pop à la Gims.
06:28Mais il n'y a pas vraiment l'humour et la déconne, ou bien la prise de position politique
06:34que nous, on revendiquait fort à l'époque.
06:36Clairement.
06:36Et puis l'humour, il y avait aussi, par exemple, avec Dixis, qui était mon invité
06:39à quelques jours.
06:39Il faisait des sons vraiment décalés, marrant à l'époque.
06:41Lui, il a plus viré pop, pour le coup, tu vois.
06:44Oui, clairement.
06:45Accro, si je te donne cette phrase à compléter, le rap belge aujourd'hui ?
06:48En quête de nouveaux ambassadeurs, je pense.
06:51Ok.
06:51Et toi, tu te situes où dans ce paysage ?
06:53Moi, je suis du temps de la préhistoire.
06:56Bah, à ce point.
06:57On écrivait avec des silex.
06:59Non, mais moi, j'ai fait partie de la deuxième génération, juste après les Bénibis.
07:05Donc, en fait, nous, on a eu l'opportunité de signer en maison de disque.
07:08On a eu une très belle époque.
07:10Ça m'a permis aussi d'être un grand frère pour certains, de pouvoir passer le flambeau,
07:14de pouvoir créer un média qui était tourné vers la culture hip-hop.
07:19Mais au jour d'aujourd'hui, je ne suis plus connecté avec tous les jeunes,
07:22entre 16 et 20 ans qui sont chez eux en home studio.
07:26Même la façon de faire de la musique, elle a changé complètement, tu vois.
07:29Donc, et après, on est dans un besoin, je pense même pour le rap français,
07:33dans un besoin de comment les codes vont être réappropriés, vont vraiment changer.
07:39Ce qui est bien, c'est que tu as des trucs, ça devient urbain.
07:42C'est l'occasion de le dire dans ton émission.
07:44Théodora, des choses pareilles, ça devient pop, urbaine,
07:47mais qui garde des rythmiques, qui garde des codes hip-hop.
07:50En fait, on va aller par là, mais est-ce que...
07:53Je vois aussi qu'il y a un vrai côté retour au texte, boom-bap,
07:57des rappeurs qui ont 17 ans, mais qui rappent comme nous à l'époque,
08:00avec certains flots à l'ancienne, en fait.
08:02Ça aussi, ça revient.
08:03Donc, comment est-ce que ça va évoluer ? J'en sais rien.
08:05Mais on voit qu'on est dans une ébullition.
08:07C'est peut-être cyclique aussi, finalement.
08:08Ouais, ça doit être cyclique, mais on est dans une ébullition.
08:11Et parfois, il y a quelque chose qui vient casser l'ébullition
08:13pour être une tendance marquante pour 5 ans.
08:16Moi, j'attends cette nouvelle tendance, elle n'est pas encore là, je pense.
08:18Ok, et toi, t'es plutôt bien placé pour conseiller les jeunes rappeurs belges,
08:21parce que, comme tu l'as dit, t'as pris une pause de quasiment 10 ans,
08:24où t'as lancé un média, t'as développé Tarmac.
08:27Alors, comme tu le sais, on ne va pas s'éterniser à parler d'autres médias
08:30que Fun Radio ce soir.
08:31Ce serait pas fun.
08:32Je voulais au moins que tu m'expliques comment cette aventure a démarré,
08:34comment t'as vécu cette mission au sein de la RTBF.
08:36Alors, comment ça a démarré ?
08:38On m'a contacté pour être jury dans The Voice à l'époque.
08:41Ok.
08:42Et en fait, dans mon album solo de l'époque,
08:46j'avais un morceau contre Coca-Cola et Nike.
08:48Pour moi-même, c'était deux addictions personnelles
08:50pour arrêter de boire du Coca et arrêter d'acheter des Nike.
08:53Je ne suis pas 100% parvenu.
08:55Mais bref.
08:56Et il y avait un sponsor dans The Voice qui était Coca-Cola.
08:58Donc, j'ai dit non, je ne veux pas être jury The Voice à la RTBF.
09:04Et puis, dans les couloirs, ils m'ont dit
09:05ouais, mais par contre, on est en train de créer un...
09:07On a un dossier pilote d'un média qui va s'appeler...
09:10Enfin, qui est nom de code Média Z pour la génération Z
09:13où on cherche quelqu'un pour piloter, si tu veux, un média.
09:18Et donc, j'ai rentré un dossier avec une stratégie basée sur les réseaux sociaux
09:21et sur le côté digital qui était une première aussi à la RTBF,
09:24tous médias confondus.
09:25Et mon dossier, on était 17 dans la course.
09:28Mon dossier est passé et puis j'ai eu l'opportunité.
09:31Ça, c'est bien dans une vie.
09:32C'est vraiment rare aussi d'avoir les clés d'un studio de 260 mètres carrés
09:36que tu peux habiller comme tu veux, avec des budgets quand même très, très confortables
09:40et en recrutant une équipe from scratch.
09:42Donc, ce n'est pas que je récupère une équipe hésitante que je dois transformer.
09:45C'est que j'ai pu engager...
09:46J'ai pris des gens expérimentés pour ce qui était événementiel.
09:48J'ai pris des femmes hyper compétentes pour tout ce qui était stratégie réseaux sociaux.
09:54Puis, on a monté des choses.
09:55Et la stratégie, c'était à moitié des influenceurs externes,
09:58à moitié des jeunes qu'on allait former nous-mêmes
10:00qui partaient de nulle part, mais qui avaient un bas goût
10:02et qui avaient une envie de parler d'information, de parler d'humour.
10:06Donc, on a commencé avec Abdel Envray, avec Ansara,
10:08qui étaient des personnalités très fortes.
10:10Et aujourd'hui, chacun a eu un parcours différent.
10:12Mais l'état d'esprit, je trouve, de faire rentrer et sortir des jeunes talents,
10:16ça nous maintenait aussi dans quelque chose de vivant.
10:20Et c'est ça que j'ai aimé faire.
10:21Après, voilà, les médias sont ce qu'ils sont.
10:23Les médias changent avec le temps.
10:25Et les positions stratégiques aussi.
10:27Donc, tu ne peux pas te dire, je vais rentrer dans un média jeune et rester là à 20 ans.
10:31C'est très difficile.
10:32Donc, moi, j'ai fait presque neuf ans.
10:34Et je suis très fier du projet qu'on a créé tous ensemble.
10:37Et après cette parenthèse de presque neuf piges,
10:39t'es de retour avec un nouvel album accro.
10:40Alors, je propose qu'on s'écoute un extrait.
10:42Ton feat avec Isha.
10:43Un morceau que j'aime beaucoup, un spleen, weed and graffiti.
10:46Et on en parle juste après sur Fun Radio.
10:51On est de retour sur Fun Radio avec mon invité,
10:53membre fondateur de Starflamme, le rappeur belge.
10:56Accro, ça va toujours accro ?
10:57Très très bien et toi ?
10:58Très bien.
10:59T'es donc de retour avec ton cinquième album que t'as appelé Baus.
11:02Ouais.
11:02J'aime beaucoup le nom, il est marrant, Baus.
11:04Ouais.
11:04Qui veut tout dire.
11:05Ce retour, est-ce que tu le vis comme une revanche, une suite logique ou un nouveau départ ?
11:08Je le vis d'abord comme un besoin fondamental d'avoir repris la plume
11:12et d'avoir...
11:13J'ai laissé reposer mon cerveau en étant justement à la tête d'un média.
11:17Mais je voyais passer un tas de projets musicaux et je pouvais jamais en faire, tu vois.
11:20Donc c'est comme si à un moment donné, tu vois les plats qui passent à table et tu peux jamais manger.
11:25Donc frustration artistique et frustration se transforment en création.
11:28Et donc on est parti en studio.
11:30Je me suis constitué une équipe avec des gens beaucoup plus jeunes.
11:33Avec Daiko qui est un beatmaker de 25 ans.
11:36Fait les flingues qui était dans le groupe Le 7-7 avec Pete.
11:39Qui a un peu fait ma D.A.
11:41C'est-à-dire que je venais avec mes couplets et ils pouvaient me dire
11:44Ouais, ça on aime bien, ça on n'aime pas.
11:45Donc je me suis un peu prêté au jeu comme un instrument.
11:48On a fait une résidence.
11:49On s'est barré dans une espèce de roulotte, une caravane en Flandre au fin fond du pays.
11:54Pendant deux jours avec juste, tu vois, un micro entouré d'un système de bulles comme ça acoustique.
11:59Et là j'ai fait des prises, des prises, des prises, des prises.
12:02Et on avait déjà les trois quarts de l'album.
12:03Puis on a travaillé la suite quoi.
12:05Alors sur cet album accro, on sent une vraie identité.
12:08Il y a funk, boom-bap, groove, des instruments aussi.
12:11Est-ce que c'était important pour toi de revenir à un son plus organique ?
12:14Quelque chose qui est peut-être un peu plus rare aujourd'hui ?
12:16Oui évidemment.
12:17Tu sais quand t'as tourné avec des bands de 12 musiciens, la moindre des choses je pense.
12:22Et en plus quand tu m'en demandes à un compositeur qui lui-même joue de la base de la guitare, du clavier,
12:27comment il voit les choses.
12:28Il y a un côté programmé mais il y a un côté organique.
12:30Et alors le saxophone, il est à l'arrière du disque parce que c'est Pierre Spataro,
12:35c'est quelqu'un qui m'accompagne depuis 20 ans.
12:36C'est un virtuose en sax.
12:39Et j'ai placé beaucoup de lignes de saxophones en solo ou bien dans des parties qu'on a samplées aussi.
12:45On l'a beaucoup laissé jouer en studio pour aller séquencer des parties aussi.
12:49Et il y a ce côté organique.
12:51Et sur scène, j'ai présenté l'album au Botanique.
12:53Et la magie entre DJ, programmateur et saxophone et choriste, ça fonctionne super bien.
13:00Petite équipe mais pas besoin de 12 personnes au final.
13:03Et d'ailleurs dans le morceau à la base, tu dis à la base tout vient du jazz.
13:06Est-ce que c'était un petit message, voire une petite pic pour la nouvelle génération ou pas forcément ?
13:11Ce n'est pas une pic, c'est aussi transmettre.
13:13Il ne faut pas oublier d'où vient le hip-hop et d'où vient même...
13:16Tu vois, aujourd'hui on peut parler de trap, de drill et d'autres courants qui viennent de UK, etc.
13:21Mais le hip-hop, il vient du reggae, il vient du jazz, il vient de la soul, il vient de certains courants afro qui se sont exportés dans les Caraïbes et puis aux Etats-Unis.
13:32Donc il ne faut pas oublier d'où ça vient.
13:34Et il y a des groupes classiques comme Gangstar qui ont vraiment sublimé le jazz.
13:39Et d'ailleurs, on en parlait juste avant, des DJs comme DJ Premier sont toujours là aujourd'hui.
13:45Il y a un nouvel album qui vient de sortir en collaboration avec Nas où le scratch est devenu un genre d'instrument comme certains jazzmen.
13:54C'est ouf, il parle de graffiti comme toi dans ton morceau avec Isha.
13:58Alors je me suis aussi intéressé aux paroles de ton nouvel album Accro et dans plusieurs textes, on sent une vraie réflexion sur le temps qui passe, sur la longévité, le fait d'être encore là.
14:07Est-ce que vieillir dans le hip-hop, c'est encore tabou selon toi ?
14:09Ce n'est pas tabou, mais c'est très difficile.
14:12C'est-à-dire que je ne sais pas comment ça se fait, le rock a été plus permissif sur la vieillesse de ses acteurs que je pense le rap.
14:21Le rap est très catégorisé musique de jeunes.
14:24Et donc, on le voit même avec Solar qui est un des ténors du game, qui aujourd'hui, je pense, fait de la musique pour se faire plaisir.
14:34Il n'est plus vraiment dans les charts et il ne touche pas les jeunes.
14:36Mais bon, Solar, c'est la concubine de l'hémoglobine, c'est Caroline.
14:41Ce sont des titres de la chanson française en fait.
14:44Gros classiques.
14:44Gros classiques qui vont perdurer quand même, tu vois.
14:47Donc, je pense qu'on vieillit plus difficilement et qu'on est moins accepté en tant qu'ancien.
14:52Je ne pense pas que je vais encore faire de la musique pendant 10 ans.
14:54Mais c'était un besoin en tout cas cet album-ci.
14:57Et comme je l'ai dit en début d'émission Accro, tu as fait plein de concerts, dont la première partie de Snoop Dog à l'époque à Forêt Nationale.
15:03Tout seul en solo.
15:04Ça c'est ouf.
15:04Il est arrivé 45 minutes en retard après mon avant-première, tu vois.
15:09Donc moi, à chaque fois, j'étais sur scène, on me disait, rajoute un morceau, rajoute un morceau.
15:13Mais je disais, je ne peux pas jouer une heure, tu vois, ce n'est pas mon show.
15:15Les gens, ils commençaient à s'énerver, tu vois.
15:17Il était où ?
15:18Il jouait à la PlayStation dans son hôtel classique.
15:20Et il est arrivé avec 25 meufs, c'était un truc de ouf.
15:22Et justement, qu'est-ce que tu aimerais encore accomplir dans ta carrière ?
15:25Qu'est-ce que j'aimerais accomplir ?
15:27J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire un documentaire, en fait, sur l'histoire du rap aussi, Timeline.
15:32Et du coup, je pense qu'aujourd'hui, j'ai envie de recréer un côté média indépendant
15:38ou d'apporter ma pierre à l'édifice dans des œuvres plus cinématographiques, plus documentaires.
15:44C'est vraiment un chouette exercice.
15:46Et donc, au-delà de la musique, j'ai envie d'être une plume et de m'essayer à différents styles d'écriture.
15:51Trop bien.
15:52Accro, je te remercie d'être passé sur Fun Radio pour nous parler de ce nouvel album qui s'appelle Baus
15:56et qui est disponible partout.
15:58Et pour finir, Tradition Oblige, je te laisse le mot de la fin pour ton public belge qui t'écoute ce soir, Accro.
16:02Eh bien, pour les anciens et les anciennes de Fun Radio, c'était Accro, de Starflamme, la sonora, toujours là.
16:09On l'avait déjà dit à l'époque, on est des survivants, on a survécu.
16:12Peace.
16:12Merci beaucoup, Accro, et à bientôt sur Fun Radio.
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